BELLOU



NOTES sur BELLOU 14
MICHEL COTTIN – Décembre 1991

BELLOU, canton de Livarot, accru de BELLOUET en 1833.
Berlou, 1186 (pouillé de Lisieux,p. 54, note 2).
Bello, i453 (fiefs de la vicomté de Falaise).

1 – Le Manoir de BELLOU.
2 – Bibliographie.
3 – Pièces justificatives.
4 – Textes et Documents.
5 – Notes sur des fouilles.
6 – Notes de Charles Vasseur

1 – Le MANOIR de BELLOU

NOTES d’histoire et d’archéologie
Paru dans Le Pays d’Auge, 43, N° 4, Avril 1993, pp. 3-15, ill.
Bien connu des amateurs d’art et d’histoire, le Manoir de BELLOU a suscité une abondante littérature [1]  et chaque notice consacrée au Pays d’Auge, vante son cadre ou son architecture. Cependant, l’importance de  bibliogra­phie masque l’absence de recherche véritable, ces publications ne reprenant généra­lement que la courte notice d’Arcisse de CAUMONT.
Ce manoir mérite pourtant une étude approfondie et faute de pouvoir la mener à bien, nous nous contenterons de cerner son histoire à partir de la documentation disponible et d’analyser son architecture en nous limitant à la maison manable [2]

HISTOIRE

L’origine du domaine de BELLOU reste à découvrir. Il s’agit semble-t-il d’un fief, relevant des Moutiers-Hubert, appartenant au XIIe siècle à une famille de Bellou, dont l’un des membres, Guillaume de Bellou, chevalier, déclarait, en 1213, posséder héréditairement le droit de patronage de l’église de Sainte-Marie-de-Bellou et en faisait don à Jourdain du Hommet, évêque de Lisieux, afin qu’il eut la faculté d’y exercer les droits dont il jouissait, comme il lui conviendrait [3]
En 1215, Jourdain du Hommet faisait donation aux chanoines de son église, de cent livres de rentes à dix clercs, dix autres livres à la chantrerie et du patronage de Sainte-Marie de Bellou, au tré­sorier [4]
Quelques années plus tard, la famille de Friardel ayant succédé aux de Bellou, Guillaume de Friardel, chevalier, seigneur de Bellou, reconnaissait en novembre 1250, que lorsqu’il cita aux assises d’Orbec, le vénérable évêque de Lisieux – Guillaume II – pour réclamer le droit de patronage de Sainte-Marie-de-Bel­lou, il reconnut que ce droit ne lui appartenait plus [5].
Vers cette époque, la seigneurie de Bellou paraît s’être fractionnée par partage en plusieurs membres de fiefs, dont un fut possédé par la maison du Merle et un autre, par celle Dastin [6]. Nicolas du Merle, archidiacre de Lisieux, frère ou proche parent de Guy du Merle, évêque de cette ville de 1267 à 1285, fonda un obit dans sa cathédrale, d’un tiers de la dîme de Bellou, à l’exception d’une rente de quinze livres, constituée en obit pour Nicolas d’Astin [7] chevalier et frère de Foulques d’Astin évêque de Lisieux de 1250 à 1267.[8]
En 1320, Guillaume de Friardel figure dans le dénombrement des fiefs de la Vicomté d’Orbec pour un demi-membre de fief sis à Bellou, qu’il déclare tenir de Jehan de Mehedey [9]. D’après les notes de Henri de Frondeville [10], en 1320, « Guillaume de Friardel, chevalier, devait au comte de Beaumont une rente an­nuelle de 12 livres pour le fief ferme qu’il tenait à Bellou et Bel­louet. Cette fief ferme dépendait de l’ancienne baronnie des Mou­tiers­-Hubert et, comme elle, avait été incorporée au domaine royal lors de la confiscation des biens de Hugues Paynel par Philippe-­Au­guste [11]. Jean de Friardel, écuyer, rendit aveu au roi le 4 décembre 1406 pour le plein fief de Friardel. Vers cette époque, la famille de Friardel s’éteignit et à Bellouet comme à Friardel, les de Cintray succèdent à la famille de Friardel. Ainsi, après la libération de la Normandie, en 1456, le fief de Friardel appartenait à Robert de Cintray [12]
Ce fief ayant appartenu aux d’Astin et relevant de la seigneurie des MOU­TIERS­-HUBERT, c’est donc, d’une part dans le fonds des archives du Prieuré Saint-Cyr-de-Friardel et de l’Evêché de Lisieux et d’autre part dans celui de la Baronnie des Moutiers-Hubert que nous pourrions peut-être découvrir dans quelles conditions ce domaine passa à la fin du XVe siècle aux mains des Le Michel [13]
En effet, en 1469, une portion du fief de Bellou était possédée par Gervais Fourmentin et une autre par Guillaume Michel [14]. Ce Guillaume Michel est le premier Michel ou Le Michel, qui ait tenté de prendre le titre de seigneur de Bellou. Nous savons par un arrêt du 3 décembre 1519 contre les assesseurs du dit Orbec qu’il aurait été taxé et assis au moyen des francs-fiefs en quoi il avait été taxé et assis [15]. A une date que nous n’avons pu retrouver, lui-même ou son fils furent anoblis et lors de la Recherche de 1540, son fils Denis Michel, est dit seigneur du lieu de Bellou.
En 1562,  Mathurin Le Michel, qualifié d' »escuyer, seigneur de Bellou et du fief du Poyer et Bordeaulx », est taxé à XXXVI livres dans le Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux [16]
Au cours de sa Recherche de 1666, De Marle recensa un certain nombre de mem­bres de cette famille dont il vérifia la noblesse. Ainsi Philippe Le Michel, sieur de Bellou, à Bellou; Jean-Baptiste Le Michel, sieur de la Pommeraye, à Saint-Pierre-de-Courson; Jean Le Michel, sieur de la Bouette, à Notre-Dame-de- Courson; Louis Le Michel, sieur de Guitot, à La Vespierre et Saint-Germain-la-­Campagne, furent-ils reconnus nobles et maintenus. Ils portaient tous: écar­telé au 1er et 4e d’argent à l’aigle éployée de sable, au 2e et au 3e d’or, aux 2 étoiles de sable au milieu desquelles est une molette du même. François Le Michel, sieur de La Rochette, à Saint-Germain-la-Campagne, fut renvoyé au Conseil, mais maintenu. Par contre,  Gabriel Le Michel, sieur du Hamel et François Le Michel sieur de La Varenne, tous deux bâtards du sieur de Bellou furent condamnés et assis à la taille [17]
Després [18] s’appuyant sur un document de 1694, prétend que Ch. de La Pallu [19], seigneur du Mesnil-Hubert, était alors propriétaire du fief, terre et seigneurie de Bellou [20], ce que semble contredire L’Ar­morial de 1696 qui contient qu’Adrien Le Michel, sieur de Bellou y blasonnait « écartelé au premier et 4e  d’argent à un aigle de sable; au second et 3e d’or à une étoile de gueules [21] Mais peut être ici comme à FORMENTIN [22] et en beaucoup d’autres lieux, plusieurs possesseurs de fiefs portaient-ils concurremment le même titre de seigneur du lieu ?
En fait, après cette date, nous ne trouvons plus de mentions des Le Michel en tant que seigneurs de Bellou, quoique certains, comme Louis Le Michel, écuyer, sieur de la Badouelle ou Jean-Gabriel Le Mi­chel, écuyer sieur de la Chapelle, demeurant à Notre-Dame de Courson, et Isaïe Le Michel, sieur de la Varende, demeurant à Bellou, possèdent encore des terres à Bellou ou dans ses environ. [23], tandis que d’autres branches, roturières celles-là, tiennent aussi quelques héritages dans la paroisse tels François et Jacques Le Michel, aînés, qui rendent aveu pour l’aînesse Bellengeret [24]
En 1765, « Noble dame Marie Jeanne Baudouin veuve de feu Me Charles Robert de La Pallu Chevalier, seigneur et patron du Mesnil-Hubert et dame et patronne de Bellou, veuve et héritière dudit seigneur de La Pallu est en procès contre Pierre Trotet, aîné des aînesses Samson et Feuillet, demeurant à Bellou [25]
De la famille de La Pallu, la marquise de Mirville [26], porta cette terre à Mme Hocquart, sa fille, à laquelle elle devait appartenir vers 1865 [27]. Selon les Almanachs-Annuaires du Lexovien, en 1900, le château de Bellou était dans les possessions du vicomte Hocquart de Turtot et vers 1914, de la vicomtesse. Vers 1927, il devenait la propriété de M. P. Leboucher qui y faisait entreprendre d’importants travaux sous la direction, nous a-t-on dit, de l’architecte Ruprich-Robert. Acquis par M. Guy Maheux, il fait actuellement l’objet de réparations qui ont amené quelques découvertes intéressantes.

DESCRIPTION

L’ouverture d’une courte tranchée sur la façade Est, en juin 1989,  avait permis de constater qu’une partie du manoir de bois actuel reposait sur un soubassement de pierre enterré de plus d’un mètre au-dessous du niveau actuel [28], ce qui est tout à fait inhabituel dans notre région où mur-bahut et fondations dépassent rarement 0.60 à 0.80 m. Ceci ouvrait la voie à un certain nombre d’hypothèses alors difficiles à étayer, compte tenu du peu d’ampleur de la tranchée.
Parmi ces hypothèses, trois pouvaient être retenues : une surélévation importante des sols environnants, l’édification sur un îlot entouré d’eau, la construction sur sous-sol semi-excavé.
En premier lieu, en examinant la carte-postale éditée par P. Bunel vers 1905/1910 et dont le personnage à l’angle de la tourelle donne l’échelle, on constate un enfouissement de la tourelle Sud de plus d’une assise, soit environ 0.50 m. et rien ne s’oppose à ce que les périodes antérieures aient déjà connu ce phénomène.
Dans une note Arcisse de Caumont dit qu’à l’origine ce manoir était entouré d’eau [29]. Il est le seul à mentionner ce détail qui ne paraît pas sur le cadastre napoléonien, mais la mare que l’on remarque au Sud peut laisser à penser que nous nous trouvons en face d’un site fossoyé.
La troisième hypothèse, de loin la plus vraisemblable, est celle de rattacher ce mur à l’existence d’une zone encavée ou semi-excavée, telles celles existantes au manoir d’Aubichon, au manoir de la Plesse, au manoir de Tonnencourt ou au château de Fumichon [30]. Dans les trois premiers cas, comme aux manoirs de la Brairie, à GLOS [31] et du Lieu-Sauvage, à SAINT-MARTIN-de-MAILLOC  [32], la déclivité du terrain peut en justifier la présence. Nous avons déjà eu l’occasion d’aborder le problème de ces zones excavées et nous n’y reviendrons pas [33]
Quand à la situation, dans le plan primitif, de l’escalier permettant l’accès à l’étage, il n’en subsiste aucune trace visible. En raison de la présence de portes jumelées au centre, on peut supposer, selon une disposition relevée dans certaines constructions de cette époque, qu’il devait se trouver dans l’œuvre, en arrière du massif de cheminée, comme au Manoir de la Plesse ou à Saint-Michel-de-Livet. La recherche menée a mis au jour le départ d’un escalier dont il reste à prouver la conjonction avec le plan d’origine du manoir actuel et faute d’une fouille sur toute la surface du manoir et de ses abords, il sera impossible provisoirement, de vérifier la position exacte du massif de cheminée – pour autant qu’on en ait conservé les substructions.

Orientation

La façade Sud, dirigée vers l’église donne sur le chemin départemental 110 conduisant de  SAINT-OUEN-le-HOUX aux MOUTIERS-HUBERT.
A l’origine, la façade principale était tournée vers cette route, le  grand bâtiment en bordure du chemin fermant partiellement la perspective de ce côté. Cette situation perdurait encore dans le troisième quart du XVIe siècle, car lorsque l’on éleva le pavillon d’angle à l’Ouest, ses meurtrières battaient cette façade. L’élargissement, dont nous parlerons, la construction des écuries sur l’arrière et l’élévation d’un portail architecturé de pierre, ont conduit dans les premières années du XVIIe siècle, à orienter l’entrée principale vers l’Ouest. Mais vers 1930, à l’occasion de la grande vague de transformation qui suivit l’acquisition de ce manoir par Pierre Leboucher, cette façade fut remise à l’honneur.

Plan

Tel qu’il nous est parvenu, le logis d’habitation comporte un long rectangle cantonné sur la façade sud, à gauche d’un pavillon faisant saillie sur la façade et sur le mur-pignon, et à droite d’un pavillon faisant saillie sur la façade sud et se prolongeant jusqu’à la façade nord. Cette dernière façade est elle-même accompagnée de deux tourelles. L’ensemble paraît homogène mais une analyse archéologique des éléments visibles permet de distinguer au moins six campagnes de construction s’étalant approximativement sur un siècle et demi, auxquelles il faudrait ajouter un certain nombre de transformations de détail remontant au XVIIIe siècle ou relative­ment récentes. Malgré sa complexité, un premier examen du plan permet de comprendre en partie,  à la fois l’articulation et le dérou­lement de ces différentes campagnes.

Première campagne:
A la première campagne décelable, se rattache le logis de bois originel d’une douzaine de mètres de longueur et de 7m50 de profondeur, divisé en 6 travées, deux à chaque extrémité de 2m60 environ et deux au centre, axées sans doute sur un massif de cheminée central et correspondant aux anciens accès. Nous sommes donc en face d’une disposition sy­métrique relativement classique
Suivant en cela un plan déjà rencontré dans la région, l’accès au rez­-de­-­chaussée se faisait au centre du mur gouttereau par deux portes accolées, correspondant aux travées les plus étroites. Un sommier, de section plus faible que les autres sommiers contemporains, s’appuyait vrai­semblablement dans le massif de cheminée qui devait occuper le centre de la maison. La disparition de ce massif correspond à la discordance que l’on relève­ dans le solivage du plafond de cette partie de l’habitation.
L’ensemble des colombages et des sablières basses ou hautes du rez­-de­-­chaussée très bouleversé au cours des âges par l’agrandissement des fenêtres, la fermeture des portes d’origine ou l’ouverture d’une nou­velle entrée, ne subsiste que très partiellement mais suffisamment cependant pour permettre la reconstitution de la façade sud.
A droite et à gauche de ces entrées, les deux autres travées comportaient chacune une baie dont l’emplacement paraît encore dans la sablière haute de rez-de-chaussée par les trous laissés par les anciennes grilles de protection.
L’étage en encorbellement comporte les trois pièces classiques: sablière haute de rez-de-chaussée, sablière basse d’étage et entre les deux, une entretoise moulurée assemblée dans la tête des sommiers. Cet encorbellement se retournait sur le pignon Est, en grande partie masqué par le pavillon élevé postérieurement, mais l’allon­gement du logis vers l’Ouest nous interdit, par contre, de pouvoir af­firmer que cette disposition se retrouvait de ce côté.
Selon une technique habituelle dans la région lexovienne, à hauteur d’étage, un court sommier d’angle recevait l’ensemble des sablières des deux faces.
Le pan de bois de l’étage a lui aussi subi d’innombrables transformations et à part les poteaux et le contreventement central, il semblerait que l’ensemble ait été démonté et en partie remplacé, dans une autre disposition. Il est vraisemblable qu’une suite de petites fenêtres, peut-être à l’aplomb de celles du rez-de-chaussée, éclairaient l’étage. Quant aux colombes, l’on peut supposer qu’elles étaient verticales et que seule une lisse d’appui horizontale, chevillée aux poteaux et aux colom­bages, assurait, avec les deux écharpes centrales, le contrevente­ment de cette façade. Ce contreventement se révéla rapidement notoirement  insuffisant et entraîna d’importants désordres: l’ensemble se coucha vers l’est et le faux-aplomb des fermes atteint environ 0.30 m. Parallèlement la construction dût se vriller, ce à quoi correspondrait le désalignement du pied des fermes que l’on constate sur la façade nord où il atteint 0.28 à la seconde ferme (en partant du pignon est).
L’habillage du revers des façades nous interdit toute observation de l’intérieur des pièces d’habitation dans cette partie mais il n’est pas exclu, par contre, qu’il ait existé des contreventements intérieurs et ce particulièrement aux extrémités.
Au rez-de-chaussée, des structures de cette première  campagne seuls subsistent: la façade Sud, une petite partie du retour vers l’Est et quelques éléments porteurs. Quant au pignon Ouest il semble avoir entièrement disparu. A l’étage, vraisemblablement, une notable partie des pans de bois ont été conservé, même si, nous le verrons ils ont été considérablement transformés. La charpente des combles n’a pas eu à subir de d’altérations importantes et restitue bien la disposition originale qui comportait deux pignons et quatre portiques intermédiaires, puisqu’ aucune ferme ne correspondait aux deux étroites travées centrales. En élévation, ces fermes très simples présentent un entrait retroussé et deux cours de pannes. Le contreventement longitudinal est assuré par une sous-faîtière reliée à la panne faîtière par deux croix de Saint-André dans chaque travée. Cette partie de la charpente mériterait une étude approfondie, car l’on y relève deux types de repères tracés soit à la rainette soit à la gouge et un examen appro­fondi devrait permettre de situer les pièces en situation et de les diffé­rencier des réparations. Il est à remarquer que tous ces bois sont dolés, bien épurés et de fortes sec­tions [34],   comparativement aux différentes reprises décelables.

Deuxième campagne:
L’on peut attribuer à cette seconde campagne, l’allongement vers l’Ouest d’une travée. Détruisant la symétrie première, cette adjonction est dé­celable par la reprise de sablière, par la différence de modénature des deux pièces d’encorbellement, par la modification de la forme du petit motif de sculpture en lancette qui termine la gorge de la sabliè­re basse d’étage et dans les combles, par l’absence de sous-faîtière.

Troisième campagne:
La troisième tranche de travaux comprit dans un premier temps, le remontage d’un pavillon de bois de 6m30 sur 9 m. de profondeur, faisant saillie sur le corps d’habitation principale. Les fermes d’origine ont été conservées et ont servi d’appui lors de l’élargissement dont nous reparle­rons.
En relevant le plan du rez-de-chaussée avec précision, il apparut que certaines données étaient discordantes, mais la présence des habillages du début de ce siècle, interdisait d’en comprendre la raison. Le démontage des lambris et la mise à nu des pans de bois intérieurs ont permis de s’apercevoir que nous nous trouvions selon toute probabilité devant un cas de réutilisation d’une construction étrangère au site et plaquée contre le manoir de la première campagne.

Quatrième campagne:
Quelques années plus tard, ou au cours de la même campagne de  travaux, la façade du pavillon de bois Est fut prolongée d’un peu plus d’un mètre sans que la raison exacte de cette extension apparaisse sur le plan.

Cinquième campagne:
C’est à cette cinquième campagne que nous devons la physionomie actuelle du manoir et celle-ci concerne la seconde extension du pavillon Est et ses lucarnes, les deux tourelles de la façade Nord et le mur de pierre les réunissant, le mur du pignon Ouest, et enfin le pavillon Ouest.
L’on constate dans tous ces travaux un certain nombre de nouveautés: l’introduction de l’emploi de pierre en moyen appareil, la création de nouveaux espaces de circulation avec l’implantation d’une galerie sur la façade nord, l’apparition d’une sculpture généreusement répandue sur toutes la surface des pans de bois et des plafonds des lucarnes, l’emploi du tuileau pour le garnissage des entre-colombages. Toutes ces novations marquent une rupture sensible avec les traditions locales par l’adoption de modèles extérieurs.
En premier lieu, l’emploi de la pierre dans cette région, pour ce type de construction, est significatif de l’époque (nous y reviendrons) et se retrouve en beaucoup d’autres lieux, où pour des raisons liées à l’élargissement de la surface d’habitation, à la même époque, à CRICQUE­VILLE et à FUMICHON, l’on adopte le parti d’incorporer à l’habitation une galerie de circulation d’étage ouverte sur l’extérieur. A  BELLOU, nous sommes dans l’incapacité de restituer la position d’origine des accès à l’étage et partant, de savoir si nous nous trouvons exactement dans le même cas de figure, mais ce schéma est si classique qu’il y a de fortes probabilités qu’il se vérifie au cours des futurs travaux. L’implantation d’un esca­lier dans le pignon Est permettant de desservir l’étage du pavillon est également une novation héritée de l’architecture classique et inusitée habituellement dans les manoirs augerons contemporains.
L’élargissement, bien entendu, eut des répercussions à la fois sur le pan de bois d’étage et sur la charpente des combles.
En ce qui concerne le pan de bois il fut élevé sur de nouveaux soubassements c’est-à-dire, à l’exception de la façade Sud du logis primitif et de son extension
Pour la charpente, l’on adopta une solution boiteuse, mais économique, con­sistant à réutiliser la charpente d’origine. Conservant sa pente, l’on ré­implanta au centre du nouvel édifice une file de poinçons et l’on prolongea les arbalétriers par une pièce greffée en biais sur la tête des anciens poinçons jusqu’à la rencontre de la nouvelle faîtière. L’important « couchage » des fermes facilita l’implantation des nouveaux poinçons mais l’on ne peut actuellement déterminer sur quoi ils reposent: il est vraisemblable que l’on a dû les asseoir sur de nouveaux entraits mais, si c’est le cas, ils sont masqués sous le parquet de sapin moderne.
Cette nouvelle charpente, très légère[35], faite semble-t-il entièrement de bois sciés, mal épurés, ne comporte pas de sous-faîtière et seuls des liens relient faîtière et poinçons, contreventant l’ensemble. Toutes ces contraintes nouvelles ont conduit, lors de travaux d’entretien, à renforcer les assemblages d’origine, soit par des ferrures soit par des moisages, ce qui est tout particulièrement le cas des trois premières fermes.
Ces travaux de la cinquième campagne correspondent à l’époque de la « for­tification » de nos manoirs augerons, et l’on peut remarquer, à partir des documents anciens qui nous sont parvenus, que la partie en pierre de ce rez-de-chaussée devait être entièrement aveugle, les soubassements de pierre ne comportant à l’origine aucune ouverture. Seul, le pavillon Ouest possédait des meurtrières (peut-être d’ailleurs plus tardives), qui ont conservé un pivot en bois encastré dans la maçonnerie, trans-formant cette partie du manoir en petit réduit fortifié.
Sans doute beaucoup plus décoratifs que militaires, aucune trace de meurtrières n’apparaît sur les documents photographiques anciens que nous possédons, les deux petites tourelles avec toit en poivrière agrémentent la façade nord.
Tous les pans de bois d’étage élevés lors de cette campagne, sont assis sur un soubassement de pierre de moyen appareil et comporte un pan de bois en encorbellement avec garnissage de tuileaux.
Cet encorbellement est seulement marqué ici par une pièce en arc de cercle, lisse, assemblée dans les sommiers et pour les tourelles dans les faux sommiers de l’enrayure tandis qu’une mince sablière basse moulurée et sculptée reçoit le pan de bois d’étage.
Cette cinquième campagne fut accompagnée d’une transformation des circulations intérieures et d’une décoration sculptée datable des années 1560/1570. C’est sans doute à cette campagne qu’il faut également attribuer la magnifique décoration peinte que nous avons découvert dans le pavillon est où nous pouvons admirer de splendides rinceaux et des figures de personnages dont une très belle sainte Suzanne. Cette décoration à elle seule mériterait d’ailleurs une étude.

Sixième campagne:
Nous avons vu, en présentant la première campagne, que l’accès passa de la façade Sud à la façade Nord. A l’occasion cette sixième campagne, l’on ouvrit donc dans le mur Nord un passage encadré orné d’un portail classique à fronton. A gauche de celui-ci, une reprise dans les assises de pierre est peut-être en relation avec une modification de sa largeur, à moins qu’il ne s’agisse d’une tranchée maladroitement rebouchée.
Enfin, nous attribuerons la modification du pans de bois de l’étage et l’introduction des larges et hautes fenêtres à guillotine à une autre campagne se situant à une date avancée du XVIIe siècle, mais ce point  devrait être précisé à partir d’une étude menée au niveau de la région.
L’intérieur au cours des siècles a subi tant de transformations qu’il est impossible de les relater en quelques lignes. Disons qu’un échantillonna­ge intéressant de menuiseries subsiste dont peu paraissent en place. Il en est de même des cheminées qui ont disparu à l’exception de celle de la salle à manger.
Il n’en reste pas moins qu’un certain nombre d’éléments décoratifs ont été miraculeusement préservé par des lambris ou des placards et parmi eux quelques fragments de pavages du Pré d’Auge de la fin du XVe ou du XVIe siècle.

Datation!
En conclusion, apportons, comme hypothèse de travail, quelques éléments de datation qui bien entendu devront être vérifiés et affinés au fur et à mesure de l’avancement des travaux de remise en état.
L’ensemble de toutes ces campagnes, nous l’avons, dit fut mené entre l’extrême fin du XVe siècle ou les premières années du siècle suivant. La première extension date sans doute de la première moitié du XVIe siècle et fut suivie de peu de la troisième puis de la quatrième. La cinquième se situe aux environs des années 1560/1580 et les travaux se poursuivirent au début du siècle suivant pour s’achever par la transformation des ouvertures et de la réfection d’une partie du pan de bois de l’étage.
Au terme de cette courte étude, il se confirme que ce manoir s’inscrit bien parmi les plus prestigieux monuments de l’important patrimoine du Pays d’Auge. La diversité des procédés de construction, des formes et des décors que l’on y rencontre, justifient l’intérêt esthétique qu’il a de longtemps suscité, mais aussi, pour autant que nous puissions le déchiffrer, se révèle riche d’enseignements sur la longue utilisation d’une demeure en milieu rural.

Michel COTTIN – 1989-1992

2 – BIBLIOGRAPHIE

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MAYER Jannie,  Ministère de la Culture et de la Communication Direction ­du Patrimoine. Catalogue des Plans et Dessins   des Archives de la­ Commission des Monuments Historiques   – Tome I, Basse-Normandie:­Calvados, Manche et Orne.  Introduction de Françoise Berce, Caen, Lafond, 1980, 167 x 250, VII, 367 p., ill. couv. ill.
MONS Camille de, « Excursion dans le Pays d’Auge »,  BSHAO, 1936,­pp.78-79.
La Normandie Illustrée. Monuments, sites et costumes, Nantes, 1852; p.­69.-
PELLERIN Henri. – « Bellou »,  PAR, 1, N° 2, Juillet 1951, p. 16
PIEL abbé,  Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations  ­ecclésiastiques de l’ancien diocèse de Lisieux analysés pour servir à ­l’histoire du personnel de l’évêché, de la cathédrale des collégiales,­des abbayes et prieurés des paroisses et chapelles ainsi que de toutes­ les Familles notables de ce Diocèse, LISIEUX, Piel, 1895, 5 vol.­in-4°, pl. h.t.
Philippe SEYDOUX, Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin, (Paris, 1985), p. 14 – (P.J. 15);
SPALIKOWSKI Edmond, « Au pays des Manoirs. Quelques gentilhommières du­ Calvados »,  Revue du Touring Club de France, août 1937, pp. 235-245
VUAGNEUX Henri,  A travers le Pays d’Auge, Paris, Dentu, 1889, In-8  °,­243 p.
Dessin de J. BUREAU, du Manoir de Bellou et article nécrologique de P. Leboucher in Pays d’Auge, revue., 37, 10-1987, p. 21 –
Yvonne MANNEVY, « Sortie (des Amis de L’Aigle) du 26 juin 1988 », Les Amis de L’Aigle, n° 15, juin 1989, pp. 17-24, ill.
Jean de LA VARENDE, Par monts et merveilles de Normandie, Paris, 1968, pp. 92-93

NOTE : la poétesse Rose HAREL est née à BELLON le 8 avril 1826.

Essai de memento – Classé dans DOSSIER LIEUX.

3 -PIECES JUSTIFICATIVES

BILLY Jacques et HUET Christiane, Le Pays d’Auge, ses richesses, ses beautés, s.l.s.d. (Condé-sur-Noireau, 1983).
 » Le Manoir de Bellou est une splendide construction du XVI° siècle, aux lignes rigoureuses, bâtie au fond d’un beau parc, le long de la route qui mène au village du même nom, à 1 km. de la Nationale Livarot/Notre-Dame-­de-­­Courson. Un immense verger, plusieurs fois centenaire, le borde à l’arrière « .
 » La façade est formée d’un soubassement en silex appareillé de grès sur lequel s’élèvent des colombages terminés par des consoles qui viennent supporter une sablière formant la base d’un encorbellement en faible avancée. Les lucarnes à auvent, les tourelles aux formes dissymétriques introduisent une note de fantaisie dans cet ensemble Renaissance. Les sculptures, notamment autour des fenêtres, ajoutent un charme discret à l’ensemble. La façade postérieure, au Nord a un rez-de-chaussée de pierre et est dépourvu de lucarne. Deux tours rondes encadrent cette façade « .
A l’intérieur un vestibule aux magnifiques boiseries conduit au couloir qui longe la façade Nord et duquel part l’escalier parallèle qui conduit aux chambres de l’étage. Deux immenses salles, ornées de cheminées monumentales complètent avec une très grande cuisine et ses dépendances, ce rez-de-chaussée d’une sobre beauté « .

BRYE Hubert de, En flânant dans le Pays d’Auge – Vallées de la Touques et de la Dives, (c. 1958), p. 89.
A une faible distance de N.-D.-de-Courson, la commune de Bellou renferme un des beaux manoirs de la région : ses vastes proportions, ses quatre ailes uniformément élevées aux quatre angles, sa cour plantée, admirablement tenue, le recommandent à notre attention  »
(Dessin de J. BUREAU, du Manoir de Bellou et article nécrologique de P. Leboucher) in Pays d’Auge, revue.., 37, 10-1987, p. 21;  » Le Manoir de Bellou « , Bull. mon., 82, 1923, p. 449;

CAUMONT Arcisse de, Abécédaire ou Rudiment d’archéologie architecture civile et militaire, Paris-Caen, Derache-Hardel, 1858, p. 504
CAUMONT Arcisse de, Statistique monumentale du Calvados, Caen, Le Blanc-Hardel, 1846-1867, t. V, pp. 724-725
… » Le nom de BELLOU est une corruption de celui de Berlou que portait au XII° siècle, cette localité. Warin de Berlou vivait en 1186. Guillaume de Bellou, chevalier, donna en 1213 à l’évêché de Lisieux, le patronage de l’église de Bellou ; cette donation fut confirmée, en 1250, par Guillaume de Friardel, chevalier, seigneur de Bellou. La seigneurie de Bellou paraît s’être peu après fractionnée par parage en plusieurs membres de fiefs, dont un fut possédé par la maison du Merle et un autre, par celle d’Astin. Nicolas du Merle, archidiacre de Lisieux, frère ou proche parent de  Guy du Merle, évêque de cette ville de 1267 à 1285, fonda un obit dans cette cathédrale, d’un tiers de la dîme de Bellou,, à l’exception d’une rente de quinze livres, constituée en obit pour Nicolas d’Astin, chevalier et frère de Foulques d’Astin évêque de Lisieux de 1250 à 1267. En 1469, une portion du fief de Bellou était possédée par Gervais Fourmentin et une autre par Guillaume Michel. La famille Michel, nommée aussi Le Michel, ne tarda pas à réunir entre ses mains la totalité de la seigneurie de Bellou. Ce fut un membre de cette famille qui y fit construire dans le cours du XVI° siècle, le manoir actuel, une des constructions en bois les plus considérables de la contrée, dont M. Bouet a fait un excellent dessin: la façade septentrionale, construite en pierre jusqu’à la hauteur du premier étage, est flanquée de deux tou­relles rondes d’un très-bon effet ; à peu de distance se voit un porche d’ aspect pittoresque, que surmontent de beaux épis en poterie ; ce manoir paraît avoir été autrefois entouré de douves. La terre de Bellou a passé au siècle dernier, de la famille Le Michel à celle de La Pallu ; Mme la marquise de Mirville, née La Pallu, l’a laissée à Mme Hocquart, sa fille « .

Philippe Le Michel, sieur de Bellou, et Philippe Hardy, sieur de Chanvallon, firent preuve de noblesse, dans la recherche de 1666. Gabriel Le Michel, sieur du Hamel et François Le Michel, moins heureux, furent condamnés par M. de Marle « .

FREGNAC Claude, Merveilles des châteaux de Normandie – Préface de Michel de Saint-Pierre, s.l.s.d., (Paris 1966), Hachette, p.: 301
Construction des XVI° et XVII° siècles, en pan de bois, dressée sur un soubassement de pierre de taille. Deux tours carrées ornent l’une des façades, tandis que la façade postérieure est flanquée de deux tourelles rondes. – Visite extérieure autorisée sur demande – Cne de Bellou – Calvados – M.H.

HAUTECOEUR Louis, Histoire de l’architecture classique en France, Paris, Picard, 1949-1967; T. I.(1963), p. 41
… Parfois l’architecte a imité en bois à chacune des extrémités les grands pavillons des châteaux de pierre, par exemple à Breuil-en-Auge (Calvados) ou bien à combiné la pierre et le bois comme à Bellou (Calvados) « ….

LA VARENDE Jean de, Par monts et merveilles de Normandie, Paris, Perrin, 1968, pp. 92-93
Bellou est le type du manoir noble et important ; à grand logement et à plan déterminé. Un vaste corps de logis, accolé de deux pavillons très inégaux dont celui de droite est le double si ce n’est le triple de l’autre, et pourrait  former à lui seul une habitation convenable quand le petit ne peut détenir que des cagibis et des appartements de jeune homme, d’enfants. Le manoir s’est vu changer de sens. Sa façade principale est au dos, comme l’indique une porte du XVII° siècle à pilastre et fronton triangulaire. Toute la partie arrière et les côtés sont en pierre, ont leur rez-de-chaussée en bel appareil de calcaire. La façade actuelle devait donner sur le courtil. L’autre est appuyée par deux belles tourelles exactes à toits pointus, le fossé garnissait sans doute ce côté-là. On ne trouve jamais de pont-levis à rainure dans les manoirs, mais tous possédaient un pont se relevant. La partie touchant la maison était à charnière et une toise de tablier venait s’appliquer la nuit sur la façade, tirée par une chaîne. Bellou est beaucoup plus bas que Coupesarte et un peu tassé, mais ses toits sont surélevés et comportent deux étages de lucarnes. On se souvient que certaines maisons médiévales allemandes présentent jusqu’à cinq rangs de lucarnes. Bellou a été fort soigné et bâti avec des potelets calibrés, des soles bien droites.

LESCROART Yves, La Renaissance en Pays d’Auge dans La Renaissance en Basse-Normandie, numéro spécial de Art de Basse-Normandie, Printemps 1975, pp. 54-68 ; p. 57
296 – Manoir de Bellou. Cette grande construction à pans de bois, construite d’abord sur un plan rectangulaire, a été complétée dans la première moitié du XVI° siècle par une aile en retour portant tous les caractères du nouvel art de bâtir : composition verticale des deux fenêtres à meneaux, surmontée d’une imposante lucarne à croupe ; abondant décor géométrique sur la corniche et l’auvent de la lucarne. »

MONS Camille de, « Excursion dans le Pays d’Auge »,  BSHAO, 1936, pp.78-79, ill.
Ce manoir est l’une des constructions les plus considérables et les plus caractéristiques de l’architecture normande « .
Le système ordinaire de cette architecture est le colombage: mélange de poutres, de briques et de mortier, auxquels s’ajoutait parfois la terre cuite émaillée du Pré d’Auge. Mais les exemples parfaits de colombage sont rares ; on ne trouve plus trace de ces terres cuites qu’en peu d’endroits. La disposition des poutres est d’une extrême variété: verticales, horizontales ou diagonales, elles se croisent et se recoupent, formant des ensembles géométriques, dont le dessin est des plus agréables à l’oeil. Les toitures, est-il besoin de le préciser, sont toujours de vieilles tuiles « .
Bellou, masse importante, entourée de massifs de rosiers, toute décorée de géraniums rouges, recouverte de toits mouvementés, est une de ces demeures souriantes, où le confort, le bon goût et la simplicité s’allient parfaitement « .
Un colombier fort curieux retient notre attention. La seigneurie de Bellou appartenait, dès le XIII° siècle, à la famille de Friardel, illustre dans le Lieuvin. Elle passa ensuite aux de Cintré et aux Le Michel. Ce sont les Le Michel, anoblis aux francs-fiefs de 1470, qui firent construire à la fin du XVI° siècle le manoir actuel. Vers 1750, un Le Michel était curé de Bellou. Il semble que la descendance masculine de cette famille soit éteinte. La branche aînée est tombée en quenouille en 1720 chez les de Vauquelin, et sa postérité en ligne féminine subsiste nombreuse en France et en Belgique……. »
Solidement assis, puissant et rose, tel est Bellou.
Sa façade est vaste, à colombages, avec un toit de tuile, beaucoup plus haut que les murs et avec sa tourelle qui allège l’ensemble « .
Mais si l’on fait le tour du manoir, on tombe en admiration devant l’autre face, grise cette fois, parce qu’à base de pierre, égayée par quelques motifs de briques. Elle présente une simplicité et une pureté de lignes auxquelles nous sommes habitués par l’art moderne. Aux deux extrémités de ravissantes tourelles arrondies donnent à l’ensemble un équilibre proche de la perfection « .
Bellou fait partie des manoirs vivants. Ses propriétaires ont en effet reconstitué et habité non seulement le manoir, mais le domaine. Sur ce plateau, les magnifiques plantations de pommiers, l’ordre qui règne partout, la tenue des jardins, du bétail, des pâturages, des arbres, nous prouvent qu’il a été fait là oeuvre utile, ne craignons pas de dire: oeuvre nationale « .

La Normandie Illustrée. Monuments, sites et costumes de la Seine-­Infé­rieure, de l’Eure, du Calvados, de l’Orne et de la Manche  dessinés d’après nature par F. Benoist et lithographiés par les premiers artistes de Paris. Texte par M. Raymond Bordeaux et Melle Amélie Bosquet sous la direction de M. André Pottier, Conservateur de la Bibliothèque de Rouen, pour la Haute-Normandie et par MM. Charma, Le Héricher, De la Sicotière et Travers, sous la direction de M. Georges Mancel, Conservateur de la Bibliothèque de Caen, pour la Basse-Normandie, Nantes, Charpentier, 2 vol. 1852, 340 x 475 ; p. 69
 » A un kilomètre de la grande route d’Orbec à Livarot, le voyageur ren­contrera la commune de Bellou ou Ballou. Son château en bois est de ceux dont le pays d’Auge se couvrit aux XVI° et XVII° siècles. L’habitation centrale est flanquée aux deux angles postérieurs, de tours rondes, et aux angles de la façade, de pavillons carrés. Le corps du château, de même que ses tourelles et ses pavillons, est bâti en pierre jusqu’à la moitié environ de sa hauteur. La partie supérieure en encorbellement sur cette base, est en pièces de bois dont les intervalles sont garnis d’un  remplissage de briques d’un beau rouge, disposés en zigzags. Les lucar­nes, qui surmontent les pavillons de l’Est, sont enri­chies de sculptures que terminaient autrefois des épis coloriés. A côté du château s’élève le colombier seigneurial, construit d’après le même système, et dont le toit se couronne encore d’un brillant épi de couleur d’une charmante composition. A quelques pas de là surgit, au milieu des pommiers, le petit clocher de l’église paroissiale qui semble être la chapelle du château. C’est, avec le porche original qui la précède, un joli motif d’architecture rustique et pittoresque « .

SEYDOUX Philippe, Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin, s.l. (Paris), Edit. de la Morande, s.d.(1985), p. 14.
 » Solidement assis, puissant et rose, tel est Bellou.
 » Sa façade est vaste, à colombages, avec un toit de tuile, beaucoup plus haut que les murs et avec sa tourelle qui allège l’ensemble « .
 » Mais si l’on fait le tour du manoir, on tombe en admiration devant l’autre face, grise cette fois, parce qu’à base de pierre, égayée par quelques motifs de briques. Elle présente une simplicité et une pureté de lignes auxquelles nous sommes habitués par l’art moderne. Aux deux extrémités de ravissantes tourelles arrondies donnent à l’ensemble un équilibre proche de la perfection « .
Bellou fait partie des manoirs vivants. Ses propriétaires ont en effet reconstitué et habité non seulement le manoir, mais le domaine. Sur ce plateau, les magnifiques plantations de pommiers, l’ordre qui règne partout, la tenue des jardins, du bétail, des pâturages, des arbres, nous prouvent qu’il a été fait là oeuvre utile, ne craignons pas de dire: oeuvre nationale « .

13 -SEYDOUX (Philippe), Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin, s.l. (Paris), Edit. de la Morande, s.d.(1985), 150 x 220, 96 p. ill. couv. ill. ; p. 14 :
 » Ce manoir, l’un des plus célèbres du Pays d’Auge comprend un corps de logis accolé à un large pavillon légèrement saillant. Couvert d’un ample toit de tuile débordant devant les fenêtres de l’étage, il est flanqué de tourelles d’angle, l’une carrée, les deux autres cylindriques. Il est élevé sur un rez-de-chaussée en pierre appareillée, et d’un étage placé en léger encorbellement sur une poutre moulurée, fait à colombage, en pan de bois et tuileaux hourdés au petit mortier de chaux grasse. Sur la façade principale, les deux niveaux sont à colombage, et le soubassement en silex. Le colombier octogonal présente le même appareil, à la différence des autres dépendances où les tuileaux sont remplacés par du torchis « .
 » Construit au XVI° siècle par les Le Michel, sur un ancien fief ayant appartenu à la famille du Merle, le manoir de Bellou passa au XVIII° siècle aux La Pallu, puis au marquis de Mirville (voir Fillières et Mirville, dans Châteaux du pays de Bray et du Pays de Caux). Il appartient aujourd’hui à M. Leboucher-Bisson, qui l’a restauré et qui y habite « .

Notes de Ch. VASSEUR
Dans les notes de VASSEUR, Dossiers bleus – Doyenné de Livarot, notes sur BELLOU et les épis de faîtage : La façade nord est flanquée de deux tourelles circulaires dont le toit conique est terminé par des épis en terre vernissée…Le colombier est hexagonal, construit en bois et du XVIe siècle comme le manoir. Sa lucarne est surmontée d’un magnifique épi dont la décoration accuse le XVI e siècle. Un second épi couronne le grand comble.
Concernant l’église :  » Il ne faut pas oublier non plus, trois de ces charmants lustres rustiques en bois tourné et peints de brillantes couleurs qu’on nomme des poussinières … »
Bibliog. :
MSAN, VIII, 13
AAN, 1849, p. 162
BM?, 1852, p. 156
Abécédaire, II, p. 466

Le premier seigneur de Bellou que l’on trouve est Foulques I du Merle, seigneur du Merle Raoul, châtelain de Gacey, Briouze, Bellou & maréchal de France en 1302. Il eut pour 3° fils Guillaume le Jeune, sr. Messey, Briouze et Bellou en 1318 dont la descendance s’éteignit dans Jean III du Merle d’où la seigneurie passa à Jean Affour dont le fils Guy fut dépossédé après trahison. Le roi donna ses terres à Jean de Bureau qui les vendit à Louis d’Harcourt en 1457. Il est difficile de savoir si Bellou suivit le sort des autres terres; mais en 1469 lors de la Monstre de la Noblesse du Bailliage d’Evreux, on trouve Guillaume Michel, écuyer, seigneur d’une partie du fief de Bellou et Gervais Fourmentin possesseur aussi d’un quart de fief à Bellou. Lors de la Recherche de Montfazut, on ne trouve rien figurer  sur Bellou; mais dans la Recherche faite par les Elus de Lisieux en 154O on trouve un autre membre de cette famille, Michel, Denis Michel, sr. de Bellou lequel, dit la Recherche est le fils de Guillaume anobli aux francs-fiefs. L’Armorial de d’Hozier nous donne un autre nom André de Blanche, sr. de Bellou, auquel il donne d’azur à 3 têtes de lion arrachées d’argent lampassées de gueules (d’Hozier 80)

Bibliog.
FORMEVILLE I, cccclxxij, cccc lxxiij, dv II, p. 91

Archives SHL :
Achat du 11-02-2003. Lot n°
33 / Bellou, Pays d’Auge (canton de Livarot, Calvados). « Famille Buisson, Bellouet. Liasse 7 », 1554-1737, 29 pièces parchemin et 4 pièces papier.
35 / Bellou et Notre-Dame-de-Courson (Calvados). Canton de Livarot. « Famille Buisson », 1617-1816, 27 pièces parchemin et papier. Concerne le fief de Belleau à Notre-Dame de Courson et celui de Bellouet à Bellou.

Achat du 11-02-2003. Lot n°6
30 / Pays d’Auge (Calvados). « Famille Buisson ». Seigneurie de Belleau. Gaige plège du fief terre et seigneurie de Belleau 1695. 44 p. papier. ;
Gaige plège 1692, 28 p. papier ; Gaige plège 1718-1723, 38 p. papier ; 1540. Liasse documents divers, 45 pièces papier et parchemin,
1543-1652 concernant diverses localités du sud Pays d’Auge (Calvados et Orne), Livarot, Aubry-le-Panthou, Lisieux etc.); 7 pièces diverses 16e-18e, concernant le fief de Belleau.

31 / Bellou, Pays d’Auge (canton de Livarot, Calvados). « Famille Buisson ». Liasse 8 documents 1510-1675 concerne les environs de Livarot et d’Orbec (Fervaques, Courson, Belleau, Bellou, Bellouet etc.). Liasse 32 pièces parchemin et papier, 1560-1707.
32 / Bellou, Pays d’Auge (canton de Livarot, Calvados). « Famille Buisson, Bellouet.. Liasse 81 », 1577-1664, 9 pièces parchemin et 7 pièces papier.
34 / Bellou et Notre-Dame-de-Courson (Calvados). « Famille Buisson, Bellouet. Liasse 84 », 1510-1640, 27 pièces parchemin et 7 pièces papier. Acquisition de la famille Buisson, de Bellouet, à Bellou, Notre-Dame-de-Courson et. Les deux premières pièces (1510 et 1513) concernent : 1510 : Marguerin Duval et Jacqueline Le Vyvien, d’Auberville (Calvados). 1513 : Jehan Lefebvre et Henry Lepetit du Mesnil-Germain. 190€

Archives SHL:
FONDS DEVILLE : – 5 cartons concernant la famille BUISSON de BELLOUET (à ­inventorier en détail.)
Fonds NEDELEC Communes
4 -TEXTES et DOCUMENTS

1204 – Moutiers-Hubert
Philippe-Auguste déclare qu’il a réuni à son domaine la baronnie de Gravenchon qui avait appartenu au comte d’Evreux, la terre du comte de Varenne, la terre du comte d’Arundel, la terre du comte de Leicester, la terre de Geffroi de Clare, la terre du comte de Meulan, la baronnie de Montfort, qui avait appartenu à Hugue de Montfort, la terre de Robert Bertran, la baronnie des Moutiers-Hubert, la terre de Guillaume de Saint-Jean, les terres des chevaliers qui sont en Angleterre.
= A 90, B 95, C 74, D 96, E 179 v°, F 146, G n. 82 – Ed La Roque, Hist. de Harcourt, IV, 2175 ; cf. III, 56, Léchaudé, Grands rôles, 167 (d’après G). Cartulaire normand, p. 20 n. 113.
= DELISLE (Léopold), Catalogue des actes de Philippe-Auguste avec une introduction sur les sources et l’importance historique de ces documents, Paris, Durand, 1856; pp. 204-205

1215, sept. – Courson, Bellou, Bellouet, Genneville, Familly, etc.
Jourdain du Hommet, évêque de Lisieux donne au chapitre toute la dîme des blés des deux prébendes de Nonant, deux gerbes dans la paroisse de Lasson, le patronage et les grosses dîmes des deux portions de Notre-Dame-de-Monnay, de Notre-Dame-de-Courson, de saint Léger, de Saint saturnin de Réville, de Saint-Pierre-de-Bellouet, de saint Sulpice de la Goulafrière, de Saint Ouen de Genneville, de Sainte Marguerite des Loges, de Saint-Jean-de-Familly, de sainte Cécile de Beuevillers et de Notre Dame de Villerville, en se  réservant le droit d’instituer dans ces paroisses les vicaires perpétuels, et oblige le chapitre à donner, sur le revenu de ces bénéfices, 100 livres par an aux dits clercs ou chapelains de la cathédrale, nommés Douze-Livres, sous la condition qu’ils y assisteraient à tout l’office. Il donne au chantre, 10 livres par an en deux termes, sur le revenu de l’église de Saint Aubin de Canapville, au doyenné de Vimoutiers, avec ce qu’il avait retiré des moines de Jumièges, tant en vassaux qu’en terres, bois et pâturages; et accorde au trésorier le patronage de l’église de Notre-Dame-de-Bellou.
= Cart Lexov. (?) Cité par Noël DESHAYES, Mémoire pour servir dans FORMEVILLE, t.II, p.91

1320
Fiefs de la Vicomté d’Orbec en 1320 :
387
SERGENTERIE d’ORBEC
N° 10 – Bellou et Bellouet, p. 19, Fief ferme
= Fiefs de la Vicomté d’Orbec en l’année 1320 in H. de Formeville, t. II, p. 388 (Extrait du Ms. suppl. f° 4, 2797, Comté de Beaumont, à la B.N.)

1408, 16 février
Information de Guillaume Fouachet, lieutenant de Jean Germé, vicomte d’Arques, sur la valeur du fief de Nesle (S.-Mme., commune de Nesle-Hodeng) appartenant à Jacques d’Aurichier, écuyer, né le 13 juin 1394, au droit de sa femme Jeanne d’Aunou, née vers novembre 1394, fille de Robert d’Aunou, chevalier, mort vers Noël 1400, et héritière de sa mère Amisse du Lion, morte le 7 janvier 1408: outre le fief de Chaumont, il y a des héritages à Occagnes (Orne) et à Bellouet.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 5, p. 375. – Arch. nat. P 19093, 18988.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVIII, fasc. 3-4, 1969, p. 22.

1409, 15 juin
Information de Jacques Poingnant, vicomte d’Orbec sur la valeur des biens des fils mineurs de feu Jean de Friardel, écuyer, et d’Isabel de Bigars: fiefs de Friardel, de Bellouet et d’Heudreville-sur-Eure.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 5, pp. 401.-402.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVIII, fasc. 3-4, 1969, p. 26.

1444, septembre – Bellou
31.- (note)… Jean de Friardel, écuyer, rendit aveu au roi le 4 décembre 1406 pour le plein fief de Friardel, qui appartenait en 1458 à Robert de Cintray (A.N. P. 308) (cf. les Nos 49 et 357) La famille de Friardel s’éteignit à cette époque.

49.- De rente que doit Jehan de Friardel, escuier, hoir de feu monsieur Robert de Friardel, jadis chevalier. Pour ce pour moictié [36]   vij l. xvj s.
= EDIT.: Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-Michel 1444. Lean Le Muet, Vicomte et receveur dans Etudes Lexoviennes, IV.

1540 – Bellou
RECHERCHE DES NOBLES DE L’ELECTION de LISIEIUX Faite en 1540…

Denis Michel, sieur du dit lieu de Bellou, s’est aidé d’arrêt de la Cour donné à son entente, et rapporté à l’article de Jacques Malherbe, sur la paroisse de N.-D. d’Orbec, N° 53 (p. 22)

Jacques Malherbe et Denis Michel, Sr. de Bellou, pour justifier leur noblesse ancienne ont produit un arrêt dont la copie est demeurée au greffe ; ledit arrêt donné en la cour de nosseigneurs les généraux, le 3 décembre 1519, contre les assesseurs dudit Orbec, à l’entendement des dits Malherbe, et Michel, et de défunt Pierre Grieu, pour l’estat de leur noblesse ; savoir ledit Grieu comme issu de Gilles Grieu, son ayeul, anobli par charte de 1487 ; ledit Malherbe comme procréé de noblesse ancienne ; et ledit Michel comme fils de Guillaume Michel, anobli au moyen des francs-fiefs en quoi il avoit été taxé et assis (p. 24)
= Pierre-Elie-Marie LABBEY DE LA ROQUE, Recherche faite en 1540, par les Elus de Lisieux des nobles de leur Election, Caen, Poisson, 1827; p. 22 et 24.

1562 – Bellou
79 – Mathurin Le Michel, seigneur de Bellou et du fief du Poyer et Bordeaulx  XXXVI l.
Note : Bellou est une commune du Calvados, du Canton de Livarot. Le fief Poyer m’est inconnu, Bordeaulx, fief à Verneusses, canton de Broglie.
= LEBEURIER (P.-F.), Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux en 1562 avec une Introduction sur l’histoire et l’organisation du ban et de l’arrière-ban, Evreux-Rouen, Huet-Lebrument, 1861, p. 67

1593 – Prêtreville
Etienne Vandon, de la paroisse de Bellou, vend à damoiselle Isabeau Le Gentil, veuve de Christophe Poullain, demeurant à Auquainville tout et tel droit de condition héréditaire sur une pièce de terre à Prêtreville.
= Arch. SHL. 9F. Fonds Et. Deville. Dossier Prêtreville. Papier, 2 ff.

1604, 25 juin
Aveu par Charlotte des Ursins, de la baronnie de Ferrières…
84
« D’icelle ma baronnie il y a un membre dépendant appelé terre et seigneurie Id’Auqueinville, scitué et assis en ladicte vicomté d’Orbec, audit bailliage d’Evreux, lequel fief est dépendant et du corps d’icelle baronnie, qui s’estend en la paroisse dudit lieu d’Auquainville, Saint-Aubin-sur-Auquainville, Notre-Dame-de-Courson, Fervaques, le Croutte, Saint-Pierre-de-Courson, Thonnencourt, le Mesnil-Germain, Prestreville, Saint-Jehan-de-Livet, Bellouet, Notre-Dame-des-Loges, et autres paroisses illec aux environs…
= Auguste LE PREVOST, Mémoires et notes, t. II, p. 83 sq.
= voir texte intégral : « XVIe et XVIIe siècle.DOC », à 1604.

1673, 22 mars – Bellou
Poursuites contre plusieurs tenanciers de la sieurie de Bellou en paiement de rentes
= Catalogue des Archives de la Société Historique de Lisieux. Manuscrits formant le fonds de la Société au 1er août 1885, Lisieux, Lerebour, 1885, 99 p.

1696
= PREVOST (G.-A.), Armorial général de France (Edit de Novembre 1696). Généralité d’Alençon publié d’après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, Rouen – Paris, Lestringant – Picard, 3 vol., 1922 – 1924, In-8, X-325, 262, 101 p.
Tome II : Election de Bernay
49 : 24 – Adrien Le Michel, sgr. de Bellou :
Ecartelé au premier et 4e d’argent à un aigle de sable ; au second et au 3e d’or à une étoile de gueules.

1826, 8 avril : naissance à Bellou de la poétesse lexovienne Rose HAREL.
5- Note sur des fouilles :

DESCRIPTION et CAMPAGNES de CONSTRUCTION

Le manoir de Bellou est situé sur un plateau, à peu de distance de l’église, proche de l’importante et ancienne forêt des MOUTIERS-HUBERT.
L’intérêt majeur de la maison manable fait un peu oublier les bâtiments de service et le colombier, ensemble très intéressant des XVe-XVIe siècles qui l’accompagnent et faute d’un plan ancien, il est difficile de savoir si toutes les annexes nous sont parvenues.
Un examen rapide de la construction actuelle révèle de multiples reprises et notre étude tentera de restituer l’évolution des campagnes. On peut toujours supposer que ces manoirs ont succédé à des installations plus anciennes et dans le cas présent, nous avons pu en avoir confirmation. Ce bâtiment primitif sera donc présenté par MM. F. Fichet de Clairefontaine, M. Batrel et Ch. Maneuvrier qui ont mené cette prospection, puis nous analyserons ensuite les différentes campagnes qui ont conduit au manoir actuel.
Le récent rachat par M. MAHEUX et les travaux dont il est actuellement l’objet, travaux qui révèlent des parties cachées par les aménagements du début du XXe siècle, ont fourni l’occasion de conduire une étude plus affinée de l’histoire et de l’architecture de l’édifice. Cette étude a été supportée par un sondage archéologique, mené par le Service régional de l’Archéologie en collaboration avec le G.R.A.P.A., qui a renouvelé nos connaissances sur l’origine du manoir

Le bâtiment primitif: (avril 2001 : nous n’avons pu retrouver la suite de ce texte)                                                               

François FICHET de CLAIREFONTAINE
Michel BATREL
Christophe MANEUVRIER

6 Notes de Charles Vasseur

« Doyenné de Livarot ».
4 – BELLOU – B.M de Bellou – Berlou – de Bellou
Voir :
Antiquaires de Normandie VIII p.13
Annuaire normand 1849 p.162
Bulletin Monumental p.156 année 1852
ABC tome II – 466.
Formeville II p.91

Election de Lisieux, sergenterie d’Orbec  62 feux
Sous l’invocation de Notre Dame
Patronage:  
14e Episcopus  lexoviensis –
16e Capitulum lexoviense

Curé:
Grieu 1740-1787

Par. de Notre-Dame,
pair. le chap. de Lisieux.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. de Lisieux,
sergent. d’Orbec.,
Fiefferme de la vicomte d’Orbec.

Insinuations
Description de l’église (préparée pour la Statistique), de la cloche et du Manoir.
Description de la cloche
J’ai été nommée Marie par Messieurs les Chanoines réguliers du chapitre de cette église au mois d’octobre de l’an 1759 (cette cloche est seulement en deux lignes sans nom de fondeur mais avec trois petits écussons rangés en triangle, aux armes du Prieuré de Ste Barbe en Auge.)
Description de l’église du 6 mars 1856
Description du Château de Bellou et du colombier.
Rôle de l’Arrière-ban du bailliage d’Evreux
79 – Mathurin le Michel, escuyer, seigneur de Bellou et du fief du Poyer et Bordeaulx.
Recherche de 1524
Denis Michel, seigneur du lieu qui a fourni de sa noblesse.
Recherche de 1666
Philippes Hardy, seigneur des Champvallon, ancien noble
Philippes le Michel, seigneur de Bellou, ancien noble
Gabriel le Michel, seigneur du Hamel, ancien noble
François le Michel.
Ysac de Brossard, seigneur du lieu, ancien noble
Jacques de Chennevières  seigneur du Val                 )
Enguerrand de Chennevières, seigneur du Hamel   (anciens nobles Charles de Chennevières, seigneur de Guiardière)
Georges Melet, seigneur du Taillis, ancien noble
Jean, Charles, Nicollas, Pierre, François et Jacques Robillard, frères, sieurs de Lanney, de la Boullaye et de la Ferronnerie.

Documents historiques

Le premier seigneur de Bellou que l’on trouve est Foulques Ie du Merle, seigneur du Merle Raoul, châtelain de Gacey, Briouze, Bellou et Maréchal de France en 1302.
Il eut pour troisième fils Guillaume le Jeune, seigneur de Messey, Briouze et Bellou en 1318, dont la descendance s’éteignit dans Jean III du Merle, d’où la seigneurie passa à Jean Affour, dont le fils Guy fut dépossédé pour trahison. Le Roy donna ses terres Jean de Bureau, qui les vendit à Louis d’Harcourt en 1457
Il est difficile de dire si Bellou suivit constamment le sort des autres terres, mais en 1469, lors des monstres de la Noblesse du Bailliage d’Evreux (p.25) on trouve Guillaume Michel, écuyer, seigneur d’une portion du fief de Bellou et (p.33) Germain Fourmentin, possesseur aussi d’un quart de fief à Bellou.
Lors de la Recherche de Montfaut on ne trouve figurer rien sur Bellou, mais dans le Recherche faite par les élus de Lisieux en 1540, on trouve un autre membre de cette famille, Denis Michel, seigneur de Bellou, lequel, dit la recherche, est le fils de Guillaume Michel anobli aux francs-fiefs.
L’armorial de d’Hozier nous donne un autre nom : André de Blanche, seigneur de Bellou, auquel il donne : d’azur à trois têtes de lion arrachées d’argent lampassées de gueules (d’Hozier 80)
Le Rouvray, ferme à Bellou, avec extension sur Lisores. On y trouve un bois nommé les Parcs.

BELLOUET:

BELLOUET, réuni à la communede Bellou.
Berloet, v. 1250 (magni rotuli,p. 174).
Berlouet, 1287 (ch. citée dans le pouillé de Lisieux, p. 56, note 1).
Bellouelum, XVI°-siècle (pouillé de Lisieux, p. 56).°
Par. de Saint-Pierre,
patr. Eévéque de Lisieux.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Livarot.
Génér. d’Alençon,
élect. de Lisieux,
sergent. d’Orbec.

[1] Voir bibliographie en fin de cet article.

[2] Une fouille récente, dont les résultats n’ont pas été publiés, vient d’être conduite sous la direction de MM. François Fichet de Clairefontaine et Christophe Maneuvrier. C’est à notre connaissance la première menée en Pays d’Auge et elle a permis de mettre en lumière à la fois une continuité d’occupation du site et peut-être son absence de lien avec le manoir actuel – hormis le fait que le massif de la cheminée centrale aujourd’hui disparu – fut assis sur celui de la construction précédente détruite avant la fin du XVe siècle.

[3] LECHAUDE d’ANISY, « Abbayes du Calvados », MSAN , VIII, 1834, p. 13, n° 10.

[4] id°.- p. 23, n° 72 .

[5]– id°, p. 13, n° 11 . .

[6] Sur cette famille, voir la solide monographie de Jean-Michel BOUVRIS, « Le lignage des Dastin au XIe siècle », Revue de l’Avranchin , LXI, 1984, n° 319, pp. 65-101 .

[7] Arcisse de CAUMONT, Statistique …, p. 725. ,

[8] Jean-Michel BOUVRIS, mentionne, op. cit. , p. 98-99, la fondation d’un second obit à prendre sur son moulin et ses hommes de la Roque-Baignard. .

[9] Fiefs de la Vicomté d’Orbec en l’année 1320 (Extrait du Ms. suppl. f° 4, 2797, Comté de Beaumont, à la B.N.) cité par H. de FORMEVILLE, Histoire de l’ancien écêché-comté de Lisieux , t. II, p. 388 .

[10] Henri de FRONDEVILLE, « Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-Michel 1444 – Jean Le Muet, Vicomte et receveur », Etudes lexoviennes , IV, 1936, pp. 117-318

[11] Léopold DELISLE, Catalogue des actes de Philippe-Auguste , pp. 202-203 .

[12] Henri de FRONDEVILLE, op. cit. .

[13] Gildas BERNARD, Guide des Archives départementales du Calvados , Caen, 1978: Friardel: p. 185; Notariat d’Orbec: p. 137; Bellou, Etat-civil, p. 116 .

[14] Arcisse de CAUMONT, op. cit, p. 725 .

[15] Pierre-Elie-Marie LABBEY DE LA ROQUE, Recherche faite en 1540, par les Elus de Lisieux des nobles de leur Election , Caen, Poisson, 1827, p. 22 et 24.

[16] P.-F. LEBEURIER, Rôle des taxes de l’arrière-ban du bailliage d’Evreux en 1562 avec une Introduction sur l’histoire et l’organisation du ban et de l’arrière-ban , Evreux-Rouen, 1861, p. 77..

[17] GRAVELLE-DESULIS, « Recherche de la noblesse d’Alençon faite par Bernard de Marle.,.. 1666 », Annuaire de l’Orne , 1866, p. 291.

[18] Ce chercheur orbecquois dont les papiers sont conservés aux Archives départementales du Calvados, s’était livré à des sondages dans les fonds notariaux d’Orbec et judiciaires du Bailliage d’Orbec.

[19] Cette famille était depuis longtemps installée dans la région et nous voyons ainsi Guillaume de la Pallu, figurer comme sénéchal du comté de Montgommery dans un aveu rendu en faveur du comté par Roger Bardoul, seigneur de Caudemonne. AD. Orne, A. Montgommery III 8.

[20] A.D. Calvados – F 6375 – Notes Desprès, Dossier Bellou; Acquisition Sallenelle .

[21] G.-A. PREVOST, Armorial général de France (Edit de Novembre 1696). Généralité d’Alençon publié d’après le manuscrit de la Bibliothè­que nationale , Rouen-Paris, 1922-1924, t. I, pp. 117, 181, 182

[22] Cf. Michel COTTIN, Notes sur le château de Formentin , Communication faite à la Société Historique de Lisieux le 30 novembre 1990 .

[23] Abbé Piel – Inventaire historique … t. II, X, 361, pp. 156-157.

[24] A.D. Calvados – F 6375  .

[25] A.D. Calvados – F 6375 . .

[26] Sur la marquise de Mirville, cf. Philippe SEYDOUX, Châteaux du Pays d’Auge et du Bessin , s.l.s.d. (Paris, 1985), p. 14.

[27] Arcisse de CAUMONT, Statistique … , p. 725 .

[28] S’agissant d’un sondage de vérification pour connaître, avant travaux, l’état des fondations, il n’avait pas été jugé nécessaire de descendre plus avant .

[29] Abécédaire , p. 504.

[30] Michel COTTIN,  » Le château de Fumichon « , Pays d’Auge, revue., Février 1991, pp. 14-21; Mars 1991, pp. 19-26.

[31]  Raymond QUENEDEY, Les provinces de l’ancienne France . La Normandie. Recueil de documents d’architecture civile de l’époque médiévale au XVIII° siècle. I. Généralités, milieu, climat, sol, conditions humaines. III, Calavdos , PARIS, F. Contet, 1929 pl. 1.

[32] id°, pl. 2 .

[33] Cf. Michel COTTIN, « La maison traditionnelle en Normandie Centrale », His­toire et Traditions Populaires du canton de Saint-Pierre-sur-Dives , Septembre 1989, n° 27, pp. 37; et « Le Château de Fumichon », Pays d’Auge , février et mars 1991. .

[34] 180/250 mm. pour les poinçons et 170/280 mm. pour les arbalétriers.

[35] Les nouveaux poinçons malgré leur hauteur largement supérieure aux plus anciens ne mesurent plus que 135/235 mm.

[36] Cf. les articles 31 et 357, Guillaume de Friardel, chevalier, devait au comte de Beaumont, en 1320, une rente annuelle de 12 livres pour la fiefferme qu’il tenait à Bellou et à Bellouet . Cette fiefferme dépendait de l’ancienne baronnie des Moutiers-Hubert et, comme elle, était incorporée au domaine royal lors de la confiscation des biens de Hugues Paynel par Philippe-Auguste . A Bellouet comme à Friardel, on trouve les de Cintray successeurs de la famille de Friardel après la libération de la Normandie . :

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