OUVILLE la BIEN TOURNEE



NOTES sur OUVILLE-la-BIEN-TOURNEE – 14489

Ouville la Bien Tournée – Vicaria de Ouvilla – Ulwilla – Olvilla.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

Voir :
Annuaire Normand 1853 p.44 et 1866 p.518.
Histoire de St Pierre sur Dive par l’Abbé Denis p.173 – 181 – 183.
L’EXPLOITATION ANCIENNE DES ROCHES DANS LE CALVADOS : HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE. Serv. dep. d’Archéologie 1999. page 166.

MANEUVRIER Christophe : La ferme de la Croix … OUVILLE LA BIENTOURNEE, une exceptionnelle construction rurale du XIIIe siècle. Bull.du Foyer rural du Billot, décembre 1996, n°56

VASSEUR Charles : l’église d’OUVILLE LA BIEN TOURNEE.Bull. du Foyer rural du Billot, Décembre 1996, n° 56.

FOURNIER Dominique : Toponymie d’Ouville la bien Tournée
Bulletin du Foyer rural du Billot n°57 Mars 1997

BULLETIN du FOYER RURAL du BILLOT n°59 Sept. 1997 – Petite chronique judiciaire année 1897.

14492. PENNEDEPIE

14493 Percy-en-Auge

DORANLO Dr R., « Note sur des sarcophages découverts en novembre 1921,… Percy-en-Auge », BSAN, XXXV, 1925; et t. … p.

2 – Pièces Justificatives:

Insinuations

Un cahier comprenant le relevé au crayon de l’inscription de la cloche.

Description de l’église datée du 5 novembre 1857

Ouville est une localité ancienne possédée à l’origine par des familles riches et puissantes. Aux XIIe et XIIIe siècle, on voit figurer parmi les donataires du Prieuré de Ste Barbe :
Etienne d’Ouville,
Guillaume d’Ouville,
Foulques d’Ouville,
Hélie d’Ouville.
Ouville passa plus tard dans la Maison de Hottot florissante au XIIe et qui portait à la fasce d’argent accompagnée de quatre aiglettes de sable.
En 1463, Montfaut trouva noble à Ouville : Jean de Bailleul.
Au XVIIIe siècle, la terre d’Ouville fut portée à Antoine Louis Camille d’Orglandes, comte de Briouze par Marie Hélène Gautier de Montreuil, qualifiée Dame de Montreuil, Ouville, Doux marais, Beaumais, Bernières etc … fille de Jacques François seigneur de Montreuil et de feue Françoise Gabrielle Geneviève le Verrier, dame de Trezesants, le Désert, Ouville, Doux Marais, Hauteville etc…
d’Orglandes porte d’hermines à six losanges de gueules, une tête de levrette en cimier – supports deux griffons au deux anges. Devise : Candore et Ardore
La Dame d’Orglandes mourut en 1766.

L’église d’Ouville et toutes ses dépendances, donnée à Ste Barbe par Guillaume d’Ouville au commencement du XIIe siècle.
Etienne d’Ouville confirme la donation faite à Ste Barbe par Guillaume, son père, du patronage de Notre Dame d’Ouville.
Foulques d’Ouville, fils de Hélie d’Ouville donne à Ste Barbe diverses terres à Ouville.

Robert d’Ouville, sieur d’Ouville régent au conseil,
Jacques le Maignen régent au conseil,
Gabrielle Lemoulinet, veuve d’Augustin Lemouton et Joseph le Mouton, sieur de Morcent, son fils, régent au conseil,
Thomas le Maignen, sieur de St Clément, régent au conseil.

Relevé d’une inscription

Ouville la Bien Tournée
Robert de Douville, seigneur d’Ouville
Jacques le Maignen
Gabrielle Lemoulinnet veuve de Augustin Lemouton
Joseph le Mouton, sieur de Morcent son fils
Thomas le Maignen, sieur de St Clément

Origines et Familles d’Ouville
Etienne d’Ouville
Guillaume d’Ouville
Foulque d’Ouville
Hélis d’Ouville

Maison de Hottot et ses armoiries

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE MONTREUIL.

Election de Falaise, sergenterie de St Pierre dus Dive
78 feux.

Sous l’invocation de Notre Dame

Patronage:
XIVe, XVIe et XVIIIe : Prior de S. Barbara
Curés:
Massuë 1764
Hubert 1771/1787.

1 – EGLISE

Michel COTTIN.
 
Arcisse de Caumont, très impressionné par la qualité architecture de l’église d’Ouville la Bien-Tournée, nous a en a laissé une fort bonne description à laquelle il est toujours utile de se reporter et que je me contenterai de vous conseiller de lire…..
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HISTORIQUE
 
On peut cependant y ajouter quelques remarques complémentaires et en premier lieu, comme lui, s’étonner de la richesse d’un tel monument dans une paroisse au demeurant de peu d’importance si l’on s’en rapporte au montant des décimes versés à l’évêque au milieu du XIVe siècle [1] 16 sous, ce qui la place parmi les quatre paroisses les moins imposées du doyenné de Mesnil-Mauger. Mais s’agit-il d’un bon critère ? Certes elle se trouve au même rang que la petite paroisse du Tilleul, mais aussi en compagnie de Saint-Julien-le-Faucon, chef-lieu de baronnie, Mesnil-Mauger, siège théorique du doyen.
 
Au XIIe  siècle, il s’agit d’un patronage laïque qui appartient à une famille portant le nom de la paroisse. A une date indéterminée, sans doute vers la fin du siècle, nous apprenons que Guillaume d’Ouville à fait don au prieuré de Sainte-Barbe du droit de présentation. Quelques années plus tard, un membre de la même famille, Foulques d’Ouville, fils de Hélie d’Ouville, accroit le patrimoine du prieuré dans cette paroisse.
 
L’édification s’inscrit donc dans un contexte de prospérité économique pour le prieuré où les dons affluent et à l’époque du rattachement du duché au royaume de France et qui est une période de calme [2].

Dans son inventaire des Archives communales, Georges BESNIER [3] signalait la découverte dans un des murs de l’église à l’occasion de travaux, d’une cédule d’indulgence pour la réédification de l’église abbatiale de l’abbaye de Cordillon à Lingèvres, datée des années 1261-1264.
 
DESCRIPTION
 
Au delà des remarques toujours pertinentes de de CAUMONT, il nous faut apporter une grande attention à son appareillage. Nous avons eu l’occasion de souligner la présence dans cette région de quelques petites églises, telle celle toute proche de Sainte-Marie-aux-Anglais, offrant des similitudes quant à l’emploi de blocs de pierre à grain fin, de moyen appareil,  aux arêtes franches et à la taille très soignée. La construction de ce monument dut s’étaler sur quelques décennies ainsi qu’en témoignent à la fois des différences dans le format de ses pierres que la modification du parti architectural.
 
Le mur du chœur, comme à Sainte-Marie, comporte au deux tiers de sa hauteur un cordon mouluré sur lequel reposent les baies en lancettes. Le mur sud-Ouest est raidi d’un contrefort plat sur lequel s’appuie un autre contrefort à ressaut terminé en bâtière.
 
La porte d’accès au chœur, percée dans ce mur, bouchée à l’époque de de CAUMONT, présente une décoration mêlant à la fois des motifs empruntés au vocabulaire roman: étoiles et bâtons brisés et au gothique naissant: marguerites, tores dégagés de cavets, sourcil terminé par des têtes dans l’esprit de celle sculptées sur les piles du narthex de la cathédrale saint-Pierre.. La conjonction de ces éléments permet donc bien de situer ce monument dans le dernier quart de XIIe siècle mais plus vraisemblablement aux premières années du XIIIe . Certes il cet emploi de bâtons brisés peut paraître archaïque, mais on le retrouve sur la porte Nord de l’abbatiale de saint-Pierre, associée avec des chapiteaux typiques de la seconde moitié du XIIIe siècle.
 
Quant à la corniche, qui couronne le mur gouttereau de ce côté, elle nous paraît se rattacher à un mode décoratif courant à l’extrême fin du XIIe dans la décoration intérieure de monuments où nous retrouvons, comme à Saint-Pierre-de-Lisieux ces petites têtes sortant des feuillages.
 
La construction du chœur et du clocher sont plus tardives et ne doivent pas remonter au delà du milieu du XIIIe siècle. On peut s’interroger également sur la présence dans le murs sud d’une grande baie bouchée. S’agit-il d’un projet de collatéral comme on en trouve également la trace à Saint-Hymer ? Seule une fouille pourrait nous renseigner avec certitude sur ce point.
 
De telles constructions doivent être étudiées par comparaison avec les grands monuments qui leur sont contemporains et, parmi les premiers, il nous faut classer la cathédrale de Lisieux [4], l’abbatiale de Saint-Pierre-sur-­Dives [5] et les abbayes caennaises, tout en faisant l’impasse sur les grands monuments monastiques totalement disparus: Sainte-Barbe-en-Auge [6] , Saint-Désir-de-Lisieux [7], Troarn, Le Val-Richer, Fontenay, Barbery, etc. qui n’ont pu être sans influencer ces petites oeuvres rurales aussi.
 
Nous trouvons donc des oeuvres variées, parfois très curieuses, mais mal répertoriées à ce jour car se rattachant à de multiples types et sous-types. Contemporaines les unes des autres, pour la plupart, elles accusent de notables différences révélatrices d’ateliers distincts, les uns oeuvrant sous la direction de l’évêque ou des abbés, les autres, sans doute itinérants travaillant à la commande dans une zone comprise d’Ouest en Est, entre le Bessin et les avant-buttes d’Auge; et du Nord au Sud, de la Manche, au Sud de la Plaine de Caen.
 
Notre connaissance de la gestion de ces petits chantiers dus à des patrons, généralement laïques [8], est inexistante. Les seuls documents dont nous disposions concernant les grands chantiers ecclésiastiques [9]. La lettre d’Haimon nous montre dans le détail la gestion d’un chantier de construction depuis l’extraction de la pierre jusqu’à sa mise en place. Et s’il n’était pas fréquent de pouvoir mobiliser de grandes foules de bénévoles pour la construction d’une basilique lieu de pélerinage, rien n’interdit de penser que, l’émulation aidant, des groupes de paroissiens ne se soient mobilisés pour amener les matériaux à pied d’oeuvre.
 
A notre avis, si l’influence lexovienne n’est nullement avérée et peu vraisemblable au delà de la Dives, les liens entre ces deux églises rurales et l’œuvre de Saint-Pierre-de-Lisieux sont peut-être plus évidents.
 
Les constructeurs – ici Arnoult, là Haimon – des grands monuments étaient entourés sans doute d’une « loge » et rien ne s’oppose à ce que celles-ci aient participé à des petites oeuvres. Tout au plus, la comparaison par Georges HUARD des bases de Lisieux au boudin aplati avec celles de Saint-Pierre-sur-Dives au boudin épais, fort proches de celles de Sainte-Marie, laisse à supposer sur ce point à Sainte-Marie aux-)Anglais, une influence plus pétruvienne que lexovienne.
 
En l’absence d’une recherche d’ensemble [10], on peut proposer l’hypothèse de l’existence d’un certain nombre de courants qui parfois s’interpénètrent :
 
– Type à clochers à pyramides de pierre et hautes baies, simples ou géminées (Cuverville, Demouville,  Norrey-en-Bessin, Rouvres, Saint-Sylvain, Fierville, Condé-sur-Laison, Mézières)[11].
 
– Type à décoration d’arcatures [12] extérieures (Putot-en-Auge, Cintheaux, Moult, Ouézy, Ouville-­la-Bien-Tournée, Saint-Laurent-de-Condel, etc.)
 
– Type à clocher-porche ou sans clocher de pierre: Cabourg, Lieury, Mittois, Sainte-Marie-aux-Anglais, Valsemé, Branville, Grainville-la-Campagne, etc.
 
L’église de Sainte-Marie-aux-Anglais se rattache à ce dernier type, dont la décoration fort discrète, mais révélatrice de la transition de l’architecture romane à l’architecture gothique, est parfois d’ailleurs classée avec les premières. Parfois, mais ce n’est pas la règle, ces églises possèdent un chœur voûté sur croisée d’ogives et n’offrent aucune décoration d’arcatures, conservant la tradition pré-romane des petites fenêtres en meurtrières.

[1] Auguste LONGNON , Pouiillés de la province de Rouen , Paris, 1903, p. 257 c . FIN NOTEB,

[2] Sur les liens entre le prieuré et l’église d’Ouville, voir René-Norbert SAUVAGE .- Archives départementales du Calvados. Répertoire numé­rique de la série D (Université de Caen (fin), Prieuré de Sainte-Barbe-en-­Auge , Collège des Jésuites de Caen, de Beaumont-en-Auge, etc. Académie des belles–lettres de Caen ) , Caen, Bigot, 1942, In-4°, 52 p.; 2D 138, 139, 140..

[3] Georges BESNIER .- Répertoire sommaire des documents antérieurs à 1800 con­servés dans les archives communales, département du Calvados , Caen, Delesques, 1912, In-8°, XCIX-657 p.; p. 460.

[4] Voir entre autres l’étude Alain ERLANDE-­BRANDEBOURG .- « La cathédrale de Lisieux, les campagnes de construction », CAF , 135, 1974.

[5] Outre la notice de Arcisse de CAUMONT dans sa Statistique monumentale , voir : Elisabeth GAUTIER-DESVAUX –  » Saint-Pierre-sur-Dives « , CAF , 132, 1974, pp. 188-214.

[6] Sur cette église dont la trace se lit très nettement sur les photographies aériennes, voir les travaux en cours de M. FOUQUES.

[7] Voir les travaux de Georges-Abel SIMON et de François COTTIN .- « L’abbaye bénédictine de Notre-Dame-du-Pré-lès-Lisieux d’après les dernières fouilles » BSHLx., 1930-1940, pp. 16-26; et t. à p.: Caen, Ozanne, s.d., 11 p., 1 pl. h.t.

[8] L’ouvrage de Bernard BECK Bernard .- Quand les Normands bâtissaient leurs églises , 15 siècles de vie des hommes, d’histoire et d’architecture religieuse dans la Manche , Coutances, OCEP , 1981 , 185 x 230 , 204 p. ill. couv. ill. , comme son titre l’indique concerne surtout la Manche et les mentions de constructions par des patrons laïques ne remontent pas au delà du XVe siècle.

[9] Sur la cathédrale de Lisieux, voir les documents analysés par George HUARD .- La cathédrale de Lisieux aux XIe ey XIIe siècles in Etudes lexoviennes , II, 1919, pp. 1-36.; sur l’abbatiale de Saint-Pierre-sur-Di­ve, voir les différentes éditions de la lettre d’Haimon et la traduction de l’abbé J. DENIS .- L’église de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives en 1148. Lettre de l’abbé Haimon sur les circonstances merveilleuses qui ont accompagné la construction de cet édifice, précédée d’une notice historique sur l’abbaye , Caen, Chénel, 1867, plan.

[10] Il serait intéressant de cartographier ces divers types de constructions et de rechercher leurs liens avec les grands établissements monastiques de la région: Saint-Pierre-sur-Di­ves, Sainte-Barbe-en-Auge, Troarn, Barbery, Saint-Martin-de-Fontenay et les abbayes caennaises.F

[11] Les travaux de E. LEFEVRE-PONTALIS sur « Les clochers du Calvados » , CAF, 1908, pp. 652-684, ill. – ont été repris par Denise JALABERT .- Clochers de France , Paris, Picard, 1968, ix-101 p. mais certaines de ses analyses ne doivent être acceptées qu’avec la plus extrême réserve..

[12] Cf. Pierre HELIOT .- « Les arcatures décoratives sur les murs des églises romanes en Normandie et leur influence », Annales de Normandie , XVII , 3-1967, pp. 187-222.

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