BEAUMONT-en-AUGE


NOTES sur Beaumont-en-Auge

Rôle des Fiefs de la vicomté d’Auge 1620 – 1640:
BEAUMONT-EN-AUGE, de la juridiction et élection de Pont-l’Evêque, dont l’église est dédiée sous le nom de Saint-Sauveur, n’a que cent trente communians.
Il est connu par un bon marché pour le gros bétail, qui se tient le jeudi, et par un prieuré de Bénédictins aux religieux duquel appartient la nomination à la cure, depuis l’extinction de la mense prieurale faite le 5 septembre 1741.

Beaumont-en-Auge, Bellus mons in Algia, N.-D., prieuré conventuel dépendant des Bénédictins de St-Ouen, en 1060, par Robert Bertrand « le Tors » et sa femme Suzanne, Mauristes en 1663, diocèse de Lisieux, archidiaconé d’Auge, cant. et arrond. Pontl’Evêque,
Calvados ; à 4 km. de la Toucques.
Arch. départ., D, 2 reg., 3 liasses. —Bibl. Rouen, ms. 139.
— BEAUNIER-BESSE, VII, 203.— CHEVALIER le donne à tort comme Aug.
— FISQUET, 366. — Gallia christ., XI, 850 ; instr., 316-25.
— JOANNE (1895), église des XI°, XIII° et XVIs., qui était celle d’un prieuré de Bénédictins dont il subsiste des restes ; fonts baptismaux du XV° s. et restes de grisailles du XII°.
— LECESTRE, en 1768, 9 Mauristes, 8995.
— LÉCHAUDÉD’ANTSY, dans Mém.soc. antiq. Normandie, VII (1834), 233-6.
— V. LE FORT, Beaumont et ses prieurs, dans Rev. illustrée Calvados (1913), 45-8, 55-8.
— LONGNON, II, 256 et table.

— MABILLON, Ami., IV, 599.
— PIEL, tables. — CAÏLLET, Etudes sur les textes de la collection Morin-Pons, de Lyon, concernant l’histoire de la Normandie au XIV° et au XV° siècle, dans Bull. soc. antiq. Normandie, XXIX, 281-325.

Beaumont, canton de Pont-l’Évêque.
Bellus Mons, XIVè (pouillé de Lisieux,p. 50).
Baumont,v. 1310 (parv.lib.rub.Troarn.p. 15).
Beauamont, 1310 (état des chemins et sentiers de Troarn).
Bellus Mons,XIV siècle (pouillé de Lisieux, p. 50).
Beaumont-en-Auge, (Cassini)

Le prieuré de Beaumont (prioratus Belli Monlis in Algia), dépendant de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen,a vait été fondé vers 1060 par Robert Bertrand, dit le Tors, et sa femme Suzanne.
Notre-Dame-de-Beaumont-en-Auge, ordre de Saint-Benoît, congrégation de Saint-Maur.

Par. de Saint-Sauveur.
patr.le prieur de Beaumont,
Dioc.de Lisieux,
doy. de Caumont,
Génér. de Rouen,
élect. de Pont-l’Evêque – chef-lieu de sergenterie.

Le doyenné de Beaumont en l’archidiaconé d’Auge comprenait Coquainvilliers, le Torquesne, Pierrefitte, Reux, Saint-Hymer, Drubec, Clarbec, Beaumont-en-Auge ,Val- Semé, Pont-l’Evêque, La Chapelle Hinfrei, Annebault-en-Auge, Saint-Etienne la Thillaye, Saint-Arnoult-sur-Touque, Benerville, Tourgéville, Vauville, la Haule, Saint-Pierre-Azif, Bourgeauville, Branville, Glanyille, Danestal, Heuland, Saint Wast-en-Auge, Villers-sur-Mer, Auberville-sur-Me, Beuzeval, Gonneville, Saint-Martin-de-Criqueville-en-Auge, Angerville-en-Auge, Blonville, Saint-Cloud-sur-Touque,Roncheville, Deauville.

Les prieurés de Beaumont-en-Auge, de Royal-Pré, d’Angoville, de Saint-Hymer, de Dive, de Rouville et de Saint-Arnould faisaient aussi partie de cette circonscription.
Le fief Notre-Dame,assis dans la paroisse de Beaumont,mouvait de la même vicomté.

Prieurés de Notre-Dame-Royal-Pré, de l’ordre du Val-des-Choux, au doyenné de Beaumont;

Lieux-dits de BEAUMONT-en-AUGE:
Alleaumes (Les), Beau-Huet (LE), Blatterie (LA), Bois-de-Reux (LE), Carpentier (Le), Cerisier(LE), Champs-Moreau (Les), Cours-Moreau (LE), Cour-Vannier (LA), [Drumare, h. et chat. Drumara 1198 (magni rotuli, p. 53,2). Le fief de Drumare, dont le chef était assis à Beaumont mouvait de la baronnie de Roncheville.], Friche-Allais (LE), Lieu-Angoville (LE), Lieu-aux-Fèvres (LE), Lieu-Barbet (Le), Lieu-Bénard (LE), Lieu-Bouet (LE), Lieu-Bretocq (LE), Lieu-Doublet (Le), Lieu-Morel (LE), Lieu-Porée (LE), Lieu-Tholmer (Le), Marcauderies (LES), Merisier (Le), Place-de-l’Abbaye (La), quartier, Zinguets (Les).

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie :

Général BONNET de la TOUR, « L’Ecole militaire Royale de Beaumont-en-Auge », PA, 17, 8-1967
Charles BREARD, Cartulaires de Saint Ymer-en-Auge et de Bricquebec, Rouen, Lestringant, 1908; pp.
Dr Jean BUREAU, « Le Collège de Beaumont-en-Auge », PA, 4, N° 4, Avril 1954
Dr Jean BUREAU, « Un artiste méconnu, le Colonel Langlois, peintre de batailles. 1789-1870 », Art de Basse-Normandie, n° 3, Automne 1956, pp. 20-24
CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados ; volume IV de réédition Floch, pages 218 à 226.
CHAPPET Alain : Avec ceux de Lisieux et alentours dans les Armées de premier Empire ; BSHL N°55, Décembre 2003 ( C.-E.-P. Laplage et colonel Langlois, le colonel et le peintre )
COTTIN Michel, « Notes sur quelques moulins du Pays d’Auge et du Lieuvin en 1796 », Bulletin du Foyer rural du Billot, n° 29, Décembre 1989, pp. 41-59
Michel DANDURAND, « Beaumont-en-Auge, Ancien prieuré », AAN, 145, 1987 (1988), pp. 3-4
DESFRIESCHES Aurélie : Autour de Pont-l’Evêque, le manoir de Pétagny ; le prieuré de Saint Hymer. BSHL n°62. Avril 2007. (Colonel Langlois).
DEVILLARD Philippe, « L’Ecole militaire de Beaumont-en-Auge », Pont-l’Evêque, n° 5, 1978, pp. 3-4 et couv.
DEVILLARD Philippe, « Les élèves de l’Ecole militaire de Beaumont(1776-1795) », Héraldique et généalogie, 1976, n° 6, pp. 326-328
DEVILLE Etienne, « Excursion du 27 août (1926) », AAN, 94, 1927, pp. 172-184 (Ouilly-le-Vicomte – Pierrefitte, Saint-Hymer – Beaumont-en-Auge – Pont-l’Evêque – Parcs-Fontaines – Le Breuil-en-Auge – Norolles, Parey, Malou, La Faye, La Pelletière, Combray – Rocques – Hermival – Ouilly-du-Houlley, Tillières, Crespin, Magneville, Lestandard, Maintenon, Carvoisin d’Achy, Marguerite de l’Isle, Jean de Longchamp, d’Oraison, Le Conte de Nonant, du Houlley, de Loynes de Mazières, Delore – Firfol, Saint-Christophe p. 183)
DONNET Guy, « Aventure et chouannerie en Pays d’Auge. La proclamation de Louis XVII à Beaumont, en floréal an III », PAR , 29, N° 12, Décembre 1979, pp. 15-22
Louis DU BOIS, Histoire de Lisieux, Lisieux, Durand, 1848, t. II, pp. 145-150
Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 1283.
Henri FISQUET, La France pontificale (Gallia Christiana). Histoire chronologique et biographique des Archevêques et Evêques de tous les diocèses France, Depuis l’établissement du Christianisme jusqu’à nos jours. Divisée en 17 provinces ecclésiastiques. Métropole de Rouen. Bayeux et Lisieux, Paris, L. Repos, s.d., p. 366-369
domaines à Briquebec, Tonneville, Pennedepie, Saint-Philbert et Hébertot
Dr. Jean FOURNEE, « Beaumont-en-Auge, Eglise », AAN, 145, 1987 (1988), pp. 4-5
FOURNEE Dr Jean, « Remarques sur le culte et l’iconographie de saint Nicolas en Normandie. A propos des statues de saint Nicolas à Beaumont-en- Auge, Saint-André-d’Hébertot et Saint-Pierre-Azif », AAN,145, 1987 (1988), pp. 97-102
FOURNIER Dominique : les références à la justice dans la toponymie et l’anthroponymie normandes ; BSHL n°61, décembre 2006. p 48.
FRIJHOFF Willhelm et JULIA Dominique, « L’alimentation des pensionnaires à la fin de l’Ancien Régime (Auch, Beaumont-en-Auge Molsheim et Toulouse) », Annales, économies, sociétés, civilisations ,1975, n° 2-3, pp. 491-504
HENRY Jacques, « Les fêtes civiques à Beaumont-en-Auge », BSHL ., N° 30,1959-1960 (1961), p. 35
HUART Suzanne d’, Archives de la Maison de France ( Branche d’Orléans) Tome I – Fonds de Dreux (300 AP I, 1 à 2634) – Inventaire , Paris, Archives Nationales, 1976. In-8°, 460 p
300 AP I, 389 : Vicomté d’Auge, Pont-l’Evêque, Beaumont, Montpensier, Roncheville
A. JULIA, Les Bénédictins et l’enseignement aux XVII° et XVIII° siècles (notamment Beaumont-en-Auge) in Sous la Règle de Saint Benoît . Structures monastiques en France du moyen âge à l’époque moderne, Colloque, Paris, oct. 1980, Paris, Droz, 1982, In-8°, 573 p. (Ecole pratique des hautes études. Série V : Hautes études médiévales et modernes)
V. LE FORT, « La colline inspiratrice. Beaumont-en-Auge et les barons de Roncheville « , Revue Ill. du Calvados, 7, 1-1913, pp. 7-9; 2-1913, pp. 21-24; 3-1913, p. 45-49; 4-1913, pp. 55-58 ; 5-1913, p. 75-78; 6-1913, p. 97; 7-1913, pp. 113-114; 8-1913, p. 128-129; 9-1913, p. 145-146
LEMETAYER-DESPLANCHES : Voir Archives SHL, Fonds 25F 2e classeur.
Voir Fonds 25F 1er classeur : II B 2 : reçu d’arrérages
II C 2 b : proposition de demander pour lui le poste de Beaumont, le même s’indigne de ce qui se fait dans le pays d’Auge
LESQUIER Jean, « Les plus anciens textes de la Société Historique de Lisieux – 1208-1450 », BSHL, N° 22, 1914-1915, pp. 27-55; t. à p., Caen, Domin, 1915, In-8°, 31 p.
Orbec, Mesnil-Gonfrey, Neuville-sur-Touques, Bienfaite, Beaumont-en-Auge, Bonneville-sur-Touques, Blonville, Heullant, Vauville, Tordouet.
Georges MOURADIAN .- Répertoire numérique des archives départementales antérieures à 1790. Seine-Inférieure. Archives ecclésiastiques. Série H. Tome IV (Fascicule 2). Abbayes de Saint-Ouen-de-Rouen (14 H 927 à 14 H 1534). Introduction et index général par Alain ROQUELET, Rouen, Imprimerie administrative, 1980, in-4°, 185 p.
Beaumont-en-Auge, Bertran, Roncheville, 14 H 188, 278 bis, 758, 797-802, 1521; Manneville-sur-Risle, Roger, Robert et Henri de Brucourt: 14 H 434.- Cormeilles: 14 H 667; Honfleur: 14 H 797; Moyaux: 14 H 1519,1522; Pennedepie: 14 H 163; Saint-Cloud: 14 H 797; Saint-Etienne-la-Thillaye: 14 H 146, 802.
NORTIER Michel, Les sources de l’histoire de Normandie au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Le fonds des nouvelles acquisitions latines , Nogent-sur-Marne, 1959.
Signale p. 14, : 46. Coutumier de Saint-Ouen de Rouen . Fin du XIV e siècle. … F os 3-8 : série de pièces relatives à la nomination au prieuré de Beaumont-en-Auge et un autre coutumier conservé à la B.M.de Rouen, ms. 390 (A. 399).
NORTIER Michel, Contribution à l’étude de la population en Normandie au bas moyen âge (XIVe-XVIe siècles). Inventaire des rôles de fouage et d’aide. Sixième série: Rôles de fouage paroissiaux de 1518 à 1533 dans Répertoire périodique de documentation normande , N° 14; « ,Cahiers Léopold Delisle, XXXIX, 1990, pp. 1-127
Beaumont en Auge 75
PELLERIN Henri, Le Comte de Colbert-Laplace, s.l. 1961 (Ectr. PAR. )
= Bibl. SHL. PA. N° 5.011
Pierre-Jean PENAULT, « Vue de Beaumont-en-Auge », P.A, 38, 12-1988, p. 2
PENAULT Pierre-Jean « Charles LANGLOIS colonel d’Empire  » (aussi connu comme peintre ) PAR 45e année N° Spéc; Juillet-Aout 1995
Chanoine André POREE, Histoire de l’abbaye du Bec, Evreux, Hérissey, 1901, 2 vol., In-8°, 664-676 p.; rééd. Bruxelles, Culture et Civilisation,1980 rééd. II, 119
PORQUIER Liliane, « Beaumont-en-Auge », résumé de mémoire de 4eme année d’E.N.I.), Annales de Normandie, X, n° 4, décembre 1960, pp. 394-395;
POUGHEOL Jacques, « Exposition des trésors d’art du Calvados et de Basse-Normandie. Eglise Saint-Nicolas de Caen, Eté 1957 », Art de Basse-Normandie, n° 6, Eté 1957, pp. 27-35
Ouilly-le-Vicomte; Barneville-la-Bertran; Fourneville; Beaumont-en-Auge; Percy-en-Auge; Saint-Pierre-de-Lisieux; Le Fournet; Orbec-en-Auge; Ouilly-le-Vicomte; Surville; Marolles; Beuvron; Thiéville; Saint Hildevert, La Vespière; Clermont-en-Auge; Honfleur; Blangy-le-Château; Saint-Vast-en-Auge; Brocottes;
SAINT PHILIPPE de NERY Soeur, Monographie de Beaumont-en-Auge, Ms.s.d., 16 p.
= Arch. Départ. du Calvados, Br. 9346
SAUVAGE René-Norbert, Archives départementales du Calvados . Répertoire numérique de la série D (Université de Caen (fin), Prieuré de Sainte-Barbe-en- Auge, Collège des Jésuites de Caen, de Beaumont-en-Auge, etc. Académie des belles- lettres de Caen, Caen, Bigot, 1942. In-4°, 52 p.
Georges-Abel SIMON, « Les prieurs de Beaumont-en-Auge », BSHL, 27, 1926-1930, pp. 147-175
SIMON Georges-Abel, « Beaumont-en-Auge – Laplace, sa famille, ses origines », BSHL , N° 27, 1926-1930 (1930), pp. 208-209
SIMON Georges-Abel, « Chouannerie. Affaire de Beaumont », BSHL , N° 27,1926-1930 (1930), p. 210

Registres du Trésor des Chartes. Règne de Philippe de Valois. Deuxième partie. JJ 70 à 75.. Inventaire analytique par Jules VIARD et Aline VALLEE, Paris, Archives Nationales, 1979.
= A.N. JJ 5676.
Authieux-sur-Calonne, 2106
Barneville-la-Bertran, 3348
Jean de Beaufou, écuyer: 5022
Beaumont-en-Auge, 482
Robert Bertran et Suzanne, 309, 482
Robert Bertran, 4693
Robert Bertran, chevalier, 78, 490, 1476, 1552, 1732, 1916, 2836, 3071, 3348,
4693, 4965, 5906, 7306, 7372
Robert Bertran, sire de Fontenay, 1940
Branville, 5347
Bretteville-sur-Laize, 5676
Clarbec, 309
Dozulé, 3641
Fauguernon, 5616
Honfleur, 309, 482, 1476,; églises paroissiales: 682; foire: 1476
Hotot-en-Auge, fief de Conches: 3544
Moulin de Calonne, 950
Moyaux, 2693, 5170, 5732
Orbec, 849; bourgeois: Hallebout; vicomté: 2538, 2693, 5170; 6329
Pennedepie, 482
Pré-d’Auge: 2106, 7314; église paroissiale, 7314
Préaux, abbaye Saint-Léger: 1922; abbaye Saint-Pierre: 3415, 4474
Saint-André-d’Hébertot, 482
Saint-Cloud, 309,482
Saint-Etienne-la-Thillaye: 482
Saint-Hymer, 4428
J.-J. VERNIER, Répertoire numérique des archives départementales antérieures à 1790. Seine-Inférieure. Archives ecclésiastiques. Série H. Tome Ier. Abbayes: Auchy-lès-Aumale, Beaubec-la-Rosière, Bec-Hellouin, Bellozanne, Bonport, Notre-Dame-d’Eu, Fécamp, Foucarmont, Rouen, Lecerf, 1921, in-4°, ix-169 p.
Beaumont-en-Auge : 3 H 59; Roncheville 7 H 27;

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Beaumont Bellus Mons.

Le bourg de Beaumont doit son importance au prieuré de Bénédictins que le vicomte de Roncheville ( Robert Bertrand), seigneur de Briquebec, y avait fondé en 1060.
Guillaume-le-Conquérant, sa femme, leur fils aîné Robert, signèrent la charte de fondation. Ce prieuré dépendait de l’abbaye de St.-Ouen de Rouen.
L’église actuelle du bourg est celle du prieuré ; elle a perdu une partie de sa nef; il n’en existe plus qu’une travée; mais le transept et le choeur sont restés debout et ce sont les parties les plus importantes.
La tour est établie au centre du transept : c’est une tour romane carrée qui, comme on le voit par le petit dessin de M. Bouet (Voir la page suivante), est terminée par une pyramide en charpente, couverte d’ardoises : cette tour montre des fenêtres à plein-cintre, en grande partie murées, et dont on n’aperçoit du dehors que la partie supérieure, le reste étant masqué par la toiture actuelle, qui très certainement est plus élevée qu’elle ne l’était dans l’origine ; il faut monter dans les greniers pour voir les portions cachées sous le toit. (Je donne, p. 220, d’après un dessin de M. Bouet, une des bases des colonnettes de ces ouvertures). Il n’y a plus que cette partie de l’église qui puisse être rapportée à la première construction. Tout le reste appartient à l’ère ogivale.
Le dessous de la tour a d’ailleurs été repris en sous-oeuvre. On rapporte qu’en 1612 une partie de la nef (côté droit ) et quelques parties du choeur s’écroulèrent, il fallut alors faire des reprises ; mais il est difficile de préciser où elles commencent et où elles finissent. Des quatre piliers qui la supportent deux paraissent refaits au XVe. siècle ; les deux autres ( ceux de l’est ) annoncent une époque postérieure ; les voûtes du transept paraissent aussi de la fin du XVe. siècle ou du XVIe.
Le transept offre lui-même, à chacune de ses extrémités nord et sud, une fenêtre flamboyante de grande dimension ; il doit pourtant conserver dans ses murs des parties du XIIIe, siècle. Les murs orientaux appartiennent en entier à cette dernière époque ; on y voit deux arcades qui avaient peut-être renfermé des autels et les arcades qui communiquent aux bas-côtés du choeur.
Ce dernier, si l’on excepte les voûtes que je crois avoir été refaites au XVIe. siècle, peut-être même au commencement du XVIIe., et qui ont des clefs pendantes aux intersections des arceaux croisés, est évidemment du XIIIe. siècle : il se compose de quatre travées. Voici l’élévation d’une de ses travées : au-dessus des grandes arches qui communiquent aux bas-côtés est un triforium, dont les arcs sont bordés de moulures toriques, et, au-dessus, une fenêtre à une seule baie, ébrasée et tréflée à l’intérieur.
Les bas-côtés sont garnis de fenêtres à compartiments flamboyants.
Enfin sur le chevet droit s’ouvre une énorme fenêtre à cinq baies, qui date probablement du XVII,. siècle.
Dans le transept sud-est est un font baptismal en forme de cuve, dont les moulures annoncent le XVe. siècle et que l’on veut faire disparaître, malgré mes réclamations. On vient de rétablir, dans le transept sud, un autel dans le style du XIIIe. siècle.
J’ai remarqué des restes de grisailles du XIIIe. siècle dans une des fenêtres du clérestory.
La nef, qui a été en grande partie démolie, servait autrefois d’église paroissiale. Le choeur et les transepts étaient réservés aux moines.
Cette nef était plus basse que la travée actuelle, à en juger par quelques traces qui existaient sur le pignon du presbytère. La travée qui reste a dû être exhaussée pour répondre à la hauteur du transept ; elle n’a que des voûtes en bois, et le mur occidental est moderne.
L’église de Beaumont est sous l’invocation de saint Sauveur.

Prieuré.
— Les bâtiments du prieuré sont modernes ; on voit seulement, à l’extérieur du transept nord, une arcature trilobée du XIIIe. siècle, que M. Bouet croit avoir fait partie de la salle capitulaire.
Quand Odon Rigault visita le prieuré de Beaumont, en 1254, il y trouva treize moines.
(Voici le passage du journal de l’archevêque, qui se rapporte à sa visite du prieuré de Beaumont : V idus Januarii visitavimus prioratum de Bello Monte. Ibi sunt XIII monachi. Aliqui sunt qui non celebrant missas suas etiam per quindecim dies, item negligentes sunt de confidendo. Injunximus priori quod ista corrigeret et super hoc diligens esset. Statuta pape Gregorii non leguntur. Injunximus ea legi secundum quod in eis continetur. Claustrum male custoditur a foraneis. Item exeunt monachi soli et sine licentia claustrum et vadunt per curiam. In- juximus priori quod hoc faceret emendari. Satis debiliter custodiunt jejunia. Aliquando utuntur carnibus. Injunximus statuta pape Gregorii super hoc observari. Injunximus priori ut ter vel quater computaret in anno particulariter. »).

Dans les temps modernes, les moines de Beaumont avaient un collège, espèce d’école militaire.
En arrivant à Beaumont par le chemin qui communique à la route impériale de Caen à Rouen, on a devant soi un corps de bâtiments qui appartient aujourd’hui à divers propriétaires.
Ces constructions qui ne remontent pas, au-delà du XVIIIe. siècle ou de la fin du XVIIe., étaient, m’a-t-on dit, occupées par les élèves de l’école militaire ; les fenêtres qui s alignent au-dessus des boutiques établies au rez-de-chaussée étaient celles des dortoirs.
J’avais beaucoup entendu parler de l’école de Beaumont à mon père qui y avait fait une partie de ses études avec son frère; et ces restes, quoique sans aucune valeur artistique, avaient de l’intérêt pour moi.
Le souvenir de l’école militaire de Beaumont était encore vivant dans le pays, il y a quelques années. Il ne reste plus aujourd’hui d’hommes qui aient étudié dans ce collège qui a eu, au siècle dernier, une grande réputation en Basse-Normandie (Au nombre des élèves de l’école dirigée à Beaumont par la savante congrégation de St.-Maur, on compte l’immortel La Place, auteur de la Mécanique céleste, et quelques hommes qui, moins éminents, ont acquis de la célébrité, tels sont : le marquis de Caulaincourt, duc de Vicence, le confident de Napoléon I ».; Event, général d’artillerie; le général de cavalerie d’Avenay de -Villaunay;
Le logement du prieur sert aujourd’hui de presbytère. Le vaste bâtiment jadis occupé par les moines a été démoli : il n’en reste plus de traces.
Beaumont a depuis long-temps un marché considérable chaque semaine pour la vente des bestiaux gras.
Les moines avaient fait construire près de l’église, des halles que l’on voit encore sur le bord de la rue et qui vont, dit-on, disparaître.
Ces halles, qui ont plus de 100 pieds de longueur, forment deux parties égales séparées par un passage ; elles sont construites en bois et d’après le même système que celles de Dives dont nous avons figuré la charpente, page 21.
Un peu moins élevées, elles se composent comme elles d’une grande nef entre deux ailes ou bas-côtés.
Beaumont est la patrie du célèbre mathématicien La Place, sénateur de l’Empire. Un petit monument a été élevé à la mémoire de ce grand homme, sur l’emplacement de la maison où il naquit, par les soins de feu M. Follebarbe, maire de Beaumont. Ce sont deux tables de marbre incrustées dans la frise de l’édifice, surmontées des attributs de l’astronomie.
Chacune des tables contient une inscription.
Et sur l’une on lit ces vers de Chênedollé :

Sous un modeste toit, ici naquit La Place,
Lui qui sut de Newton agrandir le compas,
Et s’ouvrant un sillon dans les champs de l’espace,
Y fit encore un nouveau pas.
M. le baron de Brohon, mort il y a quelques années, maire de Brehal et membre du Conseil général de la Manche ; M. le comte de Maisons,
ancien député de l’Orne ; M. de Cirème de Banville, chevalier de St.-Louis et de Malte; M. d’Epinneville, chevalier de St.-Louis, mort
il y a quelques années, et une foule de fonctionnaires, d’officiers et d’hommes privés qui ont tenu honorablement leur place dans la
société.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives:

LE PRIEURE DE BEAUMONT EN AUGE

Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations ecclésiastiques de l’ancien Diocèse de Lisieux,
266. — Le 11 mars 1779, M.Joseph-Philippe Le Monnier de la Haitrée, pbre, M. ès-arts en l’Université de Caen, vicaire de Fervaques, y demeurant au manoir presbytéral, fait réitérer ses noms et grades aux religieux de Beaumont-en-Auge. ( v.196).

69. — Le 19 avril 1781, M. Claude-Philippe Talion, M. ès-arts en l’Université de Caen, pbre habitué en l’église St- Ouen de Pont-audemer, demeurant en lad. ville et ayant élu domicile pour le présent à Beaumont-en-Auge en la maison de Jean Nicolle, aubergiste, où pend pour enseigne l’Hôtel Militaire fait signifier ses noms et grades aux religieux du prieuré dud. lieu.

27. — Le 7 févr. 1788, M. Jean-François-Henry Cairon, chirurgien royal, demeurant au bourg de Beaumont-en-Auge, constitue 150 livres de rente en faveur de M. Jean-Amand-Constant-Picard, acolyte de lad. parr., afin qu’il puisse parvenir aux ordres sacrés. Fait et
passé à Beaumont, en l’étude du notaire royal. Led. s’acolyte, se trouvant au séminaire de Lx, fut représenté dans cet acte par son frère, le Sr. Gilles Picard, maitre-tailleur d’habits, demeurant aud. bourg. (v. 46.)

119. — Le 12 sept. 1775, dispense de bans pourle mariage entre Félix-Auguste Réaux-Bouley, fils de feu Jacques, originaire de Bourgtheroulde et demeurant à Exmes diocèse de Séez, d’une part, et dll Anne-Félicité Guestard, fille de M. Jean-Pierre Guestard, ancien notaire, et de feue Anne Renoult, de la parr. de Beaumont-en-Auge.

3 – Archives ShL :
Fonds COTTIN M. :
11 FA – 37 – Divers . Région de Pont-l’Evêque, Bonnebosq, Clarbec, Reux,
Drubec, Beaumont, Villers, Manneville-la-Pipard, Manoir de
Pommereul à Sainte-Marthe (Eure) etc.

FONDS STURLER :
33 L’Église de Beaumont-le-Roger avril 1965 – détail 2 pell demandé par l’Ent.Raulet

Carnets de Charles VASSEUR :
Voir « Doyenné de Beaumont en Auge ».
Voir « Analyses et Transcriptions … »
– HH 1 Parchemins trouvés chez le brocanteur, intéressant pour la plupart le fief du BREUIL-SUR-DIVES et la famille de FRANCQUEVILLE
page 1 –
Document de 136… . concernant le Chevalier Jehan de FRANCQUEVILLE l’établissant chastelain, capitaine et garde du chastel de BEAUMONT-LE-ROGER (extrait du registre conservé en la bibliothèque du Roy à Paris), document établi à la réquisition de Messire René Guillaume de FRANCQUEVILLE seigneur de BEUVILLIER le 5 août 1752.
Signé : de FRANCQUEVILLE Thérèse,SALLIER, VARIN (ou VANIN)

– p.3 -1378
Reçu par Jehan de FRANCQUEVILLE, capitaine du chastel de BEAUMONT-LE-ROGER, la somme de 33 francs 6 sols et 8 deniers pour ses gages
et de ses compagnons pour la garde du dit chastel pour un mois commençant le 29 mai 1378.
EXTRAIT DE NOTES RECUEILLEES PAR MONSIEUR CATHERINE, INSTITUTEUR A GONNEVILLE SUR HONFLEUR. Page 61.
Robert Bertrand, baron de Roncheville et de Briquebec, avait donné en 1221 au prieuré de Beaumont, le tiers de la dîme des quatre fiefs qui relevaient de la baronnie de Roncheville dans les communes de Pennedepie et de Barneville. Ces fiefs étaient Pennedepie, Blosville, Meautrix et Bouttemont et dans une nouvelle charte de 1255 revenant sur ce qu’il avait précédemment accordé il donna aux religieux la totalité de la dîme sur les quatre fiefs.

Les seigneurs de Longueville prétendirent que la dotation des seigneurs de Roncheville n’avait un entier effet que pendant que ces seigneurs possédaient ces fiefs, mais que leur seigneurie était aliénée, les nouveaux seigneurs en maintenant la charte de 1221 se réservaient à leur profit celle de 1255, qu’ils ne regardaient que comme facultative. En vain, les religieux invoquèrent le droit de possession depuis l’origine et les nouveaux seigneurs malgré les religieux de Beaumont prirent les deux tiers de la dîme ne laissant auxdits religieux que le tiers accordé par la charte de 1221.
P.63 1699 2 avril
Mémoire instructif touchant la terre de Mont Saint-Jean
Ce mémoire est de conséquence pour connaître de la terre de Mont Saint-Jean et ses droits.
Suivant ce mémoire le Mont Saint-Jean comme Barneville et le prieuré de Beaumont auraient été donnés autrefois aux Templiers par des seigneurs de la Vicomté d’Auge et baronnie de Roncheville. Mais les preuves données à l’appui détruisent justement l’assertion, puisqu’il est reconnu que la terre se retrouve dans les mains de la famille Bertran, qui possédait la seigneurie de Roncheville, entre autres dans les mains du fondateur de Beaumont qui vivait en 1060 environ.
Il en résulte que l’on ne peut guère accorder créance à ce mémoire qui donne du reste peu de faits et paraît avoir été rédigé pour défendre des droits d’usage.
– page 135 : 1751 31 juillet
Guillaume Thouret, tabellion royal au baillage d’Auge pour les sièges de Pont-l’Evêque, les Authieux-sur-Calonne, Touques, Beaumont, Roncheville et dépendances.
– Page .156 : 1672 28 avril
– Au gageplège de la terre et seigneurie de Saint Cloud, tenu sur les fiefs sous la grande porte du manoir sieurial dudit lieu, par nous François Froger, licencié aux lois, avocat, séneschal de ladite sieurie, en présence de Gilles Le Cornu, tabellion à la vicomté de Roncheville, pour le siège dudit lieu et Beaumont, pris pour greffier, à l’instance et requête de Nicollas Dabost escuyer, seigneur de ladite terre, présent en personne, ont été appelés.

– 1751 31 juillet
– Guillaume Thouret, tabellion royal au baillage d’Auge pour les sièges de Pont-l’Evêque, les Authieux-sur-Calonne, Touques, Beaumont, Roncheville et dépendances.
– p.163 : 1742 29 octobre
Assignation donnée par l’échevin de la Confrérie de Charité de Saint Sauveur de Beaumont-en Auge à l’un des frères pour payer des amendes dues pour n’y avoir point rempli les obligations de frère servant. Ce en vertu d’une délibération du dimanche 29 septembre1737, qui constate qu’alors il y avait peu de zèle et que la décadence s’était introduite dans la socièté
– p.176 : 1580 8 juillet
Aveu rendu à Nobles Hommes François Poisson, sieur du Buisson et Nicolas du Val, sieur de Bocquensey aux droits des demoiselles Charlotte et Catherine de la Rivière, leurs femmes, sieurs du fief terre et sieurie du Mesnil es Crottes
par Noble Paul Pynain, sieur de Saint Pierre, héritier de feu Maître Robert le Perché, en son vivant procureur du Roy en la vicomté d’Auge
pour partie d’une vavassorie nommée la Valvassorye Arnould, assise aux paroisses de Beaumont et de Clarbec, sujette à 40 oeufs 4 deniers à Pâques. A la Saint Michel 30 corbeillées de pommes pour un myeu de cildre, et audit terme 10 sols pour agencement pour cueillys, pillys et entonnages, 48 sols à Noël, 4 chapons, 4 deniers hérisson et mottage … au chateau de Fauguernon
– page 184 – 1728 7 septembre
Dom Charles Dubosc, prieur du prieuré de Beaumont et Dom Denys le Sueur, procureur dudit prieuré
– page 198 – 1767
Charles de Lanney et Charlotte de Beaumont sa femme, fille de Joseph de Beaumont, sieur de Ricqueville qui était le fils de Elie de Beaumont sieur de Boisainey
– Page 201 – 1690 12 décembre
Réunion de terres fieffées, faite au corps du domaine, les pleds de réunion du noble fief Tillard appartenant aux Revérends Pères Religieux, prieuré claustral et Couvent du Prieuré de Notre-Dame de Beaumont-en-Auge, faute d’hommes et adveux non baillés, rentes non payées, droits et devoirs seigneurieux non faits
-page 206 – 1746 7 mars
Simon Duraingue, prêtre curé de la paroisse de Beaumont-en-Auge
– Page 207 – 1710 26 mars
Fieffe faite par Joseph de Baumont sieur de Ricqueville fils et héritier en partie de feu Hélie de Baumont, sieur de Boisanney,
à Damoiselle Geneviève le Troux, veuve de Jean-Baptiste de Tolmer, vivant escuyer, sieur des Champs.
– p.212 : 1744 3 janvier
Auberge de la Fleur-de-Lys au bourg de Beaumont-en-Auge

FONDS « IMPRIMES » :
III J 26 : Observations médicales sur la maladie de Melle Lecarpentier, de Beaumont, par le docteur Quillet médecin à Pont-l’Evêque et éclaircissement par le docteur Gauvin, médecin à Beaumont. 1818. ex n° 99.
(Cas d’un cancer traité pour un ver solitaire et autopsie cadavérique)
II A 5 : Tableau du district de Pont-l’Evêque, réduit à 93 paroisses et deux succursales, avec la liste des paroisses supprimées, noms des fonctionnaires publics et autres ecclésiastiques qui ont déféré à la loi du serment et l’indication des remplacements à faire par l’ordre de suppression proposé.
(cantons de Pont-l’Evêque, Honfleur, Blangy le Château, Bonnebosq, Cambremer, Beuvron, Touques, Dives, Crévecoeur, Beaumont)

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