MAGNY le FREULE




NOTES sur Magny le Freule – 14

1 – Bibliographie
2 – Pièces Justificatives.

1 – Bibliographie:

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III page 654.
Editions FLOHIC : le patrimoine des Communes du Calvados page 1157.
NEDELEC Yves : documentation sur Magny le Freule, Voir Archives SHL NE26

Voir :

Magny le Freule ABC p.170
Bulletin monumental Tome XX p.64 – 64 g1 – 48 g1.
Montfaut p.34 -33
Antiquaires de Normandie XII p.76 – XXIII p.20 n°138
Annuaire normand 1853 p.52
Montfreule – Annuaire Normand 1849 p.22.
Bulletin monumental 1867 p.38
Id 1866 p.24
Annuaire Normand 1865 p.540
Formeville I

Insinuations
Ban 1272 – Guillelmus Maigny
Etienne de Bonenffant seigneur de Magny le Freule en 1315 et 1316.

Mémoires de la Société des Antiquaires Tome 23 p.20
1418 – 10 mai

2 – Pièces Justificatives:

1718
Jean-Antoine de Fresnel, chevalier, seigneur de Magny-le-Freule et de la Pipardière, demeurant en sa terre de la Pipardière, paroisse de Livarot.
= AD 14. Série H suppl. Hôpital de Lisieux – B. Suppl. – B 2.

An IV, 21 messidor (1796, 7 août) – Crévecoeur
Procès-verbaux des visites des moulins du canton de Crévecoeur :
Magny-le-Freule : Brunet, 2 tournants
= (A.D. Calvados – L Administration IV Police 41)

Texte en latin

Ledit jour 16 mai 1418 resprit à Jean Bonenfant, écuyer jusques à Saint Jean, de la terre de Marignie le Freule
(sic), et autres qui furent à Jean Bonenfant, son père, à lui donnée par le Roy, continue le 23 septembre jusqu’à Noël. (Vautier – Confiscations de Henri V d’Angleterre – Paris 1828)

Hommage rendu à Thomas Basin pour le fief de Magny le Freule – 2 juin 1453.
A tous ceulz que ces lectres verront ou orront, Thomas, par la permission divine, évesque et conte de Lisieux, salut.
Savoir faisons que nostre bien aimé Guieffroy Bonenffant, escuier, nous a aujourd’hui fait les foy et hommage qu’il nous estoit tenu faire du fief de Magny le Freule, assis au baillage de Caen, tenu et mouvant de nous à cause et par raison de notre dicte conté de Lisieux et nous a promis porter foy et loiaulté contre tous, et à nous faire les services et pour les devoirs et droitz qui par raison d’icelui fief sont deubz . A quoi nous l’avons reçu, saufve le féaulté au Duc de Normandie et de nous baillier l’adveu et denombrement d’icelui fief luy avons donné temps et terme jusques au jour de Noël prouchain venant. Sy donnons en mandement à nostre séneschal dudit lieu de Lisieux et à tous nos autrez justiciers et officiers à qui il appartiendra que ledit escuier, pour cause desdiz hommage non fait, adveu et denombrement non baillié, ilz ne le molestent, travaillent ou empeschent en aucune manière, mais le facent souffrent ( ?) et laissent jouir paisiblement de son fief de Maigny et des fruiz et revenues d’icelui par nous faisant et joiant nos droits .deubz et devoirs telz que deubz nous sont, se fait et poiez ne les a, et pourveu qu’il n’y ait autre cause raisonnable pourquoy empeschement luy doir en ce estre fait ou mis. Donné audit lieu de Lisieux, le deuxiesme jour de juing, l’an de grâce 1453. Soulz le scel de nostre chambre.
Ainsi signé G. Devreux.
(Quicherat – Thomas Basin Tome IV p.204-205.
D’après un vidimus délivré sous le sceau des obligations de la sénéchaussée de Lisieux, le 2 juin 1453. Archives du Calvados – Evêché de Lisieux, fief de Magny.

22 mars 1453
Hommage rendu à l’évêque par Robin Cousin comme procureur de Geoffroy Bonnenfant seigneur de Magny le Freule, mouvant du comté de Lisieux
3 mai 1457
aveu du précédent pour sa terre consistant en manoir, cour, jardins, moulin et four à ban, pêcherie, colombier et droit de présenter à la grande portion de l’église dudit Magny, terres etc
12 septembre 1458 autre aveu du même.
20 février 1460 autre aveu du même
10 novembre 1543 aveu de Jean Bonenfant, seigneur de Magny le Freule.

Noble et discrète personne Maistre Philippes de Bauldry, curé de Magny le 6 septembre 1552.

Recherche de 1666
Philippes de Bonenfant, seigneur de Magny le Freule, ancien noble.

24 novembre 1636 –
Mémoire des évêques au sujet de laprétention des seigneurs de Magny d’avoir le bassin et éguierre qui leur aura servi à donner l’eau à laver les mains des nouveaux évêques le jour de leur entrée et que ce bassin et éguierre doivent être d’argent.
Décidé que les évêques sont les maîtres de se faire rendre ledit service en faisant savoir le jour de leur entrée au seigneur de Magny ou de le refuser, et dans le cas où ils le voudront recevoir le bassin et éguierre appartiendront à celui qui aura fait le service, tels qu’ils se trouveront, le seigneur évêque n’étant point obligé de les avoir en argent.

25 janvier 1649 – Aveu rendu à l’évêque par Philippe Bonenfant, seigneur patron de Magny le Freule.
22 janvier 1651 – Quittance en faveur de Léonor de Matignon par Philippe Bonenfant, seigneur de Magny, d’un bassin et éguierre ou bouilloire d’argent que ledit évêque lui a fait remettre, avec lesquels il a rendu le service de lui donner à laver les mains le jour de son entrée.
1680 – Aveu de François de Bonenfant du fief de Magny.
20 juin 1690 – autre aveu du même.
22 juin 1739 – aveu du fief de Magny par Anne Benigne de Bonenfant (Archives du Calvados)

Guillaume de Mannoury du Trembaly, seigneur de Magny, gouverneur de Bayeux en 1501 (Pluquet p.94).

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

Magny-le-Freule, Magneium.

Magny-le-Freule faisait partie du diocèse de Bayeux et du doyenné de Vaucelles. L’église appartient au style de transition, dont nous trouvons tant d’exemples dans l’arrondissement de Lisieux. Le choeur, en retrait sur la nef, se compose de deux travées ; il est éclairé par des fenêtres en forme de lancettes, avec chevet droit percé de deux fenêtres de même forme ; la corniche extérieure est supportée par des modillons à figures. Du côté du sud, une porte à plein cintre, garnie de zig-zag, donnait accès au choeur. A l’intérieur, les chapiteaux des colonnettes destinées à supporter les arceaux de la voûte offrent le type du XIIIe siècle ; la voûte actuelle, en plâtre, a été refaite il y a quelques années; vers la même époque, on a repavé le sanctuaire et fait disparaître, malgré mes recommandations, plusieurs pierres tombales recouvrant des Bonenfant, seigneurs de la paroisse (La mère de Mme de Caumont, née de Bonenfant, étant la dernière de celte famille, j’avais fait des recommandations auxquelles on avait promis de se conformer, mais qui ont été complètement oubliées).
Sur une de ces tombes, du côté de l’évangile,j’avais lu :
HOMME CHARLES DE BONENFANT SEIGNEUR ET PATRON DE
MAGNY-LE-FREULE, LE BREUIL, LA BRETHE.-HARENVILLIER, LEQUEL DÉCÉDA
LE 11 FEBVRIElt L’AN 1639. PRIEZ DIEU POUR SON AME. AMEN.

Sur une autre tombe, du même côté (côté de l’évangile), on lisait :

CY GIST MESSIRE PHILIPPE DE BONENFANT, CHEVALIER, SEIGNEUR DE
MAGNY-LE-FRRULE, LA BRETTE-HARENVILLIER, LA MORICIÈRE, VILLERS ET
AUTRES SEIGNEURIES, DÉCÉDÉ LE 12e DE MAY 1672. PRIEZ DIEU POUR LE
REPOS DE SON AXE.

Il y avait encore d’autres tombes dans le sanctuaire et dans le choeur ; elles ont disparu,comme les deux précédentes. Mais on voit toujours dans le mur, du côté de l’épître, l’encadrement dont voici l’esquisse.
La table de marbre qui était au centre de ce cadre a été détachée, probablement pendant la Révolution; mais elle a été retrouvée au château par M. le docteur Pépin. Voici le texte de l’inscription qui la recouvre :

SUR LE TRÉPAS Dr. NOBLE Dlle JEANNE DE
BONNENFANT FILLE DE Mre PHILIPPES DE BONNENFANT
CHEVALIER, SEIGr ET PATRON DE MAGNY-LE-FREULE.
Sonnet.

BELLE, JEUNE, CHARMANTE ET DE CORPS ET D’ESPRIT
AU PRINTEMPS DE MES JOURS JAY PARU SANS SECONDE
JAY VEU SANS LES GOUSTER LES VANITÉS DU MONDE
ET LEUR ÉCLAT TROMPEUR JAMAIS NE ME SURPRIT
PRESQUE DES LE BERCEAU MON AME COMBATTIT
CONTRE TOUS LES DÉFAUTS DONT NOTRE SEXE ABONDE
DU MONARQUE DU CIEL LA SAGESSE PROFONDE
VIERGE ME MIST SUR TERRE ET VIERGE MY REPRIT
VOUS DE QUI LA BEAUTÉ REND LE MONDE IDOLATRE
SURPASSÉS EN ATTRAITS HELEYNE ET CLEOPATRE

A L’EMPIRE DES COEURS RÉGLÉS TOUS VOS DÉSIRS
BELLEc, AYEZ LES DONS DÉ TOUTE LA NATURE
MALGRÉ TOUS LES THRÉSORS QUI CHARMENT LES HUMAINS
VOUS IREZ COMME MOY DEDANS LA SÉPULTURE
OBIIT 20 APRILIS ANNO 1661 ÆTATIS 16.

On voit du même côté, près de l’autel, une ancienne crédence de forme ogivale.
Une sacristie a été construite derrière le chevet.
La nef, plus large et plus longue que le choeur, était éclairée par trois fenêtres au sud et au nord ; elles sont cintrées et garnies d’un tore sans colonnes, ce qui ne me paraît pas annoncer une époque plus ancienne que le choeur ; elles sont à peu près intactes du côté du sud ; deux ont été refaites du côté du nord l’une à une époque peu ancienne, l’autre très-anciennement, car elle est subdivisée en deux baies tréflées avec rose au sommet.
La porte d’entrée se trouvait évidemment dans le mur méridional ; elle a dû être supprimée quand on a pratiqué, dans le pignon occidental, la porte moderne qu’on y voit aujourd’hui. Ce changement a nécessité des reprises dont on distingue encore les traces dans les murs.
Cette porte occidentale, moderne, est accompagnée de deux fenêtres étroites s’élevant à une certaine hauteur et terminées par un linteau horizontal, pomme des meurtrières.
Au-dessus du pignon est établie une tour quadrangulaire et peu élevée, en bois, garnie d’essente. Entre choeur et nef on voit, au sommet du gable qui encadre l’arc triomphal, une petite arcade qui, très-certainement, renfermait une cloche et qui, vraisemblablement dans l’origine, remplaçait le clocher.
La nef est voûtée en bois avec tirants et poinçons visibles, toute cette boiserie a été refaite il y a peu d’années.
L’église est sous l’invocation de saint Germain.

Château.
— Le château, situé tout près et au nord-est de l’église, est moderne et n’a rien de remarquable. Nous en donnons pourtant une esquisse, d’après le dessin qu’en a fait M. le docteur Pépin, parce qu’il remplace celui que la famille de Bonenfant habitait dans le XIVe siècle, et probablement avant cette époque.
Il se trouve dans une île formée par la Dive. Les bâtiments qui entourent les cours, en dehors de l’île, sont assez vastes. Celui qui clôt cette cour, à l’ouest, paraît de l’époque de Louis XIII. M. le comte G. de Soultrait, qui a dépouillé dans les archives du château de Magny un certain nombre de chartes ou aveux, y a constaté les faits suivants:
De 1315 à 1316, Étienne de Bonenfant était seigneur de Magny-le-Freule.
De 1351 à 1387, Raoul de Bonenfant était seigneur de Magny-le-Freule et du Breuil.
De 1387 à 1392, Jehan de Bonenfant ( Nous avons vu, en parlant du château de Bonneville-sur-Touque, qu’en 1417, Jehan de Bonenfant était le lieutenant du capitaine commandant la place, et nous avons publié le texte de la capitulation qu’il fit. Nous pensons que ce Jehan de Bonenfant est celui dont font, mention les pièces trouvées dans les archives de Magny-le-Freule par M. G. de Soultrait.) était seigneur des mêmes paroisses ;
Le 10 mai 1418, Jean de Bonenfant, fils d’un autre Jean de Bonenfant, fut réintégré par le roi d’Angleterre dans la
terre de Magny-le-Freule.
On trouve ensuite, de 1455 à 1458, Geoffroy de Bonenfant (M. Quicherat a publié, dans le 4e volume des Oeuvres de Thomas Bazin, un aveu rendu par Guieffroy Bonenfant à cet évêque , pour le fief de Magny-le-Freule, mouvant du comté de Lisieux. Cet acte est daté du 2 juin 1453. Un autre aveu jendu par le même, le 3 mai 1457, nous apprend que la terre de Magny se composait de manoir, cour, jardins, moulin et four à ban , pêcherie, colombier, et droit de présenter à la grande portion de l’église dudit Magny. (Note de M. Vasseur).
De 1484 à 1699, Jehan de Bonenfant.
En 1509, Pierre de Bonenfant.
En 1517, Philippe de Bonenfant.
En 1548, Loys de Bonenfant, conseiller du roi.
En 1570, Jehan de Bonenfant, qui avait pour femme Anne Le Prevost.
De 1606 à 1639, Charles de Bonenfant, seigneur et patron de Magny-le-Freule, du Breuil, de la Morinière. et de Biéville, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi. (Nous avions relevé l’inscription de sa tombe dans le sanctuaire avant le pavage qui l’a fait disparaître. Voir la page 428.) Il eut pour fils et successeur Philippe de Bonenfant, dont j’ai donné aussi l’inscription tombale et qui mourut en 1672.
Son fils, François de Bonenfant, prenait les titres de seigneur et patron de Magny-le-Freule, marquis de la Perrière, sieur de la Brette, de la Morinière, de Hauville, d’Ouésy, de Biéville, de Quetiéville et en partie de Mesnil-Villers; il figure dans des actes de 1678. Antoinette de Gaurault du Mont, sa veuve, vivait encore en 1747 (Parmi les documents que j’ai examinés dans le chartrier de Magny-le-Freule, et qui font partie de mes archives de famille, j’ai trouvé un petit nombre de sceaux passablement conservés: l’un, de Jehan de Bonenfant, appendu à une charte de 1392, est en cire verte et porte un écusson à six roses, 3, 2 et 1.
Le sceau d’un autre Jehan de Bonenfant, attenant à une charte de 1484, est de même en cire verte, comme le précédent.
Parmi les pièces, j’ai trouvé le sceau d’un Thiébaut, prêtre, représentant le seigneur.
La charte commence ainsi : C’est ce que avoue tenir Estienne Lomme par foy et par hommage de Jehan Boneffant, escuyer seigneur de Magny-le-Freulle, ci cause de son franc fieu, c’est à savoir un hébergement en la paroise du Breuil, etc., etc. La charte finit ainsi : « A la requeste du dit Estienne, ce présent adveu a esté scellé du scel Symon Tiébaut,
prestre, pour le seigneur du dit lieu tenant les plez que furent le 21e jour d’avril 1384.- Note de M. le comte G. de Soutirait, de l’Institut des province..)(Parmi les documents que j’ai examinés dans le chartrier de Magny-le-Freule, et qui font partie de mes archives de famille, j’ai trouvé un petit nombre de sceaux passablement conservés: l’un, de Jehan de Bonenfant, appendu à une charte de 1392, est en cire verte et porte un écusson à six roses, 3, 2 et 1.
Le sceau d’un autre Jehan de Bonenfant, attenant à une charte de 1484, est de même en cire verte, comme le précédent.
Parmi les pièces, j’ai trouvé le sceau d’un Thiébaut, prêtre, représentant le seigneur.
La charte commence ainsi : C’est ce que avoue tenir Estienne Lomme par foy et par hommage de Jehan Boneffant, escuyer seigneur de Magny-le-Freulle, ci cause de son franc fieu, c’est à savoir un hébergement en la paroise du Breuil, etc., etc. La charte finit ainsi : « A la requeste du dit Estienne, ce présent adveu a esté scellé du scel Symon Tiébaut,
prestre, pour le seigneur du dit lieu tenant les plez que furent le 21e jour d’avril 1384.- Note de M. le comte G. de Soutirait, de l’Institut des province..)

Leur fille aînée, Bénigne de Bonenfant, épousa le marquis de Chenault, dont la fille, Hyacinthe-Isabelle de Chenault, fut mariée au vicomte de Courcy. De ce mariage naquirent plusieurs enfants, parmi lesquels Hyacinthe de Courcy, qui porta la terre de Magny au marquis de La Rivière-Prédauge, père de Mme de Saint-Léger.
Une branche de Bonenfant, peut-être une branche cadette, habitait à quelques pas de là, sur les confins de Méry-Corbon, le fief de Montfrenie, qui touche à Magny : je vais décrire cette localité en parlant de la commune de Méry-Corbon dont elle fait partie.
La terre et le château de Magny-le-Freule appartenaient, il y a quelques années, à Mme de Saint-Léger, née de La Rivière-Prédauge, mère de Mme la comtesse de Soultrait, épouse de Mr de Soultrait, receveur-général à Lyon, et mère de mon ami le comte Georges de Soultrait, membre de l’Institut des provinces. Mme de Soultrait a vendu ce domaine il y a cinq ans ; il a été depuis revendu en détail ; mais le château fait partie d’un des lots et existe tel que nous l’avons figuré.
Il y avait dans ce château des tableaux représentant plusieurs Bonenfant. Les meilleurs ont été emportés par M. Georges de Soultrait et placés dans son château de Toury, département de la Nièvre; ils sont là un peu loin de leur pays natal, mais bien traités et conservés par celui qui leur donne asile et qui descend, par sa mère, de la famille de Bonenfant.

Voir le site: Voir le site: Mézidon-Canon et son Canton MAGNY LE FREULE