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FUMICHON



FUMICHON – 14293
Michel COTTIN – Mai 1990

– Cf. le cartulaire de Fontenay-le-Marmion !!!!!!!
– Paul LE CACHEUX, Actes de la chancellerie d’Henri VI concernant la Normandie sous la domination anglaise ( 1422-1435 ) , Rouen-Paris, Lestringant-Picard, 1907, 2 vol., In-8°, II, 356, Pierre de Manneville et Jacqueline La baveuse.
– Sur les de Longchamp, revoir d’une part les Cartulaires de Saint-Ymer-en-Auge publiés par Bréard et l’Apologie ou plaidoyer pour moi-même de Thomas Basin, pp. 46 et 61.

1 – LE CHATEAU de FUMICHON
2 – PIECES JUSTIFICATIVES
3 – Archives SHL :
4 – BIBLIOGRAPHIE

1 – LE CHATEAU de FUMICHON

Le château de FUMICHON, par son ampleur et son homogénéité apparente reste l’un des monuments les plus attachants des environs de Lisieux et malgré les innombrables mentions qui en sont faites, il n’a jamais fait l’objet de recherches approfondies.; L’essentiel de notre connaissance réside dans les deux notices de Charles VASSEUR [1] et de Louis Rioult de Neuville [2] notices fréquemment reprises [3] sans ajouts notables.; Quoique souvent mentionné par Louis Hautecoeur  [4]  il ne paraît pas que cet auteur l’ait visité.

Notre propos n’est pas, en quelques pages, d’écrire l’indispensable monographie qu’un tel monument mérite. Mais il nous a été donné, voici un peu plus de vingt ans, de pouvoir en étudier l’architecture assez longuement et grâce à ses nouveaux propriétaires nous avons pu procéder à quelques contrôles, ce qui nous permet de cerner ici ses  » caractères originaux « . Cette étude porte essentiellement sur le corps de logis, le donjon et les pavil­lons encadrant la Cour d’Honneur. Si nous con­naissons une bonne partie de ses propriétaires et si nous pouvons suivre l’évolution du domaine à l’époque moderne, il reste à pousser plus avant les recherches sur son ori­gine et ses liens avec la Baronnie de Tillières. Deux des posses­seurs de ce domaine, Guy et Jean de Lonchamp, l’un après l’autre capitaines et gouverneurs de Lisieux, mériteraient des biographies éclairant leur rôle respectif lors des Guerres de Religion, leur action dans la Ligue

Situation – Accès

Lorsque l’on emprunte la route allant de Moyaux à Marolles, après avoir laissé sur notre gauche l’église de Fumichon, l’on aperçoit sur la droite la masse importante – pour la région tout au moins – du château et des constructions annexes. Situé en extrémité d’un plateau légèrement incliné vers le Sud, à 152 m. d’altitude, l’ensemble actuel nous paraît isolé au milieu des champs, des labours et des prés. Cependant, l’étude des photographies aériennes révèle l’existence à l’entour d’un vaste quadrilatère – peut-être boisé à l’origine – reste vraisemblable d’un enclos si nous en jugeons par la subsistance d’une légère levée de terre.

Lors de la mise en vente du domaine, le 18 juin 1816, voici la description qu’en donnait Maître TURPIN, Notaire royal à Moyaux :

 » A vendre, très belle terre patrimoniale, d’origine extrêmement reculée, ayant titre de Baronnie de Fumichon… Cette rare propriété est en bon terrain et dans une position très agréable. Du château, l’on voit sur la grande route de Paris à Caen [5] , laquelle est à peu de distance et sur toutes les grandes fermes au nombre de six dont elle est composée, y compris deux moulins à  » bled  » [6] , la rivière et les bois qui jouxtent « .
 » Elle est à deux lieues de Lisieux, quarante de Paris, quatorze d’Evreux et de Caen, quatre de Bernay et de Pont-Audemer.
 » Vaste château, cour d’Honneur, futaie de sapins, beaux bois remplis de gibier, prés, pâturages, labours; cent trente neuf hectares, treize à quatorze mille pieds d’arbres fruitiers ( plan renouvelé ) [7]

Actuellement, au Nord et à l’Est, la vue s’ouvre sur le plateau, par contre des bois, à l’Ouest et au Sud ferment le paysage.

L’accès, de nos jours, se fait par un chemin partant de la Départementale 143 A, mais il semblerait qu’il ait existé un certain nombre de voies reliant le château à ses différentes fermes, ainsi que des chemins forestiers mettant ce domaine en communication avec le château voisin d’Ouilly-la-Ribaude qui à plusieurs périodes de leur histoire appartinrent à la même famille.

Vu du chemin d’accès, entre les deux piliers, le corps principal n’offre au­cune unité mais l’ensemble, avec les deux pavillons encadrant la Cour d’Honneur et le long bâtiment reliant le pavillon de gauche par un élégant passage cir­culaire au corps de logis principal, ne manque pas d’ampleur. Non sans rai­son, L. de Neuville remarquait une certaine lourdeur due au peu d’élévation de constructions, mais cet écrasement n’est dû qu’à l’exhaussement de plus d’un mètre des terres environnantes et si par l’imagination nous lui redonnons son élévation d’origine, nous retrouvons un ensemble élancé,  bien proportionné, harmonieux.

En arrière vers la gauche, équilibrant la masse de l’aile de droite, la haute toiture du donjon surplombe les toitures du corps de logis principal et de l’aile en retour.

Plan et distributions intérieures
 

Les pavillons d’entrée et leurs prolongements, délimitent une « Cour d’Hon­neur » ouverte, à peu près carrée dont le logis occupe le fond. Celui-ci, longue cons­truction hétérogène offre une façade rectiligne sans saillie mais dissymétri­que, comportant, approximativement dans son centre, un portique à un étage couronné d’un fronton triangulaire. A son extrémité, vers l’Est, une aile, également à un étage, fait saillie sur l’arrière tandis qu’en façade une tourelle d’angle en encorbellement sur contrefort donne accès à l’étage. Intérieurement, postérieurement à sa construction, le rez-de-chaussée fut divisé dans le sens de la profondeur par un mur percé de 3 arcades aux piédroits moulurés tandis qu’à l’étage  une cloison de refend en pan de bois assure cette division, incluse elle dans le projet original.

 

Sur la façade Nord, cette aile et la tourelle  contenant l’escalier dont la saillie dépasse celle de l’aile, sont reliés l’une à l’autre par un mur mas­quant les galeries intérieures. Vers le Nord-Ouest, au delà de la tourelle d’escalier, le plan marque un décrochement correspondant à une moindre lar­geur de l’habitation. En retour, à l’extrémité Ouest du logis, une petite adjonction à un étage se raccorde au passage en arc de cercle reliant le corps de logis à l’aile tandis qu’une passerelle couverte, récente, donne accès au donjon.

 

Il s’agit on le voit d’un plan complexe ayant évolué au cours des siècles et si faute d’enquête ancienne ou de documents, on ne peut restituer la des­tination d’origine de ces bâtiments et de leurs diverses parties, la taille, l’équipement et la décoration la déterminent cependant clairement. Ainsi à gauche du logis principal nous trouvons les locaux de services à partir des­quels on accède au cellier et au donjon tandis que le portique central donne accès aux étages et à la partie droite où nous trouvons les pièces de réception en relation elles mêmes avec l’aile Ouest en retour par un corridor, en avant des pièces de service de la partie gauche, ce qui laisse à supposer que celle-ci avait également une fonction d’accueil.

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Elévations internes
 

Une des originalités de ce château, originalité insoupçonnable de l’extérieur, n’apparaît qu’à l’étude des structures internes où nous retrouvons, sous une partie du manteau de pierre et de brique visible, une longue construction à pan de bois, enrobée et fossilisée.

 

Il va sans dire que la présence d’une telle construction n’a pas été sans gêner les « habilleurs » de la fin du XVIe siècle et du XVIIIe siècle, d’autant que cette ancienne construction elle-même ne paraît pas très homogène, mais c’était là une pratique fort courante que nous avons retrouvée entre autres à CRICQUEVILLE, au MESNIL-GUILLAUME, à BELLOU [8]

 

En fait, dans tous ces cas, nous trouvons un manoir de bois construit à la fin du XVe siècle selon une mode héritée des Guerres d’Italie  et comportant sur la façade arrière une galerie ouverte mettant en communication les différentes pièces de l’étage [9] et à laquelle on devait accéder soit par une tourelle accolée vraisemblablement au centre du corps principal, soit par un escalier intérieur [10] . Dans le cas de FUMICHON, cette galerie subsiste entre les deux saillies – celle de l’aile Est  et de la tourelle d’escalier – ainsi qu’en témoignent les traces du passage actuellement fermé à hauteur d’étage mais encore ouvert au rez-de-chaussée tandis qu’aucune trace n’en révèle l’existence dans la partie Ouest du manoir, explicitant le rétrécissement du plan constaté ci-dessus.

 

L’examen de la charpente des combles où tous les changements de plan et d’élévation ont laissé leur empreinte, confirme cette analyse, car chaque reprise reste lisible par les différences de section des bois, le traitement de ceux-ci ou leur technique d’assemblage . L’on y remarque ainsi la présence d’éléments portant des traces d’assemblages à queue d’aronde provenant peut-être d’une charpente à chevrons porteurs [11] . Cette technique fréquente dans les combles des églises des XIIe – XIIIe siècles fut abandonnée généralement dans le Nord de la France vers 1260 [12]

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Elévations extérieures
 

Les murs

 

L’ensemble des murs, à l’exception du portique central  à étage, est consti­tué d’un appareillage mixte brique et pierre reposant sur un soubassement de silex recouvert à de nombreux endroits, à l’époque contemporaine, de ciment à joints simulés.

 

Sur la façade principale, dans la partie du logis ayant conservé le manoir primitif, l’ensemble du mur présente des grands panneaux de briques coupés horizontalement d’un large bandeau de pierre correspondant au niveau du plan­cher d’étage de cette construction primitive. Cette division a été conservée pour toute la façade alors même qu’à droite, l’étage intermédiaire était supprimé.

 

L’aile Est ne présentant pas les mêmes contraintes, a été édifiée dès l’ori­gine dans l’élévation et la hauteur sous plafond que nous lui connaissons Cette aile, la tour d’escalier Nord et le mur d’entre deux, utilisent con­jointement la pierre et la brique en longues harpes coupées à hauteur du plan­cher du premier étage par un bandeau de pierre, ici très légèrement saillant qui souligne le changement de niveau. Ce mur se termine par une frise où alternent la pierre et la brique et des consoles en talon reçoivent une tablette moulurée sur laquelle repose la toiture.

 

Sur la façade Nord, au delà de la tour d’escalier, nous retrouvons le mur de pierre et brique coupé par le bandeau de pierre que nous avons remarqué en fa­çade principal. La maçonnerie très bouleversée en de nombreux endroits con­serve les traces de multiples ouvertures et de non moins nombreux rebouchages. Nous y remarquons aussi deux hautes ouvertures encadrées de harpes tandis que le reste du mur de brique comporte des ouvertures percées très haut vers le sommet du mur. Une large et disgracieuse lucarne à trois fenêtres correspon­dant au portique de la cour d’honneur s’appuie sur la tourelle d’escalier dé-naturant cette belle façade.

 

A partir des différences relevées à la fois dans la modénature de la cimaise des tablettes des corniches, dans la forme ou dans le tracé des lucarnes et dans le profil des consoles, nous pouvons suivre les grandes campagnes de construction ou de transformation du logis principal, des pavillons et de l’aile Ouest.

 
Les ouvertures
 

Autant que la modénature des corniches, la forme et le décor des ouvertures et tout particulièrement des lucarnes apportent les éléments indispensables à l’établissement d’une chronologie relative de l’édification de ce monument.

 

Si beaucoup de ces ouvertures ont été modifiées, particulièrement sur le logis d’habitation, les pavillons, la tourelle d’escalier et les lucarnes ont conservé la majeure partie de leurs caractères d’origine, échappant à toutes ces transformations. Les lucarnes, en particulier peuvent être regroupées en quatre types et deux sous-types qu’il serait trop long de détailler ici. Mais deux des modèles les plus intéressants, le type I et le type II se rencontrant sur un certain nombre de châteaux de la région, une étude comparative sérieuse devrait conduire à établir des filiations et à resser­rer les datations de leur édification. Pour le premier type, il s’agit d’une lu­carne en façade à fenêtre tombante avec fronton triangulaire à ressauts laté­raux et à base interrompue dont le tympan est garni d’un bossage circulaire légèrement bombé se détachant sur un claveau à bossage traversant les trois assises jusqu’au linteau. Avec quelques variantes, nous retrouvons ce dessin sur la poterne du château de Mesnil-Guillaume. Quant au type II, implanté sur les pavillons d’entrée, il s’agit là aussi d’une lucarne en façade à fenêtre tombante mais ici, le fronton est en arc surbaissé et décoré à l’intrados de denticules et reposant sur une corniche à ressauts garnie de denticules et interrompue par le passage du claveau traversant les assises pour se terminer au linteau.

 

D’autres modèles, plus récents ou plus simples garnissent d’autres parties du château.

 
Les couvertures
 

Les différentes phases de la construction se lisent également dans la forme et la nature des toitures.

 

Si du manoir original, aucune trace extérieure ne subsiste, c’est cependant de la pente de sa charpente que procède l’élévation aiguë de la toiture de la partie droite du logis d’habitation – celle comportant en arrière la galerie de circulation – et sa hauteur dépasse celle de la maçonnerie qu’elle recouvre. L’aile qui lui fait suite ainsi que la tourelle arrière contenant l’escalier ont conservé leur charpente d’origine à deux versants avec coyaux d’une inclinaison proche de 45°. A gauche, au delà de la réfection du XIXeme siècle la ligne de faîtage s’abaisse et la pente redevient proche de 45 °.

 

Les petites tourelles cantonnant les pavillons et l’aile Est sont couronnés d’un comble à la Philibert Delorme sommé d’un lanternon aveugle et couverts d’ardoises.

 

Toutes les toitures sont en effet actuellement en ardoise à l’exception du comble brisé du passage cintré reliant le corps de logis à l’aile en retour à l’Ouest qui a conservé sa couverture de tuiles.

 
Le Donjon
 

Il peut paraître anachronique de parler de donjon en étudiant un ensemble de constructions pouvant être rapportées à l’extrême fin du XVIe siècle. Et cependant l’étude de la massive tour de brique en partie masquée par l’aile Ouest ne peut que confirmer cette destination quoique certains auteurs y aient vu un colombier. Cette affectation n’est pas à rejeter totalement car rien n’interdit de penser que le lanternon n’ait abrité quelques couples de pigeons chargés d’assurer la liaison avec d’autres points fortifiés des environs.

 

Peut-être doit-on rappeler le rôle des possesseurs de ce domaine dans la conduite des affaires municipales lexoviennes ou dans les événements de la Ligue.

 

S’élevant sur deux niveaux d’habitation et entouré à l’origine d’un large et profond fossé, cette tour comprend un niveau de mâchicoulis sous couronnement couvert d’une haute toiture conique terminée par un lanternon. Cette construction à la puissante maçonnerie repose sur une une base talutée soulignée d’un gros tore au niveau du rez-de-chaussée. Elle comporte sur une partie de son premier niveau une décoration de losanges de briques surcuites. Toutes les ouvertures visibles actuellement, avec leur linteau de pierre cintré surbaissé, sont largement postérieures à sa construction et se rattachent à la campagne de transformations du XVIIIe siècle qui lui ôta son caractère militaire et aucune ouverture ayant permis le passage d’armes ne subsiste, mais peut-être se trouvaient-elles à l’emplacement des ouvertures actuelles.

 

La souche de cheminée de brique qui émerge du toit, avec ses bandes, ses arcatures géminées et son petit fronton, fait songer à celle du Mont-Hérault, à Marolles, à celle au château de Victot-Pontfol – où nous trouvons le même emploi de décor de brique  losangé – ou encore à celle de l’Auberge de  L’Aigle d’Or, à Pont-l’Evêque, témoins d’une mode d’utilisation de la brique fréquemment rencontrée en Haute-Normandie dès le premier tiers du XVIe siècle [13] mais relativement rare en Pays d’Auge .

 

Au rez-de-chaussée, l’accès est limité à un étroit passage voûté d’un berceau de brique appareillée de pierre et ce passage pouvait être coupé par une herse dont les rainures – en partie bouchées – sont encore visibles. L’intérieur, d’une froideur quasi monacale comporte pour seul décor trois vastes cheminées, deux de pierre et une de brique, aux jambages puissants, aux coffres orné de losanges de briques ou de belle pierre de moyen appareil couronnés d’élégantes corniches moulurées.

 

De place en place, quelques pavés de terre cuite vernissés provenant des ateliers du Pré d’Auge, apportent une touche de raffinement à ce lieu de refuge.

 
Essai de datation
 

Ne possédant – exception faite du chronogramme dont nous reparlerons – que d’un seul repère chronologique, celui bien tardif de l’incendie de 1840, nous devons reconstituer la succession et la datation des autres campagnes à partir de l’étude des maçonneries  puisque la ou les primitives maisons de bois formant le cœur de la majeure partie du logis principal, ne transparaît nulle part. Cependant, l’examen des élévations extérieures du logis princi­pal permet, à partir de l’étude des matériaux et de leur emploi, des ouver­tures, des couronnements, des couvertures, de distinguer facilement les différentes étapes de la construction, les trans­formations et d’en établir la succession.

 

Le chronogramme portant la date de 1426 gravé dans la cave pourrait correspon­dre, s’il s’avérait authentique, à l’édification d’un manoir de bois, anté­rieur semble-t-il, à celui que l’on retrouve enchâssé dans la construction de pierre et brique et ne paraît pas concerner une partie quelconque de ce qui subsiste hors terre.

 

Du long logis à pans de bois servant de cœur au château actuel nous ne con­servons dans la partie Ouest que les deux niveaux d’habitation et les combles sans connaître leur articulation au niveau des étages et pour la partie Est la galerie ainsi que la charpente tandis que la totalité des pans de bois de la façade Sud et une partie de ce ceux du Nord ont disparu. La galerie extérieure reste l’élément le plus caractéristique de cette mode de construction à pans de bois [14] , or celles-ci n’offrent pas de précédents identifiables avant l’extrême fin du XVe siècle. Et dans le cas présent, au vu du profil des consoles entrevues çà et là dans les deux niveaux des galeries et dans certaines pièces, ou des traverses cintrées reliant les poteaux du corps de logis aux poteaux de la galerie,  il faudrait raisonnablement proposer une datation beaucoup plus basse, sans dou­te vers 1520-1540 [15] , tout en rappelant la présence d’un certain nombres de pièce de bois provenant d’un édifice beaucoup plus ancien.

 

La première grande étape des campagnes « d’habillage » et d’extension débuta par la construction de l’aile Est, se continua par l’élévation du mur masquant les galeries et l’édification de la tourelle d’escalier pour se terminer – logiquement pourrait-on dire – par son couronnement qui voit l’emploi d’une corniche à denticules et de bossages dans les métopes de la frise. Il est utile de rappeler ces détails car ils marquent un changement de main et un glissement significatif dans le temps. Les deux pavillons d’entrée révèlent une autre campagne intermédiaire, où nous trouvons là aussi la présence de corniche denticulées mais aussi de lucarnes à fronton cintré – curieusement coiffées à l’époque moderne d’un fronton triangulaire. Selon toutes vraisemblance, toutes ces campagnes se sont succédées sur un laps de temps très court, autour des premières années du XVIIe siècle, à l’époque où Jean de Lonchamp se porte acquéreur d’Ouilly-la-Ribaude.

 

Aux campagnes du milieu ou du deuxième tiers du XVIIe siècle, nous pouvons attribuer la construction de l’aile en retour et les murs à grands panneaux de brique avec leur chaînage de pierre soulignant horizontalement les étages, sur les deux façades du corps de logis.

 

Au milieu du XVIIIe siècle, vers 1760, période où Laurent-Marie Chappe et Jeanne-Anne Hermant durent vivre ici, une grande campagne d’aménagements ame­na la création des salons lambrissés qui à cette époque, semble-t-il, mon­taient jusqu’au niveau de la partie supérieure de la frise,  tandis que dans le même temps, certaines ouvertures tant sur la façade Nord que sur la façade Sud étaient réaménagées et surmontées d’un linteau de pierre à arc surbaissé. C’est aussi sans doute de cette époque que date pour une part notable l’exhaussement de la cour et de l’environnement.

 

Au XIXe siècle, à la suite peut-être de l’incendie de 1840, de nouvelles transformations virent l’abaissement des plafonds des salons de la partie Est tandis qu’à la fin du siècle  se rattache l’édification d’une cheminée de menuiserie et le lambrissage dans l’esprit de l’époque Louis XV, réutilisant peut-être certains éléments des trumeaux de toile peinte [16] . N’ayant plus de repères stylistiques, nous ne savons à quelle campagne du XIXe siècle il nous faut attribuer le bouchage des grandes arcades de l’aile Est.
Historique :

 

Il n’existe pas à notre connaissance de documents très anciens sur ce fief et la possession si­multanée par la même famille de la seigneurie voisine d’OUIL­LY-la-RIBAUDE dont elle partageait souvent le sort, n’a contribué qu’à dis­perser les sources.

 

La première mention de FUMICHON remonte à la fin du XIIe siècle où sont mentionnés entre 1180 et 1200, six personnages porteurs de ce nom : Josselin (1180), Gervais (1195), Robert (1195), Gillebert (1198), Hugues et Henri de Fumi­chon (1198) [17] . Selon le pouillé du diocèse de Lisieux rédigé vers 1350 [18]

Au XVe siècle, le fief de Fumichon relevait  de la baronnie de Tillières dont un membre appartenait en 1413 à Guy le Baveux [19]. Dès 1422,[20] nous voyons le roi d’Angleterre remettre à Catherine Le Baveux  et à son mari Henri de Longchamp, les biens qu’ils détenaient auparavant dans les vicomtés d’Auge et d’Orbec [21] mais FUMICHON ne faisait sans doute pas partie de cette restitution et c’est seulement à la libération de la Normandie que la seigneurie d’OUILLY-la-RIBAUDE revint pour une partie  à Philippe de Manneville [22] et pour la partie située sur la paroisse de SAINT-LEGER-d’OUILLY à Catherine Le Baveux, l’une des trois filles de Guy Le Baveux [23]  et non pas des sires de Fumichon comme l’a écrit H. Le COURT [24]

 

Nous trouvons dans la restitution de 1422 la première mention de l’installation à FUMICHON de cette famille de Longchamp anciennement posses­sionnée déjà au XIIe siècle dans le MARAIS-VERNIER [25] et au XVe siècle, peut-être aussi à Auzouville-l’Esneval [26]  et dans la région de Pont-Saint-Pierre  où ils font des dons à l’abbaye de Fontaine-Guérard [27]. Henri de Longchamp, fils de Louis et d’Agnès de La Bouette, eut de son mariage, un fils, Jean Ier dit Brunet fidèle servi­teur de Louis XI [28] , qui après lui, fut seigneur de FUMICHON et du MARAIS-VERNIER. Reconnu noble en 1463,[29] c’est sans doute lui qui assista à Beaumont, en 1469, à la Monstre des nobles du Bailliage d’Evreux », armé de brigandine, salade et vouge et monté de deux chevaux » [30]

 

Puis la terre de FUMICHON échut à Geoffroy, son fils aîné [31] . Celui-ci paraît dans quelques con­trats, en 1524, en 1535 et en 1538, il passe un accord avec le Chapitre de Lisieux au sujet d’une rente de cent sols dus au Chapitre sur le fief Bert, « ès paroisses de Fumichon, Saint-Hyppolite et Saint-Pierre–de-Canteloup » [32] En 1540, il fournit aux Elus de Lisieux, les mêmes preuves d’ancienne noblesse que son père [33]

 

Son fils Guillaume lui succéda, et de son mariage avec Jeanne de Raveton [34] , d’une famille importante en Normandie à cette époque, serait né Guy.

 

Celui-ci, désigné comme Seigneur de Fumichon [35] , La Lande, Baudet, capitaine de Lisieux, est un personnage capital dans l’histoire de Lisieux à l’époque des Guerres de Religion et tout particulièrement de la Saint-Barthélémy [36]. Unanimement apprécié, souvent en conflit avec le maréchal de Fervaques, son action comme Capitaine de Lisieux nous est bien connue par les Registres de délibérations du Conseil de ville. Marié à Marguerite des Buats, il en eut deux enfants, Jean, et une fille, Renée qui épousa Nicolas de Thiesse. C’est peut-être à lui que nous devons les premiers travaux de de FUMICHON et tout particulièrement l’édification du donjon.

 

Son fils Jean hérita de Fumichon et c’est en sa faveur qu’il se démit en 1587 de sa charge de capitaine de Lisieux. Reconnu comme chef des Ligueurs de la région [37] , Jean II vécut très activement toute cette période les armes à la main et parfois loin de Lisieux. En 1597, Henri IV qui s’était emparé de la capitainerie de Lisieux, lui en fit remise et Louis XIII le fit chevalier de ses ordres [38] et Conseiller du Roi.

 

La carrière politique de Jean de Longchamp  est très controversée mais les éléments nous manquant pour porter un jugement contentons-nous de constater que ses affaires publiques lui laissèrent le temps et les moyens d’accroître son patrimoine. Entre 1601 et 1606, il acquit en effet la baronnie d’Ouilly [39]  ce qui lui permettait en 1628 de se titrer  » Baron et chastelain d’Ouilly, seigneur de Fumichon, et autres sieuries, Capitaine de Cinquante hommes d’armes de ses ordonnances, gouverneur pour Sa Majesté de la ville de Lisieux :[40]  et en 1629, de « chastelain d’Ouillie, seigneur de Fumichon, Baudet, La Lande, Baratte, etc. » [41] C’est incontestablement à lui que nous devons la réédification de FUMICHON et sans doute aussi de bien des transformations du château d’OUILLY-la-RIBAUDE.

 

Marié en 1584 à Jeanne Dumoulin dont il était semble-t-il séparé de biens dès 1601[42] , il aurait ensuite convolé avec Marie des Buats puis avec Marie de Frotté  [43]. Sans héritier mâle, il eut cinq filles. Ce sont deux d’entre elles Catherine et Marie qui se partagèrent sa fortune : la première choisit OUILLY-la RIBAUDE et la seconde conserva FUMICHON.

 

De son mariage avec Louis de Rabodanges, Chevalier des ordres du Roi , baron et chastelain de lad. seigneurie,  de Neufviz, Mesnil-Guillaume, Saint-Pierre-de-Canteloup et autres lieux « , plusieurs enfants [44]  naquirent à Fumichon : Marie-An­gélique, en 1645; Anthoinette, en 1646 et Louis, dont le parrain fut César d’Oraison, marquis de Livarot, en 1649. En 1696, nous trouvons un de Rabo­danges, dont nous ignorons le prénom, vraisemblablement Jean-Baptiste de Crèvecoeur de Rabodange, curé de Fumichon [45].

 

Après Louis et Marie le domaine passa successivement à Guy-Cyr puis à Louis-César son fils [46], à Henri-Pier­re [47] et enfin revint à Louis-Jean de Rabodanges [48]

 

Ce dernier, dit aussi Jean-Louis, vendit Fumichon selon toute apparence à Jean du Houlley puisque celui-ci dans une signification de clameur de retrait lignager prend en 1753 les titres de  » Chevalier, baron du Houlley, seigneur de Fumichon, Saint-Pierre-de-Cante­loup, Firfol, La Lande et autres lieux, conseiller du Roy en sa cour et Parlement de Paris y demeurant [49] .  » et non pas à Jeanne-Anne Hermant, son épouse en première noces comme on le dit habituellement.

 

Mais, Jeanne-Anne Hermant ayant épousé Laurent-Marie Chappe en secondes noces, lui apporta FUMICHON [50] Sur ce mariage voir les Observations pour le baron du Houlley, mousquetaire de la seconde compagnie, défendeur contre Monsieur Chappe, conseiller au grand Conseil, son beau-père…. 1759 –[51] Egalement Conseiller du Roi en son grand Conseil, celui-ci se dit alors « seigneur et baron de Fumichon, Baratte, Baudet, Thilliaires » en précisant : « à cause de dame Jeanne Anne Hermant, son épouse, auparavant veuve de Mre Jean du Houlley [52]

 

Selon une lettre du 3 mai 1779, après avoir rappelé qu’il n’intervient en rien dans les réparations de l’église qui sont à la charges des gros décimateurs, M. le baron de Fumichon mande à M. Boudard, Receveur des Décimes s’il ne serait pas possible  » par exemple d’ouvrir une ou deux croisées du côté de mon banc où il arrive très souvent qu’il ne m’est pas possible de lire en plein midy …[53] « . Il semble que sous sa gestion, le domaine se soit accru de quelques fiefs des environs : Mortemer, Cléry, les Louvrets, Haut-Briot et La Vaulinière.[54]

Après lui, vers 1783, Alexandre-­François-Pierre du Houlley, dernier fils de Jeanne-Anne Hermant et de Jean du Houlley, rentra en possession des terres patrimoniales et se dit « Sei­gneur, baron, patron de Fumichon, Baudet, Baratte, Thilliaire » .

 

Mort célibataire en 1786, sa soeur, Anne-Renée-Cécile, épouse de Daniel de Loynes de Mazères, de son vivant Capitaine au Régiment de la Sarre et chevalier de l’Ordre de Saint-Louis en hérita et conserva le domaine pendant la Révolution. Elle le laissa à un de ses enfants, Claude de Loynes de Fumichon, écuyer, ancien officier de la Sarre, propriétaire à Orléans, rue de la Bretonnière, qui le vendit le 24 juin 1816 à Julie-Françoise-Adélaïde Vauquelin épouse de M. Jean-François-Pierre-Paterne Thulou de La Bectière, Président du Tribunal de Bernay, pour la somme de 223.000 F.[55] . Après le décès de celui-ci, il fut acquis le 5 juillet 1833 par M. Méry-Samson et pendant plus d’un siècle et demi resta dans cette famille.

 

Récemment acquis par un couple de passionnés d’art, il fait actuellement l’objet de restaurations attentives et une nouvelle fois , ce domaine, rare, comme le disait Me Turpin, si attachant dirons-nous, va retrouver son âme.

 

 

[1] Notice incluse par Arcisse de CAUMONT dans sa Statistique monumentale du Calvados , Paris – Caen, Derache – Hardel, 1867, t. V, pp. 76 sq.

[2] Louis RIOULT de NEUVILLE,Le Château de Fumichon in La Normandie Monumen­tale et Pittores­que , Le Havre, Le Male et Cie., réédit. Corlet, t. II, pp. 134-137, ill.

[3] Henry SOULANGE-BOUDIN, Les Châteaux de Normandie – 69 monographies , Paris, Van Oest, 1949, p. – pp. 36-38; Ouilly-du-Houlley, p. 48 – Philippe SEYDOUX, Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin , s.l. ( Paris ), Edit. de la Morande, s.d.( 1985 ), p. ill. couv. ill. – Philippe DETERVILLE, Richesse des châ­teaux du Pays d’Auge  , Condé-­sur-Noireau, Corlet, 1989, . – pp. 23 et 85 sq.

[4] Louis HAUTECOEUR, Histoire de l’architecture classique en France , Paris, Picard, 1963-1967,  – t. II, p. 190, 631, 632, 683, 689, 744, 759, 782, 956

[5] Voir à ce sujet le témoignage de Raymond BORDEAUX dans sa  » Statistique routière de Lisieux à la frontière de la Normandie « , AAN. , 1849 et t. à p.: CAEN,  Delos, s.d., In-8, 31 p.

[6] Sur ces moulins voir Michel COTTIN,  » Notes sur quelques moulins du Pays d’Auge et du Lieuvin en 1796 « , Histoire et Traditions populaires – Foyer du Billot , n° 29 12-1989, p. 53

[7] Affiche imprimée par P.C. TISSOT, à Lisieux – Citée par Joseph CORNU, Promenades à travers pp. 60.61

[8] Voir notre article à paraître. .

[9] Outre le Manoir DESMARES, à LISIEUX, signalons également le Manoir de la Bucaille, à MAROLLES, le Manoir du Désert à VASOUY, le Couvent des Dominicaines, à PONT-L’EVEQUE, etc.

[10] Comme au Manoir de la Plesse, à SAINT-GERMAIN-de-MONTGOMMERY dans son premier état.

[11] Nous préférons cette expression, due à Jean-Louis TAUPIN, La Restauration des charpentes anciennes , Stage Charpentes et Constructions de bois – Rouen 7-8-9 décembre 1988 – Compte-rendu synthétique –   plutôt que l’habituelle dénomination de chevrons portant ferme généralement usitée mais peu explicite .

[12] Henri DENEUX, Evolution des charpentes du XI° au XVIII° siècle , ( Extrait de la Revue l’Architecte , 1927 ), Paris, C.R.M.H.,1961, p. 4 .

[13] Voir entre autres la décoration du colombier des religieuses de Saint-Amand, à BOOS – Raymond QUENEDEY, Les provinces de l’ancienne France . La Normandie. Recueil de documents d’architecture civile de l’époque médiévale au XVIII° siècle. Iere. série , Paris, 1927, pl. 23

[14] Voir notre étude sur Le Manoir Desmares, à Lisieux , dans Actualités de l’Histoire, Bulletin de liaison de la Société Historique de Lisieux , N° 13, Mars 1990 .

[15] Il s’agit là d’une datation toute provisoire à partir des seuls critères stylistiques qu’il conviendrait de vérifier scienti­fiquement .

[16] Faute d’avoir pu examiner les bois avant leur peinture on peut difficilement se prononcer sur leur datation, mais l’incorporation d’éléments hétérogènes laisse à penser qu’il s’agit d’un pastiche ou pour le moins d’une transformation radicale.

[17] FORMEVILLE, 1873, t. I, pp. xx-xxj; BREARD, 1908, pp. 47-48. Soulignons qu’il faut parfois être relativement critique sur quelques uns  de ces personnages, car bien des fiefs normands portent ce nom ou l’une de ses variantes. Ainsi, dans l’EURE: Fumechon , fief et château à la CAMBE; ha­meau à ECARDENVILLE-la-CAMPAGNE et à RADEPONT; Fumeçon , hameau à GUICHAIN­VILLE et maison isolée à SAINT-GERMAIN-sur-AVRE d’après Marquis de BLOSSEVILLE, 1878, p. 93 et dans le CALVADOS: Le Grand et le Petit FUMICHON, hameau des LOGES; Fumi­chon : hameau, communes de LONGUES, de MOSLES, de NEUILLY, de TOUR, et de VAUX-sur-AURE; moulin à OUILLY-du-HOULLEY; fief à SAINT-AUBIN-sur-ALGOT… d’après HIPPEAU, 1883, p. 125. (261 D.)

[18] LONGNON, 1903, In-4°, LXXV-600 p. le seigneur du lieu était patron de l’église de FUMI­CHON. Dans le même pouillé , à la rubrique de SAINT-PIERRE-de-CANTELOUP , nous relevons la mention  » G. de FUMICHON , patron « . Nous ignorons s’il s’agit du même personnage mais nous retrouverons ultérieurement des liens étroits entre les deux paroisses.

[19] Henri de FRONDEVILLE,  » Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-­Michel 1444 – Jean Le Muet, Vicomte et receveur « , Etudes lexoviennes , IV, 1936, p. 174

[20] « Rôles normands et français et autres pièces tirées des archives de Londres, par Bréquigny « , MSAN , XXIII, 1858, p. 195.

[21] H. de FRONDEVILLE, op. cit. , p. 211.

[22] Sur ces familles, voir R. de la Bretonnière in G. VAULTIER, Extrait du registre des dons, confiscations, maintenues et autres actes faits dans le duché de Normandie pendant les années 1418, 1419 et 1420, par Henry V, Roi d’Angleterre , Paris, 1818, In-16, 173 p.; p. 7 et Paul LE CACHEUX, Actes de la chancellerie d’Henri VI …( 1422-1435 ) , 2 vol., Rouen-Paris, 19071908, II, p. 353-356.

[23] H. de FRONDEVILLE, op. cit. , p. 216.

[24] Henry LE COURT,  » Guy de Longchamp, sire de Fumichon, gouverneur de Lisieux et sa famille « , BSHL , N° 13, 1901, pp. 8-11 et t. à p .

[25] Voir : Auguste LE PREVOST, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure , Evreux, Hérissey, 1869, t. II, pp. 375-376 et CHARPILLON et CARESME, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure , Les Andelys, 1868, t. II, p. 499. Voir à ce sujet la charte contenant accord entre l’abbé et les religieux de Jumièges et Henri de Longchamp sur leurs droits réciproques à Quillebeuf-sur-Seine et au Marais-Vernier in Recueil des Fac-similés de Chartes normandes publiées à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation par Société de l’Histoire de Normandie, avec transcription de J.-J. Vernier, Rouen-Paris, Lestringant-Picard, in-4°, 1919, p. 18 et pl. XIII..

[26] Dès le XIIe siècle, nous trouvons trace d’une famille de ce nom dans cette région. Dans les dernières années du siècle, Etienne de Longchamp, souscrit ainsi à une charte concernant les droits des abbayes de Montivilliers, Saint-Georges-de-­Boscheville et Valmont sur la forêt de Lillebonne. J.J. VERNIER, op. cit., p. 20. Dans l’aveu rendu au roi le 14 avril 1467 par Robert de Dreux pour la baronnie d’Esneval en la vicomté de Rouen, figure un dénommé Rogier de Longchamp, dit Brunet, chevalier, qui y tient un demi fief assis en la paroisse d’Aussouville et environ . Dans un autre aveu rendu le 18 novembre 1484 par Jean de Dreux pour sa baronnie, il mentionne un Pierre de Longcamp tenant le même demi-fief. Auguste FIQUET, Aveux de la Baronnie d’Esneval aux XIVe, XVe et XVIe siècles in Mélanges – Documents (publiés par la Société de l’Histoire de Normandie), 12e série, 1933, pp. 26 et 30.

[27] DUBUISSON-AUBENAY, Itinéraire de Normandie publié par le chanoine Porée, Lestringant-Picard, 1911. p. 63.

[28] Henry SOULANGE-BOUDIN, Les Châteaux de Normandie – 69 monographies , Paris, Van Oest, 1949, p. 37. Si ces deux personnages, Jean et le Roger possessionné à Auzouville, portant l’un et l’autre le sobriquet de Brunet, n’en faisaient qu’un, ils n’auraient eu qu’un fils et non pas deux comme le croyait Henry LE COURT.

[29] Labbey de LA ROQUE, Recherche de Montfaut , Caen, Poisson, 1818, p. 24.

[30] Th. BONNIN, Paris, Dumoulin, 1853, p. 350

[31] Voir abbé P.-F. LEBEURIER, Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux en 1562 , Evreux – Rouen, 1861, p. 73.

[32] Voir : Et. DEVILLE, Notes manuscrites extraites du tabellionnage de Lisieux , Arch. SHL.

[33] .E.M. Labbey de LA ROQUE, Recherche faite en 1540, par les Elus de Lisieux des nobles de leur Election , Caen, 1827, p. 32.

[34] Henry SOULANGE-BOUDIN, op. cit. , p. 37

[35] Voir abbé P.-F. LEBEURIER, Op. cit., p. 73.

[36] Il existe sur tous ces événements une très abondante littérature, sans doute un peu vieillie qui ne peut trouver place ici.

[37] Voir la courte note de Charles VASSEUR in Trois jours à travers champs , CAEN, 1866, p. 15.

[38] On ne trouve pas trace de cette nomination relevée par L. de NEUVILLE et Henry SOULANGE-BOUDIN, op. cit. , p. 38 dans la recension du Comte de COLLEVILLE  et de François SAINT-CHRISTO, Les ordres du Roi – Répertoire général contenant les noms et qualités de tous les chevaliers des Ordres royaux .. , Paris, Jouve, s.d., In-8°, XXXVIII – 711 p.

[39] Arch. SHL, FB 212

[40] A.D. Calvados, F. 7006 ( B )

[41] Arch. SHL, FB 239 .

[42] Voir l’Arrêt du Parlement – Arch. SHL. Fonds Et. DEVILLE – Fumichon.

[43] Henri SOULANGE-BOUDIN, Op. cit. p. 38.

[44] A.D. Calvados, 3E, Fumichon.

[45] G.A. PREVOST, Armorial général de France ( Edit de Novembre 1696 ). Généralité d’Alençon , Rouen – Paris, 1922 – 1924, II, p. 231 et abbé PIEL, Op. cit., t. I , pp. 491-492 .

[46] Voir abbé PIEL, Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations Ecclésiatiques de l’ancien Diocèse  , Lisieux, Lerebour, t. III, 1893, XV-795, p. 154.

[47] Est-ce le même que cet Henri-François de Rabodanges, chevalier, marquis de Rabodanges et baron de Fumichon qui baille à fieffe une pièce de terre à Saint-Pierre-de-Canteloup le 21 avril 1731 – Arch. SHL. FB 743.

[48] Louis de NEUVILLE et Henri SOULANGE-BOUDIN, op. cit.

[49] A.D. Calvados. F 5542

[50] Sur ce mariage voir les Observations pour le baron du Houlley, mousquetaire de la seconde compagnie, défendeur contre Monsieur Chappe, conseiller au grand Conseil, son beau-père…. 1759 – Arch. SHL. FB 72.

[51] Arch. SHL. FB 72. voir aussi dans IMPRIMES

[52] D’après l’acte ci-dessus du 10 novembre 1763 ce fief de Thilliaire était situé dans les paroisses de Lieurey et Noard – Arch. SHL, 2 F – Fonds Boudard « .

[53] Arch. SHL, 2 F – Fonds Boudard.

[54] Quittance du 12 décembre 1781. Arch. SHL. Fonds Et. DEVILLE – Fumichon.

[55] A.D. Calvados F 5542.

LE FOURNET




NOTES sur LE FOURNET

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

2 – Pièces Justificatives:

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE BEUVRON
Sous l’invocation de Saint Pierre

Noms des curés:
Boissey (1764-1774)
Desprez (1782-1787)

SAINT LEGER DU BOSC




NOTES sur SAINT LEGER DU BOSC – 14

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

2 – Pièces Justificatives:

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE BEUVRON – 14

Curés:
Grainville (1764-1774)
Asse (1785-1787)

Noms cités : Th de Sillogo ou Silloyo fils puîné de Robert de Silly écuyer de Vallencourt.

Le SAP – 61




NOTES sur Le SAP – 61

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

Néant

2 – Pièces Justificatives:

Texte en latin

Le 26 octobre 1772, assemblée au Sap chez M. D’Erneval pour signer des représentations au roy pour l’administration du Sap réunie à l’Hôpital d’Orbec le 13 janvier 1696 Maladrerie de la Madeleine
Arrêt du Parlement portant règlement pour l’heure de l’ouverture de la halle aux grains de la paroisse du Sap et qui ordonne l’exécution de la pancarte pour la perception des droits de coutume dans les marchés et foires dudit lieu 28 avril 1711.
Vers 1136 l’église de St Pierre au Sap et toute la ville brûlées par les angevins à leur retour de Lisieux qu’ils n’avaient pu envahir par suite de l’incendie allumé par Alain de Dinan.
Il y avait depuis des temps forts anciens près de l’église de St Pierre un arbre fort élevé un sapin abies dont le nom vulgaire accoutuma le peuple à appeler cette ville Le Sap, nom qui jusqu’à ce jour lui est resté. (Ordéric Vital)
Vers 1136 enfin ce jour des calendes d’octobre (10 octobre) pendant qu’il attaquait la forteresse du Sap dont la garnison résistait vigoureusement le Comte Geoffroy fut blessé grièvement au pied droit. Le même jour sa femme vint le trouver vers le soir et lui amena inutilement plusieurs milliers de combattants. En effet au point du jour, alors que tout le pays d’alentour éprouvait beaucoup d’effroi, les angevins se retirèrent tout à coup et redoutant vivement ceux dont ils étaient eux-mêmes redoutés, ils s’enfuirent à toutes jambes et ravagèrent toute la contrée tant de leurs alliés que de leurs ennemis.

Texte en latin Homines de Sap et de la Ferrière ….

Recherche de 1666 :

Michel Bouchard seigneur de la Saussaye
Louis Billard seigneur de Retailles au conseil
Nicolas de Grieu seigneur de Paperottes
Jacques du Houlley seigneur de la Braye procureur du Roy, ancien noble

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE d’ORBEC – 14

Sous l’invocation de St Pierre
Curés :
Feret 1764/1774
de Saully 1781/1787

Chapelle de la Madeleine au Sap ? cette chapelle ou prieuré était en 1652 à la nomination de Nicolas Grieu , seigneur de la Fontaine et de Paperote
Le seigneur du Sap assiste à la conquête de l’Angleterre. Geoffroy d’Anjou est blessé au Sap
Roger, abbé de Ste Evroult 1091 à 1126