Archives de catégorie : Marcophilie

1874.1

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La Marque Postale
# Lettre affranchie de Lisieux avec timbres Empire lauré et Cérés (n° 31 + 59 + 60×3) oblitérés du GC 2056 et timbre à date t.17 de Lisieux.
¥ 28 janvier 1874
! Affranchissement à 1F30 pour Valparaiso au Chili.
T Tarif du 1 juillet 1871: entre 1857 et 1875, cette voie postale est dite « totalement anglaise » Atlantique et Pacifique, dans les 2 sens. Convention de Poste franco-britannique du 24 septembre 1856 (Décret du 3 dec. Application 1 janvier 1857) ici au tarif du 1 juillet 1871 à 1F30 par 10g. (Affranchissement obligatoire dans le sens France/Chili). Ref. Guy Dutau: voir @ 1.

& Dans l’ordre de leur apposition:

  • ◇ P.P. apposé à Lisieux indique que le port est payé.
    ◇ Verso tad ambulant de nuit CHERBOURG A PARIS/B
    ◇ Verso tad ambulant de jour

PARIS A CALAIS I° / A
Le bureau d’échange de Calais remet la lettre aux services anglais.
★ voir ci-dessous photo du verso

le verso


◇ Au recto on retrouve ensuite tad LONDON/PAID en rouge, transit avec contrôle du port à Londres.
◇ La lettre mise sous dépêche pour les paquebots qui partent de Southampton, ne sera plus manipulée avant Valparaiso. (Elle passe par Panama: seuls les plis inverses vers l’Europe portent des cachets de transit de la voie anglaise à Panama. Voyez @4).
◇ A l’arrivée taxe 15 rouge = 15 centavos représente le port chilien, il sera payé par le destinataire.
○ ref. Lettre de la collection H.M.(Deauville).
@ voyez aussi @4 pour quelques images de lettres à comparer.



La Lettre

♡ Louis Duquesne, bien que la signature soit difficile nous lisons ce nom.
[] Le Boullay ( est un lieu-dit de la commune de St Germain-de-Livet.
♥ MM. L.La chambre, Gautreau & C ° à Valparaiso, Chili.
= Il s’agit d’une correspondance financière, peu bavarde et assez discrète, et concernant une affaire dont la somme est importante. D’où probablement le côté assez mystérieux du texte. Une somme de 8457 francs a été reçue et acceptée par « qui de droit » . Le texte ne permet pas d’aller plus loin dans les suppositions, affaires directes,importation, ou simple placement financier?
★ ci-dessous photo du texte

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> Louis Duquesne (signataire) La Chambre, Gautreau.
< Le Boullay, Lisieux, Valparaiso Concernant ces lieux et familles, voyez en fin @2 et @3.

 


Le Papier

□ Aucune particularité pour cette feuille, légère, commerciale, plis au standard de l’époque.
La photo précédente le montre complètement. @1. Ref. Guy Dutau (Toulouse).
Relations postales franco-chiliennes des origines à 1883 (Collection d’histoire postale de haut niveau qui fut plusieurs fois primée en compétition = voir site de la Fédération Française de Philatélie).
Une copie de cette importante étude inédite (édition du groupe philatélique Midi – Pyrénées) qui nous fut offerte par notre ami Guy est remise au rayon bibliothèque marcophile de la ShL. Cela signifie que vous pouvez désormais consulter cet ouvrage aux permanences du mercredi.
@2.
Le Boullay : lieu-dit de la commune de St Germain-de-Livet, on y trouve à cette époque une filature de lin (qui devint ensuite petite métallurgie) peu de chance que cette entreprise ait un lien avec le Chili? Mais aussi le Château du Boullay, propriété de la famille Thillaye du Boullay.
★ voir ci-dessous une carte postale du Château

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Louis Duquesne serait l’homme d’affaires, ou l’homme de confiance de ces correspondants supposés.
Alfred Louis Antoine du Boullay (1816. 1887) est très lié aux affaires financières : Consul de Rouen, Président du Tribunal de Commerce (1868.1872) marié en 1880 à Agathe Rapp, fille du courtier maritime Jean Isidore Rapp…

@ 3. La Chambre & Gautreau

◇ LA CHAMBRE: Charles Emile La Chambre (né en 1816 à Saint Malo). Banquier à Paris, il acquit une fortune considérable dans les affaires commerciales en Amérique du Sud et principalement dans le commerce du guano. (Engrais naturel animal extrait d’excréments des oiseaux marins, riche en azote et phosphates. Le Chili relativement prospère à cette époque est aussi riche en minerais divers et salpêtre. Le guano l’amènera même à plusieurs conflits armés, avec la Bolivie, puis avec le Pérou).
La guerre Bolivie, Pérou, Chili (1879.1884) fut aussi appelée guerre du salpêtre, mais le guano était aussi largement en jeu, ainsi que l’accès à la mer de la Bolivie).
Voyez sur ce thème plusieurs sites internet très développés au titre: « Guerre du Pacifique »
La Chambre fit aussi une carrière politique (député d’Ille-et-Vilaine, St Malo 1876).
D’abord Thomas, Lachambre & C° jusqu’en 1872 (voir à Gautreau) cette importante Société se retrouve dans toutes les correspondances d’affaires avec les pays d’Amérique du Sud. A la fois banquiers, courtiers et intermédiaires, ces gens dont les bureaux sont partout sur ce continent, sont incontournables pour qui veut prospérer dans les affaires …

Cette « archive » bien connue des collectionneurs pour ses nombreuses pièces remarquables, est apparue (de mémoire personnelle, ne valant pas preuve certaine) sur le marché français dans les années 50/60, par un négociant parisien honorablement réputé.
Voyez les photos @4

◇ GAUTREAU : Louis Emile Gautreau (né en 1839) négociant, import-export, armateur, courtier, banquier et administrateur de plusieurs compagnies maritimes (dont la Compagnie Générale Transatlantique).
. Employé de Thomas, La Chambre & C° (1858.1868).
. Associé gérant de la même maison (1868.1873)
. Devient La Chambre, Gautrea et C° après le retrait de Thomas.
Ref. Voyez « qui êtes vous » dans google.book.
Vous pouvez aussi vous plonger dans les sites de généalogie (bon courage pas toujours simple?) dont geneanet (lien familial aussi de Gautreau avec La Chambre : sa mère est née La Chambre).
Enfin, pour de belles images de cette famille (également liée Le Pomellec) nous vous conseillons un très bel album photo d’époque sur gallica:
http://gallica.bnf.fr/ark/12148/btv1b84386451
@4 Sans les commenter en détail (elles ne sont pas de Lisieux) nous proposons au plaisir de la comparaison quelques images de lettres en lien avec notre sujet France- Amérique du Sud et Thomas, Lachambre & C°:
★ photos Thomas, La Chambre

@4.6b


@4.1 ★ de Paris à Lima, Pérou, 1852 (Ref. négoce philatélique).

@4.1


@4.2 ★ de Nantes à Valparaiso, Chili, 1873. (Ref. négoce philatelique. Dans Collection Guy Dutau, voir plusieurs pièces même période).
@4.2


Les 4 dernières du Pérou de la Collection Sylvie & Michel CATHERINE (ref. Album Pérou 1).
@4.3 ★ de Islay pour Lima, 1859 TOMAS !

@4.3


@4.4 ★ de Pasco pour Lima, 1862.

@4.4


@ 4.5 ★ de Arequipa pour Lima, 1864 La marque ovale est typique de Lima, elle indique la gratuité de la remise des lettres à Lima à l’arrivée. Connue seulement de nov.1863 à Sept. 1864.

@4.5


@ 4.6 ★ de Lima pour Bordeaux, par la voie anglaise, 1865.

@4.6a


Pour aller plus loin: un article de Gilbert Favretto dans Timbres Magazine/avril 2002.

1825.1


1825.1entete
 

La Marque Postale

# pli sans marque de la Poste !
¥ 4 novembre 1825
! De Caen pour Lisieux « Lizieux » avec z selon la mode du XVIIIe siècle.
T Si la lettre avait été transportée Par la poste le tarif était:
Moins de 50 kms
2 decimes jusqu’à 6gr.
3 decimes jusqu’à 8gr.

Pour les non marcophiles il est bon de rappeler qu’à cette époque, la distance se calcule de bureau à bureau, par la route la plus courte et que la voiture des Postes passe donc par N.D. D’Estrées (où il y a un relais de Poste) passage bien connu des locaux sous le nom de coupe-gorge.
Pour nos correspondants lointains, ce nom est donné à la sortie de N.D. d’Estrées vers Lisieux en raison d’une côte courte à très fort dénivelé où les chevaux montaient au pas, et donc propice à des attaques de brigands.

Tarif du 24 Avril 1806.
★ photo du tarif 1806. (Catalogue des tarifs postaux, Alexandre, Joany, Desarnaud etc.)

1825.1b

& Une mention manuscrite de port est en bas très importante:  » Remettre dix sols au porteur si la présente est parvenue le 6 novembre 1825″.
★ photo de cette indication.
1825.1a

On note au passage que le montant est en sols (ou sous) ancienne mode, alors qu’en 1825 on est en système décimal depuis longtemps. Le dernier tarif postal faisant apparaître (en mixte) les sous et décimes est de 1796. 10 sols ou sous, correspondant à 5 décimes. On est donc plus cher que la poste! Mais le service en plus le mérite certainement.
La deuxième observation la plus importante est que cette lettre a été confiée à un particulier ou un professionnel, voiture publique ou entreprise de roulage.
Voyez en complément la note de fin en @1.
~ verso signature privée MC au crayon.
○ Cette lettre fut proposée sur Internet avec le descriptif « poste piétonne de Caen à Lisieux » = c’est inexact, il n’y a pas de poste piétonne entre Caen et Lisieux, il y a belle lurette que la poste a des voitures pour le courrier, qui va de Paris à Caen, tous les jours et inversement.
Nous verrons ensuite le motif de cette confusion, et nous l’expliquerons (Nous ne jetons pas la pierre, le sujet était facilement trompeur).

La Lettre

★ photo de la lettre, format entier.

1825.1c

♡ Tabourier.
[] Avoué prés la Cour Royale à Caen, nouvelle place St Martin, n°4.
♥ M. De la Bretonnière « voir @3 « .ancien notaire à Lizieux.
= Concerne une affaire « qui sera appelée à l’une des premières audiences… » entre époux Rivière et dame Liard.
> Tabourier, De la Bretonniere, Rivière, Liard, M.Mars (qui attend des fonds: probablement l’avocat).
< Caen, Lisieux, la Cour Royale. ₩ l'entête est en partie imprimé au nom et titre de l'expéditeur. ¤ Au verso un sceau de cire, de fermeture, partiel, monogrammé. ○ On remarque en haut du texte une annotation manuscrite du destinataire à Lisieux (De la Bretonniere): " écrit à Rivière par la / poste piétonne le 5 id". Le voilà notre piéton! Il ne vient pas de Caen, il va de Lisieux à... chez Rivière (?) : c'est une autre lettre. Nous expliquerons ce point essentiel de l'histoire postale au chapitre @2. ★ photo agrandie de l'annotation. 1825.1d

○ Tabourier vendra son étude en 1829
★ photo annonce Gazette des Tribunaux 5 Fevrier 1829.

1825.1h

Le Papier

□ Feuillet (coupé) de 19,7×24,5cm grande feuille coupée au centre.
☆ filigrane au bord gauche, dans le sens vertical de la coupe de F.DURAND ??
♡ (2/3 lettres non lisibles possible FIN ?
★ Photo du filigrane.

1825.1e

Durand Françoise-André, connu à Caen (An2. ADC 75.F.28). Successeur (et fils?) supposé de Durand François-Louis, Caen, décédé en 1793, attesté depuis 1763 (ADC idem).
Ref. Catalogue Gaudriault p.204.

@1. Le voyage Caen-Lisieux.En dehors de la possibilité d’un portage privé (très peu probable) genre « ami qui va justement à Lisieux ce jour là », il existe 2 moyens principaux de faire remettre une lettre « hors la poste » :
◇ les entreprises de roulage, qui circulent quasi tous les jours sur ces trajets, et qui, outre les marchandises, prennent volontiers pour leurs clients habituels, des petits colis, des papiers importants, et parfois des lettres. A Lisieux ces maisons les plus connues sont,

  • Dufour rue de Caen, 105
  • Fromage Bd Sainte Anne, 5

Dans les annuaires leur métier est stipulé « commissionnaires de roulage ».

◇ Les entreprises de « voitures publiques » sont celles qui transportent les passagers, leurs bagages, quelques petits paquets et parfois des lettres importantes ou urgentes.
Selon les annuaires (ici nous citons Durand en 1839) pour Caen:

  • – A l’hôtel d’Espagne, entreprise Revel, Conard et C° tous les 2 jours à 5h du matin, retour le soir à 8h.
  • – A l’hôtel du Commerce, service Verdun et C°, tous les 2 jours, à la même heure.
  • – A l’hôtel de France et à l’hôtel de la Poste, Laffite et Caillard tous les jours à 1h et 9h du matin.

Il faut préciser enfin, que dans leurs publicités de l’époque (Presse) ces entreprises ne manquent pas d’indiquer, sans utiliser le mot lettre ou courrier, qu’elles transportent toutes sortes de documents et papiers d’affaires utiles à leurs clients.

@2. L’annotation concernant la « poste piétonne » est majeure pour notre histoire postale ( Revoyez la photo plus haut). Elle indique clairement que sa lettre à Rivière est portée par piéton, donc distribuée dans une commune rurale dépendant de la distribution de Lisieux. (36 communes, et parfois plus après, faisant partie de la distribution rurale de Lisieux!).
La Poste rurale est créée en France en 1830 (1 Avril). Nous aurons plus tard l’occasion d’en parler longuement dans notre catalogue des marques postales de Lisieux.
Cette création, suite de la Loi du 3 juin 1829, est en fait le fruit d’une longue cogitation, d’essais ou d’initiatives locales qui existaient parfois depuis longtemps (1769 dans la Drôme par exemple. Ref. Louis Lenain).
Il fallait bien en effet que quelqu’un porte les lettres: les traces sont peu nombreuses, et en trouver une à Lisieux est un coup de chance (bien aidé par Dominique Reynaud, Union Marcophile qui nous l’a indiquée).

Suivant les régions, et les termes locaux, ces porteurs peuvent être appelés : messager, courrier, piéton, pédon etc.
Pour Lisieux nous retiendrons le terme seul connu actuellement de » poste piétonne ».
Nous n’allons pas ici répéter ou plagier des études déjà réalisées, et qui de manière bien plus documentée ont déjà traité du sujet.
Au contraire, pour vous encourager à aller plus loin nous allons les citer et les mettre à l’honneur ici.
Dans un numéro spécial des Feuilles Marcophiles (suppl. 314) un collectif d’auteurs traite en profondeur de tout le fonctionnement de la Poste rurale. Concernant cette mise en place, Gilbert Douron fait un point important, et Alain Trinquier fournit une étude en profondeur sur son département du Var où les sources sont nombreuses et donnent donc un exemple parfait du sujet.

《 ¤ 》 voir: c’est facile, ce bulletin est disponible à la ShL (bibliothèque marcophilie). Sans copier, et simplement pour donner envie d’en savoir plus, un court extrait vous est offert ici ( Ces textes sont donc volontairement tronqués).

★ photos, FM 314.
2 extraits de Alain Trinquier

★ 2 extraits de Gilbert Douron

@3. L’ex notaire est Jean-Baptiste-François de Sales Cosnard de la Bretonnière, notaire royal à Lisieux.
Attesté dans l’almanach du commerce de 1811, et dans Affiches et annonces judiciaires de la Sarthe en 1816, pour avoir épousé la soeur de Me Lehalleur notaire au Mans.
Liard: ce nom est attesté dans la table décénale de 1812.

  • ◇ Liard Pauline Adèle
  • ◇ Josephine
  • ◇ Jeanne Célestine
  • ◇ Antoine Napoléon

(Ref. AD 14).

Il convient de préciser que ces études sont complétées de notes et de toutes les sources utiles au sujet.
En dernier lieu, remerciements à D . Reynaud, qui centralise les boites rurales pour toute la France et, toujours disponible, ne manque jamais de nous apporter une aide précieuse pour Lisieux.
MC

@ contribution Raymond Raveaux.
Dans un acte visionné récemment (conservé à la ShL réf. 1.F.40) on trouve cet intitulé du notaire lexovien en 1812:
☆ photo ci-dessous

1825.1m

L’acte qui se termine selon les formules habituelles porte la signature « Cosnard » avec paraphe, ainsi que son sceau sec sous papier (au centre armoirie impériale) :
J.B.F.COSNARD-LABRETONNIERE NOTAIRE À LISIEUX (CALVADOS).
☆☆ 2 photos ci-dessous.


1849.3


1849.3entete

La Marque Postale

# Lettre affranchie d’un 20c noir (N°3 de France) oblitération grille. A côté: timbre à date type 15 LE HAVRE / BATEAU A VAPr.
La grille et le tad sont apposés à Honfleur.

¥ 5 juillet 1849 (datée du 4, Havre ou très proche).
T tarif lettre simple à 20c jusqu’à 7g 1/2 (1 Janvier 1849).
& Au verso: tad t.15 HONFLEUR et LISIEUX: même date.
~ bas à droite : double signature de R.Calves (expert).
○ voir en fin @ Une note détaillée sur cette rare oblitération (Pièce unique !).
★ Photo complète avec verso

1849.3a

La Lettre

♡ inconnu. La Lettre est signée. Voyez la photo.
[ ] Le lieu n’est pas nommé, supposé Le Havre ou très proche.
♥ M.Daumesnil, rue Navarin à Lisieux.
= Correspondance d’affaires. On y lit en bas: « C’est Mr Laignel qui nous dirige ».
> M. LAIGNEL, et signataire et expéditeur.
< adresse Lisieux.
★ Photo du texte
1849.3b
○ M.Daumesnil est agent d’affaires bien connu à Lisieux: il est cité dans plusieurs almanachs de Lisieux (imp. Vve Tissot ou Durand): on le trouve entre autres:
– 39 rue Pont-Mortain (1839.40).
– rue Condorcet (1846).
○ Tabourier vendra son étude en 1829.
★ photo annonce Gazette des Tribunaux 5 Fevrier 1829.
1825.1h

Le Papier

□ simple pli 12x7cm, déplié double feuille environ 24x15cm. Pas de particularité de papier Feuillet léger, standard du commerce.
@ Les Bateaux à Vapeur

Le transport des correspondances par bateau à vapeur, bien connu des spécialistes, nécessite pour la majorité des lecteurs quelques explications détaillées, sans refaire toute l’histoire maritime française! (Nous donnerons quelques sources pour aller plus loin si affinités).
Pour éviter de longs trajets routiers, il est apparu assez tôt que les bateaux à vapeur permettaient de raccourcir le trajet, et le « temps du courrier » entre le Havre et différents ports de la Manche: Honfleur, Trouville, Caen etc. jusqu’en Bretagne. Le système expliqué ici pour cette lettre dans la Manche est aussi valable pour d’autres ports de France (Atlantique, estuaire de la Loire et Méditerranée avec la Corse et l’Afrique du Nord).
Résumons: au lieu d’aller à la Poste, les expéditeurs avaient la possibilité d’apporter leur lettre directement au bateau. A cet effet, une boite postale dite « boite mobile » était à leur disposition près du quai. Avant le départ (on dit 1/4 d’heure? Mais rien n’a jamais été chronométré!) la boite est décrochée, mise sur le bateau et emportée à destination où seul un employé des Postes présent à quai sera habilité à l’ouvrir, « lever » le courrier et l’emporter au bureau de Poste afin qu’il soit oblitéré, vérifié (et taxé si nécessaire) puis acheminé.
La boite elle, reste à quai pour le prochain voyage inverse. A certaines époques, la boite étant légère et munie d’une poignée, le préposé pouvait aussi l’emporter directement au bureau, en laissant une vide à la place.
★ photo d’un exemple de boite mobile (ici terrestre, mais il n’apparaît pas qu’il y ait eu un modèle spécifique aux maritimes).
Ref. Musée de la Poste

1849.3d

Les feuilles marcophiles n°314 supplément « les boites mobiles de la voie de terre » par Jean Lissarague et Hervé Tanter (ouvrage visible à la ShL).

Le nom de la ville sur le timbre à date est donc toujours le nom de provenance, il est apposé par le bureau qui lève la boite.
La Lettre ici présentée est donc jetée dans la boite du bateau au Havre le 4 ou 5 au matin, levée à Honfleur, oblitérée de la grille pour annuler le timbre, et du timbre à date pour justifier la provenance.
Au verso le tad Honfleur du même jour indique qu’elle repart aussitôt dans la dépêche de Lisieux.
Les almanachs nous indiquent que (exemple en 1846) la dépêche de Honfleur est assurée à Lisieux par Revel, tous les jours à 4h du matin, retour à 6h le soir.
Des Messageries effectuent également la correspondance des colis ou des passagers pour les bateaux du Havre.
★ photo almanach de Lisieux (Durand 1846) Ref. Collection Sylvie & Michel CATHERINE (Lisieux).

Le tad Lisieux du 5 indique qu’elle a aussi été reçue et distribuée ce jour.
Si les bateaux à vapeur sont bien connus, celui-ci est unique: Salles signalait pour cette ligne la possibilité de 1849, et ne connaissait, en 1850 comme première date, que des lettres non affranchies. Cette pièce postale affranchie du premier timbre de France en 1849 est donc d’une insigne rareté.
☆ remercions ici notre aimable collègue qui nous l’a confiée.

Pour aller un peu plus loin:
◇ Notre ami Hervé Tanter (grand chercheur passionné) nous avait confié autrefois à Trouville une partie de ses notes. Il avait relevé entre autres informations, dans la Presse locale…
◇ Écho Honfleurais du 19.11.1848
Pose d’une boite contre l’hôtel du Cheval Blanc où « l’on pourra jeter jusqu’au dernier moment du départ, les lettres pour le Havre. Une semblable boîte est mise au Havre près du bateau à vapeur ».
★ Photo du lieu à Honfleur (Quoique très postérieures les cartes postales sont de bonnes illustrations de ces services maritimes).
On distingue également sur la façade de l’hôtel les enseignes des Chemins de Fer ainsi que de l’omnibus de Trouville.

1849.3e

★ photos : Les bateaux de Trouville et Honfleur, vus à l’embarcadère du Havre.

1849.3e1

Bibliographie:
– incontournable Poste Maritime Française (ici le tome 1) de Raymond Salles.
– Les feuilles marcophiles, revue de l’Union Marcophile.
– Les notes et relevés de Hervé Tanter (nombreuses, elles peuvent être consultées sur rendez-vous à la ShL).
– La collection de notre ami discret que nous pouvons consulter chaque fois que besoin.
– Nos notes et souvenirs personnels puisque LA POSTE AU HAVRE et LES BATEAUX A VAPEUR furent notre première collection de jeunesse, exposée à Honfleur en 1970 Lisieux en 1971, en Nationale à St Brieuc en 1972 et médaillée, encore en Nationale, à Colmar en 1974.

Pour conclure, nous osons ici une photo souvenir personnelle, puisqu’elle est complètement dans le sujet!
★ photos Presse Honfleur 1970. On voit au centre André Liabastre, de la Chambre de Commerce, Président du Club Philatélique honfleurais.

1857.1


1857.1

La Marque Postale

# sur une bande non affranchie, timbre à date type 15 de Caen
¥ 29 octobre 1857
! D’abord en franchise puis taxée à
30 taxe double trait.
T tarif simple du 1 Juillet 1854, non
affranchi, jusqu’à 7g1/2.
& les indications postales sont nombreuses, elles sont développées en détail ci-dessous rubrique ○
~ au verso timbre à date de l’ambulant de jour CHERBOURG A PARIS I° / E du 29 Oct. 1857 + une mention manuscrite avec paraphe.
○ Cette pièce postale trés particulière nécessite quelques explications.
– d’abord expédiée en franchise avec l’indication en haut à droite « Postes » cette bande contenait probablement, un imprimé, ou un texte administratif, auquel était joint un ou deux « mandat de paiement ».
– Le paraphe dit « contre-seing » est apposé à Caen par l’inspecteur des postes: sa griffe + des postes + signature (un inspecteur du Calvados s’est appelé Goussu? A vérifier pour 1857, simple hypothèse).
★ photo du contre-seing
1857.2

Nous ne pouvons que « supposer » car nous n’avons pas l’expéditeur, ni le contenu. (L’expéditeur est-il l’inspecteur lui même, on peut le croire).
★ ci-dessous photo du texte réglementaire concernant la vérification des franchises.
(J.P.Alexandre = ed. Brun 1996).

– A Lisieux la Poste constate une anomalie par la présence de mandat et applique le processus réglementaire en frappant en rouge de la griffe « ORDONNANCE…1844 » ainsi que de la griffe de service LISIEUX également du même rouge.
Et la taxe 30 qui sera donc payée par le destinataire. Au verso une indication manuscrite, constatant le contenu.
★ photo du verso

1857.3

Le texte reproduit ci-dessus mérite toute votre attention, il indique clairement les conditions dans lesquelles l’irrégularité peut être corrigée, en cours de transport ou ici à l’arrivée.
– Concernant cette griffe, voyez aussi notre note @ autre contribution, en fin du sujet.

Le Texte (peu d’éléments)

♡ La Poste (supposée).
[ ] Caen. L’inspecteur du Calvados
♥ Monsieur Marque/entrepreneur De service/à Lisieux. (Travaillait-il pour la Poste?)
= Envoi de mandat (s)
> L’inspecteur des Postes(?)
M. Marque
< Caen et Lisieux Cherbourg et Paris pour l'ambulant. Le Papier

□ au format d’une bande type imprimés 11x7cm (environ= une partie semble manquer?)
○ Le papier est fibreux (genre main brune, papier de doublage) assez épais et de couleur jaune. Cette couleur peut rappeler certains documents administratifs de la Poste.

@ autres contributions.
Nous avons la chance de posséder dans nos collections le cachet authentique de la rare griffe de l’Ordonnance de 1844.
11,5cm de haut, manche en bois serti dans l’anneau de la griffe en bronze. La griffe 32x18mm au cadre.
★ 3 photos de ce cachet

(Ref. Collection Sylvie & Michel CATHERINE à Lisieux).

@ Catalogue des marques postales de Lisieux:
La griffe ainsi que la linéaire LISIEUX sont ajoutées à notre catalogue, rubrique « Les marques annexes » sous la référence A5.