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HOUBLONNIERE La


NOTES  sur LA HOUBLONNIERE – 14337

Rôle des Fiefs de la vicomté d’Auge 1620 – 1640:

  • Le fief du Chastel, autrement de la Houblonnière, plein fief assis en la paroisse dudit lieu de la Houblonnière, possédé par François Le Biorgelier, Ecuyer.
    Duquel relève :

    • Le fief de Lozier, quart de fief assis à la Houblonmière.
    • La noble Sergenterie de Cambremer, plein fief divisé en deux branches, l’une possédée par François de La Rivière, Ecuyer, et l’autre par messire Sommard de Cousin seigneur de Saint-Denis.
    • Le fief de Livet, quart de fief assis en la paroisse de Saint-Gilles-de-Livet, possédé par Gilles de Canivet, Ecuyer.
    • Le fief de Mouteille, 8° de fief assis en la paroisse de Mouteille, possédé par la demoiselle fille et héritiers du feu sieur de Tonnencourt.
    • Le fief de La Londe-Montfort, demi fief assis en la paroisse de Lessard, possédé par Jehan de Serres, Ecuyer.
    • Le fief ou fiefferme de Grandouet, 8° de fief assis en la paroisse dudit lieu, possédé par Pierre de Grieu, Ecuyer.
    • Le fief des Authieux-sur-Corbon, 6 de fief, possédé par les héritiers de Jacques de l’Espée, Ecuyer.
    • Le fief du Valricher, assis à Saint-Ouen-le-Pains, possédé par le couvent. ab,: et religieux dudit Val-Richer.

1 – Le château de la Houblonnière.
2 – L’église de la Houblonnière
3 – Bibliographie
4 – Références historiques.
5 – Autres références SHL

1 – Le château de la Houblonnière.

Le château de la Houblonnière vient de faire l’objet d’une maîtrise d’histoire intéressante qui apporte un ensemble de renseignements insoupçonnés jusqu’ici quant à son histoire, son assiette et son environnement [1]. Ce monument dont le pittoresque a souvent attiré les artistes, rassemble autour de deux cours, un ensemble très hétéroclite de bâtiments dont les plus anciens remontent au XIIIe ou au XIVe siècle.

Le site
La conjonction église/château et le patronage du seigneur sur l’église, incite à penser que nous nous trouvons en face de constructions concomitantes. Si la chose est historiquement plausible, on peut cependant penser que l’assise d’origine du château ne devait pas avoir l’ampleur que nous lui connaissons car il paraît difficile d’admettre que l’on ait pris le risque « d’aveugler » sa défense sur une part notable de son flanc Sud. En effet, l’étude comparative des contreforts de l’église et de cette partie des murailles montre bien le décalage dans le temps de ces deux constructions. Alors que sur le sanctuaire nous trouvons des contreforts marges à ressaut taluté, nous voyons sur le mur d’enceinte des contreforts à ressaut avec larmier nettement plus bas d’époque.
L’étude comparative des contreforts de l’église et de cette partie des murailles montre bien le décalage dans le temps de ces deux constructions. Alors que sur le sanctuaire nous trouvons des contreforts larges à ressaut taluté, nous voyons sur le mur d’enceinte des contreforts à ressaut avec larmier nettement plus bas d’époque.

Plan
Le plan d’ensemble, très vaste, paraît avoir été élevé en plusieurs étapes. Le tracé en fut commandé à la fois par le tracé de la voie venant de la Boissière et par la présence au Sud, de l’église dont elle épouse la forme. Ce faisant, le rempart épouse un plan concave en contradiction avec les règles habituelles de la poliorcétique qui voit tout au contraire se développer des citadelles en arc convexe.

Chapelle
Sans doute au XIXe siècle, à partir de quelques pans de murs plus anciens, fut élevée, son chevet regardant le flanc Nord de l’église, une chapelle. Les murs ont subi tant de reprises qu’il est difficile d’en fixer l’époque, par contre, on peut remarquer qu’elle repose sur une cave voûtée en berceau brisé, placée transversalement et construite en calcaire cénomanien.
A l’extrémité Est de ce caveau, on remarque un départ d’escalier en vis, dont la taille des pierres serait à rapprocher des différents autres escaliers de ce type qui se trouvent dans la tour arrière du logis et dans l’accès au chemin de ronde du portail principal d’entrée.

Le Logis
Le logis d’habitation comprend, du Sud vers le Nord, un premier corps de bâtiment en pierre auquel est accolé un autre bâtiment plus étroit construit partie en pierre, partie en pan de bois.
La première partie, vers le Sud, constitue ce qui subsiste du manoir élevé au XIIIe ou au XIVe siècle. L’examen attentif de la maçonnerie des murs gouttereaux, constituée en majorité d’un blocage de petits moellons d’oolithe à grain fin, jusqu’à la tourelle se rattachent à cette même campagne De place en place, on peut déceler quelques reprises, ainsi, semble-t-il, ne possède-t-on plus l’extrémité Sud du bâtiment original où l’on peut remarquer une reprise importante d’un appareillage différent. Le passage mettant en relation la basse-cour et la cour d’honneur s’ouvre par une grande ouverture ogivale chanfreinée. A la suite, un arc de décharge encore visible, paraît avoir couvert une ouverture d’une certaine largeur. En élévation, par contre, on ne peut provisoirement connaître l’élévation de cette construction.
A une époque que l’on peut situer vers la fin du XVe siècle, ce bâtiment & subi d’importantes restaurations et adjonctions. La façade sur la basse-cour fut agrémentée d’une façade
Sur la façade sur cour d’honneur on construisit une tourelle rectangulaire contenant l’escalier d’accès aux étages dont une notable partie du couronnement à disparu. [2]
Au Sud du corps d’habitation, au delà d’un massif terminé en terrasse avec créneaux – oeuvre du XIXe siècle – se trouve, un pignon qui a été repris dans cette même campagne et muni d’un chaperon de pierre en chapeau de gendarme avec amortissements, épaulé d’un large contrefort à ressaut avec larmier prismatique correspondant peut-être, comme à Mittois, au conduit d’une cheminée que nous n’avons pu étudier. De même, ignorons-nous la disposition de la pièce sur porche[3]
Les murs gouttereaux sont épais, respectivement de 0.915 à l’Ouest et de 0.885 à l’Est.
Au rez-de-chaussée, à l’intérieur, on trouve une vaste cheminée avec une hotte en talus reposant sur un large manteau de pierre couronné d’un boudin accompagne d’un talon. Les pieddroits, étroits, sont terminés par un tailloir en chantourné, bas d’époque. XVIIe siècle ?.
A l’étage, doit subsister, masquée par des cloisonnements l’ancienne cheminée correspondant à celle du rez-de-chaussée.

Le « Colombier »
A l’angle Sud-est du château, le voyageur qui emprunte la voie ferrée de Lisieux – Caen, ne peut manquer d’admirer l’ensemble pittoresque que constitue les divers bâtiments du château et parmi eux une tour qui depuis a longtemps perdu son couronnement et qui servit de colombier.
L’examen superficiel de ses maçonneries démontre qu’il est l’œuvre d’au moins trois campagnes de construction. La base qui présente un fruit important et dont nous n’avons sans doute qu’une vue partielle, est constitué d’un blocage de moellon sommairement taillés et peut-être attribuée à une première campagne. Au-dessus, on remarque quatre lits de quatre arases de briques, séparés par des lits de pierre de moyen appareil. Enfin, un mur de moellon harpé de pierres de moyen appareil termine ce qui subsiste.
Nettement détachée du mur de défense cette tour est percée dans sa partie d’un certain nombre d’archères modifiées en meurtrières. L’axe de cette tour s’aligne avec précision dans l’enfilade du mur Sud-Est. Ces deux éléments  amènent à penser que nous nous trouvons en face d’une construction à caractère militaire dont on doit peut-être rechercher des parallèles avec les tours « albaranes » du Sud-ouest et de l’Espagne, récemment étudiées par Philippe ARAGUAS [4]
A l’opposé, les parties médianes et hautes furent construites pour recevoir des pigeons et s’il est impossible maintenant de déterminer le nombre exact de boulins, on peut cependant penser qu’il devait être considérable.

2 – L’église de la Houblonnière

L’église de la Houblonnière est de la fin du XIIe siècle

Le chœur
Le chœur est voûté sur croisée d’ogive. Les colonnettes ont été refaites il y a peu de temps. La charpente du chœur est du XVIIe ou du XVIIIe siècle.. C’est en 1824 que la tour a été exhaussée.

La nef
Dans la nef, le lambris et le charpente, en arc brisé, sont du XVe siècle. Elle n’a subi aucune modification. Les entraits, chanfreinés sont décorés à leur extrémité d’une petite lancette. Ils n’ont pas été coupés. Il n’y a que deux cours de sablières, une basse sur laquelle les tirants reposent et sont assemblés. La seconde sablière, très faible de section, est en saillie et la moulure n’est pas arrêtée. Les fermettes sont très rapprochées – 1 pied 1/2 d’axe en axe (?) – mais je n’ai pu en voir que le bord. Les jambettes sont assemblées à tenons et mortaises. Le merrain n’a pas été changé et conserve sa décoration peinte du XVIe siècle faite de traits noir sur fond blanc avec quelques centres à fonds rouge. Les motifs de cette décoration sont plus étroits que les douvelles.

Le porche
Le porche est du début du XVIe siècle, construit en chêne très soigneusement : les bois, bien équarris, sont planés et les chanfreins sont faits également à la plane. Le premier entrait a été coupé à une époque récente, sans doute parce qu’il était abimé.
François COTTIN
7 août 1960

3 – BIBLIOGRAPHIE

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale, t. V, pp. 382 sq.
CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III page 382.
CORNU Joseph : Promenades à travers les communes rurales des environs de Lisieux, Lisieux, Emile Morière, 1938, 95 p.
La Houblonnière, pp. 93-95.
COTTIN François : Eglise de la Houblonnière, Notes inédites illustrées, 3 croquis, 8 photos – 7 août 1960

DETERVILLE Philippe : Richesse des châteaux du Pays d’Auge, Condé-sur-Noireau, Corlet, 1989, 250×330, 301 p.; pp. 224-229

Editions  FLOHIC : le patrimoine des Communes du Calvados page1019.

FOURNIER Dominique : les références à la justice dans la toponymie et l’anthroponymie noirmandes ; BSHL n°61, décembre 2006. p 40

LASCAUX Michel :  Les templiers en Normandie, Rennes, Ouest-France,­1983, 30 p.
La Houblonnière

NEUVILLE Louis RIOULT de,  Le Château de la Houblonnière  in  La­ Normandie Monumentale et Pittoresque , Le Havre, Le Male et Cie.,­réédit. Corlet, t. II, pp. 131-134 ill.

LE PAULMIER Julien : Traité du Vin et du Sidre, rééd. E. Travers, Rouen-Caen, Lestringant-Massif, 1896, In-8°; pp 95-96:
« En parlant de la manière de faire le cidre, Julien Le Paulmier dit « Tant plus le vaisseau est grand, tant plus le sidre est excellent, tellement qu’on trouve en ceste province des tonnes de trois &&& quatre cens muys [5] Et dit-on que celle de la Houblonnière tient six cens cinquante muys ou plus ».

PERDEREAU Nicolas :  La Houblonnière et le Moyen Age, s.l.s.d. (Août­1992), dactyl.

Monographie :

PERDEREAU Nicolas, « Le château de la Houblonnière »,  BULLETIN DU FOYER RURAL DU BILLOT, N° 14,­Juin 1984, pp. 56-60
RIOULT De NEUVILLE Louis : Le Château de la Houblonnière in La Normandie Monumentale et Pittoresque, Le Havre, Le Male et Cie.; réédit. Corlet, t. II, pp. 131-134 il
SEYDOUX Philippe : Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin, s.l. (Paris), Edit. de la Morande, s.d.(1985), 150×220, 96 p. ill. couv. ill.
VASSEUR Charles : « La Houblonnière et les Jacobins de Lisieux – Examen analytique des documents compris sous le N° 17 des acquêts de la Société historique de Lisieux en 1871 », BSHL., n° 4, 1874, pp. 42-52
VUAGNEUX Henri : A travers le Pays d’Auge, Paris, Dentu, 1889, In-8°, 243 p.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

4 – Références historiques.

1673, 26 novembre – Lisieux
 » A la Houblonnière furent présents Etienne Houssaye, demeurant à Lisieux, d’une part et Georges Jourdain de la paroisse de Danestal, s’accordent lequel Jourdain s’est loué et a promis servir ledit Houssaye du mestier de thuillier et autre travail à quoy il voudra l’employer pendant un an à commencer le 1er décembre pour cent sols par mois. Témoins: Jacques Boscage, de la Boissière et René Vauclin, de Saint-Aubin-sur-Algot.
AD 14, 8 E 21553, f° 20 – Cité par S. et H. PAUMIER, « Thuilliers… », HTPSPD, n° 37, p. 34

1704 – Le Pré-d’Auge, La Houblonnière
 » De sa condition de manouvrier, Georges Jourdain devient marchand. En 1704, dans les comptes de Georges Turgis, trésorier de la fabrique de l’église paroissiale de la Houblonnière : A Georges Jourdain pour tuiles, festiers et corniers, payé 22 livres et 7 sols  »
( Georges Jourdain décéda au Pré-d’Auge en 1728, à 78 ans)-
AD 14 – Cité par S. et H. PAUMIER, « Thuilliers… », Bulletin du Foyer rural du Billot, n° 37, p. 36

1759
Archives SHL.1F778:
12 juin 1759 : Lettres adressée aux R.P. Dominicains ­concernant la ferme des Jacobins (La Houblonnière)

5 – autres références SHL.

Fonds Deville :
9 FB. 3.- Environs de Lisieux.
La Houblonnière : domaine non fieffé vendu par Louis de Doyville à Robert Lambert sieur d’Herbigny.
La Houblonnière, vente à Corberan de Cardillac, seigneur de Sarlabot.

Achat du 11- 02-2003. Lot n°  83.
LA HOUBLONNIERE, 8 pièces parchemin, 2 papiers, 1537-1806 (ventes de terre).

Carnets de Charles Vasseur : doyenné de Mesnil-Mauger :
LA HOUBLONNIERE (29)
(Ecclesia de Homblonna, de Houbloneria)
doit son nom aux plantations de houblon que l’on voyait très nombreuses jadis. Les habitants s’en servaient pour fabriquer une espèce de bière toute particulière qu’ils nommaient « Cervoise ». (Louis Enault p.163)

Voir :
Foreville I
Le Coy de la Marche – Chaire Française p.74

Bulletin monumental XX p.64

Annuaire Normand 1849 p.25

Manneville la Pipard

Archives de la Société Historique 1872 p.14 n°17, 1873 p.42 à 52, 1874 p.42 à 52

Election de Pont l’Evêque, sergenterie de St Julien le Faucon
4 feux privilégiés
56 feux taillables

Sous l’invocation de Notre Dame

Patronage :

Divisé en deux portions

1 ère portion :
XIVe : Johannes de Tournebu
XVIe : Johannes Guarin
XVIIIe : le seigneur

2 ème portion :
XIVe : Johannes Lucas

Curés :
Le Hoüe 1764
Bourgeois 1774
Le Coq 1786/1787

Il y avait dans l’église une chapelle de 18 livres à la nomination du plus proche du fondateur. Chapelle St André

Description de l’église du 25 septembre 1854
Sur l’un des tombeaux du cimetière on lit cette singulière épitaphe :
Là sont ensevelies
Les douceurs d’un époux,
Les cendres d’une mère
D’un enfant en courroux
L’appui du malheureux
Soulagé chaque instant
Grand Dieu soyez Propice
A celle qu’on aima tant

Description des cloches :

1ere cloche : En 1790 Messire Guy de Bonneval, président à Mortier au Parlement de Rouen assisté de Dame Cécile Françoise Marguerite Henriette Du Moncel, sa mère, veuve de Gui Claude Nicollas Duval de Bonneval, aussi président à Mortier au Parlement de Rouen, en son vivant seigneur et patron de cette paroisse et autres lieux, m’ont nommée Marie Cécile. M. Nicollas François Louis Lecoq, curé de cette paroisse, m’a bénie en présence de Thomas le Suffleur, maire, Louis Grandval, Joseph Duvieu, officiers, L. Brunier, prêtre de la commune, et Jean Catel trésorier.
Lavillette de Lisieux m’a faite.

2eme cloche : L’an 1841 Monsieur Guy Charles Oscar Duval de Bonneval, assisté de Madame la Comtesses de Bonneval née Marie Antoinette Charlotte Laure de Ségur m’ont nommée Marie, Mr Jean Julien Prosper Drouen, curé de cette paroisse m’a bénie en présence de M.M Thomas Blaise, maire, Jean Baptiste Bocage et les autres membres de la fabrique.
Bailly père et fils, fondeurs à Caen
Campanelle – Jean Aubert m’a faire

La description du Château. Dessiné dans l’Abécédaire Tome II p.444
La tradition prétend qu’il a appartenu aux Templiers.
Il est parlé dans les arrêts de l’Echiquier de 1238, 1321 à 1398 de Jean de Tournebu, seigneur de Marbeuf et de la Houblonnière.
Monsieur de Magny (Nobiliaire de Normandie Tome II p.366) dit qu’une branche de la famille Houel, d’origine bretonne, s’établit sous le règne de Philippe Le Bel sur le fief de la Houblonnière.
La recherche de 1524 ne trouve aucun noble à la Houblonnière.

Montfaut -1463-
Jean Guérin de la Houblonnière noble.
Noble damoyselle Jacqueline de Cardigllard, fille de noble Jehan de Cardigllard sieur de Serre la Boc et de la Houblonnière – 15 septembre 1606
Le 16 février 1617 Monsieur de la Houblonnière tint sur les Fonts à Lécaude François Thabarie, fils du sieur des Domaines, avec Mlle de Sentilly avec Monsieur de Saint Denis.(Registre (2°) de la paroisse de la Caulde)
Deux listes détaillant les nominations aux deux portions de la Houblonnière.
Noble demoiselle Philippe Claude Michelle Duval de Bonneval, fille de Guy Duval, chevalier, marquis de Bonneval et de Noble Dame Marie Catherine Gabrielle de Morel de Putange de Bonneval, de la paroisse de la Houblonnière, épouse Jacques de Tournebu de la paroisse de St Hippolyte. Bans du 13 septembre 724.
Monsieur Duval de Bonneval, président à mortier à la Première des Enquêtes du Parlement de Rouen, exilé le 27 septembre 1771 à la Houblonnière. (Hippeau – Gouvernement de la Normandie V p.47)

Propriétaire du château de la Houblonnière –  Monsieur Guy Charles du Val, marquis de Bonneval, demeurant au château de Soquence, commune de Sahurs près de la Bouille, marié à Marie Charlotte Antoinette Laure de Ségur

Les précédents propriétaires sont :

Monsieur Guy Henri Marie du Val, marquis de Bonneval, oncle de Monsieur le Marquis Guy Charles de Bonneval, ayant aussi demeuré au château de Soquence, et décédé à Middlesex, paroisse de St Pancras (Angleterre) le 17 septembre 1836 et Monsieur du Val, marquis de Bonneval, aïeul du Marquis de Bonneval, vendeur. (purge légale du 31 octobre 1856)
Le château et la terre de la Houblonnière, vendus le 16 janvier 1860 par Guy Henri Prosper Charles Lionnel du Val, comte de Bonneval, propriétaire à Paris, à Monsieur Malhéné, propriétaire à Cambremer. (Normand du 28 janvier 1860)
Louis Quinet, abbé de Barbery est né à la Houblonnière (voir Boizard)

Carnet « Analyses et transcriptions …. »
PIECES DE PROCEDURE DES XVII ET XVIII SIECLE ACQUISES PAR M. PANNIER CHEZ HUCHON (bailliage de Pont-l’Evêque)
p.147

1705 8 juillet
Acte passé au logis de la Dame de Lepinney, en la paroisse de la Houblonnière, par lequel
Jean de Lépinney, sieur de la Pommeraye demeurant à Saint Pierre-des-Ifs
François de Lepinney, sieur d’Orfeuïl, demeurant audit lieu
Dame Marie de Lépinney, épouse de François Le Rebours, escuyer, trésorier de France au bureau des finances de Caen demeurant à la Houblonnière, (stipulante pour François de Pomposne Delepinney et de Robert Delepinney)
tous héritiers chacun en partie de feu Pierre Delepinney, sieur de la Babinnière
donnent à fieffe à Anne Pierre, veuve de Guillaume Haguenet de Saint Pair-du-Mont, la terre de la Mabillerie, située audit lieu à charges des redevances seigneuriales.

[1] Cf. Nicolas PERDEREAU, Le château de la Houblonnière, Maîtrise d’histoire, Caen, 1992. et HTPCSPD, N° 64, Juin 1991, pp. 56-60, ill.
[2] Reste à étudier tout particulièrement: _ les appareillages, _ les ouvertures _ la taille des marches _ les contreforts.
[3] Il serait intéressant de vérifier si ce local n’aurait pas eu une affectation cultuelle. Voir à ce sujet: Nicolas FAUCHERRE, Enjeu symbolique et défense passive du château une figure emblématique: la chapelle sur la porte, dans l’église et le château, dans Les Cahiers de Commarque, Ed. Sud-Ouest, 1988..
[4] Philippe ARAGUAS, La tour hors le château dans Jean-Henri DUCOS, dir. Le château et la tour, Actes du premier colloque de castelologie de Flaran, 1985, pp. 27-40, ill. .
[5] La contenance du muid, mesure de capacité pour les liquides variait selon les provinces; celle de Paris dont l’auteur se sert ici très probablement, était de 288 pintes soit 268 litres.

FORMENTIN


NOTES sur:
A – FORMENTIN.
B – SAINT EUGENE.

La commune actuelle de Formentin a été constituée par la réunion des commune de Formentin et SAINT-EUGENE, qui formaient chacune avant 1790 une paroisse et communauté (Décret du 12 novembre 1868).

Formentin, canton de Cambremer.
Fourmentinum
Formnlinum, XVI° siècle (pouillé de Lisieux, p.50).
Formantin, 1763 (d’Anville, dioc. de Lisieux).

Par. de Saint-Martin, prébende patr. le chanoine du lieu.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Beuvron.
Génér. de Rouen.,
élect. de Pont-l’Évéque.,
sergent. de Cambremer.
La seigneurie de Formentin appartenait au chanoine.

Lieux-dits de: FORMENTIN.
Cour-Hauvel (La), h. – Forge-Plichon (La), h. – Fricots (LES), h. – Jardin-Bloche (LE), h. – [LIEU-DU-PUITS (Le), h Dupuis 1848 (état-major).] – Longres (LES), h. – Nid-de-Chien (LE), h. – Plichons (Les), forges, – Roises (LES), h. –


A – FORMENTIN.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Formentin, Fourmentinum, ecclesia de Fourmentino.
Cette localité a donné son nom à une des prébendes du chapitre de la cathédrale de Lisieux.
Le choeur de l’église de Formentin a été construit nouvellement en style pseudo-gothique assez mauvais.
La nef offre encore, du côté du nord, une belle fenêtre flamboyante avec vitres peintes. Au sommet, on distingue le Père-Éternel,
puis les apôtres saint Pierre et saint Paul, et dans les trois grands panneaux l’Annonciation. Ce sujet a été mutilé par les vitriers, qui ont adapté une tête barbue à l’ange et déplacé le panneau qui le représente. On a établi des fenêtres pseudo-gothiques dans cette nef, pour la mettre en rapport avec le choeur; elle a maintenant très-peu de caractère.
M. Bouet pense que la porte qui existait au midi était à plein-cintre et aurait appartenu à une église du XIIe. siècle. Quand il a visité la paroisse, il y a quelques années, on avait relégué dans le cimetière le pied d’un lutrin sculpté dans le style du XVII. siècle, ce qui prouve le peu de cas qu’on fait des choses anciennes dans cette commune.
Un petit clocher en bois, couvert d’ardoise, s’élève sur la première travée de la nef.
L’église est sous l’invocation de saint Martin. Le chapitre de Lisieux nommait à la cure, et les dîmes formaient le principal revenu du chanoine titulaire de la prébende de Formentin.
On trouve, dans les registres de l’Échiquier, Richard de Formentin en l’année 1180 ; en 1195, Gillebert, Guillaume et Robert de Formentin.
Jean de Hautemer était seigneur, de 1392 à 1406.
Lors de l’invasion anglaise, Formentin appartenait à Guillaume Toustain, qui fut maintenu dans ses possessions par l’envahisseur, suivant un diplôme daté de Louviers, le 9 juin 1418.
Au XVIe. siècle et au commencement du XVIIe., on trouve en possession du fief une famille Lambert. Jehan Lambert, écuyer, sieur de Fourmentin, était garde du scel des obligations de la vicomté de Lisieux, suivant des actes datés du 3 juillet 1589. C’est probablement le même qui figure, comme vicomte d’Auge, à la date du 12 janvier 1622. Robert Lambert, aussi écuyer, sieur de Formentin, conseiller du Roi et vicomte d’Auge, figure dans des actes du 10 février 1638 (Notes de M. Charles Vasseur, de Lisieux).
Cette famille Lambert paraît avoir eu une très-courte existence.
Un manuscrit, n°. 64, de la Bibliothèque de Caen lui substitue la famille Morel. Jacques Morel, sieur de Manneville, conseiller au présidial de Caen, puis trésorier de France, épousa une Lambert, fille d’un receveur des tailles de Lisieux, dont sortit Nicolas Morel, qualifié sieur de Formentin, trésorier de France à Caen ; il n’eut qu’une fille, mariée à un Morin de Banneville.

Château.
— Le château de Formentin a été reconstruit, il y a vingt-cinq ans, par M. Léopold Labbey de La Roque (La terre de Formentin avait été acquise, vers 1790, par le pèrede M. Léopold de La Roque). à la mort de ce dernier, il a été acquis par M. Floquet, membre
correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, qui a joint à la bibliothèque déjà assez riche de M. de La Roque un grand nombre de livres précieux. M. Floquet, qui a longtemps habité Rouen, est 1111 des hommes les plus savants de France. Il est heureux pour le département du Calvados qu’il ait adopté Formentin pour sa résidence d’été. M. Floquet passe, en effet, huit mois de l’année au château de
Formentin et le reste du temps à Paris.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives.

Le domaine de FORMENTIN a la chance de posséder une très longue histoire, difficile parfois à débrouiller en raison de ses attaches avec la proche seigneurie de La Roque, devenue au XVe siècle, la Roque-Baignard dont il fut longtemps un arrière-fief.

Henri de FRONDEVILLE, dont les ancêtres – les LAMBERT de FORMENTIN – possédèrent le fief, nous a laissé sur son histoire, deux remarquables articles qu’il nous faudrait reproduire intégralement, tant leur importance est capitale pour notre sujet. Il en avait extrait pour bonne part la matière du chartrier familial et put ainsi corriger quelques erreurs contenues dans la Statistique monumentale. Disons, à la décharge de Charles Vasseur le collaborateur d’Arcisse de CAUMONT et auteur des recherches sur cette paroisse, que les travaux de Henri de FRONDEVILLE, malgré leur rigueur et la possibilité de disposer de sources originales inédites, n’apportent pas toutes les réponses et, sans nul doute, certains personnages se titrant  » seigneur de Formentin « , le faisaient-ils de bon droit, concurremment avec le possesseur du demi-fief de haubert de Formentin.

La première mention d’un membre de la famille de FORMENTIN remonte à 1155, année où Guillaume de Formentin est témoin d’une donation en faveur du Monastère de Préaux. Selon le même auteur, « son fils ou son frère Richard de Formentin, qui résidait en Angleterre » fit don en 1163 de l’église de Grenteville à l’abbaye de Troarn. Ce Richard était sans doute le père de Robert de Formentin, témoin d’une charte relative au patronage de Petitville et mort en 1198.

En 1203, ce fief relève,  » comme beaucoup d’autres du voisinage, de l’Honneur de Montfort-sur-Risle « , et dès cette époque, il s’agissait d’un demi-fief de haubert, ce qui peut expliquer l’existence d’autre membres de fiefs sur le même territoire. En 1221, Richard de
Formentin, qui mourut sans doute la même année, inféoda à Jean d’Asnières, une partie de sa terre qui devint le « quart de fief d’Asnières ». Les soeurs de Richard se partagèrent ses biens dont une partie s’étendait sur la Roque, et la cadette, vraisemblablement épouse d’un de GERPONVILLE eut dans son lot la terre de Formentin. Les d’Aigneaux, Henri et Jean, succédèrent aux Gerponville avant de vendre ce fief – à Jourdain de Weix qui le céda à Jean Osmont ., sénéchal de l’évêque de Lisieux – avant 1375 – lequel conserva cette terre qui échut après sa mort à Jeannette, sa fille aînée, épouse de Jean de Heudreville. Celui-ci, en 1474, en violation du partage de 1422 de la succession de Jean d’Osmont, spécifiant que son fief relèverait de la seigneurie de la Roque, par un artifice à l’origine de multiples difficultés qui durèrent plus d’un siècle, en rendit directement aveu à l’évêque de Lisieux. A l’occasion de cet aveu, nous apprenons que son domaine – un demi-fief – s’étendait sur Formentin et Léaupartie. L’on peut donc en déduire, au vu d’inféodations postérieures, que ce domaine comprenait pour un quart le fief d’Asnières et pour l’autre quart, le fief d’Heudreville sis pour un huitième à Formentin et l’autre huitième à Léaupartie.

Aux Heudreville succédèrent par mariage les d’Annebaut et Guillaume des Chesnes qui vendit son fief à Michaut Faucon. Le petit-fils de celui-ci le céda en 1533 à Charles Le Loureux qui en 1555 le revendit aux Lambert. Ceux-ci purent réunir au fief d’Heudreville-Formentin, celui de Formentin-Asnières. Puis, par héritages successifs et acquisition, celui-ci- revint aux Labbey de La Roque qui parvinrent à reconstituer, pendant un demi-siècle l’ancien domaine des Formentin, de la Roque à Formentin. Le fils de l’historien Pierre-Elie Marie Labbey de La Roque, Léopold-Auguste vint s’y établir au retour d’une carrière militaire honorable. Il répara sans doute les conséquences de près d’un demi-siècle d’abandon et s’intégra profondément dans la vie de la région en siégeant dès 1824 à la mairie de Formentin, au Conseil Général en août 1848, participant activement par ses interventions auprès des administrations et pécuniairement à la création des routes, tout à l’entour de Formentin.

Après son décès, en 1849, la propriété fut vendue à Pierre-Amable Floquet. Ainsi, ce site vénérable, propriété de trois Présidents du Parlement de Normandie, devenait la retraite de l’historien de cette prestigieuse institution et auteur d’un grand nombre de travaux sur la Normandie . Passionné par Bossuet, il consacra au célèbre prédicateur quelques travaux qui font encore autorité. Mort en 1881, il fut inhumé dans le cimetière de Formentin.

Cadre d’Isabelle, le roman d’André Gide le domaine abandonné connut des jours de tristesse et l’on doit se réjouir de le voir renaître à son ancienne splendeur.

DESCRIPTION

L’actuel château de FORMENTIN, présente un ensemble de constructions hétérogènes, souvent remaniées. A. de CAUMONT dans sa notice est beaucoup plus catégorique et affirme, en 1862, que  » le château de Formentin a été reconstruit, il y a vingt-cinq ans, par M. Léopold Labbey de La Roque « .

Le site, à la rupture du plateau, ne paraît pas avoir conservé les traces des anciennes forteresses qui durent s’élever ici et, cependant, d’ancienneté, l’acte d’inféodation de 1221 en témoigne, ce fief possédait motte et manoir. Ainsi, en 1454, lors d’une enquête, les tenanciers déclarèrent « qu’il y avait autrefois, avant la descente des Anglais, à Formentin des manoirs et des mottes dont les traces sont restées fort apparentes, et un moulin dont la meule a été portée à Auvillers par les Anglais; que le manoir d’Asnières était même plus fort que le château d’Auvillers (note, 17-11-2001 : faut-il lire Auvillars ?)

En fait, tant dans l’habitation que dans les communs, certaines parties subsistent, antérieures aux grandes transformations de la première moitié du XIXe siècle, mais rien ne peut, semble-t-il, être attribué aux XIIIe ou XIVe siècles.

La partie la plus intéressante est constituée par le château lui-même dans lequel on peut reconnaître quatre ou cinq campagnes de construction s’intégrant assez bien les unes aux autres.

Au centre, on remarque un long logis de pierre à un étage surmonté d’un comble aménagé. Se développant sur un plan rectangulaire, cette partie s’articule autour d’une construction primitive dont il est difficile de connaître la nature et l’époque de construction, construction qui fut élargie postérieurement sur la façade principale, d’un large vestibule.

La présence d’un cordon de pierre à hauteur d’étage, d’une frise et de clés saillantes, pour un certain nombre d’ouvertures, laisse à supposer que cette modification peut remonter au début du XVIIe siècle. Par contre, les autres ouvertures tant sur la façade que sur l’arrière, avec des encadrements à feuillures et à linteau en arc surbaissé, datent selon toute vraisemblance de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’irrégularité des percements des ouvertures correspond bien aux difficultés qu’ont rencontré les maçons des XVIIe et XVIIIe siècles à habiller des structures préexistantes.

Vers la droite, ce logis bute contre une tourelle de même élévation. Terminé en partie supérieure par une corniche unie à chanfrein, ce pavillon ne paraît pas avoir conservé sa hauteur d’origine, et en tout cas ne possède pas une terminaison en accord avec sa structure. A hauteur d’étage, un larmier de faible saillie permet de rattacher l’édification de la partie inférieure aux dernières années du XVe siècle tandis que la partie supérieure présente un curieux mélange de damiers de pierre et de silex ou de pierre et de brique. Les premiers sont peut-être contemporains du larmier que nous avons signalé tandis que les seconds correspondent à une campagne de transformation entre 1570/1590. L’absence de lucarnes, la faible inclinaison du toit confirment s’il en était besoin, que celui-ci est de beaucoup postérieur au bâtiment qu’il couvre.

Sur la gauche, un massif pavillon carré, largement ouvert s’élève sur trois niveaux. Il s’agit sans aucun doute de l’œuvre élevée par Léopold-Auguste Labbey de La Roque, selon A. de CAUMONT, aux environs de 1837. Il s’agit là d’une construction où les baies soulignées d’un encadrement de pierre, ne sont séparées que par d’étroits panneaux de brique. L’appareillage en bossage des angles, l’étroitesse des allèges, la suprématie des vides sur les pleins, confèrent à l’ensemble une rigueur classique, dans l’esprit des constructions du milieu du XVIIIe siècle.

Dans le prolongement de cette habitation, une orangerie aux baies en plein cintre, n’adopte pas le même parti architectural et ne doit pas remonter au-delà des années 1840/1845 et serait donc l’oeuvre de Pierre-Amable Floquet.

Dans la cour arrière, en retour, l’annexe à un étage et comble aménagé, date semble-t-il de la seconde moitié du XVIIIe. En face, les anciennes écuries (?) ont conservé une décoration de pilastre dans le goût des décorations éphémères du premier tiers du XIXe siècle.

Quant au  » Pavillon d’Isabelle « , très classique dans son volume et sa construction, il porte toutes les caractéristiques de l’architecture un peu froide de la fin de la première moitié du XIXe siècle, si prisée pour les édifices administratifs des chef-lieux de canton. Seule, sa petite ouverture en tiers-point dans le fronton est un clin d’oeil au style troubadour.

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE LE BEUVRON.

FORMENTIN:

Sous l’invocation de Saint Martin

Noms des curés:
Duneveu 1764-1774
Cocquerel 1785-1787

Description de l’église et des cloches
Note sur Jean Baptiste de Lambert
Document en latin 9 juin 1418 (Mémoire de la Ste des Antiquaires)

Jehan Lambert, escuyer, sieur de Formentin, conseiller du Roy,1622
Robert Lambert, escuyer, sieur de Formention, conseiller du Roy 1638


B – SAINT EUGENE:

Lieux-dits de SAINT EUGENE:
CHATEAU-GAILLARD(LE), Maison – Cour-Marion (LA), h. – Forge-Boutron (LA), h. – Friche-aux-Héroult (Le), h. – Haie-de-Buis (LA), h. – Lieu-Petit (Le), h. – Tourailles (LES), h. – Tremblaye (LA), h. – Val-Ribout (LE), h. –

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
St.-Eugène, ecclesia Sancti Eugenii.
L’église de St.-Eugène est supprimée et réunie à Formentin.
Le choeur est flanqué, du côté du nord , par trois contreforts qui paraissent du XIIIe. siècle. L’église remonterait donc à cette époque, pour quelques-unes de ses parties; mais ici comme ailleurs on a modifié, à diverses reprises, l’édifice primitif par des reconstructions. Ainsi, dans la nef, on voit encore, au nord, une petite lancette qui peut remonter au XIIIe. siècle, et une lancette pareille en regard du côté du sud; puis viennent trois fenêtres ogivales surbaissées dans le style du XVI. ou plutôt encore du XVII. siècle. La façade occidentale paraît du XVIIe. siècle, quoiqu’elle soit garnie de contreforts. Un porche existe sur la barrière du cimetière et l’on voit un if dans cette enceinte.
Le maître-autel est du XVIII. siècle. Le choeur est séparé de la nef par un arc accompagné de deux autels du XVIIe. siècle, dont les retables sont découpés à jour (Notes de M. Bouet).
L’église est sous l’invocation du saint dont elle a pris le nom. Le seigneur du Fournet nommait à la cure au XIVe. siècle ; au XVIIIe., le chapitre de Lisieux était en possession de ce privilège. On comptait 132 habitants à St.-Eugène dans la première moitié du siècle dernier. M. de Mottevilleen était alors seigneur.

Doyenné de Beuvron

Nom du curé Le Danois 1761-1787

AUTELS SAINT BASILE


AUTELS-SAINT BASILE Les –

Cette commune a été formée en 1831 par l’union de: SAINT-BASILE sur MONNE avec les AUTELS EN AUGE.

AUTELS (Les) ou les Authieux-en-Auge, réunie le 25 décembre 1831 à à Saint-Bazile ou Saint-Bazile-sur-Monne, qui prend le nom de LES Autels-Saint-BAZILE, réunie pour le culte à Montpinçon. Altaria quoe sunt in Alge, super aquam Lemone, 1063 (pouillé de Lisieux, p.56).-,
Sanctus Georgius de Allaribus, XVI s° (ibid.).
Par. de Saint-Georges,
patr. l’abbé de Saint-Ouen de Rouen.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. d’Argentan,
sergent. de Mortagne.

Autels-Saint-Bazile(Les), canton de Livarot.’Cette commune a été formée en 1831 par l’union de Saint-Bazile avec les Autels-en-Auge.
La par. de Saint-Bazile avait pour patron le seigneur.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. d’Argentan,
sergent. de Montpinçon.

Hameaux des Autels Saint Basile:
Val-Mesnil (Le), Bénard, Clairmont, Cour-Feuillée (La), Gourmont, Cour-Ridel (La), Dannevilles (LEs), Darsauval, f, Ferme-d’Arsauval (La),
COURRIÈRE (LA), Goubisn (Les), Tertre (Le),

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.
4 – Les AUTELS EN AUGE

1 – Bibliographie.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives.

338. — Le 20 mars 1772, la nomination à la curette St-Bazile appartenant au seigr. du lieu, Mesr. Luc-Jean-Baptiste de Gautier, chev.
seig. et patron de St-Bazile, nomme à lad. cure, vacante par la mort de Me Philippe-Michel des Pommerets, pbre, dernier titulaire, la personne Mr Robert Le Roy, pbre du diocèse de Lx, vicaire du Regnouard. Fait et passé à Lx.
Le même jour, Me. Mery, vic. Gl, donne aud. Sr Le Roy la collation dud. bénéfice.
Le 29 mars 1772, le Sr Le Roy prend possession de la cure de St-Bazile, en présence de Mre Pierre-Louis de Mannoury de la Brunetière,
chevalier de l’Ordre militaire de St-Louis, demeurant en la parr. du Regnouard, et autres témoins.

20 — Le 18 févr. 1785, nomination à la cure de St-Bazile appartenant au seig. du lieu, Luc-Jean-Baptiste de Gautier, ehev’,
seig’ et patron de St-Bazile et do Perthevilie-en-Heurtovent,demeurant en son château «l«i S* B tzile, nomme à bd. cure, vacante par la mort de 31* Robert Lo Roy, «lernier litubire, la personne de 31* Jean-F’ran«jois- Mathicu Peilvey, pbrë, (originaire ri» S’ .Michel de-Livet), vicaire du Ronouard. F’ail et passé aud. château. Le 8 mars 1785, le seig’évèque donne aud. s’ IVulvey b collation
dud. Ijénéfîce.
Le 12 mars 1785, le s’ Peuirey (I) prend possession de la cure de S’Ibzile, en présence le 3Iesr* Jean-Philippe-F’rancoisde Gautier, fils tle mond. s’de S’ Bazile : .Mes’* Pierre-Louis de 3Iaunouryde la Brunetière, lieutenant colonel de «cavalerie, chevalier de l’Ordre royal et militaire «lo S* Louis, demeurant au Regnouartl ; 31. Pierre Pollerin dos F’otvlis, inarehand, demeurant en b paff. «le Crouttes, et 31. Jacquo-.-Paul-Réné Gr.tvilb «le Gnir. liu.cit, marchand, demeurant aussi à Crouttes

La paroisse de Saint-Basile , si l’on se réfère à sa dédicace , a une longue histoire remontant à l’implantation du christianisme dans la région et son église agréablement située en bordure de la MONNE ne manque pas d’attirer l’attention des touristes .

HISTORIQUE

Antérieurement à la Révolution , il existait deux paroisses , l’une nommée les Autels-en-Auge et l’autre Saint-Basile . Après la Révolution, pour le culte, la première fut rattachée à Montpinçon tandis que la paroisse de St-Basile l’était à la paroisse de Tortisambert. Une ordonnance du 25 décembre 1831 amena la réunion des deux anciennes communautés des AUTELS et de SAINT-BASILE qui formèrent une seule commune sous le nom des AUTELS-SAINT-BASILE ( BESNIER ).

Louis de Neuville rédigeant la notice pour la Statistique Monumentale avant 1867, notait : »c’est un édifice peu important, mais qui présente encore pour l’étude quelques détails à observer ».

Cette église figure dans le Pouillé du diocèse de Lisieux rédigé vers 1350 sous la forme : Sanctus Basilius, ecclesia Sancti Basili et nous savons que la taxe dîme se montait à 16 l. (LONGNON) et que le recteur d’ORVILLE en était le patron bénéficier ( PIEL , I , p. VIII )

Les « Insinuations ecclésiastiques » (PIEL) nous ont conservé avec précision les curés qui se sont succédés dans cette cure et tout particulièrement de ceux qui furent associés aux travaux de restauration de l’église dans la seconde moitié du XVIII° siècle : Philippe Le Michel Despommerestz (curé de 1745 à 1772) dont le nom figure sur la cloche et Robert Leroy (curé de 1772 à 1785) sous le ministère duquel les menuiseries furent exécutées ainsi qu’en témoigne la date gravée sur la traverse de la porte d’entrée .

( Déclarations du temporel 143. Guérin ? )
( Document des archives de l’Orne )

Les communes des AUTELS et de SAINT-BAZILE ayant perdu l’une et l’autre leur cure , le conseil décida , en 1835 , de vendre les matériaux de l’église de SAINT-BASILE . Le Maire, Jean-Antoine COCHON, dit Labutte, s’en rendit acquéreur et la revendit en 1842 à M. Hilaire de Saint-Basile dont les ancêtres vivaient sur cette paroisse depuis le XVI° siècle (EMEDY). Celui-ci l’entretint, y faisant inhumer sa femme avant d’y reposer lui-même. En 1895 la famille de SAINT-BASILE la rétrocéda à la commune pour une somme modique, sous réserve par elle d’entretenir les tombes de la famille GAULTIER SAINT-BASILE.

Le 20 août 1944, « les Allemands en retraite firent sauter le pont sur la Monne » ( Tous ensemble ), et l’église toute proche subit d’importants dégâts. Mise rapidement hors d’eau; quatorze ans plus tard la Coopérative des Eglises sinistrées confia à M. Lécaudey, expert-métreur à BAYEUX, la direction des travaux de restauration. L’on profita de l’occasion pour construire une sacristie avec des pierres provenant de l’ancienne église des AUTELS, mais il serait trop long de détailler ici les travaux entrepris alors, sur lesquels nous reviendrons et auxquels furent surtout associées des entreprises de la région . Ces travaux nous sont assez bien connus grâce à le relation qui en parut à l’époque dans la presse. L’abbé LEPRETRE, desservant de la paroisse s’ingénia à sauver le mobilier cultuel en péril dans les églises de la région en voie de disparition, transformant ce sanctuaire en un petit  » Musée d’art religieux  » et sans cette initiative, la majeure partie de ce que cette modeste église abrite serait aujourd’hui disparu. Nous aurons l’occasion de parfois préciser l’origine des différents articles en les décrivant .

Et le dimanche 31 août 1958 , Mgr. Le ROY , vicaire-général vint procéder à la bénédiction de ces travaux , entouré du Maire , du Conseiller Général et de la famille Gaultier de Saint-Basile .

DESCRIPTION ARCHEOLOGIQUE

Plan

Eglise de petites dimensions 15,50/15,80 x 7.35 , dans sa partie la plus large et de 5.75 à l’extérieur du chœur soit environ 52 m2 pour la nef et 20 m2 pour le chœur .
Plan rectangulaire avec un chœur en retrait sur la nef, schéma fréquemment rencontré dans la région.

Elévation:

L’association maçonnerie/pan de bois donne à cette église toute son originalité et cette combinaison bois et pierre doit être rapprochée de quelques églises qui s’y rattachent . En effet , si bien des églises de la région présentent un pan de bois dans la partie supérieure de leurs pignons , il n’en subsiste que fort peu , à notre connaissance , ayant conservé une telle structure pour leurs murs gouttereaux . Signalons cependant l’important porche fermé de Saint-Aubin de BONNEVAL ( AUBERT 1 ) , et l’église SAINT-ARNOULD d’EXMES ( ORNE ) ( AUBERT , 2 ) qui comporte de notables parties construites en pans de bois .

Maçonneries

L’épaisseur des maçonneries varie de 0.75 à 0.83 environ.
Les murs du chœur et de la nef ont conservé l’un un lavabo à 2 cuvettes et l’autre un lavabo simple .

Signaler la très grande hétérogénéité des maçonneries de l’ensemble et tout particulièrement de celles de la nef . En raison de nombreuse campagnes de construction et des réparations que l’on y décèle, il serait nécessaire de localiser :

– par l’examen des mortiers et l’identification des différentes pierres employées , les différentes campagnes de construction ou de restauration en reportant sur un calque leur situation et en les reclassant selon leur nature ( calcaire dur – roussin – travertin (?) , l’on devrait déterminer avec précision les zones ayant conservé le maximum de leur homogénéité et partant de les replacer dans une chronologie très relative .

Peu de caractères architectoniques identifiables :
– baie géminée du chevet
– allure générale des contreforts qui épaulent trois par trois les murs NORD et SUD : ces éléments utilisés très longtemps et dans des fourchettes chronologiques pouvant atteindre près de trois siècles = peu à attendre de la stylistique .

D’une analyse très superficielle , il ressort que peu de bloc semblent se trouver à leur emplacement d’origine – une grande partie des pierres , particulièrement le roussin ayant subi un incendie suffisamment puissant pour les rubéfier sur une épaisseur variant de 10 à 20 m/m . Ces pierres ont été réutilisée d’une manière assez discontinue à différents endroits .

Les murs gouttereaux de la nef sont plus bas que l’amortissement du gable des pignons mais on peut supposer qu’à l’origine leur crête correspondait à leur départ .

Murs du chœur plus homogènes, pignon épaulé par un contrefort à ressaut montant jusqu’à la partie basse de la fenêtre .

– Charpenterie

L’originalité de cette charpente réside dans sa conception : à l’opposé de ce que l’on observe habituellement , où la charpente couvrant le vaisseau pose sur les murs gouttereaux , nous pouvons observer ici une charpente indépendante de la maçonnerie , possédant ses propres points porteurs .

Section des poteaux varient de 0.27/0.27 à 0.30 identiques dans les deux cas ( NDL – SB ) .

La largeur de la charpente interne de NDL correspond à la largeur externe de SB , quant aux écartements des fermes de la nef il sont semblables et s’il en est de même pour leur implantation dans le chœur , leur écartement est par contre différent .

Dans la nef de SB , il existe entre le pan de bois interne et le pan de bois externe une galerie de circulation de 0.60 qui lorsque le plafonnement plat existait encore débouchait dans le comble .

Le beffroi repose sur les trois fermes situées à l’extrémité de la nef et les deux premières sont étrésillonnées par une croix de Saint-André et des jambettes. Quant à la troisième ferme elle comporte des pan de bois ouvert d’une hauteur d’un mètre environ conservant les logements destinés à recevoir un galandage de terre .

Il faudrait vérifier s’il n’y aurait pas existé une galerie transversale de l’esprit de celles que l’on trouvait sur les anciens jubés et si les colombages chantournés que l’on aperçoit à droite et à gauche dans le pan de bois n’en seraient pas la balustrade à laquelle l’on aurait accédé par la galerie entre pan de bois .

Le chœur comprend deux travées de charpente et seulement deux fermes . Celle vers le chevet est complète avec un poinçon épannelé avec chanfreins arrêtés et deux poteaux reliés aux sablières et à l’entrait . Les poteaux , à la naissance des liens présentent un décor malhabile de boudins superposés ou de ressauts liés peut-être aux techniques de levage de la charpente qui sont à rapprocher de ceux que l’on remarque sur les poteaux du beffroi du MESNIL-DURAND .

La ferme suivante a perdu son entrait , son poteau N. et son poinçon et un pendentif en bois tourné masque l’extrémité subsistante de celui-ci. Les sablières reliant ces deux fermes sont ornées d’une gorge arrêtée bordée d’un boudin .

Des transformations anciennes ont fait également disparaître la majeure partie de la travée de charpente entre nef et chœur et seuls subsistent deux courts tronçons des sablières , épannelées d’un large chanfrein et celle du N. repose sur un corbeau de bois , décoré en bout de croisillons sculptés .

Mais revenons sur ce type original de charpentes autoporteuses . Voici plus d’un siècle , L. de NEUVILLE étudiant cette église l’avait rapprochée , non sans justesse , de celle de NOTRE-DAME-de-LIVAYE . La confrontation des relevés de ces deux églises augeronnes montrent qu’elles ont été l’une et l’autre conçues pour couvrir des murs de maçonnerie épais , qu’elles possèdent des poteaux en retrait de l’extrémité des sommiers de 0.80 m. . Les espacements entre poteaux sont les mêmes et la largeur intérieure de l’une correspond à la largeur extérieure de l’autre .

A proprement parler l’on ne peut parler d’église de bois car l’on n’y retrouve aucun des caractères habituels des églises de CHAMPAGNE , de SCANDINAVIE , ni même d’HONFLEUR, ou d’ALVIMARE (Eglises à pan de bois) où dans leur conception originale leurs charpentes étaient prévues pour recevoir des parois minces de pan de bois hourdé, de bardage ou de lambrissage .

L’on peut par contre avancer l’hypothèse que cette disposition qui se rencontre aussi entre autres , dans l’église toute proche de SAINT-MARTIN-du-MESNIL-OURY , à PLAINVILLE et à SAINT-AUBIN-des-HAYES ( id° ) , correspond soit à la nécessité de couvrir rapidement un monument sans attendre d’avoir réuni les fonds pour élever les maçonneries ( l’on aurait clos le local en le bardant sommairement ) , soit à une instabilité des maçonneries ( ce qui expliquerait l’adoption fréquente de cette technique pour des beffrois ) .

-Litre

Les litres sont des bandes de peinture , généralement noires , d’une trentaine de centimètres de hauteur et comportant de place en place des armoiries . Avant la Révolution elles ceinturaient extérieurement et parfois intérieurement la plupart des églises normandes . Le droit de litre appartenait au patron présentateur et constituait la marque distinctive de ses droits honorifiques sur l’église , au même titre que le droit de banc , le privilège d’être inhumé dans le chœur ou celui de recevoir l’eau bénite en premier (CHERUEL , p. 673).

Après la nuit du 4 août ces  » marques du despotisme  » furent effacée ou beaucoup plus simplement recouvertes d’un couche de badigeon , ce qui permet parfois d’en retrouver quelques lambeaux . Au XIX° siècle, quelques une furent d’ailleurs parfois soit restaurées, soit remplacées par les armoiries des bienfaiteurs de l’église .

Ainsi, aux AUTELS, selon les notes de Louis de Neuville l’on distinguait encore à son époque quelques traces de l’ancienne litre funèbre sur laquelle se lisaient les armoiries des Gaultier de Saint-Basile . Peinte vraisemblablement en grande partie sur le crépi qui recouvrait les colombages , celle-ci à disparu à l’exception d’un écu qui se voit encore à la droite du poinçon du porche accolé à la façade . Les écussons armoriés , en bois peint qui garnissent le pourtour extérieur de la nef prolongent cette antique coutume .

– Ouvertures

Les fenêtres des murs NORD et SUD sont carrées et comportent un large chanfrein sur les piédroits. Les linteaux sont en bois et paraissent tous relativement récents .
Au chevet dans l’axe du chœur subsiste une fenêtre en tiers-point partagée par un meneau avec un tympan percé d’un oculus entre les ouvertures géminées .
Sur le pignon OUEST , une porte cintrée constitue le seul accès à l’édifice . Un arc en plein cintre s’amortit sur des piédroits sans ressauts et l’ensemble comporte un chanfrein identique à celui des fenêtres mais à gauche celui-ci ne descend que jusqu’à l’avant dernière assise .

– Clocher

Un court clocher carré couronné d’une pyramide élégante, tenté d’ardoise avec brisures sur les arêtiers, est campé sur faîtage, à l’est de la nef, vers le chœur .

La charpente de la pyramide se révèle d’une grande simplicité : autour d’un poteau central assemblé sur un sommier assis sur les entraits, une enrayure en deux pièce semi-circulaires repose sur des chevilles en croix. Celles-ci traversent le poteau central et sont assemblées avec les arêtiers ce qui maintient l’ensemble de la toiture et l’empêche de pivoter.

– Couverture

La couverture de la nef et du chœur sont en tuile plate et il semble qu’il en soit ainsi depuis la dernière réédification de la charpente , car tous les chevrons de forte section sont de même nature . L’on ne distingue pas ici ce que l’on rencontre sur de nombreuses églises augeronnes , une alternance de chevrons de largeur et d’épaisseur différente mais que l’on remarque par contre sur le clocher .

– Porche

Un petit porche « aux lecturés » en bois, d’une travée précède la porte d’entrée. Fortement restauré à plusieurs occasions il ne possède que peu de caractères permettant de lui assigner une date certaine: de Neuville le supposait du XVII° siècle et rien ne s’oppose à cette datation .

La porte est constituée d’ais étroits embrevées et la date de 1780 figure sur la traverse de l’imposte circulaire vitrée, quant au sol du porche , il fut repavé en 1958 avec des vieux pavés .

Intérieur

1° Immobilier
– sols: Pavage
La presque totalité du sanctuaire a été repavé et seuls quelques pavés anciens de terre cuite, de .. x .. ont été conservés au pourtour du maître-autel .

Pierres tombales
Dans le chœur , deux pierres tombales, l’une en marbre blanc recouvre les restes de  » Mme de SAINT-BASILE, née de Foucault, morte en 1856  » et l’autre en marbre noir, ceux de ………… de SAINT-BASILE en 1872 . .(inclure le texte des inscriptions tumulaires)

– murs et plafond

a) murs et lambrissage
Tous les enduits de l’église furent refaits en 1958 et aucune trace de l’appareillage ou de la décoration des mur ne subsiste. Antérieurement à ces travaux la nef possédait un plafond plat qui fut remplacé par un lambrissage  » … dégageant ainsi une charpente imposante …(Bénédiction…)

b) vitraux
Aucune vitrerie ancienne n’a été conservée et les vitraux unis actuels datant de 1958 sont dus à « un verrier de Choisy-le-Roy, M.Avoinet « .
décoration peinte.
Quelques traces de fleurettes …… ( noter forme et couleurs ) peintes au pochoir subsistent à la partie inférieure d’un poteau , témoignant de l’ancienne décoration .???????

e) électrification .
 » M. Canu , électricien à Livarot a installé un éclairage qui met en valeur la charpente et les autels « .

2° Mobilier
Une liste d’une vingtaine d’articles comprenant mobilier et objets cultuels a été dressée en 1987 par M. LERCH, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art du Calvados, permettant de constater que l’œuvre de conservation de M. de SAINT-BASILE au XIX° et de M l’abbé LEPRETRE vers 1955/1958 ont permis de conserver ou de rassembler ici un mobilier et des objets cultuels intéressants .

a) autels
Cette église abrite trois autels . Les deux autels latéraux ont perdu leur tombeau de menuiserie contemporain des retables ce qui permet de pouvoir étudier les anciens autels de pierre qui les précédaient. Une épaisse table d’autel, chanfreinée en avant , repose sur trois piles carrées comportant base et chapiteau moulurés et fûts chanfreinés avec des petites demi-pyramides aux extrémités.

Les trois retables de bois sont rustiques, à l’image de l’église, et n’ont rien de commun avec les somptueux autels de quelques églises des environs: HEURTEVENT, BOISSEY, etc. Pour une raison que nous ignorons ceux-ci ont été attribués au XVII° siècle et l’abbé LEPRETRE, sur la foi d’un document dont nous n’avons pu trouver trace, précise même la date de 1687 – la date de 1685 a été crayonnée d’une écriture moderne sur le tabernacle .

Le retable du maître-autel s’inscrit dans un carré parfait . Au centre , un cadre à la bordure sculptée de feuilles de laurier contient un tableau représentant la légende de saint Nicolas et des enfants et de chaque côté deux pilastres cannelés couronnés de chapiteaux ioniques , forment saillie . L’entablement coupé par le cadre du tableau est surmonté d’une corniche rudentée à ressaut . L’ensemble se termine par un cartouche bordé de feuilles d’acanthe encadrant un médaillon soutenu par deux palmes . De chaque côté , des pots-à-feu s’alignent dans l’axe des pilastres .

De la hauteur des deux gradins, le tabernacle est couronné d’une tablette moulurée et la porte cintrée est sculpté d’un élégant calice orné de feuilles d’acanthe, de perlage et de raies de cœur. Des chutes en houppe décorent le bâti. Un niche exposition sculptée de nuages et d’un triangle glorieux surmonte et termine le tabernacle .

Un décor de tablettes alternant avec des rosaces garnit le premier niveau des gradins tandis que des palmes entrecroisées ornent le second .
Cet autel, exécuté avec une grande économie de moyens est représentatif du retour à la  » sobriété classique  » dont témoignent ces autels à pilastres cannelés qui apparaissent dans nombre d’églises à partir de 1760/ 1780 ( POUGHEOL ) .

Les deux autels latéraux, généralement décrits comme étant des retables à claire-voie, dénotent une exécution médiocre, elle aussi très économe de moyens. Sur un panneau plat, les différents éléments : moulures, colonnettes, colonnes et entablements sont plaqués, structurant l’ensemble et par un jeu de coupes, mouvemente l’ensemble, l’agrémentant d’un fronton à pans. Le tournage de colonnettes manque de qualité et les profils imprécis s’enchaînent mal .

Cette rusticité explique sans doute que l’on ait généralement remplacé ces retables et la note de de NEUVILLE prend tous son relief :  » … on voyait autrefois des retables pareils dans beaucoup d’églises du pays: il n’en reste plus guère, et chaque jour on en détruit quelques uns, quoiqu’ils dussent être conservés; on ne retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile « .

Ces retables furent repeints lors de la restauration de 1958 à l’exception des frises des petits autels secondaires qui ont conservé des traces d’un décor de faux-marbre ancien .

b) sièges de chœur , bancs etc..

Le chœur a conservé une partie de ses stalles à hauts dossiers dont les traverses hautes comportent une découpe habituellement rencontrée dans les productions de l’époque Louis XV . Celles de la partie basse par contre sont beaucoup plus aiguë permettant de rattacher ce travail aux productions « à la cathédrale » dont quelques exemples sont conservés dans la région.

Les 12 bancs de la nef datent de 1958 et remplacent « les vieux bancs qui étaient vermoulus et irréparables ». Ceux-ci étaient de deux époque: de tradition gothique archaïque avec chanfreins arrêtés et ceux du XVIII°/XIX° possèdent un accotoir chantourné terminé par une petite volute .

c) chaire

d) confessionnal
L’église conserve deux confessionnaux (l’un dans la nef, le second dans la sacristie) de fabrication très primitive, avec porte à claire-voie garnie de tournages.

e) fonts baptismaux
Les fonts baptismaux de pierre provenant de l’église de La Gravelle près de Montpinçon comportent un fût polygonal en gaine avec cuvette elliptique à godrons séparés d’un listel creusé d’une gorge. L’ensemble est fermé d’un dôme de bois, où se distinguent quelques emprunts à la stylistique Louis XVI maladroitement interprétés. Un petit bénitier flanque le dôme.

f) statues
Au centre du retable nord, sur une socle de tournages l’on remarque un groupe en ronde-bosse de la Vierge à l’Enfant en pierre sous une polychromie moderne. Dimensions totales (en centimètres). Légèrement hanchée, portant l’enfant sur le bras droit et l’ensemble est bien proportionné. Le costume comprend un ample mantelet jeté sur une longue robe à col droit qui elle même recouvre le doublet .

La Vierge a le visage grave et soucieux, empreint d’une certaine tristesse. La tête est légèrement penchée, tournée vers l’Enfant et couverte d’un voile laissant apparaître quelques mèches de cheveux. Une haute couronne ajourée terminée par des fleurs de lys à rapprocher de celle de la Vierge du MESNIL-MAUGER maintient le voile .

La main gauche allongée soutient l’Enfant tandis que la main droite refermée sort d’une large manche et relève le tissu de la robe dégageant la pointe du pied . Le tissu est souple épousant le corps, tombe et se casse au sol ou en plis droits, en chute ou en un large pli à godet et l’ensemble du plissé bien modelé en accuse la verticalité .

L’Enfant-Jésus, le corps potelé, le visage tourné vers sa mère, la partie inférieure du corps drapé dans un lange, et le haut du corps à nu, pose la main droite sur le col de sa mère et tend la gauche vers la couronne .

La pose du corps, la forme du vêtement et son drapé se rattachent à la statuaire des XIV-XV° siècles et cette composition sage se rattache à quelques statues de la région lexovienne exposées à LISIEUX en 1961 .

Le cadre du retable SUD, conserve également, sur un socle identique à celui de l’autel NORD, un autre groupe en ronde-bosse en pierre, d’un saint évêque accompagné d’un chien ou d’un loup, connu sous le nom de Saint VIGOR. Elle mesure … et seule la partie supérieure de la crosse manque mais en raison de la polychromie moderne qui la recouvre, de savoir si elle a subit quelque restauration. L’évêque, debout, lève la main droite, annulaire et l’auriculaire repliés l’index et le majeurs levés, bénit. Le visage aux traits accentués, les lèvres pincées, les oreilles bien dessinées, est calme et une abondante chevelure s’échappe de la mitre. Portant la crosse dans le creux du bras gauche, de la main gauche il tient une étole dont la partie inférieure s’enroule autour du cou de l’animal .

Comme pour la statue de la Vierge, le modelé de tissu d’une ample chasuble descendant au-dessous des genoux, accuse bien les forme et tombe en larges plis en U. La pointe de la chaussure droite apparaît relevant la partie inférieure de l’aube .

Sur le même socle, un quadrupède assis sur son train arrière lève la tête vers le saint. La tête carrée, aux courtes oreilles, semble-t-il légèrement disproportionnée, montrant les dents et rappelant les « engoulvents  » des charpentes du XVI° siècle, l’allure générale de l’animal dégage une certaine férocité de l’animal tempérée par la position assise. Mais il est difficile de penser qu’il puisse s’agir d’un chien généralement beaucoup plus placides dans les représentations habituelles du groupe de Saint Roch .

Cette iconographie correspond à cette de Saint LOUP, évêque de BAYEUX pendant trente-deux ans (FOURNEE , p. 235) . Originaire du BESSIN , élève et successeur de RUFINIEN , il fut sacré par SILVESTRE , le métropolitain de Rouen qui fut en charge dans la seconde moitié du V° siècle auquel dans un songe un vieillard aurait dit : Ne laisse pas consacrer évêque un autre que l’agneau qui s’appelle LOUP  » . Il vécut à l’époque d’AEGIDIUS qui gouverna la Gaule vers 458-464 et la légende rapportée par sa VITA écrite au IX° siècle raconte qu’un loup féroce s’était installé dans un bois et avait dévoré environ dix-huit garçons et filles . Les gens ne savaient comment s’en débarrasser et n’osaient plus passer par là . L’évêque leur ordonna de prier et sortit de la ville. L’animal se précipita vers lui. Il lui tendit sa manche qu’il mordit furieusement: ses dents s’y incrustèrent, il se trouva muselé et une force surnaturelle l’empêcha de fuir. Le saint l’emmena vers la rivière et le jeta dans l’eau où il disparut « . Cinq églises du Calvados et une de l’Orne sont consacrées à ce saint ( RR.PP.BENEDICTINS ) .

Mais en aucun cas, ce canidé ne peut être confondu avec les dragons ou autres animaux mythiques que les sculpteurs du Moyen Age différenciaient bien , comme en témoignent les groupes de Saint Georges ou de Sainte Marguerite que l’on rencontre dans les églises de la région . On peut donc s’interroger sur la raison qui a conduit de nombreux auteurs à attribuer ce groupe comme étant celui de saint VIGOR , autre évêque bayeusain. Selon sa Vita, il serait originaire d’ARTOIS, et quittant son pays aurait abordé le diocèse de BAYEUX à RVIERS. Un serpent long de 40 pieds ravageant la contrée, l’on vint demander à VIGOR d’en débarrasser le pays, ce qu’il fit en enroulant son étole autour du cou de l’animal. Il en fit de même à deux autres occasions sur les rives de la SEINE . C’est donc sans doute de cette étole et de la commune appartenance au siège de BAYEUX que naquit la confusion dans l’attribution de notre statue à Saint VIGOR (RR.PP. BENEDICTINS , Nov. p. 53-55).

A gauche de la chaire, sur un petit socle portant l’inscription SAINT BASILE, l’on remarque une statuette de bois polychromé qui fut offerte à l’église en 195? par Madame de Saint-Basile. Un saint évêque, portant une haute mitre et un bâton dont la partie supérieure manque, brandit une croix de la main droite. Cette iconographie ne correspond pas à cette de saint BASILE le Grand dont les attributs sont le pallium , la croix à triple croisillon et la colombe (REAU).

g) tableaux

1) Saint-Nicolas
Le tableau du maître-autel représente Saint Nicolas et les enfants de la légende . Dans un décor d’architecture et de jardin, le saint à la barbe abondante, bien campé , les épaules couvertes d’une longue chape rouge doublée de bleu formant traîne et portant mitre et crosse, lève la tête vers le ciel, bénit les trois enfants joufflus que l’on voit au premier plan, à gauche, dans un baquet. C’est une œuvre puissante, typique de la peinture de la seconde moitié du XVIII° siècle que l’on peut d’ailleurs rapprocher de la petite statuette attribuée à Saint Basile. Cette toile a été élargie pour occuper l’espace du cadre n’occupe donc pas son emplacement d’origine .

(D’après une note manuscrite de M. Cottin, de 1959, sur les trois tableaux qui existaient dans l’ancienne église de la Gravelle, deux auraient disparu, et celui du maître-autel aurait été transporté dans l’église des AUTELS-SAINT-BAZILE par M. le Curé de TORTISAMBERT ).

2) Visitation
Face à la chaire, l’on peut voir un tableau de l’Annonciation, de même facture et de qualité identique au St-Nicolas.

3) bannière
L’église conserve une curieuse toile peinte sur deux faces. Sur l’une, Saint Sébastien la tête nimbée d’une auréole, le flanc droit percé d’une flèche, se détache sur un fond agreste, les membre liés à un arbre qui se devine à peine. Le Saint, en Apollon nu le corps en arc de cercle élève les mains au-dessus de la tête. (Sur la modification de l’iconographie de Saint Sébastien, cf: REAU, III-III.

L’ensemble est d’une bonne qualité picturale, la musculature bien traitée et, visage et mains sont particulièrement soignées.

Au verso se profile un Saint évêque bénissant et portant mitre et crosse. Une ample chape damassée , décorée d’un galon de bordure doré et d’une large bande de palmettes s’ouvre sur un rocher à la base découpée et brodée de palmettes .

h ) L’église conserve un certain nombre de chandeliers de bois tourné ainsi qu’un lustre à …. étages très proche de celui qui se trouve dans l’église du MESNIL-DURAND : autrefois très courants dans les petites églises rurales ils sont maintenant devenus bien rares . Généralement en aulne, ces objets ont mal résisté à l’ambiance humide des églises…et à l’électrification

i) cloche
Le clocher conserve une petite cloche de 0.61 de haut et de 0.48 de diamètre portant l’inscription suivante sur quatre lignes :
AY ETE NOMME LUCE LOUISE PAR MRE LUC JEAN PATISTE DE GAUTIER SEIGNEUR ET PATRON DE St BASILE ET NOBLE DAME
LOUISE DARCLAIS DAME DU FIEF DES LAUNEY BENARD BENIE PAR PHILIPPE DE MICHEL DESPOMMERESTY CURE DE St BASILE

L’abbé LEPRETRE avait cru y lire la date de 1734, mais cette dation ne peut coïncider avec la chronologie des curés qui se sont succédé dans cette cure nous proposons plutôt la date de 1754, la seule plausible tant avec la carrière de Philippe Le Michel

Plusieurs branches de la famille Le Michel existaient à cette époque, à BELLOU , NOTRE-DAME-de-COURSON, SAINT-OUEN-le-HOUX, SAINT-PIERRE-de-COURSON, mais nous savons par un acte de 1724, qu’il était né hors mariage des œuvres de Catherine Le Prévost et qu’il dut dans un premier temps obtenir de l’official de Lisieux, une dispense pour irrégularité, puis en 1744 une seconde pour recevoir dans les ordres mineurs et une troisième auprès de la cour de Rome pour pouvoir jouir d’un bénéfice . Cette dernière spécifiait qu’il ne pourrait obtenir de dignités, etc…

Faute d’inventaires précis (la description de Louis de NEUVILLE ne mentionne ni tableaux, ni meubles, ni objets cultuels et l’article de l’abbé LEPRETRE ne donne que quelques provenances), il nous est difficile de déterminer avec précision ce qui appartient en propre à l’église des AUTELS et ce qui provient des églises d’alentour.

DATATIONS

L’étude conjointe du bâtiment et du mobilier permettent d’avancer quelques hypothèses quant à la datation de l’ensemble. L’on remarque deux groupements de datations relativement homogène: Aspect général de la construction – ouverture du chevet – fragments de la charpente du chœur – autels secondaires – statue de la Vierge – Statue de Saint Loup peuvent remonter au XV° ou au début du XVI° siècle .

Par contre, le système de construction mixte maçonnerie/pan de bois, nous l’avons dit correspond sans doute à la recherche de solutions d’attente. Dans ce cas précis l’on peut avancer qu’un incendie dont les maçonneries extérieures ont gardé les traces à très sévèrement endommagé le monument et tout particulièrement la nef et la première travée du chœur. Dans un premier temps l’on construisit une charpente autoporteuse réutilisant dans le chœur le poinçon du chevet et les sablières de la travée EST ainsi qu’une partie de celle entre chœur et nef. L’on éleva le beffroi et en 1754 l’on y installa une cloche. Une génération plus tard l’on paracheva l’œuvre en réédifiant les murs de maçonnerie et en posant porte et verrières.

Et il est vraisemblable que les autels, d’une exécution locale de très médiocre qualité , datent de cette restauration et non du XVII° siècle comme le pensait l’abbé LEPRETRE .

CONCLUSION

L’ensemble des statues et des peintures contenues dans cette église constitue un échantillon de ce que pouvaient être de tels sanctuaires avant la Révolution de 1789 et les « embellissements » des sanctuaires depuis cette date. A l’exception du panneau de terre de Saint Georges (patron de l’église des AUTELS) aucun élément récent n’a été introduit ici .

On ne peut certes que féliciter pour leur initiative les restaurateurs des années 50: sans eux nous ne pourrions visiter ce charmant sanctuaire figé dans le temps, mais il est une leçon que nous devons en tirer. L’emploi inconsidéré de ciments hydrauliques dans ces travaux, condamne toutes ces restaurations. En effet l’humidité enfermée dans une carapace étanche détruit inexorablement, sournoisement, à l’abri des regards, maçonneries et charpentes. Il faut dire à la décharge des entrepreneurs qui exécutèrent ces travaux , que les industriels du ciment constamment à la recherche de produits utilisables en toute occasion, aux qualités mécaniques de plus en plus performantes avaient oublié de conserver à leurs mortiers les qualités de perméabilité indispensable à la « respiration » des murs. Il faudra donc un jour, envisager de rouvrir ces enduits et de permettre aux murs de pouvoir évacuer l’eau pompée dans le sous-sol.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

St-Basile, Sanctus Basilius, ecclesia Sancti Basilii.
Depuis que la paroisse de St-Basile a été réunie à Tortisambert, M. de Saint-Basile a acheté l’église et la conserve c’est un édifice peu important, mais qui présente encore pour l’étude quelques détails à observer.
Comme dans les autres églises du pays, la nef et le choeur sont rectangulaires; mais les murs de la nef sont en pierre jusqu’à une certaine hauteur, en bois et en clayonnage à la partie supérieure. Celle-ci repose sur des poteaux intérieurs qui supportent la charpente. Nous avons déjà vu de semblables poteaux à Livaye, et on les retrouve dans plusieurs autres églises; il est curieux d’examiner ce système de construction, dans lequel les charpentes jouent un si grand rôle.
L’église de St-Basile nous le montre tel qu’on l’a employé encore quand on a reconstruit les églises du Pays-d’Auge vers le XVIe siècle ; mais je ne doute pas que dans les premiers temps beaucoup d’églises ne fussent tout-à-fait en bois. Que l’on supprime donc, par la pensée, le mur en pierre qui forme les deux tiers de l’élévation des murs de la nef; que l’on y substitue un remplissage en bois et en mortier, et l’on aura l’image d’une église telle qu’elles devaient exister en grand nombre autrefois dans la contrée.
Les fenêtres de l’église de St-Basile sont carrées, à l’exception de celle qui était au chevet et qui est bouchée aujourd’hui.
Celle-ci était cintrée, subdivisée en deux baies, avec un oculus entre les ouvertures géminées M.de Saint-Basile croit, et je suis de son avis, qu’elle peut remonter au XVI° siècle. Un porche en bois précède la porte d’entrée: je le crois du XVIIe siècle. Quant à la porte, la date 1780 est gravée sur le linteau qui reçoit le ballant, au-dessous du tympan circulaire qui est vitré.
L’intérieur de l’église, outre les robustes poteaux qui supportent la charpente, montre, entre choeur et nef, deux petits autels à retable de bois à jour. On voyait autrefois des retables pareils dans beaucoup d’églises du pays; il n’en reste guère, et chaque jour on en détruit quelques-uns, quoiqu’ils dussent être conservés ; on ne les retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile. La statue de la Sainte-Vierge qui surmonte le tabernacle, à l’autel de gauche, me parait ancienne relativement ; la pose du corps et la draperie sont identiques avec celles qui distinguent quelques Vierges dit XV° siècle.
M. de Saint-Basile conserve tous ces objets, et nous l’en remercions; les souvenirs sont pour lui, avec son goût pour l’archéologie, des motifs-pour sauver cette pauvre église qu’il a rachetée; une litre funèbre, dont on voit; encore les traces, porte les armes de sa famille.
Dans le choeur, une belle pierre tombale en marbrée blanc recouvre les restes de Mme de Saint-Basile, née de Foucault, morte il y a peu d’années.
Le fief de St-Basile, dit Mr de Neuville, était, dès le XVIe siècle le patrimoine de la famille Gaultier, qui en a pris le nom et qui a conspervé cette terre jusqu’à la Révolution.
Cette seigneurie était mouvante du fief voisin de Launay-Bernard. Ce dernier fief, dont le nom a été altéré par l’usage eu celui de Launay-Besnard, était autrefois situé dans les limites de la paroisse de Montpinçon ; mais son territoire en a été postérieurement distrait et incorporé a la paroisse de St-Basile. Launay-Bernard a appartenu au XVe siècle, à Jean Lenfant, chancelier du duché d’Alençon, un des jurisconsultes les plus éminents de son siècle. En 1475, René comte du Penche, administrateur du duché d’Alençon pendant la captivité du duc Jean, son père, fit don du relief du fief de Launay-Bernard à Jean Lenfant, qui mourut peu de temps auprès a, Angers, où, il professait le Droit civil depuis la disgrâce de son maître. En 1553, Adrien Gaultier était seigneur
de Launay-Bernard et de, St-Basile, et c’est encore de M. Gaultier de Saint-Basile qui est possesseur de la première de ces deux terres. Il y-a fait construire,une habitation renfermant une petite chapelle entièrement lambrissée et ornée de sculptures et de, statuettes en bois, de l’époque gothique, réunies et ajustées avec le goût le plus parfait. Cet oratoire est ainsi devenu un véritable bijou et offre un spécimen des plus remarquables de l’art de la sculpture sur bois dans nos contrées au XVe siècle et au commencement du XVI°. Plus bas, dans la fraîche et riante vallée de la Mônne, se trouvait le fief de Cropus, que Charles duc d’Alençon, fieffa à Jean Guérin en 1511, pour une rente annuelle de 30 livres. Cette famille Guérin était déjà, un siècle auparavant, fixée à St-Basîle et à Tortisambert. Cropus appartenait, avant les orages de la Révolution, à la famille Gaultier de Saint-Basile.
Enfin la terre du Tertre, longtemps possédée par la même famille, en est sortie par le mariage de Marie-Anne-Madelaine de Gaultier de Saint-Basile avec Jean-Félix du Hauvel, en 1777. Marie-Aglaé du Hauvel, leur fille, l’a portée à la famille de Bonnechose, qui la possède aujourd’hui, par son mariage avec Casimir-Edouard de Bonnechose fils du sieur de La Cour du Bosc. Du reste, aucun des fiefs ci dessus n’a conservé de manoir digne d’être étudié.

3 – Archives ShL.

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE :

Patron le seigneur.
Dioc. de Lisieux.
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon.
Elect. d’Argentan.
Sergent. de Montpinçon.

4 – Les AUTELS EN AUGE:

AUTELS (Les) ou les Authieux-en-Auge, canton réunie le 25 décembre 1831 à Saint-Bazile ou Saint-Bazile-sur-Monne, qui prend le nom de LES Autels-Saint-BAZILE, réunie pour le culte à Montpinçon.
Altaria quoe sunt in Alge, super aquam Lemone, 1063 (pouillé de Lisieux, p.56).-
Sanctus Georgius de Allaribus, XVI s° (ibid.).

Par. de Saint-Georges,
patr. l’abbé de Sainl-Ouen de Rouen.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. d’Argentan,
sergent. de Mortagne.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT (dans Saint-Basile).

Les Autels, Sanctus Georgius de âltaribus, Altaria in Alga.
L’église des Autels est en grande partie démolie : il ne reste plus qu’une partie du choeur, qui ne doit pas remonter au-delà de la fin du XVIe siècle, d’après le témoignage de M. de Saint-Basile.
Elle était sous l’invocation de Saint Georges. L’abbé de St-Ouen de Rouen nommait à la cure. Ce lieu avait été donné à St-Ouen par Stigaud, premier du nom , du temps de Richard II. Il est appelé Altaria quoe sunt in Alga super aquam LEMONE dans une charte de 1063. La rivière voisine porte toujours le même nom.
Cette paroisse est réunie, pour une partie, à celle de Montpinçon; le reste dépend de St-Basile et fait partie du canton de Livarot.

LES AUTELS.
— Nous avons mentionné l’église des Autels, en parlant de Montpinçon. La commune est réunie, pour le civil, à St-Basile et fait partie du canton de Livarot.
Il y avait dans cette paroisse un fief noble, dit le fief des Authieux, qui appartenait, au siècle dernier, à une branche de la famille Gaultier: M. de Gaultier de Hauteserre est encore possesseur du manoir des Autels. Cette famille a donné naissance à Marie-Charlotte-Antoinette de Gaultier des Authieux, mariée à Jacques-François Corday d’Armont et mère de la célèbre Charlotte Corday. C’est au manoir du Mesnil-Imbert, situe à une demi-lieue des Autels, dans le département de l’Orne, que la famille de Corday d’Armont faisait sa résidence et que l’héroïne a passé la plus grande partie de sa jeunesse (Notes manuscrites de M. le vicomte de Neuville). Son portrait authentique, sans analogie avec ceux qu’on a donnés au public, est conservé au château voisin de Garnetot, propriété de M. de Gaultier de Garnetot, neveu à la mode de Bretagne de Marie-Charlotte de Corday : connue dans le monde sous le nom de Marie, elle restera célèbre dans la postérité la plus reculée sous son second prénom.
Signalons encore aux Autels le manoir de Ménival, qui a servi de résidence à une autre branche de la famille: Gaultier,
dite de Ménival.

COQUAINVILLIERS


NOTES sur COQUAINVILLIERS – 14177.

Ecclesia de Cauquainvillari – de Cauquinvillari – Cauquainvilla Cauquainviller Kaukevilère, Kauqueinviller.

Coquainvilliers, canton de Blangy.
Cauquainvilla, 1172 (pouillé dé Lisieux, p. 51, note 6).
Cauquenviler, 1197 (cart. de Beaumont-le-Roger, f° 13, n°VI b.).
Cauquainvilliers Chaukainviller, 1198 (magni rotuli, p. 31 ).
Kaukevilere, 1 200 (cart.norm. n° 810, note).
Cachekeinviller, v. 1200 (rotul. norm. p. 12).
KauqueinviUer, commt du XII° siècle (cart. norm. n° 810, note).
Quauquienviller, 1271 (ibid. n° 810).
Couquainviller, 1319 (pouillé de Lisieux, p. 50).
Cocquainvilliers, 1320 (rôles de la vie. d’Auge).
Cauquainvillars, XIV° siècle (pouillé de Lisieux, p. 50).
Quauquinvillars, XVI° siècle (ibid.).
Coquainvillé, 1662 (chambre des comptes de Rouen).

Par. de Saint-Martin,
patr. le chapitre de Lisieux.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Beaumont.
Génér.de Rouen
élect. et sergent. de Pont-l’Évêque.

Plein fief mouvant de la vicomté d’Auge. La-Lysambardière huitième de fief relevant de la seigneurie de Bonnebosq (1620, fiefs de la vic.d’Auge). Manoir du Pontife, dépendant de la seigneurie d’Asnières (ibid.).

Lieux-dits de: COQUAINVILLIERS
Bailleul min, Bévignère (La), Bois-Laurent (LE), CORDIER.(LE), COUR-AU- VILAIN (LA), Cour-aux-Namps (LA), Cour-Clairval (LA), Cour-d’Argental (LA), Cour-David (LA), Cour-de-Cambremer (LA), Cour-de-la-Couture (LA), Cour-de-la-Tour(La), Cour-de-l’Enclos (LA), Cour-des-Noyers (LA), Cour-Droulin (LA), Cobr-Feray (La),
Cour-du-Pressoir (LA), Cour-du-Tilleul (La), Cour-Guétier (LA), Cour-l’Allemand (La), Cour-Laurent (La), COUR MARGUERITE (La), Cour-Mémain (La), Cour-Saint-Laurent (La), Cour-Satis (LA), Cour-Titis(La), GOSSET, (La), GOULASSE(La.), GRANDE-COUR (LA), HAYES (Le Bois des), LAURENT (bois), Lieu-Picot (LE); Lieu-Rocrée (LE), Manoir de Prie (LE), Marguerite (Cour), Mauvaisinière (LA), Ozanne, Perreys (LES), Pontif (Le),
Repinville, (maison),
Saint-Laurent (bois), Sous-les-Bois, Ulis (Les), VALLÉE(LA), VALLÉES (LES), VIEILLOT,

1 – Bibliographie.
2 – Manoir du PONTIF – Michel COTTIN
3 – Pièces Justificatives.
4 – FONDS STURLER (photos)
5 – Carnets de Charles VASSEUR
6 – Archives SHL.

1 – BIBLIOGRAPHIE :

DETERVILLE Philippe : Manoir du Pontif, PGMPA, pp. 134-135; manoir de bois remparé panneaux de briques à décor de briques foncées en diagonale, cordon de pierre marquant l’étage, harpes de pierre, porte à fronton triangulaire, pavillons d’entrée avec système défensif, cartouches de briques encastrés.

LEBOZEC A., La géographie féodale du Nord du Pays d’Auge de Guillaume le Conquérant à Saint-Louis. 1035-1270, Mémoire de maîtrise sous la direction du Professeur Lucien Musset, Caen, 1978-1979
photocopie
I. LES TENANTS EN CHEF DU DUC DE NORMANDIE
A. Les grands fiefs laïques.
p.12 1. L’honneur de Coquainvilliers.
Cet honneur, dont le chef était situé dans la vallée de la Touques à quatre kilomètres au Nord de Lisieux, appartenait aux seigneurs de Montfort-sur-Risle, vieille famille normande dont l’ancêtre, Anslech avait été compagnon de Rollon. Son fils, Turstain, seigneur de Bastembourg aurait eu lui-même pour fils Guillaume, ancêtre de la tige des Bertran de Briquebec et de Roncheville, et Hugues, premier seigneur de la branche des Montfort.

BUREAU Dr Jean, « Le manoir de Prie à Coquainvilliers », PAR, 20, N° 5, Mai 1970, pp. 15-19, ill

CAUMONT Arcisse de, Coquainvilliers in Statistique monumentale du Calvados, Caen, Le Blanc-Hardel, 1862, t. 4, pp. 457-458 (réédition Floch – tome IV page 449) (manoirs de Prie et du Pontif).

Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 230.

FOURNIER Dominique : les références à la justice dans la toponymie et l’anthroponymie noirmandes ; BSHL n°61, décembre 2006. p 43.

HENRY Jacques, « Petites pages du Passé Normand – La Marquise de Prie », L’Eveil de Lisieux, 6, 13, 20 et 27 octobre 1988

MACHETEL Corinne et PAIRE Jean-Louis ; LAISSEZ-VOUS CONTER COQUAINVILLIERS. Mars 2004.

MACHETEL Corinne : La famille de Prye/Prie du XIIe au XIXe siècle. BSHL n°64, décembre 2007.

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton.

PELLERIN Henri, P.A., 3, 1 – 1953

RIVIERE Jean-Pierre, « Coquainvilliers. Le Château de Prie et ses Seigneurs », PAR, 39, N° 2, Février 1989, pp. 14-22 – ill.

RAVEAUX Raymond : A propos du Manoir de Prie. BSHL n°64, décembre 2007.

VEUCLIN V. E., « Artistes ignorés ou peu connus – Extrait d’un Mémoire admis au Congrès des Beaux-Arts, en 1892 – Jacques Le Bonhomme dit Cauchois, Maître sculpteur, faiseur d’images et peintre, bourgeois de Lisieux (1610) », L’Antiquaire de Bernay, N° 9, 1«er août « « 1892, p.41-42; Armenont, sculpteur à Vimoutiers – En 1731, il lui est payé par la fabrique de Coquainvilliers: 60 l. pour une statue de Ste-Agathe;148 l. pour les stalles du chœur; 206 l. pour deux statues peintes et dorées – 1er octobre 1892, p. 153.

L.Delisle – Catalogue des Actes de Philippe Auguste n° 1027

Voir : Bulletin de la Ste Historique n° 5 p.54, 55, 57.
Bulletin de la Ste Historique 1873 p.19 n°33 et 46.
Bulletin de la Ste Historique 1874 p.16 n°42 et 43.
Formeville I Beaurepaire – Agriculture p.138 et 294 Bulletin Monumental de 1855 p.562 -id- 1864 p.335

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

Coquainvilliers, Cauquinvillaris, Cauquainvilla, Cauquainviller.
Notes de M. Chartes Vasseur.
L’église de Coquainvilliers, située sur le bord de la route de Lisieux à Pont-l’Évêque (rive gauche ), date, dans son ensemble, du XIIIe. siècle. Ainsi la nef, avec ses murs en blocage flanqués de contreforts peu saillants, avec son portail à croix antéfixe, offre encore tous les caractères du style ogival primitif; mais la plupart des ouvertures ont été ou totalement changées ou remaniées, dans les siècles postérieurs. La porte en ogive est garnie d’un tore qui retombe sur de minces colonnettes aux chapiteaux délicatement sculptés. Le tympan est plein. Les vantaux, du XVIe. siècle, sont à panneaux plissés. Une grande fenêtre ogivale occupe le pignon ; elle était autrefois partagée par un meneau bifurqué en forme d’Y. Les deux premières fenêtres des murs latéraux ont la forme d’étroites lancettes et pourraient être classées comme faisant partie de la construction primitive ; mais leurs moulures sont prismatiques et, dans leur état actuel, on doit les considérer comme du XVI. siècle. Des deux autres fenêtres qui éclairent le nord, l’une est primitive ; c’est une grande ogive subdivisée par un meneau en Y, comme celle du portail : elle a pourtant été retouchée au XVIe. siècle. La dernière est cintrée et date du XVIIe. siècle. La seconde fenêtre, au midi, n’a aucun caractère.
Le choeur ne forme point retraite sur la nef, comme on le voit communément. Au nord, il est construit en blocage avec trois contreforts comme ceux de la nef. Il n’est éclairé, de ce côté, que par une étroite lancette. Le chevet date aussi du XIII. siècle ; sa construction est identique. C’est un mur droit, dans lequel on avait pratiqué une grande fenêtre ogivale comme celle du portail : elle est maintenant bouchée. Les murs du midi pourraient avoir été conservés d’une construction plus ancienne, et je les croirais romans.
Malheureusement une informe excroissance moderne qui doit servir de sacristie les rend invisibles, pour la plus grande partie. On y peut pourtant distinguer la partie supérieure de deux fenêtres ; la première est cintrée à double voussure en retraite, et me paraît de l’époque romane ; l’autre, plus étroite, surbaissée et presque triangulaire, est plus difficile à classer.
Une tour fait saillie du côté méridional entre le choeur et la nef. Sa base carrée est construite en blocage et flanquée, sur chaque face, de deux contreforts plats. A ces caractères on peut la croire romane, et en effet on voit au-dessus de la porte, qui est moderne, une toute petite fenêtre cintrée. Un beffroi octogone sert de second étage, et en même temps de point de départ à une pyramide couverte d’ardoise. Cette charpente doit être attribuée au XVIII. siècle, comme l’atteste une inscription trouvée sur l’un des entraits, à l’intérieur.

L : RONE
. C.
1686.

A l’intérieur de l’église, peu de choses sont dignes de remarque: la voûte en merrain de la nef, avec entraits et poinçons ; une piscine du XVIe. siècle percée dans le mur du sud, attirent cependant l’attention.
Le lutrin est en bronze, d’un bon travail; mais il a malheureusement pris la place d’un vieux pupitre en bois qui offrait un bien plus grand intérêt. Lorsque nous avons visité l’église, on l’avait relégué dans la tour sous un tas de chaises; maintenant il orne le choeur de l’église voisine d’Ouillie-le-Vicomte. Il remonte au commencement du XVIe. siècle, au règne de François Ier. Les quatres faces du pied répètent, deux par deux, les mêmes motifs d’ornementation.
Sur l’une, les fleurons du centre font place à un blason qui se trouve répété sur l’un des bouts de la bâtière, ayant pour pendant l’écu de France aux trois fleurs de lis. Cet écusson, chargé de deux fasces avec un franc-quartier d’hermine, est celui de la famille de Bouquetot qui portait: de gueules à deux fasces d’or au franc-quartier d’hermine.
Cette famille, en effet, n’est point étrangère à la paroisse qui nous occupe. Un Jean de Bouquetot était seigneur de Coquainvilliers et du Breuil dès 1451, suivant La Roque. La recherche faite par les Élus de Lisieux en 1540 porte la mention suivante : « Guillaume de Bouquetot, sieur du Breuil; François, sieur de Rabu, et Guillaume, sieur de Caucainvilliers, ont baillé ensemble leur généalogie et extraction de noblesse,commençant à messire Guillaume de Bouquetot chevalier, vivant en 1441. »
On a pu remarquer la similitude qui existe entre le blason dont-il s’agit et celui de la maison d’Harcourt. La Roque y trouve une communauté d’origine. Je n’ai pu démêler comment la maison de Bouquetot était venue en possession de la terre de Coquainvilliers, qui, du temps des ducs de Normandie, était un des domaines des Montfort et que Philippe-Auguste confisqua en 1204. Je ne sais pas non plus comment elle passa aux de Serres, qui la transmirent par alliance à la famille de Prie, au commencement du XVIIIe. siècle.
Au moment de la Révolution, elle était dans la maison de Créquy.
La cloche est antérieure.à la Révolution et porte l’inscription suivante :

JAY ETE BENITE PAR M. LEONOR DVMESML ptre DESt DE CE LIEV ET NOMMEE LOVISE PAR LOVIS DE PRIE FILS DE HAVT ET PVISSANT LOVIS DE PRIE MIis DE PLASNE ET DE COVRBEPINE, Sr DE COQUINVILUERS Gr DES ORDRES DV ROY LNT GENERL DV LANGVEDOC ET PAR NOBLE DAME FRANÇOISE DOSMONT FEMME DE Pre. CHERON ECVIER DES FIEFS BRETAGNE DE LA DITTE PAROISSE Mtrc CLAVDE ET NICOLAS LES DVBOIS MONT FAITE EN LAN 4725.
1725.
P. DVPONT.

Cette église était sous l’invocation de saint Martin et faisait partie du doyenné de Beaumont. Le Chapitre de Lisieux présentait à la cure.
Au XVIIIe. siècle, elle était comprise, au point de vue administratif, dans l’élection et sergenterie de Pont-l’Évêque et comptait 3 feux privilégiés et 80 feux taillables.

Manoir de Prie.
— Le manoir de Coquainvilliers, que l’on nomme le manoir de Prie, se composait de bâtiments épars dans une enceinte formée d’un côté par la rivière de Touque, de l’autre par des fossés. Il est maintenant dans un état de ruine très avancé. Deux époques se partagent les constructions existantes: le XVIe. siècle et le règne de Louis XV. De la première époque date la construction principale avec ses encorbellements à moulures prismatiques ; encore s’est-on efforcé, sous le règne de Louis XV, de faire disparaître ce caractère trop gothique par des badigeons imitant la brique. A l’intérieur, on a rétréci tes vastes cheminées primitives, on a abaissé leurs manteaux de pierre pour les envelopper dans des panneaux de chêne. Une seule a conservé son caractère.
Des portes intérieures en sapin, un vieux bahut de chêne sculpté dans le goût de la Renaissance, dont les panneaux déjoints sont éparpillés sous les combles, voilà tout ce qui reste de la première période. Le surplus a été refait sous Louis XV; mais ce qui mérite seul l’attention, ce sont des fragments de carreaux en faïence dont était formé le pavage.
La chapelle, petit bâtiment en brique isolé. sans style, date aussi de la dernière époque.
La famille de Prie, qui a donné son nom à celte demeure, est une très noble et très ancienne famille du Midi de la France. Il est présumable que le premier de ses membres qui vint s’établir en Normandie fut René de prie, qui épousa, en 1559, Jossine de Selle, fille et héritière d’Antoine de Selle, seigneur de Beuseville, et de Madeleine de Ravenel.
Il en sortit deux fils et cinq filles. Le second des fils resta seigneur de Beuseville. Aimar, l’aîné, épousa Louise d’Hautemer, dame de Fervaques et de Plasne de son chef, veuve de Jacques de Hellenvilliers et fille de Guillaume de Hautemer et de Renée L’Évesque. Elle lui donna quatre fils : Henri, l’aîné, mourut sans postérité ; le second n’eut qu’une fille; le troisième, qui avait épousé Marie Brochard, fille du seigneur de Marigny, en 1626, laissa quatre fils et une fille. Le premier de ces enfants, Aymar-Antoine, baron de Plasne, devint seigneur de Coquainvilliers par sa femme, Jacqueline de Serres, fille de Jean, seigneur de Coquainvilliers, Le Chesne et L’Essart. A sa mort, arrivée le 12 février 1688, elle fut enterrée dans le choeur de l’église de Coquainvilliers. Elle avait eu huit enfants ; une de ses filles, Louise, fut enterrée comme elle à Coquainvilliers, le 30 juillet 1716.
Louis, le second des fils, continua le nom de la famille de Prie. Il avait épousé, en 1713, Agnès Berthelot, fille d’Étienne Berthelot, seigneur de Pleneuf ; mais les généalogies ne lui donnent qu’un fils et une fille qui ne laissèrent point de postérité. Aussi, son frère, François-Louis-Léonard, comte de Prie, devint-il après lui seigneur de Coquainvilliers.
Il mourut dans cette terre en 1772, à l’âge de 90 ans, transmettant ses biens à son fils Louis, troisième du nom, après lequel ils durent passer dans la maison de Créquy.

Généalogie Maison de PRIE

Manoir du Pontif.
— Sur les confins de la paroisse de Manerbe, au bas du vallon, se trouve un autre manoir que l’on nomme le Pontif. Dans son état actuel, il n’offre qu’un médiocre intérêt. La construction n’en paraît point antérieure au règne de Louis XV. L’entrée de l’enceinte est pratiquée dans une poterne flanquée de deux petites tourelles cylindriques.
Un simple mur forme la clôture. Au centre est le corps de logis, bâti en pierre de taille avec simplicité. Dans un pays plus riche en matériaux que ne l’est le bassin de la Touque, il passerait inaperçu.
L’intérieur mérite d’être visité. Des consoles en bois doré dans le style Louis XV, des girandoles en cuivre avec armoiries, des fauteuils à bois contournés sont restés là, vieux témoins oubliés d’une antique splendeur. Sur les murs de deux des vastes salles du rez-de-chaussée sont appendues des tapisseries de haute-lice qui paraissent se rapprocher d’une époque voisine de la Renaissance.
Elles représentent, en diverses suites, les épisodes les plus attachants du poème du Tasse, La Jérusalem délivrée.
Malheureusement, l’humidité des murs salpêtrés a rongé leur partie inférieure.
Le jardin qui entoure cette retraite agréable était tracé à la française, orné de bassins, vases, statues, ifs taillés.
Cette propriété appartient présentement à M. de Chasseloup-Laubat.

COQUAINVILLIERS. – Le manoir de Prie, défendue par la Touques qui en remplit les fossé, a peut-être succédé à un château primitif (6).
(6) Caumont, Stat, mon., IV, p. 457.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 -COQUAINVILLERS – LE PONTIF Voir la Carte

Michel COTTIN 1968

Le Manoir du Pontif présente un ensemble homogène d’architecture du XVII° siècle qu’il est intéressant de comparer avec quelques autres exemples de même époque.

NOM et SITUATION :

Le toponyme de PONTIF, au travers des documents que nous avons pu consulter, apparaît au XVI° siècle mais l’on peut penser à une plus haute antiquité.

Le site fait songer à celui des domaines du bas-empire ou de l’époque carolingienne, à mi-flanc de coteau, à proximité d’une rivière, et assis sur un ancien ruisseau qui venu du bois tout proche alimentait les fossés ou les douves du manoir dont nous suivons les traces au pourtour de l’enclos.
De nombreux chemins passent et se croisent à proximité et entre autres la voie antique de BAYEUX à BRIONNE, dont le Manoir de Prie, un peu plus bas commandait le passage sur la Touques. Cette voie bornait la cour du manoir vers le sud et constituait la communication la plus directe avec MANERBE et l’église de COQUAINVILLIERS. C’est d’ailleurs de ce côté qu’était l’entrée du Manoir. La route départementale 270 que nous empruntons de nos jours ayant été percée assez tardivement ainsi qu’en témoigne la Carte Topographique du Calvados éditée en 1840 et les photographies aériennes.

PLAN

Le plan tout d’abord doit retenir notre attention. Nous ne nous trouvons pas en face de la demeure d’un grand seigneur mais d’une gentilhommière dont les possesseurs du XVII° siècle étaient issus d’une famille lexovienne qui avait détenu la charge de grenetiers du grenier à sel ou occupaient certaines fonctions de gestion auprès de l’évêque de Lisieux.

Dans un quadrilatère nous trouvons vers le NORD un long bâtiment et au SUD deux pavillons.

ELEVATION :

La façade NORD du logis principal présente un blocage où de nombreux remaniements sont visibles et semblent appartenir à deux campagnes de construction, la plus ancienne remontant peut-être au XV° siècle. Quant à la façade SUD, il se pourrait qu’elle ait été replaquée sur une construction existante, ce qui expliquerait à la fois l’épaisseur de ses murs, le déséquilibre de son dessin et les différences notables qu’on relève dans les niveaux de la partie droite comparée à la gauche, celle-ci, en contrebas, se répercutant à l’étage.

La soudure entre les deux parties se trouve à la limite de la cage d’escalier est très visible accusé par l’inclinaison des linteaux et des appuis de fenêtre du centre. L’importance de la dénivellation intérieure atteint une hauteur d’allège, de telle sorte que le cordon de pierre qui souligne l’étage de planchers à droite, sert d’appui de fenêtre à gauche. Ces raccordements de constructions de hauteur sous plancher différents sont relativement rares dans les constructions de pierre ou de pierre et brique, mais se rencontrent plus fréquemment dans les oeuvres des charpentiers.

L’on constate également une inclinaison assez sensible des sols due sans doute à l’édification sans fondations suffisantes, désordres que l’on trouve en nombre d’endroits où l’on était peu habitué à utiliser des constructions de pierre.

DATATION :

Il serait bien entendu indispensable de mener une étude poussée de l’intérieur et tout particulièrement de sa charpente.

Les deux pavillons d’entrée qui s’accordent fort bien avec le logis principal se présentent sur un plan rectangulaire cantonné à un angle d’une petite tourelle formant guérites sur plan semi-circulaire, légèrement engagées dans les pavillons.

Ce qui singularise cet ensemble de demeures que nous rencontrons dans notre région, c’est tout d’abord leur conception avancée, car il ne s’agit vraisemblablement de maisons fortes mais de maisons de plaisance. Les deux pavillons réunis entre eux par un portail ne semblent pas avoir été quelque fois reliés au corps principal. L’on ne remarque aucune trace d’arrachement de maçonnerie et aucune reprise tant dans les pavillons que dans les pignons du logis.

C’est là un parti qui peut paraître archaïque. Mais la présence de ces pavillons est intéressante car ils conservent dans leur construction quelques uns des détails propres à l’esprit des demeures fortifiées du XVI° siècle : absence d’ouverture sur les fossés, large emploi de la pierre. Soulignons cependant que les petites tourelles qui les flanquent n’ont aucune valeur défensive et que les meurtrières qui les percent semblent tardives, postérieures à la conception même de la construction.

La datation de cet ensemble est embarrassante mais les tourelles d’angles font penser à certaines productions de la fin du XVI° siècle (et tout particulièrement au Manoir du Vieux-Combray à Fauguernon), Quant aux cartouches de briques décoratives ils se rattachent à la partie du Palais Episcopal de LISIEUX, rénovée par l’évêque Cospéan et rhabillée en 1626 par Pierre MORIN, maçon d’OUILLY – LE – VICOMTE avec de la pierre de Coquainvilliers. Nous retrouvons un semblable emploi dans les faces internes des pavillons du Château du PIN-en-LIEUVIN (sans les bossages) et aux pavillons du Manoir du Pavillon à FAUGUERNON. Dans les pavillons du PONTIF, la brique n’est employée que pour décorer et si nous retrouvons la même structure avec chaînage verticaux de pierre, les panneaux de remplissage sont ici garnis de pierre.

L’on peut se demander si nous ne nous trouvons pas devant une construction, pour ce qui est de l’extérieur, légèrement plus ancienne que le rhabillage du logis principal

Il faut d’ailleurs être toujours prudent lorsque l’on étudie des constructions des XVI° et XVII° siècles car très souvent ce que nous voyons n’est qu’une  » chemise  » enveloppant un noyau plus ancien conservé presque intégralement, fossilisé sous une carapace de pierre et brique. Ces antiques constructions de bois aux structures souples, avec galeries et escaliers extérieurs retrouvaient ainsi habillées une nouvelle esthétique au goût du jour.

Cet exemple est d’ailleurs typique car nous pouvons établir une filiation qui de CRICQUEVILLE à l’Hôtel-de-Ville de LISIEUX, en passant par le PONTIF, PRETREVILLE, le PIN-en-LIEUVIN a permis aux maçons de la région lexovienne de nous léguer une belle succession de monuments.

3 – Pièces Justificatives:

1308-1309, 5 Janvier.
C’est la partie monsieur de Fausgernon et monsieur de Fontenay.
1312
p. 35
(14) Du moulin Gybellene qui soulloit estre compté oles dis cens et eschaiètes que Monsr Johan de Bruiecourt tient fe pour moitié….. xxj l. (Le moulin Gibelin se trouvait au Coudray-Rabut, au nord de Pont-l’Evêque. Cf. Strayer, p. 208.
La maison de Brucourt a possédé d’assez nombreux fiefs dans la Vicomté d’Auge. Sous Philippe-Auguste, Henri de Brucourt tenait deux fiefs à Brucourt, Asseville et Saint-Martin-le-Vieil et un fief au Torquêne, dans la Baronnie de Coquainvilliers. Hugues de Brucourt tenait un 1/7e de fief au Ham dans la baronnie de Beaufou. Jean de Brucourt tenait de l’évêque de Bayeux cinq fiefs à Crèvecoeur (MSAN, XV, p. 185, 186 et 188.).
= Citée in HUART Suzanne d’.- Archives de la Maison de France (Branche d’Orléans) Tome I – Fonds de Dreux (300 AP I, 389)

1402 – 1463 – Coquainvilliers
Terre et seigneuries de Coquainvilliers : censier -terrier (sans date, 2e moitié XVe siècle) copies de déclaration seigneuriales
= AD 14 – Fonds LE COURT Don 1922 – F 5103 (1 vol. relié)

1545-1763.- Coquainvilliers
Actes divers concernant les familles de Sains, de Serre, de Mauduit, de Prye
= AD14 – Fonds LE COURT, F 508 (4 pièces)

1564 – XVIIe.- Coquainvilliers
Déclarations seigneuriales
= AD14 – Coll. Formeville. F 5500 (4 pièces)

1566, samedi 11 mai – Pré-d’Auge
Noble damoiselle Loyse de Grippel, dame de la Gravelle et du Pontif, demeurant aud. lieu de la Gravelle, baille en pur et loyal échange à noble homme Jean de La Rivière, seigneur de Fenèbres et de l’Epée, demeurant à Lisieux, le fief du Pontif, à Coquainvilliers.
Elle reçoit en échange, le fief, terre et seigneurie de l’Epée et autres biens sis au Pré-d’Auge.
Le même jour, elle revend ces biens à noble homme Jehan de La Rivière, seigneur du Pré-d’Auge, moyennant 2.500 livres ts.
= Arch. SHL. 9 FB. Fonds Et. Deville. Copie (dossier Le Pré-d’Auge).

1571, Samedi 5 mai – Le Pré-d’Auge
Vente de tuiles : Robert, d’Ouilly-le-Vicomte et Hamon Le Roullier de Coquainvillier, tesmoings
= Arch. SHL. 9F Deville. B. 3 Dossier Manerbe.

1599, 11 juin – Coquainvilliers
Vente par Etienne Mollin à Etienne Le Villain, d’une pièce de terre à Coquainvilliers, nommée la Couture-aux-Toustains, passée à Lisieux « en la maison et hostellerye où pend l’enseigne de la Salamandre »
= Arch. SHL. Ms. Fonds ancien FH 193. (pourrait être 1F193)

1604-1810 – Le Chesne, Lisieux, Glos-la-Ferrière, Coquainvillers
Dossier concernant les familles Aubert, Maillet, Cordier, Le Cordier, Hauvel, Surlemont; Trésor de Saint-Jacques de Lisieux
= Arch. SHL. 11 FA – 34

1614 : 11 mai
Archives : 1F329 : 15 mai 1614 : constitution par Jean Hamel de Coquainvilliers d’une rente de 111 sols 5 deniers à Nicolas Le Petit.

1616, 4 mars – Ouilly-le-Vicomte, Lisieux
Pascal Carrey, de la paroisse de Manerbe, à l’instance de Jean Cambremer, fils Jacques, demeurant en la paroisse de Coquainvilliers, consent et accorde aud. Cambremer, la jouissance, sa vie durant de deux pièces de terre en herbage, sises à Coquainvilliers, que led. Cambremer avait ci-devant données aud. Carrey, par contrat du 27 janvier 1615.
Passé avant midi, en la paroisse d’Ouillie-le-Vicomte, en la maison de noble homme maître Marin Le Bourgeois, peintre et valet de chambre du roi. Témoins: Ursin Labey et Guillaume Ruffin, demeurant à Ouillie.
= = Arch. SHL. 9F Deville. A. Papier, 2 ff.

1668 à 1772 familles Boudard, David (Davy)
Archives SHL 1F131 : 1668 à 1772 : Familles David (et Davy) (Pierre David associé de Boudard) : Héritages
1778 : famille David de Coquainvilliers, rentes, inventaires, comptes de recettes et dépenses.

1679 – c.1782.- Rabut et Coquainvilliers
Famille de Bouquetot – Fiefs et seigneuries de Rabu et de Coquainvilliers
= AD14 – Fonds LE COURT. F 5067 B/ (9 pièces, 1 plan)

1686, 16 avril – Le Pré-d’Auge
Baptême de Martin, fils de Georges Jourdain et de Marguerite Houssaye. Parrain, Martin Le Roullier, de Coquainvilliers, sa marraine, Barbe satis.
AD 14 – Cité par S. et H. PAUMIER, « Thuilliers… », Bulletin Foyer rural du Billot, n° 37, p. 36

1695 – Prêtreville, Coquainvilliers
Décret sur Marc-Antoine de Mauduit de la Rosière, du Pontif et de Querville. Mauduit du Renouard; Houssaye des Longschamps; Raoul de Vigneral.
= Arch. SHL. 11 FA – 34

1715 – Archives SHL – FONDS BOUDARD
– 2FA211 : 1715 : DAVID lots. et partages qui concernent le bien de Coquainvillers.

1740 22 mars – Carnets de Charles Vasseur « Analyses et transcriptions … » dernier fascicule page 178 ou « Transcriptions.doc »
Messire François Leprévost, sieur de Montalonneaux, fils et héritier de Messire Jacques Leprévost, sieur de Montalonneaux et de dame Marie de Mauduit, ses père et mère, demeurant en sa terre de Saint Gatien-des-Bois, saisissant les meubles de son oncle pour avoir paiement des arrérages de la dot de sa mère alors décédée
Cet oncle était Jean François de Mauduit, escuyer, sieur de la Rozière
demeurant à Coquainvilliers lequel avait un frère Jacques de Mauduit, escuyer, sieur du Renouard, demeurant à la terre du Pontil, paroisse de Coquainvilliers 15 avril 1737.
Monsieur du Renouard avait une fille nommée Angélique 5 octobre 1738

1744 15 juillet – Carnets de Charles Vasseur « Analyses et transcriptions … » ou « Transcriptions.doc » (dernier fascicule page 189François de Chéron, escuyer, fils de Pierre de Chéron escuyer, héritier de Gabriel de Chéron, escuyer, sieur du Mont-Chéron, son aïeul demeurant en la paroisse de Coquainvilliers.

1751. – Archives SHL.
1F438 : 6 février 1751 : Guillaume Deleandre de Lisieux, reconnaît avoir reçu de Robert Guerrier de Coquainvillers, la somme de 20 livres pour une année d’arrérage de rente.

1759. Archives SHL.
1F641 : 1759 : trésor de Coquainvilliers : Guillaume Le Vilain, trésorier de la fabrique concède à Pierre Masson une place de banc dans l’église.

1772. Archives SHL.
1F560 : 1772 : Marquis de Prie (Coquainvilliers) (et Pléneuf, St Alban, Guérande,) (+ Courbépine près Bernay, La Chapelle Gauthier, Rueil,…) succession.

1781 – Archives SHL FONDS BOUDARD
– 2FA208 : 1781 : Quittances de François David de Coquainvilliers.

1783
Archives SHL : 1F122 – 1783 : arbitrage par Pierre Gosset sieur de la Prarie bourgeois de Lisieux entre Jean Gosset dit des Acres archer en la Prévôté générale de Normandie demeurant à Saint Jacques de Lisieux et Sébastien Gosset demeurant à Coquainvilliers.

AN VI Archives SHL – FONDS BOUDARD.
– 2FA223 : 5 nivôse An VI : Location par Pierre David à Jean et François fils de Jean David d’une pièce de terre et maison sises à Coquainvilliers.

1824, 8 décembre – Manerbe
 » Délibération du Conseil municipal à l’effet de reconnaître les chemins vicinaux de la commune. Le Conseil en reconnaît 6 d’utiles:
« … 6° Le chemin partant de la limite de Coquainvilliers au bout du grand herbage de M. de vérigny au levant faisant le tour des Champs Satis arrivant au calvaire du bout de la Grande pièce de M. de Vérigny de aller rendre en droite ligne au chemin du bout de la pièce de Pierre Pouchin, tournant sur la gauche arrivant au chemin vicinal de Lisieux à Bonnebosq au coin de la cour de la Viparderie. Ce chemin est d’une grande utilité pour la commune pour tirer les boissons pour le quai du Breuil sur la largeur de 15 à 20 pieds ».
 » D’après ce qui précède, en 1824, la Touques était navigable jusqu’à Touques: il y avait un quai à Pierrefitte dont on voit encore l’emplacement ».
= E. Colleville.- Notice historique sur Manerbe, (c. 1913),
Arch. SHL. 9F Deville. B. 3. Dossier Manerbe

4 – FONDS STURLER:
Photos:
41 F Perurena Coquainvilliers août 67, usine 24 pellicules 6/6.
49 J Coquainvilliers poste de transformation EDF juil 73, 10 pellicules.
52 G Lisieux Hauteville, Coquainvilliers,Trouville – mars 76, prises extérieures,15 pellicules NB.

5 – Carnets de Charles VASSEUR « Doyenné de Beaumont.doc »

Insinuations

Un quarteron de pierre prêté à Maistre Martin Hirondel pour réparer le cancel de Coquainvillers (Comptes de la Fabrique de St Pierre de Lisieux).

Dessins du lutrin de l’église de Coquainvilliers.
Descriptions de l’église dont l’une très détaillée datée d’avril 1853.
Inscription sur la cloche J’ai été bénite par M. Léonor du Mesnil, prêtre de ce lieu et nommée Louise par Louis de Prie, fils de Haut et Puissant Seigneur Louis de Prie, Marquis de Plasne et de Courbépine, seigneur de Coquainvilliers, Conseiller des Ordres du Roy, Lieutenant Général du Languedoc et par Noble Dame Françoise d’Osmont, femme de Pierre Chéron, écuyer des fiefs Bretagne de ladite paroisse. Maîtres Claude et Nicolas les Dubois m’ont faite en l’an 1725 1725 – P.Dupont.

Manoir de Prie avril 1853:

Le Manoir de Prie se composait de bâtiments épars dans une enceinte formée d’un côté par la rivière de Touques, de l’autre par des fossés. Il est maintenant dans un état de ruines très avancé. Deux époques se partagent les constructions qui restent encore : le 16e siècle et le règne de Louis XV. De la première époque date la construction principale avec ses encorbellements à moulures prismatiques. Et encore s’est-on efforcé sous le règle de Louis XV de faire disparaître ce caractère trop gothique par des badigeons imitant la brique.
A l’intérieur on a rétréci les vastes cheminées primitives, on a abaissé leur manteau de pierre pour les envelopper dans des panneaux de chêne. Une seule a conservé son caractère primitif. Elle est fort simple, ornée seulement de modillons prismatiques. Des portes de sapin assez curieuses son aussi de la période gothique : un vieux bahut de chêne Louis XII, sculpté dans le goût de la Renaissance, dont les panneaux déjoints sont François Ier éparpillés sous les combles. Tout le reste date de Louis XV et qui en reste de plus remarquable se sont de rares fragments de pavage en faïence à figures géométriques.
La chapelle, petit bâtiment en briques isolé, date aussi de la dernière période.

La famille de Prie qui a donné son nom à cet antique Manoir de Coquainvilliers est une très noble et très ancienne famille du midi de la France. Il est présumable que le premier de ses membres qui vint s’établir en Normandie, fut René de Prie, qui épousa en 1559 Jossine de Selle et héritière d’Antoine, seigneur de Beuzeville et Madeleine de Ravenel, dont il eut deux fils et cinq filles. Aimar, l’aîné, épousa Louise de Hautemer, dame de Fervaques et de Plasne de son chef, veuve de Jacques de Hellenvilliers et fille de Guillaume de Hautemer et de Renée l’Evesque. Elle lui donna quatre fils : Henry, l’aîné, qui fut baptisé dans l’église de St Pierre de Lisieux, le 9 octobre 1598, mourut sans postérité. Le second n’eut qu’une fille, le troisième qui avait épousé Marie Brochard, fille du seigneur de Marigny en 1626, laissa quatre fils et une fille dont l’aîné Aymar-Antoine devint seigneur de Coquainvilliers et baron de Plasne, par sa femme Jacqueline de Serres, fille de Jean ; seigneur de Coquainvilliers, le Chesne et l’Essart. Elle mourut en 1688 le 12 février, et fut enterrée dans le chœur de l’église de Coquainvilliers ; elle avait eu huit enfants. Louise, une de ses filles, fut enterrée comme elle à Coquainvilliers le 30 juillet 1716.

Louis, le second de ses fils, continua le nom de la famille de Prie : il avait épousé en 1713 Agnès Berthelot, fille d’Etienne, seigneur de Pleneuf, mais les généalogies ne lui donnent qu’un fils, mort en 1730 et une fille qui ne laissèrent point de postérité. Aussi son frère François, Louis, Bernard, comte de Prie, devint-il après lui, seigneur de Coquainvilliers où il mourut en 1772 à l’âge de 90 ans, transmettant ses biens à son fils Louis IIIe du nom après lequel ils durent passer dans la maison de Créquy. La tradition rapporte que, quand les seigneurs de Prie habitaient le manoir, nul ne pouvait traverser la cour que la tête découverte sous peine d’être contraint à rétrograder pour remplir consciencieusement cette formalité. Ceci avait lieu pour l’honneur des dames.(Mme de Prie – Revue des Questions Historiques – Janvier 1868 p.15).

Une photo du Manoir de Prie et une photocopie.

Manuscrits Ste Historique de Lisieux Vente par Jean Laché à Martin Le Bouchier de biens sis à Coquainvilliers ayant appartenu à Constantin de Bouquetot, seigneur dudit lieu le 6 décembre 1509 Vingt sentences relatives à divers habitants de Coquainvilliers, 28 juillet 1526, 30 août 1530,19 et 25 juin 1536, 15 juin 1540, 26 février, 13 et 30 mars 1545, 17 mai et 27 septembre 1553, 13 juin, 11 juillet, 3 septembre et 12 décembre 1554, 12 juin, 20 septembre et 23 octobre 1555, 12 mars 1557, 5 décembre 1571 et 14 juillet 1581. Vente par Collin Ferey à Jacques de Bouquetot, seigneur de Coquainvillers le 1er juin 1560 et remise faite à Collin Ferey par Gauthier Cambremer le 1er mai 1561. Sentence rendue par Guillaume Artur, seigneur d’Amayé, vicomte ce Caen, relative au décret des biens de défunt Gabriel Testain, écuyer le 13 décembre 1570.
Aveu rendu à Jean des Hayes, seigneur d’Ymer, Allain et de Pierrefitte, d’Asnières le 14 juin 1611.
Aveu rendu à Jean de Serres, seigneur de Coquainvilliers 19 octobre 1634 Aven rendu à Henri de St Pierre, seigneur de St Julien sur Calonne, Vassy, Mailloc, Grangues, etc.… à cause du fief de Vassy 17 juillet 1660. Rôles de la taille et de la capitation sur la paroisse de Coquainvillers pour l’année 1746.

Echiquier de Normandie:
An 1190 – Petrus de Bokerot
An 1195 Willelmus de Boketot

Deux textes en latin dont un de l’Echiquier de Normande de 1200/1204 concernant Gillebertus de Maigin (?)
Dans le fief de Coquainvilliers le panage n’était que de neuf jours (Delisle – Agriculture).

La ferme de Repainville (11 hectares) attenant au Pontif, et comme lui sur Coquainvilliers, vendue en juillet 1861 par suite du décès de Madame la Marquise de Chasseloup-Laubat.

Informations concernant les de Serres:
Charles et Jacques dits de Serres, sieurs de Montfort et de Montreuil, enfants et héritiers par avancement d’hoirie, de Demoiselle Roberte Le Sauvage, fille de défunt Pierre Le Sauvage, écuyer, sieur du Chesne 1598. Elle avait épousé Matthieu de Serres, mort avant 1594.

Noble Homme Charles Deserres, sieur du Chesne, demeurant audit lieu le 6 octobre 1612.
La terre de Coquainvilliers était échue aux de Serres par le mariage de Noble Homme Charles de Serres, sieur du Chesne avec Noble Damoiselle Suzanne de Boucquetot qui en avait hérité de son frère Jacques de Boucquetot, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roy, vers 1615.

Anne de Serres, femme de M. des Faveurs, demeurant au Mesnil-Simon, figure dans les registres de l’état civil de Lécaude 15 septembre 1606, 19 décembre 1613. J. de Serres, signe un reçu de treizièmes pour de terres dépendant de la seigneurie de Coquainvilliers, vendue le 30 décembre 1633.

Par acte passé au manoir sieurial de Coquainvilliers, le lundi 13 mars 1651, Noble Seigneur Jean de Serres, écuyer, seigneur et patron des paroisses de Coquainvilliers, le Chesne et Lessart, cède et quitte en vrai et loyal échange, à Pierre Gosset, une pièce de terre garantie estre ferme de la sieurie du Pontif par tènement.

Demoiselle Jacqueline de Serres, femme séparée de corps et de biens, d’avec Pierre de Mauduit figure à la date du 16 août 1666, au folio 95 du Registre de Robert Darragon, sergent royal de la sergenterie de Cambremer.

6 – Archives SHL.

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE BEAUMONT – 14

Election et sergenterie de Pont l’Evêque.
3 feux privilégiés, 80 feux taillables.
Sous l’invocation de St Martin.

Patronage:
14e Decamus et Capitulum lexov.
16e Capitulum lexoviense
18e le Chapitre

Curés:
le Prévost 1774
Husset 1775/1787
Charité de Coquainvilliers

Achat du 11-02-2003. Lot n° 18 :
56 / Coquainvilliers (canton de Blangy-le-Château, Calvados).
Deux dossiers :
1) Famille Le Villain : 1626-An II. 6 pièces parchemin et 1 papier.
2) Famille Le Villain : 1731-1767. 1 pièce parchemin, 4 pièces papier.