BONNEVILLE sur TOUQUES



NOTES sur BONNEVILLE-sur-TOUQUES.

Bonneville-sur-Touque, canton de Pont-1’Évêque.
Bonavilla, 1014 (ch. de Richard II en faveur de la cathédrale de Chartres).
Bonavilla in Lisvino, 1026 (dotal. Judith).
Bonavilla supra Touquam, 1077 (ch. de l’abb. de Saint-Étienne).
Abonevilla, Bonavilla supra Tocham, 1172 (titres de Saint-Désir de Lisieux).
Bonevilla super Tosquam, 1204 (cart. norm. n° 111 p.19).

1 – Bibliographie.
2 – Références historiques
3 – Archives SHL.
4 – Carnets de Charles Vasseur : Doyenné de Touques.

1 – BIBLIOGRAPHIE :

Monographie communale de Bonneville-sur-Touques, ms. s.d.
= Arch. Départ. Calv., Br 9356

BOUARD Michel de, « Fouilles au château de Bonneville-sur-Touques », Ann. de Norm., 16, 1966, pp. 361-378

BUREAU Dr Jean et CHENNEBENOIST Jean, Touques, ses monuments, son passé. Le château de Bonneville-sur-Touques, Trouville, 1968

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome IV pages 425

CHATELAIN André, « Recherche sur les châteaux de Philippe-Auguste », Archéologie médiévale, XXI, 1991, pp. 115-161

CHENNEBENOIST Jean, « Graffiti sur les murs du Château de Bonneville-sur-Touques », PAR, 12, N° 2, Février 1962, pp. 10-11, ill.

COLLET, « Le service du guet au XV e siècle particulièrement au château de Bonneville-sur-Touques », BSAN, L, 1946-1949, pp. 152-222

COTTIN François, Communication d’un acte du XVe siècle, Communication SHL, juin 1959

COTTIN François, « Note sur un acte du 10 juin 1448 concernant le château de Touques », BSHL, 1959-1960, N° 30, pp. 35

DETERVILLE Philippe, Richesse des châteaux du Pays d’Auge, Condé-sur-Noireau, Corlet, 1989, pp. 157-161

Bonneville-la-Louvet, Le Manoir de la Morsanglière, CDMPA, pp.135-137; famille Hauvel, Tournebut, de Saint-Pierre

Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 1285.

« Excursion du 20 août 1918 (Bonneville-sur-Touques, Touques, Saint-Arnoult) », BSHL, N° 23, 1918, pp. 14-15

L’EXPLOITATION ANCIENNE DES ROCHES DANS LE CALVADOS : HISTOIRE ETARCHEOLOGIE. Serv. dep. d’Archéologie. 1999 page 143, 250, 437.

FAUROUX Marie, Actes des Ducs de Normandie in MSAN ., XXXVI, 1961, pp.229-230.
93-96, 120-124, 362

GILBERT André, Le Château de Bonneville-sur-Touques in La Normandie Monumentale et Pittoresque, Le Havre, Le Male et Cie.; réédit.Corlet, t. II, pp. 185-198

HUNGER Victor-René, « La chapelle du Château de Touques », BSHL, N° 27, 1926-1930 (1930), pp.176-182; t. à p.: Joigny, 1930

LE COURT Charles-Victor, Touques et le château de Bonneville ancienne résidence de Guillaume-le-Conquérant et des ducs de Normandie:description du château et notice historique sur ce château et le bourg de Touques, Pont-l’Evêque, C. Delahais, 1868. In- 16, 32 p, planche et tableau

LE COURT Henry, « Bonneville-sur-Touques et ses deux châteaux », BSHL, N° 12, 1900, pp. 62-65

LEONARD E.-G., « Les plus anciennes chartes originales d’histoire normande ou anglaise de la Bibliothèque Nationale », Normannia, 8, 4-1935, pp. 427-493
cf. table: Bonneville-sur-Touques, Le Breuil (Mézidon), Cheffreville, Cormeilles, Englesqueville-sur-Touques, Gonneville, Lieuvin, Montgommery, Pont-Audemer, Roncheville, Saint-Julien-sur-Calonne, Ticheville, La Touque.

LESQUIER Jean, « Les plus anciens textes de la Société Historique de Lisieux – 1208-1450 », BSHL, N° 22, 1914-1915, pp. 27-55; t. à p., Caen, Domin, 1915. In-8°, 31 p.
Orbec, Mesnil-Gonfrey, Neuville-sur-Touques, Bienfaite, Beaumont-en-Auge, Bonneville-sur-Touques, Blonville, Heullant, Vauville, Tordouet.

LESQUIER Jean, « Quittance pour fourniture de corde au château de Bonneville – 1395 », BSHL, N° 23, 1918, p. 18

MANEUVRIER Christophe, Le château de Bonneville-sur-Touques, Communication SHL, 28 janvier 1994

MARTIN, Monographie de la commune de Bonneville-sur-Touques, Ms., 1885, 17 p. A.D. Calvados, Br. 9356

MOLLAT Michel, Jacques Coeur ou l’esprit d’entreprise, Paris, Aubier, 1988, 135 x 220, 495 p., p. 67

MUSSET Lucien, « Le château ducal de Bonneville-sur-Touques dans l’histoire de la Normandie », AAN., 145, 1987 (1988), pp. 5-7; 89-92

NODIER Charles, TAYLOR J. et DE CAILLEUX Alph., Voyages pittoresques et romantiques dans l’Ancienne France par …. Paris, Firmin-Didot,1820; rééd. 1825; rééd. Paris, Firmin-Didot et Cie, 1878; rééd. anastatique réduite Editions Culture et Civilisation, 1979, 3 tomes en 1 vol., 322×235, 131-190-XXXI et 141+3 p., pl. h.t.
III .- Bonneville-sur-Touques, p. 11.

La Normandie illustrée. Monuments, sites et costumes de la Seine-Inférieure, de l’Eure, du Calvados, de l’Orne et de la Manche dessinés d’après nature par F. Benoist et lithographiés par les premiers artistes de Paris. Texte par M. Raymond Bordeaux et Melle Amélie Bosquet sous la direction de M. André Pottier, Conservateur de la Bibliothèque de Rouen, pour la Haute-Normandie et par MM. Charma, Le Héricher, De la Sicotière et Travers, sous la direction de M. Georges Mancel, Conservateur de la Bibliothèque de Caen, pour la Basse-Normandie, Nantes, Charpentier, 2 vol. 1852, 340 x 475; t. II, p. 53-54

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton.

ROUND J.-H, (sur le mode de rétribution des chapelains, English historical Review, XXXVIII, 1920, p. 91

VUAGNEUX Henri, A travers le Pays d’Auge, Paris, Dentu, 1889. In-8 °,243 p.

Voir :
Annuaire de l’Institut des Provinces 1866 p.152
Histoire du Val Richer p.198
Delisle – Echiquier p.19 n°70-p.26 n°98-p.39 n°151-p.55 n°215
Mémoires des Antiquaires de Normandie tome XXVI p.29-86
Formeville I et V
Catalogue de la Ste Historique de Lisieux 1872 p.13 n°6
Extraits id 54
Delisle – Catalogue des Actes de Philippe Auguste n°805 et 972 et p.509
Le Fief du Mesnil près Bonneville-en-Auge – Bibliothèque de l’Ecole des Chartes 1ere table p.9 col.1 B IV 521
Capitulation de Bonneville sur Touques donnée par de Caumont dans son cours –Atlas 5e partie

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Bonneville-sur-Touque, Bonavilla, Bonevilla.

Tout près de Touques, sur le coteau qui domine la rive droite de la rivière, se trouvent le château de Bonneville et l’église de la paroisse.
Le château offre encore une enceinte de murailles garnie de plusieurs tours et une porte en ogive assez belle, qui pourrait dater de la fin du XII ». siècle ou du commencement du XIIIe. (Une simple poterne existait à l’extrémité opposée ; il n’y avait
pas d’autre porte
) elle était précédée d’un pont-levis. Les fossés, autrefois pleins d’eau, sont encore profonds du côté du Nord et du Nord-Ouest.
Les murs d’enceinte, qui ont 8 à 10 pieds d’épaisseur, étaient, en 1780, bien plus élevés qu’aujourd’hui; les débris ont été dispersés et jetés en partie dans la cour du château.
Voici ce que je disais de Bonneville, en 1833 : « Le niveau actuel de la cour est élevé de 10 pieds au-dessus de l’ancien, ainsi que des excavations l’ont prouvé, et le rez-de-chaussée tout entier de l’ancien château se trouve sous terre. Il ne reste plus que le mur d’enceinte ; les logements intérieurs ont disparu. La tour la mieux conservée domine la riche vallée de la Touque et l’embouchure de cette rivière, où nos ducs s’embarquaient pour l’Angleterre et débarquaient si souvent, lorsqu’ils revenaient sur le continent.
Ce qui reste des murs du château de Bonneville ne m’a pas offert de caractères d ‘ancienneté qui puissent le faire reporter jusqu’au XIe. siècle : les parties les plus anciennes, sauf pourtant le blocage intérieur dont on ne peut reconnaître l’âge, dateraient de la fin du XII ». siècle ; mais bien des parties ont été refaites postérieurement à cette date. Les tours, entr’autres, ne paraissent pas se lier au mur primitif: ce sont, quelques-unes au moins, des applications postérieures. »

Mais depuis que j’ai visité pour la première fois le château de Bonneville , en 1828, on y a fait des changements à l’intérieur: il était alors rempli de pierres jetées sans ordre, provenant de la démolition des murs ; on l’a déblayé. On a bâti, il y a quelques années, au fond de la cour, un pavillon adossé contre le mur du nord et qui est habité aujourd’hui. C’est cette maison moderne que l’on voit dans la vue cavalière de la place, telle qu’elle se présente actuellement (V. la page 264).
Si les murs du château de Bonneville sont délabrés et dans un état de ruine très-avancé, les fossés, au contraire, avec leur contrescarpe sont à peu près intacts, et j’en recommande la visite à ceux qui voudront voir un retranchement entier, tel que t avaient autour de leur enceinte murale nos châteaux-forts du XIIIe. siècle les plus importants. Je ne connais pas de fossés plus complets que ceux-là. Il n’est
pas douteux qu’on pouvait les remplir d’eau.
Il y avait une chapelle dans l’intérieur du château.
Nous avons vu comment Guillaume-le-Roux arriva à Bonneville, en 1091.
En 1112, Robert de Bellême, seigneur puissant et rusé, d’un caractère violent et cruel, dit Orderic Vital, après avoir exercé toutes sortes de ravages dans les contrées soumises à sa domination, prit parti pour Foulques d’Anjou et les autres ennemis de Henri Ier. Le roi le cita par trois fois devant sa justice à Bonneville : le fier seigneur refusa de comparaître ; enfin, ayant osé se présenter comme envoyé du roi de France (Louis-le-Gros ), il demanda à être compris dans l’amnistie, comme tous ceux qui avaient pris parti contre le souverain légitime; mais, par un jugement de la Cour du roi, rendu à Bonneville, il fut condamné, comme félon, à une prison perpétuelle.
En 1109, le comte d’Anjou, Geoffroy Plantagenet, s’empara du château de Bonneville ; mais il ne l’occupa pas longtemps. Guillaume Troussebot, gouverneur du château, profita de l’imprudence des Angevins : il fit mettre le feu à la ville, et ceux-ci se retirèrent à la hâte.
Le comte Geoffroy s’arrêta dans un cimetière pour y rassembler ses soldats et s’enfuit au point du jour. M. Labutte pense qu’on peut trouver un souvenir de cet événement dans des monticules de terre appelés Monts-d’Anjou, sur la commune de Canapville : ce serait là que le comte aurait réuni son armée avant de battre en retraite (Essai historique sur l’arrondissement de Pont l’Évêque, p. 158).
Henry, fils du roi Henry II, ayant donné quelques signes de rébellion contre l’autorité de son père, fut envoyé en Normandie au château de Bonneville, vers l’an 1175. Hugues de Chaumont, favori de Philippe-Auguste, fut enfermé à Bonneville, par ordre de Richard Coeur-de-Lion ;
il parvint à s’en échapper.
Bérangère, veuve du roi Richard, eut en douaire un certain nombre de places, parmi lesquelles figure Bonneville.
D’après le tableau que nous avons déjà cité, Jean-sans-Terre était à Bonneville le 4 janvier 1200 ; le 7 mai, même année; le 2 juin 1201; le 30 octobre, même année; le 30 mars 1203 ; les 10, 11 et 12 mai, même année ; le 7 octobre, même année ; les 12 et 13 novembre, même année.
Bonneville fut bientôt après réuni à la France par Philippe-Auguste.
On voit que les faits historiques ne manquent pas, et nous pourrions en citer bien d’autres. C’est à tort cependant que certains auteurs ont placé à Bonneville la cérémonie du serment, que Harold réitéra, en présence d’une nombreuse assemblée, d’abandonner ses droits à la succession d’Édouard-le-Confesseur, roi d’Angleterre, en jurant sur les reliques de tenir cette promesse; il est évident que cette scène se
passa à Bayeux.
Guillaume, comme le dit M. A. Thierry, fit apporter des ossements et des reliques de saints, en assez grande quantité pour en remplir une cuve, que l’on plaça, couverte d’une riche tenture, dans la salle du Conseil. Quand le duc se fut assis, tenant en main une épée nue, il requit Harold de confirmer par serment ses promesses. L’Anglais, pris au dépourvu et n’osant renier ses précédentes promesses, étendit la main sur les reliques et jura de les exécuter. Aussitôt après Guillaume fit enlever le drap, et l’on découvrit les ossements dont la cuve était remplie jusqu’au bord.
Ce drame était important dans l’histoire de la Conquête : aussi le trouvons-nous représenté sur la Tapisserie de Bayeux (D’après la Tapisserie, il y aurait eu deux cuves pleines d’ossements ou deux grands reliquaires. Harold, placé entre les deux, étend les bras sur chacune de ces cuves au moment où il prononce son serment).
Et pour qu’il ne reste aucune incertitude sur le lieu, l’inscription suivante se lit au-dessus du tableau :

HIC WILLELM : VENIT BACIAS
VBI HAROLD : SACRAMENTVM : FECIT WILLELMO DYC1

Si M. Augustin Thierry avait connu ce fait, il n’aurait pas hésité entre Avranches et Bayeux, et M. Labulte n’aurait pas pensé à choisir le château de Bonneville pour l’y placer.
En 1417, le roi d’Angleterre débarqua à Touques et assiégea immédiatement le château de Bonneville. La garnison, commandée par Guillaume Le Comte et Jean de Bonenfant, capitula au bout de quelques jours. Voici le texte de cette capitulation :
« Censuit lenpointement du traitee et endenteez prise et accordez le marsdy le tierce jour Daugust apres que la siege fust mise devant le chastell de Touque par lordenance du tres haut et tres puissant Prince le tres excellent Roy de France et Dengleterre est assavoir. Pour la partie du dit tres excellent Roy commise de sa grace ou dite traitee et appointement vaquer et entendre sez homes lieges monsieur Johan Cornewaille et monsieur Guillaume Porter chivaler.
Et pour la partie de ladversaire dessusdit tres excellent Roy Guilliam le Comte lieutenant de monsieur Johan Daugere capitaine du dit chastell et Johan Boneffant esquiers la dite appointement accorde en cest forme. —Que sency nest que le dit chastel soit recussez ou sucurrez dedeins lundy le noefisme jour du susdit mois proschein venant devant heure Il de midy par puissance du capitain acompainez de gentz darmes que a ycelle heure le lieutenant rendra le dit chastell de Touque en les mains du tres excellent Roy de France et Dengleterre ou a autre de sa noblesse a ceo commys pour le resceivoir. Et sur cest traitee et appointement a le Roy de sa benygne grace ottroye a tous ceux soiantz dedeins le dit chastell leur vies ovesques toutz lieur biens harnois monturez armurez et autres choses que la conques hormys vitaillez et artillarie appartenantz au dit chastell. Et pour yceste traitee et appointement entretenir bien loialment saunz fraude et male engyn ount les susditz deux esquiers faitz serement solempnell et sur peine de reprouche et ovecque ce bailles et delivre hors du dit chastell sept hostages bones notables ersuffisantz a la voluntee-du Roy et apres la delivrance du dit chastel devestre renduz franchement et quietement corne les autrez qui sont demeurez dedeins purveu que si le dit chastell soit par force corne dit est sucurrez adunque les hostages parailment devestre renduz. Et pur yceste desuis contenuz plus veritablement approver et entretenir ount les parties susdite mises a cestes presentz leur sealx les quelles feurent escripz et sealez le suis dit tercie jour du cest present moys en lan notre Seigneur mill cccc xvjj. »

Le capitaine et le lieutenant qui avaient consenti cette capitulation, laquelle entraîna bientôt la conquête de tout le pays, furent jugés à Paris et condamnés pour n’avoir pas fait une assez longue résistance.
Le sieur de Bonenfant, qui commandait en second la garnison de Bonneville en 1417, était un des membres d’une famille considérable à cette époque dans le canton de Mézidon (Magny-le-Freule , Méry-Corbon, Le Breuil, Quettiéville, etc., etc. ), et dont nous parlerons quand nous serons arrivé à cette partie de notre Statistique (La famille est éteinte aujourd’hui. Le petit château de Montfreule, à Méry-Corbon , ferme que je possède, a appartenu au dernier des Bonenfant, capitaine d’infanterie, chevalier de St.-Louis, mort il y a plus de cinquante ans dans cette résidence ; c’était le grand-père maternel de Mme. de Caumont.).

Église de Bonneville.
— L’église, assez grande, tout près et au nord du château, a été construite à peu près en entier, au siècle dernier, en pierre calcaire de grand et moyen appareil.
Quoiqu’en forme d’ogive, les fenêtres de la nef doivent être du même temps.
Quelques parties du choeur paraissent pourtant plus anciennes: les fenêtres se divisent en deux baies cintrées, surmontées d’un oculus et encadrées sous une arcade cintrée, le tout d’une pesanteur remarquable ; elles pourraient remonter au XVIIe. siècle.
Au-dessus de la porte latérale de la nef, qui est l’entrée principale, on voit le millésime 1745 ; c’est au moins la date de la nef.
La tour est terminée par une flèche en bois couverte en ardoise ; la base qui la supporte forme saillie dans la façade occidentale ; aussi n’a-t-on pas percé la porte de ce côté et l’entrée se trouve-t-elle au sud, comme je viens de le dire.
On voit deux beaux ifs dans le cimetière, l’un au sud de la nef, l’autre au sud du choeur.
Cette église est sous l’invocation de saint Germain. Le roi de France nommait à la cure au XVII. siècle. Au XVIIIe. siècle, c’était le Chapitre de Cléry.
Il y avait 78 feux taillables à Bonneville et 3 feux exempts de taille.

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

2 – REFERENCES HISTORIQUES :

1014, 21 septembre
Richard II pour réparer les graves dommages causés par lui dans le voisinage de Notre-Dame-de-Chartres donne à cette église ….
« in Lisvino aecclesiam solam de Bona Villa, et in eodem territorio Angliscam villam totam cum aecclesia, et Runciam villam totam cum aecclesia, et aecclesiam de Sancto Juliano cum duobus menbris appendentibus. Haec itaque donum pro qualitate quidem peccatorum nostrorum modica, excellentia vero Sanctae Mariae fere nulla… (Bonneville, Roncheville, Englesqueville, Saint-Julien).
= FAUROUX M. 1961, n°15, p. 95

Août 1177 / Juin 1181 – Tours
Confirmation par Henri II d’Angleterre, à la cathédrale de Chartres, de tout ce que Richard II avait donné à celle-ci tant dans le comté d’Evreux, à Vraiville, dans la forêt de Bord, à Hauville-en-Roumois, que dans le Lieuvin, à Bonneville (sur-Touques), Englesqueville (sur-Touques), Roncheville et Saint-Julien-sur-Calonne.
= A.N. Latin, nouv. acq. 2231, n° 2.
¸ DELISLE et BERGER, n° DLXIII, t. II, p. 142.; Fac sim. dans l’Atlas de DELISLE, pl. XXI.
+ LEONARD, « Les plus anciennes chartes … », Normannia, 4-1935, n° 59, p. 439; NORTIER Michel, Sources de l’histoire de Normandie au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale – Fonds des Nouvelles acquisitions latines, Nogent-sur-Marne, 1959; p. 52, n° 8.

1324
Devis des travaux à faire en la vicomté d’Auge. Fragment concernant le château de Bonneville-sur-Touques; adjudication faite par Nicole Le Loquetier et Jehan Herpin commis sur ce.
= B.N Fr. 25994, 327
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Juin 1962, n° 68.

1344, 8 juillet – Bonneville-sur-Touques
Lettre de Robert Bertran, sire de Bricquebec, à Robert de Pistres, vicomte d’Auge, lui mandant de garnir d’hommes et de munitions le château de Bonneville-sur-Touques. De Beaumont-en-Auge, 8 juillet 1344. Sceau de cire rouge.
Arch. SHL. A. 6.

1350 Terme de Pâques
Rôle des amendes des forêts de la vicomté d’Auge taxées par Regnault Le Prévost, lieutenant du verdier (forêt de Bonneville et hayes du Theil-en-Auge) et de Honfleur.
= B.N Fr. 25998, 5791 et 2
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Octobre 1962, n° 257

c. 1350
Droits d’usage du prieur de Saint-Arnoul en la forêt de Bonneville-sur-Touques.
= B.N Fr. 25999, 42
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Décembre 1962, n° 278

1352, 22 mai
Michaut Morin et Guillaume Maaille, donnent quittance au vicomte d’Auge pour eux et leurs compagnons de la somme de 40 l.t. à valoir sur ce qui leur est dû pour quatre tâches a eux confiées par Guillaume Millet, maître des oeuvres de charpenterie au bailliage de Rouen, à savoir:
_ pour poser 20 milliers d’essendes (= escandes, tuiles) au château de Bonneville-sur-Touques (20 l.)
_ pour poser 1 millier de lattes (40 s.t.)
_ pour poser 40 milliers d’autres essendes audit château (40 l.)
_ pour 10 milliers d’essendes au manoir du roi où demeure le verdier (10 l.t.)
Acte de Jehan Target, garde du sceau des obligations de la vicomté d’Auge.
= B.N Fr. 25999, 147. (id° 161, Quittance semblable pour le complément restant du, 32 l. (10 juillet 1352)
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Décembre 1962, n° 343.

1352, 26 mai
Mahieuhet du Galchet et Jehan Le Conte donnent quittance au vicomte d’Auge des sommes ci-après à eux dues pour divers travaux:
– 40 s.t. « pour tournoier et freer la hambergerie » du château de Bonneville-sur-Touques;
– 30 s.t. « pour nettier et haussier les chemins »
– 40 s.t. (dus au second seulement) pour redresser et refaire à neuf les praux (?) du château;
– 40 s.t. (au second seulement) pour redresser et refaire à neuf.
Acte de Jehan Target.
= B.N Fr. 25999, 148.
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Décembre 1962, n° 345.

1354, 22 septembre
Inventaire fait par Robin Lescot, sergent de Touques, des biens meubles de Jehan de Maliavalla dit Bon Ami, qui s’était pendu, vendus pour 37 l. 7 s. 4 d. sans compter un écu de Philippe, deux de Jehan, deux gros tournois du temps de saint Louis et 3 plombs à faire menu sel que le vicomte se proposait de faire fondre avec le vieux plomb des gouttières du château de Bonneville.
= B.N Fr. 26000, 297.
+ IND.: NORTIER Michel,  » Les Sources … Le fonds français du département des manuscrits « , Suppl. Ann. de Norm, Juin 1963, n° 418.

1412-1696 – Vicomté d’Auge
Comptes, livres de plaids des sergenteries de Pont-l’Evêque, Bonneville et Canapville et de la baronnie de Roncheville, gage-pleige de Saint-Clair-en-Auge
= Cité in Suzanne d’HUART .- Archives de la Maison de France ( Branche d’Orléans ) Tome I – Fonds de Dreux (300 AP I, 524), Paris, 1976, p. 207.

1540 RECHERCHE DES NOBLES DE L’ELECTION de LISIEIUX
293. Jean et Jacques du Mesnil, ont produit avec Guillaume, Sr de Lespinay, leur frère aîné, sur la paroisse de Saint-Thomas-de-Touques.
LABBEY de LA ROQUE.- Recherche faite en 1540, par les Elus de Lisieux des nobles de leur Election, Caen, Poisson, 1827, In-8°, 170 p.

1779, 5 février – Englesqueville
Aveu rendu à Alexandre-Anne-Gabriel-Augustin de Cairon, chevalier, marquis d’Esmalleville, seigneur de Penneville, Fréville, Carville, Rabu, Monney, Ternant, Cani, le Vuy, Gruchet, Vaudain, Baudissart, Caniel, Vasouy, Château-Baudry, Caltôt, la Rivière, Beuzebosc, le Reu, les Roches, les Retailles, Bonneville-sur-Touques, Cavelot, etc., à cause de Marie-Madeleine-Gabrielle d’Esmalleville, son épouse, par Louis Martin, pour terre à Englesqueville, tenue du fief Cavelot.
= Arch. SHL. FL 324.

3 – Archives SHL :

LEMETAYER-DESPLANCHES : Voir Archives SHL, Fonds 25F 2e classeur.

1F802 : 1848 : Enquête commerciale, artisanale et industrielle concernant la région de Pont-l’Evêque (Bonneville, Canapville, Clarbec, Drubec, Englesqueville, Pont-l’Evêque, St Arnoult, St Hymer, St Etienne la Thillaye, St Martin aux Chartrains, Ste Melaine, Surville, Tourgéville, Touques, Tourville, Trouville, Villerville.

FONDS BOUDARD : 2FB110 : 1764, bail. (Bonneville sur Touques)

Fonds Charles VASSEUR :
Carnet « Analyses et transcriptions …. »
– P.65. 1779 5 février
Aveu baillé pour prévenir les suites de la réunion du fond ci-dessus à Haut et puissant seigneur Messire Alexandre Anne Gabriel Augustin de Cairon, chevalier marquis d’Esmalleville, seigneur et patron de Pumeville, baron et patron des paroisses de Fréville et Carville, seigneur patron des paroisses de Rabu, Monney-Ternant, seigneur des fiefs de Cani, Cerni, Cruchet, Vaudain, Caudinart, Caumel, Vasani, Château Beaudry, Caltot, La Rivière Beuzebosq, le Reus, les Toches, les Resnilles, Bonneville-sur-Touques, Cavetot et autres lieux, à cause de Haute et puissante Dame Marie Madeleine Gabrielle d’Esmalleville son épouse.
par Louis Martin, d’une cour située à Englesqueville, tenue dudit seigneur, à cause de sa haute justice dudit fief Cavetot situé aux paroisses de Bonneville et Englesqueville.
– P.70
1619 12 juillet
Aveu rendu à Vénérable et discrète personne Pierre Regnier, prêtre curé et recteur de Bonneville-sur-Touques, à cause d’icelui bénéfice seigneur de la Haute Justice des Franches Aumônes du fief Cavelot assis aux paroisses de Bonneville-sur-Touques et Englesqueville
par Jean Saucisse de Bonneville d’une pièce de terre située dans ladite paroisse dépendante dudit fief, à lui échue par la mort et trépas de feu Jean Mauvoisin, vivant escuyer, sujette à une rente sieurale à la mi-mars de une plys (?) ou trois sols pour icelle à son choix, foy, hommages, reliefs, treizièmes quand ils échoient avec exemption de fourrages, pennages, gué et coustumes es quatre parts de Normandie
– page 182 ; 1728 9 octobre
François Armand de Nollent, escuyer, sieur de Préaux, demeurant à Bonneville-sur-Touques
– Page 213 : 1721 31 mars
Damoiselle Marie Anne de Nollent, fille de feu Messire François de Nollent et Noble dame Anne Carrel, demandant sa légitime à Messire François Armand de Nollent, sieur de Préaux, son frère, demeurant l’un et l’autre à Bonneville-sur-Touques
(on transigea par 50 livres de rente, la demoiselle de Nollent fit une croix, ne sachant pas signer le 5 mai 1721)
Ladite demoiselle avant le 4 mai 1726 Jean Costard escuyer sieur de Valmesnil demeurant en la paroisse de Tourville
– page 228 – 1770 29 octobre
Maître Jean François Gardin, prêtre curé de Bonneville-sur-Touques intervenant au procès de Jean Baptiste de Mire, escuyer, sieur de Longdouët, administrateur et receveur de la fieffeferme de Bonneville et Canapville contre l’héritier de Maistre Christophe Lefebure en son vivant curé de Bonneville-sur-Touques
– page 238 – 1741 17 août
Maistre Jean Jacques Damour, prestre curé de Bonneville
Messire Abel Toussaint d’Eterville comte de Bapeaume
1741 7 octobre
Maistre Jean Jacques Damour, prestre curé de Bonneville
Page 247 : 1742 22 octobre
Maistre Jean Jacques Dancourt prestre curé de Bonneville

4 – Carnets de Charles Vasseur : Doyenné de Touques.

4 – BONNEVILLE-SUR-TOUQUES –Bonavilla – Bonavilla supra Touquam

Sous l’invocation de St Germain
Patronage:
14e siècle Rex Franciae (à cause de son duché de Normandie)
16e siècle dominus loci
18e siècle le chapitre de Cléry

De l’élection de Pont l’Evêque : formait une sergenterie particulière avec Canapville et qui ne se composait que de ces deux paroisses sous le titre : Sergenterie de Bonneville et Canapvile. Comptait 3 feux privilégiés et 78 feux taillables.

Elle était comprise dans la donation de Richard II à la cathédrale de Chartres, cependant le patronage paraît être resté laïc.

Curés:
Le Febvre 1764
Gardin 1774
Plaine 1783-1787

Déclaration de 1751
Patron : chapitre de Cléry sur Loin aux droits du Roi
Curé:
d’Amour

Laurens Doullon curé de Bonneville voir Charité de Surville

Insinuations
Description de l’église par Pannier
Description des cloches :

1ere cloche :Laudate dominum in cimbalis bene sonantibus. L’an 1750 j’ai été bénite par Messire Jean Jacques Damour prêtre curé de Bonneville, doyen de Touques, Monseigneur le Duc d’Orléans, seigneur et patron au droit du Roy, Messire de Manerbe, gouverneur.

2e cloche : L’an 1817 j’ai été bénite par Monsieur Pierre Plaine curé de Bonneville sur Touques, Monsieur Jean François Goupil et Dame Clotilde Labbey, épouse de Monsieur Jean Pierre Marin Lecerf, tous deux propriétaires, étant Messieurs Jean Robert Tragin, maire et Guillaume Héroult, trésorier.
Louis Maire fondeur.

Par. de Saint-Germain, auj. de Saint-Pierre;
patr, le roi, puis le chapitre de Cléry.
Dioc. de Lisieux,
doy. de Touque.
Génér. de Rouen
élect. de Pont-l’Évêque,
sergent. de la vicomté d’Auge.
Anc. château fort; en reste une tour dominant la vallée de la Touque. Vicomte dépendant du comté de Lieuvin. Fief de Préaux tenu de l’abbaye de ce nom, vicomté de Pont-Audemer, et relevant du fief de Corbon, 1620 (fiefs de la vicomte d’Auge); fief Cavelol. (ibid.).

Description du château par Pannier

Aveu rendu à Vénérable et Discrète Personne Maître Pierre Regnier, prêtre, curé et recteur de Bonneville sur Touques, à cause d’ycelluy bénéfice, seigneur de la haute justice des franches osmones du fief Cavelot assis aux paroisses de Bonneville et Englesqueville par Jean Saucices de Bonneville sur Touques, pour un acre de terre nommée le Prey Mancoys assise en ladite paroisse de Bonneville, bornée par Richard Vignon, Guillaume Le Monnier, Jean Rioult, à cause de Marguerite Saucices sa femme, à luy appartenant au droit de la succession, à luy eschue par la mort et trespas de feu Jean Manvoisin, escuyer, sujette à une plye ( ?) ou troys sols par ycelle à mon choix, de rente au terme de my-mars, foy, hommage, reliefz et treizièmes – exempt de foirage, permage ( ?) guet et coustumes es quatre ports de Normandie ainsi que les autres tenants d’ycelluy fief.
Au gaigeplège de ladite sieurie et haute justice tenu sur le fief en la maison de Michel Vignon par Jean Jourdain, licencié-es-loi, avocat, sénéchal, présence de Michel Ferey, avocat, pris pour adjoinct le 12 juillet 1619
(Original en parchemin communiqué par M. Vasseur le 3 août 1869)

Itinéraire de Jean Sans Terre – Bonneville sur Touques
4 janvier 1200
7 mai 1200
2 juin 1201
30 juin 1201
25 – 30 mars 1203
15 -17 avril 1203
10-12 mai 1203
5 septembre 1203
7 octobre 1023
9 octobre 1203
12-13 novembre 1203

Bonneville-sur-Touques – Le Roi Saint Louis y passa en 1256
(voir Pont Audemer – Voyages de Saint Louis en Normandie par M.L Delisle)

Visite du Roi Saint Louis en Normandie
1256 – Rouen, Le Bec, Pont-Audemer, Bonneville sur Touques, Caen etc.
1269 Caen, Troarn, Pont-Audemer, Rouen
(Mémoires des Antiquaires Tome XX p.162 L.Delisle)

1260 – Arrêt portant que le bail fait par les gens du Roy d’un lieu dans lequel les paysans de Bonneville avaient des droits d’usage, sera maintenu conformément à un arrêt rendu précédemment à l’Echiquier (Olim I f°102 2e) Archives de l’Empire Tome I p.36 n°420 – Actes du Parlement)

Olim Tome I p.467 An 1259 texte en latin

Olim tome I notes p.961
« De valor redditum Bonneville » – texte en latin

Bonneville-sur-Touques – Château fut la première place attaquée par les Anglais en 1417. Il offre encore une enceinte de murailles garnie de plusieurs tours et une porte en ogive assez belle, qui pourrait dater de la fin 12e siècle ou du commencement du 13e, c’était la seule qui donnait accès à la place.
Les murs d’enceinte ont 8 à 10 pieds d’épaisseur, actuellement le rez-de-chaussée tout entier est sous terre. Les logements intérieurs ont disparu.
(Bulletin tome 9 p.309)

Touques et le château de Bonneville – Description du château et notice historique sur ce château et le bourg de Touques avec une vue de la porte d’entrée et un tableau généalogique des Ducs de Normandie et des Rois et Reines d’Angleterre depuis Rollon jusqu’à nos jours par C.V Le Court In.12 32 pages Pont l’Evêque Imprimeur Delahais.

Serment d’Harold à Bonneville sur Touques (Chronique de Benoist tome III p.169)

Le Seigneur de Bonneville prend part à la conquête d’Angleterre.
En 1119 Geoffroy Plantagenet fait déloger la garnison du palais et château de Bonneville qui ne lui opposa point de résistance. Mais le gouverneur Guillaume Troussebot l’en chassa par ruse le soir même.
En 1200 la Reine Bérangère eut en douaire Falaise, Domfront et Bonneville.
Il resta au pouvoir des étrangers jusqu’en 1449, il fut repris par Dunois il est aujourd’hui en ruines.
Guillaume Le Comte et Jean de Bonenfant, gouverneurs du château se rendirent aux Anglais en 1417.
Registre de Philippe Auguste 13e siècle
Ballivia Boneville que dicitur ballivia
Johannis de Porta
Voir : Orderic Vital – Touques tome IV p.518
Montres du Bailliage d’Evreux p26.

Deux coupures de presse « La Plage de Trouville » des 10 et 17 février 1867 concernant Bonneville sur Touques –Eglise, château etc..

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