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1849.3entete

La Marque Postale

# Lettre affranchie d’un 20c noir (N°3 de France) oblitération grille. A côté: timbre à date type 15 LE HAVRE / BATEAU A VAPr.
La grille et le tad sont apposés à Honfleur.

¥ 5 juillet 1849 (datée du 4, Havre ou très proche).
T tarif lettre simple à 20c jusqu’à 7g 1/2 (1 Janvier 1849).
& Au verso: tad t.15 HONFLEUR et LISIEUX: même date.
~ bas à droite : double signature de R.Calves (expert).
○ voir en fin @ Une note détaillée sur cette rare oblitération (Pièce unique !).
★ Photo complète avec verso

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La Lettre

♡ inconnu. La Lettre est signée. Voyez la photo.
[ ] Le lieu n’est pas nommé, supposé Le Havre ou très proche.
♥ M.Daumesnil, rue Navarin à Lisieux.
= Correspondance d’affaires. On y lit en bas: « C’est Mr Laignel qui nous dirige ».
> M. LAIGNEL, et signataire et expéditeur.
< adresse Lisieux.
★ Photo du texte
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○ M.Daumesnil est agent d’affaires bien connu à Lisieux: il est cité dans plusieurs almanachs de Lisieux (imp. Vve Tissot ou Durand): on le trouve entre autres:
– 39 rue Pont-Mortain (1839.40).
– rue Condorcet (1846).
○ Tabourier vendra son étude en 1829.
★ photo annonce Gazette des Tribunaux 5 Fevrier 1829.
1825.1h

Le Papier

□ simple pli 12x7cm, déplié double feuille environ 24x15cm. Pas de particularité de papier Feuillet léger, standard du commerce.
@ Les Bateaux à Vapeur

Le transport des correspondances par bateau à vapeur, bien connu des spécialistes, nécessite pour la majorité des lecteurs quelques explications détaillées, sans refaire toute l’histoire maritime française! (Nous donnerons quelques sources pour aller plus loin si affinités).
Pour éviter de longs trajets routiers, il est apparu assez tôt que les bateaux à vapeur permettaient de raccourcir le trajet, et le « temps du courrier » entre le Havre et différents ports de la Manche: Honfleur, Trouville, Caen etc. jusqu’en Bretagne. Le système expliqué ici pour cette lettre dans la Manche est aussi valable pour d’autres ports de France (Atlantique, estuaire de la Loire et Méditerranée avec la Corse et l’Afrique du Nord).
Résumons: au lieu d’aller à la Poste, les expéditeurs avaient la possibilité d’apporter leur lettre directement au bateau. A cet effet, une boite postale dite « boite mobile » était à leur disposition près du quai. Avant le départ (on dit 1/4 d’heure? Mais rien n’a jamais été chronométré!) la boite est décrochée, mise sur le bateau et emportée à destination où seul un employé des Postes présent à quai sera habilité à l’ouvrir, « lever » le courrier et l’emporter au bureau de Poste afin qu’il soit oblitéré, vérifié (et taxé si nécessaire) puis acheminé.
La boite elle, reste à quai pour le prochain voyage inverse. A certaines époques, la boite étant légère et munie d’une poignée, le préposé pouvait aussi l’emporter directement au bureau, en laissant une vide à la place.
★ photo d’un exemple de boite mobile (ici terrestre, mais il n’apparaît pas qu’il y ait eu un modèle spécifique aux maritimes).
Ref. Musée de la Poste

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Les feuilles marcophiles n°314 supplément « les boites mobiles de la voie de terre » par Jean Lissarague et Hervé Tanter (ouvrage visible à la ShL).

Le nom de la ville sur le timbre à date est donc toujours le nom de provenance, il est apposé par le bureau qui lève la boite.
La Lettre ici présentée est donc jetée dans la boite du bateau au Havre le 4 ou 5 au matin, levée à Honfleur, oblitérée de la grille pour annuler le timbre, et du timbre à date pour justifier la provenance.
Au verso le tad Honfleur du même jour indique qu’elle repart aussitôt dans la dépêche de Lisieux.
Les almanachs nous indiquent que (exemple en 1846) la dépêche de Honfleur est assurée à Lisieux par Revel, tous les jours à 4h du matin, retour à 6h le soir.
Des Messageries effectuent également la correspondance des colis ou des passagers pour les bateaux du Havre.
★ photo almanach de Lisieux (Durand 1846) Ref. Collection Sylvie & Michel CATHERINE (Lisieux).

Le tad Lisieux du 5 indique qu’elle a aussi été reçue et distribuée ce jour.
Si les bateaux à vapeur sont bien connus, celui-ci est unique: Salles signalait pour cette ligne la possibilité de 1849, et ne connaissait, en 1850 comme première date, que des lettres non affranchies. Cette pièce postale affranchie du premier timbre de France en 1849 est donc d’une insigne rareté.
☆ remercions ici notre aimable collègue qui nous l’a confiée.

Pour aller un peu plus loin:
◇ Notre ami Hervé Tanter (grand chercheur passionné) nous avait confié autrefois à Trouville une partie de ses notes. Il avait relevé entre autres informations, dans la Presse locale…
◇ Écho Honfleurais du 19.11.1848
Pose d’une boite contre l’hôtel du Cheval Blanc où « l’on pourra jeter jusqu’au dernier moment du départ, les lettres pour le Havre. Une semblable boîte est mise au Havre près du bateau à vapeur ».
★ Photo du lieu à Honfleur (Quoique très postérieures les cartes postales sont de bonnes illustrations de ces services maritimes).
On distingue également sur la façade de l’hôtel les enseignes des Chemins de Fer ainsi que de l’omnibus de Trouville.

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★ photos : Les bateaux de Trouville et Honfleur, vus à l’embarcadère du Havre.

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Bibliographie:
– incontournable Poste Maritime Française (ici le tome 1) de Raymond Salles.
– Les feuilles marcophiles, revue de l’Union Marcophile.
– Les notes et relevés de Hervé Tanter (nombreuses, elles peuvent être consultées sur rendez-vous à la ShL).
– La collection de notre ami discret que nous pouvons consulter chaque fois que besoin.
– Nos notes et souvenirs personnels puisque LA POSTE AU HAVRE et LES BATEAUX A VAPEUR furent notre première collection de jeunesse, exposée à Honfleur en 1970 Lisieux en 1971, en Nationale à St Brieuc en 1972 et médaillée, encore en Nationale, à Colmar en 1974.

Pour conclure, nous osons ici une photo souvenir personnelle, puisqu’elle est complètement dans le sujet!
★ photos Presse Honfleur 1970. On voit au centre André Liabastre, de la Chambre de Commerce, Président du Club Philatélique honfleurais.