L’HOTELLERIE



NOTES  sur HOTELLERIE L’ – 14334
L’Hôtellerie

1 – Bibliographie
2 – Références historiques

1 – Bibliographie :

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III page 122.

Editions FLOHIC : le patrimoine des Communes du Calvados page 1017.

MOREL, Monographie communale de L’Hôtellerie, Ms. 1886, 27 p.
= Arch. Départ. du Calvados, Br. 9426

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton.

L’Hôtellerie, Le Manoir de Blanche de Castille, CDMPA, pp. 100-101

2 – Références historiques :

c. 1370
Sergenterie de Mouard (Moyaux ?)
Fierville, Le Fauq, Saint-Jean-de-Lyvet (Saint-Jean-de-Livet), Brévedent, Esparfontaines (Eparfontaines), Saint Ligier d’Ouillie (Saint-Léger-d’Ouilly), Fierfol (Firfol), Fumichon, Hermival, Saint Martin d’Ouillie, Asnières, Saint-Denis-du-Val-d’Orbec, Saint Pierre, Saint Hippolyte de Canteloup, Saint Léger de Glatigny, Fontenelles, Fauguernon, Nouerolles (Norolles), Saint-Philbert-des-Champs, Escorcheville, Sainte-Croix de Cormeilles, Saint-Seveistre de Cormeilles, Mouard (Moyaux), Le Pin, L’Ostellerie (L’Hôtellerie), Saint-Martin-de-la-Lieue
= BN Fr. 26.010, N° 1087
+ IND. AD 76 16 F 7. Fonds de FRONDEVILLE.

1462, 5 juillet – Assises d’Orbec
Sentence de Jean des Planches, lieutenant
du bailli d’Evreux, relative à la seigneurie d’Ouilly-la-Ribaude, tenue en parage par Philippe de Manneville, écuyer, de Philippe Le Veneur, baron de Tillières, à la suite du décès de Jean Le Veneur, écuyer, fils aîné de Robert Le Veneur, baron de Tillières et d’Ouilly (signé J. Saonnière )
Vidimus de Colin Rogeron, tabellion à l’Hôtellerie, pour la sergenterie de Moyaux, et de son adjoint Ernoul de Bavery, clerc commis par justice audit tabellionnage sous le sceau de Jean Eschallart, garde du sceau de la vic. d’Orbec.
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, t. II, n° 23
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, 3-4, p. 12, n° 639.

1465, 29 février
Eliz de Murdrac, prêtre, seigneur de Reux, pour lui et son frère Jean de « Murdrac » donne quittance à Gilles Grieu, naguère commis de la vic. d’Auge de la somme de 200 l. t. représentant les revenus de la terre de Reux lorsqu’elle fut mise en la main du Roi. Sur ces 200 l.t. 100 sont imputées sur le compte de saint-Michel 1457 de Pierre Courtois, vic. d’Auge et les 100 autres sur le compte de Saint-Michel 1458 de Pierre Feularde, son successeur.
Acte de Colin Rogeron, tab. à l’Hôtellerie pour la sergenterie de Moyaux et de son adjoint, Ernoult de Bavery.
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, t. II, n° 25
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, 3-4, p. 18, n° 660

1520, 21 juillet – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Leure et Jacques de Lesquerle, tabellions au siège de l’Hotellerie, pour la sergenterie de Moyaux, Colin Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, d’une part, et Simon Desjardins, prêtre, consistant en terres et maisons à Courtonne. Témoins; Pierre Carral et Thomas Bouteillier. Témoins: Pierre Carral et Etienne Bouteiller.
= Arch. SHL. Analyse Et. Deville.

1521, 7 décembre – Moyaux
Par devant Jacques de La Lesquerie et Me Alain Dutertre, tabellions au siège de l’Hôtellerie, Pierre et Michel Desjardins, se partagent les maisons et revenus de Colin Desjardins, leur père, à Moyaux. Témoins: Thomas Lesueur et Jehan Fogueys. (Fouquet ?)
= Arch. SHL. 1 F – Analyse Et. Deville

1532, 3 avril – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant maître Alain Dutertre et Guillaume Le Front, tabellions au siège de l’Hôtellerie, Michel Desjardins, de Courtonne-la-Meurdrac, prend à fieffe et à rente de Me Christophe Le Boctey, une pièce de terre à Courtonne-la-Meurdrac, moyennant 15 sols de rente. Témoins Fabien Friard et Guillaume Cariel.
= Arch. SHL. Analyse Et. Deville. Parch.

Voir Archives SHL 1F281

1567, 4 mai – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Raoul Dumoulin, tabellions, Marguerite et Louise, dites Foyard, filles et héritières de feu Guillaume Foyard, de la paroisse de Saint-Denis-du-Val-d’Orbec, vendent à Fiacre Guilleboult, de la paroisse de Courtonne, une petite pièce de terre sise à Courtonne, moyennant 12 livres tournois. Témoins: Jehan Foyard, de Saint-Denis-du-Val-d’Orbec et Adrien Delannay, de l’Hôtellerie.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1575, 20 février – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunay, tabellions royaux au siège de l’Hôtellerie, Jacob Desjardins, de Courtonne, se soumet et s’oblige paier une rente de 22 sols tournois de rente hypothécaire sur des biens à Courtonne. Témoins: Jehan Cardin et Thomas de Caillon.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.
Voir archives SHL 1F359

1577, 16 février – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunay, tabellions royaux au siège de l’Hôtellerie, Robert Morel, de Courtonne, vend à noble homme Jehan Le Boctey, sieur de la Motte, de la paroisse de Villers, 60 sols ts. de rente à prendre sur ses biens, moyennant la somme de 30 livres. Témoins: Etienne Le Chien et Claude Le Telier, de Courtonne.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1586, 23 avril – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions royaux au siège de l’Hôtellerie, Jehan Boutillier, fils Pierre, de Courtonne-la-Meurdrac, reconnaît avoir baillé afin d’héritage à honorable homme Gabriel du Houlley, sieur d’Anfernet, demeurant à Courtonne, une portion de terre labourable, à prendre au côté d’une pièce de terre, contre une portion audit Boutiller. Témoins: Jehan Anffry et Michel Picquot, de Courtonne.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1587, 23 avril – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hôtellerie, Robert Morel, de Courtonne, baille à fieffe à rente foncière à Gabriel du Houlley, bourgeois de Lisieux, sieur d’Anfernet, la moitié de deux pièces de terre, sises au village d’Anfernet, moyennant 20 écus 15 sols de rente par an. Témoins Nicolas Desjardins, dud. lieu de Courtonne et Jehan Delaunoy, demeurant à Saint-Germain de Lisieux.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1590, 26 juillet – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hôtellerie, Ysabeau Desjardins, de la paroisse de Saint-Martin-du-Val-d’Or¬bec, reconnaît que, en sa présence et du consentement de feu son mari, Nicolas Desjardins, de Courtonne, son beau-frèe, est déchagé de toute obligation héréditaire envers elle. Témoins Jean Piel et Colas Toustain.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.
Voir archives SHL 1F-274

1591, 1er janvier – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hô+e, Jehan Le Chien, de la paroisse de Villers, baille en fief à rente, à Nicolas Desjardins, de Courtonne, deux pièces de terre labourables, sises aud. lieu, nommées « La fieffe », moyennant 4 écus et demi de rente. Témoins: Antoine Bouquier, de Courtonne, et Michel Desjardins.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.
= archives SHL : 1F427 : 1er janvier 1591 : Jehhan Le Chien de Villers baille ଠNicolas Desjardins 2 pièces de terre à Courtonne.

1593, 12 mai et 1594, 26 septembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delannoy, tabellions au siège de L’Hôtellerie, damoiselle Ysabeau Le Binettier, veuve de feu Henri Le Boctey, en son vivant écuyer, sieur de la Motte, de la paroisse de Villers, reconnaît avoir reçu de Nicolas Desjardins, le rachat et franchissement d’une rente de 10 sols. Témoins Guillaume Benoist et Pierre Bonissent, de Courtonne.
= Arch. SHL. Parch. 2 pièces. Analyse Et. Deville.

1598, 31 mai – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delannoy, tabellions au siège de L’Hô¬tellerie, Paulin, Pierre et Jacques Bouteiller, de Saint-Denis-du-Val-d’Orbec, s’engagent payer à Nicolas Desjardins, de Courtonne, la somme de 10 écus sol. pour une obligation passée entre eux. Témoins;: Martin Le Chien et Charles Alabarbe.
= Arch. SHL. Parch. Analyse Et. Deville.

1611, 17 novembre – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jehan Le Telier et Nicolas Delaunnay, tabellions au siège de L’Hôtellerie, sergenterie de Moyaux, fut présent, Guillaume Quentin, de la paroisse de Mailloc, tuteur des enfants de Jean Delauney, lequel, en la présence et du consentement de Michelle Bunel, veuve dud. défunt et en vertu des pouvoirs à lui donnés, vend et transporte à Jacob du Houlley, sieur d’Anfernet, de Courtonne-la-Meurdrac, une portion de terre en bois taillis, sise à Courtonne, moyennant 60 livres tournois. Témoins: Gabriel Grieu, de Saint-Hyppolite-de-Canteloup, et Pierre Neufville, de Courtonne.
= Arch. SHL. Parch. 2 ff. Analyse Deville.

1624, 16 mars – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Guillaume Dumoulin et Simon Morel, tabellions à L’Hôtellerie, Nicolas Desjardins, de Courtonne, abandonne ses biens à Jean, Nicolas et Romain, dits La Couture, de Firfol, ses biens sis à Courtonne.
= Arch. SHL. Pap. 6 ff. Analyse Deville.

1627, 10 août – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Jean Pregnot et Jean Duhoux, tabellions à Lisieux, Nicolas Desjardins, demeurant à Courtonne-la-Meurdrac, qui avait fait don par avance de ses biens à ses neveux Jean, Nicolas et Romain Couture, par contrat passé devant les tabellions royaux de l’Hôtellerie, le 20 mai 1624, insinué aux assises d’Orbec le 19 juin ensuivant, d’une part, et led. Romain Couture, demeurant audit Courtonne, pour lui et ses frères demeurant à Firfol, d’autre part.
Led. Desjardins déclare que, vu son grand âge, il ne peut continuer à gérer ses biens, et s’en rapporte à ses héritiers.
Témoins: Nicolas Delaporte, et Etienne Thiré, de Lisieux.
= Arch. SHL. Parch. 2 ff. Analyse Deville.
= Archives SHL : 1F279.

1628, 26 janvier – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Guillaume Dumoulin et Philippe Delannay, tabellions au siège de L’Hôtellerie, Nicolas Desjardins et Pasquette Le Bouteiller, sa femme, demeurant à Courtonne-la-Meurdrac, vendent à Jacob du Houlley, sieur d’Anfernet, leurs biens et héritages sis à Courtonne et autres lieux, moyennant certaines redevances notamment 60 sols tournois envers la Confrérie de Charité.
Témoins: Mathurin De La Porte, avocat, sieur de la Barillère, demeurant à Lisieux et Me Pierre Drouart, sieur de La Croix, demeurant à Firfol.
= Arch. SHL. Parch. 4 ff. Analyse Deville.

1652, 17 mars – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Guillaume Guéroult et Charles Delannay, tabellions pour le siège de L’Hôtellerie, Jean Lefébure, du métier de cordonnier, de Courtonne-la-Meur¬drac, vend à Hector Locquet, fils Jean, de lad. paroisse, le principal d’une somme de 60 sols tournois de rente et une année d’arrérage due, moyennant le somme de 42 livres et le prix de l’année échue, ce qu’il vaut. Témoins: Phi¬lippe Hardouin et Jean Juchore.
= Arch. SHL. Parch. 2 ff. Analyse Deville.

1653, 21 juin – Courtonne-la-Meurdrac
Par devant Philippe Delaunay et Guillaume Guéroult, tabellions royaux au siège de L’Hôtellerie, Marie Cambremer, fille et héritière de feu Jean Chouart, écuyer, sieur de la Ransonnière, archer des gardes de la porte du Roi, une pièce de terre en pâturage, moyennant 28 livres tournois.
Témoins: Olivier Le Cesne, de Courtonne-la-¬Meurdrac et Jean Pernet, de Courtonne-la-Ville.
= Arch. SHL. Parch. 2 ff. Analyse Deville.

1694. L’Hôtellerie.
Archives SHL : 1F15 – 1694
Nomination d’un conseil de tutelle aux enfants de défunt sieur¬ Gabriel Desperrois du Chouquet, de L’Hôtellerie.

1716., Archives SHL. 1F703 :
1716 : Vicomté de Moyaux, plés (plaids ?) tenus au ¬prétoire de l’Hotellerie.

3 – Carnets de Charles Vasseur : Doyenné de Moyaux ;

29 – L’HOTELLERIE – Hospitalaria

Election de Lisieux, sergenterie de Moyaux – 32 feux

Sous l’invocation de St Nicolas

Patronage :
XVIe Episcopus
XVIIIe l’Evêque

Curés :
Rosey 1764
Barbey 1774-1787

Insinuations :

Le village de l’Hôtellerie est traversé dans toute sa longueur, qui est d’un kilomètre, par la route impériale de Paris à Cherboug. Ce village se trouve à la limite des départements du Calvados et de l’Eure et à 12 km à l’est de Lisieux

Deux descriptions de l’église dont une datée du 12 novembre 1862

A la suite de l’église de l’autre côté du chemin est une maison en bois de la dernière période gothique, qui offre de l’intérêt. Elle a un étage sur le rez-de-chaussée. Les poteaux corniers n’ont que de simples moulures aussi bien que les potelets. Les sablières forment encorbellement. Elles ont de simples moulures. Quelques unes des petites anciennes sont conservées. La porte est à l’extrémité orientale de la façade de manière à emprunter le poteau cornier comme poteau d’huisserie. Ce poteau ; comme tous les autres du rez-de-chaussée, portait un blason, il était parti, Le premier manque. Au deuxième on distingue la trace de trois faces (c’est sur le côté qui regarde le pignon).
Sur le suivant « Vive le Roy » en lettres gothiques. Derrière le troisième est une crosse posée en pal : c’était vraisemblablement le blason de l’évêque de Lisieux, encore la cardinal d’Annebault, à en juger par le style de la maison. Cependant on croit distinguer trois pièces posées : deux et une, sur le champ et on devine une quatrième plus petite.
Le dernier blason est parti. Au premier est en pointe une pièce circulaire peut-être y avait-il un chef. Le second a une fasce.
Je ne compte point le blason qui surmonte la porte d’entrée. Il ne porte évidemment autre chose que le panache qui termine l’accolade. Cette sculpture est plate et n’a plus le nerveux de la période gothique. Le faire (l’exécution) sent la Renaissance. Il y a de petits pinacles carrés sur les potelets.
La maison est surmontée d’une grande cheminée en briques dans laquelle est incrustée une croix en pierre.

A l’Hôtellerie, près de Lisieux, comme Baignart de Juez à la tête d’une bande d’aventuriers, avait chargé la dague au poing deux ou trois cents paysans armés, le lieutenant du vicomte fait arrêter les chevaux de Baignart et donne l’ordre d’arrêter Baignart lui-même, n’avait –on pas vu ce furieux entrer un poignard à la main dedans le prétoire auquel ledit lieutenant était en siège tenant sa juridiction, prendre ce magistrat par le collet, violemment le tirer hors de sa chaire, le mener par force au logis où ses chevaux étaient arrêtes et là le forcer contre son gré, de les lui délivrer. (Floquet – Parlement de Normandie)
.
1269
1142 – Arrêt déboutant Guillaume de Friardel, chevalier, qui réclamait la sergenterie de l’Outelerie, comme l’ayant achetée de Roger du Moulin. (Archives de l’Empire)

Maladrerie de l’Hotellerie
Patron l’Evêque

Capella léprosariae de Hospitaleria
Patron l’Evêque

L’existence de la léproserie de l’Hôtellerie, située, dans l’archidiaconé du Lieuvin nous a été révélée; par le pouillé de ce diocèse, dressé par M. Le Prévost, sous le titre de capella leprosarie de hospitaleria. Les grands rôles de l’Echiquier de Normandie nous font aussi connaître qu’un Guillaume était clerc de l’Hôtellerie, en 1195.

La léproserie de l’Hôtellerie fut réunie à l’Hôpital de Lisieux, par ordonnance royale enregistrée au Parlement de Normandie le 1er décembre 1698, avec 11 autres maladreries.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

L’Hôtellerie, Hospitalaria, Sanctus Nicolaus de Hospitalaria,
Le village de l’Hôtellerie, situé à la limite orientale du département du Calvados, est traversé dans toute sa longueur, qui est d’un kilomètre, par la route impériale de Paris à Cherbourg.
Cette commune, enclavée dans les paroisses voisines, forme une véritable lisière.
L’église, bâtie sur le bord même de la route, appartient à la dernière période ogivale.
La nef, soutenue par des contreforts saillants, reconstruits en briques dans la seconde moitié du XVIIIe. siècle, est
éclairée au midi par deux fenêtres ogivales, flamboyantes, à par un meneau prismatique, et par une fenêtre de même dimension que les précédentes, offrant les mêmes moulures, mais qui a perdu sa tracerie et son meneau.

Deux fenêtres seulement éclairent la nef du côté septentrional. L’une de ces fenêtres a perdu sa tracerie.

Le choeur, faiblement en retraite sur la nef, se termine par un chevet à trois pans, avec contreforts sur les angles.
L’un des pans coupés est percé d’une jolie fenêtre flamboyante, semblable à celles qui éclairent la nef. A travers le léger crépi qui recouvre le mur oriental, on aperçoit les traces de l’ancienne fenêtre qui éclairait autrefois le sanctuaire. Les autres ouvertures, de forme ogivale, qui laissent pénétrer le jour à l’intérieur, sont modernes. Elles occupent la place des anciennes fenêtres.
Contre le mur méridional du choeur est appliquée une ancienne sacristie en bois. Ce présente, dans partie
mur sa supérieure (à gauche de la sacristie), plusieurs assises de pierre calcaire, dont la structure poreuse ressemble beaucoup à celle du tuf ou travertin qu’on rencontre dans un grand nombre de constructions des XIIe. et XIIIe, siècles. Les autres pierres qui entrent dans la construction du mur (pierres de taille et silex) sont moins anciennes. Tous ces matériaux de nature différente ont-ils été employés simultanément ou à des époques diverses? Ne pourrait-on pas faire remonter l’appareil primitif au XIIIe. siècle, ce qui serait, du reste conforme à la tradition locale qui attribue, la fondation de l’église à la reine Blanche, mère de saint Louis ? C’est une question à étudier.
La façade occidentale, qui se développe sur le chemin communal, offre une porte entourée d’une ogive en accolade, dont les nervures prismatiques sont séparées par des gorges étroites et profondes. Celte porte, d’une forme peu gracieuse et d’une exécution peu soignée est flanquée de deux petits, contreforts prismatiques. La pierre qui forme le seuil est une ancienne dalle funéraire dont l’inscription est effacée.

Au-dessus du gable s’élève un clocher en charpente terminé par pyramide ardoise, autrefois couvert, en une en été fondue essente. La cloche, qui porte la date de 1838, a par Mahuet (2).

La voûte de la nef, dont M. Bouet a fait un dessin est, construite en merrain, avec entraits et poinçons. Cette voûte, qui attire les regards par sa forme gracieuse et sa riche décoration polychrome, est dans le style de la Renaissance.
Les peintures dont elle est couverte, quoique altérées par le temps, sont encore apparentes. Les nervures ou couvre-joints présentent deux couleurs différentes le milieu est: bleu-azur et les bords rouges et vice versa. Deux rangs de trèfles, exécutés au ponds et formant festons, décorent les douves. Une petite bande noire ou filet sépare les trèfles des couvre-joints. Le sous-faîte, formé d’une nervure longitudinale peinte en bleu et bordée de rouge, est décorée de pendentifs faits au tour. Les uns, garnis de consoles, ressemblent à une lyre renversée; les autres pendentifs, décorés de godrons, ressemblent à des stalactites. Les couleurs de ces pendentifs sont les mêmes que celles des couvre-joints qui leur correspondent. Ainsi, lorsque la partie centrale du couvre-joint est rouge, le pendentif est également rouge avec une bordure blanche à son point d’attache et vice versa. Des écussons peints, dont on aperçoit les traces, étaient placés entre les pendentifs. Près de la poutre crucigère, on remarque un chapeau de cardinal qui surmontait un écusson, probablement celui du cardinal d’Annebault. Le milieu du sous-faîte présente un rageur qui tire la langue, lequel servait à suspendre un lustre ou une couronne de lumière.
Les sablières, couvertes d’imbrications et décorées de feuillages et d’entrelacs, sont également terminées par des rageurs. De curieux mascarons, ou têtes grimaçantes, se montrent à l’extrémité des blochets ou sabots.
Les poinçons qui supportent le sous-faîte offrent, à leur point de jonction avec les entraits, des têtes grotesques.
D’énormes rageurs, ou engoulements, terminent la poutre crucigère qui marque la séparation du choeur et de la nef.
Cette poutre, sculptée sur toutes ses faces, est décorée de feuillages.
La voûte du choeur, plus ancienne que celle de la nef, a été badigeonnée. Le sous-faîte est décoré de rosaces et de
croix fleuronnées. A l’une de ses extrémités, au-dessus du maître-autel, on aperçoit l’écusson du cardinal Leveneur,
ancien évêque et comte de Lisieux.
Nous avons décrit avec soin cette belle voûte, l’une des plus remarquables que nous connaissions, et indiqué exactement
les couleurs dont elle était jadis couverte; ce genre de peinture décorative, d’un si gracieux effet, tendant à disparaître de jour en jour par l’action destructive du temps.

On remarque, à l’entrée du choeur, deux bâtons de confrérie. L’un d’eux supporte une petite niche ou châsse, formée
par quatre colonnettes cannelées, ioniques, décorées, dans leur tiers inférieur, de feuilles de vigne. L’entablement, surmonté de petits vases faits au tour supporte un fronton circulaire milieu duquel est représenté un coeur soutenu
au, par deux palmes. Les colonnettes se terminent inférieurement par des pendentifs, également faits au tour. Au centre est placée la statuette de saint Roch, patron de la Charité. Ce bâton de confrérie paraît dater du règne de Louis XIV.
L’autre bâton, dans le style Louis XV, est surmonté d’une niche formée par quatre colonnettes d’ordre composite. Cette niche renferme une statuette de Vierge, sculptée par un menuisier de village.
Le maître-autel offre quelques fragments d’un ancien retable Louis XIII. Le tabernacle est décoré de colonnes accouplées qui reposent sur le même stylobate. Il est surmonté de deux anges adorateurs. A la voûte du choeur est suspendue une jolie lampe en cuivre repoussé, dans le style Louis XIV. Les deux petits autels placés à l’extrémité de la nef datent de la fin du règne de Louis XIV, ou des premières années da règne de Louis XV. L’entablement, supporté par deux colonnes cannelées et rudentées, d’ordre composite, est surmonté de vases à flamme garnis de godrons et terminé par un gracieux couronnement portant un vase rempli de fruits. Au milieu on lit le monogramme du Christ. Dans le mur méridional de la nef est pratiquée une petite piscine, surmontée d’une ogive en accolade. Du même côté est placée une ancienne statue de sainte Barbe. Les fonts baptismaux datent du XVIII. siècle. La cuve, de forme elliptique, est ornée de godrons et supportée par un pédicule octogone. Ces fonts proviennent de l’ancienne église de Canteloup. On voit, dans un jardin situé à peu de distance de l’Hôtellerie, les anciens fonts baptismaux de cette paroisse. Ces fonts, sauvés de la destruction par M. Laillier, ancien maire de l’Hôtellerie et ancien membre de l’Association normande, remontent au XVII. siècle. Ils représentent une jolie vasque aplatie et godronnée dans la partie inférieure, laquelle est supportée par un gracieux pédicule. L’écusson gravé sur la cuve est celui du cardinal Jacques d’Annebault, qui occupa le siège épiscopal de Lisieux de 1543 à 1560. Il porte : de gueules à la croix de vair. Cet écusson est aujourd’hui presque entièrement fruste.

Le cimetière est placé au midi de l’église.
La croix, dont le fût est brisé, est dans le style de la Renaissance. La base de la colonne, de forme octogone, est couverte sur chacune de ses faces de bas-reliefs que le temps a mutilés. Cette base fort curieuse, dont M. Bouet a fait un dessin, offre alternativement de petits anges et des emblèmes ou ornements ressemblant à des fleurons. Sur l’un des angles est appuyé un pupitre en pierre, formé d’une console couverte de feuillages présentant un faible relief. La volute inférieure qui retenait le livre a été brisée (3).

L’église de l’Hôtellerie est placée sous le vocable de saint Nicolas. La fête du Saint tombe le 6 décembre. Ce jour-là a été établie, pour la vente des bestiaux, une foire qui attire un grand nombre de cultivateurs des environs. Cette foire se tient dans un champ qui portait autrefois le nom de Priorie de St.-Hippolyte. Le patronage de la paroisse appartenait à l’évêque de Lisieux.
Il existait autrefois, sur le territoire de cette paroisse, une maladrerie ou léproserie dont la chapelle qui était un bénéfice à la nomination de l’évêque, valait 40 livres au titulaire.
Avant la Révolution l’Hôtellerie faisait partie de l’élection, de Lisieux et de la sergenterie de Moyaux. Sous le rapport ecclésiastique paroisse dépendait du doyenné de Moyaux.
On comptait, à l’Hôtellerie, au XVII. siècle, 32 feux.
La population actuelle s’élève à 488 habitants. Sa distance du chef-lieu d’arrondissement est de 12 kilomètres.
Une loi du 21 juin 1841 a réuni à l’Hôtellerie une partie des deux anciennes paroisses de St.-Pierre et de St. Hippolyte de Canteloup.
A l’angle de la route impériale et du chemin communal, sur le bord duquel s’aligne la façade occidentale de l’église, s’élève une maison en bois, avec étage en encorbellement, qui date de la fin du XVe. siècle ou du commencement du XVIe. La façade principale, qui se développe sur la grande route, offre, au rez-de-chaussée, une petite fenêtre surmontée d’une au ogive en accolade. Sur le poteau d’huisserie est sculpté un écusson que, masque un volet. Nous avons lu sur cet écusson les mots suivants, en caractères gothiques :
VIVE LE ROY
Sur la même façade sont sculptés deux autres écussons. L’un de ces écussons représente un arbre.
Une haute cheminée en brique, dans laquelle est incrustée une croix en pierre, surmonte le toit.
L’Hôtellerie doit probablement son origine à une de ces maisons hospitalières, si répandues au moyen-âge, dans lesquelles les malades de la contrée, étaient reçus et soignés et où les voyageurs pauvres et infirmes étaient sûrs,
de rencontrer une généreuse hospitalité. Les rôles de l’Échiquier, conservés aux archives de la Tour de Londres, font mention, en 1195, d’un nommé Guillaume, clerc de l’Hôtellerie ( clericus de Hospitalaria).
D’après la tradition locale, la reine Blanche, mère de saint Louis, s’étant rendue en Normandie, pendant la minorité de son fils, pour apaiser les troubles qui avaient éclaté dans cette province, fut prise tout à coup des douleurs de l’enfantement et transportée dans une hôtellerie qui se trouvait sur sa route, où elle accoucha d’un fils qui mourut au berceau. En souvenir de sa délivrance elle fit élever, près de cette maison, une chapelle qui prit le de l’Hôtellerie. Telle serait, nom dit-on, l’origine de ce village. Avant la Révolution, une messe basse se célébrait deux fois la semaine, à 5 heures du matin, dans l’église de l’Hôtellerie, marché de pour les marchands de boeufs qui se rendaient au Poissy.

(1) Notes par M. Arthème Pannier, de la Société française d’archéologie.
(2) L’intéressante cloche du beffroi de Dreux, qui datait du règne de Charles IX (1559), a été refondue, en 1846, par le même fondeur. Sur sa zone centrale est représentée la curieuse procession des Flambards.
(3) Les croix hosannières, crux osanère (Supplément Le Carpentier au Glossaire de Ducange), assez communes en Bretagne et en Vendée, sont très-rares en Normandie. Elles sont ainsi nommées parce que tes pupitres garnis de bénitiers, qui les accompagnent, servaient pour les stations de la procession des Rameaux, pendant lesquelles on chante L’Hosannah. La dépouille mortelle des fondateurs est ordinairement placée au pied de ces petits monuments.

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