PIERREFITTE – 14




NOTES sur PIERREFITTE en AUGE – 14

Ecclesia de Petra Ficta – Pierre ficte

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

Voir :
D’Hozier 70.82 Englesqueville
Bulletin Monumental 1862 p.555
Musée des Antiquaires à Caen p.17 n°61
Bulletin des Antiquaires 1864 p.44
Editions Flohic : Le Patrimoine des communes du Calvados, page 1293.

CAUMONT Arcisse de, Pierrefitte-en-Auge – Eglise dans Statistique monumentale du Calvados, T.IV, 1859, pp. 438-446, ill.

FOURNEE Dr Jean, « Pierrefitte-en-Auge – Eglise », AAN, 145, 1987(1988), pp. 49-50, ill.

POUGHEOL Jacques, (Pierrefitte-en-Auge – Eglise), Art de Basse-Normandie, N° spécial sur Pont-L’Evêque et sa région (été 1958), p. 32
POUGHEOL Jacques, (Pierrefitte-en-Auge – Eglise) in Trésors d’Art religieux du Pays d’Auge, N° spécial d’Art de Basse-Normandie, 1962, pp. 21-22, ill.
POUGHEOL Jacques, (Pierrefitte-en-Auge – Eglise) in Dictionnaire des Eglises de France, Paris, Laffont, 1968, t. IV B, p. 125

FOURNEE Dr Jean, « Pierrefitte-en-Auge – Eglise », AAN, 145, 1987(1988), pp. 49-50, ill.

GONCALVES Jeanne : Mémoires d’Edmond Morel. BSHL n) 57, décembre 2004.

MOREL Edmond : Ma vie en captivité, ma libération par le Russes. Archives SHL, Lieux K à R

NEDELEC Yves : documentation (Famille Boivin-Champeaux, noms de lieux, les Labbey de Druval). Voir Archives SHL NE26

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 2e carton.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Notes de M. Charles Vasseur.
Pierrefitte, Peira ficta, Pierreficte.
L’église de Pierrefitte se dessine, d’une manière assez pittoresque, sur le sommet du coteau qui forme la vallée de la Touque du côté de la rive gauche. De ce point, on découvre un magnifique point de vue qui embrasse la vallée avec sa riche végétation et ses villages. L’ensemble de la construction date du commencement du XIIIe. siècle. Les murs sont en blocage. Celui de l’ouest, où se trouve le portail, est soutenu par deux contreforts assez saillants, avec une retraite, qui présentent les caractères du XIIIe. siècle. La porte et une fenêtre qui la surmonte sont modernes. Dans le pignon se trouve conservée une jolie lancette qui appartient à l’époque primitive.
Les deux murs- latéraux sont soutenus chacun par trois contreforts. Les deux premiers, du côté du nord, sont semblables à ceux du portail et datent de la même époque.
Le troisième est plat, mince, et paraîtrait remonter jusqu’à l’époque romane. Il n’y a de ce côté qu’une seule fenêtre, du XVI. siècle. Au midi, un seul contrefort, le premier vers l’ouest, est du XIIIe. siècle; les deux autres ont été refaits au XVI., et ils portent des traces de restaurations notables de beaucoup postérieures. Il n’y a également, de ce côté, qu’une seule fenêtre à la nef.
Deux chapelles forment transept entre la nef et le choeur.
Elles sont parfaitement semblables et ont été construites au XVIe. siècle. Les pignons sont soutenus par deux contreforts et percés d’une fenêtre ogivale avec tracerie flamboyante.
Une étroite ogive subtrilobée regarde l’occident, tandis que le mur de l’orient est resté obscur contrairement à l’usage.
Le choeur remonte en entier au XIIIe. siècle, et ses deux murs latéraux sont symétriquement disposés. Au nord, les fenêtres sont deux lancettes simplement épannelées ayant toute la physionomie des ouvertures de l’époque de transition.
On voit, en outre, dans ce mur une petite porte qui peut dater du XVIe. siècle. Elle est accompagnée de deux culs-de-lampe.
Au midi, une des deux lancettes a été réparée d’une manière ridicule. Correspondant à la petite porte cintrée du nord, s’ouvrait, de ce côté, une petite porte ogivale à tympan plein qui est bouchée.
Le chevet est un mur droit que buttaient autrefois deux contreforts, en grande partie anéantis. Toute la partie inférieure est obstruée par une sacristie que M. Bouet a supprimée dans notre dessin. Une belle fenêtre à trois baies du XIIIe. siècle occupe ce chevet.
Le clocher, en charpente, est assis sur la partie occidentale de la nef, près du portail. Sa forme est peu gracieuse.
On vient de substituer l’ardoise à l’essente découpée qui le revêtait autrefois.
L’intérieur a heureusement conservé une grande partie de l’ornementation dont elle avait été successivement dotée.
Une même voûte de merrain recouvre le choeur et la nef, qui ne sont point séparés par un arc triomphal.
On a coupé les entraits du choeur et badigeonné les douvettes.
La nef a conservé sa charpente et ses peintures qui datent du règne de Louis XIV.
Dans des cadres, soit circulaires, soit carrés à angles rentrants, s’alignent des images en camaïeu bleu et violet qui représentent des saints et des paysages. Des têtes d’anges et des pentes de fruits remplissent l’espace entre ces divers encadrements.
La chapelle méridionale a aussi sa voûte ornée de peintures de la même époque et de la même main. Deux inscriptions lèvent tout doute sur l’année de leur exécution. Les sujets, qui sont en camaïeu sur fond rouge avec encadrement jaune, semblent représenter des traits de la légende de saint Laurent, diacre. C’est, du reste, le patron de la chapelle et il est représenté avec saint Sébastien sur un bon tableau du XVIIe. siècle qui y est déposé.
Voici les deux inscriptions qui complètent l’ensemble de la décoration : la première est sur le plein du mur qui surmonte l’arcade de communication avec la nef; l’autre se trouve vis-à-vis, au-dessus de la fenêtre :


SAINCT LAVRENT PAR SON ZELE DESPITE
DE L’ENFER
LES PLVS CRVELS TOVRMENTS QVON POVROIT SINVENTER
LES FERS LES FOVETS LE FEV NESBRALET NVLLEMENT
CE SERVITEVR DE DIEV SOVFFRANT TOVT CONSTAMMENT
LARDEVR DV FEV DIVIN QVI EBRASE SON COEVR
LA REDV INSENSIBLE ET COME SAS DOVLEVR
JOVISSEZ PAISIBLE DES LAVRIERS ETERNELS
ET PRIEZ JE VOVS PRIE POVR NOVS
PAVVRES MORTELS
1645.

NOBILE MARTYR….. ICIONIS COSTAIA LAVRENS
CARNIFICIS (VINCAS) VERBERA VINCLA MINAS
SVBIECTIS (MEMBRIS) EN FERREA CRATES
EXCVDIT ET MEDIO LVCET IN IGNE FIDES.
1645.


L’autel date de la même époque. Il est d’un travail assez grossier. Celui de la chapelle du nord est en tout semblable.
La voûte de cette chapelle est peinte simplement d’azur avec des étoiles d’or et des fleurs de lis. Au-dessus de la fenêtre est une Annonciation d’un assez bon style, qui doit être plus ancienne que les peintures de la nef et de l’autre chapelle. C’est, dit-on, l’ancienne chapelle des seigneurs de Betteville.
Ces deux chapelles s’ouvrent sur la nef par une ogive aiguë à moulures prismatiques.
Il n’y a rien dans le choeur qui puisse arrêter le regard, si ce n’est un bas-relief du XVIe. siècle, placé dans le mur du midi. Sous une accolade vigoureusement moulurée est représenté le Christ en croix. Aux pieds de la croix se trouvent, agenouillés, à droite un homme, à gauche une femme, protégés par leurs saints patrons et des anges qui tiennent des phylactères. Une inscription gravée au-dessous fait connaître leurs noms.

CY DEUANT GISENT ET REPOSENT LES OSSEMENS ATTEN
DANS LA RESURRECTION GENERALE EN LA FIN DU MONDE
DE MAISTRE GERMAIN DANYEL EN SON VIUANT PRE
STRE ET CURE DE CETTE ESGLISE ET DE IOHANNE AU
BERY SA MERE LAQUELLE TRESPASSA LE DESRENIER
JOUR DE JUILLET MIL CINQ CENS ET UNG
ET LE DIT CURE LAN MIL CINQ CENS ET…..
PRIES DIEU POUR LE SALUT DE LEURS AMES
REQUIESCANT IN PACE AMEN.

L’église de Pierrefitte, qui est sous l’invocation de saint Denis, faisait partie du doyenné de Beaumont. Le patronage était laïque. Les Pouillés nous donnent les noms de Thomas de Silly et de Pierre de Silly qui l’exercèrent aux XIVe. et XVIe. siècles. Au XVIIIe. siècle, d’après le Dictionnaire d’Expilly, cette paroisse faisait partie de l’élection et de la sergenterie de Pont-l’Eveque, avait quatre feux
privilégiés et 115 feux taillables, ce qui suppose une bien grande importance.
Plusieurs fiefs considérables se partageaient son territoire : d’abord Betteville, dont il a été parlé à l’article de Pont-l’Évêque.
La Recherche de la Noblesse de 1540 montre, comme comparaissant sur la paroisse de Pierrefitte, Jacques de Betteville, sieur de Heritot ; François, son frère, et Girard, sieur de la Cour-du-Bosc, leur neveu, qui firent remonter leur généalogie jusqu’à messire Guillaume de
Betteville, chevalier, sieur’du lieu, qui vivait noblement en 1330 avec damoiselle Isabeau de Bigards, sa femme.
La Cour-du-Bosc était aussi située sur le territoire de Pierrefitte; il n’en reste rien d’ancien. Avant d’appartenir à Girard de Betteville, ce fief était possédé par une branche de la maison de Bonnechose.
En 1463, Montfaut avait imposé à la taille un nommé Jean Fossey, qui habitait Pierrefitte, parce qu’il ne trouva pas ses productions suffisantes. Il fut rendu un arrêt de la Cour des aides, le 17 février 1517, en faveur de ses descendants.
Le château actuel de Pierrefitte a été construit, il y a vingt ans, par M. Labbey de Druval, qui a vendu cette terre et est venu s’établir à Creully. Ce château domine la vallée.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives:

1386, 16 mai
Information de Jean des Wys, vicomte de Pont-Authou, sur la valeur des biens et du revenu des enfants mineurs de Robert Capperon, chevalier, mort au retour des Flandres: fief de « la Gayerie », à Lieurey, du « Blohyouly » à Bois-Hellain, de la Capperonnière, à Bonneville-la-Louvet, de la Vallée à Hecmanville, de la Cour-du-Bosc à Pierrefitte-en-Auge.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 7, pp. 197-199.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 1-2, 1967, p. 20.

1578 – An II –
Familles Sevestre, à Caen, La Caine, Hotot-les-Bagues, Lisieux, Pierrefitte-en-Auge, Le Pré-d’Auge, Saint-Ouen-le-Pin, Tournay-sur-Odon; Alençon, Orne),
= AD 2E 889 (103 p.)

1710. – Archives SHL. 1F837:
1710-1718 : Pierrefite : Procédure relative à l’affaire entre les habitants de Pierrefite et leur collecteur.

AN XIII; – archives SHL.
1F635_: 26 floréal an XIII : rente entre Louis Petit de Pierrefitte et Michel Picard marchand à Lisieux.

1824, 8 décembre – Manerbe
Délibération du Conseil municipal à l’effet de reconnaître les chemins vicinaux de la commune. Le Conseil en reconnaît 6 d’utiles:
… 6° Le chemin partant de la limite de Coquainvilliers au bout du grand herbage de M. de vérigny au levant faisant le tour des Champs Satis arrivant au calvaire du bout de la Grande pièce de M. de Vérigny de aller rendre en droite ligne au chemin du bout de la pièce de Pierre Pouchin, tournant sur la gauche arrivant au chemin vicinal de Lisieux à Bonnebosq au coin de la cour de la Viparderie. Ce chemin est d’une grande utilité pour la commune pour tirer les boissons pour le quai du Breuil sur la largeur de 15 à 20 pieds ».
D’après ce qui précède, en 1824, la Touques était navigable jusqu’à Touques: il y avait un quai à Pierrefitte dont on voit encore l’emplacement ».
= E. Colleville.- Notice historique sur Manerbe, (c. 1913), Arch. SHL. 9F Deville. B. 3. Dossier Manerbe

Insinuations.
Deux descriptions de l’église dont l’une très détaillée du 18 juillet 1858.

Inscription de la cloche
L’an 1768 je fus bénite par Discrète personne Jehan Léonor de Bonenfant, seigneur de Mon….. prestre curé de St Denis de Pierre Fitte et nommée Marie Jeanne, Denise par Messire Jean Baptiste Deshays seigneur des fiefs de Gassard, Ymer, Alain, La Fontainne, Pierre Fitte, d’Argence, seigneur et patron de St André de Clarbec et par Noble Dame Marie Anne Gabrielle Louvel, de Rapainville, épouse de Messire Louis, Marc, Antoine de Bonnechose, écuyer, seigneur de la Courdubosc. C.Guillaume et Charton m’ont faite.

Je ne crois pas qu’il ait existé de fief de Pierrefitte proprement dit ; mais le fief de Betteville avait des extensions sur cette commune et même, à en juger par la Recherches des Nobles de 1540, il aurait été à cette époque compris intégralement, car c’est sur la paroisse de Pierrefitte que produisirent Jacques de Betteville, seigneur de Heritas, François, son frère, et Girard, seigneur de la Cour du Bosc, leur neveu, qui faisaient remonter leur généalogie jusqu’à Messire Guillaume de Betteville, chevalier, seigneur du lieu, vivant noblement avec Damoiselle Isabeau de Bigards, sa femme, suivant des lettres du dimanche des Brandons 1330.
La Cour du Bosc était aussi située sur le territoire de Pierrefitte, c’est la propriété de Monsieur Moutier de Lisieux. Avant lui elle était entre les mains d’une branche de la famille de Bonnechose.

Il existe une maison plus considérable, bâtie dans ce siècle, par Monsieur de Labbey de Druval, mais j’ignore si elle a remplacé quelque ancien manoir. On n’en voit point trace sur la carte de Cassini.
En 1463 Montfaut imposa à la taille à Pierrefitte un nommé Jean Fossey dont il ne trouva de production suffisante. Mais il fut rendu un arrêt des Aides le 17 février 1516 en faveur de ses descendants

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE BEAUMONT – 14

Election de Pont l’Evêque.
Sergenterie du même nom
4 feux privilégiés, 115 feux taillables.
Sous l’invocation de St Denis
Patronage:
14e Thomas de Sillego
16e Petrus de Sillego
18e le seigneur

Curés:
de Bonenfant 1764
Colleville 1769/1787

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