Le PIN



NOTES  sur LE PIN en Lieuvin – 14504

Cf. Saint-Jean-d’Asnières – 14504

PINLe), canton de Lisieux ( 1° section).
Pinus, Pynus, le Pyn,
Le Pin en Lieuvin, XIV° siècle (pouillé de Lisieux, p. 25).

1 – Notes sur le Château du PIN-en-LIEUVIN
2 – Bibliographie :
3 – Pièces Justificatives
4 – Notes de Charles VASSEUR.

1 – NOTES SUR LE CHATEAU du PIN-en-LIEUVIN

L’ancienne paroisse du Pin possédait au moins trois châteaux à la fin du XVIIIe siècle.

1) Une antique motte ovale à deux enceintes portant un donjon de pierre rectangulaire,  vieux château de pierre.

Image Géoportail – Motte

2) Un second lieu voici quelques années et connu sous le nom de « Château de la Pomme « était relativement récent et à l’époque de Ch. VASSEUR [1], appartenait à M. du HAUVEL, lointain parent de Charlotte CORDAY. Lors de sa destruction, l’on à pu voir qu’il avait été bâti à partir d’une maison à pans de bois remontant vraisemblablement au XVIIe  ou au XVIIIe siècle.

Image Géoportail – Ch de la Pomme et du Pin

3) Le troisième, qui selon Ch. VASSEUR aurait pris la suite féodale disons du château primitif est une élégante construction élevée d’un seul jet pour le corps de logis aux alentours des années 1617 – 1630 [2].
Le corps de logis principal de deux niveaux et de trois travées – deux correspondant aux pièces d’habitation et une à la cage d’escalier – s’élève sur un sous-sol semi-excavé. La façade sur la cour d’honneur, légèrement dissymétrique a été percée sans doute au XIXe siècle d’une porte cintrée et vers la gauche d’une fenêtre. Deux gros pavillons en saillie, sur plan bastionné[3] formant ailes encadrent cette façade et y ont été raccordés postérieurement  par un passage dans les combles. Ces pavillons sur plan bastionné, étaient ici entourés de douves dont les traces ont été décelées voici quelques années. Assez courants à cette époque – Hautecoeur cite l’exemple du château de Ferrals, près Castelnaudary, daté des environs de 1625 – remplacent les tours de certains châteaux fortifiés des âges antérieurs [4]. Le comble central est éclairé par des lucarnes à fronton triangulaire qui s’alignant dans l’axe des fenêtres d’origine.
Les murs en maçonnerie de pierre et de brique  comportent dans les angles, autour des fenêtres ou scandant la façade des harpes de pierre encadrant des panneaux de brique. Des cartouches de forme oblongue cantonnées de demi-cercles constituent le seul décor  très sobre d’ailleurs de cette façade austère. A l’intérieur de ces cartouches formés d’une bande de briques blanches des briques noires dessinent trois maillets, rappelant nous le verrons le nom des constructeurs.
Nous sommes ici en face d’une construction facilement datable, par ses cartouches armoriés, dans la lignée de deux monuments lexoviens importants, l’aile sur cour du Palais Episcopal et l’Hôtel Le Bret du Dezert, Place Le Hennuyer. L’un et l’autre présentent en effet cette décoration de brique blanche et pour le premier, nous avons conservé le devis du marché passé entre le maçon, Pierre MORIN et les représentants de l’évêque Guillaume ALLEAUME, le 14 septembre 1626 [5]..
Postérieurs de plus d’un siècle, deux petits pavillons sans étage, avec comble à la Mansard, ouverts de larges passages cintrés furent bâtis l’un à usage de chapelle et l’autre d’écurie encadrent la cour d’honneur [6].
Nous possédons un certain nombre de renseignements sur la famille d’Anisy qui posséda la seigneurie du Pin à l’époque de la Guerre de Cent Ans et en fut dépossédées. Nous ignorons par contre comment ce domaine passa dans les mains des ACHARD et tout particulièrement de « François Achard, seigneur du Pin, gentilhomme ordinaire du roi Louis XIII et chevalier de son ordre, (qui) épousa en 1617 Madeleine de Mailloc, fille de François de Mailloc, baron de Lailly-en-Caux. Ce sont eux qui firent construire le château.
« On retrouve en effet sur les deux façades, les armoiries des Mailloc: « de gueules à trois maillets d’argent ».
En 1754, Jean Leconte de Nonant, marquis de Raray, qui habitait alors son château de la Pinterie, sur la même commune, devint possesseur de la terre et du Manoir du Pin, en vertu des clauses d’un contrat de mariage daté du 5 mars 1724.
« Depuis, cette terre est restée entre les mains des Nonant jusqu’à la mort en 1926 de Melle Ida de Nonant-Raray, dernière du nom de cette très ancienne et très puissante famille normande.[7]..

2 – Bibliographie :

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III, page 55.
Editions Flohic : Le Patrimoine des communes du Calvados, page 533.
Sur la famille Le MIRE, cf. LESQUIER Jean, « Notice sur les Rouges-Fontaines au XVe siècle », BSHL., N° 24, 1919, pp. 3-4
« Richard Le Myre, sénéchal de la prébende Paynel – 28 septembre 1402 »

VASSOIGNE marquis de, Notes citées par:
CORNU Joseph, Promenades à travers les communes rurales des environs de Lisieux, Lisieux, Emile Morière, 1938, 95 p.; pp. 65-67
COLACE Henri, « Mon village de long en large – Le Pin, hier, aujourd’hui, demain », Ev. de Lisieux, 11 août 1983, pp. 18-19, ill.

Dossier le Pin

DETERVILLE Philippe, Richesse des châteaux du Pays d’Auge , Condé-­sur-Noireau, Corlet, 1989, 250 x 330, 301 p.
Le Planquay, La Mercerie, DETERVILLE Philippe, « Un liard pour trois communes », Maisons normandes, n° 6, septembre 1991, pp.33-366. Découverte d’un liard de Gaillon, de 16432 dans une brique de la cheminée, escalier à balustres, rampes sur rampes.

LOUIS, « Château et bataille de Brécourt », AAN, 149, Congrès d’Evreux 1991 (1992), pp. 20-24, ill.
panneau de brique et pierre du type du château du Pin-en-Lieuvin

3 -PIECES JUSTIFICATIVES

Fonds BOUDARD :

Le fonds BOUDARD comporte de nombreux documents concernant la commune du PIN en Lieuvin :
– Domaine de la PINTERIE : dossiers de 2FM50 à 2FM152  concernant LA PINTERIE,  NONANT DE RARAY, DE BRUC
Ferme de la MANCELLERIE : (concerne souvent Nonant de Raray ou Boudard de la Mancellerie) 2FA17, 2FA34, 2FA97, 2FA99
2FM115 : Lettres importantes.
12 juin 1776 au sujet de la reconstruction du colombier du château du Pin.
22 brumaire an III : lettre de Marie-François de Bruc, lieutenant curateur de J.-J. Lecomte de Nonant, donnant mission au sieur Boudard..

2FM205 : 1779-1786 : Morice avocat à Rouen contre Ressencourt et Nicole Larchey de Moyaux et du Pin.

Archives SHL : Achat du 11-02-2003. Lot n°  71
4) LE PIN, 1516, parchemin ; franchissement de rente ; 1545, papier, accord de terre, projet de mariage ; XVIIe siècle, demande du curé du Pin contre le chapitre de Lisieux.

Autres pièces :

1160
Robert Ier comte de Montfort, fait don au prieur et aux moines de Saint-Ymer (Saint-Hymer), de l’église de Watertot et de la chapelle Saint-Nicolas du château de Montfort. Témoins: Roger, prieur de Conflans; Valdericus, secretarius, Gaufridus d’Asnières; Matrieu et Richard de Bonnebosq (note sur la seigneurie de Bonnebosq, et des fiefs en relevant: Betteville, le Torquesne et Gassart); Richard Charpentier, Roger Crassius ; Henri, fils Robert.
= BN. ms. nouv. acq. lat. 2097, p. 15 –
= Charles BREARD, Les cartulaires de Bricquebecq et de Saint-Ymer-en-Auge, Rouen-Paris, 1908, pp. 11-12
(Asnières ?)

1223 Pâques
Succession de Raoul IV Taisson . « …retour de lot de 35 livrées de terre, dû par Robert Bertran à Guillaume Painel. Il fait l’objet d’un arrêt très intéressant rendu à la session de l’Echiquier de Pâques 1223, dont voici la traduction : »Il est jugé que le moulin de Robert Bertran, à Vieux, ne peut ni ne doit, d’après la Coutume de Normandie, être donné à Guillaume Painel comme assiette des 35 livrées de terre due led. Robert est tenu d’assigner audit Guillaume à Vieux, en vertu de l’accord intervenu entre eux à l’Echiquier. Et cela, parce qu’il fut reconnu par les amis chargés de procéder à cette assiette, à savoir: Jean de la POrte et Jean d’Asnières, que les hommes assujettis à la moute de ce moulin tenaient par hommage de chevaliers tenant leur fief par fief de haubert de Robert Bertran; une partie des fiefs tenus dudit Robert est à Vieux, une autre partie à Boulon, à Thury et ailleurs…..
= IND. DELISLE Léopold, Recueil de jugements de l’Echiquier de Normandie au XIIIè siècle, cité par H. NAVEL, 1946-1951

1256
BUON LXXIII

1256, juillet
Guillaume d’Asnière, chanoine, et Gosselin, chapelain de l’autel Saint-Martin dans la cathédrale autorisent les Jacobins à construire une allée vers la rue Au Bouteiller, à travers leur propriété. L’évêque Foulques donne son accord.
= AD. 14. Jacobins, Hnc. 4/2

1350
Patronages appartenant à la famille Bertran et à quelques autres familles peut-être alliées:
Le Pin, R. de Vassié (id)
=  LONGNON Auguste, Pouillés de la province de Rouen, Paris, Imprimerie nationale, 1903, In-4°, LXXV-600 p.

1370
Sergenterie de Mouard   (Moyaux ?)
Fierville, Le Fauq, Saint-Jean-de-Lyvet (Saint-Jean-de-Livet), Brévedent, Esparfontaines (Eparfontaines), Saint Ligier d’Ouillie (Saint-Léger-d’Ouilly), Fierfol (Firfol), Fumichon, Hermival, Saint Martin d’Ouillie, Asnières, Saint-Denis-du-Val-d’Orbec, Saint Pierre, Saint Hippolyte de Canteloup, Saint Léger de Glatigny, Fontenelles, Fauguernon, Nouerolles (Norolles), Saint-Philbert-des-Champs, Escorcheville, Sainte-Croix de Cormeilles, Saint-Seveistre de Cormeilles, Mouard (Moyaux), Le Pin, L’Ostellerie (L’Hôtellerie), Saint-Martin-de-la-Lieue
= BN Fr. 26.010, N° 1087
+ IND. AD 76 16 F 7. Fonds de FRONDEVILLE.

1398, 15 décembre
Information du vicomte d’Orbec pour la mise hors de garde noble de Thomas d’Asnières, fils de Jean d’Asnières.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 6, pp. 339-340.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 1-2, 1967, p. 38.

1402, 1er août
Information de Guillaume de Longueil, vicomte d’Auge, pour la mise hors de garde noble de Jean d’Asnières, écuyer, seigneur de Courbépine, de Launay (Orne, commune de Gacé), et de la Saussaye (S-M, c. Yerville), né à Chaimont, le 30 avril 1380, fiels de Jean d’Asnières, écuyer, mort en octobre 1382, et de Jeanne d’Aunay.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 6, pp. 205-206.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVIII, fasc. 3-4, 1969, p. 10.

1444
Compte de Jean Le Muet
La famille Le Mire est restée fixée à Saint-Philbert-des-Champs et au Pin, où elle a possédé les fiefs du Béchet, d’Angerville et de la Pinterie. Lefèvre-Pontalis signale dans son étude sur la Guerre de partisans, que Guillaume Le Mire, écuyer du parti anglais, âgé de 20 ans, en mai 1427, frappa mortellement un Français dans une rixe à Fauguernon.
= EDIT.: Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-Michel 1444. Jean Le Muet, Vicomte et receveur dans Etudes lexoviennes, IV.

1463 Recherche de Montfaut
LISIEUX. NOBLES
En l’élection de Lisieux, ensuivent les personnes qui ont esté, par le rapport des Elus, trouvés gens nobles et extraicts de noble lignée, et non assis à la taille, et par le rapport d’aultres, à leurs âmes et consciences.
Page 23, sergenterie de Moyaux :
28
Jean d’Anezy, Le Pin (Jean d’Anisy)
= P.A.M. LABBEY de LA ROQUE .- Recherche de Montfaut, Caen, 1818, in-8°.

1486.- Le Brèvedent
Procédure aux Assises d’Orbec entre Artur de Vierville, seigneur et baron de Creully et Jean d’Anisy, seigneur du Pin, concernant la possession du fief de Brèvedent.
= AD14 – Baronnie de Creully . E 874

1515, 25 février – Lisieux
Michel Le Valoys bourgeois de Lisieux, fils et héritier en partie de feu Nicolas Le Valoys en son vivant sieur du Mesnil-Guillaume vend et transporte à Guillaume Carrey marchand drapier demeurant à Saint Jacques de Lisieux un fief noble appelé le fief du Pin, à court et usage de toutes ses dignités et appartenances assis en la paroisse du Pin. Lequel fief led. défunt Levallois avait eu et acquis de Jehan de Bienfaite écuyer sieur de Moyaux par lettres passées devant les tabellions de Lisieux le 22 juillet 1499. La vente faite moyennant 450 livres tournois.
= Tabell. Lisieux – Analyse Et. Deville

1537 – Fauguernon – Saint-Philbert-des-Champs
Copies d’aveux rendus à Marie de Cerisay, dame et vicomtesse héréditale de la vicomté et châtellenie de Fauguernon et du château du Pin, de la vavassorerie par Guillaume Le Cordier, sise à Saint-Philbert-des-Champs –
= in Armand BENET, Inventaire …, 1891, H. Suppl. 58.- B.55, p. 19

1540 RECHERCHE DES NOBLES DE L’ELECTION de LISIEIUX
Faite en 1540…
118.- Jean Le Mire, Sr du Buquet, et Martin, sieur de la Pinterie son neveu, ont dit être nobles de toute ancienneté, et, pour le justifier, ils ont produit un arrest de nos dits Srs les généraux, donné le  avril 1483 au profit de Richard le Mire, père dudit Jean et ayeu du dit Martin, sur le fait de sa noblesse; duquel Richard, ils ont dit fournir leur descente.
= LABBEY de LA ROQUE .- Recherche faite en 1540, par les Elus de Lisieux des nobles de leur Election, Caen, Poisson, 1827, In-8°, 170 p.

1544, 18 septembre – Lisieux
Contrat de vente entre noble homme René Bouthin (Boutin), sieur de la Thil­louze, d’une part et dame Marie de Croisar (Marie de Cerisay), dame du château du Puy (Pin), en Normandie, près Lisieux, d’autre part, veuve de maître Gaston de Brozay (Brézé), chevalier, seigneur de Faugarnon (Fauguernon).
= Catalogue des Archives du Collège héraldique de France – Normandie, N°411

1557 (n. st.), mardi 26 janvier – Moyaux
Guillaume et Pierre Auber, père et fils de la paroisse de Moyaux, vendent à Guillaume Darannes, receveur de la solde des gentz de guerre des vicontez d’Orbec et Montreuil, le fief et droit seigneurial que lesd. Auber ont es fiefs et terres du Val d’Asnières, Le Pin et saint Mathias, assis ès paroisses d’Asnières, Moyaux et ès environs, contenant en domaine fieffé 60 à 70 acres de terre et autres droits seigneuriaux, moyennant 70 livres 10 sols.
= Tabell. Lisieux. Analyse Et. Deville.

1571 – Fauguernon – Saint-Philbert-des-Champs
Copies d’aveux rendus à Louis de Brézé, évêque de Meaux, abbé de Saint-Pharon et Igny, seigneur et baron de la Haye-du-Puits, châtelain et vicomte de Fauguernon, sieur du château du Pin, de la vavassorerie par Romain Le Cordier, sise à Saint-Philbert-des-Champs –
= in Armand BENET, Inventaire …, 1891, H. Suppl. 58.- B.55, p. 19

1575, samedi 10 septembre – Prêtreville
Noble homme Gabriel Duquesnel, seigneur de Coupigny, gentilhomme ordinaire de la chambre de monseigneur frère du Roi, guidon de la compagnie de Monsieur de l’Héricourt capitaine de cinquante hommes d’armes, vend à maistre Jehan Desperroys, licencié ès droits, sieur de la Pinterie, bailli vicomtal et Elu de Lisieux, les fiefs, terres et seigneurie de Poys assis et situés aux paroisses de Prêtreville et Saint-Mards-de-Fresne, consistant en manoir fieffé et non fieffé, terres, manoir, colombier, droit de présentation à la cure de Prêtreville, moyennant 5.000 livres tournois. Passé à Lisieux, en la maison dudit acquéreur, présents Me Michel Deschamps, prêtre et Jehan Davoust, de Lisieux.
= Tabell. Lisieux. Analyse Et. Deville.

1654, 2 octobre – Les Vaux
Jehan Herin et Françoise Noel, sa femme, de la paroisse du Pin, reconnaissent avoir vendu à Guillaume Le Vavasseur, sieur de la Coudrerie, demeurant à Lisieux, paroisse Saint-Jacques, deux pièces de terre, sises en la pa­roisse des Vaux .
= Tabell. Lisieux. Etude Delarue. Minutier n° 237-238. Analyse Et. Deville.

1714 – Le Pré-d’Auge
Anne,(?) fille de Georges Jourdain et de Marguerite Houssaye épouse Jacques Legrand, fils de Jacques et d’Anne Vaudon de la paroisse du Pin
AD 14 – Cité par S. et H. PAUMIER, « Thuilliers … », HTPSPD, n° 37, p. 3

1715 – Le Pin-en Lieuvin
 » Mémoire pour Messire L.F. Le Conte de Nonant contre J. F. Le Conte de Nonant et Jean de Bottey – Seigneuries de Malou, du Pin, Châtellenie de Fauguernon – Nom des possesseurs – Imp. 35 p.
= Arch. SHL. Catalogue des Imprimés, (I J 2)

1770, juillet – Le Pin-en-Lieuvin, Le Breuil-en-Auge
Par devant Jean Baptiste … garde note du Roy au Bailliage d’Orbec pour le siège de Blangy, Furent présent Jaques Guesnel, journalier fils et héritier de pierre qui était fils de Louis demeurant en la paroisse du Pin, Lequel, instance et requête de Catherine Toutain veuve de Thomas Gossey fille et héritière de feu adrien qui avoit épouzé Françoise Guesnel soeur dudit Louis demeurante en la paroisse du Breuil, a reconnu être tenu, sujet, obligé faire et payer au vingt neuf juin de chaque année à ladite veuve Gossey ce acceptante, une partie de soixante sols de rente dotale devenue foncière en laquelle ledit Louis Guesnel se seroit constitué et obligé envers ladite Françoise Guesnel pour sa légitime en mariage avenant sur les successions de leurs père et mère, par contrat passé devant Jouen notaire au Breuil vingt neuf décembre mil sept cent vingt deux …
= M.C. pièce mutilée servant de couverture à l’Abrégé / de l’Histoire / Sainte / Par demandes et par réponses / Pour facili­ter à ceux qui instruisent les Jeunes / Gens, les moyens de leur inspirer de bonne / heure des sentiments chrétiens, et d’établir / solidement dans leur esprit les vérités de notre sainte Religion ./ Nouvelle édition ./ Lisieux ./ A la Librairie Religieuse et Classique / de J.J. Pigeon,/ Rue Grand’Rue, n° 63 / 1845./ in-32°, XI – 128 p., front.  » Le Déluge  »

1786 –
Archives SHL 1F520 :

1786 : Famille Lachey, laboureur, Le Pin.(saisie­ mobilière)

1792
Etat des biens sequestrés révolutionnairement dans les communes de Moyaux, Boutemont, la Chapelle-Hareng, Courtonnel, Courtonne-la-Meurdrac, Cordebugle, le Pin, Marolles, Saint-Michel-des-Monceaux, Mesnil-Simon, Ouilly-le-Vicomte, Saint-Germain-de-Livet, Saint-Hippolyte-de-Cantelou.
= Arch. SHL. Ms. J 96

An IV, 21 messidor (1796, 7 août) – Moyaux
Procès-verbaux des visites des moulins du canton de Moyaux:
8
Le Pin, moulin d’Asnières : Georges Paisan, meunier et faisant valoir = poids exacts
Le Pin : moulin du Pin : Anthoine Verger : poids exacts
= A.D. 14 – L. Administration IV Police 41)

Fief relevant de la vicomté d’Orbec.
Par. de Notre-Dame,
patr. le seigneur du lieu.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Moyaux.
Génér. d’Alençon,
élect. de Lisieux,
sergent. de Moyaux.
Maladrerie.

4- Notes de Charles VASSEUR.

Doyenné de Moyaux :
6 – LE PIN (Ecclesia de Pynu ou Pinu) –
Election de Lisieux, sergenterie de Moyaux – 203 feux

Sous l’invocation de Notre Dame.

Patronage :
XIVe  Roland de Vassie ou Vassy 1337
XVIe Dominus temporalis loci
XVIIIe  le seigneur

Curés :
Pigny 1774
Houel 1783/1787

Insinuations :

Description de l’église du 26 août 1853
Description de la cloche
L’an 1731 j’ai été bénite par Discrète Personne Messire Jean Pierre Pigny prêtre curé de cette paroisse du Pin, nommée Marie par Messire Jean Léonor Du Four, chevalier, seigneur et patron du Pin, du Baugouet et autres lieux, ert Noble Demoiselle Marie Aimée Achard du Faulq, mon parrain et ma marraine, Messire Nicolas Roussel, prêtre vicaire, et François Simon, trésorier.
Le Pin et la Table d’Asnières 1 plein fief de haubert
Jacques d’Anisy, seigneur du Pin en 1524.

En 1713 le Marquis de Pierrecourt se qualifie de seigneur du château du Pin et autres lieux.
Le vieux château marqué sur Cassini est à peu de distance au sud de l’église vers Lisieux sur le bord de l’ancien chemin de Cormeilles (voie romaine)
Rolland de Vassy était seigneur du Pin 1337-1338-1339
Jean Léonor du Four, chevalier
Les Achards de Vacogne 1715-1697-1720-1723-1725
En 1713 le comte de Nonant encore en 1775
Jean Pierre Du Four présente à la cure en 1729(procureur général à la Cour des Comptes)
Dispense de bans pour Messire Louis Achard, fils de feu Messire Charles Achard, chevalier, seigneur et patron du Pin, de Vacogne et autres lieux et de Noble Dame Marie Antoinette Lepetit de la paroisse du Pin, et de Mademoiselle Marie Madeleine de Giverville, fille de feu Messire Charles de Giverville, écuyer, seigneur de Trousseauville et de Noble Dame Françoise d’Aubert de Vertot, de St Ouen du Pont Audemer.29 janvier 1715.
Dispense de mariage pour Charles Achard, écuyer, seigneur de Saint Manvieu, diocèse de Coutances, et pour Demoiselle Marie Renée Achard, de la paroisse du Pin, parents au 4degré. 4 août 1702.
Dispense de bans pour Messire Léonor Achard, chevalier, seigneur de Vacogne, fils de Messire Charles Achard, chevalier, vivant seigneur et patron du Pin, et de Dame Marie Antoinette Lepetit, de la paroisse du Pin et pour Noble Demoiselle Marguerite Françoise du Fourt, fille de Messire Barthelemy du Fourt, vivant chevalier seigneur du Faulq, conseiller du Roy, membre ordinaire en sa Cour des Comptes Aides et Finances de Normandie et de Dame Claude Françoise du Hamel, demeurant en la ville de Rouen 17 septembre 1709.
En septembre 1713 le château du Pin était échu aux Le Comte de Nonant.

Description des vestiges d’un château du XIIe siècle
Description du château actuel

Camp du Pin
Il existe au Pin dans un bois situé à une demi-lieue de la voie romaine, allant de Lisieux à Pont-Audemer un camp carré que je n’ai pas encore visité mais que l’on me signale comme romain ; Cette opinion me paraît d’autant plus vraisemblable que la campagne du Pin est jonchée de tuiles à rebords.
Tuiles à rebords et fondations de murs dans la campagne située à l’est de l’église et au nord de l’ancien château. La tradition rapporte, comme à Villiers le Sec,  que le village était très anciennement place où l’on trouve des antiquités romaines.
Nous voyons dans l’interrogatoire de Pierre du Tertre, secrétaire du Roi de Navarre, qu’il assembla vers 1374 des gens d’armes de la contrée et alla s’emparer du Fort du Pin défendu par Taupin du Mesnil. du Tertre le fit détruire.
Au XIVe siècle, Roland de Vassy était seigneur et patron du Pin Son nom figure dans les Pouillés (1337-1338-1339)
En 1463, Montfaut n’inscrit dans sa Recherche qu’un seul gentilhomme demeurait au Pin, c’est Jean d’Anisy. Il comparut aux Montres du Bailliage d’Evreux  6 ans plus tard en 1469. Il est qualifié de seigneur des fiefs Tilllars, du Moustier, de Crulley, La Table, et Asnières, assis au Pin. Il suivait ordinairement la carrière des armes et faisait partie de l’armée régulière(de l’ordonnance du Roy)
A la même montre figurent : Richard Lemire, seigneur du Fief du Chastel du Pin et autres fiefs. Il était armé en costume d’archer à deux chevaux, puis Perrin des Haies, pour la vavassorerie dudit assis au Pin, armé de brigandine, salade et vouge.
Malgré la confusion de ces documents on peut dire que le seigneur du Pin était Jehan d’Anisy.

Dans la recherche des élus d Lisieux de 1540 on retrouve Charles d’Anisy, qualifié seigneur dudit lieu du Pin, qui produisit une généalogie de 6 degrés dont la preuve la plus ancienne était ; lettre de 1315 sur le nom de Messire Torces d’Anisy, chevalier et Dame Perronnelle ou Perrette de Malesmains sa femme.
Dans la même recherche on trouve aussi Le Mire, Marin Lemire, seigneur de la Puiterie, tandis qu’un acte original du 20 septembre 1537 fait mention de Noble Dame Marie de Cerisay, dame et vicomtesse héréditale de la vicomté de Fauguernon et du chasteau du Pin(probablement le même que le chastel du Pin)
La fin du XVIIe siècle nous montre une nouvelle famille en possession de la terre du Pin. Un reçu du XVIIe siècle d’un contrat du 4 juin 1651 donne le nom de F.Achard. D’autres actes du 10 novembre 1687 donnent les noms de Noble seigneur Messire Charles Achard, chevalier, seigneur et patron du Pin et y résidant,  et de Messire Joseph Achard qui était alors décédé. Un autre acte du 26 mai 1676 lui donne les qualités de prêtre, bachelier en théologie, de la Faculté de Paris, abbé administrateur de la Magdeleine du Pin, curé recteur de la paroisse Notre Dame dudit lieu, protonotaire du Saint Siège apostolique, conseiller du Roy, aumônier ordinaire de sa Majesté.
Le même en 1683, 4 ans avant sa mort, était curé de Saint Silvin.
La Madeleine du Pin n’était pas une abbaye comme on pouvait le croire par ce titre pompeux d’abbé administrateur que prend Joseph Achard. C’était tout simplement une ancienne léproserie qui fut réunie, comme les autres établissements du même genre à l’Hôpital de Lisieux en 1698.
Charles et Joseph Achard firent leurs preuves de noblesse avec un autre de leurs frères, nommé aussi Charles lors de la recherche de 1666 et furent trouvés anciens nobles.
Charles Achard, seigneur du Pin figure aussi dans l’Armorial de d’Hozier avec Marie Antoinette Le Petit, sa femme.

Ils portaient :

1 d’azur au lion burelé d’argent et de gueules de  dix pièces
2 d’azur à l fasce d’argent chargée d’un léopard de gueules.

Charles Achard eut probablement pour fils, dans tous les cas pour successeur, Noble Seigneur Messire Marc-Aurèle, François Aschard, chevalier, seigneur et patron du Pin et autres terres et seigneuries demeurant en son manoir seigneurial dudit lieu du Pin (1703/10 mars 1712)
En 1856, le château du Pin appartenait à Madame de Nonant, veuve Duprat.

Recherches de 1666
Charles et autre Charles et Joseph Achard, frères, anciens nobles.
Philippe Lemire, seigneur des Forest, ancien noble
Robert et Charles le Bachelier, anciens nobles.

Le Château du Pin fut habité momentanément par Monseigneur de la Ferronnays, évêque de Lisieux, avant son départ définitif de son diocèse. Monsieur l’Abbé de Boismont, archidiacre de l’église métropolitaine de Rouen l’habitait depuis quelque temps.
Ce même abbé de Boismont prédicateur ordinaire du Roy, abbé commendataire de Grétain et l’un des Quarante de l’Académie, fit le 1er juin 1781, dans la chapelle du Louvre, l’oraison funèbre de Marie Thérèse, archiduchesse d’Autriche, impératrice douairière, reine de Hongrie et de Bohême.

LE PIN. – Le tableau d’assemblage du cadastre porte deux mentions de vieux retranchements:
1° « ancien château-fort» à un kil. E.-S.-E. de l’église (B, 725) ;
2° « place d’un vieux château » à l’extrémité N.-O. de la commune, à 1.800 m. environ de l’église (B, 243).
Tous deux ont été décrits par de Caumont (8).
(8) Caumont, Cours, II, p. 323 ; V, p. 152-154 ; Stat. mon., V, p. 58-59

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT.

Le Pin-En-Lieuvin, Ecclesia de Pynu, de Pin.

Celte localité, traversée par la voie antique de Lisieux à Pont-Audemer, a très-probablement une origine romaine.
Dans la campagne, à l’est de l’église, on a trouvé des tuiles à rebords et des substructions. De plus, il existe dans un bois, situé à une demi-lieue de l’ancienne voie romaine, un camp carré qui doit dater aussi de cette même époque (V. Cours d’antiquités, t. II, p. 237 et 323).

L’église ne paraît pas remonter au-delà du XVIe. siècle : tous ses murs sont construits en blocage formé de silex non
taillés, genre de construction dont il est impossible de préciser la date ; mais la plupart des contreforts, qui sont en
pierre de taille, portent le cachet de la dernière époque ogivale, ainsi que celles des fenêtres qui n’ont point été mutilées.
La tour, en avant-corps sur le pignon occidental, accuse parfaitement aussi ce même XVIe. siècle. Elle est carrée, construite en grand appareil, avec deux contreforts sur chaque côté, mais posés sur les angles. Elle est terminée par une sorte de dôme en ardoise, surmonté d’une lanterne qui date probablement du XVIlle. siècle.
Beaucoup de retouches ont été faites alors dans l’église, car on lit sur les panneaux de la porte d’entrée, sur les fenêtres et ailleurs, les dates 1664, 1770, 1773.
L’intérieur, pas plus que l’extérieur, n’arrêtera longtemps l’archéologue. Les voûtes sont en charpente, mais on a enlevé les entrait: de celle du chœur. Les fenêtres, régularisées pour la plupart, ont reçu des vitraux modernes des fabriques de Paris.
Une chapelle seigneuriale communique avec le chœur par un cintre brisé, garni d’un tore qui retombe sur deux colonnes engagées, à chapiteaux toscans. Deux culs-de-lampe dans le chœur, sculptés en pierre et d’un travail du XVIe. siècle, représentent des anges à longues robes flottantes soutenant des écussons. En les examinant attentivement, j’ai cru reconnaître qu’ils avaient été chargés d’un lion rampant (1). Sous le badigeon, reparaît aussi le contour des blasons d’une litre funèbre où étaient peints des croissants (2).
La chaire est une bonne menuiserie de la fin du règne de Louis XIV. Les autels sont des dernières années du XVIIIe.
siècle.
La cloche, qui mesure 3 pieds de diamètre inférieur, porte l’inscription qui suit :

LAN 1731 IAY ÉTÉ BENITE PAR DISCRETE PERSONNE M » JEAN PIERRE
PIGNY Plr CYRE DE CETTE PARCOISSE DV PIN, NOMMÉE
MARIE PAR MESSIRE JEAN LEONOR DV FOVR CHEVALIER SEIGNEVR
ET PATRON DV PIN DV BEAVGOVET ET AVTRES LIEVX ET NOBLE
DAMOISELLE MARIE ANNE ACHARD DV FAYLQ MON PARRAIN ET
MA MARRAINE. Mre NICOLAS ROVSSEL P' » VICAIRE ET FRANÇOIS SIMON TRESORIER.

L’if du cimetière mesure environ 8 pieds de circonférence à sa partie moyenne.

Le Pin dépendait de l’élection de Lisieux, sergenterie de Moyaux : on y comptait 203 feux (3). Pour l’administration
ecclésiastique, elle était comprise dans le doyenné de Moyaux.
L’église est sous l’invocation de Notre-Dame.
Le patronage était laïque. Au XIVe. siècle, Roland de Vassy était seigneur et patron
du Pin (1337-1338-1339). En 1463, Montfaut n’inscrivit dans sa Recherche qu’un seul gentilhomme demeurant au Pin, c’était Jehan d’Anisy. Six ans plus tard, il comparut aux montres du bailliage d’Évreux, et il est qualifié de seigneur des fiefs Tillars, du Moustier, de Creully, la Table et Asnières assis au Pin. Il était gendarme de l’ordonnance du roi.
A la même montre figurèrent Richard Le Mire, seigneur du fief du chastel du Pin et autres fiefs, puis Perrin des Haies cc pour la vavassourerie dudit assise au Pin. »

Dans la Recherche faite par les élus de Lisieux, en 1540, on trouve Charles d’Anisy, qualifié seigneur dudit lieu du Pin. On y voit aussi Marin Le Mire, sieur de La Pinterie. Le chastel du Pin était alors entre les mains d’une autre famille ; car on a vu, dans un acte de 1537, cité à l’article de FAUGUERNON, que noble dame Marie de Cerisay ajoutait à sa qualité de vicomtesse de Fauguernon, celle de « dame du chasteau du Pin. »

Ce chastel ou chasteau du Pin est un monument archéologique intéressant. Il est situé non loin de l’église. Il a été figuré dans l’Abécédaire d’archéologie et dans l’Histoire sommaire de L’architecture au moyen-âge.
Ce château est peu considérable, mais fort curieux ; il offre deux enceintes entourées de fossés. La première enceinte ou basse-cour présente la forme d’un demi-cercle, dont le grand diamètre est de 120 pieds et le petit diamètre de 76.

La seconde enceinte est ovale. Elle renferme les ruines d’un donjon carré-long, dont les murs, épais de 8 pieds, s’élèvent encore, d’un côté, à une hauteur de 10 à 12 pieds ; ils sont revêtus de petites pierres cubiques fort régulières, comme on en voit dans les murailles romaines : ce qui déjà nous autoriserait à assigner à cette construction une date assez reculée, quand nous ne saurions pas que le seigneur du Pin assistait à la bataille d’Hastings. Ce donjon, l’un des plus petits que j’aie observés, contenait seulement, au rez-de-chaussée, deux appartements carrés de 17 pieds chacun, et il n’avait que 52 pieds sur 34 hors œuvre. Les fossés ont à peu près 25 pieds de largeur, et l’on devait communiquer, au moyen d’un pont, de la première à la seconde enceinte.

Il est probable que la destruction de cette forteresse date de l’année 1374; car on voit que ce temps Pierre du Terte, secrétaire du roi de Navarre, ayant assemblé des gens d’armes de la contrée alla s’emparer du fort du Pin, défendu par Taupin du Mesnil et le fit détruire (V. Canel, Histoire de l’arrondissement de Pont-Audemer, t. II, p. 370 ).

Charles-le-Mauvais était seigneur de Pont-Audemer, c’était pour le Pin un voisin dangereux.

A ce premier château en a succédé un autre, qui mérite aussi de fixer l’attention. Il a été reporté de l’autre côté de l’église, vers le Faulq. Je crois qu’on doit l’attribuer au règne de Louis XIV. ‘
Le principal corps de logis, avec deux gros pavillons formant ailes, est construit en briques et chaînages de pierre en bossages. Des lignes de briques noires vernissées dessinent dans le plein des murs des figures variées, comme losanges, etc.,
On y distingue aussi, dans un encadrement de pierre blanche faisant cartouche, si l’on peut s’exprimer ainsi, trois figures en briques noires que l’on peut prendre pour des maillets, et qui probablement ont une signification héraldique. Les combles, en ardoise, sont
mouvementés par des lucarnes circulaires.
Les pavillons sont couronnés par un bel épi en plomb repoussé.
Les deux façades sont identiques.
Deux petits bâtiments, à usage de communs, forment deux ailes séparées ; mais je les crois seulement du règne de Louis XV.
Un puits avec armatures de fer contournées se trouve au centre du préau. Des avenues considérables existent encore.
Ce château n’est plus habité. L’une des salles, cependant, a conservé sur ses murs quatre magnifiques pans de tapisserie de haute-lice, à personnages, qui peuvent remonter au règne de Louis XIII.

La bordure qui les entoure se compose d’une série de médaillons contenant des petits sujets, répétés symétriquement dans chacun des quatre pans de tapisserie. Des inscriptions, tissées dans l’étoffe, indiquent la signification de ces représentations; ce sont six des merveilles du monde :

DIANAE• EPHESIAE MAVSOLAEVM .
TEMPLYM PHAROS

PYRAMIDES EGPTI OLYMPY . IOVIS
SIMVLACRVM.

BABYLONIS.MVRI.

Les grands sujets, qui occupent le centre, sont aussi indiqués par des inscriptions :

ASDRVBAL ROMANI.
FILIAM • SVAM • PVG.VANTES •
BECI • SYPBACI• CVM . HANIBALE • IV
IN • VXOREM • XTA • FLVMEN • TRE
TRADIT. RIAM . VICTI.

SAGTNTINI ROMANI • POST
COMBVRNT • SVAS M\ LTA – PRAELIA . TRI
OPES • DYM VMPHANTES • ROM
HANIBAL • EXPUGNA AM • REDEVNT

Les dessus de porte sont ornés de trumeaux à personnages peints sur toile, dans le genre de Boucher. Ils ne sont pas sans valeur. Enfin une belle glace, en rapport par son style avec le reste de la décoration, surmonte la cheminée.
Ce château, qui ne mérite pas l’état d’abandon dans lequel il est laissé et le sort qui l’attend, a aussi son passé historique.
Mgr. de La Feronnaye, dernier évêque de Lisieux, l’un des plus illustres prélats de ce siège, qui en compte tant d’illustres, y fit momentanément sa résidence pendant la tourmente révolutionnaire, avant son départ définitif de son diocèse. M. de Boismont, chanoine, archidiacre de l’église métropolitaine de Rouen, l’habitait déjà depuis quelque temps.
M. l’abbé de Boismont, abbé commendataire de Gretain, au diocèse de Lisieux, avait été prédicateur du roi et l’un des Quarante de l’Académie. C’est lui qui avait fait, le 1er. juin 1781, dans la chapelle du Louvre, l’oraison funèbre de Marie-Thérèse, archiduchesse d’Autriche, impératrice douairière, reine de Hongrie et de Bohême.

Tout porte à croire que ce nouveau château du Pin a été construit par la famille Achard, qui possédait cette terre aux XVII. et XVIIIe. siècles. Divers actes originaux m’ont fourni les noms de noble seigneur messire Charles Achard, chevalier, seigneur et patron du Pin, y résidant; de messire Joseph Achard, prêtre; de François Achard. Les deux premiers firent leurs preuves de noblesse avec un autre de leurs frères, lors de la recherche de Marie, en 1666. Charles Achard figure aussi dans l’Armoriai manuscrit de d’Hozier avec Marie-Antoinette Le Petit, sa femme. Il eut probablement pour fils, dans tous les cas pour successeur, noble seigneur messire Marc-Aurèle-François Achard, chevalier, seigneur et patron du Pin et autres terres et seigneuries, demeurant en son manoir seigneurial dudit lieu du Pin, suivant des actes de 1703 et 1712.
Maintenant cette terre appartient à Mme. du Prat, née de Nonant.
Il existe aussi sur cette même paroisse, tout près de l’église, une belle habitation moderne, construite il y a quelques années par M. du Hauvel. Elle est entourée d’un beau parc.

Ce château occupe l’emplacement d’un ancien fief, car on voit encore dans les dépendances un colombier octogone du XVII. siècle ; mais j’ignore le nom qu’il portait.
Outre les familles qui ont déjà été nommées, les Recherches mentionnent plusieurs gentilshommes qui faisaient leur résidence au Pin, et probablement y possédaient fief. Ainsi, en 1666, avec les Achard, se trouvent inscrits : Philippe Le Mire, sieur des Forest, et Robert et Charles Le Bachelier, tous qualifiés d’ancienne noblesse. Maladrerie.

Il y avait encore au Pin une maladrerie qui fut réunie, en 1698, avec les autres établissements de ce genre à l’Hôpital général de Lisieux. Le protocole d’un acte du 26 mai 1676 fournit le nom de « messire Joseph Achard, prêtre, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, abbé administrateur de la Madeleine du Pin, curé-recteur de la paroisse de Notre-Dame dudit lieu, prothonotaire du Saint- Siège apostolique, conseiller du Roy, aumosnier ordinaire de Sa Majesté.
En dépit de cette pompeuse énumération, la Madeleine du Pin ne fut jamais une abbaye, mais une simple léproserie d’un mince revenu.

(1) Achard : d’azur au lion burelé d’argent et de gueules.
(2) Du Four : d’azur à trois croissants d’or et une étoile de même en abîme (La Galissonnière).
(3) 203 feux équivalent à un millier d’habitants. Le dernier recensement a constaté qu’il n’y en avait plus que 747. La proportion de la diminution est constante dans toutes les communes rurales.

[1] CAUMONTA. de, Statistique monumentale, t. V, pp. 59-61

[2] Dates correspondant au mariage entre François Achart et Madeleine de Mailloc au marché des travaux à l’évêché cité ci-dessous .

[3] Cf. entre autres le plan publié par Yves NEDELEC, Construire en style Louis XIII sous Louis XV. Quatre exemples manchois in Recueil d’études en hommage à Lucien Musset, Cahiers des Annales de Normandie, N° 23, 1990, pp. 467-480, fig. 8, du château de Chiffrevast élevé en 1618.

[4] Voir à ce sujet Louis HAUTECOEUR, Histoire de l’architecture classique en France, I, III**, pp. 683 sq.

[5] Archives de la Société Historique de Lisieux – Copie d’Et. DEVILLE.

[6] DETERVILLE Philippe, Richesse des châteaux du Pays d’Auge , pp. 118 sq.

[7] D’après les notes du marquis de VASSOIGNE citées par Joseph CORNU dans Promenades à travers les communes rurales des environs de Lisieux, Lisieux, Emile Morière, 1938, 95 p.; pp. 65-67″.

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