BRANVILLE



NOTES sur BRANVILLE – 14093

Branville, canton de Dozulé.
Branda Villa, 1030 (pouillé de Lisieux, p. 44 note 2).
Branvilla,
Brandevilla, XIV siècle (ibid.)

Doyenné de Beaumont
Par. de Saint-Germain, aujourd’hui Saint-Martin
patr. l’abbé de Sainte-Catherine-du-Mont, puis les Chartreux de Gaillon.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Beaumont.
Génér. de Rouen,
élect. de Pont-l’Evêque,
sergent. de Beaumont.

Manoir dit de la Montagne, 1620 (fiefs de la vicomté d’Auge).
Fief de la vicomté d’Auge, ressortissant à la sergenterie de Dive.
Le fief de La Montagne quart de fief assis à Branville, possédé par Régné d’angerville Ecuyer.
Le fief de Branville, quart de fief assis en ladite paroisse de Branville, possédé par les religieux Chartreux de Gaillon.

Hameaux de BRANVILLE:
BELLE-EPINE (LA), BLOC (LE), BLOT, Chartreux (Les), CLOSETS (Les), Coudray (Le), Croix (LES), Douet-Champion (LE), FRICHE (LE), Hameau-aux-Lièvres (LE), Hamel (LE), Hamel-aux-Blancs ( Le), Jourdain (LE), Laurent, LIEU-BLOCHE (LE), Lieu-Blot (LE), LIEU-DU-PONT, Lieu-Héron (LE), LIEU-ROCQUE(LE), Lieu-Thomas (LE),
Lièvres. (LES), Maison-aux-Lions (LA), [Maison-Bazinier.(La), éc], [Mare-aux-Pois (Là), La Mare-aux-Poids, 1848 (état-major).], MONTAGNE(LA), PONT (LE),

BRANVILLE, prieuré bénédictin de Ste-Catherine-du-Mont, diocèse de Lisieux, auj. Bayeux, archidiaconé d’Auge, cant. Dozulé, arrond. Pontl’Évêque, entre la Dive et la Tourques. LONGNON, II, 256.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome IV page 62

Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 708.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes de M. Ch. Vasseur.

Branville, Branvilla, Brandavilla, Braanvilla,

Branville est une grande et belle église, située tout la route de Lisieux à Dives.
Elle appartient, dans sa plus grande partie, au style du XIIIe. siècle, et en est un des plus beaux spécimens pour un édifice rural. Elle se compose d’un choeur, d’une nef et d’une tour placée en saillie entre les deux, au nord.
Le principal portail ne paraît point avoir été placé à l’ouest.
Cette partie est un mur droit, à pignon, dont l’appareil est un petit blocage, flanqué de trois contreforts, celui du milieu beaucoup plus élevé que les deux autres. Ces trois contreforts divisent le mur en deux parties égales. La plus voisine du nord est percée d’une belle porte ogivale, à deux voussures composées de moulures toriques portées par des colonnettes cylindriques, avec charmants chapiteaux à crossettes, tailloirs carrés et bases de la première moitié du XIIIe. siècle.
Le tympan a toujours dû être plein ; du reste, la baie est actuellement bouchée. Elle est certainement inachevée, car à droite et à gauche, dans les angles formés par le plat du mur et les saillies des contreforts, on trouve des massifs de maçonnerie inachevés, peu élevés au-dessus du sol, portant des bases et des fûts de colonnettes de même diamètre entr’elles et semblables à celles qui supportent les archivoltes de la porte, et qui certainement étaient destinées à porter d’autres archivoltes restées à l’état de projet par une cause quelconque.
Les deux murs latéraux sont aussi du commencement du XIIIe, siècle, bien qu’ils aient, dans certaines parties, une ornementation usitée dès le XIIe. siècle. Les murs sont construits en petit blocage et en partie recrépis au midi. De ce même côté, cinq contreforts les flanquent. Les deux premiers, vers l’ouest, sont larges, peu saillants, et seraient peut être les restes d’une construction antérieure remontant au
XIIe. siècle ; les trois qui suivent sont du XIIIe. La corniche est à dents de scie, portée par des modillons à figures grotesques d’hommes et d’animaux. Un cordon semi-torique court sur les murs, à la hauteur de la première retraite des contreforts.
La première travée est éclairée par une fenêtre moderne, au dessus de laquelle on voit les traces d’une ogive maintenant bouchée. Dans la deuxième travée est pratiquée une porte ogivale, à voussures composées de quatre grosses moulures toriques qui retombaient sur quatre colonnettes, maintenant détruites, dont les chapiteaux sont à crossettes et à feuillages.
Malgré quelques commencements de restaurations modernes, ce travail est de la belle exécution du XIIIe. siècle.
Cette porte était abritée par un large larmier sur lequel on voit des traces d’un porche qui n’existe plus, et dont les eaux devaient se déverser dans une gargouille en pierre qui est encore restée accrochée au contrefort voisin.
Les trois travées visibles de la nef, vers le nord, sont soutenues par trois contreforts en pierre de taille, semblables à ceux du midi, et qui datent aussi du XIIIe. siècle ; même cordon torique ; même corniche à dents de scie avec modillons grotesques. Seulement, une seule fenêtre s’ouvre de ce côté, dans la travée la plus voisine de la tour ; elle est formée d’une assez étroite lancette épannelée, protégée par une archivolte que soutient, de chaque côté, une petite colonnette avec bases du XIIIe. siècle et chapiteaux à crossettes, dont les tailloirs sont carrés et épais. Sur la travée supérieure s’attache la tour, formant avant-corps. C’est une masse carrée, peu élevée, construite en très-petits moellons taillés régulièrement, et flanquée, sur chaque face libre, de deux contreforts. Elle est divisée, à peu
près à moitié de sa hauteur, par un larmier ; elle a, pour toute ouverture, au levant et au couchant, une petite lancette fort étroite, percée au rez-de-chaussée; et au premier étage, une troisième baie semblable, qui prend le jour au nord. Toute cette construction date du XIII. siècle. Au-dessus s’élève une pyramide en charpente, recouverte d’ardoise, ajourée de petites lucarnes, et qui date seulement du XVe. siècle.
Le choeur n’est que très-légèrement en retraite sur la nef; chacun de ses murs latéraux est construit en moyen appareil, soutenu par trois contreforts à deux larmiers. La corniche est formée d’une série de petites arcatures ogivales, disposées par deux entre chaque modillon. Ces modillons sont à figures grimaçantes, comme ceux de la nef. Un cordon semi-torique continu, entre les contreforts, servait d’appui aux fenêtres primitives.
Ces fenêtres, distribuées une dans chaque travée étaient d’étroites lancettes dont l’angle était , simplement taillé en biseau, et qu encadrait une sorte de voussure composée d’un larmier dont une colonnette du XIIIe, siècle, avec sa base et son chapiteau à crossettes, recevait chacune des retombées.
Les tailloirs des chapiteaux étaient épais et se prolongeaient en cordon sur le plat des murs. Le chevet était droit, construit, comme les murs latéraux, en moyen appareil; soutenu par deux contreforts également du XIIIe. siècle, et percé de trois jolies lancettes semblables, pour le galbe et l’ornementation, à celles des côtés latéraux ; mais celle du milieu s’élevant d’un tiers à peu près au-dessus de ses compagnes, bien que son archivolte n’ait, pour soutenir ses retombées, que deux colonnettes arrêtées, comme toutes les autres, au niveau du larmier continu. Les ravages du temps ont fait disparaître ce bel ensemble que nous avait laissé le XIIIe. siècle.
Actuellement, au midi, une seule fenêtre date de l’époque primitive, celle de la deuxième travée. Celle qui occupait la première travée a fait place à une espèce de trou carré. On a pourtant conservé, au-dessous, une petite porte ogivale du XIIIe. siècle, à moulure torique, avec deux colonnettes. A la troisième travée, des restaurations, encore inachevées, ont pour but de rétablir l’harmonie primitive.
Le côté du nord a moins souffert des mutilations ; avec un contrefort réparé simplement en briques, il n’a perdu que la fenêtre de sa dernière travée.
Au-dessous de cette fenêtre moderne était ouverte, comme au midi, une toute petite porte ogivale, fort basse, actuellement bouchée.
Contre le chevet est adossée une sacristie polygonale assez vaste.

Intérieur.
— Ce choeur n’était pas moins remarquable à l’intérieur. Ses trois travées sont voûtées en pierre, avec arceaux croisés et arcs-doubleaux de forme torique, reposant, à chaque retombée, sur des colonnes semi-cylindriques engagées dont les chapiteaux, surmontés de tailloirs très-épais, sont garnis de deux rangs de feuillages variés. Les clefs de voûte sont ornées de fleurons.
L’établissement d’un lambris avait fait mutiler les fûts et les bases de ces colonnettes jusqu’à une certaine hauteur.
On vient de les rétablir. On avait mutilé, par le même motif, une belle piscine ogivale, à deux baies trilobées surmontées d’un trèfle, que portaient trois colonnettes trapues. Une seule, avec son chapiteau à crossettes, a survécu ; le reste est une restauration moderne.
Les belles lancettes primitives sont posées, comme à l’extérieur, sur un tore continu, et une archivolte semblable leur sert d’ornement.
La nef a beaucoup moins d’intérêt : la voûte est en merrain, avec six entraits et poinçons grossiers que M. Vérolles, architecte, regardait comme la charpente primitive du XIIIe. siècle.
Cependant une voûte de pierre a dû couvrir aussi, dans l’origine, toute la nef, ainsi que l’atteste une amorce encore visible à l’angle sud-ouest.
La base de la tour a dû servir de chapelle ; elle communiquait avec la nef par une large ogive sans moulures, maintenant bouchée. Cette chapelle n’offre rien de caractéristique à l’intérieur.
Dans l’étage supérieur est une cloche ancienne, dont voici l’inscription :

MAITRE NICOLAS LE FEBVRE PRETRE BACHELIER EN THEOLOGIE DE
PARIS CURE DE BRANVILLE ASSISTE DE MADAME ANNE DE LA PLACE Ve.
DE M. LECARPENTIER EN SON VIVANT CONSEILLER LIEUTENANT EN ELECTION
DE PONTLEVEQUE MA NOMMEE ET BENIE EN LHONNEUR DE ST. GERMAIN ET
DE Ste. ANNE FRANCOIS DU BOS TRESORIER EN CHARGE.
ALEXIS LAVILLETTE. DE LISIEUX MA FAITE EN 1773.

L’église de Branville est sous l’invocation de saint Germain, et faisait partie du doyenné de Beaumont. Le patronage a toujours été ecclésiastique : dans l’origine, il appartenait à l’abbé de Ste.-Catherine de Rouen; au XVIIIe. siècle, les Chartreux de Gaillon en avaient la possession.
Au civil, Branville dépendait de l’élection de Pont-l’Évêque,
sergenterie de Beaumont, et comptait, au XVIIIe. siècle, deux feux privilégiés et quarante feux taillables.
Branville a figuré dans l’histoire dès le commencement du XIIIe, siècle. Après la conquête de la Normandie, par le roi de France Philippe-Auguste, Branville était un tiers de fief, dont le nouveau souverain fit généreusement hommage à un nommé Baudri de Nonchamp (Apud Branvillam tercium unius feodi quod Baudri de Nonchamptenet ex dono Regis,- Apud Andr, Duchesne, Reyestr. Feod.).

Je ne connais point de château ou de motte féodale; le manoir, la Montagne, se trouve peu éloigné de la grande route, au nord de i ‘église. C’est une vieille maison en bois, peu considérable, peu ancienne ( elle remonte, tout au plus, au règne d ‘Henri IV); elle n’a de remarquable que ses trois lucarnes cylindriques, qui montrent au loin des fragments d’épis en terre cuite, et surtout sa tourelle d’escalier, avec un énorme toit conique couvert d’ardoise.
En 1540, lors d’une recherche de la Noblesse, faite par les Élus de Lisieux, le fief de la Montagne appartenait à Robert Tollemer, qui, avec Charles, son frère, produisit un anoblissement concédé par le roi, en décembre 1313, à Jean Tollemer, leur père, pour 300 livres.

2 – Pièces Justificatives:

– Registres de Philippe Auguste fin du 13e – note en latin. –
Recherches des nobles de 1540
Robert Tollemer seigneur de la Montagne et Charles, son frère, ont produit un anoblissement concédé par le Roy Louis en décembre 1513 à Jean Tollemer, leur frère pour 300 livres –

D’Hozier n°349
N curé de Branville : d’azur à trois tours d’or. –

Bulletin Monumental Tome XX p.68 –

La Montagne
La Montagne est un vieux manoir construit en bois, peu considérable, peu ancien qui n’a rien pour attirer l’archéologue, que ses trois lucarnes cylindriques avec leurs toits coniques qui montrent au loin les fragments d’épis en terre cuite et surtout sa tourelle d’escalier avec aussi un énorme toit conique couvert d’ardoises. Cette construction remonterait tout au plus au règne d’Henry IV et dans tous les cas n’offre aucun intérêt. Elle appartient à Monsieur Radou, employé des Télégraphes, petit fils de feue Madame Granvallée de Lisieux à laquelle elle appartenait avant lui.

1030 – Cartulaire de l’Abbaye de la Ste Trinité du Mont de Rouen texte en latin

1006-1026 – Branville, Trouville.
Richard II souscrit la charte par laquelle Adèle, avec sa mère Lola, donne à Saint-Ouen de Rouen (…) ses biens à Branville, Airan, Trouville, le Héron (76); toutes les terres achetées par elle, avec le bétail et les serfs des deux sexes…
« … et partem quam habeo in Brant villa, et terram que nuncupatur Airan et Turulfi villa et Hairun, cum carruca una et omnia que ibi possideo. Nec non insuper trado illas terras, quas emi auro et argento meo, cum peccoribus et equis et servis et ancillis ».
= FAUROUX M. (1961), n°39, p.144

1030 – Branville
Robert le Magnifique confirme les donations faites à la Trinité du Mont de Rouen.
« …in pago Lisiacensi, mediatem Brande Ville et dimidiam ecclesiam; (…) et in pago lisiacensi Martin villam cum omnibus appenditiis suis »
= FAUROUX M. 1961, n° 61, p.187
= Adigard des Gautries.

1255
Confirmation par Robert Bertran des biens appartenant à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.(voir Xe au XVe siècles)¸ EDIT. Charles BREARD, Cartulaire de la baronnie de Bricquebec, n°33, pp. 220-224,
+ Léopold DELISLE, Cartulaires de Briquebec, (n° 6 et 127)

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles Vasseur : « Analyse et transcription… » fascicule III :
-page 197 : Noble dame Françoise Hurel, veuve de feu Maistre Jacques le Neuf, vivant escuyer, sieur de Tourneville et Branville, conseiller et procureur du Roy aux juridictions du Havre-de-Grâce, fait son testament le 11 avril 1686. Voir fichier Transcrisptions.doc
– page 248 ! 1740 22 mars
Feu Maistre Guillaume Lallemand vivant prestre curé de Branville

Election de Pont l’Evêque, sergenterie de Beaumont –
2 feux privilégiés – 40 feux taillables –
Sous l’Invocation de St Germain

Patronage:
14e Abbas S.Kath Rothom
16e 18e les chartreux de Gaillon

Curés:
Girard 1764
Le Febvre 1771/1787 –

Guillaume Lebarbier : charité de Surville
Guillaume Lallemand, curé de Branville

– Insinuations: – Description de l’église du 5 septembre 1856 –
Inscription sur la cloche
Maître Nicolas Le Febvre prêtre bachelier en théologie de la faculté de Paris, curé de Branville, assisté de Madame Anne de la Place, veuve de Monsieur Lecarpantier, en son vivant conseiller lieutenant en l’élection de Pont l’Evêque, m’a nommée et bénie en l’honneur de St Germain et de Ste Anne.
François Du Bos trésorier en charge.
Alexis Lavallette de Lisieux m’a faite en 1773.

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