CREVECOEUR en AUGE



NOTES sur CREVECOEUR-en-AUGE – 14201.

1 – Château de CREVECOEUR.
2 – Bibliographie
3 – Notes historiques.
4 – Archives SHL :

1 – Château de CREVECOEUR.

Christophe MANEUVRIER, « Le château de Crèvecoeur-en-Auge, centre d’une petite seigneurie châtelain en Normandie Centrale au XIIe siècle », BSHL, N° 32, 1990-1991 (1992), 2e fasc.
Le château de Crèvecoeur est sans nul doute l’une des ­fortifications médiévales parmi les plus monumentales du ­département. Pourtant, il reste l’un des plus mal connus: depuis l’étude -peu convaincante-, publiée au siècle par M-F. DEMIAU de ­CROUZHILLAC [1], Crèvecoeur n’a fait ­l’objet que de quelques courtes notices, de la part d’Arcisse de ­CAUMONT tout d’abord[2], puis de celle de Marc DALIPHARD[3]. En revanche, J.YVER [4] l’ignore totalement. Plus récemment, des pistes nouvelles pour l’étude de cette seigneurie ont été suivies par S. LETORTOREC[5] qui le ­premier a repéré plusieurs textes médiévaux intéressant ­Crèvecoeur, et enfin par Christophe de CEUNYNCK dans le cadre d’une plaquette accompagnant l’exposition Crèvecoeur du XIIe au ­XXe siècle, un bourg en Pays d’Auge[6]. C’est d’ailleurs cette manifestation qui fut à l’origine de l’étude qui va suivre.
Le fait qu’il existe à Crèvecoeur une forteresse remontant en partie au XIIe siècle est donc resté jusqu’à ce jour inconnu de ­la plupart des érudits de la région[7].­Il est donc nécessaire de commencer cette étude par une ­description du château, puis dans un deuxième temps d’essayer de comprendre ce qui a pu être à l’origine de l’édification d’une construction aussi monumentale.

– UNE FORTERESSE MEDIEVALE MECONNUE (XII-XVe):_
– UN CHATEAU DE PIERRE DU XIIe s.

L’organisation de la fortification obéit au plan la plus ­couramment utilisé au cours de la seconde moitié du XIe et du ­XIIe siècle, celui d’une motte, d’environ 50 m de diamètre qui supportait la résidence seigneuriale, précédée au Nord d’une basse-cour d’environ 70 x 80 m. La motte était protégée au Sud par un profond fossé et un puissant talus, relativement bien conservés. La basse-cour était elle aussi protégée par un fossé ­alimenté en eau par un modeste affluent de l’Algot, et par un ­talus conservé en partie à l’Ouest ainsi que dans son angle ­Sud-ouest. Au XII e siècle, la construction de la chapelle, située actuellement dans l’angle Sud-est de la basse-cour, s’est faite au détriment d’une partie du talus interne. Un texte de­1147, qui signale sans doute cet édifice sous le nom de « la chapelle de Guillaume de Crèvecoeur » est sans doute la première allusion à cette fortification[8]. Deux ­ans plus tard, en 1149[9]  Hugues et Guillaume donnent aux moines de Tiron­ leur terre du Montargis pour y fonder un prieuré, dont la chapelle du XIIe siècle, installée à l’intérieur d’une vaste enceinte fortifiée[10], existe encore aujourd’hui. Il est tentant d’y voir l’ancienne résidence du lignage devenue inutile ­après la construction du château de Crèvecoeur. Ce dernier, fut installé à environ 3 km au Sud du Montargis, dans un fonds de vallée humide, traversé par de nombreux petits cours d’eaux, non loin de la confluence de la Vie et de l’Algot; et à 500 m environ à l’Ouest de l’église paroissiale, dont le site est aujourd’hui totalement abandonné[11]. L’implantation d’un ­site castral en cet endroit est vraisemblablement liée à la volonté de mettre en valeur les terres de la vallée, phénomène assez général aux XI-XIIe siècles.
Du château du XIIe siècle, il subsiste aujourd’hui la moitié d’une enceinte polygonale, édifiée au sommet de la motte (voir plan). Les maçonneries sont essentiellement composées de petits  ­moellons calcaires du même type que ceux utilisés pour la construction de la chapelle, avec également quelques éléments de  poudingue ainsi que quelques rares blocs de travertin. La présence de cette pierre est à noter car on la trouve souvent en grand nombre dans les édifices religieux des XIIe et XIIIe siècles du Pays d’Auge. A Crèvecoeur, l’utilisation de ce ­matériau est toujours limitée, et semble nettement liée à des travaux de réfection.  L’épaisseur de cette maçonnerie varie ­entre 1.50 et 2 m environ.
Cette enceinte était flanquée d’au moins une tour circulaire peu ­débordante: sur la face Ouest de la courtine, on observe en effet un mode de construction différent, qui comprend de très ­nombreux moellons de poudingue ou de grès, aujourd’hui surmontée d’une tourelle à pan de bois, et dont la partie basse – la plus ancienne – est très nettement circulaire. Cette construction est d’un plan très proche de la « grosse tour » du château de ­Bonneville-sur-Touques[12], peut-être signalée par un texte ­en 1195. Il s’agit en tout cas d’un mode de construction antérieur à celui qui se répandit en Normandie sous Philippe-Auguste, et dont l’exemple le plus proche est celui de Coucy à­ quelques kilomètres au Sud de Saint-Pierre-sur-Dives. Cette ­structure polygonale connaît peu d’équivalents en Normandie, en  dehors de quelques analogies avec le château de Gisors construit vers 1097 ainsi qu’avec celui de Pirou, construit à la fin du XIIe siècle. Il s’agit d’une construction originale[13] , qui n’est pas sans rappeler certains shell-keeps anglais, dont Gisors fut sans doute l’un des prototypes[14] et qui semble être assez rare en France[15]

2- LA CHAPELLE CASTRALE (XIIe-XIIIe):

Dès 1147, un texte signale une chapelle castrale à Crèvecoeur:­ »capellam Guillelmi de Crevecor[16] « . Il est cependant difficile de déterminer s’il s’agit de la construction qui se tient aujourd’hui dans l’angle Sud Est de la basse-cour. Cette dernière, réalisée à­ l’aide de moellons calcaires est de plan rectangulaire.  Les murs latéraux sont soutenus chacun par trois contreforts plats dont certains seulement présentent un ressaut. Peut-être ces contreforts ne datent-ils pas de la même campagne de travaux, ceux qui présentent un ressaut étant probablement la marque d’un ­remaniement postérieur. L’archivolte de la porte d’entrée ainsi que les lancettes et l’oculus du chevet sont décorées d’étoiles(photo 7) comme on en trouve sur les constructions de l’extrême ­fin du XIIe siècle, tandis que les colonnes latérales de la porte ­d’entrée avec leurs chapiteaux annoncent plutôt le début du XIIIe siècle[17].­Ce porche est assez proche par exemple de ceux des églises de la Gravelle et de Mesnil-Durand, datés par L.MUSSET de la fin du ­XIIe et du début du XIIIe siècle Note de  Lucien Musset citée par Henri PELLERIN, « L’architecture romane en Pays d’Auge », PA, 21,­N°, Avril 1971, pp.18-20. ; Tous ces éléments remarquables paraissent appartenir à une seconde phase de construction, car à ­chaque fois des reprises de maçonnerie sont visibles.
Au total, il semble bien qu’il s’agisse d’une construction du XIIe siècle, à contreforts plats, profondément remaniée dans les dernières années du XIIe ou au début du XIIIe siècle.

2 – LES MODIFICATIONS ULTERIEURES DU CHATEAU (XIII-XIV e s)._

Les quelques transformations visibles attribuables à cette époque ­laissent entendre qu’à partir du XIII e siècle, la fonction résidentielle du château l’avait largement emporté sur la fonction militaire. Ainsi, cette enceinte, probablement totalement aveugle à son origine, fut percée de nombreuses ­ouvertures, pour lesquelles il est difficile d’assigner une date ­précise.
– à l’Ouest, la courtine fut percée de 4 petites archères, 2­au rez-de-chaussée   et 2 au premier étage; très modifiées lors des travaux de 1970. Le second étage est aujourd’hui encore percé de 3 petites ouvertures quadrangulaires que l’on retrouve à intervalle régulier (tous les 3 mètres environ). L’une, au Nord a­ été transformée en archère, peut-être au cours du XVe siècle. Il  pourrait s’agir des traces d’un ancien crénelage, ou d’ouvertures ­destinées à permettre le tir des armes à feu comme il en existait  par exemple au sommet du rempart du château de Caen  (Michel de BOUARD, Le Château de Caen, Caen 1979, p.40. ). Dans ce cas, elles ne seraient pas antérieures au XIVe ou au XVe siècle (photo 3). Il faut enfin signaler l’existence de latrines dans l’épaisseur de la maçonnerie, au niveau du premier étage, ouvrant également sur le fossé. Leur datation en est ­malaisée.
– à l’Est, en revanche, le premier étage est percé de deux ­grandes baies voûtées en plein cintre ainsi que d’une porte (photo­4). Celles-ci furent ensuite fermées et transformées en archères, probablement au XIV e ou au XV e siècle: l’une d’elles présente à­ sa base une canonnière, élément qui n’apparaît dans les petites fortifications qu’à partir de la guerre de Cent-ans (photo 5).
Là où le second étage a été conservé, on retrouve les petites ­ouvertures crées ou rectangulaires, déjà observées à l’Est.­ Toutes ont été bouchées, probablement afin d’accentuer encore l’aspect militaire de la construction.
Enfin, sur toutes les maçonneries anciennes, une ligne régulière, légèrement débordante est visible sur la face interne, à la ­hauteur des deux seuils de portes; soit à environ 1.30-1.40 m­ au-dessus du sol actuel. Elle pourrait correspondre au niveau d’un ancien sol, ou à celui d’un ancien niveau de plancher qui aurait séparé un premier étage surélevé d’un niveau de caves semi-enterrées.
Les très nombreuses reprises décelables dans les maçonneries  ­proches de la porte d’entrée montrent que des modifications importantes y furent effectuées, à plusieurs époques. Cette porte ­simple, assez étroite, est encadrée à l’intérieur de l’enceinte ­par deux puissants contreforts (photo 6). Elle était autrefois surmontée d’une salle d’étage, encore soutenue au XVIIIe siècle ­par 3 piliers. On y accédait par un escalier de pierre installé à l’Est, à l’intérieur de la maçonnerie ainsi que par un autre ­escalier à l’Ouest, aujourd’hui détruit, mais signalé sur le plan du XVIIIe siècle. La surveillance  était effectuée par deux grandes fenêtres rectangulaires, placées symétriquement par rapport à l’axe d’entrée; l’une ayant été ensuite bouchée, ­l’autre transformée en une petite archère. Enfin, après que le château eu perdu l’essentiel de son rôle militaire, une nouvelle fenêtre fut percée à proximité de cette archère.

3- LE CHATEAU DE CREVECOEUR DANS LA GUERRE DE CENT-ANS­ (XIV-XVe).

Plusieurs poutres, de fortes sections, trouvées lors du curage du fossé, au début des années 70 proviennent très probablement d’un ­pont-levis installé dans les dernières années  du XIVe ou au commencement du XVe siècle: une datation effectuée au C.14,  sur ces bois a donné la date de  580 +/- 90 B.P., soit 1370 environ ­ (Gif, 2403). Ceci montre que des travaux importants furent ­effectués à Crèvecoeur au cours de la guerre de Cent-ans.
En, 1417,  après la prise du château de Crèvecoeur par les armées du Duc de Clarence, la garde de cette forteresse, qui est à cette époque l’une des principales places-fortes du Pays d’Auge avec ­Fauguernon, Courtonne-la-Meurdrac, et bien sûr ­Bonneville-sur-Touques, fut alors confiée à Sir Thomas Kirkeley[18]­. Reprise par  Dunois, le ­bâtard d’Orléans, en 1449, elle semble avoir ensuite perdu ­définitivement son rôle militaire, le château de Crèvecoeur ne ­jouant apparemment aucun rôle lors des guerres de religion.
L’avant poste qui protégeait l’accès du château fut modifié – ou construit, ceci est difficile à déterminer – au XIVe ou au XVe siècle. En tout cas, il est net que les deux énormes massifs de maçonnerie, situés de part et d’autre de la porte, s’appuient nettement sur l’édifice antérieur, et servent d’assise à une ­construction quadrangulaire percée d’archères et de canonnières multiples, destinée à assurer la protection de l’accès du château.
Improprement dénommée « donjon », la grosse tour située au Sud-est est nettement postérieure à l’ensemble de la construction, comme ­l’avait fort justement vu Arcisse de Caumont[19] : son orientation diffère de celle de l’enceinte polygonale, et elle est construite selon un mode d’appareillage très homogène, composé de gros blocs calcaires rectangulaires et de petits ­moellons calcaires qui proviennent d’un horizon géologique différent de celui utilisé lors des époques précédentes.(v.­ photo). Sa face interne, fortement dégradée, présente plusieurs traces de reprises postérieures, dont il est impossible de ­préciser la nature et l’époque. L’ensemble cependant, par ses ­petites archères formées de 3 rangs de pierres, dénonce une volonté manifeste de se protéger, et offre certaines similitudes   ­avec le poste avancé qui défend l’entrée du château.
Une autre construction quadrangulaire, située dans l’angle Sud-ouest du château, pourrait révéler l’existence d’une ancienne tour d’angle, très modifiée par la suite. Elle est surmontée de 4­ corbeaux de pierre qui supportaient probablement autrefois une ouverture. L’appareil utilisé ici est le même que celui de la ­tour Sud-ouest, dont elle est à coup sûr contemporaine. C’est dans cette tour qu’un « trésor » aurait été découvert au siècle ­dernier, emporté par un ouvrier qui fut pour cela condamné en­1857. Une seule monnaie fut alors récupérée, à l’effigie de Louis XII (1498-1515)[20]
Vers la fin du XVe ou au début du XVIe de nouveaux bâtiments résidentiels à, pans de bois, furent édifiés, appuyés contre la muraille interne. Le manoir était à l’origine formé de 3 travées, puis fut allongé à ses deux extrémités. L’ensemble a ensuite connu de très importantes modifications, jusqu’aux restaurations de 1971. Enfin, la plupart des bâtiments de la basse-cour – ferme ­et pigeonnier – semblent  à peu près contemporains du manoir.
On ne peut être qu’étonné de l’importance de cette fortification au XIIe siècle. Celle-ci n’a pu être l’œuvre que d’une famille d’un certain rang, dont il importe maintenant de rechercher ­l’origine de la fortune.

A L’ORIGINE DU CHATEAU:

PUISSANCE CHATELAINE CONTRE PUISSANCE EPISCOPALE.

Presque totalement absent des sources du XIe siècle, le lignage de Crèvecoeur apparaît au cours de la première moitié du XIIe siècle. Le fondateur semble en être Hugues de Crèvecoeur, ­mentionné dans plusieurs textes à partir de 1112, souvent en compagnie de son fils Guillaume; à moins qu’il s’agisse de Robert­ de Crèvecoeur signalé en 1109, mais dont rien ne prouve qu’il ­était parent de Hugues et de Guillaume de Crèvecoeur [21]
En 1133, le fief de Crèvecoeur comptant pour 5 fiefs de chevaliers, relève de l’évêque de Bayeux[22]. C’est une quinzaine d’années ­plus tard que l’on voit le lignage de Crèvecoeur en lutte contre ­l’autorité épiscopale: Hugues et son fils Guillaume installent à Crèvecoeur un marché qui concurrence directement celui que l’évêque possédait à Cambremer[23]. Malgré l’ordre ­donné par Henri II Plantagenêt, encore seulement Duc de ­Normandie, à ses baillis d’Exmes et d’Auge d’interdire l’accès au ­marché de Crèvecoeur [24] – et malgré une sentence d’excommunication prononcée vers 1151-1153 par le Pape Eugène III contre Hugues et Guillaume, les empiétements contre la puissance ­temporelle de l’évêque de Bayeux continuèrent: par trois fois,­Henri II renouvela l’ordre de veiller à ce que l’évêque de Bayeux ­jouisse librement de sa banlieue de Cambremer, en 1156[25]  ­ tout d’abord, vers 1156-1158 ensuite[26] puis à nouveau en décembre 1162[27] Dans ces mandements, il n’est certes pas fait mention  de Crèvecoeur, mais on sait qu’en 1133,­Hugues de Crèvecoeur possède des terres dans la banlieue de Cambremer[28] qui devait ­probablement s’étendre à toutes les paroisses de l’exemption de Cambremer dans laquelle se trouvait Crèvecoeur[29]. D’autre part, il est ­presque certain que la création de ce marché ne fut pas la seule action menée contre l’autorité épiscopale[30]. A partir de ­cette affaire, les relations entre Hugues et Guillaume d’une ­part, et Henri II s’assombrissent: Guillaume de Crèvecoeur est mentionné comme témoin d’un acte ducal pour la dernière fois en­1153[31]. Passé cette date, le lignage n’est plus jamais mentionné dans un acte du pouvoir souverain. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, il semble bien que Guillaume et Hugues aient gagné la partie face à l’évêque, au roi ­et au pape, car le marché seigneurial de Crèvecoeur est encore attesté en 1287, à propos d’une donation faite aux moines de Tiron[32]
On peut tenter d’expliquer cette résistance face au pouvoir ­politique et religieux par le fait que Hugues et Guillaume ont ­bénéficié d’une part de l’éloignement relatif de leur seigneur, ­l’évêque de Bayeux, peut-être d’ailleurs moins combatif pour ­protéger ses prérogatives que ne l’aurait été un seigneur laïc. ­Ils ont peut-être également bénéficié du fait qu’à partir de­1154, Henri II se préoccupe davantage de l’Angleterre que de la Normandie. Mais, surtout, il semble que leur puissance leur vient ­de leur château peut-être tout récemment réédifié.
Guillaume de Crèvecoeur apparaît de nouveau entre 1161 et­1185-1189, comme bienfaiteur de l’abbaye de Sainte-Barbe-en-Auge­[33]. Vers 1154-1170, on le voit encore donner à l’abbaye de Troarn le patronage de l’église de Cléville[34]. Après sa mort, le fief et le château de Crèvecoeur passèrent entre les mains de ­la famille du Hommet, à la suite du mariage de Hadwise de Crèvecoeur avec Jean du Hommet, probablement parent de Jourdain­ du Hommet, évêque de Lisieux entre 1202 et 1218; puis entre celle les mains de celle de Brucourt après 1204. Les relations avec ­l’évêque de Bayeux n’en furent pas meilleures pour autant: en 1225, il faut un jugement de l’échiquier pour mettre fin aux querelles entre l’évêque et Jean de Brucourt, seigneur de ­Crèvecoeur[35]. Les droits de l’évêché y sont ­clairement définis[36], ce qui sous-entend que les ­autres appartiennent au seigneur laïc. Définir, c’est aussi souvent limiter…
Installé au centre d’une modeste seigneurie, le château de ­Crèvecoeur se présente donc au XIIe siècle, avant tout comme la résidence d’un petit châtelain: aucun événement militaire ne ­semble s’y dérouler. Sa construction illustre la volonté de cette petite et moyenne aristocratie de se différencier nettement des ­classes sociales inférieures en se faisant construire une demeure ­fortifiée en pierre, à la manière des plus grands lignages. Son ­origine est sans doute à mettre en relation avec la période de crise qui suivit la mort du Duc Henri Ier en 1135, et qui dura une vingtaine d’années. Enfin, il apparaît ici clairement que la construction d’un château n’est pas sans conséquences politiques: le lignage se brouille avec son seigneur, l’évêque de Bayeux et ­par voie de conséquence avec le Duc, allant même jusqu’à recevoir l’excommunication pontificale. Mais surtout, la construction d’un château n’est pas seulement un élément de prestige, signe d’une certaine  réussite sociale: c’est aussi  un moyen de mettre la ­main sur de nouvelles richesses économiques, en installant un ­marché par exemple.
Christophe ­MANEUVRIER

Jean SAUSSAYE, « Notes, anecdotes, recherches diverses pour servir à l’histoire de Civières-en-Vexin », Nouvelles de l’Eure, Nos­64-65, Hiver 1978, pp. 7-11, ill. (extrait de l’Histoire de Tourny.)
Les Cordeliers de Vernon.
« … François de Montmenrency-Hallot, fils de François de ­Montmenrency, baron d’Auteville, du Hallot, de Crèvecoeur-en-Auge, de Boutteville, de la Roche-Millet, seigneur ­de Precy-sur-Oise, capitaine de Cinquante hommes d’armes, chevalier de Saint-Michel et de Jeanne de Montdragon. Fut fait chevalier de l’ordre, capitaine de cent hommes d’armes, bailli et gouverneur de Rouen, bailli de Gisors, enfin lieutenant-général, pour le roi de toute la Normandie, en l’absence du duc de ­Montpensier. « Hallot se jeta en Normandie lorsqu’il eut appris ­la mort du duc de Guise; il disposa si bien la noblesse de cette grande province en faveur du roi et de son successeur, qu’ils ne ­trouvèrent en aucune contrée du royaume, plus d’obéissance et de ­secours. Bientôt après il conduisit au duc de Montpensier une nombreuse troupe de gentilshommes à la tête desquels il contribua beaucoup à la victoire complète que ce prince remporta sur les Gauthiers, auprès de Falaise. De plus de vingt mille homme qui ­avaient pris les armes, il y en eut trois mille de tués, douze ­cents de pris, et le reste fut tellement dissipé, que le nom de ces fanatiques, qui jusqu’alors avaient été le fléau des villes de Normandie, fut éteint. Peu après, Hallot prit Neufchâtel, et battit un corps de sept cents ligueurs. Il se comporta avec le même courage au combat d’Arques, à la bataille d’Ivry et au siège ­de Paris, mais celui de Rouen lui fut fatal.
« Le roi lui avait promis, en récompense de ses services, le gouvernement de cette ville importante. Hallot se surpassa lui-même dans cette fameuse expédition; mais le 7 février 1592, ­comme il volait au secours de la tranchée sur laquelle Villars­ avait fait une vigoureuse sortie, il fut blessé à la cuisse d’un ­coup d’arquebuse, et renversé de son cheval qui fut tué. »Hallot se retira dans la ville de Vernon dont il était ­gouverneur, pour y faire panser ses blessures et il y trouva la mort. »Flavacourt était suspect à Henri IV; il lui avait ôté, en 1590,­le gouvernement de Gisors, pour le donner à d’Alègre; mais cet emploi n’avait pu contenter l’ambition de celui-ci; depuis longtemps il conservait une secrète jalousie contre Hallot, ayant vu avec peine, qu’aussitôt après la mort de son prédécesseur,­ Henri IV, s’acheminant vers la Normandie pour y attendre le ­secours que lui envoyait la reine d’Angleterre, avait donné à­ Hallot le gouvernement de Vernon, auquel il prétendait. »D’Alègre sut cacher son ressentiment sous les dehors d’une feinte amitié; pendant que Hallot s’occupait du soin de sa guérison, il arrive avec seize chevaux, et le lendemain matin va lui rendre visite et lui fait demander s’il peut monter à sa ­chambre; le blessé veut lui épargner cette peine; il va lui, malgré son incommodité, en s’appuyant sur deux béquilles; mais, comme il allait embrasser d’Alègre, ce traître et les siens le­ percent de coups d’épée et le laissent mort sur la place. »Hallot avait épousé Claude Hébert ou d’Herbert, dite d’Ossonvilliers, femme vertueuse qui poursuivit courageusement la vengeance de l’assassinat de son mari.
« Il ne laissa que deux filles: Françoise de Montmorenci­ (Montmorency), femme de Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, et Jourdaine-Madeleine de Montmorenci (Montmenrency), femme de ­Gaspard de Pelet, vicomte de Cabanes.
« Les figures de Hallot et de sa femme étaient placées sur une ­balustrade auprès du chœur Pl. XIII…. ».

2 – Bibliographie:

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III page 417.

CENYNCK Christophe de,  Crèvecoeur du XII e    au XX e    siècle. Un bourg en Pays d’Auge, Crèvecoeur, Fondation Schlumberger, 1992, 16 p.
« Un Château et un Musée sur la route des Ducs »,  Le Pays d’Auge, 7­avril 1989
colombier 1500 trous de boulins – pièces d’échec – pétrole -­Schlumberger

DE LA RUE Abbé, Nouveaux essais historiques sur la ville de Caen, 2 vol., Caen, Mancel, 1842, t. II, p. 105 sq.
Odon Stigand, Rabel de Tancarville, Hugues de Montfort, seigneur de Saint-Laurent-des-Monts, Robert de Montfort, seigneur du Plessis-Esmangart (Dozulé), Guillaume de Tilly, Guillaume de Crèvecoeur, seigneur de Vendeuvre, Hugues de Victot et Guillaume de Pontfol, Alexandre de Bouttemont, Gouvis, Rupierre seigneurs de Frénouville, d’Ablon, d’Aigneaux, Chièvre, Canapville, de Prunelay, d’Angerville, de Tournebu, de Sainte-Marie, de Percy, de Bonnenfant, de vaux, du Tremblay de Mesnil-Mauger, Poilvilain, de méheudin, de la Ferté de Courcy, Malherbe, Louvel de Bonneville-la-Louvet, Mallet de Graville, Saint-Loup-de-Fribois, vignobles de Lécaude, de Mézidon, de Bray d’Ecajeul, Etrehan-le-Pierreux

DIMITRIADIS Mme,  L’enfance de Melle Lenormand, reine de la voyance, ­ Communication à la SHAO, 9 novembre 1991. Mentionnée dans  BSHAO, CX, ­N° 1-2, Mai-Juin 1991, p. 12
« Maison en bois du XVe ou XVIe siècle », BM, XXVI, pp. 30-31, ill.

DEMIAU de CROUZHILLAC, « Le Château de Crèvecoeur », MSAN, 24, 1859, ­pp, 90-102; et t. à p.: Caen, Harden, 1859
MSAN

DETERVILLE Philippe,  Richesse des châteaux du Pays d’Auge, Condé- sur-Noireau, Corlet, 1989, 25 x 33, 301 p.; pp. 230-236

Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 1150.

LELONG Danièle : Le château de Crévecoeur. Bulletin du foyer rural du Billot, N° 84, décembre  2003.

MANEUVRIER Christophe : le château de Crévecoeur BSHL n°32 1990-1991

MERCIER Pascal : Jean SCHLUMBERGER face à l’Histoire. (Le Val Richer, octobre 2004) 1 volume 16×24, éditions de l’Association Le Pays d’Auge 2005.

MOISY,  Les trésors du château de Crèvecoeur, Communication SHL, 17­décembre 1924. PV. II, pp. 204-205

PELLERIN Henri, « La chapelle du château de Crèvecoeur »,  PAR, 21, N° 9, ­Septembre 1971, pp.17-19.

SAUSSAYE Jean, « Notes, anecdotes, recherches diverses pour servir à­ l’histoire de Civières-en-Vexin »,  Nouvelles de l’Eure, N os  64-65, ­Hiver 1978, pp. 7-11, ill. (extrait de l’Histoire de Tourny.)

3 – Notes historiques:

1242 – Royal-Pré
Voir le cartulaire de cette abbaye dont les pièces les plus anciennes semblent remonter à 1242.  Il se trouve dans le fonds des archives de l’Hôpital de Honfleur : Cricqueville, Mesures : perches, pâturages, Angoville, Bastebourg, Dozulé, Clos du Mont-Gargan à Cambremer, Nicolas Jean, sieur de Bellengreville et de Crèvecoeur, Roncheville, Putôt, La Cressonnière, Fief du Mesnil, à Brucourt; famille Bence, Cricqueville et le Breuil; Mardilly, Royville -Roiville; etc.
= Archives Hôpital de Honfleur Série H. Suppl. 1607.- B. 34

1312

1335
(14) Du moulin Gybellene qui soulloit estre compté oles dis cens et eschaiètes que Monsr Johan de Bruiecourt tient fe pour moitié…..   xxj l. (Le moulin Gibelin se trouvait au Coudray-Rabut, au nord de Pont-L’Evêque. Cf. Strayer, p. 208.
La maison de Brucourt a possédé d’assez nombreux fiefs dans la Vicomté d’Auge. Sous Philippe-Auguste, Henri de Brucourt tenait deux fiefs à Brucourt, Asseville et Saint-Martin-le-Vieil et un fief au Torquêne, dans la Baronnie de Coquainvilliers. Hugues de Brucourt tenait un 1/7e de fief au Ham dans la baronnie de Beaufou. Jean de Brucourt tenait de l’évêque de Bayeux cinq fiefs à Crèvecoeur ( MSAN, XV, p. 185, 186 et 188.).
= Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de Gautier du Bois, vicomte d’Auge pour la Saint-Michel 1312  in Mélanges publiés par la Société de l’Histoire de Normandie, 15e série, p. 35.

1702, 9 juillet – Fumichon
Le 15 mars 1702, la nomination à la cure de Saint-Germain de Fumichon appartenant au seigneur abbé de Cormeilles, Messire Robert-Charles de Pas Feuquières, abbé commendataire de N.D. de Cormeilles, nomme à la cure vacante par la mort de Me Jean-Baptiste de Crèvecoeur de Rabodange, dernier titulaire, la personne de Me Etienne Legraverant, prêtre de Paris, licencié aux lois. Fait à Paris, devant les notaires du Châtelet.
= PIEL ( abbé ).- Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations, Lisieux, Lerebour, t. I, 1891, VI-491, pp. 491-492

1747
Archives SHL : 1F41 : 1747 :
Convention entre Jacques-Louis Daufresne et Thomas Sébireau sujet ­du contrôle des actes des bureaux de Cambremer et Crévecoeur.

1755, 8 janvier – Le Mesnil-Simon
Louis Questel Notaire, tabellion royal au Bailliage d’Auge pour le siège de Cambremer Crévecoeur
= Arch. M. de Longcamp – MC photocopie.

An IV, 21 messidor ( 1796, 7 août ) – Crévecoeur
Procès-verbaux des visites des moulins du canton de Crévecoeur :
Croissanville : Charpentier meunier, 2 tournants
Mery-Corbon : Sabine meunier, 2 tournants
Magny-le-Freule : Brunet, 2 tournants
Quetieville : Binet meunier, 2 tournants
fribois : Haranger meunier, 2 tournants
Torquelane : Nicolas meunier, 1 tournant
 » Nous n’avons rien aperçu qui nous ait fait même soupçonner L’existence de ces espèces de cachettes ; Mais nous nous avons Re(marqué) tant d’autres moyens de fraudes, Beaucoup plus simples et d’autant plus dangereux que… ne paraissant pas l’être L’effet du pur hasard ou de L’inadvertance, ils peuvent mettre Leurs auteurs à l’abri de poursuites vraiment fondées.
 » Nous pensons donc, que la voie La plus Sure, Pour Ramener Les Meuniers a des sentiments de moralité et de justice et pour prévenir Les Effets de leurs Spéculations frauduleuses, qui dans tous les temps excitent Les plaintes des Citoyens.
 » Ce serait de les Rappeler à la stricte observance des lois qui les concernent & de Les obliger d’avoir dans leurs Moulins des Balances et des poids D’harambure     D’harambure… juge de paix
( A.D. Calvados – L Administration IV Police 41 )

4 – Archives SHL :

FONDS 1F :

1F41 : 1747 : Convention entre Jacques-Louis Daufresne et Thomas Sébireau sujet ­du contrôle des actes des bureaux de Cambremer et Crévecoeur.
1F810 : Tabellionnage royal de Crévecoeur : fermages

FONDS Cailliau

1631-1803 – Crèvecoeur
Vente d’une rente de 21 l. à Thomas Manchon, drapier. Subrogation de fieffe d’une pièce de terre à Jacques Le Guay, tailleur d’habits. Vente de rentes par François Le Masquerier, Menuisier, à Crèvecoeur.
= Arch. SHL. – Fonds Cailliau 3F 68 – 3 pièces parchemin – 2 p. papier –

1650 – 1792 – Crèvecoeur
Famille Manchon de l’Epinay – Pièces relatives aux biens et possessions de cette famille à Crèvecoeur et à Saint-Loup-de-Fribois.
= Arch. SHL – Fonds Cailliau 3F 180 – 47 p. parch. ; 64 p. papier

1650 – 1792 – Crèvecoeur
Famille Manchon de l’Epinay – Pièces relatives aux biens et possessions de cette famille à Crèvecoeur et à Saint-Loup-de-Fribois.
= Arch. SHL – Fonds Cailliau 3F 180 – 47 p. parch. ; 64 p. papier

Achat du 11- 02-2003. Lot n°  82.
– CREVECOEUR, 2 parchemins :
1) 1760, parchemin, constitution de rente ;
2) 1788, parchemin, bail de ses propriétés à son fils.

Carnets de Charles Vasseur :
Voir exemptions ??
Voir « Analyses et transcriptions … » documents historiques H1
p.201 1771 18 juillet
Très Haute et très puissante damoiselle Mademoiselle Madeleine Angélique de Montmorency Luxembourg, première baronne de France, dame de la Chastellenie de Crévecoeur, représentée par Maistre Louis Jarossie, avocat au Parlement de Paris, son tuteur honoraire.
– P 226  1768 22 août
Maistre Louis Jarossier, avocat au Parlement de Paris, tuteur onéraire (?) de très haute et très illustre demoiselle Mademoiselle Madeleine Jacqueline de Montmorency-Luxembourg, dame de Chastellenie de Crévecoeur contre Maistre Jean Baptiste Paul de Beaurepaire
– p 228  1771 28 octobre
Maistre Louis Jarossier, avocat au Parlement de Paris, tuteur onéraire de Mesdemoiselles de Montmorency-Luxembourg, dames de la Chastellenie de Crevecoeur
Hb  –  ARCHIVES DE LA BARONNIE D’ORBEC
vendues aux brocanteurs pour être détruites, compulsées du 8 au 18 février 1858
Baronnie de FUMICHON – Dès 1650 en possession de Messire Louis de RABODANGE, chevalier marquis de CREVECOEUR, baron de FUMICHON (énumération de ses différents titres et description de ses armes)

[1] DEMIAU de CROUZHILLAC M-F., « Le château de­ Crèvecoeur », MSAN, t. 25, 1859.
[2] Arcisse de CAUMONT, Statistique ­Monumentale, t.V, 1867.
[3] Je n’ai pu à ce jour consulter la thèse encore inédite de Marc Daliphard. Mais d’après C. de Ceunynck qui­ a eu plus de chance que moi, elle ne comprend que très peu de ­choses sur Crèvecoeur
[4] YVER J., « Les châteaux-forts en Normandie jusqu’au milieu du ­XIIe siècle. Contribution à l’étude du pouvoir ducal », BSAN, t.­LIII, 1955-56, pp.28-115.
[5] S. LE TORTOREC,­L’occupation du sol dans l’Est du canton de Mézidon au Moyen-Age­  à travers la toponymie et diverses sources anciennes, Mémoire de ­maîtrise, Université de Caen, 1988, 2O4 p.,
[6] Christophe de­ CEUNYNCK, Crèvecoeur du XIIe au XXe  siècle, un bourg en Pays­ d’Auge, Exposition du 16 mai au 11 novembre 1992, 16 p. Je­ remercie ici la fondation Schlumberger, et en particulier Mme ­Evelyne Wander et M. Christophe de Ceunynck de m’avoir laissé­ accéder librement à l’ensemble du château et de m’avoir ­communiqué les documents – iconographiques en particulier – en ­leur possession.
[7] A part la chapelle­ castrale: Henri PELLERIN, « La chapelle du château de­ Crèvecoeur », PA, 21, N° 9, Septembre 1971, pp.17-19.
[8] MERLET, « Cartulaire de ­l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, Soc. Archéologique d’Eure­ et Loir, t. 2, Chartres, 1883; charte CCXCVII.
[9] MERLET, id°, CCXCVII et­ CCCII.
[10]  Il s’agit d’une enceinte­ protohistorique qui a également fournit des traces d’une­ occupation antique.
[11] Il n’en subsiste que le­ cimetière. L’église était sous l’invocation de saint Vigor, qui­ d’après la Vita Vigoris serait venu évangéliser la région de­ Cambremer au début du VIe siècle.
[12] Michel de BOUARD, « Fouilles au­ château de Bonneville-sur-Touques », Annales de Normandie, n°4,­décembre, 1966, p.355.
[13] Notons encore quelques analogies avec les châteaux de ­Bonneville-sur-Touques et de Fauguernon, qui semblent cependant­ avoir été davantage transformés lors des époques postérieures.
[14] R-A­BROWN, H-M COLVIN, A-J TAYLOR, The History of Kings works,­Londres, 1963, t.I, p.71
[15] Marc DALIPHARD, L’architecture militaire en Normandie à l’époque ducale dans Les siècles romans en­ Basse-Normandie, Arts de basse Normandie, n°92, printemps 1985,­pp. 49-54.
[16] Cette chapelle n’étant­ signalée dans aucun pouillé, la dédicace en est inconnue. Voir ­note n°9.
[17] Henri PELLERIN, op. cit. pp.17-19.
[18] Rôles normands et français et autres pièces tirées des ­archives de Londres par Bréquigny en 1764, 1765, 1766 dans MSAN,­t. 23, 58, n°1359, p.249.
[19] Arcisse­ de CAUMONT, Statistique Monumentale, t.V, 1867.
[20] M.-F DEMIAU de CROUZHILLAC, « Le château de Crèvecoeur », MSAN, t. 25, 1859. .
[21] Roberto de Crepito Corde présent  dans une charte de St­ Etienne de Caen,  en  1109. (HIPPEAU  (p.92)  Cependant il  n’est ­pas certain  que  ce  personnage  ait   été  lié  au  château  de ­Crèvecoeur, car  l’abbaye  possédait  en 1324  un  moulin sur­ l’Orne, à  Montaigu,  dénommé lui  aussi Crèvecoeur.(HIPPEAU, p.­92) Une  branche  de  la famille  de  Crèvecoeur, peut-être ­apparentée à  celle  qui nous  intéresse  ici, fit  souche en Angleterre, dans  le Comté  de Kent  où Robert  de Crèvecoeur­ fonda le prieuré de Ledes en 1119 (Monasticon  Anglicum, t.11, p.­111 et 796.)
[22]  » Hugo de­ Crevequer, feodum  quinque militum  » dans Henri NAVEL, « Enquête ­de 1133  sur  les  fiefs  de  l’évêché  de  Bayeux », BSAN, t.­XLIII, 1934, note 45.
[23]  » quod  Guillelmus  de ­Crevacor  et  pater  ipsius  novum  forum instituerunt  » édit. ­BOURIENNE, op.cit . charte CLXXXVII)
[24] » quod  Guillelmus  de ­Crevacor  et  pater  ipsius  novum  forum instituerunt  » édit. ­BOURIENNE, op.cit . charte CLXXXVII)
[25] Precipio quod episcopus Baïocensis teneat in pace et­quiete et libere leugatam suam de  Cambremer, sicut jurata fuit­tempore Gaufrdi comitis patris mei et precepto ipsius, et sicut­carta sua et mea testantur. Et si suis foris fecerit infra­terminos qui nominati sunt in cartis nostris, predicto episcopo­plenam justiciam, sine dilacione facias. Quod nisi feceris,­justicia mea Normannie faciat  fieri « . édit. DELISLE et  BERGER­, Recueil des actes de Henri II, t. I, XIII, p.108).
[26] DELISLE et ­BERGER, id°, t. I, LXXII, p. 130.
[27] DELISLE  et  BERGER,  id°, t. II,­CCXXVIII, p.365-369.
[28]  » Leugata de Cambremer,  de terra Hugonis ­de Crevecor: Ricardi de Fraisneto  » dans Livre noir de l’évêché ­de Bayeux, édit. BOURIENNE, t. I, p.44.
[29] L’origine  de  cette   exemption  remonte  probablement  à ­la prédication de  Saint  Vigor,  mais les  limites  n’en furent ­fixées qu’au début du XIII e siècle. Sur le territoire de ces ­neuf paroisses, il existait au  XIIe siècle deux châteaux, l’un à ­Crevecoeur,  l’autre  à Manerbe  dont  la motte  est encore ­aujourd’hui très bien conservée .
[30]  » suum ­antiquum (forum)  destruunt, et  in terris  suis veteres ­consuetudines  ei   contra  justiciam   auferre  praesumunt « ,­BOURIENNE, op. cit. charte CLXXXVII, t.I.
[31] Acte de Janvier-Août  1153, émis à Bristol  pour­ la restitution et la concession de  biens accordés  au fils de ­Robert comte de Leicester. DELISLE et BERGER, op.cit., t. I,­XLVII, p.33.
[32] Jean de Brucourt  donne au prieuré  de­ Montargis, dépendance de l’abbaye de  Tiron  « six livres ­tourneis  … (que)  les diz religious  prendront  par  chacun  ­an  sus  mon  marchié  de Crèvecoeur à  deus termes »  MERLET, ­op. cit,,  charte CCCCII, page 196..
[33] La donation de 5 setiers d’orge, d’un setier de­  froment sur son moulin de Vendeuvre est signalée par la confirmation générale des biens du prieuré faite vers 1185-1189­(DELISLE et BERGER, op. cit., t. I,  DCCLVI, p.408) mais ­n’apparaît  pas  dans  celle  de  1156-1161  (ibidem, CLXIX).­Notons  que  le  fief  -important- de  Vendeuvre, relevait encore ­au  XVIIe siècle  de  celui  de  Crevecoeur. Cette information­ m’a  été  communiquée par  M. Cottin,  d’après des papiers du­ château de Vendeuvre conservés dans une collection­ particulière.
[34] A.D. 14, H.7799 – fonds de Troarn.
[35]  » Concordati sunt  episocpus Baiocensis et ­Johanne de Bruecort, miles ita quod predictus miles remisit­episcopo penitus omnes querelas quas monstraverat contra ipsum­… », Léopold DELISLE, Recueil des jugements de l’échiquier,­1864, n° 403, p. 102).
[36]  » videlicet senescauciam  de honore­de  Chambremer, custodiam de Vaienne, misiam  molendinariorum et ­prepositorum, audienciam compotorum tres robas  de escalleta cum ­pennis variis, et IX libras ad expensam  ad Natale  ad Pascha  et­ad Penthecostem. Episcopo  vero  remanent   tres  magne  cause ­ecclesiastice, videlicet de  clerico  verberato,  de  cimiterio ­violato, de matrimonio cum  pertinenciis.  Episcopus  vero  debet­tenere alias causas ecclesiasticas apud Sanctum Paternum, per se­vel per suum mandatum, presente aliquo misso a domino Johanne ver­heredibus suis, quecumque voluerit  et de illis causis emende­habite taxate erunt per episcopum vel ejus mandatum, et erunt­capellani  capelle  de   Crevecorc  qui  presentabitur  dicto­episcopo et successoribus  suis  et  jurabit  se fidelitatem­ servaturum et obedientiam  ecclesie Baiocensi.  Et ab utraque­parte  debent  fieri  carte  secundum  forceram  prescriptam­… », Léopold DELISLE, « Recueil  des  jugements  de  l’échiquier­, 1864, n° 403, p. 102).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *