PREAUX  27



NOTES sur PREAUX  – 27.
(réunion de Notre-Dame de Préaux et Saint Michel de Préaux en 1963)

1 – Bibliographie.
2 – Archives SHL :
3 – Références historiques :
4 – Carnets de Charles VASSEUR : Doyenné de Pont-Audemer.
5 – Extrait de « Tabularia » : Cartulaire de l’Abbaye de Saint- Pierre de Préaux.

1 – Bibliographie.

(Sur les chartes de l’abbaye de Préaux, voir aux AD 14, les copies effectuées par Gaston de BEAUSSE F. 1926. selon CARABIE, La propriété foncière normande, p. 15: la « copie du Cartulaire de Préaux, H 711, en dépôt aux archives de l’Eure… a été effectuée d’une façon déplorable »).
Consultation  (au sujet de la perception des treizièmes appartenant à l’abbaye de Saint-Léger-de-Préaux), s.l., 1789, In-4, 18 p.
(B.M. Pont-Audemer)
Louis DU BOIS.- Histoire de Lisieux, Lisieux, Durand, 1848, t. II, pp. 52-70; 137-143
DUBUISSON-AUBENAY, Itinéraire de Normandie publié par le chanoine Porée, avec la collaboration de MM. Louis Régnier et Joseph Depoin, Rouen-Paris, Lestringant-Picard, 1911. In-8°,  XXII-293 p. (Société de l’Histoire de Normandie),
FAUROUX Marie, Actes des Ducs de Normandie in MSAN., XXXVI, 1961
Détail des biens des abbayes dans le Pays d’Auge, l’Hiémois et le Lieuvin
– Saint-Pierre-de-Préaux : Bonneville-sur-Touques, champs et salines, pp. 362
= 1035-1066
GAZEAU Véronique, Monarchisme et aristocratie au XIe siècle: l’exemple de la famille de Beaumont, Thèse de 3e cycle (Pr. Le Marignier ?)
GAZEAU Véronique, « Le domaine continental de l’abbaye de Notre-Dame et Saint-Léger-­de-Préaux au XI° siècle « , Ann. de Norm., 36, 4-1986, p. 347 sq.
GAZEAU Véronique, « Le rôle de Raoul dit « de Beaumont » dans la formation du patrimoine d’Onfroy de Vieilles, seigneur de la basse vallée de la Risle, dans la première moitié du XIe siècle », Ann. de Norm., 38, oct. 1988, p. 339 (résumé de communication)
GAZEAU Véronique, Le temporel de l’abbaye de Saint-Pierre-de-Préaux au XIe siècle in Recueil d’études en hommage à Lucien Musset, Cahiers des Annales de Normandie, N° 23, 1990, pp. 237-255
LAPORTE dom Jean, Inventio et miracula Sancti Vulfranni, étude critique par… dans Mélanges publiés par la Société de l’Histoire de Normandie, Quatorzième série, 1938, pp. 9-87
miracle abbesse de Saint-Désir-de-Lisieux, p.87; Le Breuil-en-Auge, Ponchardon, Ticheville,  Grestain, abbayes de Préaux.
LESQUIER Jean, « Les Etudes de M. Haskins sur les institutions normandes, de Guillaume le Conquérant au XIIIe siècle, BSAN, XXXII, 1917, pp. 93-95
Annexes:. III.- Liste des Chartes de Geoffroy Plantagenêt… (Almenêches, Le Bec, prieuré de Saint-Hymer, Préaux, Rouen, corporation des cordonniers. Séjour à Lisieux; Saint-André-en-Gouffern; Saint-Evroul;
HENRY Jacques, Les Abbayes de Préaux La Normandie Bénédictine au temps de Guillaume le Conquérant (XIe siècle), Lille, 1967, pp. 191-228

GAZEAU : »L’article… comporte de nombreuses erreurs… »

HENRY Jacques.- L’ancienne abbaye de Saint-Pierre de Préaux, des origines à la Révolution, Communication SHL, 29 novembre 1966; 31 janvier 1967; 28 février 1967; 30 mai 1967
MUSSET Lucien, « Comment on vivait au Moyen Age dans la région de Pont-Au­demer d’après les chartes des abbayes de Préaux (XIe-XIIIe siècle) », Connaissance de l’Eure, N° 31, Printemps 1979.
Lucien MUSSET, « Autour de la basse Dives: le prieuré de Saint-Pierre-de-Rou­ville et ses dépendances d’après ses plus anciennes chartes », BSAN, LIX, 1969-1989 (I), (1990), pp. 246-258
abbaye de Préaux,
ROSTAND André, « L’œuvre architecturale des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur en Normandie (1616-1789) », BSAN, XLVII, 1939 (1940), pp. 82-224, XVII pl. h.t.
Saint-Pierre de Préaux

2 – Archives SHL :

FONDS 1F
1F672 : 1712 : lettre adressée à l’abbé de Préaux. (quel Préaux ?)
1F758 : mars 1768 : M. de Préaux à Préaux, différent. (quel Préaux ?)
FONDS BOUDARD :
2FK10- abbayes diverses : Thiberville, Lonlay, La Lyre, Saint Thaurin d’Evreux, Saint Sauveur le Vicomte, Villiers, Silly, Cerisy, Préaux, La Trappe, Sainte Barbe, Saint André de Gouffern, Jumièges. (1 carton)
2FK131 : Abbaye de Préaux.
FOND DEVILLE
9 FB -1 – LISIEUX
1 – Généralités  – 1 – Analyse d’un Missel du XII° siècle ayant appartenu à un moine de Préaux Ms. 16 Bibl. mun. de Lisieux. Nombreuses notes manuscrites sur la vie de l’abbaye et des habitants de la région.

3 – Références historiques :

1034-1035 – Daubeuf
Pierre, moine de Fécamp, richement pourvu, après avoir été profès à Fécamp, et après avoir vécu avec des frères dans la forêt de Bonneville à l’église St Martin de Flavile se rendit à Préaux pour y vivre reclus.
« … in silva de Bonevile in ecclesia Sancti Martini Flaviville (sic), cum quibusdam fratribus habitavit. Inde vero ut reclusus sicut dictum est efficeretur, Pratellum venit ».
= FAUROUX, n°88, p. 230
1613, 23 août
Partage entre Jacques de Carel, écuyer, sieur des Préaux et de Blosseville, et François de Coursy, écuyer, sieur de Ferrières, et Noël Mahiel, écuyer, sieur de Bonnebos (Bonnebosq) pour la succession de feue Louise de Morainville.
= Catalogue des Archives du Collège héraldique de France – Normandie – N° 133
1787, 29 octobre – Préaux
Lettres de garde-chasse données à François Moutier, par noble dame Antoinette-Catherine Le Vasseur, dame et patronne de Préaux et de la Nolard.
= Arch. SHL. FF 385.

4 – Carnets de Charles VASSEUR : Doyenné de Pont-Audemer.

18 – Préaux
Voir
Mémoires des Antiquaires de Normandie Tome 23 p.229 n°1307
Fondation des deux abbayes – Histoire de la Maison d’Harcourt Tome III p.20
Formeville II 19-25-32-68-78-79-99-124-198-200-206-211-214-244-262-272
« 553 »
Delisle – Catalogue des Actes de Philippe Auguste n°2024 p.553.

Maladrerie de Préaux
Patron : le Roy
Revenu 200 livres
Restes du château XIe siècle, au nouveau moulin, route d’Epaigne (A. de Caumont)
Fontaine St Pantaléon où l’on vient pour l’hydropisie ‘A. de Caumont)
Préaux c’est le nom de deux paroisses et deux abbayes, l’une de Bénédictins, l’autre de Bénédictines, situées dans le diocèse de Lisieux.
L’abbaye de St Pierre est possédée par les Bénédictins et reconnaît pour fondateur Onfroy de Vieilles, baron de Préaux, seigneur de Pont Audemer, comte de Meulan et de Beaumont le Roger.
L’église construite en croix est belle, complète et a dix piliers de chaque côté dans la longueur avec des bas côtés, un bon orgue et un gros clocher en façon de dôme. Le chœur dont les chaises sont neuves, et d’une riche menuiserie, est entièrement couvert de plomb. Le grand autel est assez bien doré ; il y a deux châsses posées aux deux côtés, qui renferment diverses reliques. Elle fut réformée en 1650 par les Bénédictins de la Congrégation de St Maur.
Ce fut la femme du même Onfroy de Vieilles qui fonda l’abbaye des Bénédictines sous le titre de St Léger. Leur église est assez grande et son autel, isolé, beau et fort dégagé. Six colonnes de marbre y portent une demi-couronne impériale dont les branches ouvertes sont dorées, ornées et accompagnées de plusieurs ouvrages de sculpture. Le Tabernacle est aussi de marbre. (Thomas Corneille)
S’il faut en croire les auteurs de la Gallia Christiana, le monastère de St Pierre de Préaux aurait existé dès le temps de Louis le Débonnaire, et le normand Onfroy de Vieilles et sa femme Alberede n’auraient fait que procéder à une restauration en 1035.
Cependant Ordéric Vital paraît leur accorder tous les honneurs dus à des fondateurs ; «  Onfroy de Veulles (Vieilles),fils de Turold de Pont Audemer, commença à Préaux la construction de deux couvents, l’un de moines et l’autre de religieuses. Roger de Beaumont, son fils, aima beaucoup ces établissements ; il les enrichit avec joie sur ses propres revenus » (Livre III ; trad. Guizot tome II p.12)
Voici suivant les historiens de Normandie, les événements qui donnèrent lieu à cette fondation.
Pendant la minorité du Duc Guillaume, un grand nombre de seigneurs normands prirent prétexte de son illégitimité pour lever l’étendard de la révolte.
Parmi eux se trouva Roger de Toëni, homme puissant et superbe. Honfroy de Vieilles (de Vetulis) qui était resté fidèle à son souverain, fut un de ceux qui éprouvèrent sa rage ; il promena les ravages et l’incendie sur ses terres. Ce voyant, Honfroy et ses deux fils, Roger de Beaumont et Robert, réunissent leurs amis et leurs gens et vont à la recherche des dévastateurs. Roger de Beaumont parvient à les joindre et après un combat sanglant, où Roger de Toëni fut tué, il reste victorieux. C’est en reconnaissance de ce succès que vers l’an 1048 Honfroy et ses fils auraient construit un monastère en l’honneur de St Pierre, auquel il donna toute sa terre de Préaux, Selles, Campigny et St Martin le Vieux ; Il construisit aussi, probablement à la prière de sa femme (fille du seigneur de la Haye, Auberle (Alberede ?) un monastère de filles en l’honneur de St Léger, dans ce même lieu de Préaux.
Cependant il n’acheva pas entièrement son œuvre, il laissa ce soin à son fils Roger, qui s’y appliqua avec zèle.
Odon Rigault :
19 des kalendes de février 1249, le lendemain de l’octave de l’Epiphanie, il arrive à préaux où il passe la nuit à l’abbaye de St Pierre. Il y avait 30 moines, 1100 livres de revenu, 300 livres de dettes et 400 livres empruntées à usure à un juif.
18 des kalendes de février, visite du monastère de St Léger. Il y avait 45 religieuses, 700 livres de revenu, 300 livres de dettes.
Le jour des nones de janvier 1254, visite de l’abbaye de St Léger, 45 nonnes.
Le 8e jour des ides de janvier, visite de St Pierre, 30 moines, tous prêtres excepté 5.
Le 3 des kalendes de janvier 1257 à St Pierre de Préaux 30 moines.
Le 2 à St Léger, 45 religieuses (habent duos parvos canes, tres escuriolas)
4 des Kalendes de janvier 1269 St Pierre de Préaux 32 moines tous prêtres et 2 novices.
3 des kalendes de janvier 1267 St Léger de Préaux 45 nonnes.
En 1463 Montfaut trouva noble à Préaux Geoffroy de St Aubin
En 1469 fut sommés de comparaître aux Montres du Baillage d’Evreux Pierre de St Aubin pour le fief de Préaux, qui fit défaut, estant en l’ordonnance et service du Roy notre sire.
Notre Dame de Préaux  – B.M de Pratellis
Voir :
Mémoires des Antiquaires de Normandie IX p.368
Election de Pont Audemer, sergenterie de Préaux
1 feu privilégié
42 feux taillables
Sous l’invocation de Notre Dame
Patronage:
XIVe, XVIe et XVIII : abbas de Pratellis
Chapelle de la Trinité
Patronage:
XIVe : abbas de Pratéllis
XVIe abbatissa loci
XVIIIe l’abbesse du lieu
Chapelle en l’église de Notre Dame de Préaux
Patron : l’abbé de Préaux
Insinuations:
Il existait très anciennement un monastère auquel Ansegise, abbé de Fontenelles ; légua du temps de Louis le Débonnaire, la somme de 15 sols. Onfroy de Vieilles, fils de Touroude, le reconstruisit vers 1034. Roger de Beaumont, son fils aîné, acheva la fondation commencée par son père.
Trente deux paroisses étaient soumises à l’abbaye de Préaux.
Elle eut 49 abbés
L’église était romane ; les bâtiments avaient été reconstruits en 1726
L’enclos contenait 18 acres.
En 1844 Notre Dame et St Michel de Préaux ont été réunis.
(A. Le Prevost)
Notre Dame de Préaux : l’église paroissiale date du XIe siècle
C’est la patrie de Guillaume de Poitiers, traduit pas Mr Guizot à la suite de Guillaume de Jumièges, dans ses mémoires sur l’Histoire de France. (Voir Guillaume de Poitiers p.321)
On a trouvé sur ce territoire des tuiles et des fondations romaines.
St Michel de Préaux
Voir
Mémoires des Antiquaires de Normandie IX p.368
Sous l’invocation de St Michel
3 portions
Patronage:
XVIe et XVIIIe : abbatissa de Pratellis

Curés:
1ere portion
Roussel 1764
Hermier 1774
Hermier 1783-1787

2e portion
Moulin 1764
Crosville 1774
Léger 1780-1787
3e portion
Moulin 1753-1787

Insinuations
Description de l’église de St Michel du 18 juillet 1867 qui à cette date n’avait plus desservant
Dans notre contrée comme partout, il y eut des vins de différentes qualités. Par exemple, celui de St Michel de Préaux, près de Pont Audemer, était, dès le XIe siècle, si peu digne des palais délicats, que les religieuses de St Léger l’abandonnaient à leurs domestiques. Ce sont les vignobles produisant des vins de cette espèce, qui durent, en général, disparaître les premiers.
(Canel – Blason populaire de la Normandie I-132)
Abbaye de St Pierre de Préaux
Voir :

Delisle – Rouleaux des Morts :

p.206 – Rouleau de Mathilde, abbesse de Cane – 1113
p.288 – Rouleau de Vital de Savigny – 1122
p.473 – Rouleau de Montivilliers – 1398.
p.488 – Rouleau de Jumièges – 1462
p.360 – Rouleau de Préaux XIIe siècle.
Bulletin des Antiquaires de Normandie 1875/1876 Tome VIII p.68., comte de Meulent et Henry comte de
Mémoires des Antiquaires de Normandie X p.463.
Histoire de la fondation de l’abbaye de Préaux, au diocèse de Lisieux, unie à la congrégation de St Maur, de sa restauration et de ses principaux bienfaiteurs (Bibliothèque de St Germain des Prés, citée par La Roque – Histoire d’Harcourt I-20)
Extraits d’une chronique 1115
La fondation des abbayes de St Pierre et de St Léger de Préaux faite l’an 1048 par Honfroy, seigneur de Veules et Roger, seigneur de Beaumont et Robert, sénéchal de Normandie, enfants dudit Honfroy qui était fils de Touroude, seigneur du Pontaudemer, de Brotonne, de Beaumont, de Préaux et plusieurs lieux – laquelle fondation fut augmentée par Robert comte de Warvinie enfant dudit Roger comte de Beaumont et par Valeran comte de Meulan et Robert son frère, comte de Leicester, enfant dudit Robert comte de Meulan.
Suit le latin de la chronique écrit par un moine de l’abbaye, nommé Guillaume, il prend occasion d’écrire parque que pendant les guerres qui avaient ravagés le pays les monastères et les églises de Préaux avoient été détruites, les murs renversés, les chartes, les livres et les vêtements brûlés.
L’abbaye a pour armoiries un eschiquier et au deysous est escrit Honfroy de Veule, premier fondateur de Préaux.
On voit dans le chapitre cinq représentations de cinq personnages élevés en bosse de pied et demi de terre dont il y en a trois côte à côte l’un de l’autre couchés de leur long, celuy du mitan porte longue barbe celui du côté droit barbe rasée celui du côté gauche semble n’en avoir point, tiennent en main droite chacun un coutelan la pointe desquels donne sur le soulier reserné celuy du côté droit qui à la main sur le poitrine la pointe de son épée allant sur son épaule entre les pieds de celuy du mitan  paroit visage d’homme et entre les pieds des deux autres paraissent figures d’hommes.
Au pied de ces trois il y a une autre tombe élevée aussi en bosse vu il y a représentation de deux autres personnages tenans chacun en main droite figure de coutelan et en senestre figure de bâton qui sont au pied des autres vers le soleil levant et au pied desquels paraissent être des chiens on m’a dit que ce sont les représentations des cinq fils de Honfroy de Veule ; sur le bâton de celui du costé gauche est écrit en lettre nouvelle Robert, sénéchal de Normandie fils de Honfroy.
En laditte abbaye au costé gauche au destour du grand autel de l’église dans une chapelle entre deux piliers est portrait d’homme qui l’on dit être Honfroy de Veullen représenté avoir une tête de religieux élevé de terre de deux pieds, l’épée au côté, botté, éperonné, les mains jointes sur l’estomac au dessous un livre ouvert, à son côté gauche un échéquier ou damier ceint d’une ceinture façon baudrier fort large prennant de la gauche à droite descendant sur la cuisse gauche, à côté droit de la tête il y a représentation d’enfant ; lequel Honfroy est sur une table de pierre soutenue et portée par quatre mâtiens et autour de ses pieds figures de chiens, paroit être vêtu d’un corcelet qui va bien bas et qui paroit être émaillé.
Dans le chœur de l’église des dames au côté gauche il y a une représentation de femmes élevée en basse de deux pieds, couchée sur uen table de marbre ou pierre aux côtés de ladite table est écrit ; ci-gist Noble Dame Auberée vivant femme de noble homme Messire Honfroy de Veulen laquelle fut fondatrice de l’abbaye de céans et mourut l’an de grâce 1045 le 28 décembre il y a à ses pieds un mâtin.
A la muraille de l’église du prieuré de St Gilles de Pontaudemer il y a figures de plusieurs personnages entr’autres de deux où sur leurs têtes est écrit sur l’une Galeran et sur l’autre Robert.
Même chronique  (Laroque)
Fondation de l’abbaye de Préaux
En l’an de l’incarnation mil trente huit par dévotion, furent deux abbayes fondées aux vals de Préaux scituées, l’une  est le monastère fondé en l’honneur de St Pierre, moynes y prient dévotement pour leur fondeur  bien humblement Humfray de Vieilles avoit nom bon en recommandition, la première pierre fust mise audit lieu par lui fust  assise au temps de Philippe cinquième Roy, après l’an mil trente trois, pour lors régnoit Duc Guillaume, là on prioit pour son âme pour et afin que ses péchés lui fussent par Dieu effacées considérant quand nous mourons autre chose n’importeront si non le bien et le mal fait que au monde avons attrait.
Derechief  firent dévotion  tost (?) après la perfection de St Pierre la belle église il  l’est très noble entreprise par moyen et ayde de Dieu qui a bien voulu fonder en ce lieu en la requeste de sa femme d’Alberée, sa bonne dame, en l’honneur de Dieu et Marie la vierge mère et …… ainsi qu’il voulut besougner fonder en ce lieu de St Léger, dames de grande charité y vivent en humilité de cœur aussi d’intention ils gardent leur religion priant Dieu leur créateur pour elles et leur fondateur lequel leur élargit pardon des biens, Dieu leur face pardon.
Le jour de son obit  veut rendre c’est le vincgtiesme de septembre avec neuf il faut le mettre ce jour le faict qui yveut être le cinquiesme diceluy mois l’obit d’Alberée  … (signé Wale)
Prions Dieu aussi pour la noble Alberée laquelle fust cy enterrée car la représentation fut mise par dévotion  soutenis (?) que je vous en diray c’est le septiesme jour de may mil avec cents soixante et dix adjoutés huit pour le vrai le dis, tout fut parfait c’en que voyés par charité Dieu priez une oraison en soi dite belle pour une marguerite (?) affin que sen péchés defface à nos bienfaicteurs pardon face ; Amen.
Grâces des biens son redempteur
Au triomphant au paradis
Louanges, bons mots et beux dicts,
Rendons toutes pour le fondeur
Jettons pleurs, cris au créateur
Pour Alberée et ….
Grâces des biens au triomphant
De long, de lé et de grandeur
Par Marguerite cy just mis
Ce cercleu ainsi entrepris
elle feist … de bon coeur
grâces des biens.
Epitaphe
Nostre vrai Dieu et Nostre Dame
Devons prier de corps et d’âmes
Bien humblement
Pour Alberée dignement
Qui fust fonder dévotement
Cette église belle sans blasme
Devant vous en forme de femme
Se représente sans diffame
Les mains jointes bien doucement.
Notre vrai Dieu
Prier devons
Bien humblement
Qui mal en dict, il est infame
Et en requiet mauvais fame
D’amphement
Pour une more l’enterrement
Cy-gist son corps Dieu en ayt l’âme
Nostre vrai Dieu – Amen.
Signe Wale
Pour Abbaye de St Pierre de Préaux
Voir encore :
Académie de Rouen 1832 p.250
Delisle – Echiquier p.77 n°306 – p.113 n°457 – p.193 n°830
Mémoires des Antiquaires e Normandie Tome 23 p.271 n°1487
Mémoires des Antiquaires de Normandie Tome XXVI p.183
Bulletin Monumental 1855 p.563 note 2 – 1854 p.431.
Corde – Pierres tombales planche 43.
Archives Normandes I p.132-p.235-236.
Catalogue de la Ste Historique de Lisieux 1872 p.20 n°41 et Extraits p.20 n°44.
Archives de l’Eure – Abbaye de St Pierre de Préaux de 1250 à 1789 – 1 liasse -61 pièces
St Pierre de Préaux – Vue signée F.G de la Trembalye dans le Monasticon Gallicanum – Bibliothèque Ste Geneviève de Paris Tome II (37)
Abas de Pratellis pro omnibus bonis
Décimes 1810 livres
Revenu   15000 livres
Chapelles Notre Dame
St Nicolas
St André en l’abbaye de Préaux.
St Michel
Ste Catherine
C’est sur Notre Dame que se trouve l’abbaye des Bénédictins.
L’église fit consacrée en 1101 sous le troisième abbé et longtemps après la fondation et même la mort du fondateur qui eut lieu vers 1173.
En 1208, Thomas, onzième abbé, restaura le dortoir.
Dans les guerres du XIVe siècle, le monastère, avec son enceinte de tours et de murailles, fut entièrement détruit. Tout le mobilier fut livré aux flammes. Il ne resta debout que l’église. Robert II Houel qui gouverna de 1320 à 1331, orna le monastère de nouveaux édifices ; où il eut soin de faire mettre ses armoiries, puis il transféra le tombeau du fondateur de la nef qu’il occupait humblement, jusque dans le chœur, où l’on voyait aussi la sépulture de Guillaume, 2e abbé, placée sous enfeu dans le mur à droite du sanctuaire.
En 1418 l’invasion anglaise, força les moines à émigrer et comme toujours l’envahisseur mit le temporel sous le séquestre. L’abbé ne put reprendre possession que le 16 février de l’année suivant 1419.
Il va s’en dire que l’abbaye eut beaucoup à souffrir de la part des Huguenots pendant les luttes du XVIè siècle.
Rien d’étonnant qu’elle soit restée depuis lors languissante.
En 1650 Guillaume de l’Aubespine touché de sa triste situation y introduisit la Réforme avec la Congrégation de St Maur.
En 1726 les religieux de Préaux avaient remplacé par un édifice plus vaste la maison qu’ils avaient élevée à la hâte après la destruction de leur ancien monastère au XIVe siècle. Cette nouvelle construction communiquait à leur église. Ils réédifièrent en même temps leurs autres bâtiments ; il n’en reste plus actuellement qu’une petite maison d’habitation et l’Abbatiale qui vient d’être changée en moulin à blé.
L’église est rasée ; elle avait la forme d’une croix et mesurait 64 pieds de large sur 160 de longueur. Elle avait conservé des vestiges de sa première construction en style roman, mais elle avait été plusieurs fois restaurée.
Abbés de Préaux
Ansfred mort en 1078
Guillaume Ie mort en 1096
Gaufred mort en 1101
Richard I de Journeaux mort en 1131
Richard I de Conteville mort en 1146
Regnald ou Renaud mort en 1152
Michel de Tourville 152/1168
Henri Ie 1168/1182
Osbern
Guillaume II, abdique vers 1205
Thomas mort en 1216
Adam élu en 1216
Bernard de Combon
Anfred Ie
Barthélemy
Anfred II mort en 1266
Guillaume III du Hamel 1266/1284
Robert Ie Houel
Radulfe Morel
Robert II Lionnel, mort après 1331
Hneri II mort en 1337
Jean Ie de Carretot mort en 1353
Guidon mort vers 1362
Guillaume IV Binet mort vers 1369
Jean de Dormans Cardinal mort en 1373
Vincent le Lieur mort en 1418
Guillaume V le Roy
Roger Sorel
Jean II Moret
Etienne Bertaut mort en 1438
Jean III Halluin mort en 1458 ou 1459
Jean IV Agasse mort en 1476
Antoine Raguier, évêque de Lisieux mort en 1482
Olivier de Pontbriant
Jean V Leveneur, cardinal, évêque de Lisieux 1506/1535
Jacques d’Annebaut, cardinal, évêque de Lisieux
Guillaume VI de Vieux Pont 1554/1559
Charles Ie, cardinal de Lorraine jusqu’en 1566
Guillaume VII de l’Aubespine jusqu’en 1572
Nicolas Jacoppin, mort en 1584
Guillaume VIII de l’Aubespine vers 1600
Charles II de l’Aubespine 1611/1653
Jules, cardinal Mazarin 1656/1661
François Marie, cardinal Mancini 1663
Melchior de Harod de Senevas 1673/1694
Jean VI d’Estrées 1694/1718
Thomas François Marie de Strickland de Sozerghe 1718/1740
Henri Constant de Lort de Serignan de Valras 1743
de St Aubin 1745
Charles III Antoine Gabriel d’Osmond de Médavi 1785
Epistolas Abbatis Pratellensis  texte en latin
Mabillon – texte en latin
Itinéraire de Jean sans Peur – Abbaye de Préaux 22 mai 1202
Richard, abbé de Préaux, dédia à St Anselme un commentaire sur la Genèse, qui commençait à l’endroit où St Augustin avait fini le sien, c’est-à-dire à la sortie d’Adam et d’Eve du Paradis terrestre ; cet abbé n’ayant pas voulu par respect pour St Augustin, donner une autre explication que la sienne des premiers chapitres de ce livre (Lettres de St Anselme Epistre 102) D.Remy Ceillier XXI p.327.
Extrait des registres du Grand Conseil
Louis par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre : A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut : Savoir faisons, comme par arrêt ce jourd’hui donné en notre grand conseil, entre notre ainé Anne Mauduit, écuyer, sieur de Fatouville et de la Bataille, seigneur haut, moyen et bas justicier de la paroisse d’Estreville, demandeur suivant l’exploit d’assignation du Châtelet de Paris du 12 janvier 1705, con trôlé à Paris ledit jour, à ce qu’il soit dit qu’il jouira des droits honorifiques de ladite paroisse d’Etreville après le patron et à l’exclusion de tous autres, et qu’il aura son banc du côté de l’évangile qui est la seconde place ; à l’effet de quoi, Messire Jean d’Estrées, abbé de l’abbaye de Préaux, et en cette qualité patron de ladite église paroissiale d’Estreville, sera tenu d’ôter son banc dudit côté de l’évangile et de le mettre du côté de l’épître qui est la première et plus honorable place du chœur, laquelle appartient au patron, si mieux n’aime le patron consentir que ledit seigneur haut justicier, mette et place son banc du côté de l’épître où le curé a entrepris de mettre son lutrin et à cet effet sera tenir ledit seigneur et patron d’obliger le curé de retirer son lutrin, en telle sorte sur ledit seigneur haut justicier puisse placer son banc dudit côté de l’épître, vis-à-vis et sur le même alignement de celui dudit seigneur patron ; et pour le trouble qu’il soit condamné aux dommages et intérêts aux dépens, évoqué à notre conseil d’une part et Messire Jean d’Estreés, notre conseiller en nos conseils, ci-devant notre ambassadeur en Portugal et en Espagne, commandeur de nos ordres, abbé de l’abbaye de St Pierre de Préaux, défendeur et évoquant ladite demande à notre exploit du 15 janvier dernier d’autre part ; et entre ledit sieur Mauduit de Fatouville, demandeur en requête du 7 du présent mois de février, à ce qu’en conséquence des trois lettres missives de Maître Michel Ferra, curé d’Estreville des 26novembre, 7 décembre 1704 et 4 février 1705 par lesquelles il consent d’ôter don banc et lutrin et le placer en telle sorte que le banc du patron puisse être placé au même endroit du côté de l’épître joignant la balustrade du sanctuaire de ladite église. Les fins et conclusions prises par le demandeur par son exploit du 12 janvier dernier lui soit adjugé avec dépens d’une part, ledit sieur abbé d’Estrées défendeur d’autre, après que Mahieu, pour ledit sieur Mauduit de Fatouville a conclu de ses demandes et requêtes, Cochain, pour ledit sieur abbé d’Rstrées, a été oui et conclu à la maintenue dans les droits honorifiques sans ladite église d’Estreville et de Benoît de St Porc (Pore) pour notre procureur général a aussi été oui ? Icelui  notredit grand conseil a maintenu et  gardé, maintient et garde la partie de Cochain en qualité de seigneur patron en la possession et jouissance des droits honorifiques dans l’église paroissiale d’Estreville et d’avoir son banc dans la première place du chœur de ladite église, a pareillement maintenu et gardé, maintient et garde la partie du Mahieu en qualité de seigneur haut justicier en la possession et jouissance des droits honorifiques dans ladite église après la partie de Cochain, et à l’exclusion des tous autres et d’avoir son banc à la seconde place du chœur de ladite église. Ordonne que le banc de la partie Cochain sera mis du côté de épître et celui de la partie Mahieu du côté de l’évangile, l’un et l’autre attenant la balustrade du sanctuaire ; et à cet effet ordonne que la partie ôtera et fera ôter et retirera le lutrin et banc qui sont à la place où doit être mis le banc de la partie de Cochain, pour être ensuite le banc de la partie de Mahieu mis du côté de l’évangile, dépens compensés. Si donnons en mandement, au premier des huissiers de notredit conseil….
Donné « en notredit conseil à Paris le 19e jour de février l’an de grâce 1705 et de notre règne le 62e.
Collationné avec paraphe et au dos : par le Roi, à la relation des gens de son grand conseil.
Signe : Soufflot (avec paraphe)
(Mémoires du clergé Tome III p.1401-1402-1403)
Au XIVe siècle les religieux de Ste Barbe de Préaux et de St Imer consommaient du cidre (Delisle – Classe agricole p.474)
1074-Octobre
Tombeau de Himfridus de Vetulis, fondateur et moine de l’abbaye de Préaux en Normandie dans cette église. Pl. in 8° en hauteur – Mabillon – Annales ordinis Sancti Benedicti – Tome V p.83 dans le texte.   – (Heumin III p.17)
1165
Tombeaux de cinq moines de l’abbaye de Préaux en Normandie, bienfaiteurs de ce monastère et descendant de Himfridus de Vetulis, son fondateur, dont le dernier mourut en 1165
Pl in f° en hauteur – Mabillon – Annales ordinis Sancti Benedicti Tome V p.329 dans le texte.
(Heumin III p.119)
Robert, comte de Meulan et de Beaumont le Roger meurt en 118 ; grand conseiller du Roi Henri Ie un des plus sages et mieux versés aux affaires de l’Etat. Il est inhumé à Préaux.
HenriV supprime en Angleterre les prieurés appartenant à l’abbaye de (Monasticon Anglicanim)
Un cahier énonçant les annales bénédictines de Mabillon ainsi que les insinuations concernant l’abbaye de St Pierre de Préaux.
Richard – abbé de Préaux (Histoire Littéraire de La France Tome XI)
Journal de Pont Audemer – un article dur l’état temporel de l’abbaye de St Pierre de Préaux en 1770 d’après le document original par Alfred Reautey.
Abbaye de St Léger de Préaux
Voir :
Mémoires des Antiquaires de Normandie Tome 23 p.223 n°84 et Tome 26 p.186
Bibliothèque de l’Ecole des Chartes B.III 383 1ere table p.78 col.1

Delisle – Rouleaux des Morts

p.207 – rouleau de Mathilde abbesse de Caen 1113 ;
p.289 – Rouleau de Vital de Savigny 1122
p.360 – Rouleau de Préaux XIIe siècle
p.473 – Rouleau Montivilliers 1462
p.161 – Rouleau de St Bruno 1101
Archives de l’Eure de 1227 à 1747 – 1 liasse 26 pièces et de 1499 à 1785 1 liasse 15 chartes
Insinuations
Abbatissa monialium de Pratellis
Chapelle St Laurent en ladite abbaye
Raoul de Varneville, évâque de Lisieux consecravit anno eodem (1183) altare in honorem SS Thomae et Leodegarii  martyrum in ecclesia Pratellensis
L’abbaye de St Léger, occupée par des Bénédictines, était sur le territoire de la paroisse de St Michel de Préaux. Il n’en reste absolument aucun vestige. Du reste elle avait été réparée et augmentée, c’est-à-dire considérablement défigurée par Madame Marie de la Fontaine, qui tenait la crosse abbatiale de 1647 à 1654.
On a trouvé à St Michel de Préaux des constructions romaines, des médailles et quelques objets d’argent.
Prieures de St Léger de Préaux
Emma, sœur de Guillaume le Poitevin
Ansfride
Cécile
Mathilde Ie
Elisabeth
Françoise Ie Martel
Prichilde
Isabelle de Montfort
Mathilde II morte en 1221
Georgette morte 1256
Nicole de Cordelon démise 1294
Emma de Quinquerbourg morte 1345
Aelis ou Aalips
Pétronille Ie le Brehro
Jeanne
Pétronille II du Bosc morte 5 mai 1462
Marguerite Ie du Bosc 1462/1503
Marguerite II Suhart morte 1513
Guillemette du Quesne morte 1535
Jacqueline du Quesne morte vers 1580
Marguerite III de Souvré morte 1620
Anne de Souvré
Marie de la Fontaine 1633/1654
Antoinette de la Fontaine 1654/1656
Claudine de la Fontaine démise 1676
Françoise II Olivier de Leuville morte 1685
Anne Thérèse de Rohan Guéméné 1713/1729
Louise de Vaudetur de Persan 1685/1713
Angélique Eléonaore de Rohan de Guéméné 1729/1731
Marguerite Candide de Brancas 1732
Madame de Bouillé 1789
Chanceliers de France – 82-François Olivier de Leuville, président au parlement, démis en 1580 puis rétabli et mort en 1560 (de Barthelemy – La Noblesse avant et depuis 1789 p.219)
Chapelle de Requiem
Neustria Pia – liste des reliques
Mémoires des Antiquaires de Normandie Tome XXIII p.223 col.2 commencement 12 octobre 1419 texte en latin
Au XVIe siècle, les choses, hélas, n’y allaient pas mieux qu’au XIIe. Les conflits d’élections étant fréquents alors, souvent des filles nobles vinrent à Rouen, au palais, se disputer la crosse abbatiale et là, poussées par leurs partis, toujours prêts à les exciter sans mesure, elles oubliaient toute retenue et souvent on les avait vues s’imputer mutuellement en pleine audience, de honteux désordres, qui, hélas, n’étaient que trop véritables. Les registres de rapports civils de l’Echiquier devenu sédentaire et perpétuel … sous Louis XII, plusieurs procès de ce genre, l’un, entre autres, fort curieux, où il s’agit de l’abbaye des religieuses de Préaux, près de Pont Audemer.(Floquet – Parlement V p.624)
1286 – 613-Le Roi, à son nouvel avènement peult mettre en l’abbaye de Presles (St Léger de Préaux) comme ès autres de son royaume, une religieuse (D.34 V)(Restitution d’un volume des Olim par M. L. Delisle – Archives de l’Empire Actes du Parlement Tome i p.402)

5 – Extrait de « Tabularia » :

Le cartulaire de l’abbaye Saint-Pierre de Préaux : présentation du manuscrit.
Dominique ROUET
Bibliothèque municipale du Havre. 17rue Jules Lecesne 76600 Le Havre.
Résumé :
L’abbaye bénédictine de Saint-Pierre de Préaux était située dans l’ancien diocèse de Lisieux, au sud-est de Pont-Audemer. Elle fut le monastère patrimonial des comtes de Meulan et a laissé un cartulaire copié au XIIIe siècle. La copie de cet important manuscrit, conservé aux Archives départementales de l’Eure, sous la cote H 711, a été entreprise durant l’année 1227, puis poursuivie jusqu’au XIVe siècle. Ce cartulaire regroupe un ensemble de notices datant des XIe et XIIe siècles, transcrites d’après un cartulaire plus ancien, auxquelles ont été ajoutées des chartes plus récentes.
Mots-clés : Saint-Pierre de Préaux, cartulaire, charte, notice.

1. L’abbaye Saint-Pierre de Préaux.

Aujourd’hui totalement disparue, l’abbaye Saint-Pierre de Préaux se situait en lisière de l’ancien diocèse de Lisieux, à quelques kilomètres au sud-est de Pont-Audemer [1] .Les origines de ce monastère remontent à l’époque des « saints pères de Fontenelle », avant l’arrivée des Normands, puisqu’on possède une mention de son existence dans le testament d’Anségise abbé de Fontenelle [2] . Préaux se trouve fondée à un endroit stratégique, à proximité d’un fisc de Saint-Germain-des-Prés, la Villa supra mare identifiée à l’actuel Saint-Germain-Village [3] .
Détruite par les Normands puis restaurée en 1034, Préaux bénéficie à nouveau de sa situation, à proximité d’un pont sur la Risle, lieu de passage obligé, où se développe un important marché qui devient au début du XIe siècle Pont-Audemer. C’est à Onfroi de Vieilles, secondé par l’abbé Gradulfe de Fontenelle, que l’on doit cette restauration : Saint-Pierre de Préaux devient ainsi fille de Fontenelle qui lui donne ses premiers moines et ses trois premiers abbés. Onfroi, à l’origine de la famille des Beaumont-Meulan, fait de Saint-Pierre de Préaux une abbaye familiale qui deviendra la nécropole des comtes de Meulan.
Au XIIe siècle, sous le gouvernement de sages et doctes abbés venus, à partir de la seconde moitié du siècle, du Bec, Préaux étend ses dépendances fruits de la générosité des comtes de Meulan notamment : du Bessin au pays de Bray [4] , de la vallée de la Risle aux coteaux de la Seine dominant Meulan et outre-Manche du Dorset au Norfolk.
Du chartrier, qui eut à subir très tôt de graves dommages, il ne demeure plus aujourd’hui que quelques vestiges conservés aux Archives départementales de l’Eure, mais il subsiste également deux importants cartulaires. Celui qui retient notre attention date du début du XIIIe siècle ; un second manuscrit copié au XVe siècle reprend une partie du cartulaire précédent qu’il enrichit de nombreux actes de la seconde moitié du XVe siècle [5] .

2. Présentation du manuscrit

Le premier cartulaire [6]  de Saint-Pierre de Préaux, conservé aux Archives départementales de l’Eure, sous la cote H 711, présente les dimensions d’un petit in-folio [7] . On recense dans ce volume 640 chartes dont les dates s’échelonnent de 1034 à 1494 ; il est relié sur ais de bois, de veau estampé à froid, par une reliure du XIXe siècle en bon état [8]

Foliotation

Le manuscrit compte 239 feuillets foliotés dès le XIVe siècle [9] , quoique cette foliotation ne recouvre pas tout le volume – elle concerne les feuillets 1 à 96 et 173 à 180. Au XVe siècle, une autre foliotation s’y est surimposée, conséquence probable de la confection d’une nouvelle reliure : on la trouve à partir du feuillet 97 jusqu’à la fin du volume, elle double celle du XIVe siècle, en la corrigeant, du feuillet 173 au folio 175 [10]

– L’agencement des cahiers

L’examen de la foliotation du manuscrit indique que l’ordre primitif des cahiers constituant le cartulaire a été modifié, vraisemblablement au XVe siècle. Le volume comporte vingt-huit cahiers de parchemin : les vingt premiers cahiers correspondent au noyau primitif du cartulaire rédigé au XIIIe siècle.
Parmi ces vingt cahiers, les dix premiers appartiennent à la première campagne de copie, viennent alors deux cahiers prévus à cette même époque pour poursuivre la rédaction du manuscrit, ce qui fut fait. Dès cette époque, on avait prévu de laisser des feuillets vierges pour poursuivre, à l’avenir, la rédaction du cartulaire, considéré alors comme un instrument évolutif. Suivait encore, au XIIIe siècle, un cahier supplémentaire prévu pour suivre les deux précédents, mais aujourd’hui rejeté plus loin dans le manuscrit. Enfin, les sept autres cahiers qui suivent correspondent à la campagne originelle de copie.
Parmi les huit cahiers suivants, six ont été ajoutés au début du XIVe siècle [11]  et deux l’ont été au XVe siècle.

Les rubrications

Le noyau originel du cartulaire se compose de chartes et de notices qui ont en commun d’être présentées de la même manière : elles ont été écrites par une seule main, sur une seule colonne qui occupe toute la largeur du feuillet [12]  Le copiste du cartulaire a peint certaines rubrications, mais c’est à un second moine que l’on doit la majeure partie d’entre elles. Ce dernier travailla après que le cartulariste eut terminé la copie des actes : il dut être actif durant la période 1229-1239. Sa graphie et ses habitudes d’écriture sont caractéristiques : peut-être d’origine anglaise, il substitue presque systématiquement aux V des W, ce qui est particulièrement remarquable dans les noms de villages se terminant la plupart du temps par le suffixe –villa  [13] .
Le cartulaire a été copié, on le verra, en 1227, mais diverses mains se sont ensuite relayées pour le compléter durant les XIIIe et XIVe siècles. Le contenu du cartulaire tel qu’il se présentait en 1227 se présente de la façon suivante : il est clairement divisé en deux parties. La première comporte les transcriptions de chartes, bulles pontificales, actes épiscopaux, chartes royales, chartes des comtes de Meulan et de leur famille. La seconde partie du manuscrit est un enchaînement de notices relatant les acquisitions faites par les moines depuis la fondation de l’abbaye. Ces deux parties du cartulaire suivent deux logiques différentes quant à leur contenu et à la présentation des actes.

3. Les conditions de la rédaction : le cartulaire dans son contexte historique.

L’entreprise de rédaction du premier cartulaire de Préaux a débuté sous l’abbatiat et, sans doute, sur l’ordre de l’abbé Bernard, appelé aussi Bernard de Combon par les auteurs de la Neustria pia et du Gallia christiana, bien que dans le cartulaire lui-même il ne soit jamais désigné par ce nom [14]  Le contexte de la rédaction du cartulaire correspond pour Saint-Pierre de Préaux à une phase de réorganisation du temporel après la période agitée du rattachement de la Normandie au domaine royal.
Le doute plane, en outre, sur les conditions dans lesquelles un des prédécesseurs de Bernard a dirigé l’abbaye. L’abbé Guillaume II (1200-1206) est mis en cause par les auteurs du Gallia christiana. D’ailleurs, dès le début de l’abbatiat de Bernard, en 1221, les rôles de l’Échiquier prévoient un examen des chartes produites par l’abbaye, afin de déterminer celles qui l’ont été au détriment de la communauté, preuve d’une gestion hasardeuse du temporel sous le précédent abbatiat [15]
L’abbé Bernard paraît, d’après les sources dont on dispose, s’être beaucoup investi en faveur de la gestion du temporel de l’abbaye : il effectua, en 1227, un voyage en Angleterre pour visiter les prieurés que l’abbaye y possédait, démarche qui n’a pas été réitérée systématiquement par ses successeurs, en dépit des injonctions faites en 1249 par l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud en visite à Préaux [16]  L’abbé Bernard est aussi mentionné dans une rubrication du cartulaire pour s’être particulièrement investi dans la gestion des biens que le monastère possédait à Rouen [17]

– Le copiste

Le cartulaire de Préaux, tel qu’il se présentait dans son état originel, fut l’œuvre d’un seul copiste, même si celui-ci délégua une partie des rubrications à un autre moine. On laisse de côté ici les diverses mains qui ont continué d’étoffer le manuscrit au cours des XIIIe, XIVe et XVe siècles.
Le moine copiste chargé de ce travail est un certain frère Guillaume, moine claustral de Saint-Pierre de Préaux, ainsi qu’il se qualifie lui-même : son nom ne nous serait jamais parvenu s’il ne l’avait inséré entre deux actes. Il mena à bien son oeuvre à la fin de l’année 1227, voire au début de 1228. Sa première intervention dans le cartulaire est placée au folio 48v : introduite par un titre inséré après coup par le second rubricateur [18]  elle se place à la suite d’une confirmation du comte Roger de Warwick concernant les biens que l’abbaye possédait en Angleterre, à Warmington [19]  Cette mention est datée du 17 juin 1227, en l’absence de l’abbé Bernard dépêché en Angleterre pour visiter les prieurés que l’abbaye de Préaux y possédait.
La seconde intervention du copiste, datée du 9 août 1227 et située au folio 63v, à la suite d’une donation de Geoffroi Ferrant [20]  annonce la fin du périple anglais de l’abbé Bernard et son retour à l’abbaye accompagné du moine de Préaux Adam de Cormeilles, ancien prieur de Toft Monks, prieuré que Préaux possédait en Angleterre, dans le Norfolk, d’où il rapporte une patène.

– Date de la copie

De l’analyse des deux interventions directes du copiste où il rend, malgré lui, compte de l’avancée de son travail, on peut déduire la vitesse moyenne de copie du frère Guillaume : entre le 17 juin et le 9 août 1227, soit en 54 jours, 49 actes ou 30 pages ont été copiées. Cela paraît certes très peu, mais on doit, à la décharge du copiste, tenir compte du temps variable passé à trier et classer les chartes qu’il avait sous la main, des dimanches et des fêtes, jours pendant lesquels le copiste devait assurément suspendre son ouvrage, enfin, de la faible plage horaire que le moine pouvait consacrer à la copie.
Guillaume n’a pas copié d’acte postérieur au 11 juin 1227 [21]   : on peut se demander pourquoi il s’est arrêté ici. En effet, on sait par ailleurs que le 9 août il était encore loin d’avoir terminé et qu’il n’y a pas de raison pour que la production de chartes de donation se soit arrêtée pendant l’été. En fait, il semble bien qu’il ait été occupé à copier la partie consacrée aux actes anciens : l’ordre des cahiers du manuscrit originel semble rendre compte du déroulement de la copie ; après avoir commencé par transcrire les actes les plus importants, Guillaume a dû recopier la partie consacrée aux notices plus anciennes.
On peut avoir une idée approximative de la durée du labeur de Guillaume, si l’on suppose ce travail comme ayant été continu : rien dans le manuscrit ne laisse croire l’inverse, bien au contraire, l’unité de la graphie incite à penser que la rédaction eut lieu d’un seul trait.
94 pages ont été copiées avant le 17 juin : il aurait donc fallu 169 jours environ à notre moine pour le faire, la copie a pu alors commencer au début de janvier 1227. De même, 101 pages ont été copiées après le 9 août 1227, ce qui lui ferait terminer son ouvrage vers le 5 janvier 1228. On peut alors considérer sans trop de risque que la première campagne de rédaction du cartulaire occupa globalement l’année 1227.

4. Le contenu du cartulaire tel qu’il se présentait en 1227

L’organisation interne du cartulaire se divise en deux parties (on laisse ici de côté les continuations des XIIIe-XVe siècles) : la première, compilée par Guillaume, est consacrée à des chartes datant pour la plupart de la seconde moitié du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle, jusqu’en 1227, en tout 202 actes. Le classement des chartes y est thématique, globalement rigoureux, mais souffre quelques exceptions : viennent en tête les bulles pontificales (Alexandre III, Lucius III, Célestin III, Innocent III et Honorius III), les actes des évêques de Lisieux (Arnoul, Raoul de Varneville, Guillaume, Jourdain du Hommet, Guillaume II), d’Evreux et des archevêques de Rouen (Hugues d’Amiens, Rotrou de Warwick, Robert Poulain, Thibaud d’Amiens), entrecoupés par des règlements d’affaires obtenus devant des juges délégués pontificaux. Après les actes d’autorités ecclésiastiques sont transcrites les chartes royales de Henri II et de ses fils (Henri le jeune, Richard Cœur-de-lion), enfin les actes des comtes de Meulan : Galeran II et son fils Robert IV ; suivent enfin les chartes de bienfaiteurs laïcs divers.
La seconde partie, également rédigée par Guillaume, commençant au feuillet 97, constitue la part la plus intéressante du cartulaire de Préaux : on y compte 200 actes, des notices pour la majorité d’entre eux, retraçant les acquisitions faites par les moines depuis la fondation de l’abbaye en 1034 jusqu’à l’abbatiat de Michel du Bec (1152-1167). Ces notices suivent un classement globalement géographique, qui met en évidence plusieurs dossiers concernant chacune un même lieu, à l’intérieur desquelles le classement est globalement chronologique ; nombreuses cependant sont les exceptions, les notices inclassables, ou copiées plusieurs fois, ce qui trahit un remaniement en partie attribuable au cartulariste.
L’originalité de ce cartulaire réside dans cette seconde partie du manuscrit constituant un recueil de notices des XIe et XIIe siècles, vestige d’un ancien rouleau [22] , dont la teneur sans doute largement remaniée, n’est pas sans rappeler celle du rouleau de Saint-Évroult, conservé à la Bibliothèque nationale de France [23] . Le cartulaire de Préaux confectionné en 1227 réalise ainsi la synthèse d’un ancien cartulaire chronique du XIIe siècle, où la conception du cartulaire comme outil historiographique est manifeste, et chartes nouvelles compilées au XIIIe siècle dans une optique plus gestionnaire.

5. Exemples d’actes extraits du cartulaire

Parmi les 403 actes que comprenait le cartulaire en 1227, près de 200 sont des notices datant des XIe et XIIe siècles : rédigées sous un mode narratif, avec parfois des apartés dus au scripteur, elles s’enchaînent les unes aux autres comme le feraient les articles d’une chronique relatant l’évolution et l’histoire de la constitution du patrimoine de l’abbaye depuis sa fondation (voir A59). L’ordre de classement n’est pas strictement chronologique ni même toujours cohérent, il trahit des réécritures, des reclassements effectués avant même le travail du cartulariste.
Les notices du recueil comportent rarement une date millésimée (celles-ci apparaissent au XIIe siècle, voir A31), au contraire, l’époque de l’action qu’elles rapportent est bien souvent située par l’évocation d’un événement (voir actes A59, A61), par la mention du duc régnant, ou de l’époque d’un abbé. Les listes de témoins, parfois abondantes, et mettant souvent en scène des familiers de l’abbaye permettent également, par recoupement, de dater ces actes. Autre caractéristique, ces notices comportent des localisations bien souvent vagues et laconiques ; elles mettent plutôt l’accent sur l’identité des donateurs, leur motivation, la tradition, les témoins de la cérémonie.
Les quatre notices ici éditées sont précédées de leur numérotation d’ordre dans la thèse citée plus haut [24] [24]

Quelques notices extraites du cartulaire de Saint-Pierre de Préaux

N° A59
[…1066 – 1094]

Geoffroi [Ier], fils d’Osberne de Tourville, confirme avec l’accord de Roger de Beaumont et de ses fils Robert et Henri, les dons faits à l’abbaye Saint-Pierre de Préaux par son père Osberne, fils de Duveline : ce dernier avait donné la dîme et la mouture d’un vavasseur nommé Rainaud, du consentement de Roger de Beaumont et de ses fils.
B : Cartulaire Arch. dép. Eure, H 711, fol.112v, n°336. En rubrique : « Ex dono Osberni de Turwilla decimam et molturam cujusdam wawassoris ». [Copie Delisle, BnF, nouv. acq. lat.1025, fol.142-143, n°336].
C : Cartulaire du XVe siècle, BnF nouv. acq. lat.1929, fol.73, n°242.
Geoffroi Ier de Tourville, fils d’Osberne de Tourville est mort vers 1124 après avoir eu les deux yeux crevés sur l’ordre du roi Henri Ier. Son père est attesté vers 1050 (Dumonstier, A., Neustria pia…, p. 522), mais est mort avant 1094, date du décès de Roger de Beaumont qui préside à la confirmation relatée dans cette notice ; une autre version de cet acte est transcrite dans le cartulaire (n°A39 de notre édition). Le souverain dont il est question dès le début de l’acte est Guillaume le Conquérant, d’après les notices qui précèdent celle-ci dans le cartulaire.
Eodem (a) iterum principe regnante, Osbernus de Turvilla, filius Duveline, dedit Sancto Petro de Pratellis decimam et molturam cujus sui vavasoris, nomine Rainaldi, pro anima patris sui et matris sue, teste (b) Heleboldo, fratre suo, et Roberto, dapifero, et Gisleberto filio Audomeri. Testes Sancti Petri : Gislebertus Chiderun ; Robertus, portarius.
Mortuo vero predicto Osberno, Gaufridus, filius ejus, concessit et confirmavit donum patris sui signo crucis et posuit super altare per unum candelabrum, teste (c) Walterio, granceario ; Moyse ; Burnulfo, bubulco. Hec dona duo predicta, assistente et concedente Rogerio Belli Montis cum filiis suis, Roberto et Henrico, firmata sunt.
(a). eodem suivi de tempore biffé dans B. — (b). Sic B, C. — (c). Sic B, C.

N° A64
1091

Geoffroi et Roger, fils de Gilbert, tous deux chevaliers, donnent à l’abbaye Saint-Pierre de Préaux une acre de terre sise en leur domaine de Campigny1, pour l’âme de leur frère Robert Belet récemment tué à Evreux. Ils ajoutent sept autres acres que leur père avait depuis longtemps engagé auprès des moines contre cinquante sous de roumois qu’il avait reçus de son vivant.
B : Cartulaire Arch. dép. Eure, H 711, fol.113v, n°341. En rubrique : « Ex dono Gaufridi et Rogerii pro anima Roberti Beleit primum unum agrum postea VII, apud Campiniacum ». [Copie Delisle, BnF, nouv. acq. lat.1025, fol.145-146-, n°341].
C : Cartulaire du XVe siècle, BnF nouv. acq. lat.1929, fol.73v, n°247.
Henri Ier fut assiégé au Mont-Saint-Michel par ses frères Guillaume II, roi d’Angleterre, et Robert Courte-Heuse pendant tout le Carême 1091 (du 26 février au 13 avril 1091) ; la réconciliation entre les frères intervint avant l’été (David, Charles Wendel, Robert Curthose Duke of Normandy, Cambridge, Harvard University Press, 1920, p.62-64-65).
Anno quo Willelmus Rufus, rex Anglorum, et Robertus, comes Normannorum, obsederunt suum fratrem Henricum in Monte Sancti Michaelis, duo fratres, scilicet Gaufridus (a) et Rogerius, filii Gisleberti, venerunt in capitulum monachorum Pratellensium et pro anima Roberti Beleth, fratris eorum recenter interfecti apud Ebroicas, et pro animabus suorum parentum per unum cutellum portantes atque ponentes super altare sancti Petri, astante omni conventu et multis laicis, dederunt perpetualiter sancto Petro et monachis agrum terre quem in suo dominio habebant in Campiniaco et illos septem alios agros terre quos pater eorumdem militum abbati Pratellensi et monachis posuerat jamque diu in vadimonium tenuerant pro quinquaginta solidis romeisinorum. Hos autem denarios predictus Gislebertus ab abbate et a monachis receperat cum adviveret. Hujus donationis testes affuerunt ex parte ipsorum : Willelmus, nepos et armiger eorum (b) ; Ricardus Wanescrot ; ex parte abbatis : Willelmus Maledoctus ; Radulfus Cocus ; Hunfridus, hospitator ; Gaufridus Polardus ; Rogerius filius Christiani ; Ascelinus ; Postellus Parvulus.
(a). Gaufriduns B, corrigé dans C. — (b). La ponctuation du cartulaire, pour fiable qu’elle soit, invite à rapprocher nepos et armiger eorum de Guillaume plutôt que de Richard Wanescrot.

Campigny, Eure, cant. Pont-Audemer.

N° A31
1120 (ou 1130 ?)

Osberne de Saint-Samson1 donne en aumône à l’abbaye Saint-Pierre de Préaux, avec l’accord de son épouse Havoise et en présence d’une foule de moines, clercs et laïcs, six acres de terre et le paysan y demeurant. Il fait ce don parce que Robert, moine de Préaux, a construit l’église paroissiale de Saint-Samson [-sur-Risle]. Il ajoute aussi une autre église, située non loin du village, [dédiée à saint Bérenger].
B : Cartulaire Arch. dép. Eure, H 711, fol.106, n°312. En rubrique : « De Roca. Quomodo Sanson dedit nobis sex acras terre et unum rusticum supermanentem ». [Copie Delisle, BnF, nouv. acq. lat., 1025, fol.127-128, n°312].
C : Cartulaire du XVe siècle, BnF nouv. acq. lat., 1929, fol.68, n°215. Dans la marge : « Brothonne » barré et corrigé en « La Roqueou etoit la chapelle de saint Berenger ».
Une inscription qui se trouvait dans l’église de Saint-Samson-sur-Risle (voir Le Prévost, Auguste, Mémoires (…) pour servir à l’histoire du département de l’Eure, 1862-1869, t. III, p.203), mentionnait la date de la dédicace de l’église qui eut lieu le 6 décembre 1129, célébrée par l’archevêque de Dol Baudri de Bourgueil ; Saint-Samson faisait en effet partie de l’exemption de Dol. Quelques mois après, le 5 janvier 1130, Baudri mourut et fut inhumé dans l’abbatiale de Préaux.
On peut se demander pourquoi près de dix ans ont séparé l’achèvement de cette église, ici sous-entendu, et la cérémonie de dédicace. Faut-il soupçonner une erreur de transcription du copiste du cartulaire qui aurait oublié un X en recopiant la date ? Le paysan donné ici en aumône est-il le même que celui évoqué dans la notice suivante, auquel cas, cette donation aurait effectivement eu lieu en 1130 ?
Anno ab Incarnatione Domini M° C° XX°, Osbernus Sancti Sansonis cum uxore sua Hatvidis venerunt Pratellum et coram magna multitudine monachorum et clericorum et laicorum dedit sancto Petro super altare in elemosina sex acras terre et unum rusticum desuper manentem. Ideo enim ita egit, quia Robertus, noster monachus, ecclesiam parrochie totam a fundamento construxit, et aliam ecclesiam, que (a) longiuscule a villa aberat, similiter in elemosinam tribuit (b). Testes ex parte monachorum (c) : Willelmus Albe Vie ; Osbernus filius Hunfridi et Herluinus filius Radulfi Coci et Ricardus filius Hatvidis ; Willelmus filius Caveller (d) ; Tustinus Male doctus ; ex parte Osberni : Fulco, presbiter ; Radulfus Rufus ; Alnaricus(e), nepos Osberni ; Robertus Brito.
(crux) Signum Osberni de Sancto Sansone. (crux) Signum Amalrici (f). (crux) Signum Hatvidis, uxoris ejus. Signum (crux) Radulfi, filii eorum. (crux) Signum Ricardi filii Herberti.
(a). qua corrigé en qui dans B ; corrigé dans C en que. — (b). Sancti Berengerii, ajout du XIVe siècle dans la marge de droite de B. — (c). monachus B, corrigé dans C en monachorum. — (d). Sic B, Cavelier C. — (e). Sic B, C. — (f). Almarici C.

Saint-Samson-sur-Risle, Eure, cant. Quillebeuf-sur-Seine, comm. Saint-Samson-de-La-Roque

N° A32
[1130 – 1131/1144]

Robert, prieur de l’abbaye Saint-Pierre de Préaux, reçoit Osberne [de Saint-Sanson] de la main de Robert le Breton : avec l’accord de son seigneur l’archevêque de Dol Geoffroi1, Osberne devient moine. Pendant sa maladie, cause de sa mort, sur les conseils de l’archevêque, Osberne avait donné à l’abbaye un hôte nommé Durand Malpuint et toute sa terre, dont les moines avaient été investis par son prévôt Rainfroi ; Havoise, épouse d’Osberne, et Raoul son fils avaient donné leur accord.
B : Cartulaire Arch. dép. Eure, H 711, fol.106v, n°312 bis. En rubrique : « Item de Roca. De Durando Malpuint ». [Copie Delisle, BnF, nouv. acq. lat., 1025, fol.128, n°312].
C : Cartulaire du XVe siècle, BnF, nouv. acq. lat., 1929, fol.68, n°216. Dans la marge : « Brothonne » barré et surmonté de « La Roque ».
La datation de cette notice est déterminée par l’épiscopat de Geoffroi, l’archevêque de Dol entre 1130 et 1144. Il succéda à Baudri de Bourgueil qui se fit enterrer dans l’abbatiale de Saint-Pierre de Préaux, devant le crucifix du chœur (Cf. A. N, M725, fol.17 et Le Prévost, Auguste, Mémoires (…) pour servir à l’histoire du département de l’Eure, 1862-1869, t. III, p. 203).
L’entrée d’Osberne de Saint-Samson dans la communauté monastique de Préaux eut lieu avant 1135: entre 1135 et 1150, son fils Raoul de Saint-Samson apparaît comme ayant déjà hérité des terres de son père, donnant son accord à la concession de terres sises à Saint-Samson par Richard Broc en faveur des lépreux de Pont-Audemer (Mesmin, Simone, « Du comte à la Commune : La léproserie de Saint-Gilles de Pont-Audemer », dans Annales de Normandie, mai 1987, p. 257-258).
Raoul le Roux, témoin de cette charte et de la précédente, est neveu de l’archevêque de Dol Baudri de Bourgueil et frère de l’archevêque Geoffroi. Il atteste en 1141 un acte de son frère en faveur de Saint-Sauveur de La Vieuville (D.H. Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire (…) de Bretagne…, t. I, coll. 582).
Supradictus Osbernus, infirmitate cogente qua et mortuus est et Goisfredo, archiepiscopo Dolensi, domino ejus dante consilium, donavit sancto Petro et monachis ejus unum hospitem et totam terram suam, nomine Durandum Malpuint, jure elemosine, tenente unam virgam ex una parte et Hatvide, ejus uxore, ex altera parte et concedente et donante pariter istud et filio eorum Rodulfo. In eo die fecerunt nos saisire de hoc homine per Rainfredum suum prepositum.
Mox denique, jussu archiepiscopi, Robertus Brito Roberto priori liberavit Osbernum per manum, ut faceret monachum. Hoc factum est concessu et admonitione jam dicti archiepiscopi G[oisfredi]. Testes ex parte Osberni : Amlricus (a) ; Ricardus filius Herberti ; Fulco, presbiter ; Robertus Hait ; Hatvidis ; Agnes, filia ejus. Testes Sancti Petri : Radulfus Rufus, nepos Baldrici episcopi ; Ricardus Nanus ; Herluinus, camerarius ; Goisfredus de Mara cum aliis multis.
Signum (crux) archiepiscopi. (crux) Signum Osberni. Signum (crux) Rodulfi, filii ejus. (crux) Signum Amalrici (b). Signum (crux) Hatvidis.

(a). Sic B, C. — (b). Almrici C.
[1] Geoffroi, archevêque de Dol, 1130 – 1144.
[2] Gesta Sanctorum Patrum Fontanellensis coenobii, éd. Fernand Lohier et Dom Jean Laporte, Paris/Rouen, Société de l’Histoire de Normandie, 1936, chap. VIII, par.7 ; voir aussi Laporte, Jean « Une variété de rouleaux des morts monastiques. Le testament d’Anségise (833) », Revue Mabillon, 1952, p.45-55. Sur la fondation de l’abbaye par Onfroi de Vieilles et Gradulfe de Fontenelle, voir l’Inventio et miracula sancti Vulfranni, éd. Dom Jean Laporte, Rouen/Paris, Société de l’Histoire de Normadie (Mélanges, vol. 14) 1938, p.51-52.
[3] Voir Lohrmann, Dietrich, « Le moulin à eau dans la cadre de l’économie rurale de la Neustrie (VIIIe-IXe siècles) », in La Neustrie : les pays au nord de la Loire de 650 à 850. Colloque historique international, Sigmaringen, 1989, t. I, p. 380-381.
[4] Sur le temporel de Saint-Pierre de Préaux, voir Gazeau, Véronique, « Le temporel de l’abbaye Saint-Pierre des Préaux au XIe siècle », in Recueil d’études en hommage à Lucien Musset (Cahier des annales de Normandie, n°23), Caen, 1990, p. 237-253 ; Musset, Lucien, « Autour de la Basse-Dive, le prieuré de Saint-Pierre de Rouville et ses dépendances d’après ses plus anciennes chartes », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, t. 59, 1990, p. 247-258 ; Rouet, Dominique, « Une dépendance de l’abbaye Saint-Pierre de Préaux : le prieuré Sainte-Radegonde de Neufchâtel-en-Bray d’après les sources de l’abbaye de Préaux », Annales de Normandie, 1999, n° 5, p.515-538.
[5] Il s’agit respectivement des manuscrits H711, Arch. dép. Eure, et nouv. acq. lat.1929 de la Bibliothèque nationale de France.
[6] Cette description du cartulaire de Préaux reprend la substance des conclusions tirées dans le cadre de ma thèse d’École des chartes, Le cartulaire de Saint-Pierre de Préaux : étude et édition du manuscrit dans son état de 1227, Paris, 1999 (thèse dactylographiée, projet de publication en cours) ; voir aussi Rouet, Dominique, « Le cartulaire de Saint-Pierre de Préaux : étude et édition du manuscrit dans son état de 1227 », Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1999 pour obtenir le diplôme d’archiviste paléographe, Paris, 1999, p. 341-347.
[7] . 20,5cm de largeur sur 28,5cm de hauteur.
[8] Cette reliure fut exécutée en 1859 par le relieur Guignard, comme l’indique une discrète dorure placée au bas du premier plat intérieur. Elle a remplacé celle qui, au XVe siècle, était ornée de fermoirs d’argent à lacs de soie (voir thèse citée note 6, t. I, p.122).
[9] La graphie employée est très proche de celle d’une série de chartes copiées dans le cartulaire au XIVe siècle.
[10] On doit rapprocher l’écriture employée à celle présente dans la première partie du second cartulaire de Préaux datable de la fin de la première moitié du XVe siècle et, de ce fait, on peut situer sans grand risque cette seconde campagne de foliotation autour de 1450 (BnF, nouv. acq. lat. 1929).
[11] . Leur rédaction et insertion dans le cartulaire à cet endroit doivent être datées du tout début du XIVe siècle : le moine qui les a transcrits a aussi copié à la fin du troisième cahier trois actes datés de 1302.
[12] 21cm environ de hauteur ; largeur : 14,5 cm.
[13] Par exemple le n°A144 de notre édition dont la rubrique est : « Ex dono Osberni de Magniwilla, terram duorum virorum unum in portaria super willam, alterum in Magna Willa ».
[14] Dumonstier, A., Neustria pia, p.512 ; Gallia christiana, t. XI,. col. 839.
[15] Pâques 1221, échiquier de Caen : « Preceptum est quod omnes illi qui habent cartas de abbate et conventu de Pratellis cartas illas afferant ad instans scacarium de termino Sancti Michaelis instantis, ut per eas possit cognosci coram mandato domini regis que illarum facte sunt ad dampnum ecclesie et que non » (Delisle, Léopold., Recueil des jugements de l’Echiquier…, n° 306, p. 77).
[16] Registrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis. Journal des visites pastorales d’Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, 1248-1269, éd. Théodore Bonnin, Rouen, 1852, p. 295.
[17] H 711, fol. 80, n° 209/n°B184 : « Re vera, Bernardus, tunc temporis abbas de Pratellis, multum laboravit pro terra et domibus quas quondam tenuit magister Osmundus phisicus. Quas domos postea predictus B [ernardus] donavit magistro Seobaldo pro suo servicio, ita scilicet quod predicte domus post mortem predicti Seobaldi revertentur cum omni sua melioratione ad monachos de Pratellis ».
[18] « Somnium magistri Willelmi scriptoris hujus libri ».
[19] H711, fol. 48v, n° 107. Warmington, Angleterre, co. Warwickshire. Voir ma thèse, t. I, p.127-128.
[20] H711, fol. 63v, n°156. Dans le cartulaire nouv. acq. lat., 1929, cette intervention du copiste est glosée dans l’index des chartes par la mention : Ibi fit inventio de vasa in quo servatur S[anctissimum] sacramentum (fol. V).
[21] L’acte le plus récent copié dans ce cartulaire est daté de la veille de la Saint-Barnabé 1227, soit le 11juin 1227 (H 711, fol.68-v, n°171/n°B188 de notre édition).
[22] Deux notices du cartulaire citent explicitement l’existence du rouleau (n°A42 et A44 de notre édition).
[23] BnF, nouv. acq. lat. 2527.
[24] Voir note n°6.

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