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AUTHIEUX sur CORBON



NOTES sur: Les AUTHIEUX-sur-CORBON

Authieux-sur-Corbon (Les), c° » réunie, ainsi que Pontfol, en 1858, à Victot, qui prend le nom de VICTOT-PONTFOL.
Altaria super Corbonem v. 1350 ( pouillé de Lisieux, p. 49). Autieux-sur-Corbon, XVIII s° (Cassini).
Corbun, Salins Corbuns. Corbon.
Curbun. Corbon.

– Le fief des Authieux-sur-Corbon, 6° de fief, possédé par les héritiers de Jacques de l’Espée, Ecuyer.
– Fief mouvant de la vicomté d’Auge, 1392 (Brussel). Sixième de fief relevant de la Houblonnière.
– Le plein fief de la Chapelle s’étendait aux Authieux-sur-Corbon, vicomté d’Auge, et à Bessières, vicomte de Caen, 161 (aveux de la vicomté de Caen).

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie.

Néant

2 – Pièces Justificatives.

Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations ecclésiastiques de l’ancien Diocèse de Lisieux.

314. — Le 23 janv. 1772, la nomination à la cure des Authieux-sur-Corbon appartenant au seig. du lieu. Mesr. Jean-Jacques-Léonor Le Grix, Esc, seig. de la Poterie et du l’ont Authou, conser du roy, lieutenant-général civil, criminel et de police au bailliage de Pontaudemer,
et dame Marie-Anne Dumonriez-Duperier, son épouse, dame et patronne des Authieux-sur-Corbon, demeurant à Pontaudemer, rue aux Juifs, pair. St-Ouen, nomment à lad. cure, vacante par la mort de Mesr. Jean-Jacques-David Brise, dernier titulaire, la personne de Me Joseph-Hyacinthe Pomarède pbr. du diocèse d’Avignon, demeurant en lad.parr. St-Ouen. Fait et passé à Pontaudemer, faubourg St-Aignan.
Le 30 janv. 1772, Mr Despaux. vic. Gl, donne aud. Sr Pomaréde la
collation dud. bénéfice.
Le lendemain, le Sr Pomaréde prend possession de la cure des Authieux, en présence de Paul-Alexandre Bénard, Escr, Sr de la Morandière ancien garde du corps-du-roy, capitaine aux Invalides, demeurant aux Authieux et autres témoins.

149 – Le 7 Décembre 1775. la nomination à la cure de N.-D. des Authieux-sur-Corbon appartenant au seig. du lieu noble dame Marie-Anne Duperrier dd Mourier, dame et patronne des Authieux, Herbigny et autres lieux, épouse de Mesr. Antoine-Emmanuel, comte et marquis titulaire de Belloy, chevalier de l’Ordre royal et militaire de St.Louis, ancien lieutenant colonel d’infanterie, tous deux demeurant ensemble en
leur hôtel sis à Pontaudemer rue aux Juifs, nomme à lad. cure, vacante par la mort de Me Joseph-Hyacinthe Pomarède dernier titulaire,
la personne de Me Jean-Michel Hariel pbre originaire de la parr. de St Jacques de Beauvais, chapelain en la cathédrale du même lieu et habitué en l’église paroissiale de .Méru, aud. diocèse, demeurant au bourg de Méru. Fait et passé à St.Aignan de Pontaudemer.
Le 9 déc. 1775, le seig. évêque de Lx donne aud. Sr. Hariel la collation dud. bénéfice.
Le 11 déc. 1775, le Sr Hariel prend possession de la cure des Authieux-sur-Corbon, en présence de Me Jean-Baptiste Oursel, pbre, desservant lad. parr., et autres témoins.

1466, 26 août – Les Authieux-sur-Corbon
Vérification de l’aveu au roi du sieur de la Rivière curateur de donné par justice de Robert Carbonel, escuier, pour son fief terre et seigneurie des Autieulx-sur-Corbon, assis en la vicomté d’Auge, tenu et mouvant d’icelui seigneur à cause dicelle vicomté.
= Arch. SHL. 9 FB – 6 – Familles. Copie Et. DEVILLE.

1484, 10 juillet – Les Authieux-sur-Corbon
Du Roy nostre sire confesse et aveu à tenir par foy et par hommaige Guillaume de la Rivière mary de Ellaine Damolle, sa femme, fille aisnée et héritière de deffunct Richard Carbonel, en son vivant escuier, un sixiesme de fief de chevallier nommé le fief des Ostieux, assis en la vicomté dDauge, sergenterie de Cambremer, icellui fief tenu noblement à court et usaige……. en deniers quarante cinq livres ou environ en grains, six boisseaux d’avoine soixante pièches de poullailles, cinquante et cinq deniers ou environ, quatre cens vingt sept oeufs, quarante deniers ou environ, quatre ouez. En quel fief a quarante acres de terre ou environ tant labourable en plant que en prés. Et sy y a une acre de bois en diesme. Enquel fief a court usaige, hommes, hommages, reliefs, XIIIes, service de prévosté, service de reparation de moitie (motte ?) et de hérichon, place de colombier et autres services et dignités à noble fief appartenant Duquel fief je suis tenu de faire service dost en telle portion de tant comme fief entier y est tenu et subjet sauf a plus avant bailler sil vient a ma congnoissance. En tesmoins desquelles choses j’ay scelle de mon saing cy mis le Xe jour de Juillet lan mil CCCC quatre et vingtz et quatre.
= Arch. SHL. 9 FB – 6 – Familles. Copie Et. DEVILLE.

Le 20 mai 1778, le Sr Lemonnier de la Haitrée, pbr, desservant actuellement la parr. des Authieux-sur-Corbon, en l’absence du Sr curé,
et demeurant à Cambremer, ayant fait élection de domicile, pour le présent seulement, chez Jean Xi»»l!e, « aubergiste où pend pour enseigne: A l’Hôtel Militaire, bourg et parr. de Beaumont-en-Auge, fait signifier ses noms et grades aux religieux dud. lieu.
ta 0 juin 1778, te s’de b Haitrée, en faisant insinuer tes actes présents,
prend le titre de vicaire de Fervaques.

Recherche faite en 1540, par les élus de Lisieux des nobles de leur élection.
203. De la Rivière. Ce Jean de la Rivière, Sr. du Prédauge et des Autieux-sur-Corbon en 1307, étoit le 7e. aïeul dudit Charles, produisant en 1540, et le 12e. aïeul de François-Charles-Alexandre, comte de la Rivière-Prédauge, mon voisin et ami, suivant les titres authentiques que j’ai vus au Prédauge en 1786.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Les Authieux-sur-Corbon, Altaria in Algia, ecclesia de Altaribus , Altaria super pontes vallis Corbonis.

L’église des Authieux-sur-Corbon a été démolie il y a 35 ans environ ; la paroisse a été réunie à Victot.
Cette église avait de petites dimensions et offrait peu d’intérêt, si l’on s’en rapporte au souvenir de ceux qui l’ont vue debout.
La cure était à la nomination du seigneur. Guillaume de La Rivière, de Riparia, possédait ce privilége au XIV siècle. La même famille l’avait conservé jusqu’au XVIe., d’après les pouillés.
En 1463, Montant ne trouva qu’un seul noble sur cette paroisse, Richard Carbonnel ; mais nous avons une explication de ce fait dans la Recherche des Nobles dans l’élection de Lisieux en 1540, éditée par La Roque. A l’article de la paroisse du Pré-d’Auge, on voit que
Robert, Charles, Michel, Jacques et Charles de La Rivière, produisirent, pour justifier leur noblesse, « la déclaration de leur généalogie et descente commençante à Jean de La Rivière, sieur des Authieux, vivant en 1307, selon que contient la première de leurs lettres, par laquelle ledit Jean, dénommé écuyer, acquit de Hue des Authieux, écuyer, ledit fief des Authieux. » La famille de La Rivière porte: de gueules à deux poissons d’argent, suivant d’Hozier.
Le même d’Hozier inscrit dans son Armorial : Pierre de l’Épée, seigneur et patron des Authieux-sur-Corbon, avec le blason suivant : de gueules à deux épées d’argent posées en sautoir, la garde au chef de l’écu, cantonnées en pointe d’un lion d’or rampant ( Notes de M. Ch. Vasseur sur les familles nobles de l’évêché de Lisieux).
Nous ignorons comment eut lieu la transmission de la terre des Authieux de la première famille à la seconde.
On comptait aux Authieux 1 feu privilégié et 18 feux taillables.
En général, dans les communes nommées Les Authieux, Altaria, nous avons trouvé deux églises ou chapelles : j’ignore s’il en a existé deux aux Authieux-sur-Corbon à une époque ancienne.

Authieux sur Corbon
Géoportail Carte Cassini

Ancienne église emplacement présumé Lieu dit « Croix des Authieux »

Géoportail Carte Cassini

3 – Archives ShL.
Sous l’invocation de Notre-Dame

3e fascicule – 1767 4 juillet
Maistre Louis Désert, prestre curé des Authieux-sur-Corbon
– page 117 – 1652 17 octobre

Noms des curés:
Désert 1764
Pommarède 1774
Langlois 1779 -1787
Curés. — J.-J.-D. Brise – J.-M. Hariel – J.-B. Langlois
Prêtres desservants.— J.-B. Oursel – J. Ph. Le Monnier de la Maillée – T. Choisel –
Patron.— Le seigneur du lieu. — J.-J.-L. Le Grix de la Poterie – M.-A. Dumourier-Duperrier, dame de Belley.
Seigneur. — P.-A. Bénard de la Morandière

Par. de Notre-Dame,
patr. le seigneur.
Dioc. de Lisieux,
Doy. de Beuvron.
Génér. de Rouen,
Elect. de Pont-1’Évêque,
Sergent. de Cambremer.

TONNENCOURT


B – TONNENCOURT.
.
Adigard des Gautries Jean, Lechanteur Fernand. Les noms des communes de Normandie – XIV.
Tonnencourt :
TORNECORT 1184 : Mag. Rot. Scacc. Norm., éd. Stapleton, p. 119.
Le premier élément est, selon toute apparence, un n.h. d’origine sans doute francique et probablement altéré.

1 – Bibliographie.
2 – Références historiques
3 – Autres pièces Fonds SHL.

1 – BIBLIOGRAPHIE :

Tonnencourt, canton de Livarot, réunie pour le culte à Cheffreville.
Tornecort, 1184 (magni rotuli, dans le pouillé de Lisieux, p. 57, note 3).
Thonnencourt, 1579 et 1683 (ibid. p. 57, note).
Tanancourt, 1723 (d’Anville, dioc. de Lisieux).
Thonnancourt.
Tonancourt, Thonencourt. Tonnencourt

Par. de Saint-Pierre,
patr. le
seigneur du lieu.
Dioc.de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. de Lisieux,
sergent. d’Orbec.

– Fiefs de Tonnencourt de Lyée et de la Rite.
– Fief de Mouteille, 8° de fief assis en la paroisse de Mouteille, possédé par la demoiselle fille et héritiers du feu sieur de Tonnencourt.
– Tonnencort. -Guy de Tonmencort y tient un quart de fief et Robert Buttey y tient un quart.

Lieux-dits de TONNENCOURT:
Batonnière (La), Bocage (Le), CAMPAGNE(LA), Chaumondière (LA), Manoir (LE), Monts (LES), Presbytère (Le),

1 – Bibliographie.
Voir :
Ferrière
Formeville II p.160
Auguste GUILMETH, Bourg de Livarot, s.l., s.d., in-8°, 72 p. (8 cahiers de 8 p. et 2 cah. de 4 p.)
= M.C. E.D. Br. 1170 – pp. 60-72 : Canton de Livarot : Saint-Michel-de-Livet, Saint-Martin-du-Mesnil-Oury, Le Mesnil-Durand-sur-Vie, Le Mesnil-Germain, Auquainville, Fervaques Cheffreville, Sainte-Marguerite-des-Loges, Tonnen-court, Les Moutiers-Hubert-en-Auge, Lisores-sur-Vie, Saint-Germain-de-Mont-gommery, Sainte-Foi-de-Montgommery, Saint-Ouen-le-Houx, La Brèvière, La Chapelle-Hautegrue, Les Autels-Saint-Basile, Tortisambert, Heurtevent, Le Mesnil-
PELLERIN Henri, « La décoration intérieure du manoir de Tonnancourt », PAR, février 1971
BONNET de la TOUR général, « Curiosités sur Cheffreville-Tonnencourt », PAR, 22, Février 1972

2 – Références historiques

Election de Lisieux, sergenterie d’Orbec 65 feux
Sous l’invocation de St Pierre
Patronage :14eme

16e et 18e dominus loci

Curés : Michel Charles Bardel  1739, Pollin 1764-1774, Joriaux 1782-1787.
En 1213 le patronage fut donné à l’Evêque par Guillaume de Tornecort
Dans les MRN on trouve en 1184 Hugo de Tornecort.

Description de l’église du 7 septembre 1853

Description du Manoir
L’intérieur n’est remarquable que par quelques débris émaillés et par un fragment de peinture murale représentant une bataille et qui d’après les quelques inscriptions et légendes qui indiquent les divers positions, paraît être la Bataille de Marignan.

Histoire de Bordier et Charton p. 21 tome II : on trouve des planches figurant des bas-reliefs du tombeau de François Ie à Saint Denis et représentant le Bataille de Marignan, qu’il serait peut-être bon de comparer avec les peintures du Manoir de Tonnencourt. Il existe sans contredît de notables différences, le bas-relief étant une longue bande tandis que la superficie de la muraille du manoir était un vaste parallélogramme presque aussi haut que large, où il fallait nécessairement de la perspective.

Description de la cloche
L’an 1713 Messire Jules le Liée, prêtre curé de Notre Dame de Courson et Noble Dame Geneviève de Droulin, épouse de Messire Gabriel de Liée, écuyer, seigneur de Belleau, m’ont nommée et bénite par Messire Thomas de la Mare, prêtre de Cheffreville.
Jean Aubert m’a faite.

Monstres du Bailliage d’Evreux de 1469

Jehan Dumaine, seigneur du Mesnil-Germain présenta à faire le service pour en lieu de lui Jehan le Grant, armé de trois-quarts de cuirasse, salade et demye lance un page avec lui montés à deux chevaux
Richard de Saane écuyer, seigneur tenant d’une portion de fief de Tenencourt

Ne comprennent pas
Les Hoirs Guillaume de Grantval pour un fief assis à Mesnil-Germain.
Jacques Anfray, seigneur du Mesnil-Germain :…de gueules à l’écu d’azur bordé d’or, chargé de trois croissants d’or et accompagne d’une orle de huit roses d’or posées quatre à dextre et quatre à senestre ;  (d’Hozier)
Dumesnil Germain, écuyer, :.. d’azur au lion d’or (d’Hozier 184)
Alexandre des Hayes de Béville curé de Tonnencourt :… d’azur à la fleur d’or, feuillée de quatre feuilles et sommée d’un soleil aussi d’or  (d’hozier 131)

Recherche de Montfaut
Robert de Liée, à Tonnancourt
Recherche des Elus de Lisieux
Eustache de Lyée, (voir n°15)
Maistre Henri de Lyée a fourni sur l’art. de la paroisse de Notre-Dame-de-Courson avec Jean de Lyée (voir n°15)
Geoffroy le Sens.

Recherche de 1666
Jacques de Liée, seigneur de Tonnencourt
Robert de Liée, seigneur du lieu.
Mademoiselle de Liée de Tonnancourt, née en 1673, instruite à St Cyr, mariée après sa sortie.
Mademoiselle de Tonnancourt, née en 1737, instruite à St Cyr, mariée.
Mademoiselle de Tonnancourt, qui fut rendue à sa famille, fut une des demoiselles de St Cyr, qui fut remarquée par Mme de Maintenon et lui servait de secrétaire et de confidente à St Cyr comme à Versailles (voir Th. Lavallée – Histoire de St Cyr 2e édition p.216)

Extrait de l’ancien fichier TONNENCO.SPR

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

Tonencourt, Tonnencourt, Tornecort.
L’église de Tonancourt ne date que- du XVIe siècle, et sa construction n’offre aucune particularité à signaler. Les murs sont régulièrement munis de contreforts. On y a fait des reprises assez notables à la fin du XVIIIe siècle. Le choeur est tout entier de cette dernière époque. Un clocher en charpente assez élancé, placé sur la partie occidentale de la nef, renferme une cloche du célèbre fondeur Jean Aubert, de Lisieux. Elle porte l’inscription suivante :

1713 Msr IVLES LE LIRE PBre CVRE DE NOSTRE DAME DE COVRSON ET
NOBLE DAME GENEVIEVE DE DROVLIN EPOVSE DE Msr GABRIEL DE LIEE ESCer
SEIG. DE BELLEAV MONT NOMMEE ET BENITE PAR Mre THOMAS DE LA MARE
PBre CVRE DE CHEFFREVILLE.
IEAN AVRERT MA FAITE.

Rien à signaler dans le mobilier du choeur. La nef n’est pas voûtée. Un simple plancher porte sur les entraits, ornés de rageurs.
Les Rétables des deux petits autels datent du XVIe siècle.
Leur lambris formé de panneaux à compartiments flamboyants, surmonté d’un dais en quart de cercle garni d’une galerie, avec pinacles feuillages, peut être signalé.
Le crucifix de l’arc triomphal est protégé par un dais semblable.
Une statue de la Vierge peut remonter au XVIe siècle.
Dans le cimetière est un if, rameux dès le sol, qui mesure 10 pieds et demi de circonférence.

Manoir.
— Tout près de l’église, à l’ouest, se trouvait le manoir, construction du XVIe siècle, dont le pignon en pierre de taille était flanqué de deux contreforts. Une porte cintrée à moulures prismatiques donnait accès aux caves.
L’autre pignon était en briques et pierre, bien que de la même époque. Les deux façades étaient en bois, sans sculptures, si ce n’est un grand écusson chargé d’un bar contourné.
Quelques clous à plaques découpées à jour restaient aux vantaux des portes.
Ce manoir était bâti sur une motte féodale. Cet ancien manoir de Tonancourt vient d’être démoli.
Si l’extérieur n’offrait rien de remarquable, il n’en était pas de même de l’intérieur où l’on voyait encore des peintures murales du plus haut intérêt, notamment une représentation contemporaine de la bataille de Marignan où Guillaume de Lyée, seigneur de Lyée, de Tonancourt, d’Heurtevent et du Coudray, avait figuré avec honneur. Des inscriptions gothiques, portées par des phylactères, servaient d’explication au tableau. On ne saurait trop déplorer la destruction d’un si rare monument du commencement du XVIe siècle.

La paroisse de Tonancourt est réunie à Cheffreville pour le culte. On y comptait 65 feux, soit un peu plus de 300 habitants. La population actuelle est de 101 habitants.
Cette commune, dit M. de Neuville, une des moins considérables du canton, faisait autrefois partie de l’élection de Lisieux et de la vicomté d’Orbec. Le patronage de la paroisse était laïque et appartenait au seigneur.

Le nom primitif de ce lieu paraît avoir été Tornencourt. Hugues de Tornencourt vivait en 1184. En 1213, Guillaume de Tornencourt fit donation à l’évêché de Lisieux du patronage de l’église de Notre-Dame de Courson, qu’il tenait de Hubert de Courson. Mais cette famille ne tarde pas à disparaître et nous retrouvons la seigneurie de Tonancourt divisée, sans doute par suite d’un partage, entre les familles de Lyée et de Sâane. Richard de Sâane était seigneur en partie de Tonancourt en 1469, et Geoffroy de Sâane y fit preuve de noblesse devant les élus de Lisieux, en 1523. Mais cette ancienne famille ayant, à ce qu’il semble, aliéné sa part de fief en faveur des de Lyée, se trouva réduite à un état de fortune précaire, perdit la possession de la noblesse et vit son nom même altéré par l’usage en celui de Sennes.
Geoffroy de Sennes était assis au rôle de la taille en 1540, et Nicolas de Sennes, un de ses descendants, fut déclaré roturier par M. de Marie, en 1666, en la paroisse de Cheffreville.
La famille de Lyée, originaire du Vexin, vint se fixer, au XIVe siècle, dans la paroisse de Tonancourt où elle posséda, outre le nef de ce nom, le fief de Lyée et le fief de la Rue, plus tard confondus dans la seigneurie principale.
Robert de Lyée, seigneur de Lyée et de Tonancourt, vivait en 1345 et fut le point de départ de la filiation prouvée par ses descendants dans les diverses Recherches de la noblesse.
La branche aînée de cette famille a possédé sans interruption la seigneurie de Tonancourt jusqu’à la fin du siècle dernier, qu’elle s’est éteinte dans la personne de Henri-César-Auguste de Lyée de Tonancourt et de sa soeur Louise Aimée de Lyée de Tonancourt, mariée au marquis deCaruel Mérey (Notes de M. le vicomte Louis de Neuville).

NOTES sur  TONNENCOURT

HISTORIQUE :

Le Manoir de Tonnencourt rappelle le souvenir d’une ancienne famille de ce nom qui dut disparaître dans les premières années du XVe siècle et dont l’une des dernières représentantes, Robine de Tonnecourt avait épousé Robert Cordonnel. Leur fils Jean, épousa en 1412 Blanche de Grengues, veuve de Hautemer [1]
Ce fut l’occasion de nombreuses donations mais aucune semble-t-il, ne concernait le patrimoine des de Tonnencourt.

Très tôt, cette terre passe dans la famille des de Lyée dont le premier représentant paraît sous la personne de Robert, écuyer, et de sa femme, cités en 1345 [2]. Nous trouvons ensuite mention, en 1444, dans les Comptes de Jean Le Muet, des enfants sousâgés d’un « Robert de Lyée, qualifié sieur de Tonnancourt qui avait épousé, en 1426, Perrette de Belleau, soeur et héritière de son frère, Jean de Belleau et à ce titre, dame de la Fosse (à Cheffreville), et de Belleau (à Notre-Dame-de-Courson) [3]. En 1463, un autre Robert est trouvé par Montfaut à Tonnancourt [4]
Ayant épousé Catherine de Querville, c’est sans doute le même qui quelques années plus tard, marie sa fille Anne à Guillaume de Guerpel [5]
En 1540, la famille est représentée par Henri de Lyée, celui sans doute qui nous le verrons participa avec quelques uns des seigneurs des environs à la bataille de Marignon dont il fit faire le « pourtraict » pour sa salle.
Nous trouvons trace en 1625 d’un François de Lyée qui est alors qualifié de Seigneur de Tonnencourt-Le Couldray [6] la belle terre de Tortisambert et c’est peut-être à lui qui nous devons la grande campagne de travaux qui vit la mise en place des cheminées des pignons.
Selon le marquis de Frondeville, cette propriété resta dans la famille des de Lyée jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, mais ils ne l’habitaient sans doute plus d’une manière continue depuis longtemps, vraisemblablement depuis qu’ils avaient réaménagé le château de Belleau-Belleau dont ils étaient également seigneurs.

DESCRIPTION
Le Manoir de Tonnencourt s’élève à flanc d’un coteau en forte déclivité et celle ci a été mise à profit pour créer une succession de niveaux. En plan, il se présente sous la forme d’un long rectangle cantonné à son extrémité sud par un massif de maçonnerie sur lequel s’appuie un logis de trois travées charpentées. Au delà s’élève un autre massif maçonné suivi de trois autres travées de pan de bois. Enfin, vers le nord, cet ensemble se prolonge de deux adjonctions, l’une en brique et pierre et la dernière de brique.

Le massif de pierre sud, amputé semble-t-il de sa partie supérieure, est construit en moyen appareil de calcaire cénomanien et porte toutes les caractéristiques des constructions de la fin du XVe siècle ou des premières années du XVIe siècle. Le pignon sud est épaulé de deux contreforts entre lesquels s’ouvre une porte en plein cintre encadrée d’un tore donnant accès au sous-sol qui règne sous l’ensemble du logis de bois. Au rez de chaussée, cette « tour » ne comprend qu’une seule travée et ouvre par une baie en ogive sur la cave qui s’étend sous l’ensemble du logis de bois.

La puissance de ce « narthex », son élévation ancienne font penser à une construction à caractère défensif, bien qu’il n’existe aucune trace visible de meurtrière ou d’archère.
A la suite nous trouvons donc cinq travées de charpente coupées entre la troisième et la quatrième par un autre massif de pierre de la largeur d’une travée de charpente et correspondant à l’escalier et à la cheminée centrale.
En élévation, on compte quatre niveaux: un sous-sol, un rez-de-chaussée un étage et un comble.
Le sol-sol s’étend au-dessous d’un long corps de logis en bois et vers le Sud sous un massif de pierre, l’ensemble formant une tour étroite.
Le rez-de-chaussée est remarquable par ses travées de charpenterie de type lexovien dont les témoins, rares, permettent cependant de restituer l’ordonnance de la façade ouverte pratiquement dans sa totalité et dont les potelets épaulés de guettes donnent le rythme.
Le massif de pierre central a été fortement remanié extérieurement et doté d’un cordon plat, habituel aux constructions de la fin du XVIe siècle et  marquant l’étage.
Vers le Nord on  peut remarquer une travée de maçonnerie de brique harpée de pierre.
L’intérieur, dont les niveaux ont été notablement exhaussés comporte un ensemble de cheminées  et de décoration peinte remarquables.

1424, 28 mai
Mariage entre Jean Cordonnel, fils de Jean et de Robine de Tonnencourt, et Blanche de Grengues, veuve Haultemer, et donation en faveur de ce mariage. Robert de Voessay, Donnebaut (Annebault), Bonetos (Bonnebosq), Briteuille, Maussigny, Vipars.
= Catalogue des Archives du Collège héraldique de France – Normandie – N°117. FIN NOTEB. C

Recherche des nobles de l’élection de Lisieux 1540
TONANCOURT.
58. Eustache de Lyée a été plusieurs fois appelé et mis en défaut vers le procureur du Roi, qui a requis le dit de Lyée estre assis. V. n°. 15.
Maistre Henri de Lyée a fourni sur l’article de la parroisse de Nôtre Dame de Courson, avec Jean de Lyée, n° 15.
59. Geofroi le Sens, bien que les parroissiens ne l’eussent dénommé à la fin de leur rôle comme noble, et qu’il y fût assis à la somme de 15 liv., s’est présenté et a dit être procréé et descendu de noblesse ancienne, suivant une généalogie qu’il bailloit, commençante à Pierre le Sens, son bisayeul : mais pourceque par icelle son titre de noblesse n’est suffisamment justifié , le procureur du Roi a requis qu’il soit maintenu en son assise.

1213 – Notre Dame de Courson
En juillet, Guillaume de Tonnencourt donne à Jourdain du Homet le patronage de Notre-Dame-de-Courson.
« Qu’il soit connu de tous ceux à qui le présent écrit parviendra, que moi Guillaume de Tonnancourt, patron de l’église de Sainte-Marie-de-Courson que je possédais par droit héréditaire, je l’ai donnée et aumônée à Jourdain, seigneur évêque de Lisieux, de telle sorte qu’il puisse exercer lui-même ce patronat ou le confier à quelque collège que ce soit, en pûr et perpétuel aumônât. Moi donc et mes héritiers nous serons toujours tenus de garantir ce dit patronat, soit à l’évêque, soit à ceux à qui il l’aura confié ou de l’échanger si nous ne pouvons le garantir. Et afin que ceci soit observé, ratifié et assuré aux temps à venir, j’ai confirmé cette mienne donation, par ma signature et mon sceau. Fait à Lisieux, l’an de grâce MCCXIII, au mois de juillet.
= J-P RIVIERE, Notre-Dame-de-Courson, 1986, p.21-22

1320 Fiefs de la Vicomté d’Orbec en 1320 :
N° 18 Tonnencourt – Guy de Tonnencourt y tient un quart de fief et Robert Buttey y tient un quart de fief.
= Fiefs de la Vicomté d’Orbec en l’année 1320 in H. de Formeville, t. II, p. 388 (Extrait du Ms. suppl. f° 4, 2797, Comté de Beaumont, à la B.N.)

1424, 28 mai
Mariage entre Jean Cordonnel, fils de Jean et de Robine de Tonnencourt, et Blanche de Grengues, veuve Haultemer, et donation en faveur de ce mariage. Robert de Voessay, Donnebaut (Annebault), Bonetos (Bonnebosq), Briteuille, Maussigny, Vipars.
= Catalogue des Archives du Collège héraldique de France – Normandie – N°117

1438, 26 avril – Notre-Dame-de-Courson
« Deux autres contracts de fieffe faicte de plusieurs pièces de terre aux personnes y dénommées par Jean Cardonnel et damoiselle GIlberte de Tonnencourt, sa femme, seigneurs dudit lieu de Tonnencourt à cause d’icelle damoiselle, les vingt sixième Avril mil quatre cente trente huict, seizeiesme Mars mil quatre centz cinquante.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 32

1445, 2 février – Notre-Dame-de-Courson
« Deux adveux présentez au Sr Baron d’Auquainville et de Fervaches, par led. (Jean) Cardonnel, d’un demy-fief de haubert nommé le fief de Thonnencourt à luy appartenant à cause de damoiselle Roberte de Thonnencourt, fille de feu Jean de Thonnencourt, vivant seigneur dudit lieu, les deuxiesme Février mil quatre centz quarante cinq et dix septiesme Juillet mil quatre centz cinquante et ung.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 32

1450, 16 mars – Notre-Dame-de-Courson
« Deux autres contracts de fieffe faicte de plusieurs pièces de terre aux personnes y dénommées par Jean Cardonnel et damoiselle GIlberte de Tonnencourt, sa femme, seigneurs dudit lieu de Tonnencourt à cause d’icelle damoiselle, les vingt sixième Avril mil quatre cente trente huict, seizeiesme Mars mil quatre centz cinquante.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 32

1451, 17 juillet – Notre-Dame-de-Courson
« Deux adveux présentez au Sr Baron d’Auquainville et de Fervaches, par led. (Jean) Cardonnel, d’un demy-fief de haubert nommé le fief de Thonnencourt à luy appartenant à cause de damoiselle Roberte de Thonnencourt, fille de feu Jean de Thonnencourt, vivant seigneur dudit lieu, les deuxiesme Février mil quatre centz quarante cinq et dix septiesme Juillet mil quatre centz cinquante et ung.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 32

1463 Recherche de Montfaut
Robert de Liée (Lyée), Tonnancourt (Tonnencourt)

1471 – Tonnencourt
 » En 1471, Anne de Lyée, fille de Robert de Lyée, seigneur de Belleau, de la Fosse-du-Bois et de Tonnancourt, et de Catherine de Querville, épousa Guillaume de Guerpel, sieur des  Loges, Montchauvel et Avernes, lieutenant à Exmes ».
= DUBOURG.- Les Guerpel. Cité par Henri PELLERIN, PA, 12, N° 5, Mai 1962, pp. 10-11

1489, 27 mai – Tonnencourt
« Mandement du bailly d’Evreux ou de son lieutenant au siège d’Orbec obtenu par Robert de Lyée, Sr. de Belleau et de Thonnencourt, le vingt septiesme May mil quatre cents quatre vingt neuf.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 32

1538, 7 novembre – Notre-Dame-de-Courson
« Coppie d’acte exercé par devant le sénéchal de la baronnie de Ferrières le septiesme Novembre mil cinq cents trente huict, par lequel Eustache de Lyée se seroit présenté pour faire les foy et hommage et paier le relief deu à la dame baronne de Ferrières, à cause d’un demy fief noble de haubert nommé Tonnencourt, situé en la paroisse de Tonnencourt.
= RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, p. 33

1770, 23 juillet – Notre-Dame-de-Courson
Retrait lignager d’une pièce de terre engagée par Nicolas Piprel, par messire Henri-César-Auguste de Lyée de Tonnencourt, écuyer, sous-aide major du régiment d’Orléans cavallerie, demeurant ordinairement au logis et manoir seigneurial de Tonnencourt.
= Arch. SHL. 9 FA. – Pap. 2 ff. Dossier Notre-Dame-de-Courson. Analyse Et. Deville.

1772, 23 juin – Tonnencourt
Par devant le notaire du Roy à Orbec soussigné
L’an mil sept cent soixante douze le mardy après midy vingt troisième jour de juin En l’Etude
fut Présent Messire desir antoine Césard Chavallier seigneur et Patron de Tonnancourt demeurant audit lieu Lequel a par ces pnt. Reconnu Devoir a Messire Jacques de Courthoeuvre Chevallier Seigneur du Bocoudrey et Autres Lieux demeurant à Lisieux.
La somme de Six cent Livres mentionnée en une obligation du fait dudit seigneur de Thonnancourt dont ledit Seigneur de Bocaudré est porteur Lequel billet, ou obligation demeure nul au moyen de la présente, Laquelle dite somme de six cent Livres Ledit Seigneur de Tonnancourt La payera audit seigneur de Bocaudrey ou fera payer par M. Le Chevalier de Bonneval Lorsque les lettres de Ratification Seront Scellées ayant pris la voie de l’édit des hipotecques relativement au contrat de vente fait par ledit seigneur de Thonnancourt à M. de Bonneval par acte notarié Et en forme au payement de laquelle somme dans le délay cy dessus fixé pourvu toutefois que ledit seigneur de Bonneval ne retarde pas le payement qu’il doit faire aud seigneur de Tonnancourt qui ne soblige payer la susdite soe que lorsaque Led Seigneur de Bonneval Lui aura remis sesdits aquey il oblige tous ses biens pnts. et a venir Ce fut fait en la pnce. des srs Jean Baptiste Letanneur organiste de cette ville Et pierre rasseut couturier demt. à Orbec temoins qui ont avec lesdits seigneur de tonnancourt et nous nre signé après lecture.
De Lyée de Tonnancourt – Le Tenneur – Pierre rasant – Le Boure
en marge : Je reçu de Monsieur (en surcharge) le Chevalier de Bonneval le montant du présent Laquelle quittance luy sert de main levée et le tout à la decharge de Monsieur de Tonnancourt et suivant mon opposition aux hypothèques du onze juillet dernier. Ce vingt neuf aoust mil sept cent  soixante douze De Courtheuvre. approuvé le mot chevalier en surcharge Bon Bocaudrey
(voir acte du 11 juillet 1772)
= Arch. SHL. 9FA Fonds Deville. Communes T. Dossier Tonnencourt

1770, 23 juillet – Notre-Dame-de-Courson
Retrait lignager d’une pièce de terre engagée par Nicolas Piprel, par messire Henri-César-Auguste de Lyée de Tonnencourt, écuyer, sous-aide major du régiment d’Orléans cavallerie, demeurnt ordinairement au logis et manoir seigneurial de Tonnencourt.
= Arch. SHL. 9 FA. – Pap. 2 ff. Dossier Notre-Dame-de-Courson. Analyse Et. Deville.

3 – Autres pièces FONDS SHL.

CHEFFREVILLE-TONNENCOURT : FONDS 1F
1F719 : septembre 1818 : Tonnencourt : réparation des Chemins vicinaux. (Moulins) (Belleau)

[1] L’analyse de l’acte ci-dessous paraît comporter de multiples fautes de transcription dont certaines sont difficiles à restituer.

[2] P.A.M. LABBEY de LA ROQUE._ La Recherche des élus de Lisieux, CAen Poisson, 1827. p. 11.

[3] Henri de FRONDEVILLE, Les Comptes de Jean Le Muet, p. 209.

[4] Sergenterie d’Orbec Robert de Liée, Tonnancourt (Tonnencourt)
= P.A.M. LABBEY de LA ROQUE, Recherche de Montfaut, Caen, 1818, in-8°.

[5] 1471 – Tonnencourt
 » En 1471, Anne de Lyée, fille de Robert de Lyée, seigneur de Belleau, de la Fosse-du-Bois et de Tonnancourt, et de Catherien de Querville, épousa Guillaume de Guerpel, sieur des  Loges, Montchauvel et Avernes, lieutenant à Exmes ».
= DUBOURG, Les Guerpel. Cité par Henri PELLERIN, PA, 12, N° 5, Mai 1962, pp. 10-11

[6]   1625 – Survie Titres justificatifs du droit qu’ont les décimateurs de Survie de percevoir la dîme pour les terres converties de labour en herbe – Accord entre François Dellyer (de Lyée), chevalier, seigneur de Tonnencourt-­le-Couldrey et Heurtevent, Saint-Jean-de-Livet et Saint-Martin-de-la-Lieue, et François Hardy, prêtre, curé de Tortisambert, doyen de Mesnil-Mauger, au sujet de trois pièces de terre ci-devant en labour et depuis converties en herbage
61 – H. 1756 , 4

LE BESNEREY


Le BESNEREY

Le BESNEREY ou Le Besneray réuni à LA CHAPELLE YVON en 1825.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
LE BESNEREY. La paroisse du Besnerey ( Besnereyum, Benereum) a été réunie à la Chapelle-Yvon. L’église est démolie et le mobilier transporté dans l’église de la nouvelle paroisse. La cloche mérite l’attention ; en voici l’inscription:

IAY ETE BENIE PAR Mre LOVIS IARDIN CVRE DE CE LIEVX ET NOMMEE
ESTIENNE PAR HAVT ET PT SGR Mre AMAND THOMAS HVE CHEer Mris DE
MIROMESNIL SGR ET PON DES PSE DE TOVRVILLE SVR ARQVES BEAVMET ET
AVTRES LIEVX CONer DV ROY EN TOVS SES Ceils Mre DES REQVESTES ORDre
DE LHOTEL DE SA MAJESTÉ ET PAR HTE ET PTE DAME MADAME ANONIME
DV FAY VEVVE DE HAVT ET PT SGR Mre IACQVES ANTOINE DE CHAVMONT
CHEer MARQVIS DE GITRY BARON D’ORBEC ET DE BIENFAITS SGr ET PON
DES PSE DE TORDOIS LE RONCERAY ET AVTRES LIEUX.
1737.

Cette église était dédiée à saint Étienne. Elle dépendait, comme la Chapelle-Yvon, du doyenné d’Orbec. Le patronage était laïque.
On trouve en possession du fief du Besnerey, en 1431,
Antoine de Castillon ; en 1469, Gueroudin de Franqueville, sieur de Collandon à Glos; en 1562, maistre Nicolas de La Personne; en 1648, François de Moges, seigneur de Préaux; en 1677, René de Moges, son fils, conseiller au Grand-Conseil.
Au XVIIIe siècle, les Trevet avaient succédé aux de Moges, et au moment de la Révolution, les Despériers de Fresnes possédaient cette terre, qui se trouve encore dans la même famille.
La population des deux paroisses réunies de la Chapelle-Yvon et du Besnerey est de 635 habitants. Au XVIIIe siècle, on comptait à la Chapelle-Yvon 275 habitants (55 feux), au Besnerey 200 (40 feux). Cette augmentation notable tient aux usines établies sur la rivière d’Orbec.

Carnet de Charles Vasseur « Doyenné d’Orbec »
– Sous l’invocation de Saint Etienne

– Curés:
Jardin 1764
M.Chéron 1774
F.C.Formage 1774/1787
Prêtres de la paroisse. F.C.Formage – P. Lefranc.
Clercs. J..P.-I.Moulin – J.-L.Le Normand.
Patron. Le seigneur du lieu. J.-B A. Despériers
Seigneurs J.-B A. Despériers

– Insinuations

– L’église est entièrement détruite, la cloche se trouve à La Chapelle Yvon, paroisse à laquelle celle-ci est réunie.

– Description de la cloche du Besnerey
J’ai été bénie par Messire Louis Jardin, curé de ce lieu, et nommée Estienne par Haut et Puissant Seigneur Messire Armand Thomas, chevalier et Mr Is de Miromesnil, seigneur et patron des paroisses de Tourville sur Arques, Beaumet et autres lieux, conseiller du Roy en tous ses conseils, maître des requêtes ordinaires de l’Hôtel de sa Majesté… et par Haute et Puissante Dame Madame Anoxime du Fay, veuve de Haut et Puissant Seigneur Messire Jacques Anthoine de Chaumont, chevalier, marquis de Guitry, baron d’Orbec et de Bienfaite, seigneur des paroisses de Tordois, le Ronceray et autres lieux. 1737.

– Description de la cloche de La Chapelle Yvon
En l’an 1788 j’ai été bénie par Messire Joseph Philippe Le Monnier de la Haitrée, curé de ce lieu et nommée Magdeleine par Très Haut et Puissant Seigneur Anthoine Anne François de Chaumont, comte de Quitry, Brigadier des Armées du Roy et par Très Haute et Très Puissante Dame Magdeleine Charlotte de Riquel de Caraman, épouse de Très Haut et Très Puissant Seigneur Victor Jacques Gui George Henry de Chaumont, marquis de Quitry.
Le Sieur Lecuier, trésorier comptable
Jean Copie m’a faite

– Montre de 1469
Guérondin de Franqueville, escuyer, seigneur de Besneray et Colladon, au droit de ses enfants, se présenta, monté à cheval, armé de brigandines, vouge, salade et gantelets
Robin Toustain tenant de la Vavassorerie Poullain assise au Besneray se présenta en habillement, monté et armé comme dessus.
Antoine de Castillon, escuyer, seigneur du Besnerey 8 février 1431.

– Etat des fiefs 1559
Le tenant du ¼ de fief de Besneray

Labbey de La Roque, Pierre Élie Marie
Recherche faite en 1540, par les élus de Lisieux des nobles de leur élection…
LE BESNERE.
162. Jean Esnault n’a rien fourni, parcequ’il est en procès en la cour de nos sieurs les généraux à Rouen , contre les parroissiens de la dite parroisse, pour le fait de son assise.

– Recherche de 1524 – Claude Pomolain et Guillaume Didier seigneurs de la Vigne n’ont fait apparoir leur noblesse.
– Arrière-ban de 1562 – Maistre Nicolas de la Personne, escuyer, seigneur du Besneray.
– Recherche de 1540 – Jean Esnault n’a rien fourni parce qu’il est en procès en la cour de nos sieurs les généraux à Rouen, contre les paroissiens de ladite paroisse pour le fait de son assise.
– René de Moges, escuyer, seigneur de Préaux eu Besneray, né le 2 ami 1648, conseiller au Grand Conseil le 9 mai 1674, marié le 17 février 1677 à Elisabeth, Agnès Marsollier, fille d’Alexandre Marsollier, conseiller, maître d’hôtel ordinaire du Roy. Ils eurent un fils, page de la petite écurie qui ne porte pas le titre de seigneur de Besneray.
– Maistre François de Moges, seigneur de Préaux et du Besneray, conseiller du Roy, maître de ses comptes en Normandie 29 juillet 1648.
– Recherche de 1666 – Régné de Moges, seigneur de Préaux et de Besneray, ancien noble.
– Les représentants de Louis Trenet, escuyer sieur du Besnerey, représentant le droit de René de Moges, chevalier, seigneur de Préaux et de Besnerey 25 mai 1723.
– Jean Baptiste Antoine Desperiers, chevalier seigneur ; Haut Justicier de Saint Mards de Fresne, seigneur et patron du Besneray, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, conseiller du Roy, lieutenant général civil et criminel au bailliage d’Orbec, il avait pour femme Louise Geneviève Aubert. 1776 – 12 août 1771.
Il eut pour enfants :
– Edme Louis Delmas Desperriers
– Esprit, Louis Gustave
– Antoine Maurice
qui firent partage le 24 février 1797 le 6 ventôse an V.
Edme Louis Delmas eut le manoir du Besneray avec la ferme du même nom excepté le bois de Saint Clair, situé sur St Paul de Courtonne, la ferme du Bos-poulain et celle d’Ouville. Il épousa Jeanne Rosalie Emilie de Prinsac, qui obtint sa séparation de corps et biens le 22 prairial an IX.

– Monsieur Louis Marie Emile Blondel d’Aubers sous-préfet de Mortagne et Madame Marie Louise Célestine Desperriers-Defresne, son épouse.
– Monsieur Nicolas de Brimet de …., chevalier de Privezac, directeur des contributions directes du Calvados et Madame Marie Adèle Joséphine Desperriers Defresne, son épouse, demeurant à Laval propriétaires de la ferme de Besneray au Gros Chêne à la Chapelle Yvon en … ?

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton. (Le Besnerey)

p.9 -11 mai 1452
Guillaume FOUQUET le Jeune, escuyer seigneur de la VESPIERE, confesse avoir reçu de Guérodin de FRANCQUEVILLE la somme de 8O livres tournois formant le capital d’une rente due par le dit FRANCQUEVILLE à Jehan LE ROY de MONSTALLART seigneur de la REUE, pour son fief du BESNEREY afin d’en être déchargé.

VILLERS sur GLOS


NOTE sur VILLERS sur GLOS

Villers sur Glos réuni à GLOS sur LISIEUX. lors du Concordat

Il existait sur le territoire de Notre-Dame de Villers, au moins cinq fiefs qui ont été détaillés par Charles VASSEUR et repris par l’abbé LECOURT: les fiefs de la Motte, de Grosmesnil (proche de la Motte), du Boulley, de Blancheporte et enfin de la Quaize, but de notre promenade d’automne.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces justificatives.
3 – Autres archives SHL.
4 – Fief de la QUAIZE

1 – BIBLIOGRAPHIE.

« A propos du manoir de la Quaize, PAR, 42, N° 12, Décembre 1992, p. 6, ill.

DETERVILLE Philippe, Château de Villers-sur-Glos dans Richesse des châteaux du Pays d’Auge, Condé- sur-Noireau, Corlet, 1989, pp. 75-77

LECOURT Abbé A, « Villers-sur-Glos – Une Crise de Trésoriers au XVIIIe siècle », BSHL, n° 18, 1910, pp. 36-40

2 – PIECES JUSTIFICATIVES.

Certaines références placées dans cette rubrique et concernant Villers peuvent être douteuses, l’identification du Villers concerné est parfois difficile ;

1220, novembre – Hôpital de Lisieux
Guillaume de Villers, fils et héritier de Richard de Villers, confirme la donation faite par Raoul Le Villain, bourgeois de Lisieux en décembre 1219, pour ceux des biens situé dans son fief de Fontaine-la-Louvet.
= Charles VASSEUR, 1864, p.18

1332, 8 mai
Lettre du roi au bailli du Cotentin, touchant une rente de 20 livres sur la terre du Hommet, appartenant à la succession de Thomas de Villers.
« il te appert que les vint libvres tournois par an que ledit Thomas, en temps qu’il vivoit par soi ou par autre levoit et esploittoit sur la terre du Hommet par la main Guy de Bruecourt (Brucourt), chevalier ou de ses gens, à cause de la terre du Hommet, que ledit chevalier tenoit à ferme…
= Léopold DELISLE, Actes normands de la Chambre des Comptes, p. 49.

LISIEUX. NOBLES
Sergenterie de Moyaux :
21 – Guillaume Bonnechose, Notre-Dame-de-Villers

1513, 21 Juin – Lisieux
Me Jehan Percheval, chanoine de Lisieux, prébendé de la prébende de Villers, baille à ferme à Jean Le Valloys, de Saint-Jacques, un jardin sis près du doyenné et des murailles de la ville, moyennant 27 sols 6 deniers par an.
= Tabel. de Lisieux. Analyse Et. Deville.

1532, 2 avril – Courtonne-la-Meurdrac
Me Christophe Le Boctey, prêtre, demeurant à Villers, fieffe à rente à Michel Desjardins, une pièce de terre à Saint-Denis-du-Val-d’Orbec
= Arch. SHL. 9 FA. Fonds Et. Deville. Parch.

1532, 25 septembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant maître Alain Dutertre et Guillaume Defeure, tabellions pour le siège de Moyaux, Pierre Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, prend à fieffe et à rente de Me Christophe Le Boctey, chapelain de Saint-Eustache de Manerbe, demeurant à Villers, une pièce de terre contenant 2 acres, à Courtonne-la-Meurdrac, moyennant 10 sols de rente. Témoins Robert Regnault et Henry Houlley.
= Arch. SHL. Analyse Et. Deville. Parch.
Voir archives SHL 1F397

1536, 23 décembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Michel Laillier et François Lores, tabellions, vénérable personne Me Christophe Le Boctey, prêtre, demeurant en la paroisse de Notre-Dame-de-Villers, reconnaît avoir reçu de Pierre Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, le rachat et amortissement de 10 sols de rente. Témoins: Jehan Louchard, de Marolles et Nicolas Masquelier.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1548, 18 septembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Michel Laillier et Olivier Carrey, tabellions jurés à Lisieux, Guillaume Grieu, de Notre-Dame-de-Villers, accorde à Michel Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, la fieffe labourable assise audit lieu.
= Arch. SHL. Analyse Et. Deville. Parch.

1549, 28 janvier – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Michel Laillier et Olivier Carrey, tabellions jurés à Lisieux, Michel Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, vend afin d’héritage à Christophe Le Boctey, sieur du Buisson, de la paroisse de Notre-Dame-de-Villers, 22 sols ts. de rente moyennant 11 livres tournois. Témoins: Richard Mouette et Roulland Mouette, de Mézidon.
= Arch. SHL. Analyse Et. Deville. Parch.
Voir Arch. SHL 1F275

1562, Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux
79
94.- Robecler de Barville, escuyer, seigneur du fief de la Quieze (Probablement à Villers-sur-Glos.,), autrement nommé le petit Blangy………… XXIIII l.
= P.-F. LEBEURIER, Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux en 1562 avec une Introduction sur l’histoire et l’organisation du ban et de l’arrière-ban, Evreux-Rouen, Huet-Lebrument, 1861, In-12, 167 p.

1577, 16 février – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunay, tabellions royaux au siège de l’Hôtellerie, Robert Morel, de Courtonne, vend à noble homme Jehan Le Boctey, sieur de la Motte, de la paroisse de Villers, 60 sols ts. de rente à prendre sur ses biens, moyennant la somme de 30 livres. Témoins: Etienne Le Chien et Claude Le Telier, de Courtonne.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1579, 27 décembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hôtelerie, fut présent Adrien Le Boctey, sieur de La Houssaye, de la paroisse de Notre-Dame-de-Villers, lequel confesse avoir reçu comptant de Jacob Desjardins, fils Michel, le franchissement, racquit et amortissement d’une rente. Témoins: Charles Ricquier, fils, et Toussaint Ricquier.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1587, 4 juillet – Courtonne-la-Meurdrac
Colas Desjardins, de Courtonne, vend à Guillaume Ango, prêtre de Notre-Dame-de-Villers, 40 sols tournois de rente à prendre sus ses biens.
= Arch. SHL. 9 FA. Fonds Et. Deville. Parch.

1593, 6 janvier – Courtonne-la-Meurdrac
Jehan Le Chien, de la paroisse de Villers, reconnaît avoir reçu de Nicolas Desjardins, fils Jacob, de Courtonne, le rachat et franchissement d’une rente de 30 sols.
= Arch. SHL. 9 FA. Fonds Et. Deville.

1604, 10 décembre – Villers-sur-Glos
Marguerite Le Valloys, baille à Jacques Ango, fils Martin le Lieu Bardou, à Villers
= Arch. SHL. 9F Deville. A. Minute, papier, 2 ff.

1992, octobre – Glos
Le château de Villers à Glos est mis en vente judiciaire sur requête de la Société Générale. Outre le mobilier, dans la même vente figurent les lions du portail.
= Discussion réunion C.A. Ass. le Pays d’Auge.

3 – Autres archives SHL.

Voir FONDS BOUDARD
– 2FA44 : 1765 : Accord avec les habitants de Notre Dame de Villers près Glos.
Ecclesia de Villaribus – de Villula

Election de Lisieux, sergenterie de Moyaux, 40 feux
Curés :
Neuville 1764
Bellière 1768-1787

Milcent de Bevinière faisait une rente de 4 livres au trésor de l’église de Villers, abandonnée à l’Hospice de Lisieux après la Révolution.

1591, 1er janvier – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hôtellerie, Jehan Le Chien, de la paroisse de Villers, baille en fief à rente, à Nicolas Desjardins, de Courtonne, deux pièces de terre labourables, sises aud. lieu, nommées « La fieffe », moyennant 4 écus et demi de rente. Témoins: Antoine Bouquier, de Courtonne, et Michel Desjardins.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.
= archives SHL : 1F427 : 1er janvier 1591 : Jehhan Le Chien de Villers baille à Nicolas Desjardins 2 pièces de terre à Courtonne.

1702
– Archives SHL 1F415 : 1er janvier : 1702 :
Robert Duval de la paroisse de Villers a reçu de Philippe Lefèbvre la somme de 4 livres.
1748
– Archives SHL.1F463 : Satis curé de Villers et autres.

4 – FIEF de la QUAIZE

HISTORIQUE
A l’origine, ce manoir, connu sous le nom de manoir de la Quaize, se trouvait donc à l’extrémité orientale de la paroisse de Notre-Dame-de-Villers, mais vraisemblablement, le fief devait s’étendre au-delà, sur les paroisses environnantes.

Diffusion du toponyme
Un certain nombre de fiefs de Normandie portent ce nom de QUAIZE qui s’orthographie d’ailleurs de multiples manières, et la proximité de certains a tendance à compliquer particulièrement les recherches. Relevons:

La Quaize – Hameau de Bretteville-sur-Dives [4]
La Quaize – hameau de Fontaine-l’Abbé et fief [5]
Les Quaizes ou Quezes, Quiezes – hameau d’ailly (Eure) [6]
La Quèze à Duranville.[7]
La Quèze, hameau, commune du Tourneur [8]
La Quièze, Hameau, commune du Saint-Martin-de-Blagny [9]
La Quièze – Hameau du Thuit-Signol [10]

Cette liste n’est forcément pas exhaustive mais peut-être devrait-on également y ajouter les toponymes La Caisse, communes de Baynes [11]; La Caisse-Rougerie, à Saint-Martin-de-Blagny [12]; La Chaise, à Clécy et à Vassy [13] La Chaise, hameaux de Bois-Nouvel, Landepereuse et château à Saint-Antonin-de-Sommaire [14] ?

Origine du toponyme
Les propriétaires

a.- Famille de la Quèze
Une famille du nom de la Quièze, originaire de Saint-Denis-du-Bosc-Guérard, est citée dans une charte, de 1204, en faveur de l’abbaye de l’abbaye de Bonport [15] et selon Henri de FRONDEVILLE [16] « le mariage de Robert de Bellemare avec Jeanne de la Quèze, à la fin du XIVe siècle, les avait mis en possession des fiefs de la Quèze à Duranville ».

Cette famille, richement possessionnée dans la partie orientale de l’actuel département de l’Eure, possède cependant des biens dans notre région puisqu’elle fait don à l’abbaye du Bec.

Dans la liste des Fiefs de la Vicomté d’Orbec en l’an 1320 [17] parmi les Nobles fiefs de la sergenterie de Moyaux, l’abbé LECOURT [18] avait relevé la mention Guilbert de la Guiese tient un quart prisé 30 livres de rentes. C’est, à notre connaissance la mention la plus ancienne concernant ce domaine. En 1414, Girot de la Quèze, dans l’aveu rendu au roi pour le fief d’Auge, à Saint-Martin-du-Val-d’Orbec, qu’il tient de sa femme, stipulant qu’il demeure à Glos et en 1444, dans les comptes de Jean Le Muet, on trouve encore un membre de cette famille, Jean de la Quèze, tenant du fief du Mesnil-Godement [19] situé à Fontaine-la-Louvet, paroisse proche de Glos.

b.- Famille de Fatouville
Au XVIe siècle, Silvin de Fatouville est en possession de ce fief et s’intitule Sr de la Quaize. Aux enquêteurs de la Recherche des Elus de Lisieux, il « dit estre procréé de noblesse ancienne, et que son bisayeul était Robert de Fatouville, vivant en 1454, et possesseur du fief du Bosc de la Rue, assis à Aucainville (Auquainville) ». Mais, ajoute l’enquête parce qu’il n’a suffisamment fourni, ni de sa descente, ni même de sa noblesse par autre titres, le procureur du Roi a requis qu’il soit assis. » Nous ne savons si ses allégations étaient fondée mais nous avons retrouvé un acte passé à Lisieux en 1476 dans lequel figure  » Robert Vipart (?) escuier lieutenant général de noble homme Jean de Fatouville seigneur du lieu conseiller et maistre royal ordinaire du Roy nostre sire son bailli et capitaine « .

De même, nous ne saurions dire les liens de parenté entre le Silvin de Fautouvile et Symon de Fatouville, également sieur de la Quèze, dont la fille Catherine épouse de Noble homme François de Brèvedent, sieur du lieu paraît dans un acte de 1544.

c.- Les Costard
Sur cette famille, voir Michel COTTIN, Notes généalogiques sur la famille Costard, Communication SHL, Octobre 1992.

Peu d’années plus tard, une nouvelle famille apparaît à Glos, les Costard ou Cottard. Depuis fort longtemps, une famille de ce nom possède des biens à proximité, à Cirfontaine ou à Courtonne. Fréquemment cités dans les actes de la région il en existe au moins trois ou quatre branches installées à Bayeux, à Barfleur, à la Brévière, etc., mais il est impossible actuellement d’établir un lien entre eux et Jean Costard, marchand drapier, demeurant à Lisieux, paroisse Saint-Jacques, qui en 1571 achète à  » Noble homme Jehan de Franqueville, seigneur de Collandon, demeurant aud. lieu, paroisse de Glos… trois pièces de terre assises en la paroisse de Glos, du nombre du domaine non fieffé de la seigneurie de Collandon, deux en labour et une en taillis pour la somme de 348 livres tournois ».

Un Jehan Costard, sans doute le même paraît avoir été Conseiller de ville en 1558 et en 1562 mais nous ignorons sa filiation avec Michel Costard, qui en 1605, lors de la vente de sa maison du Manoir du Cygne, se dit sieur de la Quéze, bourgeois, demeurant paroisse Saint-Jacques. En 1634, nous trouvons cité de nouveau ce nom de Michel Costard, sieur de la Quèze, comme président en l’élection de Lisieux. En 1653, un Jean Costard, sieur des Parts obtient des lettres d’anoblissement qui seront vérifiées en 1655. L’ascension de la famille est rapide puisqu’en 1667 Me Pierre Costard, peut-être le fils de Michel, se titre sieur de la Quaize, conseiller du Roy, trésorier de France au bureau des finances de la généralité d’Alençon.

C’est parmi ces quelques personnages qu’il faudrait chercher les constructeurs de la Quaize. Après le milieu du XVIIe siècle la famille implantée dans la région d’Alençon ne semble plus avoir eu de rapports suivis avec son domaine de Glos et c’est sans doute à cette circonstance que la Quaize doit d’avoir gardé son caractère de petit manoir à taille humaine.

DESCRIPTION du Manoir.

L’élégant manoir de la Quaize est connu depuis fort longtemps grâce à la remarquable description que nous en a laissé Charles VASSEUR et publiée par Arcisse de Caumont dans sa Statistique monumentale. Outre son exactitude, cette description ayant le mérite supplémentaire de nous restituer son état vers 1860, sa lecture garde valeur de document:
 » Malgré les nombreuses mutilations que cette maison a subies, il n’en reste pas moins un précieux spécimen des constructions domestiques du commencement du XVIe siècle. Elle est en bois: toutes ses poutres principales sont couvertes de sculptures dans le style du règne de François Ier. Les sablières qui séparent les étages sont sculptées, à leurs extrémités, d’un nerveux rageur qui engloutit les moulures. Toutes les pièces verticales ou horizontales sont couvertes de culs-de-lampe, de rosaces, de losanges, d’enroulements et autres motifs analogues. Un jolie porte en accolade avec pinacles, blasons, feuillages, s’ouvre dans la façade, malheureusement elle a souffert.
« Les entre colombages sont remplis par des briques vernissées rouges et vertes, formant des dessins, tant par la variété de leur couleur que par leur disposition.
 » La face qui regarde le jardin n’est pas moins ornée. La base, jusqu’au premier étage, est en échiquier de pierres et de briques. Sur une poutre centrale est sculpté un blason chargé d’une croix vairée et surmonté d’un chapeau de cardinal avec les houppes. C’est celui du cardinal Jacques d’Annebault, évêque de Lisieux, de 1543 à 1560; on peut s’en servir comme de date pour la maison.
« L’intérieur n’avait pas été moins soigné que l’extérieur. La principale chambre est pourvue d’une vaste cheminée, dont le manteau, orné de moulures, est porté par deux colonnes engagées. Les sommiers du plafond sont sculptés d’entrelacs et de rosaces.
 » Cette maison était couverte autrefois d’un grand toit de pavillon avec double épi. Des tuiles vernies de différentes couleurs formaient, sur ce grand comble des dessins ingénieux. En 1848, l’amour de l’égalité a fait stupidement ravaler ces fiers pignons au niveau des combles mesquins de l’époque moderne. Cependant, sans doute par économie. on a replacé sur le toit une partie des tuiles vernies, rouges, vertes et jaunes.
« Les fenêtres étaient carrées et étroites, sans ornements, si l’on en juge par celles que l’on voit encore, quoique bouchées, dans certains endroits. Les autres ont été élargies, il y a environ vingt ans.
« Le colombier a été détruit en même temps que le comble, comme un vil instrument de la féodalité. Il était rond, de dimension fort ordinaire et sans architecture ».

Telle qu’il nous la décrit, cette demeure avait donc considérablement souffert des ans et l’on ne peut que féliciter Monsieur et Madame GARBE qui ont su avec amour lui redonner un peu de sa superbe d’antan.

Cependant, la tâche difficile du restaurateur ne consiste pas toujours à rétablir les ordres anciens et nous avons ici l’exemple type de ces constructions de charpente marquées à chaque génération d’aménagements nouveaux, conformes aux goûts, aux modes et aux besoins de l’instant.

Le plan

On peut cependant reconstituer le schéma d’origine. En plan, nous trouvions au centre un large massif de cheminée et, de part et d’autre, trois travées de charpente correspondant à une pièce par niveau auxquelles on accédait, au rez-de-chaussée par une porte percée à chaque extrémité du mur gouttereau et, à l’étage, par un escalier à vis implanté entre la cheminée et la paroi de façade.

Le massif des cheminées, deux par niveau, est demeuré l’élément central mais, l’étude des pans de bois, tant sur la façade principale qu’en arrière, le révèle, d’innombrables campagnes de transformations assez radicales et d’extensions ont bouleversé cette structure.

Ainsi, un réaménagement des espaces intérieurs fut accompagné de la construction d’un bâtiment sans étage implanté sur une ligne brisée, d’où, en arrière la création d’un petit corps « en aiguillon ». Conséquence de cette création, l’ancien escalier central fut rejeté vers l’Ouest, à la jonction des deux bâtiments, tandis que l’un des accès primitifs, à gauche du mur gouttereau Sud, était remplacé par une porte ouverte au départ du nouvel escalier.

La disparition de l’escalier central, selon un schéma souvent rencontré, mettait en communication les deux « aîtres » du rez-de-chaussée mais obligeait, à l’étage, de traverser une pièce pour atteindre la seconde.

Elévation

En élévation, au-dessus d’un rez-de-chaussée érigé sur un haut soubassement, s’élevait un étage en encorbellement sur sommiers ouvert de fenêtres à meneaux et croisillons, accompagnées en allèges de croix de Saint-André surmonté lui même d’un comble en encorbellement.
Au tiers inférieur du pan de bois du rez-de-chaussée, une filière, aux moulures précises et élégantes, court d’une porte à l’autre sur la totalité de la façade en s’encastrant au passage dans les renflements des poteaux et des potilles.
Relevons la présence, en allège de la façade principale, au-dessous de cette filière, d’une succession de croix de saint André, disposées sans aucun respect d’alignement avec les fenêtres et les poteaux d’encadrement de ces dernières. Cette disposition est originale pour un rez-de-chaussée, et l’on peut se demander si à l’origine les colombes que l’on voit encore en partie supérieure ne se prolongeaient pas jusqu’à la sablière basse. Il s’agirait alors d’une réparation contemporaine peut-être du grand démontage évoqué plus avant.
De même, le décor de briques de l’entre colombage ne manque pas de surprendre par sa nature et son chromatisme. S’il est assez courant de rencontrer des briques vernissées dans les façades augeronnes, en règle courante, il faut le souligner, on utilisait pour cet usage un type de briquettes à tenons destinées à être posées obliquement, l’extrémité s’encastrant dans une rainure, tandis qu’ici, il s’agit de briques à rive vernissée, vert ou rouge, recoupées en fonction de leur position dans le décor Sur l’emploi de ces différents types de briques, voir: [20]
Le pan de bois a été, à une époque impossible à préciser, démonté dans sa plus grande partie, mais, au remontage, pour une raison qui nous échappe, l’étage ne fut pas réimplanté en concordance avec le rez-de-chaussée. Si l’on conserva quelques croix de Saint-André, on y introduisit de nouveaux dessins de colombages, le tout d’une manière assez désordonnés. et de contreventements modifiant considérablement l’aspect du pan de bois et le peu de témoins conservés des dispositions initiales, interdit toute restitution fiable.

A l’Est et au Nord, le pan de bois du rez-de-chaussée a été remplacé, en deux campagnes, semble-t-il, par un mur de pierre et brique. Au Nord, correspondant aux six travées de façade nous trouvons un faux damier percé de deux passages refermés de nos jours. et à l’extrémité de ce mur gouttereau, au-dessous du rattrapage en « aiguillon » ainsi que sur le pignon Est, on trouve des assises allongées de pierre et de brique.

La décoration
Comme le soulignait de CAUMONT, la décoration est abondante mais de plus, elle est fine et soignée. Elle s’intègre dans la série des sculptures du milieu et du troisième quart du XVIe siècle telle qu’on les retrouve au manoir des pavements, au Vieux Logis d’Orbec, au Verger à Fervaques, etc.

Le 5 ème jour du mois de septembre 1486 à Jehan Luce semblablement maçon pour les deux parts de 6 livres 12 sols pour avoir estoqué les portes de l’église parrocchiale de Villiers en laquelle la fabrique prend et perçoit les deux parts de la dîme, avec ce avoir maçonné les sablières, recepé par dedans la muraille du chancel et aussi avoir refait l’autel, lequel était tout rompu et démoli, aussi compris la verrière et le pignon ainsi qu’il est porté dans le contrat duquel est porteur Cardin Debray pour et au nom du curé et pour la portion de ladite fabrique baillé audit Luce la somme … (Compte rendu par Jehan Lebreton, prêtre de St Michel 1485 au même jour 1486 – Fabrique St Pierre de Lisieux)

La paroisse de Villers ayant été supprimée lors du Concordat et son territoire réuni à Glos, L’église a été démolie il y a une vingtaine d’années (1861).
La cloche, instrument précieux, les deux petits autels sont maintenant dans l’église de Glos. On y avait également transporté le maître-autel mais comme il n’y avait point d’endroit propice pour le placer il a été dépiécé, on n’en voit dans le clocher les morceaux disloqués. C’était un autel à pilastres avec trois tableaux, dont deux en forme d’ellipse.
Le tabernacle était surmonté d’une exposition, consistant en un dôme quadrangulaire porté sur quatre colonnes corinthiennes.

D’aprés les souvenirs de ceux qui l’ont vue, l’église de Villers de dimensions médiocres devait dater des derniers temps de l’époque ogivale. Le chœur faisait retraite sur la nef ainsi qu’on le voit presque toujours. Le clocher s’élevait à l’ouest, il consistait en un beffroi carré, couvert d’une pyramide quadrangulaire. Au midi était le portail, lequel était protégé par un porche en bois. Ce porche dont les intervalles ont été remplis par des pierres de grand appareil provenant de l’église, forment actuellement une cave non loin de son ancien emplacement, sur le bord d’un petit ruisseau.
Les voûtes étaient en merrain avec charpentes apparentes. Celles du chœur étaient peintes en bleu azur avec un semé d’étoiles d’argent. Les fenêtres avaient des vitraux. Le docteur Bellon en possède un médaillon, représentant Notre Dame de la Pitié. Les fonts étaient ornés d’arcatures gothiques.

Cette paroisse était sous l’invocation de la Vierge. Les patrons étaient au XIVe : Heredes de Mota et au XVIIIe c’était l’évêque. Elle était inscrite pour 20 livres de décimes et 700 livres de revenu.

Le presbytère, situé tout proche, existe encore. C’est une construction du dernier siècle.

Le fief principal de cette paroisse était la Motte, puisqu’il avait le droit de patronage, il est situé tout près de l’ancien enclos de l’église, qui faisait enclave dans ses terres. Il se trouve assis sur le bord d’un petit ruisseau qui emplissait autrefois ses fossés, et sans doute à cette situation qu’il doit son nom. Il ne consiste du reste actuellement qu’en une maison de bois peu considérable, qui paraît dater du règne de Louis XIV.

Je ne crois pas qu’il ait jamais existé de manoir féodal appelé proprement Villers et je pense que ceux des gentilshommes que l’on trouve avoir pris cette qualification étaient Seigneurs de la Motte. Je cite donc ici comme intéressant la Motte un mandement du 17 octobre 1475 du lieutenant du bailly d’Evreux à l’évêque de Lisieux qui ordonne de conférer la cure de Notre Dame des Prés, située à Villers, à celui que présente Etienne Flambart, seigneur dudit Villers (Archives du Calvados)

On trouve ensuite le fief dans les mains de la Famille de Boctey qui a pour auteurs Davy et Jehan Boctey, anoblis aux francs-fiefs. Je crois que l’on peut regarder cette famille comme originaire de Lisieux puisque plusieurs de ses membres remplirent des charges d’Edilité dans les dernières années du 15e siècle.

En 1540 Guillaume Bottey, Damoiselle Guillemette Bertelot, sa mère, et Damoiselle Gilette Bottey, leur cousine, firent leurs preuves devant les élus de Lisieux. Ils demeuraient à Villers.
Noble Homme Gilles le Boctey, seigneur de la Motte, figure dans un acte original du 30 avril 1561.
Un acte d 1634 parle des héritiers du seigneur de Boctey, écuyer, seigneur de la Motte.

D’après l’inscription de la cloche, François Lebrun était seigneur de la Motte en 1668. Il avait des alliances avec la famille de Mailloc.

D’autres fiefs se trouvaient encore sur ce territoire de Notre Dame de Villers, bien que la superficie n’en soit pas considérable : Gras-Mesnil, contigu à la Motte, puis le Bouley et Blancheporte et enfin la Quaize, qui offre un grand intérêt.

En 1540 Gras-Mesnil était dans les mains de Marc de Gouvis, gentilhomme de très ancienne lignée.
A la fin du 16ème il était passé entre les mains de la famille de Boctey. On trouve en 1606 et 1614 Noble et Vénérable Maître Michel le Boctey, prêtre, seigneur temporel de Gras-Mesnil, prieur de Mervilly etc.. et puis curé de Notre Dame de Villers.
Ce sont encore les de Boctey qui possédaient le Bouley. Les registres de l’Hôtel de Ville de Lisieux ont conservé le nom de Maistre Gabriel le Boctey, écuyer, seigneur de Marolles et du Bouley, procureur du Roy en l’élection de Lisieux (1552-1577)
Maistre Michel le Boctey, seigneur de Gras-Mesnil avait pour frère Louis le Boctey, écuyer, sieur du Bouley. Il avait épousé le 3 juillet 1597 Catherine de Francqueville, fille du seigneur de Collandon, dont la postérité a possédé le même fief pendant plusieurs générations (1).et d’où sortirent trois enfants : Charles, Renée et Hélène.
(1) Il résulte d’actes authentiques que cette terre du Boulley était dans les mains de la futaille de Boctey ; mais elle possédait en même temps le fief du Boulley, beaucoup plus important, situé à St.- Germain-de-Livet.
Charles, seigneur du Boulley, après son père, eut un seul fils, nommé Jacques, qui se maria deux fois, d’abord avec une demoiselle de la Noé et en secondes noces avec Madelaine de Fresnel. Cette dernière lui donna quatre enfants dont le second seul, Guillaume, qualifié de seigneur de Villers, a laissé postérité. Je pense que c’est son fils que l’on voit figurer dans l’Armorial de d’Hozier ainsi : Louis le Boquetay, écuyer, seigneur de Villers – …d’argent d’un chevron d’azur accompagné de trois perdrix de gueules.

Je ne sais si c’est le Bouley qui est la propriété de M Auguste Asselin, receveur des finances. Elle est située entre deux coteaux boisés dans une situation charmante. La maison assez importante, a deux ailes qui datent du règne de Louis XIV, avec toit brisé à la Mansard. Le centre paraît beaucoup ancien, mais il a été modernisé à un tel point qu’il est impossible d’en reconnaître l’âge. Il a pourtant conservé son toit élevé et une grande cheminée en briques ornées d’arcatures simulées avec dessins en briques noires dans les fonds, système qui remonte au 16e siècle.

Le colombier carré, construit en briques est surmonté d’un épi en terre jaune vernissée qui figure un pigeon.

La famille de Boctey était en possession d’un autre fief encore assis sur le territoire de la même paroisse mais à un quart de lieue au moins vers le midi de l’autre côté de la vallée, il se nommait la Houssaye.
Noble Homme Messire Adrien le Boctey, seigneur de la Houssaye, vivait en 1570 et 1587, suivant des documents originaux que j’ai eus entre les mains.
J’ignore le nom de son fils, un acte du 6 juillet 1641 fait mention de son petit-fils Anthoine le Boctey, écuyer lui aussi seigneur de la Houssaye. Il fit ses preuves en 1666 à Notre Dame de Villers, avec Gilles le Boctey, seigneur de Glatigny.
Je n’ai trouvé qu’un seul acte où il soit question de la Blancheporte et de son propriétaire Pierre Toustain. Cette date datée du 1er février 1634 relate une vente de trois pièces de terre situées à Glos, dépendantes de la sieurie de Cirfontaine.

Le fief le plus intéressant pour l’archéologue bien qu’il n’ait pas été hiérarchiquement le plus important et certainement la Quaize ou la Quèze.

Malgré les nombreuses mutilations que cette maison a subies, elle n’en reste pas moins un rare spécimen des constructions domestiques du commencement du XVIe siècle. Elle est en bois, toutes ses poutres principales sont couvertes de sculptures dans le style de François Ier (Renaissance Gothique) Les sablières qui séparent les étages, sont sculptées à leurs extrémités d’un nerveux rageur qui engloutit les moulures. Toutes les pièces principales, verticales ou horizontales, sont couvertes de culs de lampe, de rosaces, de losanges, d’enroulement et autres dessins variés.

Une jolie porte en accolade avec pinacles, blasons, feuillages, orne la façade, malheureusement elle a souffert.

Les entre-colombages sont remplis par des briques vernies, rouges et vertes, formant des dessins tant par leur couleur que par leur disposition, La face qui regarde le jardin n’est pas moins ornée. La base jusqu’au premier étage est un échiquier de pierre et de briques, mais ces briques ne sont pas vernissées. Sur une poutre centrale est sculpté un écusson surmonté d’un chapeau de cardinal avec glands, il est chargé d’une croix vairée (?). Ce sont les armes du Cardinal Jacques d’Annebault, évêque de Lisieux de 1543 à 1560. On peut s’en servir comme date pour la maison. (suit description de l’intérieur)

Cette maison était autrefois couverte d’un grand toit de pavillon avec double épi. Les tuiles vernies formaient sur ce grand comble des dessins ingénieux. Un républicain qui fut propriétaire du domaine vers 1848 a cru mettre sa doctrine en pratique d’une manière digne d’éloges en ravalant ces fiers pignons au niveau des combles mesquins de l’époque moderne, cependant par économie sans doute on a replacé sur le toit des tuiles vernies rouges, vertes et jaunes.

Les fenêtres étaient carrées, étroites, sans ornements, si l’on juge par celles que l’on voit encore bouchées dans certains endroits. Les autres ont été élargies il y a environ vingt ans.

Le colombier a été détruit en même temps que le comble, comme un vil instrument de la féodalité. Il était rond, de dimension fort ordinaire, bâtis en bauge avec patin de pierre.

Je n’ai pu me renseigner sur les possesseurs de ce fief, je sais seulement par l’acte de 1634 déjà cité, Michel Costard président en l’élection de Lisieux, était sieur de la Quéze. On connaît qu‘en 1540, Monsieur Silvin de Fatouville, seigneur de la Quaize produisit devant les élus de Lisieux.

Un autre des Hospices de 1667 m’a fourni le nom de Maître Pierre Costard, écuyer, sieur de la Quaize, conseiller du Roy, trésorier de France au bureau des finances de la Généralité d’Alençon. Je ne sais depuis quand ni comment cette famille était en possession de cette terre.
La paroisse de Villers dépendait de l’élection de Lisieux,
sergenterie de Moyaux, et comptait 40 feux.

Les recherches de la Noblesse nous ont conservé les noms de quelques gentilshommes résidant sur cette paroisse mais que leur défaut de qualification ne permet pas de regarder comme possesseurs d’un fief plutôt que d’un autre :

Guillaume de Bonnechose, trouvé par Montfaut en 1463
Colin Bottey, imposé par le même.

Recherche des nobles de l’élection de Lisieux 1540
NOTRE-DAME-DE-VILLERS.
86. Marc de Gouvis, Sr. de Grasmesnil, pour justifier sa noblesse ancienne , a produit plusieurs lettres et écritures justificatives de sa.descente et extraction de noblesse , comment çant à Messire Gilles de Gouvis , cher., et clame Angélique , sa femme , desquels sortirent Guillaume et Jean de Couvis, frères, vivants en avril 1393, et continuant jusqu’au dit Marc , faisant le 5e. dégré.
87. Silvin de Fatouville, Sr. de la Quaize, a dit estre procréé de noblesse ancienne, et que son bisayeul étoit Robert de Fatouville , vivant en 1454, et possesseur du fief du Bosc de la Rue, assis à Aucainville , suivant un aveu à lui baillé par Guillaume de Salles l’un des hommes du dit fieu. Mais, parce qu’il n’a suffisamment fourni , ni de sa descente , ni même de sa noblesse par autres filtres , le procureur du Roi a requis qu’il soit assis.
88. Guillaume Bottey, damoiselle Guillemete Bertelot, sa mère , et damoiselle Gillette Bottey , ont baillé avec Nicolas Bottey , leur aîné, en cette ville de Lisieux, n°. 131.

[4] C.HIPPEAU.-Dictionnaire topographique Département du Calvados, Paris,Imp.Nationale,1883;p. 233.
[5] Bénigne-Ernest PORET de BLOSSEVILLE, Dictionnaire topographique du départe ment de l’Eure contenant les noms de lieux anciens et modernes, Paris, Imp. Nationale, 1878; p. 177; P.-F. LE BEURIER, Rôle des taxes, p. 117.
[6] Id°
[7] Il existait à la fin du XIVe siècle une famille de ce nom, voir: Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de Jean Le Muet dans Eudes lexoviennes, IV, p. 208, note 273..
[8] C. HIPPEAU, op. cit, p. 234
[9] Id°
[10] de BLOSSEVILLE, op. cit., p. 178; P.-F. LE BEURIER, Rôle des taxes, p. 104, 120; Charles LEROY, Le Thuit-Signol (Origines à 1789), Brionne, Amelot, 1928, p. 26.
[11] Calvados, HIPPEAU.
[12] Id°
[13] Id°
[14] Eure, de BLOSSEVILLE, p. 49.
[15] Charles LEROY, op. cit., p. 26.
[16] op. cit., p. 208.
[17] Henri de FORMEVILLE, Histoire de l’ancien évêché-comté de Lisieux, Lisieux, 1873, II, p. 395
[18] Bulletin paroissial de Saint-Sylvain de Glos, 1er année, n° 4. Juillet 1907, p. 14.
[19] Henri de FRONDEVILLE, op. cit, p. 162.
[20] Michel COTTIN, La maison traditionnelle en Pays d’Auge – Matériaux et techniques. Catalogue exposition – Saint-Désir-de-Lisieux, Octobre 1985, s.l.n.d. (1985), 210 x 297, multigr., couv. ill..