CAREL




NOTES sur CAREL

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La terre et sieurye de Carrel, p.p Jacques de Lesnerac (sieur de Bouillon).

Carelle. Le Carel.
Rattaché à Saint Pierre sur Dives – 13 février 1845.
Grisy est réuni à CAREL pour le spirituel

CAREL.
Par.de Saint-Sulpice, patr.les religieuses de Saint-Pierre-sur-Dive.
Dioc. de Séez,
doy. de Saint-Pierre-sur-Dive.
Génér. d’Alençon,
élect. de Falaise,
sergent. de Saint-Pierre-sur-Dive.

fief Carel, assis en partie sur Saint-Michel-de-Livet et sur le Mesnil-Bacley.

Dictionnaire topographique du département du Calvados par C. Hippeau,…. 1883.
– GRISY, Cne de Morteaux-Couliboeuf, réuni pour le culte à Carel. Grisé, Griaeium, 1198 (magni rotuli p. 2,é). Grizy, 1848 (Simon):
– MORIERES, Cne de Morteaux-Couliboeuf, réuni pour le culte à Carel.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

BREBISSON R. de, « Le château de Carel », AAN, Congrès de Fécamp 1907, pp. 353-378
BERTAIL A. : Le château de Carel : Bulletin du Foyer rural du Billot n°16, page 35
BERTAIL A. : l’église du Carel à Saint Pierre sur Dives. L’almanach de Saint Pierre sur Dives. Bull. Foyer Le Billot n° 80 décembre 2002.
BERTAIL A. : le château du Carel à Saint Pierre sur Dives. L’almanach de Saint Pierre sur Dives. Bull. Foyer Le Billot n° 80 décembre 2002.
FOURNIER Dominique : Toponymie de Carel, Bulletin du Foyer rural du Billot, n°79, septembre 2002.
— Le Château de Carel, étude historique. Annuaire Normand pour 1908, p. 353-378.
Tir. à part, Caen, H. Delesques, in-8°, 30 p.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

L’église de Carel est peu intéressante. Une lourde addition a été faite au choeur, du côté du midi; c’est une chapelle, mise en communication avec ce dernier par une large arcade dont l’archivolte, à angles épannelés, repose sur des colonnes cylindriques à chapiteaux garnis de feuilles imitées de celles que l’on voit dans la grande église abbatiale de St-Pierre-sur-Dive; des colonnes pareilles, dont la décoration est plus visiblement encore imitée de celle de St Pierre, supportent l’arc triomphal, qui se compose d’une ogive sans ornements dont les angles sont épannelés. Ce sont, avec deux ouvertures bouchées, l’une dans le chevet, l’autre dans la chapelle du sud, les caractères qui peuvent faire attribuer ces parties de l’église au XIIIe siècle ou au moins au commencement du XIV ; mais des fenêtres modernes ont été refaites dans le choeur ; diverses parties des murs doivent avoir été reconstruites.
Quant à la nef, elle est complètement moderne ; éclairée par des fenêtres rondes, on y voit un plafond droit composé de poutres et de solives ; le même système a été employé dans la chapelle ajoutée au midi.
La voûte du choeur est en merrain, disposée en ogive.
La tour de bois, couverte en essente , se compose d’une aiguille octogone assise sur un socle carré.
On remarque, à l’intérieur de l’église, l’autel du choeur et deux petits autels entre choeur et nef qui paraissent du même temps ; le tableau du grand-autel porte le millésime de 1697 (Ce tableau, qui représente Jésus-Christ au Jardin des Olivier, est d’un peintre de Caen).
Ces trois autels sont élégants, à frontons coupés et à moulures qui se rapportent assez à l’époque indiquée par le tableau.
Le curé de Carel vient de faire paver le choeur et l’allée centrale de la nef en carreaux historiés en terre cuite de la fabrique de Beauvais; l’effet en est bon, et ces pavés non émaillés et très-bien cuits doivent être durables.
M. Pépin a relevé les inscriptions des deux petites cloches de Carel ; elles sont ainsi conçues :

1° cloche:
– L’AN 1736 IAI ÉTÉ NOMMÉE MAGDELEINE PAR FRANÇOIS LAILLIER AVOCAT AV
PARLEMENT DE PARIS, SEIGNEVR ET PATRON HONORAIREDE CAREL ET PAR DAME
MAGDELEINE JACOB VEVVE DV FEV NOËL LAILLIER.
JEAN SIMON M’A FAITE.
(Cette cloche, ayant été brisée, fut refondue et le baptême eut lieu le 20 juin 1880. Voici la légende :
L’AN 1880 J’AI ÉTÉ NOMMÉE MÉLITE JEAN PAR M. JEAN
DE BRÉBISSON ET Mell MÉLITE DE BRÉBISSON FILS ET
FILLE DE M. RENÉ DE BRÉBISSON ET DE Mme DE BREBISSON
NÉE BÉATRIX DE BEAVSSE.
J’AI ÉTÉ BÉNITE PAR M. LE COVRTOIS CVRÉ DE CAREL
A. HAVARD A VILLEDIEV (MANCHE).) LE CHATEAU DE CAREL – M. R. de BRÉBISSON.
2° cloche:
– L’AN 1783 IAY éTé BENITE PAR M.FRANÇOIS CVRÉ DE CAREL ET
NOMMÉE CAMILLE HENRY PAR Mre ALEXANDRE LEFORESTIER AGÉ DE 10 ANS
DllE LOVISE CAMILLE LEFORESTIER AGÉE DE 8 ANS FILS ET FILLE DE HAVT
ET PVISSANT SEIGNEVR MESSIRE IACQUES ALEXANDRE LEFORESTIER Cte DE
VENDEVVRE, CHEVALIER SEIGNEVR ET PATRON DE CAREL ET AVTRES LIEVX
ET DE NOBLE MARGVERITE FRANÇOISE CAMILLE DELAVNAY DETERVILLE EPOVZE
DV DIT SEIGNEVR.
LAVILLETTE DE LISIEVX M’A FAITE. ROVSSEL TRÉSORIER.

L’église de Carel est sous l’invocation de saint Sulpice.
Carel faisait partie du diocèse de Séez, de l’élection de Falaise, de la généralité d’Alençon et de la sergenterie de St-Pierre-sur-Dive; on y comptait 22 feux. La population actuelle est d’environ 130 habitants.

Château.
— Le château de Carel, dont nous donnons un dessin, est entouré de belles douves murées remplies d’eau; il doit avoir été bâti du temps de Louis XIV, et je ne doute pas que notre savant confrère, M. de Brébisson, qui en est propriétaire, ne trouve dans ses titres la date précise de cette construction.

Médailles celtiques.
— Vers l’année 1820, en travaillant à la route départementale de Falaise à Lisieux, on trouva à Carel une trentaine de médailles celtiques; elles ont été examinées par M. Lambert et décrites par lui dans son grand ouvrage sur la numismatique gauloise. On recueillit en même temps le haut d’un vase en bronze, de 4 pouces de diamètre, qui paraissait être un débris de celui qui avait renfermé les médailles ; une de ces médailles était en electrum, les autres en argent et en bronze.

Le fief de Carel, situé partie sur St-Michel-de-Livet, partie sur le Mesnil-Bacley, paraît être échu vers 1620 à Philippe de Neufville; l’un des fils de Gabriel de Neufville seigneur du Mesnil-Bacley. Anne de Neufville, fille aînée de Philippe. ayant épousé, en 1645, Georges de Bonenfant, lui apporta le fief de Carel et fut la souche d’une branche de la famille de Bonenfant qui a résidé pendant plus d’un siècle à St-Michel-de-Livet, où son écusson, de gueules à la fasce d’argent accompagnée de six roses d’or, décore les boiseries d’un autel latéral dans l’église de la paroisse. En 1789 M. Gossey, seigneur de Livarot, était devenu acquéreur du fief de Carel, comme de plusieurs autres terres.

Voir : d’Hozier 95bis
Diocèse de Séez, élection de Falaise, sergenterie de St Pierre sur Dives.
22 feux
Richard de Quarel fait les guerres d’Italie de 1031 à 1040.

2 – Pièces Justificatives.

Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie
Extraits:
– Tête nue, à droite, avec des cheveux bouclés. Revers: Lion marchant, à droite; dans le champ deux cerctes. Trouvée avec une trentaine
d’autres gauloises, à Carrel près de St.Pierre-sur-Dives (Calvados).
F. o. Poids 5o gr. (Cabinet de Falaise.).
– Tête Diadémée, à gauche. Revers: Sanglier, à gauche, avec les soies hérissées et deux hémicycles entre les jambes. Une de-celtes trouvées à Carrel.
– Vers l’année 1820, M. de Brébisson recueillit une trentaine de monnaies gauloises trouvées sur les limites de Morières et de Carel, près de St.-Pierre-sur-Dives, en faisan la route neuve de Lisieux. On trouva dans le même lieu le haut d’un vase de bronze de 4 pouces de diamètre qui paraissait être un débris de celui qui les avait renfermées. Il y en avait des trois métaux,La pièce d’or, ou plutôt d’électrum, très-fruste, rentre dans la classe de celles que nous attribuons aux Cénomans.

Du Bois, Louis-François – Histoire de Lisieux : ville, diocèse et arrondissement. 1845.
CAREL. Il semblerait que l’on devrait écrire Quarelles ou du moins Carelles, si, comme il y a lieu de le croire, ce nom vient du Quadrellœ du XIe siècle. Quoi qu’il en soit. Ansquetil de Carel était seigneur de Lignères la Quarel et de Vilaines la Quarel aux environs d’Alençon, communes qui prirent de lui leur surnom, comme il était d’usage alors. Richard de Carel obtint la main d’une sœur des enfans de Tancrède de Hauteville et contribua avec eux à la brillante conquête du royaume des Deux-Siciles, où il reçut pour sa part la principauté de Capoue.

La Normandie monumentale et pittoresque… Calvados
CHARLES LE GOFFIC
Le petit village de Carel, de très ancienne origine, fut de bonne heure protégé par un château-fort dont il ne subsiste plus que quelques vestiges, englobés dans une construction de date beaucoup plus récente. Il était défendu, d’un côté, par la Dive qui coule à ses pieds, et, sur le reste du pourtour, par des douves artificielles communiquant avec la rivière.
Une première restauration du château lieu vers le milieu du XVIIII° siècle, par les soins d’un célèbre avocat près le Parlement de Rouen, Me Lallier, qui s’était rendu acquéreur de cette demeure seigneuriale. La famille de Brébisson, dont plusieurs membres se firent connaître comme naturalistes, en devint ensuite propriétaire. Actuellement, le château appartient à M. le baron Brunet, qui l’a fait complètement restaurer.
Une façade, d’un aspect imposant rappelle le meilleur style architectural du XVII siècle. Outre le corps de logis principal, plusieurs pavillons contribuent à former un ensemble très harmonieux.

Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie.
Extraits:
– Charles de Lesnerac mourut avant 1640, laissant trois fils. Les Notes secrètes rédigées cette même année en font mention : « Carel appartient à Jacques de Lesnerac, sieur du Bouillon, homme de coeur, fort violent ; a deux frères, aussi gens de coeur. Est riche de 6.000 livres de rente ». Sa veuve, Renée de Guerpel, fut inhumée dans l’église de Grisy, le 6 décembre 1679 .
En 1642, Noël Le Jeune acheta le fief de Carel et devint ainsi patron de Grisy. En cette qualité, il présenta Jacques Ribault audit bénéfice, vacant par la mort de son titulaire. La collation est du 2 avril 1650. Le nom de ce curé ne figure pas dans les registres. Il ne dut pas résider. Jean Jourdain, prêtre, fut commis pour le remplacer, en 1652. Jacques Ribault donna sa démission et René Defrance, prêtre, desservit pendant l’année du déport , en 1563.
– Depuis longtemps, le château de Grisy était inhabité et menaçait ruine. Dès 1640, Charles Deshayes, sieur du Hameau, conseiller du Roi en la prévôté de Normandie, l’avait pris à ferme,’ avec ses dépendances, pour la somme de 180 livres par an (58). Le 13 mai 1669, Noël Le Jeune, écuyer, sieur du Rocher, fondé de pouvoirs de son frère Nicolas, vendit à Guillaume Aubourg, conseiller du Roi, garde des rôles des offices de France, demeurant à Paris, rue des Fossés-Montmartre, paroisse Saint-Eustache, la terre et seigneurie de Carel, y compris le droit de glèbe et de présentation au bénéfice de Grisy, « la tente alternative aux oiseaux gentils que ledit sieur du Rocher « possède en sa scieurie de Grisy, en vertu de l’acquisition qu’il a faite de la terre de Carel en 1646 ; l’autre « moitié de ladite tente appartenant à la sieurie de Grisy « .
– En héraldique, l’aigrette est un oiseau qui se montre de profil et dont la tête est garnie d’une touffe de plumes. Ce sont les armes des de Lesnerac du Bouillon, seigneurs de Carel et patrons de Grisy. Elles sont antérieures à 1642, où le droit de patronage passa, par droit d’achat, à la famille Le Jeune.
– Noël Le Jeune, secrétaire du roi, fut reconnu noble à Carel, en 1666 (57). Il portait pour armoiries: d’azur à deux – étoiles d’or en chef et un rocher de même en pointe. C’étaient des armes parlantes rappelant leur fief du Rocher.
– Au mois d’avril 1654, Jean de La Flèche et ses filles avaient vendu la seigneurie de Grisy à Gabriel Le Paulmier, écuyer, sieur de Saint-André. L’acquéreur ne put payer et, le 11 juillet 1667, un arrêt du Parlement de Paris adjugea ce domaine à Noël Le Jeune, écuyer, sieur du Rocher, à Carel, principal créancier .
– Biens du trésor. — En 1691, Louis Folys étant trésorier en charge, le trésor de l’église possédait : « un petit pré, jouxte le sieur de Grisy et la commune de Carel : 6 1. ; une acre de labour, délie des Epinettes : 4 1. ; une vergée et quartier de labour, délie du Val, jouxte Thomas Jourdain, avocat : 45 s. ; une vergée et quartier, jouxte le Chemin-Chaussé : 37 s.; une vergée %, délie de la Croix-de-Pierre, jouxte le Chemin-Chaussé : 45 s. ; cinq vergées de labour, délie du Bosquet : 5 1. 10 s. ; une partie de rente de 12 1. sur le sieur de Favières : 12 1. ; une rente de 6 boisseaux d’orge, mesure de Saint-Pierresur-Dive, sur les représentants Silvestre Tassilly, à Donville, valant 60 s. ; une rente de 7 s. sur les représentant Pépin, qui n’est pas payée. »
– M. de Brébisson, qui a publié une notice -sur le château de Carel , donne » peu de renseignements sur les seigneurs. Jean de Hérouval, écuyer, sieur de la Londe, se déclarait, en 1468, fils et héritier de demoiselle Laurence de Carel. A cette époque vivait demoiselle Jeanne de Carel, veuve de Guillaume de Clercy. Aucun seigneur de Carel ne figure dans la Recherche de Montfaut de 1464.
Nicolas de Carel, écuyer, signait comme témoin un acte du tabellionnage de Saint-Pierre-sur-Dive en 1505. Au début du xvi » siècle, le fief de Carel était aux mains de la famille de Lesnerac On trouve, en 1507, François de Lesnerac, sieur du Bouillon, représentant son épouse, Jacquemine du Faouq, dame de Carel .
Le Grand Pouillé du diocèse de Séez nous documente à partir de 1554. Cette même année, Nicolas de Lesnerac, curé de Grisy, résigna son bénéfice en faveur de Jean Paris. Le démissionnaire était proche parent de Nicolas de Lesnerac, seigneur de Carel, qui, en sa qualité de patron, présenta Jean Paris, lequel fut nommé par l’évêque le 20 juillet, et mourut en 1557. Jean Cousin, évêque de Castorie, présenté par le même seigneur, reçut la collation du bénéfice le 25 mai. C’était un chanoine régulier du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge qui avait été probablement fait évêque pour remplir les fonctions épiscopales à Lisieux, en l’absence du cardinal Leveneur, puis du cardinal d’Annebault.

Charles de Lesnerac mourut avant 1640, laissant trois fils. Les Notes secrètes rédigées cette même année en font mention : « Carel appartient à Jacques de Lesnerac, sieur du Bouillon, homme de coeur, fort violent ; a deux frères, aussi gens de coeur. Est riche de 6.000 livres de rente ». Sa veuve, Renée de Guerpel, fut inhumée dans l’église de Grisy, le 6 décembre 1679 .
En 1642, Noël Le Jeune acheta le fief de Carel et devint ainsi patron de Grisy. En cette qualité, il présenta Jacques Ribault audit bénéfice, vacant par la mort de son titulaire. La collation est du 2 avril 1650. Le nom de ce curé ne figure pas dans les registres. Il ne dut pas résider. Jean Jourdain, prêtre, fut commis pour le remplacer, en 1652. Jacques Ribault donna sa démission et René Defrance, prêtre, desservit pendant l’année du déport , en 1563.

Annuaire des cinq départements de la Normandie.
LE CHATEAU DE CAREL – M. R. de BRÉBISSON.
Extraits:
– Il n’est pas douteux que le château de Carel, tel qu’il est aujourd’hui, a été construit au XVIIIe siècle.
Ce qui le rend plus intéressant à étudier c’est qu’il a remplacé une construction plus ancienne, dont il ne reste que peu de vestiges.
M. Charma : « Carel, enfin, dont le grand et beau château s’élève majestueusement au bord de la Dive et qui compte, à une époque reculée, entre ses seigneurs, un Richard, allié aux Tancrede d’Hauteville avec lequel il contribua à la conquête des deux Siciles, où il reçut pour sa part la principauté de Capoue ».
– Principaux propriétaires du fief de Saint-Sulpice de Carel:
Hérouvel, escuier, seigneur de la Londe, fils et héritier de dlle. Laurence de Carrel, et les nommés Canes, sur la vente d’une pièce de terre tenue de lui.
22 juin 1469, Me. Jehan Le Chevalier, pbre, curé de Montgommery, vend à héritage à Jehan des Buas, escuier, seigneur de Grisy, ayant droit dlle. Jehanne de Carrel, veuve de Guillaume de Clercy, escuier, une demie acre de pré à Grisy, acquise par ledit pbre de ladite dlle. le 27 octobre 1460.
Tabellionage de Saint-Pierre-sur-Dives: — 26 novembre 1505, Nicolas de Carrel, escuier, témoin.
Tabellionage de Montpinçon. — 3 août 1507, Françoys de Lezenerac, noble personne, seigneur du Bouillon, faisant fort pour Jacquemyne Faouq, son épouse, dame de Carrel.
Tabellionage de Livarot. — 4 octobre 1650, noble dame Madeleyne de la Haye, veuve de Messire Jacques de Lesnerac, seigneur de Carrel, le Bouillon et Langronne, tutrice de ses enfants (Statistique monumentale de M. de Caumont, t. V, p. 533).
En 1736, François Laillier, avocat au Parlement de Paris, seigneur et patron honoraire de Carel.
En 1783, Messire Jacques-Alexandre Leforestier, comte de Vendeuvre, seigneur et patron de Carel.
Il ne faut pas confondre la seigneurie de Carel avec le fief de Carrel, à Saint-Michel-de-Livet, qui a appartenu aux Lesnerac, aux de Lyée, aux de Neufville, aux de Bonenfant, enfin aux Mres Gossey, seigneurs de Livarot, en 1789.
– Le château de Carel a été construit sur une île de forme à peu près rectangulaire, formée
d’un côté par un bras de la rivière la Dive, et des trois autres côtés par de larges douves (Ces douves maçonnées ont 10 mètres de largeur) où l’eau coule sans cesse et se renouvelle. Le château se compose d’un corps de logis principal, construit suivant le système de Mansard, avec deux ailes avançantes presque aussi importantes que la partie centrale. En examinant le tout avec soin, on se rend compte que la façade, du côté de la rivière, doit avoir été élevée sur les fondations de l’ancienne demeure fortifiée. La cave, à l’angle sud-ouest, a été coupée, car elle devait, comme la partie au nord, se prolonger jadis jusqu’aux douves.
– Je suis donc persuadé que l’ancien manoir devait former un carré avec cour intérieure dont les murs, de trois côtés, baignaient dans l’eau. Un pont-levis, lorsqu’il était abaissé, était le seul accès pour pénétrer dans la cour intérieure. L’importance des douves semble corroborer cette hypothèse ; en effet, on comprend qu’elles ont été faites plutôt dans un but de défense que pour un simple agrément. Je ne puis mieux comparer l’ancien manoir, comme je le comprends, qu’au château de Carrouges (Orne).
– Au commencement du XVIIIe siècle, un contrat (30 janvier 1719) renvoie en propriété de la terre de Carel MM. du Resnel et de Motteville.
La même année 1724, le 28 août, Me. du Resnel et le président de Motteville Tendent à la dame Madeleine Jacob, veuve du sieur Noël Laillier, à Jean Laillier, sieur de Bellecour, et aussi à Nicolas-Joseph Laillier, ses fils, demeurant en la paroisse de Courcy, vicomte de Saint-Pierre-sur-Dives, les rotures ou domaine non fieffé démembré du fief de Carel, situées en la paroisse de Carel et paroisses voisines, proche le bourg de Saint-Pierre-sur-Dives….. Il serait très curieux de savoir comment était le château lors de cette acquisition faite par les Laillier.
Il est bien certain qu’ils l’ont reconstruit et que le plan qu’ils ont adopté était fort heureux. C’est un des spécimens les plus remarquables du style Mansard.
On n’hésita pas à faire venir toutes les pierres de taille de Quilly, près de Bretteville-sur-Laize (Calvados). Quant aux moellons, ils venaient d’une carrière au Mont-Jacob, qui dépendait du domaine. Je ne crois pas qu’on y ait tiré de la pierre depuis la reconstruction du château.
D’après ces devis, le château a dû être construit en 1741 ou 1742, quant à l’aile gauche, on peut lire sur une fenêtre une date de 1753.
– Parmi les constructions de Mil. Laillier. Il ne faut pas oublier le beau colombier hexagonal. A l’intérieur, un pilier central en pierre de taille soutenait l’escalier tournant. On y avait réservé, comme dans les murs, des niches pour les pigeons.
A la révolution, on a enlevé l’épi en plomb qui le surmontait, et on l’a employé comme grange pour la ferme.
– M. Laillier mourut à Carel le 10 mars 1770; par un testament olographe daté du 12 octobre 1750, il institua M. Nicolas-Guillaume Formage de Beauval, qui était son parent et son secrétaire, comme son légataire universel.
« Je lègue, disait-il. à M. de Beauval ma maison de Carel (c’est-à-dire le château), en circonstances et dépendances; mon grand jardin potager, la cour d’honneur, lavant-cour, le grand bâtiment neuf avec le parc, aux charges d’en laisser jouir mon frère aîné, en payant ledit mon frère aîné audit sieur Beauval.
« Je donne en outre audit sieur Beauval la prairie qui est derrière la maison, appelée communément le Grand-Pré, le colombier, la pièce de terre qui est devant la porte du logis, contenant environ 9 acres en circonstances et dépendances.
– Le reste de la grosse fortune de M. Laillier revenait à ses héritiers naturels, les Fleuriot, descendants de sa soeur.
– Je ne sais sous quel prétexte les Fleuriot, malgré le testament, s’emparèrent du château et du mobilier.
– Une ordonnance du 16 juin 1778 donna raison aux Fleuriot. M. de Beauval et ses colégataires en appelèrent et, après dix ans de chicane, ils finirent enfin par avoir gain de cause. En effet, un arrêt du Parlement de Rouen, du 19 août 1779, vint enfin ordonner l’exécution du testament de M. Laillier, du 12 octobre 1769.
– Malgré cet arrêt, il y eut encore bien des difficultés à vaincre, car ce n’est qu’en 1783, soit treize ans après la mort de M. Laillier, que M. de Beauval fut mis en possession de son legs.
– Mme de Beauval avait une soeur qui avait épousé, en 1796, M. J.-B.-G. de Brébisson, mon aïeul. M. de Beauval (née Octavic Grandin de la Gaillonnière) mourut en 1836: n’ayant jamais eu d’enfants, il laissa toute sa fortune à sa femme, sachant bien que cela reviendrait à mon père (Brébisson), qu’il regardait comme son fils….. Mon père, ayant à Falaise ses livres et ses collections, n’habita jamais Carel; il y passait seulement quelques jours de temps en temps. Ce n’est qu’après sa mort, en 1872. que je suis venu y habiter. C’est en 1880 que j’ai vendu le domaine de Carel à un marchand de biens…. il a vendu le château et la majeure partie des terres au baron Brunet, qui l’a fait restaurer.
Le presbytère de Carel fut vendu pendant la Révolution comme bien national, le 2 brumaire an V, à Charles Piquot de Morières, pour la somme de cinq cent soixante-seize livres. Le 16 ventôse an XI, M. Corentin Formage de Beauval l’acheta 1.000 francs et le donna à la commune de Carel le 30 novembre 1809, avec la condition que si la succursale de Carel était supprimée, la donation serait nulle de plein droit et les objets donnés rentreront au donateur ou à ses représentants et ayants cause.
– Au commencement du XIXe siècle, on trouva à Carel, en construisant la route de Falaise à Saint-Pierre-sur-Dives, des cercueils en pierre. Craignant qu’ils ne servissent de mangeoires aux animaux domestiques, ma grand’tante, Mme de Beauval, les fit enterrer. Il
m’est impossible de dire où ils ont été placés, ne l’ayant jamais su.

3 – Archives ShL.

Néant

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