CIRFONTAINE




NOTES sur CIRFONTAINE

Commune partagée entre Marolles et Courtonne la Meurdrac par ordonnance royale du 22 septembre 1824.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

2 – Pièces Justificatives:

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE :
– Ecclesia de Sirofonte – de Cirofonte

Cirfontaines, commune réunie à Marolles en 1825.
Sirefontane, 1195 (pouillé de Lisieux, p. 25 note 10).
Cirofons, 1198 (magni rotuli, p. 16).
Sirofons, Sirefontaine, XIV°s (pouillé de Lisieux,p.24).
Syrefontene, XIV s° (ch. de Friardel, n° 237).
Cirfontaine, XVIII° siècle (Cassini).

Par. de Notre-Dame,
patr. l’évêque de Lisieux et le seigneur du lieu.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Moyaux.
Génér. d’Alençon,
élect. de Lisieux,
sergent. de Moyaux

sous l’invocation de Notre Dame

Election de Lisieux,
sergenterie de Moyaux 18 feux

Patronage :
XIVe Egidius de Courthona
XVIe Episcopus
XVIIIe l’Evêque et le Seigneur

Curés :
Advenel 1764
Bruneau 1774
Monsaint 1783/1787

Dans les M.R.N on trouve en 1195 Willehmus de Sirofontaine

Insinuations :

Commune réunie à celle de Marolles. l’Eglise située au fond d’un vallon offre une charmante ruine.

Image Géoportail – Emplacement Eglise

Suit description de cette église ruinée.
Retable de Cirfontaine : miracle de Ste Radegonde peut expliquer le retable.

Dans une cour qui borde le chemin de Cirfontaine à Marolles est une ancienne maison qui remonte au 16e siècle. Cette maison a 50 pieds de longueur sur 20 de profondeur.
Le rez-de-chaussée construit en grand appareil est surmonté d’un étage en bois qui se trouve en encorbellement. Cet étage est éclairé par des fenêtres disposées en forme de croix. Cette maison appartient à Monsieur Portebaux, adjoint à la mairie de Marolles.

Le manoir de Cirfontaine est irrégulier, c’est une grosse maison presque carrée flanquée sur la façade de deux pavillons de dimensions très différentes. Cette façade en briques et pierres paraît dater du commencement du 17e, le reste en bois, avec briques inclinées dans les entre-colombages peut remonter au 16e. L’intérieur n’a de remarquable que deux cheminées à vastes manteaux et la grandeur maintenant inusitée des appartements.

Des fossés, maintenant comblés en grande partie, entouraient cette retraite seigneuriale. Les bâtiments d’exploitation sont de nulle valeur.

Du 15 juillet 1853.
Cette paroisse possédait un territoire excessivement restreint. Au 18e siècle elle ne comptait que 18 feux.
Au spirituel elle dépendait du doyenné de Moyaux, comme au civil de la sergenterie du même lieu.
Son existence date d’une haute antiquité car on trouve dans les Rôles de l’Echiquier à la date de 1195 le nom de Willehmus de Sirefontaine.
Supprimée à la suite de Révolution l’église était en ruine quand je l’ai visitée, maintenant elle est complètement démolie.
Suit description des ruines.
Une litre funèbre entourait l’église intérieurement et extérieurement. J’ai cru y distinguer … un champ d’argent avec une bande accolé d’un autre blason au champ de gueules.
On dit qu’à la fin du dernier siècle la famille de Tournebu possédait la terre de Cirfontaine. Ses armoiries étaient d’argent à bandes d’azur.
Au commencement du même siècle, cette terre était dans les mains de la famille de la Sauvagère. Son auteur paraît être Guillaume de la Sauvagère, seigneur de Cirfontaine, ennobli en 1612, qui fut maintenu en 1666 et auquel Chevillard attribue un blason … parti au 1er d’or à trois fasces ondées d’azur abaissées sous une tour de sable, au 2e d’argent au lion rampant de gueules.
Un reçu du 17e d’un contrat de vente du 1er février 1634 porte la signature d’un G de la Sauvagère, écuyer, seigneur de Launay et de Cirfontaine.
L’Armorial de d’Hozier confectionné, on le sait, dans les dernières années de ce même siècle fait mention de Pierre de la Sauvagère, seigneur de Cirfontaine et de Charlotte du Faguet, sa femme. Le premier a pour blason en regard de son nom.. d’argent au lion de sable, l’autre aussi d’argent à un arbre de sinople.

Suivant un titre original des Hospices de Lisieux, Pierre de la Sauvagère et Marie Charlotte Faguet eurent un fils du nom de Marc Antoine qui s’intitulait en 1711 sieur de Saint Laurent et demeurant en la paroisse de Saint Julien de Mailloc.

La cloche de Cirfontaine a été transportée à Marolles. Elle date de 1600. Son inscription trouvera place ici :
Messire Robert Gaillard, prêtre curé, 1600 + et Jean du Telier, écuyer, seigneur de la Haute Roque et Noble Dame Adriane de Beaudry, femme de François du Houley, écuyer, seigneur et patron de Courthonne et Notre Dame Cirfontaine.
G. Colleville, trésorier.
(Il y a erreur dans la date de cette cloche, je pense qu’il faut lire 1660)

Elle nous apprend que le patronage et la terre étaient à cette époque dans les mains du seigneur de Courtonne. Il les possédait sans doute, aux droits de Gilles de Courtonne que le pouillé du 14e siècle publié par Monsieur Le Prévost indique comme patron lors de sa rédaction. Dans les siècles suivants l’évêque de Lisieux eut des prétentions sur ce patronage. Il paraît les avoir exercées sans conteste pendant une partie du 16e siècle, mais au 18e sans doute par transactions ils se trouvèrent partagés entre le prélat et le seigneur laïc.

Jean des Perrois, vivant en 1541, se disait seigneur de Cirfontaine. J’ai cherché en vain à découvrir comment cette terre lui était parvenue et comment elle était sortie de ses mains.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes de M. Pannier.

Cirfontaine,Sirofonte,Cirofonte, Cirfontaine.

Une ordonnance royale du 22 septembre 1824 a réuni à la commune de Marolles l’ancienne paroisse de Cirfontaine.

L’église, bâtie au fond d’un vallon, offre une charmante ruine. C’était, dit M. le docteur Billon, qui a visité l’édifice en 1846, et d’après lequel nous avons rédigé en partie la notice suivante, l’une des églises rurales les plus riches et les mieux décorées de l’ancien diocèse de Lisieux.
La nef, oeuvre d’un architecte de talent, date de la fin du XVe. siècle.
Les murs, construits en grand appareil, sont soutenus par des contreforts saillants dont plusieurs attirent les regards
par leur forme insolite. Un magnifique stylobate, composé d’une large doucine et d’un chanfrein, suit les ondulations
du terrain. La corniche, qui supportait le toit, est également formée d’une doucine.
On remarque, au midi, deux belles fenêtres à deux baies trilobées, dont le tympan offre une jolie tracerie flamboyante. Il n’existe au nord qu’une seule ouverture, semblable aux précédentes.
Dans l’ébrasement de cette fenêtre, on apercevait autrefois une curieuse peinture représentant Notre Seigneur au Jardin
des Oliviers.
Trois contreforts saillants, dont deux sont placés sur les angles, soutiennent le mur occidental que surmonte un
fronton triangulaire. Une fenêtre ogivale, entourée de moulures en gorge, s’ouvre dans le fronton, un peu à droite.
Un clocher en charpente, recouvert en essente et surmonté d’une pyramide très-élancée, s’élevait au-dessus de la
première travée de la nef.
La porte, placée au midi, près du mur occidental, est à plein-cintre et entourée de moulures prismatiques. Un porche
en bois, dont on aperçoit encore les traces sur le mur, précédait l’entrée de l’église.
Le choeur, fortement en retraite sur la nef, est roman, et doit remonter au XIe. siècle. Les murs en ruine présentent
l’appareil grossier en feuilles de fougère. Il se termine à l’orient par un chevet droit soutenu par deux contreforts dont l’un, garni d’un double chaperon, date du XVII. siècle ; l’autre a été reconstruit en brique. Une haute fenêtre ogivale, partagée en deux baies par un meneau vertical qui se bifurque dans la partie supérieure, éclairait autrefois le sanctuaire. Les moulures rudimentaires de cette fenêtre, dont les angles sont taillés en biseau, accusent le XIIIe, siècle. On remarque au midi les vestiges d’une fenêtre dont les moulures étaient toriques.
A l’intérieur, l’église était entièrement peinte à fresque.
La nef présente encore de nombreux vestiges de ce genre de peinture.
A l’extrémité de la nef, du côté de l’épître, est placé un autel en pierre qui date du XVII. siècle. Le mur formant
retable est couvert de peintures assez bien conservées, représentant le couronnement de la Vierge : la mère du Sauveur,
entourée d’une auréole formée de rayons flamboyants, a les mains jointes et élevées vers le ciel. Deux anges, les ailes
déployées, tiennent au-dessus de sa tête une couronne ducale.
De chaque côté de l’autel on lisait, il y a quelques années, cette inscription, que le temps a presque entièrement effacée :
AVE MARIA DOMINI
MEI MATER ALMA
COELICA PLENA GRACIA.

Deux petites crédences, l’une ogivale, trilobée, l’autre surmontée d’une ogive. en accolade, sont pratiquées dans les
murs latéraux.
Le mur occidental était peint à fresque. On aperçoit encore trois ovales formés de rinceaux, au centre desquels on lit,
en lettres rouges M A et I H S et près du mur, à gauche, était placé un escalier qui conduisait à une tribune réservée au seigneur de la localité. Un bel arc triomphal, supporté par deux colonnes dont la base est formée d’un hexagone, sépare le choeur de la nef.
L’extrados est couvert de peintures simulant des imbrications.
Près de la petite porte qui donne entrée dans le choeur est placé un bénitier, en forme de coquille, portant le millésime 1753.
Le maître-autel offrait, au XVII. siècle, un beau retable en pierre qui a été découvert, il y a quelques années, en
creusant le sol de l’église.
Ce retable, dont la Société des Antiquaires de Normandie a fait l’acquisition, se compose de plusieurs groupes exécutés
en haut-relief, représentant diverses scènes de la vie de la Sainte-Vierge et de l’enfance de Jésus, telles que l’Annonciation; la Visitation ; la crèche et l’adoration des bergers ;la visite des rois Mages ; la Présentation de
Notre Seigneur au temple; le massacre des Innocents; la fuite en Égypte.
Un autre groupe représente la légende des moissonneurs coupant le blé sur le passage de Jésus-Christ.
Tous ces groupes, autrefois miniatures, sont traités avec cette délicatesse et cette naïveté charmante qui caractérisent les oeuvres de la Renaissance.
Cet autel fut remplacé, sous le règne de Louis XIV, par le grand retable que nous avons décrit à l’article MAROLLES.
Les deux petits autels furent décorés, dans le même temps, de retables en bois à colonnes cannelées et rudentées.
La nef a environ 35 pieds de long (mesure ancienne) dans oeuvre sur 21 de large. La longueur du choeur est de 18
pieds et sa largeur de 10 pieds (1).
Dans le cimetière s’élève un très bel if, qui a 1 mètre de diamètre dans sa partie moyenne.
L’ancienne paroisse de Cirfontaine offrait un territoire très restreint. Au XVIIIe. siècle, elle ne comptait que 18 feux.
Sous le rapport spirituel, elle dépendait du doyenné de Moyaux ; pour le civil, de la sergenterie du même lieu.
Cette paroisse remonte à une haute antiquité. On trouve dans les rôles de l’Échiquier, à la date de 1195, le nom de
Willelmus de Sirofonie.
A la fin du dernier siècle, la famille de Tournebu possédait, dit-on, la terre de Cirfontaine. Ses armoiries étaient :
d’argent à la bande d’azur.
Au commencement du même siècle, cette terre était dans les mains de la famille de La Sauvagère. Guillaume de La
Sauvagère, sieur de Cirfontaine, fut anobli en 1612 et maintenu en 1666. L’Armorial de d’Hozier, rédigé dans les
dernières années du XVIII. siècle, fait mention de Pierre de La Sauvagère, sieur de Cirfontaine, et de Charlotte du
Faguet, sa femme. Ils eurent un fils, nommé Marc-Antoine, qui prenait, en 1711, le titre de sieur de Saint-Laurent, et
demeurait dans la paroisse de St.-Julien-de-Mailloc.
Jean des Perrois, qui vivait en 1541, prenait le titre de seigneur de Cirfontaine. Nous ignorons comment cette terre
est entrée dans ses mains, et comment elle en est sortie.

La Haute-Rocque. —
Outre le manoir, chef-lieu de la paroisse, M. Charles Vasseur ne cite qu’un seul fief sur le territoire de Cirfontaine, celui de la Haute-Rocque. Cet ancien fief est situé un peu au-dessous de l’église, à l’entrée d’un vallon qui aboutit à Courtonnel. Jean Le Tellier, sieur de la Haute-Rocque, paroisse de « Cirfontaine, élection de Lisieux, l’un des douze associés du Canada, fut anobli par lettres de décembre 1629, vérifiées en 1638. Il eut un fils, appelé aussi Jean Le Tellier, sieur de la Haute-Rocque, qui fut maintenu le 1er février 1668, avec Pierre Le Tellier, son fils. Chevillard leur donne pour armoiries : De gueules à trois navettes à tisser d’argent posées en pal, 2 et 1. »
Cette famille s’est éteinte à l’époque de la Révolution, dans une fille qui avait épousé M. de Boctey-Marolles.
C’est également à la fin du XVIe, siècle que la terre de la Haute-Rocque vint en la possession de M. Charles du
Bois, qui appartenait à une très ancienne famille de Normandie, dont on peut suivre la filiation depuis l’année 1066.
M. du Bois est mort sans postérité. Il a été inhumé dans le cimetière de Marolles.

(1) Depuis la rédaction de cette notice, l’église de Cirfontaine a été entièrement démolie.

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