CORMEILLES 27



NOTES sur CORMEILLES – 27
Cormeilles – Saint Pierre de Cormeiles – Saint Sylvestre de Cormeilles – Sainte Croix de Cormeilles.

1 – Bibliographie :
2 – Références historiques :
3 – Carnets de Charles Vasseur : « Doyenné de Cormeilles ».

1 – Bibliographie :

 » Abbaye de Cormeilles – Février 1319 « , BSHL., N° 16, 1907, pp. 7-9

DETERVILLE (Philippe), Richesse des châteaux du Pays d’Auge, Condé–sur-Noireau, Corlet, 1989, 250 x 330, 301 p. (Saint-pierre-de-CORMEILLES)
– Le Manoir de l’Abbaye, CDMPA, pp. 132-134; 280, photo; Nouvelles de l’Eure, N° 21, ill.
le Val-Hébert à Saint-Pierre-de-¬Cormeilles

Louis DU BOIS.- Histoire de Lisieux, Lisieux, Durand, 1848, t. II, pp. 79-87

DUBUISSON-AUBENAY, Itinéraire de Normandie publié par le chanoine Porée, avec la collaboration de MM. Louis Régnier et Joseph Depoin, Rouen-Paris, Lestringant-Picard, 1911. In-8°, XXII-293 p. (Société de l’Histoire de Normandie), (Abbaye de Cormeilles).

DURAME Maurice, « Le Lieuvin », Nouvelles de l’Eure, N° 21,pp. 2-9, ill. (Cormeilles, Saint Pierre de Cormeilles)

FOURNIER Dominique : les références à la justice dans la toponymie et l’anthroponymie normandes ; BSHL n°61, décembre 2006. p.58, 71.

Jacques HENRY – L’abbaye de Cormeilles, Communication SHL, 27 septembre 1966

Jacques HENRY – L’Abbaye Notre-Dame de Cormeilles in La Normandie Bénédictine au temps de Guillaume le Conquérant (XIe siècle), Lille, 1967, pp. 305-322

JAFFE-WATTENBACH, Regesta, n° 11618. (bulle de 1169 en faveur de CormeilLes)

LEGENDRE, R.  » A Cormeilles, le 22 septembre 1802….(commémoration de la proclamation de la République) « , P.A., 24, 2 – 1974, p. 25

MOURADIAN Georges, Répertoire numérique des archives départementales antérieures à 1790. Seine-Inférieure. Archives ecclésiastiques. Série H. Tome IV (Fascicule 2). Abbayes de Saint-Ouen-de-Rouen (14 H 927 à 14 H 1534). Introduction et index général par Alain ROQUELET, Rouen, Imprimerie administrative, 1980, in-4°, 185 p.
(Cormeilles: 14 H 667)

PELLERIN (Henri), P.A., 7 – 1-1957

2 – références historiques :

1234 – Cormeilles
Lettres de Guillaume, abbé de Cormeilles, sur le droit accordé par le Roi à l’abbaye de faire faire et transporter à Cormeilles deux cent mille essentes ou bardeaux pour couvrir l’église de l’abbaye et prendre trente chênes pour les stalles.
= Arch. nationales, J. 213, n° 3 – Editée par J.-J. VERNIER.- Recueil des Fac-similés de Chartes normandes publiées à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation par Société de l’Histoire de Normandie, avec transcription de…, Rouen-Paris, Lestringant-Picard, in-4°, 1919, 34 p. 32 pl. h.t.

c. 1370
Sergenterie de Mouard (Moyaux ?)
Fierville, Le Fauq, Saint-Jean-de-Lyvet (Saint-Jean-de-Livet), Brévedent, Esparfontaines (Eparfontaines), Saint Ligier d’Ouillie (Saint-Léger-d’Ouilly), Fierfol (Firfol), Fumichon, Hermival, Saint Martin d’Ouillie, Asnières, Saint-Denis-du-Val-d’Orbec, Saint Pierre, Saint Hippolyte de Canteloup, Saint Léger de Glatigny, Fontenelles, Fauguernon, Nouerolles (Norolles), Saint-Philbert-des-Champs, Escorcheville, Sainte-Croix de Cormeilles, Saint-Seveistre de Cormeilles, Mouard (Moyaux), Le Pin, L’Ostellerie (L’Hôtellerie), Saint-Martin-de-la-Lieue
= BN Fr. 26.010, N° 1087
+ IND. AD 76 16 F 7. Fonds de FRONDEVILLE.

1372, 14 juin
Jullien Cappon, écrivain de la galée de messire Renier de Grimaldi (« de Grimaude ») reconnaît avoir reçu de Richart de Cormeilles, panetier du roi, pour deux mois de ravitaillement: 28 queues pleines de biscuit pour la nourriture des marins attendant le départ à Rouen, 200 quintaux de biscuit, 3 douzaines d’écuelles, 2 douzaines de plats et 4 gallons, le tout d’étain, 15 aunes de canevas pour faire des sacs, 25 aunes de canevas pour faire des voiles, 6 cents de suif, 1 chaudière d’airain, 1 chaudron d’airain, 1 pelle de fer, 1 cuiller de fer, 1 lampe de fer, 2 « frisis » d’acier, 14 trépied de fer, 1 gril de fer, 1 croc à chair, 1 hache, 1 grand couteau de cuisine, 50 écuelles de fût, 2 grandes jattes de fût, 1 mortier de fût, 1 « pestel », 2 pelles de fût, 4 seilles de fût, 2 grands paniers d’éclisse d’osier, 12 hanaps, 12 chandeliers de fût, 4 lampes de « voirre », 2 « quemies vergnies », 3 douzaines de grandes aiguilles pour coudre les voiles et 6 queues vides pour l’eau douce.
Acte de Philippe de Mangneville (Acte passé devant devant Nicolas le Mestre, tab. à Rouen ?).
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, t. III, n° 67.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XIII, fasc. 2, 1964, p. 48.

1394, 29 mars
Information de Richard de Cormeilles, vicomte de Rouen, pour savoir si le bailli de Rouen avait le droit de modérer l’amende infligée par Guillaume de Longueil, vicomte d’Auge, à Guillaume du Haussay, laboureur, coupable d’avoir, au sortir d’une taverne, crévé l’oeil gauche d’Ernoul Le Lainier.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 7, p. 145.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 1-2, 1967, p. 29.

1398, 31 janvier
Guillaume de Cormeilles, écuyer, fils de Richart, écuyer, donne quittance aux exécuteurs testamentaires d’Aubert Levesque, jadis receveur du duc d’Orléans dans les vicomtés de Caen, Vire, Falaise et Auge, d’une remise de 10 l.t. 10 s.t. due au terme de Saint-Michel 1393 pour la terre qui fut Guillaume Malesmains au Vieux-Bourg.
Acte de Guy de Tieuville, garde du sceau des obligations de la vicomté de Pont-Authou et Pont-Audemer, passé devant Roger de Corneville, clerc sous Guillemin Guérart, tabellion à Cormeilles. Scellé.
= Bibl. mun. de Rouen, Y 29, t. I, n° 105,
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XIII, fasc. 2, 1964, p. 76.

1458, 13 juin
Montre de 95 hommes d’armes et 186 archers sous la charge de Pierre de Brézé, grand sénéchal de Normandie, reçue à Lisieux et Cormeilles par Guillaume de Bigars, écuyer, commissaire du Maréchal de Lohéac.
Suivie de la quittance de 8.468 l. t. donnée à Thomas de Louraille, commissaire du roi pour leurs gages du 2e trimestre établie par Julien Courtin.
= A.M. de Rouen, Martainville, 198, n° 8

1540 RECHERCHE DES NOBLES DE L’ELECTION de LISIEIUX
Faite en 1540…
Sainte-Croix-de-Cormeilles
76.- Jean de Bellemare, a baillé l’état de sa noblesse avec Jacques de Bellemare, Sr de Brèvedent, comme il apparoitra sur l’article dudit lieu de Brèvedent, n° 89.

16..
Archives SHL : 1F78 – 16..: Fragments d’une prisée – un thonneau de poirey fus et lie¬ (tonneau de poiré fût et lie)

1600-1626
Archives SHL : 1F882 : 1600-1626 : Cormeilles : acquisitions de biens par¬ Nicolas Poullain (Epaignes…)

1626, vendredi neuf janvier – Norolles
 » Robert Parey, vivant escuyer sieur de Mallou, la Vallée, Cormeilles et la Touraille, décéda le vendredy neuf. jour de janvier l’an mil six centz vingt six et fut inhumé le lendemain par tolérance dans le chancel de l’église près ses parents et amys « .
= A.D. Calvados – Reg. de catholicité de Norolles

1654, 7 novembre – Le Pré-d’Auge
Jean Le Forestier, demeurant au bourg de Cormeilles, vend à Louis Ricquier, de Saint-Ouen-le-Pin, le droict et effet sur deux pièces de terre nommées le Blanc-Buisson, au Pré-d’Auge.
= Tabell. Lisieux. Etude Delarue. Minutier n° 277. Analyse Et. Deville.

1685, 25 mars – Lisieux
Procès entre les maîtres cordonniers et les carreleurs (= savetiers ?) de Lisieux – Etat des demandes – Factum – Sentence rendu par Jean Delaunay, bailli vicomtal de la haute justice de Cormeilles.
= Arch. SHL. – Fonds ancien : ED 282. 7 pièces

24 avril 1685. Lisieux
Archives SHL : 1F187 : 24 avril 1685 : supplique adressée par Michel Le Prévost, ¬écuyer sieur de Cormeilles et autres à l’évêque au sujet d’une ¬fondation faite par Louis de Paray sieur de Malou son oncle. ¬Refus de l’évêque et signature autographe de Léonor II de ¬Matignon.

1702, 9 juillet – Fumichon
Le 15 mars 1702, la nomination à la cure de Saint-Germain de Fumichon appartenant au seigneur abbé de Cormeilles, Messire Robert-Charles de Pas Feuquières, abbé commendataire de N.D. de Cormeilles, nomme à la cure vacante par la mort de Me Jean-Baptiste de Crèvecoeur de Rabodange, dernier titulaire, la personne de Me Etienne Legraverant, prêtre de Paris, licencié aux lois. Fait à Paris, devant les notaires du Châtelet.
Le 15 mars 1702, le seigneur évêque résidant présentement en son hôtel de la rue Saint-Dominique, à Paris, donne audit Legraverant la collation de ce bénéfice.
Le 17 mars 1702, la nomination à la cure de Fumichon, appartenant au seigneur du lieu, Messire Louis-César de Rabodange, chevalier, comte dudit lieu, seigneur et patron de Fumichon, Saint-Pierre-de-Canteloup et autres lieux nomme à ladite cure vacante par la mort de M. de Rabodange, dernier titulaire, la personne de Me Robert Desperroys, prêtre curé de Saint-Martin-d’Ouilly et de Saint-Pierre-de-Canteloup.
Le même jour, le seigneur évêque donne audit Desperroys la collation dud. bénéfice.
Le 9 juillet 1702, Me Robert Desperroys prend possession de la cure de Fumichon, en présence de Me François Riquier, prêtre, vicaire de Saint-Léonard d’Honfleur ; Me Robert Alabarbe, aussi prêtre, Me Jean Malerne, diacre, demeurant à Saint-Pierre-de-Canteloup.
= PIEL (abbé).- Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations, Lisieux, Lerebour, t. I, 1891, VI-491, pp. 491-492

1704. Archives SHL. 1F624 : 1704 :
Dispense de Rome pour Nicola Furet et¬ Marie-Madeleine Duquesnay de Cormeilles.

1708, 24 avril – Moyaux
Charles Le Mancel, écuyer, seigneur et patron honoraire de Moyaux, demeurant en son manoir seigneurial dud. lieu. se constitue et oblige envers demoiselle Marie Madeleine Du Bosch, demeurant en la paroisse de Cormeilles en la faisance d’une rente annuelle de 56 livres 11 sols 1 denier, moyennant la somme de 1.000 livres.

Témoins: Robert de Carrey, écuyer, sieur de Goville, demeurant à Rouen et Hermenilgilde Dutheil, demeurant à Saint-Gervais.
= Arch. SHL. 9 FA. Parch. 2 ff. Analyse Et. Deville.

1750. archives SHL 1F836 : 1750 : St Pierre de Cormeilles : registre de Collecteur.

1755. archives SHL.1F682 :
1755 : Cormeilles : Mme de la Halbourdière, tutrice de¬M. d’Aurigny : devis de charpentier pour la ferme.

1791
Divers Grand-Séminaire collégial de Lisieux. Mense conventuelle de Grandouet et Cormeilles. Comptes de l’année 1791
= Arch. SHL. 27 F.

An V, 29 nivôse – 1797, 18 janvier – Evreux, Lisieux
L’Administrateur du Département de l’Eure Au Citoyen Juge de Paix du Canton de Cormeilles.
 » Citoyen, Vous avés appris que la malle allant de caen a parie a été arrê¬tée à deux lieues de Lizieux, dans la soirée du 24 de ce mois par 12 à quinze hommes, qui ont volé quatre vingt sept mille livres en numéraire d’aprés les renseignements contenus en une circulaire de l’administration départementale du Calvados….(au sujet du vol de deux barils dans la diligence de Caen à Paris, au Pont-du-Coupe-Gorge, le 24 nivôse an 5° – 14 janvier 1797.
= Coll. BECCI – 1 p. papier, ms. photocopie)

1818. – archives SHL. 1F609 :
1818 : contestation entre Jean Le Coupeur de Cormeilles¬ et les femmes Vittecocq et Guesnel.

1839. archives SHL ;1F671 :
17 septembre 1839 : lettre de Fouet de Londres concernant¬ les réfugiés. (adressée à St Pierre de Cormeilles)

3 -Carnets de Charles Vasseur : « Doyenné de Cormeilles ».

14 – Cormeilles
Voir :
De Beaurepaire – Agriculture p.167
Mémoires des Antiquaires de Normandie Tome 23 p.229 n°1307
M.S.S 13905 f°111
Formeville II XII – 29 – 116 – 201 – 206 – 232 – 238 – 241 – 260
Ste Historique de Lisieux 22 – 43 – 45
Idem – Catalogue 1872 p.17 n°17, p.20 n° 40 et 42
Archives de Lisieux VI – 5
Mémoires des Antiquaires de Normandie IX p.356 – -386 – 387.
Delisle – Catalogue des Actes de Philippe Auguste n°2100.

Cormeilles – ancien bourg d’origine romaine, traversé par la voie antique de Lillebonne à Lisieux, qui paraît avoir étendu ses faubourgs le long de la Calonne jusqu’à Bailleul la Vallée.
Guillaume Fitz Osbern, sénéchal de Normandie et comte de Breteuil, qui possédait cette baronnie au milieu du XIe siècle, la donna à l’abbaye de St Pierre de Cormeilles. Les deux paroisses de St Pierre et de St Sylvestre de Cormeilles, aujourd’hui communes indépendantes du bourg, étaient considérées comme en faisant partie. (Gadebled)

Bien que l’on ait vu la maison de Cormeilles éteinte dans celle de Meulan dès le XIe siècle, cependant des gentilshommes de ce nom ont subsisté et fait branche jusqu’au XVIIe siècle. Lachesnaye des Bois en donne dans son Dictionnaire quelques noms sans pouvoir établir de généalogie régulière.
Guillaume
Richard, mort 21 juillet 1438
Jean 1486
Jacques 1530, qui portait de gueules à trois tours d’argent 2.1
Jean 1507, qui épousa Marie Garin morte en 1525 et qui portait de gueules à une tour d’argent seulement
Il est cependant probable, en dépit de ce généalogiste et Monsieur de Courcelles (tome 1) que cette famille de Cormeilles, qui se donne pour souche le Richard mentionné ci-dessus, qui fit vicomte de Rouen et panetier du Roi en 1395, ne tire point son origine du Cormeilles de Guillaume Fitz-Osbern.
En 1540 on les trouve au Villebourg où ils furent assis à la taille par défaut de production suffisante. Les commissaires du XVIIe siècle furent moins exigeants et les seigneurs de Tendos et de Goy Vielbourg furent maintenus le 20 mars 1669.
Un grand nombre de fiefs, plusieurs importants, ont existé sur le territoire de Cormeilles :
Malou,
Les Catêlets, avec une chapelle du titre de St Joseph du Boullay,
Le Lieu d’Amour,
La Fossieurie,
Le Val-Hébert,
Et Clarenville
Ces cinq derniers étaient sous la suzeraineté des moines.

« Cormeilles, bourg de France avec une abbaye de ce même nom et titre de baronnie. Il est situé sur la Calonne. St Pierre est la paroisse de l’abbaye des Grands Bénédictins et Ste Croix celle du bourg. La baronnie composée de quatre paroisses en seigneurie et patronage appartient à l’abbaye qui a une haute justice » C’est là tout ce que dit Thomas Corneille dans son Dictionnaire Géographique de cette localité fort ancienne puisqu’on y a trouvé des briques romaines et des tuiles à rebords et qu’elle est assise sur la voie romaine de Juliobona et Noviomagus Lexoviorum.
Après l’invasion normande elle devint le partage de l’un des chefs compagnons de Rhon, qui avait même des relations de parenté avec lui, l’un des descendants de ce conquérant, Guillaume Fitz-Osbern de Crespon, qui vivait au XIe siècle, ayant résolu de construire sur ses terres deux monastères, dit Ordéric Vital (Livre III – traduction Guizot tome 1 p.12), choisit Lyre et Cormeilles pour la réalisation de son pieux dessein.
Ce fut en 1060 qu’il donna par sa charte de fondation, la baronnie avec sa haute justice et le patronage des quatre paroisses composant la baronnie et dont les trois paroisses de Cormeilles, dépendant de l’élection de Pont Audemer, sergenterie du Petit Moyard ne comptaient pas moins au XVIIIe siècle de 16 feux privilégiés et de 549 feux taillables. Savoir :
7 feux privilégies, 238 taillables pour St Pierre,
4 feux privilégiés et 175 taillables pour Ste Croix,
5 feux privilégiés et 136 taillables pour St Sylvestre.
C’est encore comme possesseur de cette très ancienne baronnie que l’abbé de Cormeilles avait séance à l’Echiquier de Normandie.
Guillaume Fitz-Osbern vécut assez longtemps pour voir son œuvre parachevée. Il se trouvait dans l’armée du Roi de France qui devait agir contre Robert de Frison, qui voulait dépouiller Beaudoin, comte de Flandres. Le Roi s’étant laissé surprendre et chassé honteusement par son ennemi.
Il était sénéchal de Normandie, comte de Breteuil et de Herrefort. Sa mort arriva en 1071, ou suivant la Gallia Christiana 1072.
Il fut inhumé, à titre de fondateur, dans l’abbaye de Cormeilles… »Sa tombe (dit La Roque dans son Histoire de la Maison d’Harcourt) et son effigie couchée dessus s’y voient encore aujourd’hui avec ses armes qui son un cerf d’or en champ de sable et cet épitaphe :..CY gist Guillaume le Fitz-Osbern, comte de Breteuil et der Lunestre, fondateur de séans »
Après lui ce titre si recherche de Fondateur e l’Abbaye, passa successivement à sa fille Emma, femme de Raoul de Guader, puis à Robert de Meulan, comte de Leicestre, qui avait épousé Itte ou Amicie, fille d’Emma ; On les voit figurer à ce titre dans le nécrologe de l’abbaye ainsi que nous l’apprend le Gallia Christiana.
(L’abbaye prit comme presque toujours les armoiries de son fondateur, avec quelques variantes insignifiantes. Ainsi Guillaume Fitz-Osbern portait, nous dit La Roque, … de sable au cerf d’or. L’abbaye de Notre-Dame de Cormeilles prit et a conservé jusqu’à sa suppression :…le cerf d’or l’extrémité des pieds d’azur sur champ de gueules –Armorial d’Hozier 285-).
1159-1181 – Le pape Alexandre III confirma par une bulle toutes les donations faites aux moines de Cormeilles et elles étaient considérables : les églises de St Pierre, de Ste Croix et St Sylvestre de Cormeilles avec toutes leurs dépendances, le bourg de Cormeilles avec son marché, son four, près, bois, moulin etc. …l’église de Ste Marie de Firfol, la chapelle ou prieuré de St Christophe, les dîmes etc. … la moitié de la dîme de St Germain de Fumichon et de St Aubin de Scellon, des terres à Guibray, Lillebonne, Martigny etc.… et des terres plus nombreuses encore en Angleterre.
Le premier abbé de Cormeilles avait le même nom que le père du fondateur, il est vraisemblable qu’il appartenait à une famille illustre, car il avait obtenu une prébende au chapitre de Lisieux sous le pontificat de l’Evêque Herbet, puis dégoûté des choses de ce monde, désirant s’appliquer plus étroitement au service de Dieu, il s’était fait moine à la Trinité de Rouen, qu’il quitta pour introduire le vie religieuse dans le nouveau monastère fondé par le seigneur de Cormeilles.
La prospérité de l’abbaye pendant le XIIIe siècle nous est attestée par le Registre des visites d’Eudes Rigault, archevêque de Rouen qui la visita par quatre fois :
Le 17 des calandes de février 1249,
Le jour des calandes de janvier 1257,
Le 7 des ides de janvier 1254,
Le 4 des nones de janvier 1267.
On lui déclara que le revenu se composait de 1600 livres environ ; les charges consistaient en 260 livres de dettes contractées et 16 livres de pensions ou rentes, enfin de 100 sous aussi de pensions crées avec l’autorisation du pape (auctoritate apostolica) ; aux deux premières visites -1249 et 1257- il y avait 25 moines pour se partager ces 1600 livres de revenu. En 1254 il n’y en avait que 24 dont 22 prêtres ; enfin en 1267, ce nombre s’était élevé à 30.
Les registres des Olims (tome I p.505 –an 1261) contiennent le résumé d’un procès qu’eut à soutenir l’abbé de Cormeilles, Simon, contre le bailli de Gisors, et qui mérite d’être relaté ici à cause d’un document archéologique qu’il contient. Il s’agissait de prendre dans un bois les arbres nécessaires pour la construction d’un manoir et le bailli y faisait opposition, s’appuyant entre autres, sur cette raison que le roi leur avait déjà permis de couper dans le même bois, le merrain nécessaire pour leur église de Cormeilles et pour les stalles qu’ils y faisaient placer. L’abbé gagna son procès.
Les désordres des guerres civiles des XIVe et XVe siècle étendirent leurs terribles effets jusque sur l’abbaye. Charles le Mauvais dans ses tentatives contre la ville de Pont Audemer fit passer et repasses ses troupes par Cormeilles. Il laissa même dans les demeures des moines, une garnison d’auxiliaires anglais
Les revenus ne paraissent pas cependant avoir sensiblement souffert car les pouillés du XIVe siècle fixent les décimes à payer par l’abbé de Cormeilles pour ses biens à 844 livres, somme considérable pour ce temps-là.
Les invasions anglaises furent beaucoup plus fatales, Henry V confisqua le temporel de l’abbaye ; mais il le rendit en 1418 à l’abbé Guillaume Bonnel qui lui prêta serment de fidélité. Il paraît que ce moine entièrement vendu aux intérêts des usurpateurs fut un des commissaires qui avec l’évêque de Beauvais ordonna l’assassinat de la Pucelle.
L’histoire ne nous a pas conservé la mémoire des désordres que commirent vraisemblablement sur ces domaines ecclésiastiques les Huguenots pendant les Guerres de Religion.
Vers l’an 1707 l’église fut presque détruite par le feu du ciel. Dom Mabillon qui la visita cette même année se plaint de ce que les bâtiments étaient en ruines et les moines réduits à rien, des pouillés constatent cependant que c’était une abbaye à la présentation du Roi et qui n’avait pas moins de 10 ou 12000 livres de revenu.
Le pieux Charles d’Orléans en ayant obtenu la commende en 1726 répara l’église et les lieux réguliers et chercha à introduire la réforme parmi les moines. Il rendit quelque lustre à l’abbaye ; mais c’était le dernier reflet d’un flambeau près de s’éteindre.
Déjà commençaient à fermenter ces idées dangereuses et pleines d’innovations qui devaient enfanter la Révolution de 1793.
Monseigneur de Belloy, alors évêque de Marseille, et troisième successeur du Duc d’Orléans, avait plusieurs fois reçu des plaintes graves sur la conduite de ses religieux, d’ailleurs réduits à un petit nombre. On résolut de séculariser l’abbaye en fixant à chacun des moines une pension de 1800 livres. Mais ce ne fut pas sans peine, deux moines Dom Hélix et Dom Garet, l’un étourdi et mauvais sujet, l’autre imbécile, se mirent en rébellion ouverte contre cette mesure. C’était au commencement de l’année 1774 favorisés par la complicité d’un garde, ils se mettent en devoir de rompre les portes de l’abbaye … »avec violence, attroupements et armes à feu… »
Dom Hélix désirant s’étayer de l’approbation de son abbé dans ces démarches un peu hasardées, entreprises contre l’Evêque de Lisieux, lui écrivit au mois d’avril suivant pour lui faire part de ce qui s’était passé et solliciter une lettre approbative. Il ne put l’obtenir et au mois d’août il était mort. … « Je ne souhaitais pas la mort à Dom Hélix (écrit à ce sujet Monseigneur de Belloy) mais je félicite Monsieur l’Evêque de Lisieux d’être délivré de ce petit sujet « …
Il a fallu cependant attendre jusqu’à 1779 pour obtenir le traité définitif de suppression et la réunion de la manse monacale au petit séminaire de Lisieux.
Il ne reste plus rien des bâtiments claustraux, dit Monsieur Carrel, dans son Histoire de l’arrondissement de Pont Audemer.

Abbaye de Cormeilles

Voir :
Bulletin de la Ste Historique n° p.55
Bulletin de la Ste Historique 1874 16-n°45.
Abbaye de Cormeilles – HL. IV.2
Annales Bénédictines de Mabillon Tome IV – Liber LXI – p.599,
Cormeliense monasteruim Tome VI – liber LXXX –p.542.
Lettres d’Arnoul évêque de Lisieux p.242
Archives de l’Eure – Abbaye de Cormeilles de 1249 à 1786 – 1 liasse.

L’abbaye de Cormeilles était située sur le territoire de St Pierre au nord-est de l’église et à quelques pas seulement. Le mur d’enclos longe le chemin qui conduit de St Pierre à St Sylvestre. Elle était adossée au coteau. Il n’en reste plus rien.

Insinuations

Cormeilles – Chronique de Benoît vers 35581 p.132 tome III
….Pour s’opposer aux incursions du Roi de France qui avait pris et fortifié Tillières, le duc fit fermer Breteuil qu’il confia à Guillaume fils Osbern, très brave et vaillant chevalier
…suit un poème de 18 vers
…. Le roi de France ayant marché contre Robert le Frison, qui voulait dépouiller Beaudoins comte de Flandres se laissa surprendre et fut chassé :
…. Suit 4 vers
William Dugdale a publié sur lui une notice dans « The baronage of England » Londres 1675 in folio – tome I p.66, 67
Voir sur la fondation de Cormeilles qui eut lieu en 1060 Neustria pia p.595, 596 Gallia hristianq tome XI col. 846 – 847.
Guillaume fils Osbern était seigneur de Breteuil, il fut sénéchal de Normandie ; comme son père, devint comte de Hereford et mourut en 1071.

Les moines de l’abbaye de Cormeilles se firent autoriser en 1234 à abattre et exploiter le nombre d’arbres nécessaires pour la confection de 200 000 essentes ou bardeaux, destinés à la couverture de leur église. (A.Le Prevots p.67)

Abbés de Cormeilles

Osbern, fils d’Erfaste
Gislebert mort 25 mars 1070
Guillaume Ie mort 1109
Richard
Benoît
Robert Ie de St Pancrace 1158/1174
Hardouin 1174
Durand vers 1200
Etienne Ie
Guillaume II vers 1243
Simon 1260
Richard II
Nicolas Ie
Guillaume III de Chante cuv (?) mort vers 1371
Robert II le Brument 1361/1465
Guillaume IV Bonnel mort en 1437
Jean Ie Taisson
Constantin Sègre
Pierre
Etienne Blosset de Carrouges, évêque de Lisieux 1504/1505
Thomas de Clermont
Oger de Chambrai, commendataire 1529
Jean II des Serpens
Jean III de Vassé, évêque de Lisieux 1565
Benigne le Clerc
Nicolas II Quentin
Denis Rouxel de Médavi 1580/1581
François Ie Rouxel, évêque de Lisieux
François II Rouxel 1617/1691
Philibert Charles de Pas de Jeuquières 1691/1726
Charles d’Orléans de Rothelin 1726/1744
Louis Henri de Jogasse de la Bastie 1744/1754
Joseph Dominique de Cheylus 1754/1777
Supprimée en 1779.

Abbatia de Cormeliis in ducata Normaniae – 4 feuillets rédigés en latin

Rouen II
Déclaration de l’abbé et du couvent de Cormeilles, par laquelle ils renoncent à se prévaloir à l’avenir de la permission que le Roi leur a accordée de se servir du bois provenant de leur terre de Noyon (Noyon le Sec près d’Ecouis) pour bâtir audit lieu de Cormeilles. 1234.
(Inventaire du Trésor des Chartes – Normandie par M. Le Prevost – Archives de la Normandie 1826)

An 1261 – Olim Tome I p.505 – texte en latin

Parlement de la Pentecôte 1261.
Arrêt autorisant l’abbé de Cormeilles à couper du bois dans son propre bois de Nogonio pour élever un manoir près de Vernon. Le bailli de Gisors s’y opposait, prétendant qu’il fallait l’autorisation du Roi, attendu que le Roi avait droit de garde et de … dans ledit bois. L’abbé avait précédemment demandé la permission de couper du merrain pour réparer son église et faire des stalles. – Olim I f°113- (Archives de l’Empire Tome I p.51 – Actes du Parlement)

Henri V supprime en Angleterre les prieurés appartenant à l’abbaye de Cormeilles (Monast. Anglicanum)

En 1528, le sénéchal Louis de Brézé fait son entrée à Pont Audemer, avec sa femme, comme gouverneur de Normandie. Il logea à l’hôtel du Lion d’Or … »dont les chambres avaient été ornées de tapisseries empruntées à l’abbaye de Cormeilles » (A.Carrel – Réceptions de Rois et autres personnages dans la ville de Pont Audemer – Revue de Normandie février 1870 p.71)

Rouxel de Médavy, petit fils du Maréchal de Fervaques, abbé de Cormeilles, envoyé à Rouen par Louis XIII après la compression des révoltes par le chancelier Séguier en 1639. (voir Floquet – Parlement de Normandie Tome IV p.623 et 633).

Monsieur Rouxel de Médavy, abbé de Cormeilles, commissaire du Roi, vint à Rouen en septembre 1639. Il fit ouvrit une porte du Vieux Palais, ouvrant sur la rivière et qui depuis longtemps était condamnée et bouchée, afin qu’on put toujours introduire par là des troupes que la Cour enverrait pour contenir les habitants… » aux inquiétudes du Parlement, aux murmures du peuple, l’abbé de Cormeilles, niant le dessein prêté au gouvernement, avait répondu « que cestoient de vains ombrages et que le Roy n’avait coustume d’entrer que par les portes ouvertes ».
En janvier 1649 le duc de Longueville déclaré contre la Cour, s’introduisit dans Rouen par cette petite porte et en clin d’œil fut maître de la ville. (Floquet – Diocèse p.177, la note)

En 6 feuillets : Collection de 52 lettres autographes de Monseigneur de Belloy, évêque de Marseille, abbé commendataire de l’abbaye de Cormeilles qui devint plus tard archevêque de Paris et cardinal, relatives aux affaires de son abbaye de Cormeilles, ensemble deux lettres également autographes de Monsieur de Montholon, président au Parlement de Rouen, écrite audit évêque.
Commençant au 3 mars 1774 pour finir au 4 février 1774, en outre deux lettres non datées.
Le tout appartient à Monsieur Fauque, contrôleur des Octrois de la ville de Lisieux.

Sept lettres autographes de Monseigneur de Belloy, évêque de Marseille et abbé commendataire de Cormeilles avec une note relative à l’emploi du prix de vente des bâtiments de l’abbaye sécularisée.
1) à Monsieur Delleville, curé Crépon près Bayeux. Envoi de 50 livres pour les pauvres de sa paroisse. Aubagne 26 janvier 1785 (Cachet aux armes)
2) à Monsieur Boudard, receveur des décimes du diocèse de Lisieux ; Relative à la rentrée des rentes seigneuriales qui lui sont dues. 8 juin 1784 (Cachet aux armes)
3) au même. Affaires administratives. Sans date
4) au même. Accepte la médiation de Monsieur et Madame des Hautes Terres pour régler son différent avec Monsieur du Torp relativement à des terrains communaux, en appelant le syndic et le juge de Cormeilles, à cause des droits d’usage des habitants. Assigné 500 livres aux pauvres des paroisses où il perçoit des dîmes. Aubagne 15 septembre 1785.
5) Au même. Règlement de comptes ; est d’avis que l’affaire avec Monsieur du Torp ne peut être transigée et doit être vidée judiciairement. Marseille 5 janvier 1786
6) Au même. Mêmes sujets. Aubagne 16 février 1786.
7) Au même. Envoi d’une procuration et demande de 1000 livres pour un parent. Aubagne 14 mai 1786. (Cachet aux armes)
Monsieur de Belloy, devint archevêque de Paris
Communiquées par Monsieur Charles Vasseur le 30 août 1869. – Société Historique.

Jean Baptiste de Belloy, auteur de ces lettres et que la Révolution trouva évêque de Marseille fut le premier archevêque de Paris après le Concordat et devint Cardinal.
Il est mort en 1808 à l’âge de 99 ans et fut enterré dans un caveau que Napoléon Ier fit construire sous le lutrin de Notre Dame de Paris pour servir à la sépulture des archevêques.
Monseigneur de Juigné, démissionnaire en 1802 à la demande du pape Pie VII, y fut enterré après lui en 1811.

Aubagne est une petite ville du département des Bouches du Rhône, située à quelques lieues de Marseille et qui jouit, avec quelques autres vignobles de l’ancienne Provence, d’une réputation méritée.

Monsieur d’Aubichon m’a compté exactement les six mille livres portées au mandat que vous m’avez donné sur luy, et que je luy ay remis ; vous en trouverés cy incluse la quittance.
Je vous suis obligé des éclaircissements que vous m’envoyés concernant la fortune de Monsieur Dubois ; ils sont parfaitement conformes à ceux qui ont été envoyés par diverses personnes, et il en résulte qu’il vouloit tromper une famille, en se donnant pour avoir dès à présent quatre mille livres de rente, avec des espérances certaines de plus de huit en sus il annonçoit qu’en qualité de parent de Monsieur le Maréchal de Noailles, il étoit entré dans sa compagnie des gardes du corps, mais qu’ils étaient convenus ensemble que ce ne seroit que pour peu temps et seulement en attendant qu’il put être placé plus avantageusement ; Madame de Rainvillier, ma nièce qui est veuve, pieuse et crédule, ne s’imaginant pas qu’on puisse rien avancer contre la vérité, se laissa persuader par ces baux discours, et acquiesça à la demande qu’il luy avoit fait faire d’une de ses filles en mariage ; le di Monsieur à l’appétit d’une dot de 60 mille livres comptant, et en sus d’environ 40 mille après le décès de la mère, lui demanda la permission de faire publier les bans chez luy ; elle l’accorda ; mais deux ou trois jours après quelqu’un plus clairvoyant qu’elle, luy représente qu’elle alloit trop vite, et qu’il étoit de sa prudence de tout suspendre jusqu’à ce qu’elle eut fait prendre elle-même sur les lieux et dans le voisinage du domicile de ce seigneur des informations certaines sur le véritable état de sa fortune, et sur tout ce qui pouvoit concerner la famille ; elle comprit l’importance du conseil ; et sur le champ envoya en Normandie une personne entendue pour tirer les choses au clair ; et cependant pria le sieur Dubois de contremander l’ordre de la publication des bans, mais il luy répondit que ce contre ordre seroit inutile attendu qu’il n’arrivoit pas assez à temps ; il y eut donc un ban de publié ; le résultat des informations fut précisément semblable à celuy que vous envoyés ; il constate qu’il n’y avoit rien de vrai dans l’exposé qu’il avoit fait de sa fortune et qu’il n’y a qu’environ 2300 de revenu dans cette famille partageable à six enfants dont le … garde du Roy est un cadet ; Madame de Rainvillier indignée de cette fourberie luy déclara que n’ayant consenti au mariage de sa fille que sur l’exposé qu’il luy avoit fait de sa fortune et que cet exposé étant faux, elle retiroit sa parole, attendu que son engagement n’avoit été que conditionnel et que les conditions ne se trouvant remplies, elle cessoit aussi d’être engagée ; qu’elle étoit fâchée d’avoir eu l’imprudence d’aller si loin, mais enfin qu’ayant découvert le précipice, quoyque presque au moment d’y plonger sa fille, c’étoit encore temps de l’éviter ; le Monsieur jette feu et flammes en disant que toutes ces informations sont autant de calomnies et qu’il a vraiment tout le bien qu’il a annoncé ; mais nous n’en croyons rien ; il seroit fort aise de la convaincre 1° par l’inventaire qui fut fait après la mort de son père des biens et meubles et immeubles, dettes actives et passives de la succession ; 2° par la reddition du compte de tutelle, rendu par son tuteur, par ce compte doit naturellement contenir un état des revenus et des charges ; 3° par le partage qui a été fait entre les six enfants, par ce que ce n’est que par cet acte que chacun d’eux devient vraiment propriétaire de la portion qui lui échue, et qu’il peut légalement en disposer, soit en l’aliénant, soit en donnant aux créanciers des hypothèques dessus ; 4° enfin l’acte de vente qu’il prétend luy avoir été faite par son frère aîné de la seigneurie de Bay, parce que ce n’est que par un acte public qu’il peut en être validement devenu propriétaire et sans cela il ne pourroit en disposer, et toutes les hypothèques qu’il assigneroit dessus seroient illusoires et sans aucune valeur dans l’ordre judiciaire ; Si vous avez quelques nouveaux éclaircissements sur tous ces objets, vous me ferés plaisir de me les communiquer et vous pouvés être assuré de n’être jamais compromis ; nous serions bien aise de savoir le domicile des deux sœurs, sur quel ton elles vivent, ce qu’est et ce que fait un des 4 frères qui est, dit-on, sans état ny profession ; l’on nous a dit qu’il en avoit un qui servoit dans la milice et un avocat et un garde du Roy, vous seriés étonné de tous les ressorts qu’il fait jouer auprès de Madame de Rainvillier pour la conduire à son but, tantost par des grands raisonnements tantost par des menaces écrite contre son fils qui est un jeune mousquetaire ; faites moy donc le plaisir de tirer les notions les plus exactes que vous pourrés sur tous ces points : mille choses respectueuses chez votre respectable prélat ; vous connaissés l’estime et l’amitié avec les quelles je suis de tout mon cœur Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.
+ J. Baptiste, évêque de Marseille.

SAINTE CROIX DE CORMEILLES:
Ste Croix de Cormeilles – St Crux de Cormelllis

Voir ;
Archives de l’Hôtel de Ville VI 3-10
Exposition d’Evreux 1864 p.74-100.

Sous l’invocation de Ste Croix

Patronage:
XIVe, XVIe et XVIIIe Abbas de Cormeliis

En 1751 le curé se nommait Philippe d’Asnières, son revenu se composait de grosses et menues dîmes

Curés:
le Fortier 1764/1774
de Nocey 1758/1787

Insinuations de Ste Croix

Il y avait sur le territoire des trois paroisses de Cormeilles, trois maladreries ou hospitaux, l’une proprement dite de Cormeilles, à la présentation de l’évêque et d’un revenu de 120 livres, l’autre dite de St Thomas d’un revenu de 200 livres, la dernière de Ste Marie Madeleine et valant 300 livres.
Chapelle de St Firmin et St Fiacre du Mont du Bourg,
St Barthelemy chapelle unie à l’hôpital de Pont Audemer.

Insinuations de St Firmin

En 1540 vivaient noblement dans la paroisse de Ste Croix de Cormeilles :
Jean de Bellemare, seigneur de la Pelletière et sergent héréditaire de la sergenterie du Petit Moiard (Moyard).
Sébastion Hauvel, d’une famille anoblie en 1477,
Jean Daniel d’une famille originaire d’Artois,
Jacques Nollent, alors sous-âge, et à la garde de Jean le Mas.

Dans le bourg de Cormeilles nous avons remarqué quelques maisons du XVe ou XVIe siècle. Une malheureusement recouverte d’ardoise devait être fort ornée. On voit encore sa corniche et quelques parties bien traitées dans le goût de la Renaissance. Une autre tout près dans la grande rue, sans grand caractère architectonique porte deux blasons, le premier est de Nollent, l’autre une croix à 2 branches. Elle date du XVIe siècle. Dans d’autres des poutres avec rageurs faisant encorbellement.
Enfin un magnifique autel style Louis XV avec fronton sculpté et blasons à l’entrée de la route d’Epaigne. L’un des blasons porte une fasce et 3 poissons, sans doute des carpes.

Trois feuillets de la Statistique monumentale concernant la description de la chapelle St Firmin ainsi que la description de l’église du bourg consacrée à la Ste Croix

Fief de Malou à Cormeilles

Voir : Ste Historique de Lisieux – Catalogue 1872 p.20 n°43.

Malou, situé non loin de la Calonne, était au XIVe siècle une forteresse importante défendue par des fossés profonds.
« Au temps que paix et accord estoient entre Charles V et le Roy de Navarre, les gens de celui-cy étant aux ville et chastel de Pont Audemer, prirent la forteresse de Malou, laquelle estoit pour lors à Jehan le Bigot, jadis maréchal de Normandie qui toujours l’avait tenue et gardée pour le Roy de France. Après cette prise Guillaume du Bois, bailly de Pont Audemer et d’Orbec, donna en mandement et commission à Jehan de Bellemare, sergent fieffé de la sergenterie de Moiard, que sous peine de perdre son héritage et office, il fit commandement à tous maçons, charpentiers et autres gens de ladite sergenterie de se rendre à la forteresse pour l’abattre. »
(Histoire de Charles le Mauvais par Monsieur Secousse – tome II p.492)
Jean le Bigot obtint de Charles V l’autorisation de faire réparer ces dégâts, afin que cette forteresse lui servit de point d’appui contre les partisans du Roi de Navarre.
Depuis elle a été remplacée par un joli château à tourelles, possédé successivement par les Montmorency et les Nonant de Pierrecourt.

Noble Dame Jehanne de Launoy, veuve de feu Messire Jehan de Ferey, en vivant chevalier, conseiller du Roy, notre Sire, en son privé conseil, intendant de ses finances, seigneur de Durescu, Sainct Andrey, Fontaines et Mallou et garde du scel aux obligations de la viconté d’Orbec. – 10 novembre 1615.

SAINT PIERRE DE CORMEILLES
– St Petrus de Cormeliis

Voir :
Mémoires des Antiquaires de Normandie IX p.387-396

Cormeilles : bourg et baronnie de l’élection de Pont Audemer, sergenterie du Petit Moyard comptait 16 feux privilégiés et 549 feux taillables dont pour St Pierre 7 feux privilégiés et 238 taillables.

Sous l’invocation de St Pierre

Patronage:
XIVe, XVIe et XVIIIe siècle : l’abbé de Cormeilles

Curés:
Lemarchand 1764
Bellenger 1764/1787

Chapelle St Barthelemi de Cormeilles –Capellla St Bartholomei de Cormeliis
Patronage au XVIe siècle : abbas loci
Située au hameau de la Chaule, maintenant détruite suivant Monsieur Canel

Insinuations St Pierre de Cormeilles

Insinuations St Barthélemy
Nomination de plein droit par Messire Philibert Charles de Pas-Feuquière, abbé commendataire de Cormeilles de Jean Barlez, prêtre du diocèse de Amiens, demeurant à Harbonnière, pour la chapelle St Barthelemy, paroisse de St Pierre de Cormeilles – 7 septembre 1693.
Procuration de Messire Barlez à Messire des Buissons, prêtre chapelain de l’abbaye de Cormeilles, y demeurant, pour prendre possession en son nom – 16 octobre 1693.
Prise de possession en son nom par ladite procure le 10 novembre 1693 avec les cérémonies accoutumées et sans opposition (Registre I)

Collation de la chapelle St Marc et St Barthelemy, située à St Pierre de Cormeilles en faveur de Messire Paul Loisel, clerc, maître es-arts. 19 octobre 1693
Lettre de tonsure dudit Loisel 3avril 1686.
Prise de possession du sieur Loisel le 26 octobre 1693 : « où estant ledit sieur Loisel mis à genoux fait sa prière devant les trois autels nayant pu les toucher à rayson des ruines qui y sont arrivez partye de la couverture estant tombée et le reste menasses ruines. » Il peut cependant sonner la cloche (Registre I)

A St Pierre de Cormeilles – voie romaine de Lisieux à Lillebonne, connue sous le nom de Route du Fer. Cette commune fut le siège d’une abbaye de bénédictins, fondée vers 1060 par Guillaume Fitz-Osbern. Les murailles de l’enceinte sont tout ce qui en reste
Malou avait au XIVe siècle une forteresse importante ; elle fut vers 1360 attaquée, prise et détruite par les troupes du Roi de Navarre, qui occupaient Pont Audemer
Un joli château à tourelles l’a remplacé. (Gadebled)

Trois feuillets de la Statistique monumentale concernant la description de l’église de St Pierre de Cormeilles.

SAINT SYLVESTRE DE CORMEILLES:
Sous l’invocation de St Sylvestre
Patronage : XIVe, XVIe et XVIIIe siècle : abbas de Cormeliis.
Curés:
Maudeville 1764
Paysan 1772/1787.
Insinuations
Deux feuillets de la Statistique Monumentale concernant la description de l’église.

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