FORMENTIN



NOTES sur FORMENTIN – 14280

La commune actuelle de Formentin a été constituée par la réunion des commune de Formentin et Saint-Eugène , qui formaient chacune avant 1790 une paroisse et communauté ( Décret du 12 novembre 1868 ).

1 – HISTORIQUE
2 – Archives ShL

1 – HISTORIQUE

Le domaine de FORMENTIN a la chance de posséder une très longue histoire, difficile parfois à débrouiller en raison de ses attaches avec la proche seigneurie de La Roque, devenue au XVe siècle, la Roque-Baignard dont il fut longtemps un arrière-fief.

Henri de FRONDEVILLE, dont les ancêtres – les LAMBERT de FORMENTIN – possédèrent le fief, nous a laissé sur son histoire, deux remarquables articles qu’il nous faudrait repro¬duire intégralement, tant leur importance est capitale pour notre sujet. . Il en avait extrait pour bonne part la matière du chartrier fami¬lial et put ainsi corriger quelques erreurs contenues dans la Statistique monumentale . Disons, à la décharge de Charles Vasseur le collaborateur d’Arcisse de CAUMONT et auteur des recherches sur cette paroisse, que les travaux de Henri de FRONDEVILLE, malgré leur rigueur et la possibilité de disposer de sources originales inédites, n’apportent pas toutes les réponses et, sans nul doute, certains personnages se titrant  » seigneur de Formentin « , le faisaient-ils de bon droit, concurremment avec le possesseur du demi-fief de haubert de Formentin.

La première mention d’un membre de la famille de FORMENTIN remonte à 1155, année où Guillaume de Formentin est témoin d’une donation en faveur du Monastère de Préaux Selon le même auteur, « son fils ou son frère Richard de Formentin, qui résidait en Angleterre » fit don en 1163 de l’église de Grenteville à l’ab¬baye de Troarn. Ce Richard était sans doute le père de Robert de Formentin, témoin d’une charte relative au patronage de Petitville et mort en 1198.

En 1203, ce fief relève,  » comme beaucoup d’autres du voisinage, de l’Honneur de Montfort-sur-Risle « , et dès cette époque, il s’agissait d’un demi-fief de haubert, ce qui peut expliquer l’existence d’autre membres de fiefs sur le même territoire. En 1221, Richard de Formentin, qui mourut sans doute la même année, inféoda à Jean d’Asnières, une partie de sa terre qui devint le « quart de fief d’Asnières ». Les soeurs de Richard se partagèrent ses biens dont une partie s’étendait sur la Roque, et la cadette, vraisemblablement épouse d’un de GERPONVILLE eut dans son lot la terre de Formentin. Les d’Aigneaux, Henri et Jean, succédèrent aux Gerponville avant de vendre ce fief – à Jourdain de Weix qui le céda à Jean Osmont ., sénéchal de l’évêque de Lisieux – avant 1375 – lequel conserva cette terre qui échut après sa mort à Jeannette, sa fille aînée, épouse de Jean de Heudreville. Celui-ci, en 1474, en violation du partage de 1422 de la succession de Jean d’Osmont, spécifiant que son fief relèverait de la seigneurie de la Roque, par un artifice à l’origine de multiples difficultés qui durèrent plus d’un siècle, en rendit directement aveu à l’évêque de Lisieux. A l’occasion de cet aveu, nous apprenons que son domaine – un demi-fief – s’étendait sur Formentin et Léaupartie. L’on peut donc en déduire, au vu d’inféodations postérieures, que ce domaine comprenait pour un quart le fief d’Asnières et pour l’autre quart, le fief d’Heudreville sis pour un huitième à Formentin et l’autre huitième à Léaupartie.

Aux Heudreville succédèrent par mariage les d’Annebaut et Guillaume des Chesnes qui vendit son fief à Michaut Faucon. Le petit-fils de celui-ci le céda en 1533 à Charles Le Loureux qui en 1555 le revendit aux Lambert. Ceux-ci purent réunir au fief d’Heudreville-Formentin, celui de Formentin-Asnières. Puis, par héritages successifs et acquisition, celui-ci- revint aux Labbey de La Roque qui parvinrent à reconstituer, pendant un demi-siècle l’ancien domaine des Formentin, de la Roque à Formentin. Le fils de l’historien Pierre-Elie Marie Labbey de La Roque, Léopold-Auguste vint s’y établir au retour d’une carrière militaire honorable. Il répara sans doute les conséquences de près d’un demi-siècle d’abandon et s’intégra profondément dans la vie de la région en siégeant dès 1824 à la mairie de Formentin, au Conseil Général en août 1848, participant activement par ses interventions auprès des administrations et pécuniairement à la création des routes, tout à l’entour de Formentin.

Après son décès, en 1849, la propriété fut vendue à Pierre-Amable Floquet . Ainsi, ce site vénérable, propriété de trois Présidents du Parlement de Normandie, devenait la retraite de l’historien de cette prestigieuse institution et auteur d’un grand nombre de travaux sur la Normandie . Passionné par Bossuet, il consacra au célèbre prédicateur quelques travaux qui font encore autorité. Mort en 1881, il fut inhumé dans le cimetière de Formentin.

Cadre d’Isabelle , le roman d’André Gide le domaine abandonné connut des jours de tristesse et l’on doit se réjouir de le voir renaître à son ancienne splendeur.

2 – DESCRIPTION

L’actuel château de FORMENTIN, présente un ensemble de constructions hétérogènes, souvent remaniées. A. de CAUMONT dans sa notice est beaucoup plus catégorique et affirme, en 1862, que  » le château de Formentin a été reconstruit, il y a vingt-cinq ans, par M. Léopold Labbey de La Roque « .

Le site, à la rupture du plateau, ne paraît pas avoir conservé les traces des anciennes forteresses qui durent s’élever ici et, cependant, d’ancienneté, l’acte d’inféodation de 1221 en témoigne, ce fief possédait motte et manoir. Ainsi, en 1454, lors d’une enquête, les tenanciers déclarèrent  » qu’il y avait autrefois, avant la descente des Anglais, à Formentin des manoirs et des mottes dont les traces sont restées fort apparentes, et un moulin dont la meule a été portée à Auvillers par les Anglais; que le manoir d’Asnières était même plus fort que le château d’Auvillers (note, 17-11-2001 : faut-il lire Auvillars ?)

En fait, tant dans l’habitation que dans les communs, certaines parties subsistent, antérieures aux grandes transformations de la première moitié du XIXe siècle, mais rien ne peut, semble-t-il, être attribué aux XIIIe ou XIVe siècles.

La partie la plus intéressante est constituée par le château lui-même dans lequel on peut reconnaître quatre ou cinq campagnes de construction s’intégrant assez bien les unes aux autres.

Au centre, on remarque un long logis de pierre à un étage surmonté d’un comble aménagé. Se développant sur un plan rectangulaire, cette partie s’articule autour d’une construction primitive dont il est difficile de connaître la nature et l’époque de construction, construction qui fut élargie postérieure¬ment sur la façade principale, d’un large vestibule.

La présence d’un cordon de pierre à hauteur d’étage, d’une frise et de clés saillantes, pour un certain nombre d’ouvertures, laisse à supposer que cette modification peut remonter au début du XVIIe siècle. Par contre, les autres ouvertures tant sur la façade que sur l’arrière, avec des encadrements à feuillures et à linteau en arc surbaissé, datent selon toute vraisemblance de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’irrégularité des percements des ouver¬tures correspond bien aux difficultés qu’ont rencontré les maçons des XVIIe et XVIIIe siècles à habiller des structures préexistantes.

Vers la droite, ce logis bute contre une tourelle de même élévation. Terminé en partie supérieure par une corniche unie à chanfrein, ce pavillon ne paraît pas avoir conservé sa hauteur d’origine, et en tout cas ne possède pas une terminaison en accord avec sa structure. A hauteur d’étage, un larmier de faible saillie permet de rattacher l’édification de la partie inférieure aux dernières années du XVe siècle tandis que la partie supérieure présente un curieux mélange de damiers de pierre et de silex ou de pierre et de brique. Les premiers sont peut-être contemporains du larmier que nous avons signalé tandis que les seconds correspondent à une campagne de transformation entre 1570/1590. L’absence de lucarnes, la faible inclinaison du toit confirment s’il en était besoin, que celui-ci est de beaucoup postérieur au bâtiment qu’il couvre.

Sur la gauche, un massif pavillon carré, largement ouvert s’élève sur trois niveaux. Il s’agit sans aucun doute de l’œuvre élevée par Léopold-Auguste Labbey de La Roque, selon A. de CAUMONT, aux environs de 1837. Il s’agit là d’une construction où les baies soulignées d’un encadrement de pierre, ne sont séparées que par d’étroits panneaux de brique. L’appareilla¬ge en bossage des angles, l’étroitesse des allèges, la suprématie des vides sur les pleins, confèrent à l’ensemble une rigueur classique, dans l’esprit des constructions du milieu du XVIIIe siècle.

Dans le prolongement de cette habitation, une orangerie aux baies en plein cintre, n’adopte pas le même parti architectural et ne doit pas remonter au-delà des années 1840/1845 et serait donc l’oeuvre de Pierre-Amable Floquet.

Dans la cour arrière, en retour, l’annexe à un étage et comble aménagé, date semble-t-il de la seconde moitié du XVIIIe. En face, les anciennes écuries (?) ont conservé une décoration de pilastre dans le goût des décorations éphémères du premier tiers du XIXe siècle.

Quant au  » Pavillon d’Isabelle « ,très classique dans son volume et sa construction, il porte toutes les caractéristiques de l’architecture un peu froide de la fin de la première moitié du XIXe siècle, si prisée pour les édifices administratifs des chef-lieux de canton. Seule, sa petite ouverture en tiers-point dans le fronton est un clin d’oeil au style troubadour.

2 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE LE BEUVRON.

FORMENTIN (34)

Sous l’invocation de Saint Martin

Noms des curés:
Duneveu 1764-1774
Cocquerel 1785-1787

Description de l’église et des cloches

Note sur Jean Baptiste de Lambert

Document en latin 9 juin 1418 (Mémoire de la Ste des Antiquaires)

Jehan Lambert, escuyer, sieur de Formentin, conseiller du Roy,1622
Robert Lambert, escuyer, sieur de Formention, conseiller du Roy 1638

SAINT EUGENE (23)

Doyenné de Beuvron

Nom du curé Le Danois 1761-1787

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