Géographie de l’évêché de Lisieux




Géographie de l’évêché de Lisieux.
( selon Charles Vasseur.)

L’idée peut paraître saugrenue de venir à la Société Historique de Lisieux pour y parler de … géographie, mais j’ai pour cela deux bonnes raisons :

– Beaucoup de ceux qui arrivent sur notre site Internet y parviennent parce qu’ils ont recherché ce qu’ils pouvaient trouver sur leur village ou sur une ancienne paroisse intégrée à leur commune. Pour leur répondre, il nous faut assez souvent, entre différentes possibilités, avoir recours à Charles Vasseur et à ses carnets, donc connaître l’organisation géographique de ces documents.

– En ce moment nous vivons une importante évolution de nos communautés locales. Nos paroisses furent, lors de la Révolution française, transformées en communes administratives. Aujourd’hui, celles de ces communes qui ont subsisté sont en train de se fondre dans des communautés de communes et certains parlent d’une totale refonte de nos communautés locales ou régionales. On peut se demander ce qui subsistera dans quelque temps comme souvenir de certaines paroisses.

Au dix-neuvième siècle, certains de nos spécialistes de l’histoire locale se sont passionnés pour l’histoire de nos communes et de leurs monuments. Si Arcisse de Caumont a choisi de le faire dans le cadre de la légalité impériale ( nous sommes sous Napoléon III ), en classant dans sa Statistique Monumentale, nos communes par arrondissement ( le Calvados en compte alors six ) et par canton, Charles Vasseur a lui réalisé un fascicule pour chacune de nos anciennes paroisses et regroupé ces fascicules par carnets à raison d’un carnet pour chacun de ces anciens doyennés de l’ancien diocèse de Lisieux. Une bonne utilisation des carnets de Charles Vasseur requiert donc une connaissance de la géographie de ces anciens doyennés.

Né à Lisieux, le 24 avril 1831, Charles Vasseur fut un précieux collaborateur pour Arcisse de Caumont. Lors de la création de notre Société Historique, en 1869, il en fut le premier Secrétaire-Archiviste. Il était alors domicilié rue du Marché aux Chevaux à Lisieux. En 1874, il est toujours membre de la Société Historique de Lisieux mais il demeure en Dordogne à Saint Germain de Belvès et y restera jusqu’à sa mort en 1896. Les notes qu’il nous a laissées ont donc été rédigées avant 1874 et pour la plus grande part d’entre elles avant 1867, date de la parution du volume de la Statistique Monumentale qui concerne l’ancien arrondissement de Lisieux. Celui de l’ancien arrondissement de Pont-l’Evêque avait paru en 1859. Charles Vasseur et Arthème Pannier y avaient également collaboré. Les notes de Charles Vasseur sont actuellement partagées entre les Archives départementales du Calvados et la Société historique de Lisieux, mais toutes celles consacrées aux anciens doyennés du diocèse de Lisieux sont restées lexoviennes.

Avant d’examiner en détail chacun de ces doyennés voyons un peu ce que fut cet ancien diocèse de Lisieux.

Ce diocèse sera parmi les plus tardifs des évêchés normands. Louis Du Bois , Richard Seguin et Charles Vasseur s’accordent sur un point : le plus ancien évêque de Lisieux serait Thibaud ou Theobald ou Theudobaud dont la présence au 3e concile d’Orléans en 538 est reconnue par les trois. Les évêchés de Bayeux et d’Evreux auraient été créés vers 250, celui de Sées deux siècles plus tard vers 450, Lisieux n’apparaît qu’au 6e siècle. Toutefois, il me paraît difficile de souscrire à l’affirmation de Du Bois qui déclare que l’évêché de Lisieux a du se contenter de la place laissée disponible par les autres. Comment admettre que l’évêché de Sées se soit arrêté à 8 km au nord de cette ville puisque celui de Lisieux s’étendait jusqu’à Marmouillé ?

Selon Du Bois, le territoire de ce diocèse mesurait dans sa plus grande longueur, du sud au nord, 8 myriamètres de La Génevraie au sud à Conteville au Nord et 6 myriamètres et demi séparaient Serquigny à l’est de Saint Samson à l’ouest. Nous avons aujourd’hui abandonné ces myriamètres dont chacun mesurait 10 km. Les cartes modernes ( Michelin entre autres ), semblent contester que La Génévraie soit la paroisse la plus au sud, ce serait alors Marmouillé, gros bourg entre Gacé et Sées, sur la nationale qui mène de Rouen au Mans. Quant à Conteville, il s’agit bien sûr du village du département de l’Eure proche de l’embouchure de la Risle et non de celui du Calvados, dans la plaine de Caen. Saint Samson est le village riverain de la Dives proche de Troarn que certains appellent, sans que cela soit le nom officiel, Saint Samson sur Dives, nous abordons le problème des très nombreuses paroisses homonymes sur lequel nous aurons à revenir. Selon nos cartes routières actuelles ce diocèse mesurait bien 65 km à vol d’oiseau d’est en ouest, mais du nord au sud, il faut compter 87 km entre Berville sur Mer et Marmouillé.

La limite nord de ce diocèse est évidente, il s’agit de la baie et de l’estuaire de la Seine. A l’est, la Risle, de Berville ( il s’agit bien sûr de Berville sur Mer, dans l’Eure puisque le Berville calvadosien, portion actuelle de la commune de l’Oudon est extérieur au diocèse ) à Serquigny, puis la Charentonne séparent le diocèse de Lisieux de celui d’Evreux. A l’ouest, en partant de la mer, la Dives jusqu’à Ouville la Bien Tournée, puis l’Oudon, marquent la frontière entre l’évêché de Lisieux et ceux de Bayeux au nord et de Sées au sud. La limite vers le sud est beaucoup plus conventionnelle aucun obstacle naturel ne séparant les évêchés de Lisieux et de Sées, même si la limite est parfois marquée par des ruisseaux aisés à franchir.

Selon Du Bois, ( livre III, page 351 ) le diocèse de Lisieux, renfermait 4 archidiaconés, divisés en 14 doyennés. S’y ajoutaient Lisieux et sa banlieue et les exemptions de Saint Cande incluse dans le diocèse de Rouen et de Nonant incluse dans celui de Bayeux. Le tout représentant en 1789 et selon lui un total de 487 paroisses offrant 516 portions ou cures. Richard Seguin parle lui de plus de 500 paroisses, mais l’abbé Piel ne trouve que 467 paroisses offrant 494 cures . En recomptant les paroisses évoquées dans les fascicules de Vasseur, je trouve 491 paroisses dont 12 dans les exemptions dépendant de l’évêque de Lisieux. S’y ajoutent les 9 paroisses de l’exemption de Cambremer qui dépendaient du diocèse de Bayeux.

Les documents divers dont dispose la Société Historique de Lisieux nous ont permis de localiser chacune de ces paroisses qu’elle soit actuelle ou disparue. En particulier et aussi en dernier ressort, nous avons utilisé la carte dressée par le géographe D’Anville au 18e siècle. Si nous n’avons pu connaître la date exacte de cet important document, nous savons qu’il fut établi à la demande de Monseigneur Ignace de Brancas qui fut évêque de Lisieux de 1715 à 1761 . Cette carte daterait de 1730 . Hélas, cette carte, dont nous disposons d’une copie noir et blanc, est tracée dans le style de l’époque ( c’est à dire avec représentation du relief ) et voulant être très complète, elle est écrite en très petits caractères, ce qui interdit toute reproduction qui passerait par une importante réduction.

Avant de nous livrer à l’inventaire des différents doyennés, il faut rappeler les nombreux problèmes que posent parfois aux historiens les homonymies de nom de lieu. Aujourd’hui, l’adjonction du code postal permet de distinguer sans équivoque nos différentes communes; auparavant l’adjonction d’un complément ( parfois non reconnu légalement d’ailleurs ) a paru la meilleure solution. Pas toujours la plus évidente, s’il y a deux Canapville, ils sont tous deux « sur Touques » et « en Auge ». Un document concernant Villers peut concerner Villers sur Mer ou Villers en Ouche mais il y a de grandes chances pour que ce soit plutôt Villers sur Glos si vous consultez les archives de notre association. Les noms composés désignent assez souvent une association de deux anciennes paroisses ( exemples Cheffreville-Tonnencourt ou Hermival-Les Vaux ) il arrive aussi qu’ils oublient la 3e : Beaufour-Druval, c’est Beaufour, plus Druval, plus Saint Aubin Lebisay. Certains noms composés n’ont d’autre but que de permettre de reconnaître une commune d’une autre portant le même nom : Préaux-Saint Sébastien permet de distinguer ce Préaux de Préaux-Bocage ou de Préaux, commune de l’Eure. Ces noms ne signalent pas la fusion de 2 communes. Nous allons tenter de nous y retrouver dans tout cela en demandant à Charles Vasseur d’être notre guide ce qui exige que nous acceptions de nous plier au classement qu’il a effectué et aux noms tels qu’il les a écrits.

Le 1er mars 1790, le département du Calvados est divisé en 6 districts et en 71 cantons. A l’exception d’un tout petit nombre ( certaines villes compteront 2 paroisses.) nos 479 paroisses vont devenir des communes ; ce n’est pas évident pour toutes, certaines vont connaître d’entrée de grosses difficultés. Dès le 1er mai, 2 mois après être devenues communes, Saint Pierre de Touques et Saint Thomas de Touques fusionnent pour donner Touques. L’année suivante, le 16 février 1791, Le Chêne et Lessard se regroupent pour former Lessard-Le Chêne. De 1793 à 1868, les suppressions et fusions vont se succéder très régulièrement. La troisième république sera beaucoup plus conservatrice : Cheffreville et Tonnencourt s’uniront le 18 juillet 1882. Ce sera, à ma connaissance la seule fusion dans le Calvados.

Le 26 janvier 1960, bouleversement dans le secteur de Lisieux : la commune de Saint Jacques de Lisieux disparaît, les limites territoriales de Saint Désir, Beuvillers, Rocques, Glos, Ouilly le Vicomte et Lisieux sont modifiées.

La loi du 16 juillet 1971 entraîne une importante série de fusions dont la plus importante, en ce qui nous concerne, aboutira à la réunion de 10 communes dans la communauté de l’Oudon.

Au moins 106 des communes de 1790 ont aujourd’hui disparu, ont fusionné ou ont été absorbées, soit 22 % du chiffre initial .

Pour faire le tour de cet ancien évêché, nous allons partir de Lisieux. La ville épiscopale ne saurait dépendre d’un des doyennés. Le secteur appelé « Lisieux et sa banlieue » dépend directement de l’évêché et comprend 11 églises. Il faut mettre à part le cas de La Pommeraie qui, selon Arcisse de Caumont (III page 305) « n’a jamais eu d’autre rang que celui de succursale ou chapelle annexe » et était « comprise dans les limites de la paroisse de Saint Désir ». La paroisse Saint Germain deviendra Saint Pierre après que l’évêché aie quitté Lisieux et que le conseil municipal ait désaffecté l’église saint Germain. Saint Désir se partage toujours entre la commune du même nom et la ville de Lisieux. Saint Jacques a cessé d’être une commune le 26 janvier 1960.

Beuvillers, Rocques, Ouilly le Vicomte, Les Vaux, Saint Hippolyte du Bout des Près, Saint Martin de la Lieue et Saint Germain de Livet complètent ce secteur qui constitue le Comté de Lisieux . L’évêque y cumulait le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.

Ouilly le Vicomte est alors sans Bouttemont qu’il absorbera le 21 septembre 1824, Les Vaux rejoindra Hermival le 22 juin 1825; lors de la parution de la Statistique Monumentale l’église est déjà rasée. Saint Martin de la Lieue absorbera Saint Hippolyte du Bout des Prés le 8 janvier 1834. Cette dernière paroisse ne devait pas être bien riche, nous avons dans les archives de la S.H.L. un imprimé rempli sous l’ancien régime mais non daté dans lequel le curé déclare être à la portion congrue. Les imprimés de demande de subvention existaient déjà.

4 archidiaconés divisés en 14 doyennés se partageaient l’ancien évêché. Commençons par l’archidiaconé d’Auge et le Doyenné de Beuvron.

Ce doyenné atteint à l’ouest les limites de l’évêché, Goustranville, Basseneville et Saint Samson sont des villages riverains de la Dives. A l’est, de Notre Dame d’Estrées ( que Vasseur appelle Estrées ) à Formentin, il côtoie l’exemption de Cambremer. Il comptait en 1790, 35 paroisses devenant 35 communes. Aujourd’hui 12 de ces communes ont disparu : Pontfol à rejoint Victot mais Victot-Pontfol a avalé Les Authieux sur Corbon, Rumesnil a absorbé Les Groseilliers et Saint Gilles de Livet, Beaufour, uni à Druval, a accueilli Saint Aubin Lebisay. Hotot, Le Ham et Brocottes ont fusionné en 1973, la charmante petite église de Saint Eugène dont l’if multicentenaire a défrayé la chronique en 1999 et 2000 dépend de la commune de Formentin depuis 1868. Le Caudemuche est inclus dans Cresseveuille. Si Saint Clair de Basseneville est aujourd’hui inclus dans Goustranville, il faut rappeler que c’est cette paroisse qui est citée dans les actes anciens sous le nom de Saint Clair en Auge. Dans ce doyenné il ne reste plus que 23 communes, pour combien de temps encore ?

Autre doyenné de l’Archidiaconé d’Auge, celui de Mesnil-Mauger. Avec 51 paroisses, ce doyenné était le plus important du diocèse. Il s’étend sur 22 km du nord de Biéville au sud de Garnetot et sur 18 de l’ancien Mézidon à l’ouest à Saint Pierre des Ifs à l’est. Sa limite vers l’ouest est matérialisée par la Dives en aval, puis, plus en amont, par l’Oudon. Il faut croire que cette frontière n’a pas été un obstacle aux relations humaines : Mézidon, petite paroisse, s’est agrandi du Breuil dit quelquefois sur Dives par l’ordonnance du 18 novembre 1827, puis de Canon en août 1972. C’est du Breuil sur Dives que nous entretient Charles Vasseur lorsqu’il nous parle de l’importante famille de Franqueville . Les 10 communes de l’Oudon se répartissent par moitiés entre les 2 diocèses. L’actuel Mesnil-Mauger a gloutonnement avalé 8 de ses voisines : Doux-Marais, Sainte Marie aux Anglais, Saint Maclou, Saint Crespin, Cerqueux sur Vie, Soquence, Ecajeul et Plainville sont incluses dans le Mesnil-Mauger d’aujourd’hui.
Si vous craignez les homonymies, évitez ce doyenné. Je viens de parler de Plainville , il a son frère dans le doyenné de Bernay. Ne confondez pas Cerqueux sur Vie (aujourd’hui méconnu) avec Cerqueux la Campagne dit de nos jours Cerqueux ( tout court ), à l’ouest d’Orbec, Biéville-Quétiéville a absorbé Querville, ce fut aussi le nom d’un fief de la paroisse de Prêtreville ( Henri de Querville est né le 19 juin 1378, mais où ? ) Nous avons parlé du Breuil sur Dives, vous connaissez Le Breuil en Auge et le bois du Breuil est à la périphérie de Honfleur. Enfin Saint Pierre des Ifs est un petit bourg du doyenné de Cormeilles sis an nord-ouest du Bec-Hellouin, à moins qu’il ne soit question de cette commune proche de Lisieux qui a absorbé celle de La Motte le 21 février 1841.
Avant de remonter vers Beaumont pour clore cet archidiaconé, je dois vous signaler que notre actuel Saint Martin du Mesnil Oury résulte de la fusion de Saint Martin des Noyers avec La Trinité du Mesnil Oury survenue le 19 décembre 1831.
Enfin, Saint Pierre sur Dives, situé à l’ouest de l’Oudon, n’était donc pas dans l’évêché de Lisieux et dépendait de celui de Sées.
Au nord du doyenné de Beuvron et de l’exemption de Cambremer, le doyenné de Beaumont couvrait tout le terrain entre la Dives et la Touques, il avait la mer de la Manche comme limite nord. Il regroupait 41 paroisses, seules 5 ont disparu de la liste de nos actuelles communes. En 1865, La Chapelle Hainfray a été intégrée dans Valsemé, Trousseauville a rejoint Dives sur Mer le 19 juillet 1826, Saint Cloud s’est fondu dans Saint Etienne la Thillaye le 14 octobre de l’année suivante Angoville fut rattaché à Criqueville le 21 novembre de la même année et Roncheville, dépendance de Saint Ouen de Rouen et qui fut une Baronie n’est plus qu’un écart de Saint Martin aux Chartrains depuis le 1er juin 1828. A son propos nous trouvons dans Charles Vasseur : « en 1202 le seigneur de Roncheville possédait tout le canton d’Honfleur, les seigneurs de Roncheville élisaient les maires d’Honfleur après l’affranchissement de la charte vers 1205. » Comme quoi certains hauts lieux de notre histoire médiévale, ne laissent de nos jours que quelques traces sur le terrain.
Ne cherchez pas Houlgate dans la liste des paroisses. Il faudra la mode des bains de mer, pour que la petite plage substitue son patronyme à l’ancien nom du village : Beuzeval devient Beuzeval-Houlgate le 15 décembre 1898 puis Houlgate le 21 janvier 1905.
Pont-l’Evêque se situe dans le doyenné de Beaumont mais Saint Melaine et Launay qui y furent rattachés en 1860 étaient eux dans le doyenné de Touques.

Les trois doyennés de Touques, de Honfleur et de Pont-Audemer constituaient l’archidiaconé de Pont-Audemer.

Le doyenné de Touques s’étendait de Trouville à la banlieue de Lisieux. Il regroupait 32 paroisses dont 9 soit près de 30% ont disparu. Saint Pierre et Saint Thomas de Touques ont fusionné dès mai 1790 et sont devenues Touques qui absorbera Daubeuf le 14 octobre 1827 . Coudray et Rabut fusionneront (13 avril 1828), Le Breuil devenu en Auge a absorbé Ecorcheville le 28 novembre 1827. Parcfontaines a rejoint Fierville le 26 février 1853 pour donner notre actuel Fierville les Parcs. Launay et Saint Melaine ont rejoint Pont-l’Evêque et Roncheville Saint Martin aux Chartrains.
Depuis le 22 septembre 1824, Boutemont est partie d’Ouilly le Vicomte après avoir été un fief de Norolles puis quelque temps une paroisse indépendante au XVIIIe siècle
La façade maritime de ce doyenné se limitait à l’ancien Trouville qui n’avait pas encore avalé Hennequeville, La fusion se fera le 20 septembre 1863. Charles Vasseur a inclus Hennequeville dans le doyenné de Touques. Cette petite paroisse était une exemption qui relevait de l’abbé de Fécamp. L’exemption ne comptait qu’une paroisse.

Nous sommes jusqu’ici restés dans le département du Calvados. Lorsqu’ils ont tracé nos départements, le pont-épiscopien Thouret et ses amis ne se sont que très rarement souciés des anciennes formations territoriales Pour séparer le Calvados et l’Eure, ils ont suivi le cours de la Morelle. L’ancien doyenné de Honfleur est depuis 1790 à cheval sur les 2 départements. Le carnet de Charles Vasseur concerne 31 paroisses. Côté est, Vasseur y a inclus Conteville, village de l’Eure sur la rive gauche de la Risle. Conteville était partie de l’exemption du même nom. Ce serait lors du concile de Paris , en 557, que Samson alors évêque de Dol aurait obtenu l’autorisation de construire un monastère vers l’embouchure de la Risle. L’exemption s’étendait sur les deux rives.
Sur les 31 paroisses ayant dépendu de l’évêché de Lisieux, 10, soit 32% ont cessé d’exister : Honfleur a perdu Saint Etienne et Notre Dame des Vases, Crémanville et Abbleville, toutes deux réunies à Ablon sont si peu importantes en 1859 que de Caumont traite des deux en 11 lignes . Tontuit, rattaché au Theil, ne justifie que 5 lignes. En 1813, un Saint Martin le Vieux fut joint à Genneville, le diocèse connut 3 paroisses de ce nom, aucune ne subsiste. Equainville et Fiquefleur forment Fiquefleur-Equainville et La Lande et Saint Léger de Bonneville forment La Lande-Saint Léger dans l’Eure. Herbigny connu aussi sous le nom de Mont-Saint-Jean s’est joint à Saint Gatien le 20 juin 1847. Enfin Vasouy a rejoint Honfleur le 1er avril 1973.
Dans la liste de Charles Vasseur, vous ne trouverez pas La Rivière Saint Sauveur. Cette commune fut créée le 21 novembre 1831 par prélèvement du hameau Saint Léonard de Honfleur et de celui de La Rivière sur Ablon.

Le doyenné de Pont-Audemer complète l’archidiaconé du même nom. Les villes ayant un pont sur la Risle ne sont pas si nombreuses. Pont-Audemer est dans le diocèse de Lisieux et Brionne dans l’évêché d’Evreux. Le doyenné comptait 30 paroisses. Saint-Pierre du Chatel et Notre Dame du Val ont fusionné pour donner Saint Pierre du Val, Fatouville a épousé Grestain, Pont-Audemer a annexé Saint Germain dès le 25 juin 1791, il annexera aussi Saint Paul sur Risle en 1863 et la paroisse de Saint Aignan qui était située de l’autre côté du pont et avait donc dépendu de l’ancien évêché de Rouen. Nous retrouvons sans mal les 22 autres communes sur nos actuelles cartes routières. Toutefois, Saint Martin-Saint Firmin aurait été l’un des anciens Saint Martin le Vieil selon François Cottin . La Risle semble avoir constitué une séparation et hors Pont-Audemer, nous ne trouverons pas trace d’union entre paroisses de rive différente.

Troisième archidiaconé, celui du Lieuvin. Il comptait 4 Doyennés : Cormeilles, Moyaux, Orbec et Bernay.

Le doyenné de Cormeilles comptait 35 paroisses. Si Charles Vasseur n’a prévu que 31 fascicules, c’est qu’il a regroupé Sainte Croix, Saint Sylvestre et Saint Pierre de Cormeilles en 1 seul, de même pour Saint Georges et Saint Grégoire de Vièvre et pour Saint Jean et Saint Gervais d’Asnières, unies en 1854 et devenues Asnières. La Chapelle Becquet, à l’est d’Epaignes, n’existe plus, absorbée par St Siméon, Morainville et Jouveaux forment Morainville-Jouveaux au sud-est de Cormeilles et un peu plus au sud Notre Dame de Fresne et Cauverville se sont unis dans Le Fresne-Cauverville. L’ancien doyenné fait donc preuve d’une certaine stabilité. Comme plus nord, la Risle le sépare du diocèse d’Evreux. Toutes ses paroisses sont aujourd’hui dans le département de l’Eure.

Second doyenné de l’archidiaconé du Lieuvin, le doyenné de Moyaux est lui à cheval sur nos départements du Calvados et de l’Eure. Comme pour Cormeilles, le siège du Doyenné est très excentré. A l’exception de la paroisse du Pin, dit aussi Le Pin en Lieuvin, toutes ses paroisses sont au sud de Moyaux, le doyenné s’étendant jusqu’à Courtonne autrefois « la Ville ». A Hermival et Glos, il côtoie la banlieue de Lisieux Le doyenné de Moyaux comportait 35 paroisses, les 35 communes de 1790 ne sont plus aujourd’hui que 25, 28% ont donc disparu. Dans le Calvados, Marolles a absorbé Cirfontaine en 1824, puis, en 1841, Saint Hippolyte de Canteloup qui avait précédemment annexé Saint Pierre de Canteloup. Notre actuel Ouilly du Houlley a réuni, en 1825, Saint Léger du Houlley et Saint Martin d’Ouilly qui s’était aussi appelé Ouilly la Ribaude . La même année, Villers, qui au Moyen-Age comportait au moins 5 fiefs , est réuni à Glos. Petite rivière, la Courtonne, avait participé au nom de 4 paroisses : Courtonnel s’est joint à Cordebugle toujours en 1825. Vous avez connu Courtonne la Ville et Saint Paul de Courtonne qui ont fusionné en 1973 pour former Courtonne les Deux Eglises, mais en 1824, le 20 octobre, Saint Paul de Courtonne avait absorbé Notre Dame de Livet. Ne confondez pas Notre Dame de Livet ( L,i,v,e,t ) avec Notre Dame de Livaye ( L,i,v,a,y,e ) et souhaitez que le chroniqueur de l’époque ait respecté l’orthographe. De même dans le département de l’Eure, Fontenelle fut unie à Fontaine la Louvet en 1845 et il en fut de même de Glatigny. Cette paroisse de Glatigny fut, je crois, la seule de ce nom, nom très commun par contre lorsqu’il s’agit d’un lieu dit, pensez à celui proche de Lisieux.
Bournainville a absorbé Faveroles en 1964 ; Enfin rappelons qu’Hermival, paroisse du doyenné de Moyaux, avait absorbé Les Vaux, paroisse de la Banlieue de Lisieux.

Dans le carnet intitulé « Doyenné de Bernay », j’ai trouvé non seulement les paroisses du doyenné ancien mais d’autres communes de l’Eure. J’ai utilisé la carte de d’Anville pour vérifier l’appartenance au diocèse de Lisieux. La limite de ce diocèse est matérialisée par la Risle de Brétigny à Serquigny, puis par la Charentonne au sud de Serquigny. Le doyenné comptait 34 paroisses. 4 fusions ont modifié la toponymie : Saint Martin le Vieil et Le Tilleul Fol Enfant ont donné Saint Martin du Tilleul, Notre Dame du Fresne et Cauverville sont devenus Fresne-Cauverville, Caorches et Bosc l’Abbé ne font plus qu’un. Courcelles et Campfleur ont été rattachés à Fontaine l’Abbé. 6 paroisses ont quitté la liste des communes. Bernay comportait 2 paroisses : celle de Sainte Croix et celle de Notre Dame de la Couture. Le fascicule n°13 n’existe apparemment plus, il doit s’agir du Theil Nolent.

Quatrième Doyenné du Lieuvin, celui d’Orbec. Il regroupait 34 paroisses selon Vasseur. Seules 2 d’entre elles ont cessé de figurer sur nos cartes routières : La Chapelle-Yvon a annexé Le Bennerey le 22 juin 1825 et Notre Dame d’Aulnay est devenu Saint Germain d’Aulnay. Ajoutons que La Halbourdière est aujourd’hui un hameau de Familly, que Bienfaite, devenu Saint Martin de Bienfaite, a profité de la loi de 1971 pour se joindre à La Cressonnière, que Abenon, au cours des mouvements de 1825, a été réuni à La Folletière qui, quoique proche d’Orbec, était dans le doyenné de Montreuil. Saint Vincent la Rivière est rattaché à Broglie depuis 1845. Le doyenné s’étendait jusqu’à la Charentonne, son territoire est aujourd’hui partagé entre les trois départements du Calvados, de l’Eure et de l’Orne. Enfin ne cherchez pas sur nos cartes la paroisse que Vasseur appelle Chambrays : depuis 1742 cette paroisse porte le nom de Broglie .

Quatrième archidiaconé, l’archidiaconé d’Hièmois quittera ce nom pour devenir Archidiaconné de Gacé. Il est formé de 4 doyennés du sud de l’évêché : Livarot, Montreuil, Vimoutiers et Gacé.

Le doyenné de Livarot est le plus proche de Lisieux. Il sera totalement inclus dans le Calvados. Ce doyenné comptait 27 paroisses, 5 d’entre elles ne sont plus des communes. Pontallery a été absorbé par Mesnil-Durand, Saint Aubin sur Auquainville a rejoint Auquainville, Saint Basile sur Monne et Les Authieux sous Renouard donneront Les Autels Saint Basile. Sous la 3e république, Cheffreville s’unit à Tonnencourt. En 1831, les deux paroisses de Saint Pierre de Courson et de Notre Dame de Courson dont les églises, séparées de 20 pieds, partageaient le même cimetière fusionnent dans Courson puis Notre Dame de Courson car le Calvados compte un autre Courson près de Saint Sever Notons que Mesnil Bacley, limitrophe de Livarot est dans le doyenné de Mesnil-Mauger et que Saint Germain de Montgommery, limitrophe de Vimoutiers est dans celui de Livarot.

Du doyenné de Livarot, passons à celui de Vimoutiers. Remarquons que sa limite nord, sauf au droit de St Aubin de Bonneval, correspond à la séparation entre le Calvados et l’Orne. Le fait est peu fréquent. Sur les 24 paroisses de ce doyenné, au moins 6 sont rayées de la liste des communes : Samesle que certains écrivent Sapmesle est inclus dans le Sap, Estrancourt est rattaché à Avernes Saint Gorgon, Les Astelles l’est à Mesnil-Hubert, Mesnil-Gonfrey à La Fresnaye-Fayel et Pont de Vie à Vimoutiers. Enfin Saint Martin de Pontchardon et Saint Georges de Pontchardon ont donné Pontchardon. Je dois ajouter que ce doyenné comptait peut-être une paroisse supplémentaire le fascicule n° 18 manque.

Le doyenné de Montreuil comptait 23 paroisses. Lui aussi se répartit aujourd’hui sur 3 départements. Il s’étendait de La Folletière (alors sans Abenon) au nord, à Saint Evroult (devenu Saint Evroult Notre Dame du Bois par union de ces 2 paroisses ) au sud. Ce Saint Evroult est celui de l’abbaye. A l’est, ce doyenné compte une paroisse sur la rive droite de la Charentonne : Mesnil-Rousset cela mérite d’être signalé. Réville unit à La Trinité de Mesnil Josselin est devenu la Trinité de Réville. 5 paroisses ont disparu : Les Essarts en Ouche réuni à Verneusses, Ternant rattaché à Monnai, Notre Dame des Près absorbé par Anceins. Saint Aquilin d’Augerons est rattaché à Broglie et Saint Laurent des Grès à La Chapelle-Gauthier.

Dernier doyenné, le plus au sud et le plus éloigné de Lisieux, celui de Gacé. Vasseur y recense 36 paroisses toutes situées dans l’actuel département de l’Orne. Au moins 8 ont disparu : Saint Aubin sur Cisey et Cisey sont devenus Cisey-Saint Aubin qui a absorbé Pomont, Montmarcé a rejoint Le Merlerault, Notre Dame du Tilleul est rattachée à Lignères, Noyer-Ménard à La Trinité des Laitiers et Talonnay à La Génevraie. Echauménil a été joint à Saint Pierre des Loges et Roche-Nonant qui se trouvait à l’ouest de Nonant le Pin a été rattaché à Cochères, paroisse du diocèse de Sées.

Il faut pour terminer cet exposé vous parler des exemptions . Deux exemptions dépendaient de l’évêque de Lisieux. Celle de Nonant est située dans l’ancien évêché de Bayeux, au sud-est de cette ville. Elle comprenait les paroisses de Nonant, Ellon, Juaye ( aujourd’hui Juaye-Mondaye ) auxquelles est jointe Verson,, commune à la sortie de Caen vers Rennes ; selon Du Bois, elle aurait été cédée volontairement par un évêque de Bayeux . La seconde exemption située dans le diocèse de Rouen et partie dans Rouen comprenait Saint Cande le Vieux , Saint Cande le Jeune, Sotteville, Petit-Couronne et Saint Etienne du Rouvray auxquelles était joint Etrépagny à 45 km à l’E.-S.-E. de Rouen et actuellement chef-lieu de canton de l’Eure. Selon Du Bois, cette exemption daterait de 1050 et aurait souvent été contestée par les évêques de Rouen.

Trois exemptions étaient enclavées dans le diocèse de Lisieux : Hennequeville dépendait de Fécamp, Conteville dont l’exemption s’étendait sur les 2 rives de la Risle séparait les diocèses de Lisieux et de Rouen et dépendait de Dol de Bretagne, enfin l’exemption de Cambremer dépendait de l’évêque de Bayeux. Cette exemption comprenait 9 paroisses. Cambremer, Saint Laurent du Mont, Saint Pair du Mont, Grandouet, Manerbe, Le Pré d’Auge, Crévecoeur, Saint Ouen le Peingt ( Pin est écrit Peingt et non Pin ) et Montreuil en Auge que Vasseur n’a pas mise dans ce carnet mais dans un autre intitulé « paroisses diverses hors évêché de Lisieux ».

Si actuellement près de 100 de nos actuelles communes ont leur fichier propre sur l’ordinateur de la Société Historique, nous pouvons, grâce au travail de nos anciens membres, répondre aux demandes de renseignements concernant plus de 500 des anciennes paroisses des environs de Lisieux. Certes il en est sur lesquelles nous n’avons que peu de choses, mais savoir où le trouver est déjà important.