BELLEAU LA CHAPELLE



NOTES sur BELLEAU

BELLEAU LA CHAPELLE
Voir NOTRE DAME DE COURSON

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

BELLEAU, hameau commune de Notre-Dame-de-Courson.
Uni au fief de Courson, 1763 (ch. des comptes de Rouen, t. III,p. 3i6).

Quatre fiefs, outre celui que possédaient les barons de Tournebu, se trouvaient dans les limites de la paroisse de
Livet dont:
1° Le fief de Belleau, mentionné dans un acte de 1456.
Il bornait la maladrerie de Noiremare ; par conséquent, il se trouvait tout-à-fait à l’extrémité de la paroisse. Il était possédé
en 1412 par damoiselle Marguerite d’Ouville, femme de Durand d’Auge. Les fiefs d’Auge étaient situés sur St-Jean-de-Livet;

– Vers le milieu du XVIIIe siècle, Gabriel-Auguste de Lyée prenait le titre de seigneur de Belleau.
– Louis-Auguste de Lyée, chevalier mousquetaire du roi, fut seigneur de Belleau.
– Robert de Neufville, éscuyer, mort en 1539, était qualifié seigneur de Belleau.
– A l’extrémité de la commune de Mesnil-Bacley, vers Heurtevent, se trouve encore un vieux manoir du XVIe siècle,Belleau, qui paraît avoir été construit par Robert de Neufville, sieur de Belleau, vers 1526, et en avoir reçu le nom.
– Au XVIe siècle, la Chapelle-Haute-Grue avait pour patron laïque G. de Belleau (de Bella Aqua);
– Le fief de Bellerive, quelquefois nommé Belleau, était situé à une petite distance de l’église paroissiale de Ste- Marguerite-des-Loges. Il a appartenu, aux XVe et XVIe siècles, aux Neuville, seigneurs des Loges, et, au XVIle siècle, à la famille de Piquot. Robert de Piquot, sieur de Belleau, fils mineur de Claude de Piquot, fit preuve d’ancienne noblesse en la paroisse des Loges, l’an 1666.
– Il y avait encore à Cheffreville un fief nommé la Fosse, lequel était possédé, au commencement du XVe siècle, par la famille de Belleau. Jean de Belleau y fit preuve d’ancienne noblesse devant Montfaut, dans la Recherche de 1463.

– Mais la paroisse de Courson renferme le modèle le plus remarquable et le plus connu des vieilles constructions en bois du Pays-d’Auge dans le charmant manoir de Belleau-la-Chapelle, situé à 2 kilomètres du village de Courson et à peu de distance de la route de Livarot.

– Le Château de BELLEAU-BELLEAU:

Michel COTTIN
1993.

La commune de Notre-Dame de Courson [1] est une vaste commune dont l’histoire est riche, à la mesure d’un nombre de fiefs assez peu fréquent: outre les deux fiefs de haubert de Courson et de Belleau – ce dernier divisé au XVe siècle en deux branches: celle de Belleau-la-Chapelle et celle de Belleau-Belleau, l’on y trouve aussi les petits fiefs de la Cauvinière, des Hayes, du Poyer, etc.
Une documentation particulièrement abondante nous est parvenue qui a servi de base à de nombreux travaux portant sur des points de détail [2] nous offre des synthèses de ces recherches. Elle possède aussi un intéressant patrimoine architectural [3] et si les deux éléments les plus connus, le Manoir de Courson et le Manoir de Belleau ont été souvent décrits: pour compléter cette documentation nous nous intéresserons ici au Château de Belleau-Belleau qui n’a suscité qu’une très courte mention de Charles VASSEUR et une étude portant sur l’histoire de sa chapelle.

LES SEIGNEURS de BELLEAU
Il est toujours délicat lorsque l’on aborde l’histoire des domaines de reconstituer l’histoire des familles qui l’ont construit ou qui l’ont habité en l’absence de leur chartrier [4]. Cette restriction faite, la présence d’un même lignage pendant plus de cinq siècles est particulièrement remarquable même si d’innombrables méprises peuvent naître de leur ancrage dans une petite région: prénoms communs, croisements de toponymes sont autant de causes d’erreurs et cet essai est un premier pas dans une recherche qui devra être confirmée.
Dès 1320 une famille de Belleau est implantée à Courson où deux frères, Michel et Guillaume, possèdent, indivisément un fief de haubert tandis que Guillaume de Belleau, écuyer, tient seul une roture nommée le fief Le Roy, aux Moutiers-Hubert. L’indivision de la terre de Belleau, la tenure en parage, pour employer le terme approprié, mérite peut-être d’être explicitée car il est assez rare de rencontrer des textes concernant cette pratique.
A l’origine existe donc un plein fief de haubert – relevant de la baronnie d’Auquainville – possédé par un seul tenant qui vivant à la fin du XIIe siècle reste pour nous un inconnu. Ses fils, Michel et Guillaume, vont en hériter sans procéder au partage du bien patrimonial car, comme le souligne R. GENESTAL,[5]..le droit d’aînesse et le parage apparaissent à l’aube même du droit normand. Un changement de forme seulement devait modifier bientôt cette dernière institution. Dans le parage du Xe siècle, les puînés doivent hommage à leur aîné. Cet hommage disparaîtra au XIIe siècle sous l’influence angevine… Par le parage, l’aîné succède à son père comme chef de famille, les personnes qui composaient du vivant du père la famille, restent groupées sous l’autorité de l’aîné, les biens qui composaient du vivant du père le patrimoine familial, continuent de former une seule masse, dont l’aîné est seul héritier et seul titulaire vis-à-vis des tiers… ». Après Michel et Guillaume puis Pierre de Belleau, les deux fils de ce dernier Jean et Richard [6] continuent à maintenir l’intégrité du domaine. Mais lorsque Jean meurt avant 1433 sans postérité, sa sœur Perette devient dame de Belleau. Or si le principe de l’indivisibilité du fief est toujours appliqué aux héritiers mâles – c’est le parage général – les « filles » peuvent bénéficier du parage particulier qui autorise le partage du fief. Et de la vont naître deux nouvelles entités: le fief de Belleau qui deviendra Belleau-la-Chapelle et le fief de Belleau-Belleau. Le premier conservera toutes les dignités attachées au plein fief: la chapelle, le colombier et peut-être quelques droits honorifiques réservés aux seigneurs dans l’église paroissiale. En épousant Robert de Lyée, seigneur de Thonnencourt, en 1426, Perette apportera dans sa corbeille de mariage une terre qui restera dans la famille de Lyée de Belleau pour près de cinq siècles.
La nouvelle situation est bien décrite dans l’aveu rendu en 1604 par Charlotte des Ursins, baronne de Ferrières dont relève Auquainville.[7] Si ce document est très postérieur au partage, sa précision rend bien compte d’une situation figée depuis longtemps [8] :
 » Item, Charles de Belleau, escuyer, tient de moy, par foy et hommaige ung demy fief de haubert, nommé le fief de Belleau qui fut Richard de Belleau, à court et usaige, assis en la dicte paroisse de Courson et aux environs; à cause du quel fief il m’est tenu pour luy et ses soubz tenantz, en garde noble, le cas advenant, et en vingt jours de garde en mon chasteau de Chambrais quant le roy nostre sire prend son ost ainsy que les aultres tenantz noblement en ma dicte baronnie en la dicte branche d’Aucquainville avec reliefz, XIIIe, aydes feaulx et coustumières quant ilz eschient et le cas s’offre, et aultres charges et subjections, ainsi que les aultres tenantz noblement en la dicte branche d’Aucquainville. et
 » Item, Gabriel de Liéez, escuyer, tient de moy, comme dict est, en la dicte branche d’Aucquainville, un demy fief de haubert nommey le fief de Belleau, assis en la dicte paroisse de Courson et m’est tenu faire, pour luy et ses soubz tenantz, foy et hommaige, et en garde noble, le cas offrant, et en vingt jours de garde en mon chasteau de Chambrais ainsy que les aultres tenantz noblement en ma dicte baronnie en la dicte branche d’Aucquainville avecques reliefz, XIIIe, aydes feaulx et coustumières quant ilz eschient et le cas s’offre, et aultres charges et subjections, ainsi que les aultres tenantz noblement en la dicte branche d’Aucquainville [9]

Nous avons donc ici deux demi-fiefs de haubert, du nom de Belleau, qui fort souvent ne sont pas autrement distingués.

BELLEAU-BELLEAU
La branche cadette des Belleau [10] la seule, représentée par Richard de Belleau fils de Pierre, venant en possession du premier des fiefs de Belleau décrits ci-dessus, celui-ci fut alors dénommé Belleau-Belleau pour rappeler peut-être, selon l’hypothèse d’Henry Pellerin, qu’elle restait dans la famille de Belleau [11]
Après Richard II, Jean I [12] et Richard, titré seigneur du lieu et d’Auquainville, la seigneurie passera à Geffroy [13]  à Richard [14], etc.. Avant 1657, elle est aux mains de Charles de Belleau, qui mourra vers cette époque. De son mariage avec Marguerite de Nourry, il avait eu au moins deux fils[15]: François-Dominique de Belleau et Charles de Belleau dont l’un au moins était encore mineur le 12 juillet 1674, jour où leur mère recevait encore des aveux en leur nom, tandis que l’aîné quelques jours plus tard baillait fieffe en son nom.
Cette période est une grande époque de mutations pour le domaine. Les de Lyée ayant leur propre chapelle, les Belleau vont vouloir faire construire la leur. Mais Charles de Belleau étant mort, c’est un parent, Messire François de Belleau, conseiller   » omosnier  » du Roy, abbay de l’abbaye de Nostre Dame d’Ollivet, et prieur de Montargis », qui va engager les démarches et fournir les fonds tant pour la création du bénéfice que pour la construction de la chapelle. Devant notaire, après le préambule  habituel aux fondations pieuses, il déclare qu’il « désire rendre Dieu dispositeur de quelque partie des biens temporel dont il reconnoist avoir esté gratifié par la bonté infinie, et les consacrer à son honneur et à sa gloire, a dict et déclaré qu’il veut et entend, tant en son nom qu’en qualité des enfants mineurs de deffunct Messire Charles de Belleau, vivant chevalier, seigneur de Belleau-Belleau, ses arrière-neveux, fonder et ériger à perpétuité, dans le manoir seigneurial dud. lieu de Belleau-Belleau, paroisse de Notre-Dame-de-Courson, diocèse de Lisieux, et lieu de l’extraction et famille originaire de ladite seigneurie de Belleau, une chapelle et église ». Il mènera d’ailleurs matériellement la tâche à bien, mais l’opposition du curé compromettra longtemps son usage.
Après 1726, François-Dominique de Belleau est relativement âgé, nous voyons assez régulièrement Antoine-César-Désir de Lyée, chevalier, seigneur et patron de Tonnancourt, Lyée et Belleau, recevoir les aveux des aînesses de Belleau-Belleau. Sans doute a-t-il acquis le bien des Belleau et rassemblé ainsi les deux parties du domaine, mais le nom de Belleau-Belleau ne figure plus dans les aveux qu’il reçoit. Il faut attendre 1772 pour voir le nouveau possesseur, Charles-Antoine Deshayes, écuyer, seigneur de Bonneval, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, prendre de nouveau le titre de seigneur de Belleau-Belleau. Il occupera d’ailleurs souvent son château dans lequel son fils, Charles-Alexandre-François Deshayes, qui après avoir reçu la tonsure avait épousé Léonor Deshais de Forval mourut le 19 avril 1818, sans postérité [16].

ETUDE MONUMENTALE
De la route qui serpente de Notre-Dame de-Courson à Lisieux, on aperçoit sur la droite, une importante construction de brique et pierre qu’un modeste écriteau nous présente sous le nom de Belleau-Belleau.
En pénétrant dans la cour d’honneur, nous découvrons une vaste demeure de pierre et brique assez homogène. Alors qu’il préparait pour Arcisse de Caumont son étude sur les monuments de la région lexovienne, Charles Vasseur vint en ce lieu et écrivit à son sujet :  » Le château, d’ailleurs bien construit, est d’un intérêt médiocre, de même qu’une petite chapelle qui se trouve à peu de distance » [17]
Ce jugement de Charles Vasseur sur le château de Belleau-Belleau paraît un peu rapide car le monument recèle un certain nombre d’éléments intéressants qui bien que n’ayant pas retenu son attention méritent cependant qu’on s’y arrête.

1) Plan et situation:
En plan, ce château présente un quadrilatère flanqué de deux larges pavillons formant saillie sur les deux façades et chacun de ces pavillons possède une cheminée implantée sur son pignon. C’est un plan que l’on rencontre fréquemment dans la région, au château du Pin-en-Lieuvin ou au Montfleury, à Saint-Pierre-des-Ifs, etc., typique de l’architecture du XVIIe siècle et si la lucarne centrale s’inscrit dans la ligne de celles de Fumichon ou du Pavillon, à Fauguernon, les autres, avec leur couronnement en chapeau de gendarme se rattachent à une campagne plus tardive, correspondant au chronogramme de 1696 qui se lit sur le pavillon Est.
Il est campé sur une plate-forme aménagée, isolée, borné à l’est par le coteau, surplombant les prés environnants, ouvrant une large vue du nord au sud sur la vallée. Il est relié de nos jours à la route qui le borne par une avenue débouchant sur son pignon ouest tandis que l’on devait y accéder autrefois par un cheminement contournant sa cour d’honneur pour déboucher entre la chapelle et le petit bâtiment est.

2) Un manoir médiéval
Une étude un peu plus attentive de la façade du logis central laisse apparaître un déséquilibre dans le percement des ouvertures [18] et le désordre des maçonneries sur les deux façades – sur le pavillon de gauche des ouvertures coupent le cordon d’étage – nous ont amené à en rechercher les causes et a découvrir, masqué par la maçonnerie de pierre et brique, un authentique manoir de bois largement antérieur au manteau actuel.
Quoique isolées de leurs contextes, les structures de bois subsistantes sont cependant suffisamment importantes pour nous permettre de proposer une restitution qu’il serait bien entendu nécessaire contrôler par quelques sondages.
Selon nos relevés, il pourrait s’agir d’une construction, longue de près de 30 mètres, éventrée en sa partie centrale pour loger le logis neuf du XVIIe siècle. Si l’on se réfère aux différences existantes entre les éléments conservés de la façade arrière, aujourd’hui intégrés dans les pavillons, on peut avancer l’hypothèse d’une édification en deux temps ou de deux manoirs accolés, ce qui paraîtrait plus vraisemblable. Ces logis comportaient une large galerie arrière – plus de 2.60 m. – faisant office de coursive comme dans beaucoup de demeures augeronnes de l’extrême fin du XVe siècle ou du début du siècle suivant: manoir de la Bucaille, à Marolles[19] : manoir Desmares à Lisieux [20] à Cricqueville, à Fumichon, au Manoir du Grand-Lieu, à Saint-Julien-sur-Calonne, etc.
Les accès aux étages devaient être assurés par des tourelles hors oeuvre – disposition classique – renfermant sans doute des vis. Ainsi, l’escalier desservant de nos jours la partie ouest occupe selon toute apparence l’emplacement d’une vis primitive, celui que nous voyons actuellement ne remontant pas au-delà des grands remaniements du XVIIe siècle [21].
Il est par contre impossible de déterminer l’ancienne ordonnance intérieure, tout au plus peut-on encore voir la place d’une ancienne porte, située au pied de l’ancienne tourelle ouest, permettant d’accéder au rez-de-chaussée.
Les sections des bois utilisés pour les pans de bois et leurs dispositions révèlent une construction puissante élevée à une période riche en arbres de belle venue, ce qui peut correspondre justement à la fin du XVe siècle ou au premier quart du siècle suivant.
Quant aux deux cheminées des pavillons, elles ne paraissent pas offrir les caractéristiques de cette époque et sans doute doit-on les rapporter à une transformation de la seconde moitié du XVIe siècle.

3) Le château du XVIIe siècle.
Au XVIIe siècle, ce manoir, fit l’objet de travaux importants et nombreux qui lui donnèrent la physionomie que nous lui connaissons. Dans un parti architectural nouveau, l’on créa vers le sud une cour d’honneur ouverte accompagnée de deux bâtiments parallèles, l’un destiné à la chapelle et l’autre dont l’usage ne paraît pas établi.

La transformation du plan et des distributions intérieures.
Dans une première campagne, nous l’avons dit, le manoir médiéval fut éventré pour construire deux salons et implanter à la suite un large escalier. Sa situation, venant après ce que nous avons noté pour la fin du XVIe siècle [22] peut étonner mais correspond comme le remarque François Blondel [23] dans sa réédition de L’architecture à la française… de Louis Savot [24] à une mode venue d’Italie et contre laquelle il s’élève: « j’ai toujours cru que l’on ne devrait pas quitter si facilement cet usage, que je préférerai toujours à tous les autres dans la construction des grands édifices, quoique le commerce que l’on ait et  depuis en Italie ait fait changer la mode de nos escaliers ». Adepte de l’escalier central [25], Blondel en souligne cependant les inconvénients: « cela se pratiquait autrefois de cette manière, mais comme on en a reconnu les incommodités, qui sont telles qu’il empêche la communication de plein pied de la cour au jardin, qu’il sépare le logement en deux, dont les pièces n’ont plus de communication l’une avec l’autre et qu’il en occupe inutilement le plus bel endroit, l’on a trouvé plus à propos de le placer dans une des ailes où l’on peut lui donner autant d’étendue que l’on veut pour la rampe et où il laisse le logement tout entier libre et dégagé, dans lequel on peut faire plusieurs pièces l’une après l’autre, de plein pied, et sans être entrecoupées ». Ici comme à Courtonne-la-Meurdrac au château du Houlley [26] la façade de trois travées est entièrement déséquilibrée dans ses percements avec un mur aveugle au rez-de-chaussée, à droite de la porte. Le principe énoncé par Blondel n’est pas entièrement respecté ici, en raison probablement de la réutilisation de la pièce à feu intégrée dans le pavillon est et conservée selon toute apparence comme cuisine.
En effet, aux deux extrémités le pan de bois arrière fut conservé en cloison de refend, en même temps que la galerie en encorbellement – peut-être sur poteaux – était intégrée au nouveau volume par une chemise de pierre et de brique comme ce fut souvent à cette époque [27] qui enveloppa également les murs des pignons sur lesquels étaient adossées les cheminées.
Ce qui subsistait de la  galerie arrière, incorporé dans la nouvelle construction, perdit  à l’étage son rôle de distribution et fut transformé en garde-robe tandis qu’au rez-de-chaussée, l’espace maintenant fermé était utilisé comme local de service.

3-a) Les escaliers.
A l’extrémité est du corps central, un large escalier d’apparat à deux volées droites et palier de repos avec jour central fut donc implanté porté par un puissant limon mouluré orné de balustres chantournés supportant une main courante moulurée. Cet escalier de deux étages conduisait aux grandes chambres du pavillon et du corps central ainsi qu’aux combles.
Le pavillon ouest pour sa part, mais aussi accessoirement la grande chambre ouest furent desservies par un escalier à volées droites rampe-sur-rampe à la mode du troisième du siècle précédent inclus dans l’ancienne tourelle hors oeuvre déjà évoquée.

3-b) Décoration intérieure.
Tant dans l’escalier est que dans les étages, l’enduit des murs garde la trace d’une décoration peinte intéressante, non par sa qualité picturale, mais par sa composition.
Dans la chambre est du second étage se voit encore sur le manteau de la cheminée, les traces d’une décoration peinte avec un médaillon entouré de lauriers enfermant semble-t-il un paysage, tandis qu’à chaque extrémité subsistent d’élégantes chutes de fleurs et de fruits. La stylistique de ce décor est à rapprocher des œuvres de la fin du XVIe siècle ou des premières années du XVIIe siècle et en particulier de certains éléments du décor peint du manoir proche de Tonnencourt [28]
Dans l’escalier, pour autant qu’on puisse en juger, une décoration en trompe-l’œil offrait une architecture de baies ouvrant sur un paysage au-dessus d’une balustrade reproduisant la main courante et les balustres de l’escalier. Des frontons, des enroulements, des pots à feu se distinguent encore çà et là.

3-c) Les toits.
Le volume et l’inclinaison des toitures ont fort varié dans le temps, en fonction des matériaux de couverture et des modes. Nous nous trouvons ici en face d’un toit relativement plat qui correspond bien aux canons de la fin du XVIIe siècle. Mais il semblerait aussi que l’on ait conservé en partie certains éléments des charpentes antérieures et l’élargissement du bâtiment par son « emparement » en pierre et brique ont pu amener à élargir les pieds de ferme et par conséquent à baisser l’angle de la toiture.
Cet abaissement des combles et l’ouverture de lucarnes laissent à supposer qu’ils aient été habités [29], ou projetés de l’être, sur toute leur surface, mais seuls les pavillons reçurent des aménagements en conséquence.

3-d) Chapelle.
Face à la façade principale deux petits bâtiments à chevet à 3 pans contiennent l’un la chapelle sous le titre de Saint-Hubert fondée au XVIIe siècle et l’autre, peut-être, l’ancien logement du chapelain.
Le bâtiment, de plan rectangulaire avec un chevet à deux pans, liturgiquement orienté, est fort petit et n’offre pas d’éléments caractéristiques tout au plus a-t-il conservé une intéressante carène. Il est éclairé au nord et au sud par deux larges baies cintrées et une porte au nord y donne accès.
Tel qu’il nous est parvenu, avec son environnement, son escalier, ses cheminées et sa décoration intérieure, il constitue un document d’un extrême intérêt sur l’évolution de ces demeures au cours du XVIIe siècle.

3-d) Essai de datation.
Au terme de cette visite il paraît plus aisé d’assigner une date aux diverses campagnes. L’existence, en ce lieu, d’un manoir dès le XVe siècle ou les premières années du siècle suivant est incontestable car si le parage interdisait le fractionnement des fiefs, il n’imposait pas pour autant l’obligation d’une vie commune et, semble-t-il très tôt le site qui nous intéresse fut occupé.
Les premières traces relevées sont celles de  la ou des grandes constructions de bois. Reste bien entendu à déterminer laquelle des deux extrémités subsistantes est la plus ancienne. La typologie du plan, la puissance des poteaux et des sommiers militent pour une date assez haute, à la jonction des XVe et XVIe siècles.
Un premier changement dut intervenir à la fin du XVIe siècle qui vit la construction des grands massifs de cheminée sur les pignons. En même temps, il se vit doter d’un somptueux carrelage en pavés du « Pré-d’Auge » [30]
Un siècle plus tard, approximativement, l’ensemble connut une transformation totale, de son plan et de son aspect extérieur dont les travaux durent s’étendre sur un grand nombre d’années car l’on relève de notables différences dans la dimension des pierres des harpes d’angle du rez-de-chaussée avec celles de l’étage. De même, les lucarnes offrent-elles des variantes qui laissent à supposer un changement de mode survenu au cours d’exécution tandis que le chronogramme de 1696 apposé sur le pavillon est marque selon toute apparence la fin de ces grands travaux attribuables aux enfants de Charles de Belleau et de Marguerite de Nourry. Au-delà de cette époque, le château ne subit plus que des modifications de détail avec la mise en place de boiseries ou de petites cheminées à « la prussienne ».
Il est toujours imprudent de juger des œuvres d’art en dehors de certains environnements et si vu de la route, en contre-plongée, ce château nous émeut par sa puissance et la douceur de ses coloris, l’on reste un peu sur sa faim en s’approchant. Certes, on ne le découvre plus sous son meilleur angle, celui que lui avaient donné les rebâtisseurs du XVIIe siècle en le faisant précéder des deux volumes de la chapelle et du bâtiment d’accompagnement. Mais surtout, l’élément constructeur que furent les jardins conçus pour encadrer de telles œuvres nous manque. En effet, si par la pensée l’on reconstruit le cadre végétal de dentelle et d’art topiaire si chers à cette époque, le jugement de Vasseur s’efface tant l’emplacement choisi pour l’assiette de ce château est à la fois noble et discrète sur l’un des beaux points de vue de cette région, point de vue qu’aucune construction parasitaire ne vient polluer.
Michel COTTIN
Décembre 1993

1 – BIBLIOGRAPHIE:

Voir :
Bulletin Mon. 1862 p.583
Bulletin des Antiquaires de Normandie 1862 p.295
Annuaire normand 1863 p.695
Exposition rétrospective de Lisieux 1870 p.35 n°630 et 631
Bulletin Mon. 1870 n°7 p.629 et 630
Destruction du Manoir de Belleau :
Normand du 17 octobre 1868
Bulletin Mon.1868 p.920
Almanach de l’Archéologie 1870  p.46 à 52
Annuaire normand 1870 p.470 à 474

BESNIER Georges, Répertoire sommaire des documents antérieurs à 1800 conservés dans les archives communales Département du Calvados, Caen, Delesques, 1912, In8°, XCIX-657 p.; pp. 406-407

BUREAU, « Justice sous le Tribunal révolutionnaire », BSHV, N° 9, pp. 7-8; N° 10, pp. 6-7; N° 11, pp. 11-12; Octobre 1987 (numéro spécial ?), n.p. (42 p.)
An IV, 15 prairial – p. 117: abandon d’enfant par Marie-Madeleine Le Gras, fileuse, de la commune de Courson – sage-femme – recherche de paternité – démêlés avec l’hôpital – reconnaissance par le père (?)

COTTIN Michel, « Le Château de Belleau-Belleau à Notre-Dame-de-Courson », BULLETIN DU FOYER RURAL DU BILLOT, N° 44, Décembre 1994, pp.15-26 et BSHL n°42 septembre 1998. Familles de Belleau, de Lyée.

DETERVILLE Philippe : Notre-Dame-de-Courson, Manoir de Courson, PGMPA, pp. 86-89; 5 travées + adj. cheminée au centre portes aux extrémités, lucarne à pignon encorbellement, chronogramme 1671 sur le tuileau (cf. H. PELLERIN, PAR, 11-1962)

GOY Robert, « Le Comité de Surveillance de Notre-Dame-de-Courson (Brumaire-­Fructidor an II) », PAR, 24, N° 9, Septembre 1974, pp. 24-29; 24, N° 10, Octobre 1974, pp. 15-21
GOY Robert, « Les cahiers de doléances du Tiers Etat du Bailliage d’Orbec pour les Etats généraux de 1789 », PAR, 26, N° 11, Novembre 1976, pp. 21-27,ill.; N° 12, Décembre 1976, pp. 20-28, ill.
Cahiers de Saint-Pierre-de-Courson, de Notre-Dame-de-Courson rédigés par Pierre Langueneur du Longchamp, Avocat au Parlement, Lieutenant de la Haute Justice d’Auquainville; de Livarot. Tenue de la réunion à Orbec. Officiers de Lisieux, Le Bailly, Rivière.
GOY Robert, « Les anciennes chapelles de la paroisse de Notre-Dame-de-Cour­son », PAR, 30, N° 1, Janvier 1980, pp. 11-14, ill.; N° 2, Février 1980, pp. 8-12, ill.
Saint-Michel de Belleau; Chapelle Saint-Hubert de Belleau-Belleau voir TEXTES acte du 2 mars 1660;

LESCROART Yves, « Le manoir de Courson », PAR, 21, N° 11, Novembre 1971, pp. 25-26, ill.

LYEE de BELLEAU C. de, « Fêtes de la Révolution à Notre-Dame-de-Courson », PAR, 5, N° 1, Janvier 1955
LYEE DE BELLEAU C. de, « Paroisses Notre-Dame et Saint-Pierre-de-Courson », PAR, 20, Octobre 1970
LYEE de BELLEAU C. de, « L’église de Notre-Dame-de-Courson et la période révolutionnaire », PAR, 20, N° 11, Novembre 1970

MAYER Jannie, Ministère de la Culture et de la Communication Direction du Patrimoine. Catalogue des Plans et Dessins des Archives de la Commission des Monuments Historiques – Tome I, Basse-Normandie: Calvados, Manche et Orne. Introduction de Françoise Berce, Caen, Lafond, 1980, 167 x 250, VII, 367 p., ill. couv. ill.

MOIDREY François TARDIF de, Les Maisons de Bois de Lisieux et l’histoire du Manoir de Belleau, Communication faite le 5 avril 1923 à l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne au Congrès des Sociétés Savantes (Section d’Archéologie) par le Baron de Moidrey, Membre de la S.F.A. et de la Société des Amis du Arts de Lisieux – 1923 in = F. de Moidrey, L’architecture des maisons de bois. A travers les rues de Lisieux, Bibl. mun. de Lisieux, Ms. 158, p. et Journal Officiel, 4 avril 1923, p. 3395.
photocopie

NEDELEC Yves,  » Le Manoir de Courson  « , Société d’archéologie et d’histoire de la Manche – Mélanges multigraphiés, 14e série, 1985, pp., 39-40
de Courtonne; de Belleau; de Neufville; du Houlley; Rioult de Neuville –  » Assez proche de la route, l’église des Moutiers-Hubert, reconstruite après sa destruction en 1944 (les Painel y avaient fondé un prieuré donné à Hambye)  »

PELLERIN Henri, « La chapelle du manoir de Belleau à Courson », PAR, 22, N° 12, Décembre 1972, pp. 5-14, ill.

2 – Pièces Justificatives.

 » Item, Charles de Belleau, escuyer, tient de moy, par foy et hommaige ung demy fief de haubert, nommé le fief de belleau qui fut Richard de Belleau, à court et usaige, assis en la dicte paroisse de Courson et aux environs; à cause du quel fief il m’est tenu pour luy et ses soubz tenantz, en garde noble, le cas advenant, et en vingt jours de garde en mon chasteau de Chambrais quant le roy nostre sire prend son ost ainsy que les aultres tenantz noblement en ma dicte baronnie en la dicte branche d’Aucquainville avec reliefz, XIIIe, aydes feaulx et coustumières quant ilz eschient et le cas s’offre, et aultres charges et subjections, ainsi que les aultres tenantz p. 101. noblement en la dicte branche d’Aucquainville.
 » Item, Gabriel de Liéez, (de Lyée), escuyer, tient de moy, comme dict est, en la dicte branche d’Aucquainville, un demy fief de haubert nommey le fief de Belleau, assis en la dicte paroisse de Courson et m’est tenu faire, pour luy et ses soubz tenantz, foy et hommaige, et en garde noble, le cas offrant, et en vingt jours de garde en mon chasteau de Chambrais ainsy que les aultres tenantz noblement en ma dicte baronnie en la dicte branche d’Aucquainville avecques reliefz, XIIIe, aydes feaulx et coustumières quant ilz eschient et le cas s’offre, et aultres charges et subjections, ainsi que les aultres tenantz noblement en la dicte branche d’Aucquainville.

1660, 2 mars – Notre-Dame-de-Courson
Le deuxe. jour de mars l’an mil six cents soixante. Par devant Gabriel Camus, tabellion royal en la Vicomté d’Orbec pour le siège des Moustiers Hubert, et Me Charles Lecourtois son adjoint, fut présent en personne Révérend Père en Dieu, Messire François de Belleau, conseiller omosnier du Roy, abbay de l’abbaye de Nostre Dame d’Ollivet, et prieur de Montargis, lequel désire rendre Dieu dispositeur de quelque partie des biens temporel dont il reconnoist avoir esté gratifié par la bonté infinie, et les consacrer à son honneur et à sa gloire, a dict et déclaré qu’il veut et entend, tant en son nom qu’en qualité des enfants mineurs de deffunct Messire Charles de Belleau, vivant chevalier, seigneur de Belleau-Belleau, ses arrières-neveux, fonder et ériger à perpétuité, dans le manoir seigneurial dud. lieu de Belleau-Belleau, paroisse de Notre-Dame-de-Courson, diocèse de Lisieux, et lieu de l’extraction et famille originaire de ladite seigneurie de Belleau, une chapelle et église, à laquelle fin ledit seigneur abbay promet et s’oblige de la faire bâtir et construire dans un an du jour des présentes, à l’endroit et place où il a déjà temps le divin service sous le bon plaisir de monseigneur illustrissime  Evesque et comte de Lisieux; laquelle chapelle il désire donner et ériger en bénéfice perpétuel en l’honneur de l’auguste Trinité, du très saint nom du verbe Incarné et de sa très glorieuse Mére, sous l’invocation du bienheureux saint Hubert, que ledit Seigneur fondateur a choisi pour patron titulaire d’ycelle chapelle, ayant dès il y a long-temps conçu une singulière dévotion envers le bienheureux saint; De laquelle chapelle, toutes fois et quantes qu’elle sera vacante par la mort ou autrement, la présentation et nomination d’iycelle appartiendra audit Seigneur fondateur, et après sa mort aux seigneurs de laditte terre de Belleau-Belleau, en qualité de patrons laycs, aux privilèges et franchises donnez et octroyez aux patrons de pareille nature.
« A titre de fondation, le donateur offrait deux acres de prés et la somme de 20 livres tournois de rente foncière annuelle à prélever sur tous ses biens. Il faisait don en outre de tous les ornements de sa chapelle énumérés dans l’acte.
« La chapelle fut construite par Dame Marguerite de Nourry, veuve de Charles de Belleau… »
= GOY Robert, « Les anciennes chapelles de la paroisse de Notre-Dame-de-Cour­son », PAR, 30, N° 1, Janvier 1980, pp. 8-9
+ RIVIERE Jean-Pierre, Notre-Dame-de-Courson, Condé sur-Noireau, Corlet, 1986, p. 85.

1674, 12 juillet – Notre-Dame-de-Courson
Aveu rendu à noble dame Marguerite de Noury, veuve de feu messire Charles de Belleau, vivant chevalier, seigneur dudit lieu de Belleau-Belleau, tutrice des enfants mineurs dud. défunt et d’elle, par Jean-Guillaume et François Cudorge, frères et héritiers de feu Henry Cudorge pour l’aînesse de la Fossardière, contenant 30 acres de terre, assises en la paroisse Notre-Dame-de-Courson.
Les teanciersd cités sont: les héritiers de feu maistre Esprit Desperiez, les héritiers Jacques Mallais le jeune et l’aîné, Jean Cudorge fils Charles, Jacques Morin, fils Christophe, Michel Taillepied, Martin Plouin, Michel Bellière, Michel Cudorge, Robert Cudorge, tenue par: au terme Saint Michel, 20 s. et 3 boisseaux d’orge de festage à Noël, Paques et Rouvisons.
= Arch. SHL.  9 FA. Parch. 8 ff. Doss. Notre-Dame-de-Courson. Seigneurie de Belleau. Analyse Et. Deville.

1674, 14 juillet – Notre-Dame-de-Courson
François-Dominique de Belleau, écuyer seigneur de Belleau-Belleau, résidant en son manoir seigneurial de Belleau, à Notre-Dame-de-Courson, baille à fieffe à rente foncière et seigneuriale à Jean Vastine, demeurant à Saint-Paul de Courtonne, une petite portion de terre contenant 12 perches, sise à Notre-Dame-de-Courson, à l’issue du village de la Meslinière, pour le prix de 30 sols de rente.
= Arch. SHL.  9 FA. Parch. 1 p. Doss. Notre-Dame-de-Courson. Seigneurie de Belleau. Analyse Et. Deville.

1681, 16 mai – Notre-Dame-de-Courson
Aveu rendu à François-Dominique de Belleau, écuyer seigneur de Belleau-Bel­leau, à Notre-Dame-de-Courson, par Pierre Vastine, fils Jean Vastine, pour une pièce de terre en labour faisant partie du ténement de la Bretonnière, près le chemin de Préaux tendant au Moulin de Lyée, tenue par foy et hommage et autres droits seigneuriaux.
= Arch. SHL.  9 FA. Parch. 1 p. Doss. Notre-Dame-de-Courson. Seigneurie de Belleau. Analyse Et. Deville.

1695, 4 février – Notre-Dame-de-Courson
La nomination à la chapelle Saint-Michel de Belleau, sise dans l’enclave dud. manoir seigneurial, paroisse de Notre-dame-de-Courson, appartenant au seigneur dudit lieu, Messire Gabriel de Liée, Escuyer, seigneur de Belleau-la-Chapelle, nomme à ladite chapelle, non sujette à résidence, et vacante par la mort de Me Alexandre Dutac, prêtre, dernier titulaire, la personne de son fils, Messire Jean-Baptiste de Liée, clerc tonsuré.
Le même jour, Mre Le Nepveu, vicaire général donne audit sieur de Liée la collation dudit bénéfice.
Le 10 février 1695, le sieur de Liée prend possession de la chapelle Saint Michel en présence de Messire Louis de Liée, Escuyer, sieur de Tonnencourt.
= abbé PIEL, Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations ecclésiastiques de l’ancien diocèse de Lisieux, t. I, p. 121, N° 209

1696, février
Transport par Gabriel de Lyée, écuyer, sieur de Belleau, paroisse de Notre-Dame-de-Courson, à Nicolas Crespin, notaire, demeurant à Vimoutiers, d’une rente de 11 livres 2 sols, à prendre sur François Foubert, qui s’en était obligé envers Henri de Guerpel, écuy, seigneur de Pertheville, pour vente d’une maison sise à Vimoutiers.
= A.D. 61, H 4818. Prieuré des Bénédictines de Vimoutiers.

1716, 27 février – Notre-Dame-de-Courson
Aveu rendu à messire François-Dominique de Belleau, chevalier seigneur dud. Belleau et autres seigneuries par François Deshayes, écuyer, sieur d’Apremont, pour une pièce de terre en nature d’herbage, sise à Notre-Dame-de-Courson, près le chemin de Gacé à Lisieux, tenue par foy et hommage seulement. Michel Germain de la Moisandière, sénéchal de la seigneurie de Belleau-Belleau.
= Arch. SHL. 9 FA. – Pap. Dossier Notre-Dame-de-Courson. Seigneurie de Belleau. Analyse Et. Deville.

1755, 8 janvier – Le Mesnil-Simon
Par devant Louis Questel Notaire, tabellion royal au Baiiliage d’Auge pour le siège de Cambremer Crévecoeur
Fut présent Messire Adrien Lambert Chevalier, Seigneur de Formentin et autres Lieux, Conseiller au Parlement de Normandie, demeurant à Rouen, Paroisse Saint Patrice, maintenant en son Château de Formentin.
Lequel a par ces Présentes Vendu et Promis Garantir
A Messire Gabriel Auguste de Lyée, Chevalier Seigneur de Belleau, Cropus et la Christinière, demeurant En sa terre de Belleau, paroisse de Notre-Dame de Courson, acquéreur pour luy, ses hoirs ou ayant Cause
La terre Noble Du Mesnil-Simon qui Est un plein fief de haubert Entier, nommé le fief du Mesnil-Simon et S’étend ledit fief Tant en laditte Paroisse qu’en celle du Chesne De Lessard et des Monceaux, et Consiste tant en domaine fieffé, Rentes, Seigneurialles et droits seigneuriaux, qu’en domaine non fieffé, Sur lequel il y a Manoir Seigneurial, plusieurs autres maisons un Colombier et un Moulin à Bled.
La dite Terre Du Mesnil Simon en toutes Circonstances et Dépendances et  sans par ledit Seigneur vendeur S’en Rien Réserver ny Retenir
A la Charge par ledit Seigneur acquéreur De tenir ledit fief du Mesnil Simon a foy et hommage siuriaux de la Baronnie de saint Julien le Faucon et de Payer au Chapitre de Lisieux chaque année Six Livres et Trois Chapons de Rente en Deux Parties de la nature de quatre Sous, desquelles Rentes ledit seigneur acquéreur déchargera a l’avenir et dès les Premiers Termes à Echoir ledit Seigneur Vendeur En Sorte qu’il n’en soit Inquiété, et au surplus Ledit fief  et Terre du Mesnil Simon franc et quitte de soutes autres Rentes.
Et Comme Ledit Seigneur Vendeur n’entend se Retenir aucune des Terres qu’il Possède dans ces dites Paroisses, si quelques Parties d’Icelles Se Trouvoient ne pas faire Partie du Domaine non fieffé dudit fief du Mesnil Simon, elles seroient Egalement Comprises dans la Présente vente.
Comme aussi sont Compris dans La Présente Vente Toutes les Tonnes et Tonneaux Etant dans les maisons de la dite Terre – Et même les meubles et matériaux actuellement repostés sur Icelle qui se Trouveront être de l’appartenance dudit Seigneur Vendeur
a la Charge Par ledit Seigneur acquéreur de la tenir Relevante des Seigneurs qui Justifieront par titres Valables En avoir La Tenure.
Cette vente aux charges Cy dessus Est faite en outre par le Prix de quarante Cinq Mille Livres, francs, deniers Venant aux mains dudit Seigneur Vendeur.
Sur et en diminution de laquelle Somme ledit Seigneur acquéreur a Présentement Payé audit Seigneur Vendeur, à vue de mondit Tabellion et Tesmoins Cy après nommés en Espèces d’or et d’argent Et autres monnyes ayant Cours Celle de Vingt deux mille Livres.
Et oblige ledit Seigneur acquéreur de Payer les Vingt Trois mille livres Restant audit Seigneur Vendeur au plus tard dans un an de ce jour, avec l’intérêt au denier Vingt du jour de noël dernier Jusqu’au jour du Payement, à Ce moyen ledit Seigneur acquéreur Joüira des objets vendus Comme du jour de noël dernier, ledit Seigneur Vendeur devant Toucher les fermages, arrérages Treizièmes et autres Revenus des objets Vendus Jusques et Compris L’année Echue – Ledit jour de noël dernier et Mêmes les Rentes Reculées d’Icelle qui ne Seroient par alors exigibles.
Ledit Seigneur acquéreur Entretiendra les Conventions faites avec les fermiers des Biens Vendus en si-orte que ledit Seigneur Vendeur n’en soit Inquiété.
Convenu que la Clause de Garantie Cy-dessus Stipulée ne S’étend pas aux Rentes Seigneuriales, aux droits Seigneuriaux, ni à l’étendue dudit fief des quels Trois objets Seulement ledit Seigneur Vendeur ne Sera Point Garant.
Ledit Seigneur de Belleau a Déclaré que la Somme de Vingt deux mille Livres par luy Cy dessus Payée provient des deniers qu’il a reçus pour la Dot de Noble dame Marie Charlotte Labbey de la Boissière Son Epouse par quittance Papier Devant les notaires de Cambremer Le Vingt avril mil Sept Cents Cinquante et le jour d’hier.
Et a pareillement ledit Seigneur acquéreur déclaré qu’en Considération du droit de Retrait qui appartient a ladite Dame Sa femme Sur lesdits Biens vendus à titre de Parenté avec ledit Seigneur Vendeur il Entend Retenir lesdits Biens en vertu du Droit de Retrait appartenant à la dite Dame son Epouse au Cas Seulement que la dite Terre fut Clamée par toutes autres Personnes dont le droit de Retrait ne Seroit pas Préférable à Celuy de Sa dite femme,, Par ce quand i Cas Seulement, que Saditte femme Devienne Propriétaire de La dite Terre elle Cofondera les deniers de Sa dot Employée à L’acquisition d’icelle.
Au moyen de tout Ce que dessus Ledit Seigneur Vendeur a Transporté audit Seigneur acquéreur Tous les droits de WPropriété, qu’il avoit ou Pouroit avoir Sur lesdits Bens Vendus, dont il s’est en Sa faveur desaisi, Le Subrogeant à tous ses droits, noms, Raisons et actions
Pour par lui En joüir, et Disposer a l’avenir comme Vray Propriétaire et a cet Effet il luy Remettra Toutes fois et quantesd Les Titres et Papiers Concernant les ditsBiens
Et D’autant qu’il y a plusieurs réparations à faire aux maisons de ladite Terre et Notamment au Toît du Colombier dont ledit Seigneur Vendeur a fait Demolir La Lanterne dans l’Intention de ne la pas faire Rétablir attendu qu’elle Est Inutile et que C’est elle qui a Occasionné La Ruine dudit Toît, Ledit Seigneur acquereur Est autorisé a faire faire lesdittes Reparzation et même à Retablir le Toît dudit Colombier Sans Replacer La ditte Lanterne et d’Employer aux dites Reparations Jusqu’à la Somme de Deux mille Livres Prendra pour Cet Effet Ledit Seigneur acquereur les Bois necessaires Sur le lieu au moins de dommage que faire Ce Pourra, parce qu’en Cas de Clameur, Icellui acquereur Seroit du tout Remboursé Sur mles quittances et mémoires qu’il Representeroit Tant d’achat de materiaux, que Du Travail des ouvriers, lesquelles Seroient Crues Sur Sa Simple affirmation, Sans quil Sois obligé de faire faire aucun devis, ni Procès Verbal pour Constater Letat actuel des dittes maisons et Colombier.
Sera Expedition du Present Dellivré par ledit Seigneur acquéreur a Ses frais et Depens En forme Executoire audit Seigneur Vendeur Toutes fois Et quantes.
Ainsi Sont les dittes Parties Convenues et Demeurés D’accord, Promettant Icelles Respectivement Tout le Contenu Cy dessus Tenir et Entretenir Sous L’obligation de tous leurs Biens meubles et Immeubles Presents Et avenir. Ce fut fait et Passé au Chateau de Formentin le dix huit janvier avant midi Lan mil sept Cens Cinquante Cinq Presence de Pierre Vaullard demeurant Parroise de Glaus (sic) Sur Risle et farci Le Roy menuisier demeurant à Beaumont maintenant en ce lieu Tesmoins qui ont avec les Parties Et Ledit Me Quetel, Lecture faitte Signé La minute des Présentes, en marge de laquelle Est Ecrit Controlé et Insinué a Cambremer au folio Vingt Trois Verso article Premier et deux Ce vingt Trois Janvier mil Sept Cens Cinquante Cinq Recu Six Cens quarante Six livres sept Sols Sept deniers Signé fouquet avec Trait.
La Présente Expédition qui Seroit Parfaitement Conforme à Sa minute Sans les qualifications Nobiliaires En Matieres féodalles que nous avons Barrés au terme de la Loy du mois de Pluviose an huit a Eté Dellivrée a Monsieur de la Rivière Propriétaire demeurant à Falaize qui La ainsu Requise, Par nous henry Noël notaire Impérial à Cambremer, arrondissement de Pont L’Evêque, département du Calvados Soussigné Ce Dix Juin mil huit cens neuf
Noël
Reçu de M Gosset Sept francs soixante six centimes
Pour Tous les droits de la Présente Exped.
= Arch. M. de Longcamp – MC photocopie.

1780 – 1788 – Notre-Dame-de-Courson
Pièces diverses relatives aux affaires de Charles-Antoine Deshayes chevalier de Bonneval, capitaine au régiment de Poitou, seigneur de Belleau-Belleau, demeurant en son château de Notre-Dame-de-Courson.
= Arch. SHL. 9 FA. – Parch. 1 p.; pap. 11 p. Dossier Notre-Dame-de-Courson. Analyse Et. Deville.

1796.8..An IV, 21 messidor (1796, 7 août) – Courson
Procès-verbaux des visites des moulins du canton de Courson :
Belleau-Belleau
Liée
Courson Moutiers-Hubert
= (A.D. Calvados – L Administration IV Police 41)

Manoir de Belleau.
— Le manoir de Belleau.dit M. Pannier, offre deux belles façades couvertes de bas-reliefs, d’arabesques et d’écussons sur lesquelles le ciseau naïf du sculpteur s’est plu à reproduire tous les caprices de son imagination. Sur l’encorbellement du rez-de-chaussée de la façade méridionale est représentée une chasse au cerf, dont les différents épisodes sont retracés avec cette naïveté charmante qui caractérise les oeuvres des artistes de la dernière période ogivale. Dans sa simplicité, l’artiste, manquant de hauteur pour placer ses figures debout, a difficulté eu mettant tout bonnement à plat ventre les chasseurs et piqueurs qui poursuivent la bête. Parmi les curieux bas-reliefs qui décorent les poteaux ou pieds-droits, on remarque Adam et Eve au pied de l’arbre de la science du bien et du mal. Ève tient dans ses mains une pomme. A travers le feuillage apparaît le serpent à tête humaine, qui se réjouit malicieusement d’avoir trompé la première femme. La sablière, couverte de gracieux rinceaux, se termine à ses extrémités par des têtes de monstres grimaçantes, auxquelles les archéologues ont donné les noms significatifs de rageurs et avales-poutres.
Les potelets qui garnissent les colombages sont décorés de légers contreforts surmontés de pinacles. Les tuiles inclinées, placées entre les colombages, étaient de deux couleurs différentes, rouges et noires, alternant entre elles.
Deux jolies portes à arc surbaissé, flanquées de gracieux contreforts et surmontées d’ogives en accolade, s’ouvrent vers les extrémités de la façade. L’étage supérieur, construit en encorbellement, est surmonté de trois belles lucarnes festonnées qui font saillie sur le toit.
En démolissant un petit bâtiment en charpente adossé contre la façade septentrionale, on a mis a découvert un bas-relief dont M. Bouet a fait un dessin. Ce bas-relief, parfaitement conservé, représente deux oiseaux fantastiques buvant dans un vase dont la forme est celle d’un calice. Les cous de ces oiseaux, que l’on pourrait prendre, à première vue, pour des cygnes, sont passés dans une couronne formant collier. Une jolie tourelle octogone, renfermant l’escalier, est appliquée contre cette façade où était placée autrefois l’entrée principale. Une galerie à gauche de l’escalier, précède les pièces du rez-de-chaussée, dont les poutres saillantes étaient autrefois couvertes de peintures. Nous donnons, page suivante, le plan du château de Belleau.
Parmi les armoiries qui décorent l’une des façades, nous avons remarqué celles de Bretagne, un écusson chargé d’hermines, qui fixe la date de ce manoir, l’un des plus curieux spécimens des constructions en bois élevées sous le règne de Louis XII.
Toutes les sculptures du premier étage sont empruntées au règne végétal. Il s’y trouve aussi un grand nombre de blasons qui méritent d’être étudiés; car, sans nul doute, c’est l’arbre généalogique du membre de la famille de Lyée à qui est due la construction de cette splendide demeure.
Trois belles lucarnes à bordures dentelées mouvementent les grands combles. Leur poinçon porte la salamandre, indice certain que leur construction date du règne de François Ier.
La décoration n’est pas moins riche du côté opposé. Blasons, rinceaux grotesques, oiseaux, quadrupèdes, masques humains s’y disputent les sablières, les potelets, les poteaux d’huisserie, les poteaux corniers et les linteaux des baies.
Parmi les blasons, nous en avons remarqué deux, l’un portant la panetière et les coquilles de saint Jacques, avec le bourdon et un bâton croté en sautoir; l’autre, des outils de charpentier accompagnés des lettres P.D.L(?).
Le fief de Belleau-la-Chapelle, mouvant de la seigneurie de Carel, est entré dans la famille de Lyée par le mariage de Robert de Lyée, seigneur de- Tonancourt, avec Perrette de Belleau, dame de Belleau et de la Fosse, l’an 1426.
Depuis cette époque, celte terre n’a cessé d’appartenir à leurs descendants. Après la mort, survenue en 1505, de Robert de Lyée, petit-fils du précédent et sieur de Lyée, Tonancourt, Belleau, la Fosse, le Coudray et Heurtevent, le fief de Belleau tomba en partage à René de Lyée, l’un des quatre fils qu’il avait eus de son mariage avec Catherine de Querville. C’est probablement de celte époque que date la construction du manoir. On trouve cependant sur un des écussons qui le décorent les armes de Marie de Martainville, dame de Bigars-sur Risle, que René de Lyée épousa en 1518 : mais il y a lieu de croire que cet écusson, laissé brut au moment de la construction, fut blasonné après coup par l’ouvrier. Le manoir de Belleau, si digne de l’intérêt des amis des arts comme de ceux du pittoresque, était encore il y a peu de temps la résidence de la famille de Lyée de Belleau; mais, à la suite d’un projet de restauration qui il a pas encore reçu son exécution, il a cessé d’être habité et, les intérieurs en ayant été démontés, il est resté dans un état précaire qui inspire des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu’il se propose de le faire consolider, et nous espérons que ce charmant manoir continuera à faire l’ornement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d’un autre âge.
Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre un sol rapidement incliné : un colombier aussi ancien que la maison elle-même l’accompagne. A quelques pas se trouve aussi une chapelle du XVIe siècle qui ne manque pas d’intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive, a souffert dans son ornementation.
Presque en face de ce manoir, de l’autre côté de la vallée, on voit un château du XVIIe siècle en pierre et brique :
c’est un autre Belleau, distingué du premier par le surnom de Belleau-Belleau. Ce fut sans doute dans l’origine une portion du même fief, séparée depuis par un parage; elle est restée dans l’ancienne famille de Belleau, tandis que l’autre fragment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belleau vivait en 1184; sa descendance s’est éteinte, de nos jours, dans la personne de M. de Belleau-Courtonne; mais celui ci appartenait à une autre branche de la même famine : celle de Belleau-Belleau n’a pas survécu à la première moitié du siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval et d’Apremont, qui l’a revendue il y a peu d’années. Le château, d’ailleurs bien construit, est d’un intérêt médiocre, de même qu’une petite chapelle qui se trouve à peu de distance.

Signalons encore à Courson le manoir de Beyville, aujourd’hui dépendant de la terre de Belleau, et qui a appartenu , depuis le XVI* siècle jusqu’à nos jours, à la famille Deshayes de Bonneval et d’Apremont ; puis le manoir de Valsery, encore subsistant, et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Voici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Dame-de-Courson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Valsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Charles de Belleau, sieur de Canapville, tutrice de François et Charles de Belleau, ses fils; Jean-Baptiste Deshayes, sieur de la Cauvinière; Philippe Deshayes, sieur de Beyville ; Jean Le Michel, sieur de La Babouelle, et Guillaume de Lyée, sieur de Belleau.

A Saint-Paul-de-Cortonne:
En 1463, Montfaut trouva à St-Paul, Thomas Eustache ; mais il est probable que la famille de Belleau possédait déjà la terre, car les montres de la noblesse du bailliage d’Évreux de 1469, six ans plus tard, font mention de Jean de Belleau, escuyer, seigneur du lieu et de Courtonne.
Toutes les recherches subséquentes fournissent des noms de seigneurs de la même famille, laquelle ne s’est éteinte qu’en 1834 dans la personne de M. Charles-Prudence de Belleau, dont on voit le tombeau dans le cimetière.
On trouve aussi, de l’autre côté de l’église, les sépultures de madame Marie Claude de Vauquelin, baronne de Cauvigny, décédée à St-Paul le 26 octobre 1838, et de Élisabeth-Constance-Stéphanie-Louise de Belleau, décédée le 26 juin 1850.

3 – Archives ShL..

Archives SHL, Dossier « Lieux M à Z » : Manoir de Courson (Y. Lescroart)

Insinuations
Marguerite de Noury, veuve de Charles de Belleau seigneur de la Napville, tutrice de François et Charles de Belleau, ses fils, anciens nobles.

Guillaume des Liée, seigneur de Belleau
Terre des Maignans située sur le bord de la route de Lisieux à Gacé, appartenant à Madame Angélique Françoise Marguerite Lescot, veuve de
Recherche de 1666
Jean Baptiste Lemichel, seigneur des Pommerais, ancien noble.

3 – BELLEAU
Capella de Bella Aqua – St Michel de Belleau

Patronage:
14e Guillelmes de Pulchra Aqua
16e et 18e Dominus loci

Description du Manoir du 6 mars 1856
En septembre 1869 achèvement de la démolition du manoir de Belleau à Courson par son propriétaire Monsieur de Lyée de Belleau

Recherche des nobles de l’élection de Lisieux
Jean de Lyée, seigneur de Belleau et de Bigars

Description du château du 6 mars 1856
Recherche des nobles de l’élection de Lisieux
Jean de Belleau, seigneur du lieu et d’Ocainville

6 – Archives SHL:

Achat du 11- 02-2003.
Lot n°  75 :
Lot n°  75 PAYS D’AUGE, SEIGNEURIE DE BELLEAU (Notre Dame de Courson)
1713, papier, aveux ;
1717, parchemin, aveux ;
1748, parchemin, aveux ;
1704 et 1764, 2 pièces parchemin, aveux ;
1746 et 1749, 2 pièces parchemin, aveux ;
1484-1708, 14 pièces parchemin, 2 pièces papier, aveux (les parchemins en partie ruinés) ;
1745, parchemin, aveux ;
Famille Lyée de Belleau, 1704-1753, liasse dont 1740, requête de l’intendant d’Alençon au sujet des 725 toises du chemin impraticable (à Courson), les voitures restent embourbées, spécialement celles qui voiturent les fers des grosses forges d’Orville à Lisieux ;
Famille Lyée de Belleau 1675-1817, 13 pièces parchemin et 38 pièces papier,  rentes, ventes de terres, refus de passage, 4 certificats de l’Ordre de Saint Michel ;
Seigneurie de Belleau (Notre Dame de Courson), 1567-1663, 4 pièces parchemin, aveux ;
idem, 1717-1748, 2 pièces parchemin, Les masures de Notre Dame de Courson ;
Notre Dame de Courson, seigneurie du Belleau, 1563-1753, liasse de 14 parchemins, aveux pour l’aînesse de la Montonnière.

[1] Celle-ci est formée de la réunion par ordonnance du 4 décembre 1831, des deux paroisses de Saint-Pierre et de Notre-Dame de Courson. Voir Georges BESNIER, Répertoire sommaire des documents antérieurs à 1800 con­servés dans les archives communales Département du Calvados , Caen, Delesques, 1912. In-8°, pp. 406-407.

[2] La plupart de ces articles dont Jean-Pierre Rivière a dressé la liste ont été publiés dans la revue Le Pays d’Auge .

[3] Voir les articles consacrés aux manoirs de cette commune dans les ouvrages de Philippe DETERVILLE.

[4] Au XIXe siècle un membre de la famille de Lyée entreprit un travail considérable de dépouillement des fonds d’archives de toute la région: registres paroissiaux, tabellionnages, etc. qui a été versé aux archives départementales du Calvados, cote F 551 à 4568. A plusieurs reprises la maison de Belleau apparaît en raison de ses alliances. Ces notes ayant été utilisées par Jean-Pierre RIVIERE qui les a éditées en partie, nous renvoyons à son ouvrage.

[5] R. GENESTAL, Le parage normand , Caen, Jouan, 1911, p. 3.

[6] Voir Henri de FRONDEVILLE, Compte de Jehan Le Muet dans Etudes lexoviennes , 1936, p. 213.

[7] Voir archives informatiques de la SHL.

[8] Voir également confirmation dans l’Etat de la consistance de la Baronnie d’Auquainville et des terres  et seigneurs de Fervaques, Prestreville, Cheffreville et la Croupte , manuscrit in-folio offert par Me André Carles aux Archives départementales du Calvados où il est conservé avec le chartrier de Fervaques – 74 :

[9] Aveu de la baronnie de Ferrières reproduit par Auguste LE PREVOST, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure , Evreux, Hérissey, t. III, 1869, p. 83 sq. .

[10] A notre connaissance, il n’existe pas de généalogie de cette branche des Belleau. Celle signalée par le chanoine Georges-Abel SIMON, Les études généalogi­ques en Normandie depuis le XVII° siècle, suivi d’un Essai de Bibliographie nobiliaire , Caen, Jouan et Bigot, s.d. (ext. du BSAN , t. XXXVI) – concerne la branche de Courtonne. Quant à celle relevée par Etienne ARNAUD: R. de RATON, Les Arrêts du Grand Conseil portant dispense du Marc d’Argent de Noblesse , Paris, 1951, In-8°, XXIII-541 p. – nous n’avons pu la consulter. Nous proposons en annexe un essai qui devra être vérifié.

[11] Henri PELLERIN, PAR , 23, N° 9, Septembre 1973, p. 22..

[12] Figure dans la Recherche de Montfaut ,

[13] Reçoit en 1567 l’aveu de l’aînesse des Nenestières.

[14] Mention de son décès dans l’aveu de 1604

[15] On ne saurait dire si le Geoffroy de Belleau recevant l’aveu de Jacquette Mouton, le 14 juin 1663, pour l’aînesse de la Moutonnière ne serait un troisième fils.

[16] . Jean-Pierre RIVIERE, op. cit. p. 87.

[17] Arcisse de CAUMONT, Statistique monumentale du calvados , t. V, Caen, Hardel, 1867, p. 738.

[18] Ce fait est peu courant dans l’architecture classique de la fin du XVIIe siècle mais cependant pas unique

[19] Raymond QUENEDEY, Les provinces de l’ancienne France. La Normandie. Paris, F. Contet, 2e série, 1927, pl. 7.

[20] Sur l’état ancien de ce manoir, voir: François COTTIN, Le Manoir Desmares , Conférence, Association des Amis du Vieux-Lisieux, 11 septembre 1945, plans et essai de restitution reprise par FEUILLEBOIS, Maisons à pans de bois. relevé du Centre de documentation des Monuments historiques. planche D. 3485; Michel COTTIN, Le Manoir Desmares et le quartier Nord-Est de la ville aux XV°-XVI° siècles , Communication SHL, 23 février 1990 .

[21] Nous avons relevé une transformation identique au Manoir du Coudray, à Coudray-Rabut..

[22] Voir notre article: Michel COTTIN, « Le Manoir de la Roque, à Montpinçon » Bulletin du foyer rural du Billot , Septembre 1991, N° 35, pp. 9-18.

[23] Louis SAVOT, L’architecture française des bastiments particuliers avec des figures et des notes de M. Blondel , Paris, 1673, pp. 49-50.

[24] Cité par Claude MIGNOT, L’escalier dans l’architecture française (1550-1640) dans Jean GUILLAUME, dir., L’escalier dans l’architecture de la Renaissance Paris, 1985, p. 53.

[25] Voir son Cours d’architecture , Paris, 1675-1683, pp. 687-688.

[26] Et dans d’autres châteaux proches: Bonnemare à Radepont, au Manoir des Minières à Beaubray, Aubigny près Falaise, etc.

[27] Voir à ce sujet notre article sur Fumichon: Michel COTTIN, « Le château de Fumichon », PAR , Février 1991, pp. 14-21; Mars 1991 , pp. 19-26.

[28] Sur cette décoration, voir entre autres: Yves LESCROART, « Décors peints en Pays d’Auge », Monuments histori­ques , N° 159, octobre-novembre 1988, pp. 41-45 et Henri PELLERIN, « La décoration intérieure du manoir de Tonnancourt », PAR , février 1971

[29] Sur cette question, voir Jean-Marie PEROUSE de MONTCLOS, L’architecture à la française – XVI° – XVII° – XVIII siècles , Paris, Picard, s.d. (1982), p. 44 sq.

[30] Sur le caractère restrictif de cette attribution et ces carrelages, voir: Michel COTTIN, La maison traditionnelle en Pays d’Auge – Matériaux et tech­niques. Catalogue exposition – Saint-Désir-de-Lisieux , Octobre 1985, s.l.n.d. (1985) et « La Céramique en Normandie Centrale du Moyen Age au milieu du XIXe siècle » Bulletin du Foyer rural du Billot , N° 38, Juin 1992, pp. 37-

[31] Henri de Courthonne tenait en 1320 de la baronnie de Ferrières (branche d’Auquainville) un plein fief de haubert sis à Notre-Dame de Courson, dont mouvaient notamment 1/4 de fief à Prêtreville, que tenait Henri de Poix, et 1/4 de haubert à Saint-Paul-de-Courtonne, que tenait Jean d’Orbec, chevalier. Ce plein fief passa plus tard successivement aux familles de Neuville, du Houlley et Rioult.

Il s’agit ici de l’arrière-fief situé à Saint-Paul-de-Courtonne: dès avant 1337, Henri de Courthonne devait au roi 80 l.t. de rente sur cette terre. Le 5 avril 1337, se trouvant arriéré de 100 l.t. dans le paiement des arrérages de sa rente, il s’engagea à augmenter celle-ci de 20 l.t. (A.N., J. 219, n° 12). Ainsi se trouva constituée la rente de 100 livres mentionnée dans cet article de la recette du domaine.

La rente fut réduite à 25 livres lorsque cette terre fut, en juin 1380, fieffée par Pierre de Belleau (A.N. P 19081); on verra plus loin (article 287) que le Vicomte d’Orbec ne put réussir à en tirer un revenu supérieur au profit des héritiers mineurs de Richard de Belleau. La fieffe consentie à Pierre de Belleau est sans doute à l’origine de l’établissement dans cette paroisse d’une branche de la famille de Belleau qui s’y est perpétuée jusqu’en 1850. Les Belleau possédaient d’autre part, et très anciennement des fiefs à Saint-Germain-de-Livet et à Notre-Dame-de-Courson; dans cette dernière paroisse, ils tenaient de la baronnie de Ferrières un fief de haubert distinct de celui de Henri de Courtonne. En 1320, ce fief de haubert était indivisément entre les mains de Michel et de Guillaume de Belleau (Beaumont 1320). En 1377, Pierre de Belleau avait déjà fieffé la terre de Coutonne et était l’héritier, en partie du moins, du fief de Belleau, à Notre-Dame-de-Courson. Il avait épousé Luce de Pons (Recherche des Elus de Lisieux en 1540); ses descendants conservèrent ces deux terres jusqu’au partage qui eut lieu à la fin du XVe siècle, entre deux frères, Jean et Richard de Belleau. Le premier fut l’auteur de la branche de Courtonne et du second sont issus les seigneurs de Belleau à Notre-Dame-de-Courson et de Saint-Aubin-sur-Auquainville.

Les Belleau portaient: « D’hermines à deux (ou à trois) faces d’azur ».

[32] Le fief Plumet , à Meulles, est mentionné dans le dénombrement du Comté de Beaumont en 1320; la rente annuelle dont il est chargé est déjà alors de 53 sols 8 deniers.

Guillaume Baudouin fut vraisemblablement le père de Jean Baudouin, vicomte d’Orbec de 1463 à 1474, qui obtint de Louis XI en 1475, des lettres de noblesse. Ces Baudouin furent seigneurs de Saint-Sébastien-de-Préaux, de la Chapelle-Gautier, et du Fay, à Saint-Quentin-des-Iles. Ils s’éteignirent à la fin du XVIe siècle; l’héritière de la famille fut Anne Baudouin, fille de Gaston Baudouin, lieutenant général du bailli d’Evreux, Cer au Grand Conseil, et d’Anne Bigot. Elle épousa par contrat du 26, novembre 1589, Louis Marc, écuyer, sieur de la Ferté, du Mesnil-Durécu et de la salle-Canouville. Leur fils Scipion fut le premier intendant d’Alençon. Une tante d’Anne Baudouin, nommée Madeleine, épousa par contrat du 26 mai 1570, Jean de Lyée, écuyer, sieur de la Fosse, de Bigards et de Belleau. Les Baudouin portainet: « D’azur à deux épées d’argent passées en sautoir, les pointes en bas, les gardes et les poignées d’or ».

[33] Robert de la Fontaine tenait en 1320 de Jehan d’Orbec, écuyer, un demi-fief sis à Saint-Germain-la-Campagne. Dans l’aveu du fief du Plessis par Pierre d’Orbec, le 24 juillet 1416, est mentionné le quart de fief de la Fontaine, tenu par parage de jehan de Landres, et dont l’hommage doit être porté à Pierre de Belleau, écuyer, sieur de Courtonne (Cf. l’article 7). Cette terre passa plus tard aux Dandel, puis au XVIIIe siècle, aux Fouques de la Pilette..

[34] En 1320, Guillaume de Boilleaue, écuyer tenait à Notre-Dame-de-Courson, une roture nommée le fief Le Roy .

[35] Robert de Lyée, écuyer, sieur de Tonnancourt avait épousé en 1426, Perrette de Belleau, soeur et héritière de son frère Jean de Belleau et à ce titre dame de la Fosse (à Cheffreville) et de Belleau (à Notre-Dame-de-Courson). Leur postérité s’est maintenue à Tonnancourt jusqu’à la fin du XVIIIe siècle et à Belleau jusqu’à une époque récente.

De Lyée « D’argent au lion de sable armé et lampassé de gueules »..

[36] Cf. l’art. 6. Richart de Belleau , dont les mineurs sont ici mentionnés était le petit -fils de ce Pierre de Belleau qui avait fieffé la terre de Courtonne. Cette terre échut à son fils Jean, puis au fils aîné de celui-ci Jean II, qui épousa Louise de Mailloc, et fut l’auteur de la branche des Belleau de Courtonne, éteinte en 1850, par la mort d’Elisabeth-Constance-Sté­phanie-Louise de Belleau..

[37] Les Amiot possédaient des fiefs à Auquainville, à Meulles et à Cheffreville.

Un acte du 17 novembre 1344 fait mention d’un héritage Guillaume de Liée à Capelles-les-Grands (sergenterie de Chambrais) (A.N., J. 219, n° 19). Guillaume de Lyée, écuyer, sieur de Belleau, de Lyée et de La Fosse, mort avant 1451, était fils de Robert de Lyée et de Perrette de Belkleau. Il épousa Jeanne du Coudray, dame du lieu (à Tortisambert) et de Heurtevent, et fut l’auteur des diverses branches connues de cette famille (B.N. P.O. 1714, de Liée n° 2 – Généalogie produite en 1540)

Guillaume Stawton ne doit-il pas être identifié avec Guillaume Hawton, capitaine anglais qui s’empara de Bernay , en août 1417 ?

[38] Fief à Notre-Dame-de-Courson (Calvados), canton de Livarot. Il était taxé à XL L. en 1567..

[39] Nous avons un lieu nommé la Fosse à Saint-Quentin-des-Iles, qui était de la vicomté d’Orbec. M. Rioult de Neuville m’en indique un autre à Cheffreville (Calvados) qui est près de Notre-Dame-de-Courson. – Bigars (V. l’art. 236)..

[40] Le Bois-Hiboult, fizef à Notre-Dame-du-Hamel, canton de Broglie.

[41] Belleau, fief à Notre-Dame-de-Courson (Calvados), canton de Livarot. Un Jehan de Belleau en était déjà seigneur en 1540. M. Rioult de Neuville pense que Saint-Aubin pourrait être Saint-Aubin-sur-Auquainville (Calvados). Ces deux fiefs sont taxés à chacun XX l. en 1567..

1 – Bibliographie:

Voir :
Bulletin Mon. 1862 p.583
Bulletin des Antiquaires de Normandie 1862 p.295
Annuaire normand 1863 p.695
Exposition rétrospective de Lisieux 1870 p.35 n°630 et 631
Bulletin Mon. 1870 n°7 p.629 et 630

Destruction du Manoir de Belleau :
Normand du 17 octobre 1868
Bulletin Mon.1868 p.920
Almanach de l’Archéologie 1870 p.46 à 52
Annuaire normand 1870 p.470 à 474

2 – Pièces Justificatives:

En septembre 1869 achèvement de la démolition du manoir de Belleau à Courson par son propriétaire Monsieur de Lyée de Belleau

Recherche des nobles de l’élection de Lisieux
Jean de Lyée, seigneur de Belleau et de Bigars

Description du château du 6 mars 1856

Recherche des nobles de l’élection de Lisieux
Jean de Belleau, seigneur du lieu et d’Ocainville

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE LIVAROT – 14.

Capella de Bella Aqua – St Michel de Belleau

Patronage:
14e Guillelmes de Pulchra Aqua
16e et 18e Dominus loci

Description du Manoir du 6 mars 1856

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