AUTELS SAINT BASILE



AUTELS-SAINT BASILE Les –

Cette commune a été formée en 18313 par l’union de:
SAINT-BASILE sur MONNE avec
les AUTELS EN AUGE.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.
4 – Les AUTELS EN AUGE

1 – Bibliographie.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives.

La paroisse de Saint-Basile , si l’on se réfère à sa dédicace , a une longue histoire remontant à l’implantation du christianisme dans la région et son église agréablement située en bordure de la MONNE ne manque pas d’attirer l’attention des touristes .

HISTORIQUE

Antérieurement à la Révolution , il existait deux paroisses , l’une nommée les Autels-en-Auge et l’autre Saint-Basile . Après la Révolution, pour le culte, la première fut rattachée à Montpinçon tandis que la paroisse de St-Basile l’était à la paroisse de Tortisambert. Une ordonnance du 25 décembre 1831 amena la réunion des deux anciennes communautés des AUTELS et de SAINT-BASILE qui formèrent une seule commune sous le nom des AUTELS-SAINT-BASILE ( BESNIER ).

Louis de Neuville rédigeant la notice pour la Statistique Monumentale avant 1867, notait : »c’est un édifice peu important, mais qui présente encore pour l’étude quelques détails à observer ».

Cette église figure dans le Pouillé du diocèse de Lisieux rédigé vers 1350 sous la forme : Sanctus Basilius, ecclesia Sancti Basili et nous savons que la taxe dîme se montait à 16 l. (LONGNON) et que le recteur d’ORVILLE en était le patron bénéficier ( PIEL , I , p. VIII )

Les « Insinuations ecclésiastiques » (PIEL) nous ont conservé avec précision les curés qui se sont succédés dans cette cure et tout particulièrement de ceux qui furent associés aux travaux de restauration de l’église dans la seconde moitié du XVIII° siècle : Philippe Le Michel Despommerestz (curé de 1745 à 1772) dont le nom figure sur la cloche et Robert Leroy (curé de 1772 à 1785) sous le ministère duquel les menuiseries furent exécutées ainsi qu’en témoigne la date gravée sur la traverse de la porte d’entrée .

( Déclarations du temporel 143. Guérin ? )
( Document des archives de l’Orne )

Les communes des AUTELS et de SAINT-BAZILE ayant perdu l’une et l’autre leur cure , le conseil décida , en 1835 , de vendre les matériaux de l’église de SAINT-BASILE . Le Maire, Jean-Antoine COCHON, dit Labutte, s’en rendit acquéreur et la revendit en 1842 à M. Hilaire de Saint-Basile dont les ancêtres vivaient sur cette paroisse depuis le XVI° siècle (EMEDY). Celui-ci l’entretint, y faisant inhumer sa femme avant d’y reposer lui-même. En 1895 la famille de SAINT-BASILE la rétrocéda à la commune pour une somme modique, sous réserve par elle d’entretenir les tombes de la famille GAULTIER SAINT-BASILE.

Le 20 août 1944, « les Allemands en retraite firent sauter le pont sur la Monne » ( Tous ensemble ), et l’église toute proche subit d’importants dégâts. Mise rapidement hors d’eau; quatorze ans plus tard la Coopérative des Eglises sinistrées confia à M. Lécaudey, expert-métreur à BAYEUX, la direction des travaux de restauration. L’on profita de l’occasion pour construire une sacristie avec des pierres provenant de l’ancienne église des AUTELS, mais il serait trop long de détailler ici les travaux entrepris alors, sur lesquels nous reviendrons et auxquels furent surtout associées des entreprises de la région . Ces travaux nous sont assez bien connus grâce à le relation qui en parut à l’époque dans la presse. L’abbé LEPRETRE, desservant de la paroisse s’ingénia à sauver le mobilier cultuel en péril dans les églises de la région en voie de disparition, transformant ce sanctuaire en un petit  » Musée d’art religieux  » et sans cette initiative, la majeure partie de ce que cette modeste église abrite serait aujourd’hui disparu. Nous aurons l’occasion de parfois préciser l’origine des différents articles en les décrivant .

Et le dimanche 31 août 1958 , Mgr. Le ROY , vicaire-général vint procéder à la bénédiction de ces travaux , entouré du Maire , du Conseiller Général et de la famille Gaultier de Saint-Basile .

DESCRIPTION ARCHEOLOGIQUE

Plan

Eglise de petites dimensions 15,50/15,80 x 7.35 , dans sa partie la plus large et de 5.75 à l’extérieur du chœur soit environ 52 m2 pour la nef et 20 m2 pour le chœur .
Plan rectangulaire avec un chœur en retrait sur la nef, schéma fréquemment rencontré dans la région.

Elévation:

L’association maçonnerie/pan de bois donne à cette église toute son originalité et cette combinaison bois et pierre doit être rapprochée de quelques églises qui s’y rattachent . En effet , si bien des églises de la région présentent un pan de bois dans la partie supérieure de leurs pignons , il n’en subsiste que fort peu , à notre connaissance , ayant conservé une telle structure pour leurs murs gouttereaux . Signalons cependant l’important porche fermé de Saint-Aubin de BONNEVAL ( AUBERT 1 ) , et l’église SAINT-ARNOULD d’EXMES ( ORNE ) ( AUBERT , 2 ) qui comporte de notables parties construites en pans de bois .

Maçonneries

L’épaisseur des maçonneries varie de 0.75 à 0.83 environ.
Les murs du chœur et de la nef ont conservé l’un un lavabo à 2 cuvettes et l’autre un lavabo simple .

Signaler la très grande hétérogénéité des maçonneries de l’ensemble et tout particulièrement de celles de la nef . En raison de nombreuse campagnes de construction et des réparations que l’on y décèle, il serait nécessaire de localiser :

– par l’examen des mortiers et l’identification des différentes pierres employées , les différentes campagnes de construction ou de restauration en reportant sur un calque leur situation et en les reclassant selon leur nature ( calcaire dur – roussin – travertin (?) , l’on devrait déterminer avec précision les zones ayant conservé le maximum de leur homogénéité et partant de les replacer dans une chronologie très relative .

Peu de caractères architectoniques identifiables :
– baie géminée du chevet
– allure générale des contreforts qui épaulent trois par trois les murs NORD et SUD : ces éléments utilisés très longtemps et dans des fourchettes chronologiques pouvant atteindre près de trois siècles = peu à attendre de la stylistique .

D’une analyse très superficielle , il ressort que peu de bloc semblent se trouver à leur emplacement d’origine – une grande partie des pierres , particulièrement le roussin ayant subi un incendie suffisamment puissant pour les rubéfier sur une épaisseur variant de 10 à 20 m/m . Ces pierres ont été réutilisée d’une manière assez discontinue à différents endroits .

Les murs gouttereaux de la nef sont plus bas que l’amortissement du gable des pignons mais on peut supposer qu’à l’origine leur crête correspondait à leur départ .

Murs du chœur plus homogènes, pignon épaulé par un contrefort à ressaut montant jusqu’à la partie basse de la fenêtre .

– Charpenterie

L’originalité de cette charpente réside dans sa conception : à l’opposé de ce que l’on observe habituellement , où la charpente couvrant le vaisseau pose sur les murs gouttereaux , nous pouvons observer ici une charpente indépendante de la maçonnerie , possédant ses propres points porteurs .

Section des poteaux varient de 0.27/0.27 à 0.30 identiques dans les deux cas ( NDL – SB ) .

La largeur de la charpente interne de NDL correspond à la largeur externe de SB , quant aux écartements des fermes de la nef il sont semblables et s’il en est de même pour leur implantation dans le chœur , leur écartement est par contre différent .

Dans la nef de SB , il existe entre le pan de bois interne et le pan de bois externe une galerie de circulation de 0.60 qui lorsque le plafonnement plat existait encore débouchait dans le comble .

Le beffroi repose sur les trois fermes situées à l’extrémité de la nef et les deux premières sont étrésillonnées par une croix de Saint-André et des jambettes. Quant à la troisième ferme elle comporte des pan de bois ouvert d’une hauteur d’un mètre environ conservant les logements destinés à recevoir un galandage de terre .

Il faudrait vérifier s’il n’y aurait pas existé une galerie transversale de l’esprit de celles que l’on trouvait sur les anciens jubés et si les colombages chantournés que l’on aperçoit à droite et à gauche dans le pan de bois n’en seraient pas la balustrade à laquelle l’on aurait accédé par la galerie entre pan de bois .

Le chœur comprend deux travées de charpente et seulement deux fermes . Celle vers le chevet est complète avec un poinçon épannelé avec chanfreins arrêtés et deux poteaux reliés aux sablières et à l’entrait . Les poteaux , à la naissance des liens présentent un décor malhabile de boudins superposés ou de ressauts liés peut-être aux techniques de levage de la charpente qui sont à rapprocher de ceux que l’on remarque sur les poteaux du beffroi du MESNIL-DURAND .

La ferme suivante a perdu son entrait , son poteau N. et son poinçon et un pendentif en bois tourné masque l’extrémité subsistante de celui-ci. Les sablières reliant ces deux fermes sont ornées d’une gorge arrêtée bordée d’un boudin .

Des transformations anciennes ont fait également disparaître la majeure partie de la travée de charpente entre nef et chœur et seuls subsistent deux courts tronçons des sablières , épannelées d’un large chanfrein et celle du N. repose sur un corbeau de bois , décoré en bout de croisillons sculptés .

Mais revenons sur ce type original de charpentes autoporteuses . Voici plus d’un siècle , L. de NEUVILLE étudiant cette église l’avait rapprochée , non sans justesse , de celle de NOTRE-DAME-de-LIVAYE . La confrontation des relevés de ces deux églises augeronnes montrent qu’elles ont été l’une et l’autre conçues pour couvrir des murs de maçonnerie épais , qu’elles possèdent des poteaux en retrait de l’extrémité des sommiers de 0.80 m. . Les espacements entre poteaux sont les mêmes et la largeur intérieure de l’une correspond à la largeur extérieure de l’autre .

A proprement parler l’on ne peut parler d’église de bois car l’on n’y retrouve aucun des caractères habituels des églises de CHAMPAGNE , de SCANDINAVIE , ni même d’HONFLEUR, ou d’ALVIMARE (Eglises à pan de bois) où dans leur conception originale leurs charpentes étaient prévues pour recevoir des parois minces de pan de bois hourdé, de bardage ou de lambrissage .

L’on peut par contre avancer l’hypothèse que cette disposition qui se rencontre aussi entre autres , dans l’église toute proche de SAINT-MARTIN-du-MESNIL-OURY , à PLAINVILLE et à SAINT-AUBIN-des-HAYES ( id° ) , correspond soit à la nécessité de couvrir rapidement un monument sans attendre d’avoir réuni les fonds pour élever les maçonneries ( l’on aurait clos le local en le bardant sommairement ) , soit à une instabilité des maçonneries ( ce qui expliquerait l’adoption fréquente de cette technique pour des beffrois ) .

-Litre

Les litres sont des bandes de peinture , généralement noires , d’une trentaine de centimètres de hauteur et comportant de place en place des armoiries . Avant la Révolution elles ceinturaient extérieurement et parfois intérieurement la plupart des églises normandes . Le droit de litre appartenait au patron présentateur et constituait la marque distinctive de ses droits honorifiques sur l’église , au même titre que le droit de banc , le privilège d’être inhumé dans le chœur ou celui de recevoir l’eau bénite en premier (CHERUEL , p. 673).

Après la nuit du 4 août ces  » marques du despotisme  » furent effacée ou beaucoup plus simplement recouvertes d’un couche de badigeon , ce qui permet parfois d’en retrouver quelques lambeaux . Au XIX° siècle, quelques une furent d’ailleurs parfois soit restaurées, soit remplacées par les armoiries des bienfaiteurs de l’église .

Ainsi, aux AUTELS, selon les notes de Louis de Neuville l’on distinguait encore à son époque quelques traces de l’ancienne litre funèbre sur laquelle se lisaient les armoiries des Gaultier de Saint-Basile . Peinte vraisemblablement en grande partie sur le crépi qui recouvrait les colombages , celle-ci à disparu à l’exception d’un écu qui se voit encore à la droite du poinçon du porche accolé à la façade . Les écussons armoriés , en bois peint qui garnissent le pourtour extérieur de la nef prolongent cette antique coutume .

– Ouvertures

Les fenêtres des murs NORD et SUD sont carrées et comportent un large chanfrein sur les piédroits. Les linteaux sont en bois et paraissent tous relativement récents .
Au chevet dans l’axe du chœur subsiste une fenêtre en tiers-point partagée par un meneau avec un tympan percé d’un oculus entre les ouvertures géminées .
Sur le pignon OUEST , une porte cintrée constitue le seul accès à l’édifice . Un arc en plein cintre s’amortit sur des piédroits sans ressauts et l’ensemble comporte un chanfrein identique à celui des fenêtres mais à gauche celui-ci ne descend que jusqu’à l’avant dernière assise .

– Clocher

Un court clocher carré couronné d’une pyramide élégante, tenté d’ardoise avec brisures sur les arêtiers, est campé sur faîtage, à l’est de la nef, vers le chœur .

La charpente de la pyramide se révèle d’une grande simplicité : autour d’un poteau central assemblé sur un sommier assis sur les entraits, une enrayure en deux pièce semi-circulaires repose sur des chevilles en croix. Celles-ci traversent le poteau central et sont assemblées avec les arêtiers ce qui maintient l’ensemble de la toiture et l’empêche de pivoter.

– Couverture

La couverture de la nef et du chœur sont en tuile plate et il semble qu’il en soit ainsi depuis la dernière réédification de la charpente , car tous les chevrons de forte section sont de même nature . L’on ne distingue pas ici ce que l’on rencontre sur de nombreuses églises augeronnes , une alternance de chevrons de largeur et d’épaisseur différente mais que l’on remarque par contre sur le clocher .

– Porche

Un petit porche « aux lecturés » en bois, d’une travée précède la porte d’entrée. Fortement restauré à plusieurs occasions il ne possède que peu de caractères permettant de lui assigner une date certaine: de Neuville le supposait du XVII° siècle et rien ne s’oppose à cette datation .

La porte est constituée d’ais étroits embrevées et la date de 1780 figure sur la traverse de l’imposte circulaire vitrée, quant au sol du porche , il fut repavé en 1958 avec des vieux pavés .

Intérieur

1° Immobilier
– sols: Pavage
La presque totalité du sanctuaire a été repavé et seuls quelques pavés anciens de terre cuite, de .. x .. ont été conservés au pourtour du maître-autel .

Pierres tombales
Dans le chœur , deux pierres tombales, l’une en marbre blanc recouvre les restes de  » Mme de SAINT-BASILE, née de Foucault, morte en 1856  » et l’autre en marbre noir, ceux de ………… de SAINT-BASILE en 1872 . .(inclure le texte des inscriptions tumulaires)

– murs et plafond

a) murs et lambrissage
Tous les enduits de l’église furent refaits en 1958 et aucune trace de l’appareillage ou de la décoration des mur ne subsiste. Antérieurement à ces travaux la nef possédait un plafond plat qui fut remplacé par un lambrissage  » … dégageant ainsi une charpente imposante …(Bénédiction…)

b) vitraux
Aucune vitrerie ancienne n’a été conservée et les vitraux unis actuels datant de 1958 sont dus à  » un verrier de Choisy-le-Roy , M. Avoinet « .
décoration peinte.
Quelques traces de fleurettes …… ( noter forme et couleurs ) peintes au pochoir subsistent à la partie inférieure d’un poteau , témoignant de l’ancienne décoration .???????

e) électrification .
 » M. Canu , électricien à Livarot a installé un éclairage qui met en valeur la charpente et les autels « .

2° Mobilier
Une liste d’une vingtaine d’articles comprenant mobilier et objets cultuels a été dressée en 1987 par M. LERCH, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art du Calvados, permettant de constater que l’œuvre de conservation de M. de SAINT-BASILE au XIX° et de M l’abbé LEPRETRE vers 1955/1958 ont permis de conserver ou de rassembler ici un mobilier et des objets cultuels intéressants .

a) autels
Cette église abrite trois autels . Les deux autels latéraux ont perdu leur tombeau de menuiserie contemporain des retables ce qui permet de pouvoir étudier les anciens autels de pierre qui les précédaient. Une épaisse table d’autel, chanfreinée en avant , repose sur trois piles carrées comportant base et chapiteau moulurés et fûts chanfreinés avec des petites demi-pyramides aux extrémités.

Les trois retables de bois sont rustiques, à l’image de l’église, et n’ont rien de commun avec les somptueux autels de quelques églises des environs: HEURTEVENT, BOISSEY, etc. Pour une raison que nous ignorons ceux-ci ont été attribués au XVII° siècle et l’abbé LEPRETRE, sur la foi d’un document dont nous n’avons pu trouver trace, précise même la date de 1687 – la date de 1685 a été crayonnée d’une écriture moderne sur le tabernacle .

Le retable du maître-autel s’inscrit dans un carré parfait . Au centre , un cadre à la bordure sculptée de feuilles de laurier contient un tableau représentant la légende de saint Nicolas et des enfants et de chaque côté deux pilastres cannelés couronnés de chapiteaux ioniques , forment saillie . L’entablement coupé par le cadre du tableau est surmonté d’une corniche rudentée à ressaut . L’ensemble se termine par un cartouche bordé de feuilles d’acanthe encadrant un médaillon soutenu par deux palmes . De chaque côté , des pots-à-feu s’alignent dans l’axe des pilastres .

De la hauteur des deux gradins, le tabernacle est couronné d’une tablette moulurée et la porte cintrée est sculpté d’un élégant calice orné de feuilles d’acanthe, de perlage et de raies de cœur. Des chutes en houppe décorent le bâti. Un niche exposition sculptée de nuages et d’un triangle glorieux surmonte et termine le tabernacle .

Un décor de tablettes alternant avec des rosaces garnit le premier niveau des gradins tandis que des palmes entrecroisées ornent le second .

Cet autel, exécuté avec une grande économie de moyens est représentatif du retour à la  » sobriété classique  » dont témoignent ces autels à pilastres cannelés qui apparaissent dans nombre d’églises à partir de 1760/ 1780 ( POUGHEOL ) .

Les deux autels latéraux, généralement décrits comme étant des retables à claire-voie, dénotent une exécution médiocre, elle aussi très économe de moyens. Sur un panneau plat, les différents éléments : moulures, colonnettes, colonnes et entablements sont plaqués, structurant l’ensemble et par un jeu de coupes, mouvemente l’ensemble, l’agrémentant d’un fronton à pans. Le tournage de colonnettes manque de qualité et les profils imprécis s’enchaînent mal .

Cette rusticité explique sans doute que l’on ait généralement remplacé ces retables et la note de de NEUVILLE prend tous son relief :  » … on voyait autrefois des retables pareils dans beaucoup d’églises du pays: il n’en reste plus guère, et chaque jour on en détruit quelques uns, quoiqu’ils dussent être conservés; on ne retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile « .

Ces retables furent repeints lors de la restauration de 1958 à l’exception des frises des petits autels secondaires qui ont conservé des traces d’un décor de faux-marbre ancien .

b) sièges de chœur , bancs etc..

Le chœur a conservé une partie de ses stalles à hauts dossiers dont les traverses hautes comportent une découpe habituellement rencontrée dans les productions de l’époque Louis XV . Celles de la partie basse par contre sont beaucoup plus aiguë permettant de rattacher ce travail aux productions « à la cathédrale » dont quelques exemples sont conservés dans la région.

Les 12 bancs de la nef datent de 1958 et remplacent « les vieux bancs qui étaient vermoulus et irréparables ». Ceux-ci étaient de deux époque: de tradition gothique archaïque avec chanfreins arrêtés et ceux du XVIII°/XIX° possèdent un accotoir chantourné terminé par une petite volute .

c) chaire

d) confessionnal
L’église conserve deux confessionnaux (l’un dans la nef, le second dans la sacristie) de fabrication très primitive, avec porte à claire-voie garnie de tournages.

e) fonts baptismaux
Les fonts baptismaux de pierre provenant de l’église de La Gravelle près de Montpinçon comportent un fût polygonal en gaine avec cuvette elliptique à godrons séparés d’un listel creusé d’une gorge. L’ensemble est fermé d’un dôme de bois, où se distinguent quelques emprunts à la stylistique Louis XVI maladroitement interprétés. Un petit bénitier flanque le dôme.

f) statues
Au centre du retable nord, sur une socle de tournages l’on remarque un groupe en ronde-bosse de la Vierge à l’Enfant en pierre sous une polychromie moderne. Dimensions totales (en centimètres). Légèrement hanchée, portant l’enfant sur le bras droit et l’ensemble est bien proportionné. Le costume comprend un ample mantelet jeté sur une longue robe à col droit qui elle même recouvre le doublet .

La Vierge a le visage grave et soucieux, empreint d’une certaine tristesse. La tête est légèrement penchée, tournée vers l’Enfant et couverte d’un voile laissant apparaître quelques mèches de cheveux. Une haute couronne ajourée terminée par des fleurs de lys à rapprocher de celle de la Vierge du MESNIL-MAUGER maintient le voile .

La main gauche allongée soutient l’Enfant tandis que la main droite refermée sort d’une large manche et relève le tissu de la robe dégageant la pointe du pied . Le tissu est souple épousant le corps, tombe et se casse au sol ou en plis droits, en chute ou en un large pli à godet et l’ensemble du plissé bien modelé en accuse la verticalité .

L’Enfant-Jésus, le corps potelé, le visage tourné vers sa mère, la partie inférieure du corps drapé dans un lange, et le haut du corps à nu, pose la main droite sur le col de sa mère et tend la gauche vers la couronne .

La pose du corps, la forme du vêtement et son drapé se rattachent à la statuaire des XIV-XV° siècles et cette composition sage se rattache à quelques statues de la région lexovienne exposées à LISIEUX en 1961 .

Le cadre du retable SUD, conserve également, sur un socle identique à celui de l’autel NORD, un autre groupe en ronde-bosse en pierre, d’un saint évêque accompagné d’un chien ou d’un loup, connu sous le nom de Saint VIGOR. Elle mesure … et seule la partie supérieure de la crosse manque mais en raison de la polychromie moderne qui la recouvre, de savoir si elle a subit quelque restauration. L’évêque, debout, lève la main droite, annulaire et l’auriculaire repliés l’index et le majeurs levés, bénit. Le visage aux traits accentués, les lèvres pincées, les oreilles bien dessinées, est calme et une abondante chevelure s’échappe de la mitre. Portant la crosse dans le creux du bras gauche, de la main gauche il tient une étole dont la partie inférieure s’enroule autour du cou de l’animal .

Comme pour la statue de la Vierge, le modelé de tissu d’une ample chasuble descendant au-dessous des genoux, accuse bien les forme et tombe en larges plis en U. La pointe de la chaussure droite apparaît relevant la partie inférieure de l’aube .

Sur le même socle, un quadrupède assis sur son train arrière lève la tête vers le saint. La tête carrée, aux courtes oreilles, semble-t-il légèrement disproportionnée, montrant les dents et rappelant les « engoulvents  » des charpentes du XVI° siècle, l’allure générale de l’animal dégage une certaine férocité de l’animal tempérée par la position assise. Mais il est difficile de penser qu’il puisse s’agir d’un chien généralement beaucoup plus placides dans les représentations habituelles du groupe de Saint Roch .

Cette iconographie correspond à cette de Saint LOUP, évêque de BAYEUX pendant trente-deux ans (FOURNEE , p. 235) . Originaire du BESSIN , élève et successeur de RUFINIEN , il fut sacré par SILVESTRE , le métropolitain de Rouen qui fut en charge dans la seconde moitié du V° siècle auquel dans un songe un vieillard aurait dit : Ne laisse pas consacrer évêque un autre que l’agneau qui s’appelle LOUP  » . Il vécut à l’époque d’AEGIDIUS qui gouverna la Gaule vers 458-464 et la légende rapportée par sa VITA écrite au IX° siècle raconte qu’un loup féroce s’était installé dans un bois et avait dévoré environ dix-huit garçons et filles . Les gens ne savaient comment s’en débarrasser et n’osaient plus passer par là . L’évêque leur ordonna de prier et sortit de la ville. L’animal se précipita vers lui. Il lui tendit sa manche qu’il mordit furieusement: ses dents s’y incrustèrent, il se trouva muselé et une force surnaturelle l’empêcha de fuir. Le saint l’emmena vers la rivière et le jeta dans l’eau où il disparut « . Cinq églises du Calvados et une de l’Orne sont consacrées à ce saint ( RR.PP.BENEDICTINS ) .

Mais en aucun cas, ce canidé ne peut être confondu avec les dragons ou autres animaux mythiques que les sculpteurs du Moyen Age différenciaient bien , comme en témoignent les groupes de Saint Georges ou de Sainte Marguerite que l’on rencontre dans les églises de la région . On peut donc s’interroger sur la raison qui a conduit de nombreux auteurs à attribuer ce groupe comme étant celui de saint VIGOR , autre évêque bayeusain. Selon sa Vita, il serait originaire d’ARTOIS, et quittant son pays aurait abordé le diocèse de BAYEUX à RVIERS. Un serpent long de 40 pieds ravageant la contrée, l’on vint demander à VIGOR d’en débarrasser le pays, ce qu’il fit en enroulant son étole autour du cou de l’animal. Il en fit de même à deux autres occasions sur les rives de la SEINE . C’est donc sans doute de cette étole et de la commune appartenance au siège de BAYEUX que naquit la confusion dans l’attribution de notre statue à Saint VIGOR (RR.PP. BENEDICTINS , Nov. p. 53-55).

A gauche de la chaire, sur un petit socle portant l’inscription SAINT BASILE, l’on remarque une statuette de bois polychromé qui fut offerte à l’église en 195? par Madame de Saint-Basile. Un saint évêque, portant une haute mitre et un bâton dont la partie supérieure manque, brandit une croix de la main droite. Cette iconographie ne correspond pas à cette de saint BASILE le Grand dont les attributs sont le pallium , la croix à triple croisillon et la colombe (REAU).

g) tableaux

1) Saint-Nicolas
Le tableau du maître-autel représente Saint Nicolas et les enfants de la légende . Dans un décor d’architecture et de jardin, le saint à la barbe abondante, bien campé , les épaules couvertes d’une longue chape rouge doublée de bleu formant traîne et portant mitre et crosse, lève la tête vers le ciel, bénit les trois enfants joufflus que l’on voit au premier plan, à gauche, dans un baquet. C’est une œuvre puissante, typique de la peinture de la seconde moitié du XVIII° siècle que l’on peut d’ailleurs rapprocher de la petite statuette attribuée à Saint Basile. Cette toile a été élargie pour occuper l’espace du cadre n’occupe donc pas son emplacement d’origine .

(D’après une note manuscrite de M. Cottin, de 1959, sur les trois tableaux qui existaient dans l’ancienne église de la Gravelle, deux auraient disparu, et celui du maître-autel aurait été transporté dans l’église des AUTELS-SAINT-BAZILE par M. le Curé de TORTISAMBERT ).

2) Visitation
Face à la chaire, l’on peut voir un tableau de l’Annonciation, de même facture et de qualité identique au St-Nicolas.

3) bannière
L’église conserve une curieuse toile peinte sur deux faces. Sur l’une, Saint Sébastien la tête nimbée d’une auréole, le flanc droit percé d’une flèche, se détache sur un fond agreste, les membre liés à un arbre qui se devine à peine. Le Saint, en Apollon nu le corps en arc de cercle élève les mains au-dessus de la tête. (Sur la modification de l’iconographie de Saint Sébastien, cf: REAU, III-III.

L’ensemble est d’une bonne qualité picturale, la musculature bien traitée et, visage et mains sont particulièrement soignées.

Au verso se profile un Saint évêque bénissant et portant mitre et crosse. Une ample chape damassée , décorée d’un galon de bordure doré et d’une large bande de palmettes s’ouvre sur un rocher à la base découpée et brodée de palmettes .

h ) L’église conserve un certain nombre de chandeliers de bois tourné ainsi qu’un lustre à …. étages très proche de celui qui se trouve dans l’église du MESNIL-DURAND : autrefois très courants dans les petites églises rurales ils sont maintenant devenus bien rares . Généralement en aulne, ces objets ont mal résisté à l’ambiance humide des églises…et à l’électrification

i) cloche
Le clocher conserve une petite cloche de 0.61 de haut et de 0.48 de diamètre portant l’inscription suivante sur quatre lignes :
AY ETE NOMME LUCE LOUISE PAR MRE LUC JEAN PATISTE DE GAUTIER SEIGNEUR ET PATRON DE St BASILE ET NOBLE DAME
LOUISE DARCLAIS DAME DU FIEF DES LAUNEY BENARD BENIE PAR PHILIPPE DE MICHEL DESPOMMERESTY CURE DE St BASILE

L’abbé LEPRETRE avait cru y lire la date de 1734, mais cette dation ne peut coïncider avec la chronologie des curés qui se sont succédé dans cette cure nous proposons plutôt la date de 1754, la seule plausible tant avec la carrière de Philippe Le Michel

Plusieurs branches de la famille Le Michel existaient à cette époque, à BELLOU , NOTRE-DAME-de-COURSON, SAINT-OUEN-le-HOUX, SAINT-PIERRE-de-COURSON, mais nous savons par un acte de 1724, qu’il était né hors mariage des œuvres de Catherine Le Prévost et qu’il dut dans un premier temps obtenir de l’official de Lisieux, une dispense pour irrégularité, puis en 1744 une seconde pour recevoir dans les ordres mineurs et une troisième auprès de la cour de Rome pour pouvoir jouir d’un bénéfice . Cette dernière spécifiait qu’il ne pourrait obtenir de dignités, etc…

Faute d’inventaires précis (la description de Louis de NEUVILLE ne mentionne ni tableaux, ni meubles, ni objets cultuels et l’article de l’abbé LEPRETRE ne donne que quelques provenances), il nous est difficile de déterminer avec précision ce qui appartient en propre à l’église des AUTELS et ce qui provient des églises d’alentour.

DATATIONS

L’étude conjointe du bâtiment et du mobilier permettent d’avancer quelques hypothèses quant à la datation de l’ensemble. L’on remarque deux groupements de datations relativement homogène: Aspect général de la construction – ouverture du chevet – fragments de la charpente du chœur – autels secondaires – statue de la Vierge – Statue de Saint Loup peuvent remonter au XV° ou au début du XVI° siècle .

Par contre, le système de construction mixte maçonnerie/pan de bois, nous l’avons dit correspond sans doute à la recherche de solutions d’attente. Dans ce cas précis l’on peut avancer qu’un incendie dont les maçonneries extérieures ont gardé les traces à très sévèrement endommagé le monument et tout particulièrement la nef et la première travée du chœur. Dans un premier temps l’on construisit une charpente autoporteuse réutilisant dans le chœur le poinçon du chevet et les sablières de la travée EST ainsi qu’une partie de celle entre chœur et nef. L’on éleva le beffroi et en 1754 l’on y installa une cloche. Une génération plus tard l’on paracheva l’œuvre en réédifiant les murs de maçonnerie et en posant porte et verrières.

Et il est vraisemblable que les autels, d’une exécution locale de très médiocre qualité , datent de cette restauration et non du XVII° siècle comme le pensait l’abbé LEPRETRE .

CONCLUSION

L’ensemble des statues et des peintures contenues dans cette église constitue un échantillon de ce que pouvaient être de tels sanctuaires avant la Révolution de 1789 et les « embellissements » des sanctuaires depuis cette date. A l’exception du panneau de terre de Saint Georges (patron de l’église des AUTELS) aucun élément récent n’a été introduit ici .

On ne peut certes que féliciter pour leur initiative les restaurateurs des années 50: sans eux nous ne pourrions visiter ce charmant sanctuaire figé dans le temps, mais il est une leçon que nous devons en tirer. L’emploi inconsidéré de ciments hydrauliques dans ces travaux, condamne toutes ces restaurations. En effet l’humidité enfermée dans une carapace étanche détruit inexorablement, sournoisement, à l’abri des regards, maçonneries et charpentes. Il faut dire à la décharge des entrepreneurs qui exécutèrent ces travaux , que les industriels du ciment constamment à la recherche de produits utilisables en toute occasion, aux qualités mécaniques de plus en plus performantes avaient oublié de conserver à leurs mortiers les qualités de perméabilité indispensable à la « respiration » des murs. Il faudra donc un jour, envisager de rouvrir ces enduits et de permettre aux murs de pouvoir évacuer l’eau pompée dans le sous-sol.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT

St-Basile, Sanctus Basilius, ecclesia Sancti Basilii.
Depuis que la paroisse de St-Basile a été réunie à Tortisambert, M. de Saint-Basile a acheté l’église et la conserve c’est un édifice peu important, mais qui présente encore pour l’étude quelques détails à observer.
Comme dans les autres églises du pays, la nef et le choeur sont rectangulaires; mais les murs de la nef sont en pierre jusqu’à une certaine hauteur, en bois et en clayonnage à la partie supérieure. Celle-ci repose sur des poteaux intérieurs qui supportent la charpente. Nous avons déjà vu de semblables poteaux à Livaye, et on les retrouve dans plusieurs autres églises; il est curieux d’examiner ce système de construction, dans lequel les charpentes jouent un si grand rôle.
L’église de St-Basile nous le montre tel qu’on l’a employé encore quand on a reconstruit les églises du Pays-d’Auge vers le XVIe siècle ; mais je ne doute pas que dans les premiers temps beaucoup d’églises ne fussent tout-à-fait en bois. Que l’on supprime donc, par la pensée, le mur en pierre qui forme les deux tiers de l’élévation des murs de la nef; que l’on y substitue un remplissage en bois et en mortier, et l’on aura l’image d’une église telle qu’elles devaient exister en grand nombre autrefois dans la contrée.
Les fenêtres de l’église de St-Basile sont carrées, à l’exception de celle qui était au chevet et qui est bouchée aujourd’hui.
Celle-ci était cintrée, subdivisée en deux baies, avec un oculus entre les ouvertures géminées M.de Saint-Basile croit, et je suis de son avis, qu’elle peut remonter au XVI° siècle. Un porche en bois précède la porte d’entrée: je le crois du XVIIe siècle. Quant à la porte, la date 1780 est gravée sur le linteau qui reçoit le ballant, au-dessous du tympan circulaire qui est vitré.
L’intérieur de l’église, outre les robustes poteaux qui supportent la charpente, montre, entre choeur et nef, deux petits autels à retable de bois à jour. On voyait autrefois des retables pareils dans beaucoup d’églises du pays; il n’en reste guère, et chaque jour on en détruit quelques-uns, quoiqu’ils dussent être conservés ; on ne les retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile. La statue de la Sainte-Vierge qui surmonte le tabernacle, à l’autel de gauche, me parait ancienne relativement ; la pose du corps et la draperie sont identiques avec celles qui distinguent quelques Vierges dit XV° siècle.
M. de Saint-Basile conserve tous ces objets, et nous l’en remercions; les souvenirs sont pour lui, avec son goût pour l’archéologie, des motifs-pour sauver cette pauvre église qu’il a rachetée; une litre funèbre, dont on voit; encore les traces, porte les armes de sa famille.
Dans le choeur, une belle pierre tombale en marbrée blanc recouvre les restes de Mme de Saint-Basile, née de Foucault, morte il y a peu d’années.
Le fief de St-Basile, dit Mr de Neuville, était, dès le XVIe siècle le patrimoine de la famille Gaultier, qui en a pris le nom et qui a conspervé cette terre jusqu’à la Révolution.
Cette seigneurie était mouvante du fief voisin de Launay-Bernard. Ce dernier fief, dont le nom a été altéré par l’usage eu celui de Launay-Besnard, était autrefois situé dans les limites de la paroisse de Montpinçon ; mais son territoire en a été postérieurement distrait et incorporé a la paroisse de St-Basile. Launay-Bernard a appartenu au XVe siècle, à Jean Lenfant, chancelier du duché d’Alençon, un des jurisconsultes les plus éminents de son siècle. En 1475, René comte du Penche, administrateur du duché d’Alençon pendant la captivité du duc Jean, son père, fit don du relief du fief de Launay-Bernard à Jean Lenfant, qui mourut peu de temps auprès a, Angers, où, il professait le Droit civil depuis la disgrâce de son maître. En 1553, Adrien Gaultier était seigneur
de Launay-Bernard et de, St-Basile, et c’est encore de M. Gaultier de Saint-Basile qui est possesseur de la première de ces deux terres. Il y-a fait construire,une habitation renfermant une petite chapelle entièrement lambrissée et ornée de sculptures et de, statuettes en bois, de l’époque gothique, réunies et ajustées avec le goût le plus parfait. Cet oratoire est ainsi devenu un véritable bijou et offre un spécimen des plus remarquables de l’art de la sculpture sur bois dans nos contrées au XVe siècle et au commencement du XVI°. Plus bas, dans la fraîche et riante vallée de la Mônne, se trouvait le fief de Cropus, que Charles duc d’Alençon, fieffa à Jean Guérin en 1511, pour une rente annuelle de 30 livres. Cette famille Guérin était déjà, un siècle auparavant, fixée à St-
Basîle et à Tortisambert. Cropus appartenait, avant les orages
de la Révolution, à la famille Gaultier de Saint-Basile.
Enfin la terre du Tertre, longtemps possédée par la même famille, en est sortie par le mariage de Marie-Anne-Madelaine de Gaultier de Saint-Basile avec Jean-Félix du Hauvel, en 1777. Marie-Aglaé du Hauvel, leur fille, l’a portée à la famille de Bonnechose, qui la possède aujourd’hui, par son mariage avec Casimir-Edouard de Bonnechose fils du sieur de La Cour du Bosc. Du reste, aucun des fiefs ci dessus n’a conservé de manoir digne d’être étudié.

3 – Archives ShL.

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE :

Patron le seigneur.
Dioc. de Lisieux.
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon.
Elect. d’Argentan.
Sergent. de Montpinçon.

4 – Les AUTELS EN AUGE:

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT (dans Saint-Basile).

Les Autels, Sanctus Georgius de âltaribus, Altaria in Alga.
L’église des Autels est en grande partie démolie : il ne reste plus qu’une partie du choeur, qui ne doit pas remonter au-delà de la fin du XVIe siècle, d’après le témoignage de M. de Saint-Basile.
Elle était sous l’invocation de Saint Georges. L’abbé de St-Ouen de Rouen nommait à la cure. Ce lieu avait été donné à St-Ouen par Stigaud, premier du nom , du temps de Richard II. Il est appelé Altaria quoe sunt in Alga super aquam LEMONE dans une charte de 1063. La rivière voisine porte toujours le même nom.
Cette paroisse est réunie, pour une partie, à celle de Montpinçon; le reste dépend de St-Basile et fait partie du canton de Livarot.

LES AUTELS.
— Nous avons mentionné l’église des Autels, en parlant de Montpinçon. La commune est réunie, pour le civil, à St-Basile et fait partie du canton de Livarot.
Il y avait dans cette paroisse un fief noble, dit le fief des Authieux, qui appartenait, au siècle dernier, à une
branche de la famille Gaultier: M. de Gaultier de Hauteserre est encore possesseur du manoir des Autels. Cette famille a donné naissance à Marie-Charlotte-Antoinette de Gaultier des Authieux, mariée à Jacques-François Corday d’Armont
et mère de la célèbre Charlotte Corday. C’est au manoir du Mesnil-Imbert, situe à une demi-lieue des Autels, dans le département de l’Orne, que la famille de Corday d’Armont faisait sa résidence et que l’héroïne a passé la plus
grande partie de sa jeunesse (Notes manuscrites de M. le vicomte de Neuville). Son portrait authentique, sans analogie avec ceux qu’on a donnés au public, est conservé au château voisin de Garnetot, propriété de M. de Gaultier de Garnetot, neveu à la mode de Bretagne de Marie-Charlotte de Corday : connue dans le monde sous le nom de Marie, elle restera célèbre dans la postérité la plus reculée sous son second prénom.
Signalons encore aux Autels le manoir de Ménival, qui a servi de résidence à une autre branche de la famille: Gaultier,
dite de Ménival.

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