FORMENTIN


NOTES sur:
A – FORMENTIN.
B – SAINT EUGENE.

La commune actuelle de Formentin a été constituée par la réunion des commune de Formentin et SAINT-EUGENE, qui formaient chacune avant 1790 une paroisse et communauté (Décret du 12 novembre 1868).

Formentin, canton de Cambremer.
Fourmentinum
Formnlinum, XVI° siècle (pouillé de Lisieux, p.50).
Formantin, 1763 (d’Anville, dioc. de Lisieux).

Par. de Saint-Martin, prébende patr. le chanoine du lieu.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Beuvron.
Génér. de Rouen.,
élect. de Pont-l’Évéque.,
sergent. de Cambremer.
La seigneurie de Formentin appartenait au chanoine.

Lieux-dits de: FORMENTIN.
Cour-Hauvel (La), h. – Forge-Plichon (La), h. – Fricots (LES), h. – Jardin-Bloche (LE), h. – [LIEU-DU-PUITS (Le), h Dupuis 1848 (état-major).] – Longres (LES), h. – Nid-de-Chien (LE), h. – Plichons (Les), forges, – Roises (LES), h. –


A – FORMENTIN.

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie.

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Formentin, Fourmentinum, ecclesia de Fourmentino.
Cette localité a donné son nom à une des prébendes du chapitre de la cathédrale de Lisieux.
Le choeur de l’église de Formentin a été construit nouvellement en style pseudo-gothique assez mauvais.
La nef offre encore, du côté du nord, une belle fenêtre flamboyante avec vitres peintes. Au sommet, on distingue le Père-Éternel,
puis les apôtres saint Pierre et saint Paul, et dans les trois grands panneaux l’Annonciation. Ce sujet a été mutilé par les vitriers, qui ont adapté une tête barbue à l’ange et déplacé le panneau qui le représente. On a établi des fenêtres pseudo-gothiques dans cette nef, pour la mettre en rapport avec le choeur; elle a maintenant très-peu de caractère.
M. Bouet pense que la porte qui existait au midi était à plein-cintre et aurait appartenu à une église du XIIe. siècle. Quand il a visité la paroisse, il y a quelques années, on avait relégué dans le cimetière le pied d’un lutrin sculpté dans le style du XVII. siècle, ce qui prouve le peu de cas qu’on fait des choses anciennes dans cette commune.
Un petit clocher en bois, couvert d’ardoise, s’élève sur la première travée de la nef.
L’église est sous l’invocation de saint Martin. Le chapitre de Lisieux nommait à la cure, et les dîmes formaient le principal revenu du chanoine titulaire de la prébende de Formentin.
On trouve, dans les registres de l’Échiquier, Richard de Formentin en l’année 1180 ; en 1195, Gillebert, Guillaume et Robert de Formentin.
Jean de Hautemer était seigneur, de 1392 à 1406.
Lors de l’invasion anglaise, Formentin appartenait à Guillaume Toustain, qui fut maintenu dans ses possessions par l’envahisseur, suivant un diplôme daté de Louviers, le 9 juin 1418.
Au XVIe. siècle et au commencement du XVIIe., on trouve en possession du fief une famille Lambert. Jehan Lambert, écuyer, sieur de Fourmentin, était garde du scel des obligations de la vicomté de Lisieux, suivant des actes datés du 3 juillet 1589. C’est probablement le même qui figure, comme vicomte d’Auge, à la date du 12 janvier 1622. Robert Lambert, aussi écuyer, sieur de Formentin, conseiller du Roi et vicomte d’Auge, figure dans des actes du 10 février 1638 (Notes de M. Charles Vasseur, de Lisieux).
Cette famille Lambert paraît avoir eu une très-courte existence.
Un manuscrit, n°. 64, de la Bibliothèque de Caen lui substitue la famille Morel. Jacques Morel, sieur de Manneville, conseiller au présidial de Caen, puis trésorier de France, épousa une Lambert, fille d’un receveur des tailles de Lisieux, dont sortit Nicolas Morel, qualifié sieur de Formentin, trésorier de France à Caen ; il n’eut qu’une fille, mariée à un Morin de Banneville.

Château.
— Le château de Formentin a été reconstruit, il y a vingt-cinq ans, par M. Léopold Labbey de La Roque (La terre de Formentin avait été acquise, vers 1790, par le pèrede M. Léopold de La Roque). à la mort de ce dernier, il a été acquis par M. Floquet, membre
correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, qui a joint à la bibliothèque déjà assez riche de M. de La Roque un grand nombre de livres précieux. M. Floquet, qui a longtemps habité Rouen, est 1111 des hommes les plus savants de France. Il est heureux pour le département du Calvados qu’il ait adopté Formentin pour sa résidence d’été. M. Floquet passe, en effet, huit mois de l’année au château de
Formentin et le reste du temps à Paris.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – Pièces Justificatives.

Le domaine de FORMENTIN a la chance de posséder une très longue histoire, difficile parfois à débrouiller en raison de ses attaches avec la proche seigneurie de La Roque, devenue au XVe siècle, la Roque-Baignard dont il fut longtemps un arrière-fief.

Henri de FRONDEVILLE, dont les ancêtres – les LAMBERT de FORMENTIN – possédèrent le fief, nous a laissé sur son histoire, deux remarquables articles qu’il nous faudrait reproduire intégralement, tant leur importance est capitale pour notre sujet. Il en avait extrait pour bonne part la matière du chartrier familial et put ainsi corriger quelques erreurs contenues dans la Statistique monumentale. Disons, à la décharge de Charles Vasseur le collaborateur d’Arcisse de CAUMONT et auteur des recherches sur cette paroisse, que les travaux de Henri de FRONDEVILLE, malgré leur rigueur et la possibilité de disposer de sources originales inédites, n’apportent pas toutes les réponses et, sans nul doute, certains personnages se titrant  » seigneur de Formentin « , le faisaient-ils de bon droit, concurremment avec le possesseur du demi-fief de haubert de Formentin.

La première mention d’un membre de la famille de FORMENTIN remonte à 1155, année où Guillaume de Formentin est témoin d’une donation en faveur du Monastère de Préaux. Selon le même auteur, « son fils ou son frère Richard de Formentin, qui résidait en Angleterre » fit don en 1163 de l’église de Grenteville à l’abbaye de Troarn. Ce Richard était sans doute le père de Robert de Formentin, témoin d’une charte relative au patronage de Petitville et mort en 1198.

En 1203, ce fief relève,  » comme beaucoup d’autres du voisinage, de l’Honneur de Montfort-sur-Risle « , et dès cette époque, il s’agissait d’un demi-fief de haubert, ce qui peut expliquer l’existence d’autre membres de fiefs sur le même territoire. En 1221, Richard de
Formentin, qui mourut sans doute la même année, inféoda à Jean d’Asnières, une partie de sa terre qui devint le « quart de fief d’Asnières ». Les soeurs de Richard se partagèrent ses biens dont une partie s’étendait sur la Roque, et la cadette, vraisemblablement épouse d’un de GERPONVILLE eut dans son lot la terre de Formentin. Les d’Aigneaux, Henri et Jean, succédèrent aux Gerponville avant de vendre ce fief – à Jourdain de Weix qui le céda à Jean Osmont ., sénéchal de l’évêque de Lisieux – avant 1375 – lequel conserva cette terre qui échut après sa mort à Jeannette, sa fille aînée, épouse de Jean de Heudreville. Celui-ci, en 1474, en violation du partage de 1422 de la succession de Jean d’Osmont, spécifiant que son fief relèverait de la seigneurie de la Roque, par un artifice à l’origine de multiples difficultés qui durèrent plus d’un siècle, en rendit directement aveu à l’évêque de Lisieux. A l’occasion de cet aveu, nous apprenons que son domaine – un demi-fief – s’étendait sur Formentin et Léaupartie. L’on peut donc en déduire, au vu d’inféodations postérieures, que ce domaine comprenait pour un quart le fief d’Asnières et pour l’autre quart, le fief d’Heudreville sis pour un huitième à Formentin et l’autre huitième à Léaupartie.

Aux Heudreville succédèrent par mariage les d’Annebaut et Guillaume des Chesnes qui vendit son fief à Michaut Faucon. Le petit-fils de celui-ci le céda en 1533 à Charles Le Loureux qui en 1555 le revendit aux Lambert. Ceux-ci purent réunir au fief d’Heudreville-Formentin, celui de Formentin-Asnières. Puis, par héritages successifs et acquisition, celui-ci- revint aux Labbey de La Roque qui parvinrent à reconstituer, pendant un demi-siècle l’ancien domaine des Formentin, de la Roque à Formentin. Le fils de l’historien Pierre-Elie Marie Labbey de La Roque, Léopold-Auguste vint s’y établir au retour d’une carrière militaire honorable. Il répara sans doute les conséquences de près d’un demi-siècle d’abandon et s’intégra profondément dans la vie de la région en siégeant dès 1824 à la mairie de Formentin, au Conseil Général en août 1848, participant activement par ses interventions auprès des administrations et pécuniairement à la création des routes, tout à l’entour de Formentin.

Après son décès, en 1849, la propriété fut vendue à Pierre-Amable Floquet. Ainsi, ce site vénérable, propriété de trois Présidents du Parlement de Normandie, devenait la retraite de l’historien de cette prestigieuse institution et auteur d’un grand nombre de travaux sur la Normandie . Passionné par Bossuet, il consacra au célèbre prédicateur quelques travaux qui font encore autorité. Mort en 1881, il fut inhumé dans le cimetière de Formentin.

Cadre d’Isabelle, le roman d’André Gide le domaine abandonné connut des jours de tristesse et l’on doit se réjouir de le voir renaître à son ancienne splendeur.

DESCRIPTION

L’actuel château de FORMENTIN, présente un ensemble de constructions hétérogènes, souvent remaniées. A. de CAUMONT dans sa notice est beaucoup plus catégorique et affirme, en 1862, que  » le château de Formentin a été reconstruit, il y a vingt-cinq ans, par M. Léopold Labbey de La Roque « .

Le site, à la rupture du plateau, ne paraît pas avoir conservé les traces des anciennes forteresses qui durent s’élever ici et, cependant, d’ancienneté, l’acte d’inféodation de 1221 en témoigne, ce fief possédait motte et manoir. Ainsi, en 1454, lors d’une enquête, les tenanciers déclarèrent « qu’il y avait autrefois, avant la descente des Anglais, à Formentin des manoirs et des mottes dont les traces sont restées fort apparentes, et un moulin dont la meule a été portée à Auvillers par les Anglais; que le manoir d’Asnières était même plus fort que le château d’Auvillers (note, 17-11-2001 : faut-il lire Auvillars ?)

En fait, tant dans l’habitation que dans les communs, certaines parties subsistent, antérieures aux grandes transformations de la première moitié du XIXe siècle, mais rien ne peut, semble-t-il, être attribué aux XIIIe ou XIVe siècles.

La partie la plus intéressante est constituée par le château lui-même dans lequel on peut reconnaître quatre ou cinq campagnes de construction s’intégrant assez bien les unes aux autres.

Au centre, on remarque un long logis de pierre à un étage surmonté d’un comble aménagé. Se développant sur un plan rectangulaire, cette partie s’articule autour d’une construction primitive dont il est difficile de connaître la nature et l’époque de construction, construction qui fut élargie postérieurement sur la façade principale, d’un large vestibule.

La présence d’un cordon de pierre à hauteur d’étage, d’une frise et de clés saillantes, pour un certain nombre d’ouvertures, laisse à supposer que cette modification peut remonter au début du XVIIe siècle. Par contre, les autres ouvertures tant sur la façade que sur l’arrière, avec des encadrements à feuillures et à linteau en arc surbaissé, datent selon toute vraisemblance de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’irrégularité des percements des ouvertures correspond bien aux difficultés qu’ont rencontré les maçons des XVIIe et XVIIIe siècles à habiller des structures préexistantes.

Vers la droite, ce logis bute contre une tourelle de même élévation. Terminé en partie supérieure par une corniche unie à chanfrein, ce pavillon ne paraît pas avoir conservé sa hauteur d’origine, et en tout cas ne possède pas une terminaison en accord avec sa structure. A hauteur d’étage, un larmier de faible saillie permet de rattacher l’édification de la partie inférieure aux dernières années du XVe siècle tandis que la partie supérieure présente un curieux mélange de damiers de pierre et de silex ou de pierre et de brique. Les premiers sont peut-être contemporains du larmier que nous avons signalé tandis que les seconds correspondent à une campagne de transformation entre 1570/1590. L’absence de lucarnes, la faible inclinaison du toit confirment s’il en était besoin, que celui-ci est de beaucoup postérieur au bâtiment qu’il couvre.

Sur la gauche, un massif pavillon carré, largement ouvert s’élève sur trois niveaux. Il s’agit sans aucun doute de l’œuvre élevée par Léopold-Auguste Labbey de La Roque, selon A. de CAUMONT, aux environs de 1837. Il s’agit là d’une construction où les baies soulignées d’un encadrement de pierre, ne sont séparées que par d’étroits panneaux de brique. L’appareillage en bossage des angles, l’étroitesse des allèges, la suprématie des vides sur les pleins, confèrent à l’ensemble une rigueur classique, dans l’esprit des constructions du milieu du XVIIIe siècle.

Dans le prolongement de cette habitation, une orangerie aux baies en plein cintre, n’adopte pas le même parti architectural et ne doit pas remonter au-delà des années 1840/1845 et serait donc l’oeuvre de Pierre-Amable Floquet.

Dans la cour arrière, en retour, l’annexe à un étage et comble aménagé, date semble-t-il de la seconde moitié du XVIIIe. En face, les anciennes écuries (?) ont conservé une décoration de pilastre dans le goût des décorations éphémères du premier tiers du XIXe siècle.

Quant au  » Pavillon d’Isabelle « , très classique dans son volume et sa construction, il porte toutes les caractéristiques de l’architecture un peu froide de la fin de la première moitié du XIXe siècle, si prisée pour les édifices administratifs des chef-lieux de canton. Seule, sa petite ouverture en tiers-point dans le fronton est un clin d’oeil au style troubadour.

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles VASSEUR –
DOYENNE DE LE BEUVRON.

FORMENTIN:

Sous l’invocation de Saint Martin

Noms des curés:
Duneveu 1764-1774
Cocquerel 1785-1787

Description de l’église et des cloches
Note sur Jean Baptiste de Lambert
Document en latin 9 juin 1418 (Mémoire de la Ste des Antiquaires)

Jehan Lambert, escuyer, sieur de Formentin, conseiller du Roy,1622
Robert Lambert, escuyer, sieur de Formention, conseiller du Roy 1638


B – SAINT EUGENE:

Lieux-dits de SAINT EUGENE:
CHATEAU-GAILLARD(LE), Maison – Cour-Marion (LA), h. – Forge-Boutron (LA), h. – Friche-aux-Héroult (Le), h. – Haie-de-Buis (LA), h. – Lieu-Petit (Le), h. – Tourailles (LES), h. – Tremblaye (LA), h. – Val-Ribout (LE), h. –

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
St.-Eugène, ecclesia Sancti Eugenii.
L’église de St.-Eugène est supprimée et réunie à Formentin.
Le choeur est flanqué, du côté du nord , par trois contreforts qui paraissent du XIIIe. siècle. L’église remonterait donc à cette époque, pour quelques-unes de ses parties; mais ici comme ailleurs on a modifié, à diverses reprises, l’édifice primitif par des reconstructions. Ainsi, dans la nef, on voit encore, au nord, une petite lancette qui peut remonter au XIIIe. siècle, et une lancette pareille en regard du côté du sud; puis viennent trois fenêtres ogivales surbaissées dans le style du XVI. ou plutôt encore du XVII. siècle. La façade occidentale paraît du XVIIe. siècle, quoiqu’elle soit garnie de contreforts. Un porche existe sur la barrière du cimetière et l’on voit un if dans cette enceinte.
Le maître-autel est du XVIII. siècle. Le choeur est séparé de la nef par un arc accompagné de deux autels du XVIIe. siècle, dont les retables sont découpés à jour (Notes de M. Bouet).
L’église est sous l’invocation du saint dont elle a pris le nom. Le seigneur du Fournet nommait à la cure au XIVe. siècle ; au XVIIIe., le chapitre de Lisieux était en possession de ce privilège. On comptait 132 habitants à St.-Eugène dans la première moitié du siècle dernier. M. de Mottevilleen était alors seigneur.

Doyenné de Beuvron

Nom du curé Le Danois 1761-1787

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