La HALBOUDIERE




NOTES sur La HALBOUDIERE

La Halboudière réunie le 31 mars 1825 à la Commune de de FAMILLY.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

DALLET A., « La Halboudière », BULL. SOC. HISTORIQUE ET ARCH. DE L’ORNE, XIV, 1895, pp. 126-133

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes de M. Ch. Vasseur.

La Halboudière, Halebouderia, Halbouderia.
La commune de la Halboudière a été réunie à celle de Familly le 31 mars 1825.
L’église, supprimée, sert de grange. Le clocher a été démoli.
La nef porte tous les caractères des XVe et XVIe siècles.
Elle est construite en grès taillé, de très-grande dimension.
Le portail, placé à l’ouest, est accompagné de quatre contreforts; ceux du centre plus élevés. La porte est à linteau droit. Les murs latéraux ont quatre gros contreforts sans retraites.
Des fenêtres s’ouvrent dans chaque travée ; elles sont toutes cintrées avec voussures à moulures prismatiques, et celles qui occupent la travée la plus rapprochée du choeur possèdent seules un meneau. On les avait faites plus larges, sans doute pour éclairer les petits autels.
La fenêtre intermédiaire, du côté du nord, est protégée par une grille annelée en fer rond.
Le choeur est presque aussi long que la nef, en blocage recrépi. A l’angle nord-est, on trouve les amorces d’un contrefort qui n’existe plus. Ce choeur doit dater du XIIIe siècle ; mais il a été repercé de fenêtres carrées au XVIIIe.
Alors on a bouché la grande fenêtre ogivale du chevet et une lancette aiguë, placée au sud, dans la première travée.
Bien que divisé par des cloisons, l’intérieur a gardé un aspect encore assez pittoresque,capable d’inspirer un artiste ou un poète. La voûte de la nef, dont les douvettes étaient bordées d’ornements dessinés en noir sur fond blanc, était maintenue par deux fermes apparentes.- La base du clocher faisait saillie à l’ouest, au-dessus de la porte d’entrée.
Il n’y avait point d’arc triomphal; la délimitation du choeur et de la nef était indiquée par le retrait, et la voûte du choeur ayant une base moins large était plus aiguë, afin d’arriver à la même hauteur de faîte.
Le maître-autel est resté en place dans un délabrement fort pittoresque ; il était conçu dans de petites proportions.
Le retable consistait en deux colonnes torses portant un entablement en trapèze. Des ceps de vigne courent du haut en bas des colonnes, reliées au tiers inférieur par une couronne fleurdelisée.
La décoration de la voûte doit être contemporaine de cet autel. Deux cartouches contiennent des inscriptions qui nous font connaître la date exacte et le nom de l’auteur de ces travaux.


M. P.
MORIN
PBrc CURÉ
DE – CE . LIEU.
M. P. M.
1639.

Il paraît qu’au moment de la Révolution les gens de la Halboudière se distinguèrent par leur zèle pour le progrès et les idées nouvelles, car ils firent un feu de joie de toutes les statues de saints de leur église ; nous en avons retrouvé, sous l’autel, les tronçons informes et à demi brûlés, sauvés par une main pieuse. On doit regretter, entre autres, une Vierge qui devait avoir quelque mérite.
Les deux petits autels de la nef ont été transportés à Familly. Ils étaient contemporains de celui du choeur.
Du côté du sud, on voit des vestiges de peinture murale cachés autrefois par l’ un d’eux. On ne distingue plus que les contours d’un personnage esquissé à l’ocre rouge, peut-être un saint Michel, avec quelques vestiges d’ornementation architecturale. Cette peinture remonte au moins au XIVe siècle. Sous la fenêtre voisine est une petite piscine en accolade.
On trouve dans l’ébrasure d’une autre fenêtre le blason d’une litre funèbre : trois croissants sur champ de gueules.
La croix du clocher, gisant parmi les débris, doit remonter au XIVe siècle. Elle est assez richement travaillée, comme le fait voir le dessin de M. Bouet.
L’if du cimetière subsiste encore, vis-à-vis du portail ; il mesure un peu plus de 7 pieds de circonférence.

L’église de la Halboudière, dédiée à Notre-Dame, faisait partie du doyenné d’Orbec. Le patronage en appartenait à l’évêque de Lisieux ; mais il lui fut plusieurs fois disputé par les seigneurs temporels du lieu. On a une sentence des assises du bailliage d’Orbec, du 29 juin 1487, qui met à néant les prétentions de Thomas Thiesse, qui regardait le droit de présentation comme un privilège de son fief du Trembley.
Au XVIIIe siècle, les pouillés attribuent le patronage au seigneur.
D’après les recherches de M. Ch. Vasseur, la Halboudière était un huitième de fief relevant de la baronnie d’Orbec, et pendant tout le XVIe siècle les barons d’Orbec se qualifièrent seigneurs du lieu, de Bienfaite et de la Halboudière.
Néanmoins cette terre avait, dans ce temps-là même, des seigneurs particuliers. On trouve parmi les nobles du bailliage d’Évreux, en 1469, maistre Guillaume Myée, prebtre, seigneur de la Halboudière et de Beauvoir.

Un ancien a registre de la Recepte de la sieurie de Beauvoir », de la St-Michel 1476 à 1479, le mentionne encore comme seigneur du même lieu avec ce protocole : vénérable et discrète personne Guillaume Miée. official de Lisieux.
Il paraît probable qu’après lui le fief tomba en quenouille.
En 1524, on trouve en possession de ce fief Guillaume Thiesse, qui fait apparoir aux élus de Lisieux, comme il fut déclaré noble par les commissaires des finances.
En 1562, Charles Thiesse, écuyer, se qualifie seigneur du fief du Trembley, de la paroisse de la Halboudière. Un acte de 1573 parle de Anthoine Thiesse, sieur de La Fontaine et de la Halboudière.
Avec le XVIIe siècle paraît une autre famille, celle d’Épinay. En 1641, Jean d’Épinay, seigneur de Campigny, Grandval, la Halboudière, etc., et Madeleine Ozanne, sa femme, marient leur fille à Gabriel des Hays de Forval, seigneur de La Cauvignière. En 1697, les d’Épinay en jouissaient encore, et la litre funèbre signalée dans l’église doit porter leurs armes.

2 – Pièces Justificatives:

– 1407, 9 juin
Information de Jacques Poingnant, vicomte d’Orbec, pour la mise hors de garde noble de Jean de Bienfaite, écuyer, seigneur de Bienfaite, né en aoûtt 1386 et baptisé au Mesnil-Guillaume, fils de Robert de Bienfaite, chevalier, mort en août 1390, qui est en la garde du roi à cause de ladite seigneurie et possède aussi les fiefs de la Halboudière et de la Chaussière (Eure, canton de Rugles, commune de Juignettes)
= Arch. nat. Dom Lenoir, 5, pp. 351-352.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVIII, fasc. 3-4, 1969, p. 19.

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE :
– LA HALLEBOUDIERE. ou LA HALBOUDIERE (Halebouderia ou Hallouderia)

– sous l’invocation de Notre Dame
– La Dîme de la Halboudière appartenait au chapitre de Lisieux. Elle lui aurait été donnée par l’Evêque Guillaume d’Estouteville en même temps que les dîmes de Courbépine, de Ferrières, des Jonquerets et le fief du Coq. (Formeville Histoire de l’Ancien Evêché de Lisieux)

2 mars 1422
Prise de possession de la cure de La Halleboudière par Guillaume le Monnier nommé par le Cardinal de Plaisance.

29 juin 1487
Assise du bailliage d’Orbec donnant le patronage de la Halboudière à l’Evêque de Lisieux contre Thomas Tiesse y prétendant à cause de son fief du Trembley et le remplissant par Messire Jean Champaigne.

18 avril 1496
Nomination de Jean Champaigne par l’Evêque Estienne
(ces dates doivent être erronées et ont besoin de vérification)

18 avril 1706
Collation de plein droit de la cure de la Halboudière vacante par décès pour Messire Pierre Huet, prêtre, maître es Arts, gradué.

Autre collation pour le même le 8 mai 1706

Prise de possession le 18 août 1706 en présence de Georges d’Ouville, escuyer, seigneur du lieu, demeurant en ladite paroisse, et de Jacques d’Ouville, fils….

Ayant pourvu du bénéfice de Notre-Dame de Marigny en le diocèse de Rouen, il résigne le 23 mai 1749 en faveur de Simon Lailler, prêtre, habiyué à Orbec.

Bulle de résignation de la Halboudière par pierre Huet en faveur de Simon Lailler le 15 des calendes de Juillet 1749. Collation 2 août 1749, prise de possession 7 octobre.
Collation de plein droit pour Charles Boullaie, prêtre, curé de Saint Vincent le Rivière, de la cure de la Halboudière, vacante par décès de Simon Lailler le 17 mai 1775. Prise de possession 14 juin 1775.

Collation de plein droit pour François Rombault, prêtre, curé de Notre Dame de Ternant, de la cure de la Halboudière, vacante par le décès de Charles Boullaye 5 novembre 1781 ; prise de possession 30 novembre 1781.

Collation de plein droit pour Victor Hyacinthe Aimé Le Cordier, curé de Saint Taurin d’Anglesqueville pour la cure de la Halboudière, vacante par décès de François Rombault le 7 mai 1783 ; prise de possession 26 mai 1783.

M. Le Cordier résigna le 19 avril 1784 sa cure de la Halboudière en faveur de Jacques Pierre Bocquet, prêtre, curé de Notre Dame du Prey de la Ville de Pont Audemer, qui lui transmit en échange la prébende sous-diaconale non sujette à résidence de l’église de Saint Samson sur Risle, diocèse de Dol.. Le bref fut expédié le 6 des ides de mai 1784. Visa ou collation 5 juillet 1784 ; prise de possession 19 juillet 1784.
En conséquence il résigna sa cure de Pont Audemer le 27 avril 1785.

– Description de l’église du 18 août 1863
L’église supprimée, sert de grange le clocher a été démoli. Inventaire et description de ce qui reste

– Le plus ancien document qui fournisse des noms des seigneurs de la Halboudière est la montre des nobles du bailliage d’Evreux en 1469, où l’on voit figurer :
Maistre Guillaume Myet, prêtre seigneur de la Halleboudière et de Beauvoir, présenta pour lui Philbert du Pont en habillement d’archer, suffisamment armé et monté à deux chevaux.

Des extraits d’un ancien registre de recepte de la sieurie de Beauvoir, de la Saint Michel 1476 à 1479, qui étaient conservés dans les archives de la Baronnie d’Orbec, font mention comme possédant ladite seigneurie de Vénérable et Discrète personne Guillaume Miée, official de Lisieux.
Rien d’indique comment la famille de Myée était entrée en possession de la terre de la Halleboudière, ni comment elle en a perdu la possession, mais elle resta longtemps dans le pays. Dans un acte de 1480 des archives de la Baronnie d’Orbec, Maistre Anthoine Myée, escuyer mais sans autre qualification.

D’autres extraits des registres de comptes de la seigneurie de Beauvoir mentionnent à des époques plus récentes :
1516 : Noble Dame Damoiselle Gillette Miée
1505 : Noble Homme Maistre Baptiste Myée, prêtre
Mais dans aucun document on ne parle de la Halboudière. Au contraire à ces mêmes époques (16e siècle), ce sont les seigneurs barons d’Orbec qui ajoutent à leurs nombreuses qualifications celle de sieurs de la Halleboudière. Ainsi en 1505 Guy d’Orbec, chevalier, s’intitule seigneur du lieu, de Bienfaite et de la Halleboudière. Louis d’Orbec en 1554 et 1563 prend le même titre.

Les actes relatifs à Catherine de l’Hospital, dame d’honneur de la Reine-Mère, veuve de Jehan d’Orbec, chevalier des ordres du Roy et gentilhomme ordinaire de la Chambre, qualifient ce dernier de seigneur et baron d’Orbec, Bienfaite, La Halleboudière. (1580-1591)
Loys d’Orbec, fils et héritier des précédents prend les mêmes titres au commencement du 17e siècle (1602/1608)

Pourtant dans le même temps Guillaume Thiesse en 1540 fut admis par les élus de Lisieux à faire ses preuves de noblesse en qualité de seigneur de la Halboudière.

En 1641 Gabriel II des Hays de Forval, seigneur de la Cauvignière, épousa en secondes noces Françoise d’Epinay, fille de Jean d’Espinay, seigneur de Campigny, Grandval, La Halboudière etc. et de Madeleine Ozanne.

Quoiqu’il en soit La Halleboudière faisait partie de la baronnie d’Orbec dès le 13e siècle, une quittance donnée en 1540 par le commis de la recepte ordinaire du Roy, en la vicomté d’Orbec, mentionne La Halleboudière comme formant avec Orbec et Bienfaite un plein fief de chevalier.

Dans le procès-verbal de prestation de Foy et Hommage de Messire Loys d’Orbec, on voit figurer « les fiefs, terres et seigneuries de Bienfaite, La Halleboudière, de Beauvoir et de Lesperrier, leurs appartenances et dépendances, tenue et ….. du Roy par … franc fief entier «

Loys d’Orbec, le dernier des seigneurs mentionnés ci-dessus, mourut ne laissant que deux filles, qui furent ses héritières. L’une s’allia à la maison du Merle, l’autre à la maison de Bouquetot ; mais j’ignore laquelle des deux hérita de la terre de La Halleboudière.

Constitution de pension cléricale par … d’Auréville, escuyer, sieur du lieu, demeurant à la Halleboudière du consentement de Pierre Joseph d’Auréville, escuyer, son fils en faveur de Maistre Pierre d’Auréville son fils, acolyte, par l’abandon des terres de la Mornaye et la Lamberdière, paroisse de Meulles 4 août 1700.

Constitution de pensions cléricales par Georges d’Auréville, escuyer, seigneur du lieu, demeurant à la Halleboudière, en faveur de Jacques d’Auréville son fils, acolyte, sous la caution de Philippe Denis, escuyer, seigneur du Val, de la paroisse de Meulles et de François le Lasseur, escuyer, seigneur de la Bandrière. 3 août 1708.

Le même sert de caution à Philippe Denis pour la pension de Jacques Denis, son fils, le même jour 3 août 1708.

Etat des fiefs de 1559 – Le tenant du VIIIe de fief de la Halleboudière

Recherche de 1524 – La paroisse de la Halleboudière : Guille Thiesse, seigneur du lieu a fait apparaître qu’il fut déclaré noble par les commissions des finances.

Arrière-ban de1562
Charles Thiesse, escuyer, seigneur du fief du Trembley, de la paroisse de la Halleboudière
Noble Homme Anthoine Thiesse, seigneur de la Fontaine et de la Halleboudière, demeurant audit lieu de la Halleboudière en 1573.

Recherche de 1666
Robert Dauréville, ancien noble.

Fascicule et correspondance concernant le Famille d’Espinay – Recherches de Charles Vasseur sur cette famille de 1695 à1787.

Archives SHL : voir Fonds BOUDARD :
2FB127 : 1785, ferme de la Halboudière.
2FM178 : 1789 : succession de Mme de la Halboudière.

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