La CRESSONNIERE


La CRESSONNIERE

1 – Bibliographie
2 – Références historiques.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton. (La Cressonnière), 2e carton.

PAUMIER Henri: Pour l’histoire du papier. Les moulins des papetiers du Pays d’Auge. Bulletin du Foyer rural du Billot, n°82, juin 2003. (ST Martin de B. et Cressonnière)

ROSENPLÄTER Johannès : Trois villages du Sud Pays d’Auge : (La Chapelle Yvon, La Cressonnière et La Croupte), étude démographique, sociale et économique. Mémoire de Maîtrise CAEN, 1999.
Archives SHL.

2 – Références historiques:

LA CRESSONNIERE :

1242 – Royal-Pré
Voir le cartulaire de cette abbaye dont les pièces les plus anciennes semblent remonter à 1242. Il se trouve dans le fonds des archives de l’Hôpital de Honfleur : Cricqueville, Mesures : perches, pâturages, Angoville, Bastebourg, Dozulé, Clos du Mont-Gargan à Cambremer, Nicolas Jean, sieur de Bellengreville et de Crèvecoeur, Roncheville, Putôt, La Cressonnière, Fief du Mesnil, à Brucourt – famille Bence, Cricqueville et le Breuil – Mardilly, Royville -Roiville – etc.
= Archives Hôpital de Honfleur Série H. Suppl. 1607.- B. 34

1463 Recherche de Montfaut
NOBLES PERSONNES
Sergenterie d’Orbec
* 17. Colin Le Sec, la Cressonnière
= P.A.M. LABBEY de LA ROQUE.- Recherche de Montfaut, Caen, 1818, in-8°.

1577
Aveu de 5 pièces de terre assises en la terre et seigneurie de Bienfaite, tenues de Noble et Puissant Seigneur Messire Jehan d’Orbec, chevalier de l’Ordre du Roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur et baron d’Orbec, Bienfaite, de Beauvoyr, du Plessis et du Couldrey.
L’une d’elles est bornée d’un côté la Rynière de Monseigneur et Noble Homme Thomas Le Sec, chevalier, seigneur de la Cressonnière. Le 3 octobre 1577

1605
Aveu d’une pièce de terre en pré, assise en ladite paroisse Bienfaite, contenant 2 acres une vergée, sujette en foy et hommages, reliefs, treizièmes et autres devoirs sieuriaux quand ils échaient le cas s’offre.
Baillé et avoué par Louyse Lesec, damoiselle, dame de la Cressonnière, Glos, Surville, La Pillette et Friardel, veuve de feu François de Rupière, vivant écuyer, sieur de Surville et de La Pillette
à Noble seigneur Loys d’Orbec, chevalier et seigneur et baron dudit Orbec, Bienfaite Beauvoir, Leplessis, La Halleboudière, Leprey et Le Coudray. le 27e jour de juillet 1605

3 – Archives ShL.

« Doyenné d’Orbec »
Sous l’invocation de Notre Dame

Curés:
Robert Duclos 15 juillet 1602/20 juin 1673
Fortin 6 novembre 1733
Cheradame 1764/1774
Galopin 1776/1787

Insinuations:
Description de l’église du 16 septembre 1853

Sous l’invocation de Notre Dame, doyenné d’Orbec, archidiaconé de Lisieux, la cure valait 600 livres et était à la présentation du patron laïque et du gouverneur d’Orbec.
Le curé Chéradame dans sa déclaration du 30 mars 1751 en vertu de l’ordonnance royale de l’année précédente mentionne comme bienfaitrice de la paroisse la princesse d’Epinoy, de Langhac. Il donne aussi le détail des dîmes qui font son revenu :
250 gerbes de blé
80 de seigle
80 d’avoine
90 de pois
80 de vesce
70 d’orge etc..

Description de la cloche :
L’an 1836 j’ai été bénite par Maistre Pierre Le Boucher, curé d’Orbec et nommée Louise Ambroisine par Monsieur Louis Pierre Bonaventure Joseph Comte du Merle et Mademoiselle Ambroisine Jeanne Pauline de Monville
F. Collard, fondeur à Falaise.

Inscription de la pierre tombale de Madame de Rupière.

Monstres du bailliage d’Evreux
Come le Sec, seigneur de la Cressonnière se présenta armé de brigandines, salade et vouge accompagné d’un autre homme en semblable habillement, montés de trois chevaux.

Montfaut 1463
Recherche des nobles de Lisieux : Antoine le Sec, seigneur de la Cressonnière et Charité de Surville.

Almanach de 1787 – Bernard Louis Joseph Durey de Noirville, colonel en retraite à la Cressonnière.
Douezy d’Olandon à la Cressonnière

Messire Thomas le Sec chevalier seigneur de la Cressonnière 3 décembre 1563

Raoul le Sec était chanoine de Saint Firmin à Amiens en 1192.

A un carrefour sur la lisière des bois de cette commune est un calvaire qui porte la date 1765
et plus bas l’écusson suivant …écartelé au 1 et dernier d’azur à la bande d’or accompagné de deux fleurs de lys d’argent dans le même sens, au 2e et 3e d’azur au chevron d’or accompagné de 3 fleurs… d’argent 2 e chef et 1 en pointe.

4 – Mémoire de Johannes Rosenplänter

St martin bienfaite cressonniere.
Extrait de : Trois villages du sud du Pays d’Auge 1680 – 1800 (La Chapelle-Yvon, La Cressonnière, La Croupte)
Mémoire de maîtrise d’histoire moderne par Johannes Rosenplänter, 1998/1999. Université de Caen.
Rôle de taille tarifée de La Cressonnière – 1740.
Arch. Dép. du Calvados, fond de l’élection de Lisieux 2C 2767.
Rôle et assiette de la somme de 763 livres 5 sols mandé être imposée sur les contribuables de la paroisse de la Cressonnière pour la taille de l’année prochaine 1740 suivant le mandement de Monseigneur L’intendant de la généralité d’Alençon du 17e 8bre 1739 laquelle répartition a été faite conformément au tarif ci après en présence de M Charles Henry Picot conseiller du Roi, assesseur au bailliage d’Orbec, commissaire nommé par Monseigneur l’intendant et de Gabriel Hebert, Pierre Durand, et Jean Ridel collecteurs (1) de ladite paroisse pour ladite année ;
Pour le principal de la taille 738L
6 deniers de collecte 18L 9s
seau 4L 16s
droit de quittance 2L.

Laquelle somme a été répartie à raison de 5 sols 4 deniers pour livre du revenu annuel des biens fonds faits valoir par les propriétaires et de 2s 8d pour livre du produit du revenu annuel d’un moulin à papier, d’un moulin à blé et fonds affermés et possédés par des occupants externes et le surplus sur le taux personnel industriel,
La paroisse est composée de 61 taillables compris les veuves et occupants fond a propre fermes et occupants externes taux personnel industriel.
Nom – Profession -Taille – Gratification (2) – Livres, Deniers, Sols

1 – Alexandre et Jean de la Marre – charron et laboureur marchand de boeuf – 164. 16 – 16
2 – Alexandre Robillard – journalier – 3 – 2
3 – Charles Delauney – tisserand – 10. 14. 8 – 6
4 – Eustache Masse – journayeur – 12. 1. 8 – 7
5 – François Morin – journalier – 5.10.8 – 7
6 – François Lefrançois – journalier, hors paroisse(3) – 1. 0. 0 – 0. 19. 6
7 – Gabriel Hebert – tisserand, collecteur – 24. – 14.
8 – Gilles Brière – marchand, hors paroisse – 25. 17. 4 – 3.
9 – Jacques Vallée – maître d’école (6) – 2. 17. 4 – 2.
10 – Jacques Pepin – journalier, pauvre âgé, naturel – 0. 0. 6 –
11 – Jean le Cesne – infirme – 16. 5. 4 – 12.
12 – Jacques Hurel – mâçon – 4. 8. – 3
13 – Jean Ridel – charpentier, collecteur – 4. 6. 8 – 3. 10
14 – Jean Champion – journayeur – 9. 5. 4 – 6
15 – Jean Riquier – tisserand, parent (4) – 12. 13. 4 – 8
16 – Jean Picot – meunier afferme le moulin à blé 300 L – 52. 0. 0 – 2. 10
17 – la veuve Paul Vallée – pauvre – 0. 0. 6 –
18 – la veuve Michel Hurel – – 0. 0. 6 –
19 – la veuve Jean Delaunay – – 2. 11. 8 – 2
20 – Louis Prevost – journayeur – 10. 12. 0 – 6
21 – Louis Gallopin – tisserand – 10. 12. 0 – 6
22 – Louis Guillebert – journayeur, afferme un labour des frères religieux du Bec. (5) – 5. 14. 8 – 4
23 – Louis Burel – compagnon tisserand – 2. 8. 0 – 2. 0. 0
24 – la veuve Phillebert Robillard – – 3. 3. 4 – 2. 10. 0
25 – la veuve Martin Burel – – 19. 2. – 17. 6.
26 – Michel Hebert – journalier – 14. 4. 0 – 7. 10.
27 – Michel Delauney – – 4. 8. 0 – 3.
28 – Michel Brunel – journalier, pauvre chargé d’enfants – 9. 1. 4 – 7. 10
29 – Nicolas Durand – compagnon tisserand – 2. 10. 8 – 2
30 – Nicolas Burel – froctier pauvre – 12. 6. 8 – 8. 15. 0
31 – Nicolas Desrey – journalier, hors paroisse – 1. 10. 0 – 1. 9. 6
32 – Noël Cudorge – couvreur – 6. 9. 4 – 3
33 – Nicolas Guernel – grabataire infirme – 15. 13. 4 – 10.
34 – Nicolas Lambert – garde de bois – 10. 18. 8 – 8
35 – Olivier Couturier – tisserand – 26. 1. 4 – 8
36 – Pierre Ridel – charpentier – 5. 2. 8 – 3
37 – Pierre Guillebert – valet hors paroisse – 6. – 0. 0. 6
38 – Pierre Morin – tisserand – 11. 13. 4 – 6
39 – Pierre Cosnard – tisserand collecteur – 20. 5. 4 – 6
40 – Phillipe Laval – journalier – 7. 8. 0 – 4
41 – Pierre Durand – tisserand, collecteur – 5. 12. 0 – 4
42 – Pierre Vigne – journalier – 5. 16. 9 – 4
43 – Pierre Perrier – laboureur 1 charrue – 24. 0. 0 – 10
44 – Robert Thomas – cordonnier – 6. 0. 0 – 4
45 – Simon Belliere – hors paroisse – 0. 0. 6 –
46 – Théodore Gervais – compagnon papetier – 4. 10.8 – 1
47 – Jean Dumont – tient ferme des dames religieuses d’Orbec – 26. 13. 10 – 10
48 – Alexandre Leclerc – – 1. 1. 10 –
49 – Guillaume Charpentier – afferme de Monseigneur d’Epinoy (7) – 53. 8. 8 –
50 – Jacques Belliere, fils Pierre – – 21. 6. 8 –
51 – Phillipe Belliere – – 2. 2. 8 –
52 – Jean Robillard – – 7. 4. 5 – 5
53 – la veuve Pierre Belliere – – 2. 0. 0 – 1
54 – Jean Doublet – – 1. 0. 0 –
55 – la veuve Nicolas Hurel – – 0. 18. 0 – 0. 10. 0
56 – Jean Hurel – – 1. 6. 9 – 1
57 – Jacques Dallet – – 5. 1. 8 – 2. 15
58 – Henry Quernel – afferme le moulin à papier 450 Livres (8) – 60. 2. 4 – 15. 13. 6
59 – Gabriel Mardoine – – 1. 0. 0 –
Du chef des collecteurs
60 – Le sieur Desorgeries au lieu de Charles Hébert – afferme des frères religieux du Bec – 4. 0. 5 –
61 – la veuve Charles Duprey – afferme du tresort – 2. 1. 4 – 2
Exempts
62 – Maître Roger Fortin – prêtre curé fait valoir son bénéfice 200 L – –

Le présent rôle fait et arrêté par lesdits collecteurs en présence de Monseigneur Picot commissaire devant nommé et l’assiette faite par Pierre Lamarre, greffier ordinaire de la subdélégation d’Orbec y demeurant auquel nous avons taxé pour ses salaires de ladite assiette dudit rôle et copie d’icelui pour le greffe de l’élection la somme de huit livres en outre les papiers à Orbec ce seizième jour de décembre 1739 après lesdits collecteurs ont affirmés que les fonds compris au présent sont fait valoir par les y dénommés.

(suivent les signatures de G Hebert, J.Durand, P.Lamarre,et C.H.Picot, la marque de J.Ridel).
Le rôle du présent à été rendu exécutoire aux risques et périls desdits collecteurs par nous, conseiller du Roi, président de l’élection de Lisieux soussigné le dix-neuf Xbre 1739. (signature de C.H. Picot)
Le double du présent pour servir à la collection a été coté et paraphé et rendu exécutoire sur les y dessus nommés aux risques et périls des collecteurs par nous conseiller du Roi (sans signature)
Ce document est écrit avec soin et surtout indique avec précision l’assiette de l’imposition.(non reportée pour ne pas alourdir le tableau).
Notez l’indication des métiers divers exercés par les imposables. La numérotation de 1 à 62 à été ajoutée par nous J.R

1. A trois hommes de revenus différents leur est incombée la tâche de faire l’assiette et le recouvrement de la taille pour 1 année, tâche impopulaire et dangereuse, les collecteurs sont responsables sur leur fortune.
2. Une gratification est accordée aux paroissiens de La Cressonnière, donc une somme dont ils sont exonérés par l’intendant et qui doit être répartie « en faveur des plus nécessiteux ». On s’aperçoit toutefois que tous les paroissiens, riches comme pauvres, profitent.
3. « Hors paroisse » se réfère ici à des journaliers ou valets qui paient des impositions mineures. On peut supposer que leur famille habite une autre paroisse mais que le chef de famille travaille et habite temporairement chez son patron, à La Cressonnière.
4. c à d un parent d’un des collecteurs. L’indication est donnée pour éviter un traitement de faveur par les collecteurs.
5. Abbaye du Bec Hellouin, cant. de Brionne, arr. de Bernay, dépt. de l’Eure.
6. Que peut-on attendre d’un maître d’école qui ne possède que 20 perches de cour et 2 vergées dix perches de seigle et qui se range dans le groupe des taillables payant moins du quart de l’imposition moyenne?
7. Gabriel, vicomte de Meulun, prince d’Epinoy, seigneur de La Cressonnière. Les rôles de 1684, 1694, 1719 mentionnent le vicomte de Gand, seigneur de la paroisse, mais on doute qu’il ait résidé dans le château de La Cressonnière.
8. La livre vaudrait environ 30 de nos Francs an 2.000 ou 4,57 €

LA PROPRIETE FONCIERE A LA CRESSONNIERE en 1740

Si une partie notable de la population est obligée de chercher des sources de revenus dans l’industrie textile, c’est parce que l’exploitation de la terre familiale ne suffit pas à nourrir la famille. A l’inverse, certaines exploitations sont assez grandes pour produire du surplus et contribuer au commerce local, employer des journaliers et des valets. La question de la dimension de la propriété du sol a donc une portée sociale.
Répartition des exploitations en 1740 à La Cressonnière, résidents, occupants horsains, chiffres absolus, pourcentage, chiffres absolus,
sans bien ,3,7,3%,0,
moins d’une acre ,16,39%,6,46,2%
1 à 2 acres,8,19,5%,2,15,4%
2 à 4 acres,7,17,1%,1,7,7%
4 à 8 acres,4,9,8%,1,7,7%
8 à 16 acres,1,2,4,0,
16 à 32 acres,1,2,4%,2,15,4%
plus de 32 acres,1,2,4%,1,7,7%
total,41,100%,13,100%
Répartition des exploitations selon leur superficie d’après le rôle de taille tarifée de 1740.

La plus part des exploitations sont d’une superficie de moins d’une acre. Elle ne consiste souvent qu’en une maison dans une cour, d’un verger et d’un jardin. C’est le cas de Louis Burel, tisserand (n° 23) qui possède 4 perches de cour.
La limite de subsistance se situe vers 12 acres (10 ha). Trois taillables seulement franchissent cette limite : les frères Delamarre (n°1) qui possèdent 31 acres 20 perches, Pierre Perrier (n°43) avec 23 acres et Olivier Couturier (n°35) 14 acres.
Le rôle de la taille de La Cressonnière pour 1740 recense 61 taillables qui possèdent ou prennent à ferme des terres d’une superficie totale de 256 acres 1 vergée, ce qui correspond à environ 210 hectares. La commune de La Cressonnière est donnée aujourd’hui pour 447 hectares. On peut donc dire que 447 – 210 = 237 ha appartenaient à des exempts, noblesse ou clergé.
Par ailleurs les occupants horsains possèdent 48% de la superficie totale imposable. Autrement dit les habitants de La Cressonnière possèdent moins du quart de la superficie de leur paroisse (105 ha sur 447).
Ce problème de la propriété foncière n’est pas propre à La Cressonnière. Ainsi en 1789 dans leur cahier de doléances les paroissiens de La-Chapelle-Yvon se plaignent « …que le peu de bon fonds qui est situé dans la paroisse est possédé par des bourgeois d’Orbec, de Lisieux et autres lieux…, les plus mauvais fonds restant aux naturels de la paroisse se trouvant seuls chargés d’impôts. »

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes de M. A. Pannier.
La Cressonnière, Cressonerya; Cressoneria; La Cressonere.
L’église de la Cressonnière, bâtie dans une contrée accidentée et pittoresque, à 4 kilomètres d’Orbec à vol d’oiseau, domine un frais vallon arrosé par une petite rivière qui donne son nom à la commune.
Cette église, qui porte le titre de Notre-Dame, présente peu d’intérêt au point de vue architectural. La nef date du XVIe siècle. Elle est éclairée du côté nord par deux fenêtres sans caractère. Le mur méridional, construit en grand appareil, est percé d’une fenêtre cintrée, partagée en deux baies également cintrées par un meneau prismatique.
Des contreforts saillants butent les murs latéraux.
Le portail occidental est soutenu par quatre contreforts, dont deux moins élevés sont placés aux extrémités. La porte, de forme ogivale, est moderne et percée d’un oculus dans le tympan. Le linteau supérieur est formé de deux arcs surbaissés qui reposent sur un fleuron à leurs points de jonction.
Un clocher carré, en charpente, recouvert en essente et peu élevé, forme saillie à l’extrémité occidentale de la nef.
La cloche, dont le diamètre est de 62 centimètres, porte l’inscription suivante :
L’AN 1836 J’AI ÉTÉ BÉNITE PAR MR PIERRE LE BOUCHER CURÉ
D’ORBEC ET NOMMÉE LOUISE AMBROISINE PAR MR LOUIS PIERRE BONAVENTURE
JOSEPH COMTE DU MERLE ET Melle AMBROISINE JEANNE PAULINE DE
NOINVILLE.
F. COLLARD FONDEUR A FALAISE.
Le choeur, bâti en retraite sur la nef, offre des murs en blocage recrépis. Il est éclairé au midi par une fenêtre ogivale à meneau prismatique, partagée en deux baies à arc surbaissé,et par une grande fenêtre carrée sans caractère. Une fenêtre
ogivale à un meneau qui correspond à la précédente, mais qui est d’un travail plus grossier, existe du côté nord. Le chevet, masqué par la sacristie, était percé d’une fenêtre ogivale.
Deux pierres tumulaires, avec inscriptions, sont placées dans le choeur. La seconde porte un blason chargé de 7 besans ou tourteaux rangés, 3 , 3 , 1, avec la devise :
A QUI TIENS-JE ?


CY . GIST .
TRÈS • HAUTE • ET •
TRIS • PUISSANTE • DAME •
MADAME • RENÉE . DE • RUPIERRE .
VEUVE -DE • TRÈS • HAUT • ET • TRÈS •
PUISSANT • SEIGNEUR • MONSEIGNEUR •
CHARLES • DE • MELEUN • ET • COMTE • DE
SEIGNEUR • DES • TERRES •
ET • PAIRRIES • DE . DOMPVAST •
VALLENCOURT • SURVIE –
LA • CRESSONNIÈRE • ET • AUTRES .
LIEUX • LAQUELLE • DÉCÉDA •
• 1751• AGÉE •
DE • 53 • ANS •
PRIES • DIEU –
POUR -SON AME •


CI • GIST •
TRÈS • HAUTE • ET • TRÈS • PUISSANTE •
DAME • MADAME • LOUISE • ELISABETH •
DE • MELUN • DES • PRINCES • DEPINOY •
MARQUISE • DE • LANGHAC • ETC •
VEUVE • EI • PREMIÈRE • NOCE • DE • TRÈS • HAUT •
ET • TRÈS • PUISSt . SEIGeur – MONSEIGeur • ALEXANDRE •
THÉODOSE • COMTE • DE • MELUN • DES • PRINCES •
DE PINOYS – MARIÉE . EN . SECONDE • NOCE . A •
TRÈS • HAUT • ET • TRÈS • POISSANT • SEIGNEUR •
MONSEIGNEUR • GILBERT • ALLIRE . MARQs •
DE LANGHAC • GRAND • SÉNÉCHAL • DAUVERGNE
• DÉCÉDÉE • AU . CHAT •
DE • LA • CRESSONNIÈRE • LE • 28 • NOV
EMBRE • 1755 • AGÉE • DE • 43 • ANS •
PRIEZ • DIEU • POUR • LE • REPOS •
DE • SON – AME
(Le Dictionnaire historique de Moréri (t. III, p. 739) contient la généalogie de la maison de Melun. Cette ancienne famille, qui compte un grand nombre de hauts personnages, plusieurs officiers de la couronne et des prélats, se divise en deux branches. A la seconde branche, celle des princes d’Espinoy, appartient Mme Elisabeth de Mélun, inhumée dans le choeur de la Cressonnière).

Le retable du maître-autel a conservé ses peintures primitives; il offre un véritable intérêt et peut servir de type pour la décoration des meubles du même genre qui ornent encore le sanctuaire d’un grand nombre d’églises rurales.
Ce retable date de la fin du règne de Louis XIII ou des premières années du règne de Louis XIV.
Deux colonnes corinthiennes, cannelées dans la partie intermédiaire et garnies, dans le tiers inférieur et la partie supérieure, de guirlandes de roses dessinant des rinceaux, supportent le fronton qui est coupé et surmonté d’un attique composé d’une niche avec entablement trapézoïde. Le tableau, placé entre les colonnes, est cintré dans le haut avec angles rentrants. Au milieu de la corniche et au-dessus du tableau, se détache un cul-de-lampe servant de support à une statue de la Vierge-Mère, placée dans la niche dont nous avons
parlé. Les deux niches cintrées qui accompagnent le retable sont décorées de pilastres offrant des pentes de fruits, ces niches sont surmontées d’un fronton en forme de trapèze.
Celle de droite renferme la statue de sainte Marguerite ; dans l’autre niche est placée la statue de saint Charles. Au-dessous sont des portes cintrées avec moulures du temps. Au centre de ces portes est peint un grand médaillon entouré de feuilles de chêne, lequel représente un ange à genoux sur un nuage et balançant un encensoir.
Ce médaillon est surmonté d’un magnifique vase formé de rinceaux.
Le tabernacle, de forme hexagonale, offre deux étages. Le premier étage est décoré de colonnes torses, dont deux placées sur la face principale et deux autres en retraite. Sur la porte est représenté le Père-Éternel bénissant de la main droite et tenant dans l’autre un globe surmonté d’une croix.
Les autres statuettes, placées dans des niches cintrées, représentent les quatre évangélistes avec leurs attributs. Chaque niche est surmontée d’un fronton trapézoïde sous lequel se détache une petite tête d’ange. Ce premier ordre est surmonté d’un second orné de bouquets de fleurs. Le dôme supporte une petite lanterne, terminée par une croix formée de petits fuseaux renflés et tournés. La base de la coupole est composée de trois panneaux à angles rentrants.
Le fond est semé de jolis bouquets. La partie supérieure des panneaux est décorée de médaillons en forme de cartouches.
Ces retables sont décorés de peintures polychromes, or, rouge, bleu, vert, blanc, qui sont bien conservées et très intéressantes à observer.
Les deux petits autels de la nef sont du même style et du même ordre d’architecture que celui du choeur. Ils sont terminés par un fronton circulaire. Le centre est occupé par une niche avec cul-de-lampe, rouge et or, entourée de bouquets de fleurs; l’un des deux pendentifs représente un ange entouré de guirlandes. Les colonnes de l’un de ces autels sont rudentées; celles de l’autre sont décorées de feuilles de vigne dans le tiers inférieur. L’autel, placé au sud, est décoré d’une statue du moyen-âge représentant saint Claude.
Les couleurs de ces autels ont subi des restaurations qui, cependant, n’ont point altéré l’ordonnance primitive.
Les voûtes de la nef sont en merrain, avec entraits et poinçons.
On lit dans les Rôles de l’Échiquier de Normandie de 1184:
« Gillebertus de Cressoneria reddit compotum de 70 lib.
quia interfuit sponsalii uxoris Roberti de Sakenvilla. »
En 1195 :
Engerrannus de Cressonaria.
La Cressonnière faisait partie, avant la Révolution, du doyenné d’Orbec et de l’archidiaconé de Lisieux. La cure valait 600tt et était à la présentation du seigneur laïque et du gouverneur d’Orbec. Le curé Chéradame, dans sa déclaration du 30 mars 1751, en vertu de l’ordonnance royale de l’année précédente, mentionne, comme bienfaitrice de la paroisse, la princesse d’Épinoy de Langhac. Il donne aussi le détail des dîmes qui formaient son revenu, savoir :
250 gerbes de blé ;
80 — de seigle ;
80 — d’avoine;
90 — de pois;
80 — de vesce ;
70 — d’orge, etc., etc.
(Arch. Calv., Bénef.).

Château.
— A peu de distance de l’église, au fond du vallon, s’élève un vieux bâtiment en pierre dont la construction remonte à la fin du XVe siècle ou aux premières années du XVIe. Ce bâtiment, seul vestige encore debout de l’ancien

LA CRESSONNIÈRE. – Pannier a reconnu sur cette commune les vestiges d’un vieux château (2) ; il serait bon de préciser si cette forteresse ne se confondrait pas avec celle qui a dû exister dans le « Bois de la Motte» (3).
(2) Caumont, Stat. mon., V., p. 801-S02.
(3) Carte E.M., Bernay, N.-O. «Cad., A, 69-73).

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

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