MEULLES



NOTES  sur MEULLES – 14429

Molis, Mollis ou Moeles

1 – Manoirs.
2 – Bibliographie.
3 – Pièces historiques.
4 – Archives ShL.

1 – Manoirs
Michel COTTIN

Manoir des ETEUX
Visite du 22 janvier 1994

Grande bâtisse XVIIe – XVIIIe siècle dont certaines parties pourraient être plus anciennes.
Sans grand intérêt.

Manoir des Chênes Visite du 22 janvier 1994

Intéressant ensemble d’un manoir entouré d’un fossé quadrangulaire avec une étroite plate-forme au sud et des murs plongeant dans les fossés sur deux côtés.
Seuls les murs pignon sont en partie visibles. Celui de l’est présente au centre un large massif de cheminée encadre de deux pans de bois. La maçonnerie paraît pouvoir remonter au XVIIe siècle.
Le massif de cheminée sur pignon, à l’ouest semble appartenir à une construction plus ancienne et paraît être plaqué avec un ressaut. Cette cheminée possède d’ailleurs une modénature prismatique caractéristique de la fin du XVe siècle.
La partie supérieure du pan de bois du mur gouttereau sud (?) est actuellement recouverte d’un essentage d’ardoise qui laisse apparaître les saillies des parties supérieures des poteaux qui semblent être de l’extrême fin du XVe siècle ou des premières années du siècles suivant.
Cette façade a été récemment malheureusement fort mal restaurée et recouverte d’un essentage de tuiles disparates de couleur, posées comme pour une toiture masque entièrement le pan de bois ancien. Une aquarelle conservée par le propriétaire présente cette façade avant cette « restauration » avec des écharpes obliques calant les poteaux principaux ce qui laisse à supposer une reprise ancienne, de la fin du XVIIe siècle ou du premier quart du siècle suivant.

LA BATAILLIERE

Imposante maison, bien proportionnée, avec cheminées sur les pignons, dont la façade principale est entièrement de brique – sans doute des toutes premières années du XIXe siècle tandis que la façade postérieure offre un emploi de brique beaucoup plus tardif avx des baies cintrées dont l’arc est souligné d’un cordon de briques saillantes. Le mur pignon visible de la route, par contre, a conservé son pan de bois avec des grands entrecroisements de colombes typiques de la seconde moitié du XVIe siècle. On voir encore, à gauche du massif les deux niveaux de volets à panneaux pleins, de cette époque, qui s’ouvraient sur ce pignon.

2 – Bibliographie:

CAUMONT Arcisse de: Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome III, page 750.

Editions FLOHIC: le patrimoine des Communes du Calvados page 1232.

LETOREY Dominique: des bois de Meulles à la Fontaine du val Ratier
PAR 47e année – n°9 décembre 1997.

PERROTE J., Notice historique et statistique sur la commune de Meulles, Multig. s.l.n.d., 21 p.
= Arch. Départ. du Calvados, Br. 3325

Meulles, CDMPA, pp. 64-67
Meulles, Manoir des Eteux, CDMPA, pp. 68-70

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes par M. Ch. Vasseur.

Meulles, Moloe, Molloe, Moeles, Meules.
La paroisse de Meulles s’étend dans la plaine qui sépare la vallée de la Touque de la vallée de l’Orbiquet. Son origine est fort ancienne, car on la trouve mentionnée dans des chartes dès le commencement du XIe siècle. Toutefois, jusqu’à présent, on n’a pas trouvé sur son territoire de vestiges de l’occupation romaine.
L’église est un grand vaisseau largement éclairé; le choeur forme une très-légère retraite sur la nef. On y entre par une porte moderne, ouverte dans le mur de l’ouest et précédée d’un appentis en briques qui joue le rôle de porche.
Au-dessus, dans le triangle du pignon, s’ouvre une fenêtre également moderne. L’amortissement du gable est une croix de fer dont le pied sort d’une gerbe de lis emboutie: je ne crois pas que cette oeuvre de ferronnerie puisse remonter jusqu’au XVIe siècle.
La tour flanque l’angle nord, au niveau du mur du portail; mais elle fait complètement saillie sur le mur latéral. Elle offre les caractères de l’époque romane. Deux contreforts très-plats en grison buttent chaque face; les murs sont en blocage de silex. La seule ouverture qu’elle possède est une petite fenêtre cintrée ouverte à la base, vers l’ouest. Le couronnement consiste en une pyramide carrée servant de base à une flèche couverte d’ardoise.
Les murs latéraux sont d’époques diverses. Celui du nord, divisé en travées régulières par des contreforts peu saillants et parementé en pierre de marne de grand appareil, date du XVIe siècle. Les fenêtres ont été repercées postérieurement, sauf une. Au midi, la première travée, près du choeur, est seule du XVIe siècle; le reste est moderne, comme toutes les ouvertures.
Le choeur tout entier appartient au XIIIe siècle, mais il a subi des remaniements considérables ; les seules parties restées caractérisées sont les deux contreforts du chevet, la corniche en quart de rond des murs latéraux. Les fenêtres sont du XVIIIe siècle, ou même plus récentes du côté du nord ; mais dans la travée centrale du midi subsiste une belle ogive à moulures prismatiques, avec un meneau et une tracerie flamboyante; les autres sont, comme au nord, sans caractère.
Une sacristie en pierre, du XVIIIe siècle, d’assez bonne construction, cache la plus grande partie du chevet; on constate pourtant encore qu’il était presque tout entier occupé par une large fenêtre.
Les combles sont couverts en ardoise, ce qui leur ôte beaucoup d’ampleur et d’effet.
L’intérieur, modernisé, peut se décrire en quelques lignes. Voûtes plâtrées, après enlèvement des charpentes apparentes. Maître-autel insignifiant, avec un tableau daté de 1821. Le tabernacle, de forme ovale, avec trois niches, offre des peintures intéressantes.
Dans la seconde fenêtre, au nord, il subsiste quelques fragments de vitraux, entre autres un petit sujet, venant d’un couronnement de fenêtre flamboyante, représentant le Christ en croix avec la Vierge et saint Jean.
Indiquons encore, comme méritant un coup-d’oeil, six stalles en chêne sculpté style Louis XV, d’un bon travail.
L’arc triomphal consiste en une ogive à moulures prismatiques portées sur deux pieds-droits semi-cylindriques, disposition propre au XVI, siècle.
Les deux petits autels qui l’accompagnent doivent remonter au règne de Louis XIV. Ils sont à tombeau droit. Leur retable se compose de deux colonnes corinthiennes cannelées, rudentées, portant un fronton cintré coupé eu volute, avec un cartouche au centre pour amortissement. Une niche occupe l’entrecolonnement.
La tour était autrefois en communication avec l’église au moyen d’une arcade légèrement ogivale, à large voussure sans aucune moulure, appareillée en grison. Ce caractère fixerait la construction de la tour à l’époque de transition, bien que son aspect extérieur accuse une époque un peu antérieure.
Les amateurs d’ancienne liturgie trouveront, dans la sacristie de Meulles, une petite bibliothèque digne de fixer l’attention.
Nous citerons seulement :
1° Un Missel de 1672. Lyon, Antoine Beaujollin ;
2° Un Antiphonarium. Parisiis, Ve Hérissant, 1695 ;
3° Missale Romanorum ex decreto sacrosancti Concilii
Tridentini restitulum, etc. Lutetioe Parisiorum, sumptibus
Joannis Henault, MDCLV.
Le frontispice représente saint Pierre et saint Paul et deux anges au pied d’une croix.
M. Bouet a dessiné un lutrin qui pourrait être contemporain de ces vieux livres, et qu’en cette qualité, sans doute, on a relégué dans un magasin humide.
La Confrérie de charité a été érigée, en 1552, sous l’administration du cardinal Jacques d’Annebaut. Elle obtint une bulle d’Urbain VIII en 1637. Supprimée, à la Révolution, au nom de la liberté, elle s’est reconstituée en 4803; elle remplit encore ses fonctions.
Les statuts n’offrent rien de particulier. On trouve son blason dans l’Armoriai de d’Hozier.

L’église de Meulles fait partie du doyenné d’Orbec : elle est dédiée à saint Pierre. Le patronage appartenait à l’abbaye
de St-Pierre-sur Dives. Primitivement, Beaudouin de Meulles, fils du fameux comte Gillebert de Brionne, en avait aumôné la moitié à l’abbaye de St-Amand de Rouen, pro maire sua.
Ce monastère a conservé dans la paroisse des biens taxés à 50* de décimes.
S’il faut en croire Farin, les religieuses Emmurées de Rouen reçurent aussi de saint Louis, au moment de leur fondation, une masure et jardin à lui appartenant a Meulles, diocèse de Lisieux, pour en faire une grange.
La croix de cimetière date du dernier siècle. L’if situé à l’angle nord-ouest de l’enclos est magnifique ; son tronc mesure 11 pieds de circonférence.

Renseignements historiques.
— Le plus ancien seigneur de Meulles mentionné dans l’histoire est Beaudouin, deuxième fils du comte Gillebert de Brionne, issu des ducs de Normandie; il prit part à la conquête de l’Angleterre, et obtint du Conquérant la ville d’Exeter et la vicomté de Devonshire.
Il mourut en 1091. Il eut un fils, nommé Robert, et une fille qui épousa Guillaume d’Avranches.
Un seigneur de Meulles se battit à Brenneville, en 1119, du côté de Guillaume Cliton, dernier rejeton des ducs de Normandie.
Vers 1207, Nicolas de Meulles fit des donations à l’abbaye de St-Pierre-sur-Dives ; enfin, en 1366, Guillaume de Meulles aumônait aussi des biens à l’hôpital d’Orbec.
Le registre des dons de Henry V, roi d’Angleterre, parle de damoiselle Catherine de Meulles, veuve de feu Renard de Chambray ; mais je n’ai pu établir une filiation suivie pour ces divers personnages qui, probablement, n’appartiennent pas à la même famille.
A la fin du XVe siècle et au XVIe on trouve mention d’un certain nombre de fiefs situés sur le territoire de Meulles : le Hamel Crossart, appelé par Cassini le Hameau-Boissard, possédé, en 1469, par Robin des Landes; Brionne, qui fut longtemps dans la maison d’Harcourt; les Esteux, dont on trouve en possession, en 1469, un nommé Pierre La Perque; en 1524, Marc de Malenoue; et au commencement du XVIII, siècle, Philippe de Mailloc, d’une autre famille que les titulaires de la baronnie de Mailloc; enfin la Cousture, dont jouissait, en 1562, Julien Cruerin, escuyer.
La paroisse de Meulles dépendait de l’élection de Lisieux, sergenterie d’Orbec. Elle comptait comptait 220 feux ou 1,100 habitants.
La population actuelle est de 780.
Maistre Pierre Després, régent au collége Dubois vers 1517, docteur en théologie et très-grand prédicateur, a vu le jour au village de Meulles.

3 – Pièces historiques:

962-996 – Meulles
Richard Ier fondateur de St Taurin d’Evreux, lui donne (…) dans le Lieuvin, de la terre à Martainville, Ormes (Ormes = canton de Conches, Martainville = canton de Beuzeville.), à Meulles.
… In Lisvino terram apud Martini Villam et apud Ulmeia et apud Molas, unde plurimorum vavassorum redditur servitium monachis et liberas consuetudines par totam terram suam…
= FAUROUX M. 1961, n°5, p.76

1444
Compte de Jean Le Muet
p. 183 (196) – De la ferme des Moustiers Hubert par Guillaume Le grain. Pour les deux pars à ce terme, ije derrain paiementxxi L vj s. viij d. (En février 1432 (n.st.) avait eu lieu une information sur la valeur de cette ferme à la requête de Pierre Loret, de Meulles, pleige de Jehan du Mesnil, naguère fermier. Elle conclut à la modération p. 184. du fermage qui était alors de 120 l. t. (A.N. P. 19102 et 19141, n° 24794).
Page 217: Il y avait deux verderies dans la sergenterie d’Orbec, l’une pour le massif boisé de Meulles et des Moutiers-Hubert, et l’autre pour celui qui s’étendait au Nord-Ouest d’Orbec. ces forêts ont eu tantôt deux verdiers différents, tantôt un seul verdier.
= EDIT.: Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-Michel 1444. Jean Le Muet, Vicomte et receveur dans Etudes lexoviennes, IV.

1529, samedi 29 mai – Le Pré-d’Auge, Meulles
Noble homme Claude Le Louveulx, seigneur de La Lozière et de Soussay et maistre Guillaume Le Louveulx, seigneur de Formentin, vendent à noble homme Robert de La Rivière, seigneur du Pré-d’Auge, le fief, terre et seigneurie de l’Epée, sise au Pré-d’Auge et paroisses de Manerbe, Saint-Désir, La Boissière et Saint-Ouen-le Pain, moyennant 1300 livres ts. en principal, et dix écus d’or de vin. Passé à Lisieux, en l’Hostellerie du Beuf. Le même jour, les frère Le Louveulx achètent le fief de Lyvet, à Meulles.
= Arch. SHL. 9F. Deville. B. Copie dossier Achats de fiefs.

1668 – 21 avril
Archives SHL: 1F614: 21 avril 1668: dépôt de contrat de mariage: Paul Cordier (Meulles) et Marguerite Chevreul; (Moutiers Hubert ?)

1726: archives SHL
1F325: 3 août 1726: contrat de mariage de Thomas Hue de¬ Cerqueux et de Marie Le Guay de Meulles.

1769.
Voir archives SHL: FONDS BOUDARD:
2FA38: 1769: BOUDARD acquiert la terre de La Nollard à Meulles. Vendeur Dossin.

1776: archives SHL
1F649: 1776: Meulles: lettre du curé assurant le départ.

4 – Archives ShL:

Carnets de Charles Vasseur: « Doyenné d’Orbec »
III – MEULLES (Molis, Mollis ou Moeles)

– Insinuations
– Sous l’invocation de St Pierre
– Curés:
Milcent 1764
Bieville 1774
Dauge 1784/1787

La moitié de l’église avait été donnée primitivement à l’Abbaye St Amand de Rouen par Beaudouin de Meulles, fils du Comte Gillebert
Description de l’église de 1863
Croquis des armes de la Charité de Meulles créée en 1552 sous le pontificat de Jacques d’Annebault.

Le 30 septembre 1821 le commissaire Boyer demande que l’on écrive au Maire de Meulles pour s’opposer aux travaux que la fabrique de l’église veut faire exécuter, savoir faire ouvrir une porte sous une des croisées latérales ce qui dérangerait la régularité des croisées.
Beaudouin de Meulles, fils de Gillebert de Brionne, est aussi appelé Beaudouin de Clere, il vivait dans le courant du 11eS.
Robert de Meulles, son fils, était gouverneur de Brionne en 1O90
Mathilde, fille de Beaudouin, épousa Guillaume d’Avranches, fils de Guillaume de la Haye-Paisnel.
Un seigneur de Meulles combattit à Brenneville en 1119, dans le parti de Guillaume Clyton
Guillaume de Meulles fit des donations à l’hôpital d’Orbec en 1366.
Nicolas de Meulles fit une donation à l’Abbaye de St Pierre sur Dives vers 1207.

Le sergent fieffé de la grande ferme de Meulles avait droit d’herbage pour 12 vaches et un taureau dans la forêt de Moutiers-Hubert.

Les Religieuses emmurées de Rouen reçurent de Saint Louis, dans leur charte de fondation (1269) une masure et un jardin à lui appartenant pour en faire une grange .Le roi ne se réservait que le Justice desdits lieux.

Beaudouin de Meulles, ingénieur militaire en 1068

Maistre Pierre Despres ou Depatis, régent au collège du Bois, vers 1517, du village de Meulles, depuis docteur en théologie et si grand prédicateur que Feu Monsieur de Lisieux, le Cardinal Leveneur, le fit son grand vicaire.

Le 13 avril 1419, avant Pâques, respit ( ?) à Damoiselle Catherine de Meulles, veuve de Feu Regnaud de Chambray escuyer, de ses héritages à elle rendus, dont hommage fait le 27 mars 1419, l’an 7 du règne, mandé aux bailli et vicomte d’Evreux, de Beaumont et de Bretteville, laisser jouir.

Jacques de Vieu, soi-disant personne noble, accusé de dérogeance, décédé depuis le 12 août 1540, résidant à Meulles.

Comptes de l’élection de Lisieux, Etat du Roy 1746
Rentes créées par édit d’août 1720, appartenant à des communautés ecclésiastiques.
La Confrérie du Rozaire de la Charité de Meulles ;

La Morandière, fief possédé en 1570, par Messire Jacques du Tertre escuyer vicomte d’Orbec.

Hamel-Gossart fief assis à Meulles, qui était possédé en 1469 par Robin de Landes qui comparut aux Montres de la Noblesse du bailliage d’Evreux.

Les Esteux ou les Etieux, fief, fut possédé comme Bailleul au commencement du 18eS. Par Philippe de Mailloc
On trouve dans les Montres du bailliage d’Evreux de 1469 un Pierre la Perque qui se qualifiait seigneur des Esteux.

Recherche de 1524

La paroisse de Meulles
Marc de Malenoue ou Malenoie, seigneur des Esteux a fait appar. de sa noblesse par sentence donnée aux généraux.
Charles Leloureur a fait appar. de sa noblesse par sentence donnée aux généraux le 15 avril avant Pâques.

1518 Jacques du Vieu a fait appar. de sa généalogie.

Arrière-banc 1562 Julien Guérin, escuyer, seigneur de la Cousture, paroisse de Meulles.

Recherche de 1666

Vallerinne de la Pierre, veuve de P.. Denis pour elle et pour Magdelainne Denis sa fille

Pierre de Louis, ancien noble

Robert de Nollent, seigneur de la Londe.

Louis de Vauquelin, seigneur des Chesnes.

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