DIVES sur MER



NOTES sur DIVES-sur-MER – 14225.

Dives – Diva – B M de Diva

En 1826, absorbe TROUSSEAUVILLE

1 – Bibliographie.
2 – Pièces Justificatives.
3 – Archives ShL.

1 – Bibliographie:

CAUMONT Arcisse de : Statistique monumentale du Calvados, réédition FLOCH Tome IV page 5

DUTOUR Françoise et HAUGUEMAR Monique, Dives et les Divais, Condé-sur-Noireau, Corlet s.d. (1991), 125 p.

Editions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Calvados, page 715.

FOURNIER Dominique : les références à la justice dans la toponymie et l’anthroponymie normandes ; BSHL n°61, décembre 2006. p.54, 63.

LENAIN Georges, « Combat naval de la Dives (10 Prairial an VI-29 mai 1798) », PA , 42, N° 11, Novembre 1992, pp. 2-14

DUPRE Philippe, « L’usine de Dives-sur-Mer: Les Sociétés », Ann. De Normandie , 42, N° 3, Juillet 1992, pp. 309-323

L’EXPLOITATION ANCIENNE DES ROCHES DANS LE CALVADOS : HISTOIRE ET ARCHEOLOGIE. Serv. dep. d’Archéologie 1999. page 433.

LECOUTURIER Yves, L’industrie dans le Calvados sous l’occupation, 1940-1944 dans L’Homme et l’industrie en Normandie. Du Néolithique à nos jours. (23 e Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie, 1988), BSHAO, n° spécial, 1990, pp. 69-74
Mommers à Lisieux, Dives, La Rivière-Saint-Sauveur, Ablon

LE COURT Henry, Les halles de Dives in La Normandie Monumentale et Pittoresque , Le Havre, Le Male et Cie.; réédit. Corlet, t. II, pp.243-244

« L’usine de cuivre de Dives-sur-Mer », Histoire et patrimoine industriels en Basse-Normandie , n° 4, p. 5
photocopie

DESLOGES Jean, « Un atelier de briquetage à Dives-sur-Mer », Archéologie en Pays d’Auge , N° 1, 1993, pp 5-13, ill.
DESLOGES Jean, MANEUVRIER Christophe, FORFAIT Nathalie, « L’Apport de la prospection Aérienne à l’Etude du peuplement antique: La vallée de la Dives, frontière antique ? », Archéologie en Pays d’Auge , N° 1, 1993, pp 24-28, carte

PANNIER Arthème : voir Archives SHL, NE12, 1er carton.

Voir : Bellengreville
Bulletin Monumental 180 p.14
Annuaire Normand 1986 p.427 – Inauguration de la colonne
Annuaire Normand 1863 p.670 Fête Internationale
Port de Dives – Annuaire Normand de 1863 p.666 et suivantes
Archives de l’Hôtel de Ville de Lisieux VI 31
Bulletin des Antiquaires 1er trimestre 1869 p.270
Bulletin monumental 1854 p.435 et 438
Monnaies romaines trouvées à Dives – Bulletin des Antiquaires de Normandie 8e année Tome 4 p.471
Amirauté de Dives voir Honfleur
La Dive Rivière près Moncontours – Voir Œuvres de Napoléon III Tome IV p.289

Voir le site: j.y.merienne.pagesperso Villes et villages du Calvados

STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS PAR ARCISSE DE CAUMONT
Dives, Diva, Divoe, Pons Divoe, Sanctus Salvator.

Eglise.
— Le monument le plus remarquable de Dives est l’église. Elle appartenait à un prieuré dépendant de l’abbaye de Troarn, et c’est un édifice assez important. On peut en juger par la vue générale extérieure que je présente, page 10, et qui est prise du côté du sud-ouest.
Hormis quelques restes du XIe. siècle sous la tour, le monument est du XIVe. et du XV ». siècle. Ainsi, le choeur, avec la grande fenêtre du chevet et les bas-côtés qui l’accompagnent, offre tous les caractères du XIVe., aussi bien que les chapelles du transept et la travée de la nef qui suit. Le reste de la nef et les bas-côtés qui lui correspondent sont de la fin du XVe. siècle, ou même du commencement du XVIe.
L’église actuelle fut, au XIVe. siècle, reconstruite sur un plan assez vaste : on commença par le choeur et l’on s’arrêta à la seconde travée de la nef, après le transept.
Quelle fut la cause de ce temps d’arrêt? Nous ne savons; on en trouverait peut-être l’explication en fouillant dans les archives : toujours est-il que la partie de la nef, bâtie au XVe. siècle, fut disposée de manière à favoriser l’accès de la foule. On verra bientôt quel en fut le motif. Deux portes latérales s’ouvrent sous des espèces de porches, au nord et au sud, en regard l’une de l’autre (AA, voir le plan, page 11), pour faciliter l’entrée et la sortie des fidèles ; une autre porte plus large occupe, selon l’usage, le centre de la façade occidentale(B).
Rien de plus élégant, de plus habilement découpé, que les moulures et les feuillages de cette porte occidentale de la nef ; c’est un véritable chef-d’oeuvre de sculpture. Elle semble avoir été abritée anciennement sous un porche en pierre.
Plusieurs des fenêtres du choeur et des transepts ont subi des avaries et perdu leurs compartiments rayonnants. A une époque déjà ancienne, on a rétabli des meneaux perpendiculaires ajustés aux restes du tracery de ces fenêtres (Voirla page suivante).
La fenêtre du chevet est intacte ; elfe est fort belle et conserve encore des restes de vitres peintes du temps.
La partie supérieure montre de petits anges tenant des instruments de musique ; l’agneau, le pélican, et plusieurs scènes de la chute de l’homme.
La partie basse contient plusieurs saints et des donateurs.
Le milieu de la fenêtre est occupé par une clef d’argent sur un fond de gueules à deux fasces d’or.
On conservait à Dives un Christ fort ancien, qui a disparu, et qui passait pour avoir été pêché dans la mer.
Un tableau moderne, d’exécution grossière, mais assez curieux, placé dans le transept nord, représente cette découverte et celle de la croix qui s’en était détachée, et qui fut retrouvée deux ans après. Des inscriptions imprimées sur deux feuilles, et placées dans deux cadres de chaque côté de l’autel, m’ont paru mériter d’être transcrites, car leur style et leur orthographe indiquent qu’elles ont été copiées sur des inscriptions gothiques. Les voici. Elles servent d’explication aux deux scènes peintes sur le tableau :


COMME LES
PECHEURS DE DIVES
PECHERENT EN LA MER L’I
MAGE DE St SAUVEUR SANS CROUX
COMME LES PECHEURS DE CABOURG
POUR Y AVOIR PART EURENT GRANDE
ALTERCATION.
COMME APRÈS LE DICT IMAGE FUT PRINS
EN LA MER, IL FUT DICT PAR ENTRE LUX QU’IL
SERAIT APPORTÉ DANS L’ÉGLISE DE DIVES
OU LON LE REÇU EN GRAND JOYE ET
SOLENPNITÉ.
COMME AU DICT IMAGE L’ON FICT
TROIS CROUX QUI NE LUI SERVIRENT,
CAR DEUX SE TROUVERENT TROP
COURTE ET L’AUTRE FUT REU-
VÉE TROP LONGUE
COMME DEUX
ANS ESSUIVAN APRES L’IN
VENTION DU DICT IMAGE P
LA GRACE DE DIEU LES DICT PE
CHEURS DE DIVES PECHERENT EN LA
MER LA CROUX DU DICT IMAGE EN
LEURS RAYS
COMME LIMAGE ET LA CROUX FURENT
JOINGS ENSEMBLE POUR DIVINE FUT TREUVEY
QUE CETAIT LA PREMIERE CROUX DU DICT
IMAGE
COMME PAR APRÉ QUE LIMAGE FUT
CLOUÉ CONTRE LA CROUX ET TOUTE LES
CHOSE SUSDICT RECOUGNU ET DEUBE
MENT AVENU , FUT ÉLEVÉ EN CROUX
COMME VOYEZ

Le tableau est tout ce qui reste, à présent, pour rappeler la précieuse trouvaille dont il est question dans l’inscription; mais nous savons que ce crucifix a long-temps attiré les pèlerins à Dives, et c’est probablement ce qui a déterminé l’ouverture des deux portes latérales dont je parlais tout à l’heure.
C’est à cette circonstance qu’il faut aussi rapporter l’origine du nom de St.Sauveur qu’a porté long-temps le bourg de Dives, et sous lequel on le trouve mentionné dans divers
documents (V. le t. II de la Statistique monumentale du Calvados, p. 6.)

L’église de Dives présente, dans sa disposition, des faits curieux qui ont été signalés à la Société française d’archéologie, et que j’ai plusieurs fois observés.
Les deux travées qui précèdent le transept, dit M. Bouet, étaient occupées par une sorte de jubé correspondant à toute la largeur de la nef et s’étendant même sur les bas-côtés ; les voûtes en étaient portées alternativement sur les grands piliers et sur de petits piliers secondaires: les traces de plusieurs de ces piliers sont encore très évidentes, et confirment ce que j’ai entendu dire que ces voûtes étaient si basses qu’elles forçaient à baisser la croix processionnelle.
Il paraît que cette disposition insolite avait pour but de former une sorte de chapelle haute pour l’exposition du crucifix miraculeux ; une description des clefs de voûte que j’ai trouvée à la bibliothèque Richelieu motive cette supposition.
Voici ce que dit le manuscrit : « A la première arcade, la plus proche du choeur, ladite inscription portée par un ange en demi-relief ;
L’an de grâce mil et un le sixiesme jour d’aoust au dit an, print l’image de St. Sauveur en ceste église son repos, le St. Image sans croix vint, mais deux ans après ly vint la croix que sur la mer vi par marinaux. Dieu le v.. que par eux fut accomplis.
A la clef de la seconde arcade, sur laquelle est gravé et figuré un vaisseau rempli de plusieurs matelots et qui est surmonté d’un ange en demi-relief, les mots suivants sont écrits et gravés: « De la grâce de Dieu, les marinaux de Dives levèrent de la mer St. Sauveur en leur rets.
A la clef de la troisième est la figure de St. Sauveur en croix en relief.
A la quatrième sont gravés et figurés des charpentiers travaillant à faire une croix pour l’église St.Sauveur.
Le jubé dont parle M. Bouet n’existe plus, mais on peut reconnaître facilement qu’il correspondait à la quatrième travée de la nef, c’est-à-dire à la partie flamboyante de l’édifice, et on en retrouve des traces dans la travée du XIVe. siècle qui touche au transept. Les deux grandes portes latérales, en regard, dont j’ai parlé correspondent à la travée de la nef qui précédait le jubé, et les pèlerins pouvaient,
avec la plus grande facilité, adorer la croix miraculeuse en entrant du côté du nord et du côté du midi.
Dans un des bas-côtés se trouve une cheminée placée dans cette sorte de tribune, ce qui paraît prouver qu’autrefois des gardiens veillaient jour et nuit près de la croix miraculeuse.
Dans le choeur, on voit encore une pierre tumulaire du XVIIIe. siècle, sur laquelle on peut encore lire :

HIC
IACET IACOBA
DENI…
QVÆ OBIIT ANNO
DOMINI MDC… XXIII DIE
NOVEMBRIS DIE.
REQVIESCAT
IN PACE
…. II IMEMATI …..

( 7 lignes illisibles. )
bords et dont quelques mots pourraient être encore lisibles.
A l’un des angles était un écusson (1) Je dois ces inscriptions, et plusieurs des notes qui suivent, à M. Ch. Vasseur.
Dans la même chapelle, au haut d’un confessionnal, est relégué un tableau dont le sujet est la Présentation au Temple.
Au bas, on-lit l’inscription suivante :
DONNÉ PAR M. LE CURÉ
ET LA CONFRAIRIE
DE LA CHARITÉ, 1726.
Enfin, à l’une des fenêtres du bas-côté nord du choeur, on voit un écusson dans le vitrage.
La lampe qui brûle devant l’autel de Sainte-Croix (transept nord ) est antérieure à la révolution de 1793 et porte les armoiries
précédentes.
Il y a dans la tour quatre cloches : trois sont anciennes ; l’autre moderne. Voici les inscriptions des premières; la plus petite vient de l’église de Trousseauville.

LAN 1772 IAY ETE BENIE ET NOMMEE MARIE IEANNE PAR MAITRE
IEAN BAPTISTE MARTIN CURE DE CETTE PAROISSE ET PAR DAME MARIE
IEANNE MARGUERITE DUCLOS EPOUSE DU SIEUR PIERRE PASTEY LIEUTENANT
GENERAL DU GUET DE LA CAPITAINNERIE DE DIVES FRANÇOIS ANCELLE
TRESORIER
E QUENTIN ET GILLOT NOUS ONT FAITES


LAN 1772 IAY ETE BENIE PAR MAITRE IF.AN BAPTISTE MARTIN CURE
DE CE LIEU ET NOMMEE PAR DAME MARIE THERESE DROSE EPOUSE DE PIERRE
PASTEY LIEUTENANT GENERAL DU GUET DE LA CAPITAINNERIE DE DIVES
ANCELLE TRESORIER.


lAY ETE BENISTE PAR ME GILLES GAILLORE PBre CVRE DE TROVSSEAVVILLE
ET NOMMEE PAR DEM. MARIE MARGUERITTE LEBLAIS ET PAR MESSIRE
PIERRE DE MATHAN CHEVALIER SEIG. ET PATRON DE TROVSSEAVVILLE ET
DE LONGVILLIERS ESCr ORDINAIRE DV ROY EN 1676.

L’église, sous l’invocation de Notre-Dame, avait le titre de prieuré.
Le patronage appartenait à l’abbé de Troarn.
L’abbé de St.Étiennede Caen possédait des biens à Dives.
Dives était chef-lieu de sergenterie de l’élection de Pont L’Eveque, comptait 3 feux privilégiés et 52 feux taillables. —
Il était compris dans la circonscription du doyenné de Beaumont.

Anciennes maisons.
— On remarque à Dives une maison assez considérable dont je donne l’esquisse, pages 19 et 20, et qui doit être du XVIIe. siècle. On lit sur la clef de voûte de l’arcade de la porte d’entrée la date 1695. Quelques personnes la désignent comme ayant été un ancien prieuré ; mais aucune preuve ne vient légitimer cette attribution, et des écussons géminés, sculptés sur une cheminée du temps de Louis XIV, peut-être, paraissent se rapporter à un seigneur et à sa femme.
La principale auberge du bourg pourrait dater, dans quelques parties, de la fin du XVIe. siècle.

Halles.
— Les anciennes halles en bois, de Dives, ont une certaine importance. La partie la moins ancienne, qui est vers l’est, paraît remonter au XVIe. siècle; les dix travées, beaucoup mieux construites, qui composaient la halle primitive datent bien certainement du moyen-âge. Elles ont une longueur de 32 mètres et une largeur de plus de 11 mètres, qui se décompose de la manière suivante : la nef centrale,
7 mètres; bas-côtés, 4 mètres 32.
Voici d’abord la coupe transversale des charpentes, la même disposition des pièces se reproduit de travée en travée jusqu’aux travées terminales.
Ces dernières devaient être disposées de manière à soutenir un toit: or, voici la coupe longitudinale des bouts rabattus qui terminaient les dix travées de la halle primitive. La coupe longitudinale ci-jointe de deux travées du faîte montre comment celui-ci est consolidé au moyen de poutres croisées : ces dispositions se retrouvent dans presque toutes les anciennes charpentes du même genre.

Faits historiques.
— Une partie de la flotte destinée à transporter les troupes de Guillaume-le-Conquérant fut armée à l’embouchure de la Dive, où elle fut retenue quelque temps par les vents contraires. De là elle se rallia aux autres bâtiments de la flotte à St.-Valery-en-Caux (Seine-Inférieure). En examinant, sur la Tapisserie de la reine Mathilde à Bayeux, les préparatifs et l’embarquement des provisions, on est tenté
de croire qu’il s’agit des vaisseaux partant de Dives ; car on voit porter dans les navires, les uns sur les épaules, les autres sur des chariots comme le suivant, des barils absolument semblables à ceux dont on se sert encore aujourd’hui dans ce port, pour contenir le cidre. Ces petits tonneaux allongés devaient être employés presque exclusivement au moyen-âge pour le transport des boissons aux environs de Dives, où les chemins étaient si mauvais, il y a quelques années encore, que les charrettes pouvaient difficilement les parcourir et que tous les transports se faisaient à dos de cheval.
S’il est vrai, comme on le dit, que Guillaume embarqua à Dives une partie de l’armée qui conquit l’Angleterre, Dives est bien déchu de son ancienne splendeur; et, en voyant la rivière couler tranquillement au milieu de fertiles pâturages, on ne se douterait pas que la flotte du duc Guillaume stationnait, en 1066, là où ruminent aujourd’hui des troupeaux de boeufs.
Mais de grands changements s’opèrent, à l’embouchure des rivières, par les alluvions qui s’y forment. Wace nous affirme que celle de la Dive était, au Xe. siècle, une baie maritime, quand il dit:

Soubz Varaville vint o sis nés soulement
Là u Dive entre en mer, assez près de Bavent.

Il est positif que des salines existaient à Varaville et sur beaucoup d’autres points de la vallée, et l’on ne peut se refuser à admettre que le sol se soit exhaussé par les apports continuels des eaux C’est ce que nous voyons partout. R avenne, qui était un port de mer an VIe. siècle, se trouve aujourd’hui à une certaine distance de la mer; de vastes plaines herbées occupent l’emplacement du port où les flottes romaines étaient à l’ancre, du temps de Justinien.
Dives a toujours son port, à 2 kilomètres au-dessous du bourg; mais tout porte à croire qu’il a changé de place, et il est certain qu’il a perdu de son importance.
Dives n’a jamais eu de seigneurs particuliers, cependant on trouve dans les rôles de l’Echiquier de Normandie, aux années 1180 et 1184, un Willelmus de Diva. Lors de la recherche des nobles en 1540, les élus de Lisieux y trouvèrent
Me Michel de Semilly, qui dirait être demeurant dans le ressort des élus de Caen (Notes manuscrites de M. Ch. Vasseur).

Deux rois de France, au XVII ». siècle, ont séjourné à Dives et lui ont rendu momentanément un peu du mouvement que, long-temps auparavant, les compagnons du Conquérant avaient dû y produire pendant l’armement de la flotte. Le 13 septembre 1603, Henri IV adressait de Dives à M. Miron un ordre de faire arrêter Robert Basset, qui complotait contre le roi d’Angleterre ((Collection de documents inédits. Lettres de Henri 1V, tome VI, p. 676). En juillet 1620, Louis XIII arrivait en Normandie pour apaiser une révolte par sa présence. Le quatorzième, le Roi disna à Honfleur, et nonobstant le péril qu’on lui proposa de passer le long de la mer, qui, en quelques endroits, est très périlleuse à cause des marées et des lieux inaccessibles qui se trouvent sur les chemins, il en méprisa les hasards et s’en vint coucher à Dives, qui est sur un bras de la mer (Archives curieuses de l’histoire de France , 2″. série, t. Il, p. 212.)

On sonne la retraite (le couvre-feu), à Dives, à neuf heures du soir, le samedi et le dimanche seulement. Il est à remarquer que cet antique usage ne s’est conservé que dans les très anciens bourgs qualifiés ; et en effet, dès le temps de Philippe-Auguste (1205), Dives avait des bourgeois et une banlieue, comme St.-Pierre-sur-Dive, Cambremer et Lisieux.
Nous terminerons cet article par les réflexions suivantes, que nous empruntons à l’intéressant volume publié en 1840, par M. La Butte, sur quelques communes de l’arrondissement, de font-l’Évêque (In-81. de 342 pages, imprimé à Honneur. Nous aurons à citer
quelquefois cet ouvrage.
)

L’emplacement que Dives occupait autrefois se reconnaît encore facilement aujourd’hui. il était assez vaste et en rapport avec l’importance du port où se rallia la flotte que Guillaume destinait à la conquête de l’Angleterre. Toutes ces rues désertes qui s’étendent jusque dans les prairies, étaient couvertes de maisons ; là, où règnent le silence et la solitude, s’agitait une population active et industrieuse.
Ce qui reste encore debout de l’ancien Dives présente je ne sais quel aspect morne et désolé ; en pénétrant dans son enceinte, on s’aperçoit de suite que toute vie, tout mouvement s’est retiré de ce vestige de cité. Les rues, les places, l’église, les halles, tout est dans de grandes proportions, tout indique, ce que l’histoire révèle d’ailleurs d’une manière certaine, que Dives avait autrefois une importante population, et qu’il vit de meilleurs jours. Aussi à part la grande page de son histoire, celle qui a trait aux préparatifs de la conquête d’Angleterre qui eurent lieu dans ses murs, l’état dans lequel il végète aujourd’hui est une véritable agonie, en comparaison de ce qu’il avait naguère de force et de vie !

2 – Pièces Justificatives:

1024 – Vimoutiers, Crouttes, Honfleur, Dives
Richard II confirme les restitutions faites par Guillaume Longue Epée à Jumièges (…) le bourg de Quillebeuf, Saint-Aubin-sur-Quillebeuf avec les églises, le droit de passage, le tonlieu et tout ce qui revient au domaine ducal. Richard II énumère ensuite les donations orales faites par son père ou avec son consentement:
« …dedit quoque Vimonasterium Osmundus Gelth et omnes qui cum illo partem habebant, cum omnibus appendiciis suis, pratis, aquis molendinis, et piscariis, et silva que est in altera parte fluminis ab ipso loco usque ad divisionem silve Sanct Petri Lisoye urbis. Dedit et Walterius mediatem ville que dicitur Cruptas et alterius medietatis terciam partem et ecclesie medietatem et quartam partem de Masnille quod dicitur Rainuardi videlicet in ecclesia et in terris, pratis, silvis. Dedit quoque silvam ex integro, que est inetr Vimonasteriaum et Cruptas, usque ad Pontem seccus viam qua itur ad Montem Sancti Michaelis.

… do etiam salinas quatuor ad Hunefloth…

… et octo hospicia que dedit Odo Constabularius in marisco Dive, et partem quam habebat in ecclesia ville que dicitur Sancte Marie (Dives) et LX ambras salis, et duos tractus piscatorios
= FAUROUX M. (1961), n°36, p.140

1025, août – Hennequeville
Richard II confirme les biens du monastère de Fécamp, et ajoute Hennequeville (…) les dîmes du tonlieu du bourg de Caen avec une hôtisee; une autre hôtise à Dives sur Mer, toutes deux libres de tous les autres services qui lui sont dus.
… et heldechin villam supra mare et quicquid ad eam pertinet (…)
… do etiam decimas telonei de burgo qui vocatur Cadumus, et unum hospitium, et ad pontem Dive, hospitium unum, liberos omnibus nostris osequiis.
= FAUROUX M.1961, n°34, p.130

26 mars 1361. Lisieux, Dives, Annebault
Archives SHL : 1F65 – 26 mars 1361 :
Les élus du roi à Rouen pour l’aide de la délivrance du roi mandent aux élus de Lisieux que Robert de la Tillaie, fermier de l’imposition de Dive, d’ Annebault et de la Chapelle-Hainfray, s’étant vu ôter l’imposition du pain qu’il payait 700 livres et ayant souffert bien 50 livres de pertes qu’il avait avancées à lui causées pour la foire de Dive par les ravages des Anglais, ils lui remettent 250 livres sur le prix de sa ferme qui était de 518 livres

1370, 6 juin
Henri de Trousseauville, chevalier du roi de France et capitaine de Ferrières (Saint-Hilaire), en son nom, donne quittance à Jehan Le Franc, vicomte d’Orbec et la somme de 16 francs d’or pour la garde du fort de Ferrières depuis mai précédent suivant mandement du Conseil du roi de Navarre.
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, t. III, n° 55.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XIII, fasc. 2, 1964, p. 46
+ IND. IZARN, Compte… du roi de Navarre, p. 226, par. 2.

1380, mai
Information de Jean des Wys, vicomte de Pont-Audemer, pour savoir si les fiefs du Camp-Héroult, à Bosbénard-Commin et de Flancourt doivent être mis en la main du roi à cause de la forfaiture de Jean de Trousseauville, partisan du roi de Navarre.
= Arch. nat. Dom Lenoir, 7, p. 149.
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 1-2, 1967, p. 16.

1435, 26 juillet
Henri VI informe les gens des comptes à Paris, les gouverneurs généraux des finances de France et de Normandie et les baillis de Rouen, Caux, Caen et Evreux qu’il a accordé un délai d’une demie-année pour faire son dénombrement à Guillaume Crafford, chevalier, auquel il a donné les terres de Jehan de Trousseauville, chevalier, Robin de Bailleul, seigneur de Glos, estienot d’Anesy (Anisy), Olivier de Malou, Jehan de Capvale, écuyers et de leurs femmes, y compris les rentes acquises par la dame de Beuville lesquelles terres sont situées en pays « très dangereux » fréquentés par les « brigands », et qui est lui-même très occupé. Le roi se réserve la garde des mineurs et les patronages d’église.
Donné: Par le Conseil signé Piquet.
= Bibl. nat., Nouv. acq. franç. 1482, n° 130
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 3-4, 1967, p. 80, n° 130.

1444
Compte de Jean Le Muet
pp. 211-212 (283).- De la garde des enfants soubaagiés et hoirs de feu Henry de Trousseauville, en son vivant escuier, venus en la garde du Roy nostre sire pour leur minorité d’age par le trépas de leursdis père mère, par damoiselle Marguerite de Tournebeuf, mère desdits soubzaagiés, iiij L. ij s. t. dont lxj s. vj d. t. à la recepte de ceste viconté et xx s. vj d. t. à la recpte de la vivonté de Verneuil aux termes de Pasques et saint Michel, pour moictié. Pour ce, à ce terme pour moictié par ladite damoiselle…. xxx s. ix d.
= EDIT.: Henri de FRONDEVILLE, Le Compte de la Vicomté d’Orbec pour la Saint-Michel 1444. Lean Le Muet, Vicomte et receveur dans Etudes lexoviennes, IV.

1454, 30 novembre – Glos
Lettre devant Le Masuyer, comme Guilaume de Trousseauville fieffa de Mgr de Lisieux, une pièce de terre en pré assise à Glos par 40 sols de rente.
= Cartulaire lexovien, f° 153 – Cité par H. de FORMEVILLE.- Histoire, t. II, p. 334

1459, 10 novembre – Chinon
Ordre donné « De par le roi » au bailli de Rouen de faire convoquer six notables aux Etats de Normandie prévus pour le 1er décembre, soit une personne noble, une d’église et quatre de « l’estat commun ».
Signé Charles, Chalignant. Copie dans une lettre adressée le 21 novembre par le bailli de Rouen au vicomté d’Auge pour lui demander de faire élire une personne de « l’estat commun ».
Au dos quittance du 30 novembre donnée par Robin Le Masuyer et 4 autres messagers à Gilles Grieu, vicomte d’Auge, pour la somme de 10 s. donnée à chacun pour avoir porté les lettres dudit vicomte, aux sergents de Pont-l’Evêque, Dives, Cambremer, Touques et Honfleur (établie par Nicolas Sandret, tabellion en la vicomté d’Auge)
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, t. V, n° 13

1471, 27 avril
Guillaume de Trousseauville, seigneur de Guerquesalles, donne quittance au receveur général de Normandie de la somme de 200 l.t. pour sa pension de l’année en cours.
= Bibl. mun. de Rouen. Y 29, y. II, n° 40
+ IND. M. NORTIER, Cahiers L. Delisle, XVI, fasc. 3-4, 1967, p. 23.

1561 – Lisieux
Ce sont deux lots des terres et seigneuries du Trembley, Hermival, Les sept-Voies, Trousseauville, Grasmesnil, sergenteries nobles de Moyart et Moyaulx et autres terres et rentes de roture qui furent et appartinrent à noble homme Nicolas Le Valois, en son vivant sieur de Putôt…
= Tabell. Lisieux – Analyse Et. Deville – M.C. Copie 6 p.

1774, 31 mars – Rivière de Dives
Arrêt qui commet le sr DUBOIS Inspecteur général des Ponts et Chaussées pour dresser le plan des ouvrages commencés pour le desséchement des prairies le long de ladite rivière
= Arch. Nat. E 2661a

1815. – archives SHL 1F801 : 1815 et ensuite : mutations dans la gendarmerie (Honfleur, Dozulé et Dives/Mer)

1835. – archives SHL.

Insinuations

Description de l’extérieur et de l’intérieur de l’église de août 1856

Descriptions des cloches

1ere cloche : L’an 1772 j’ay été bénie et nommée Marie Jeanne par Maître Jean Baptiste Martin, curé de cette paroisse et par Dame Marie, Jeanne, Marguerite Duclos, épouse du Sieur Pierre Pastey, lieutenant général du Guet de la capitainerie de Dives ; François Ancelle Trésorier.
E.Quentin et Gillot nous ont faites.

2e cloche ; L’an 1846 j’ai été bénite par Monsieur Dasseville, curé de cette paroisse et nommée Auguste, Adèle par Monsieur Henri Philippe Auguste Dutronc, docteur en droit, conseiller honoraire à la cour Gle d’Amiens, officier de la légion d’honneur, membre suprême de l’Ordre national de Grèce, propriétaire à Dives, assisté de Madame Adèle Dutronc née Galot en présence de Messieurs Leblanc, maire de Dives, et Conard trésorier de la fabrique.
Bailly, père et fils, fondeurs à Caen, Bernay et Alençon.

Echiquier de Normandie
An 1180 : Willelmus de Diva : 10 sol. produello Lexov.
An 1184 : 20 sol.provino supervendito

Cambremer, Dives, Lisieux, St Pierre sur Dives, avaient des Banlieues dès avant la Conquête de la Normandie par le Roi Philippe Auguste (voir Delisle – de l’Agriculture en Normandie)

On sonne la Retraite à Dives, le soir à neuf heures le samedi et le dimanche seulement (1856)

Un jour c’était l’armée du Duc d’Aumale qui était devant Touques ou à St Sauveur sur Dive.(1)
A St Sauveur, ilz avaient tué quelques habitans, et faict prisonnyiers ; il y avait danger qu’ilz de s’emparassent du fort estant en lesglize dudict lieu, pour le tenir contre le roy, à la ruyne du pays(2)
(1) Reg.secr.Caen 26 novembre 1589
(2) Reg. Secr. Caen 16 mai 1590
Floquet – Parlement III p.469

Documents Inédits – Lettres de Henri IV Tome VI p.676
Lettre datée du 13 septembre 1603 à Dives adressée à Monsieur Miron, portant ordre de faire arrêter Robert Basset, qui complote contre le Roi d’Angleterre.

Noble Homme Gaspard Le Duc, sieur de Chicheboville résidant à Dives, possède 30 acres de terre.
Déclaration du Roi du 20 juin 1631 par les habitants de Bellengreville p.56 et suivantes
Autre déclaration du 2 janvier 1639

Recherche des Nobles 1540 – Dive:
Monsieur Michel de Semilly a fait apparoir comme il avait baillé sa généalogie devant les élus de Caen dans le ressort desquels il a dit être demeurant.

Dives avait des salines pendant la domination normande (Annuaire Normand 1840 p.388)

Bulletin Monumental Tome XX p.69 et suivantes :
… Le seul monument remarquable qui soit à Dives est l’église. Elle appartenait au prieuré dépendant de l’abbaye St Etienne de Caen, et c’est un édifice assez important … Hormis quelques restes du XIe siècle sous la tour, le monument est du XIV e et du XVe siècle. Ainsi le chœur, avec la grande fenêtre du chevet et les bas-côtés qui l’accompagnent, offrent tous les caractères du XIVe, aussi bien que les chapelles du transept. La nef et les bas-côtés qui lui correspondent sont de la fin du XVe siècle et même du commencement du XVIe
Rien de plus élégant de plus habilement découpé que les moulures et les feuillages de la porte occidentale de la nef ; c’est un vrai chef d’œuvre de sculpture.
On conservait à Dives un Christ fort ancien qui a disparu et qu’on disait avoir été péché dans la mer. Un tableau assez curieux représente cette découverte.

Le Valois – Noticia Galliorum – voir Diva
Texte en latin

Description des Halles du 28 août 1856

Après l’Eglise et les Halles il n’y a dans Dives aucune construction capable de fixer l’attention si ce n’est un édifice de la plus grande irrégularité situé à l’un des angles d’un vaste enclos près de la grande place et que l’on nomme suivant les uns : l’Hôpital, suivant les autres Prieuré. Peut-être pourrait-on réunir ces deux dénominations et en faire un Hôpital-Prieuré, de même qu’ailleurs on trouve Maladrerie, Léproserie et autres maisons pour les pauvres et les malades portant le titre de Prieuré.
Quoiqu’il en soir cette construction date de l’année 1695 suivant les chiffres inscrits sur une clef de l’arcade de la grande porte. Toutes les constructions intérieures ont un cachet qui s’accorde parfaitement avec cette date et il est difficile d’en donner une description. Du reste ils n’ont rien de remarquable que leur irrégularité systématique. Ils sont entièrement construits en pierre de taille.
A l’appui de leur destination privilégiée on peut encore citer cette particularité ; c’est que la foire se tient en partie dans la cour qui les précède concurremment avec la halle et les rues environnantes.

La maladerie de Dives-sur-Mer, assise dans le doyenné de Beaumont, diocèse de Liseux, ne nous est connue que par un acte du tabellionage de Caen, daté du 30 octobre 1475.

3 – Archives ShL:

Carnets de Charles Vasseur : Doyenné de Beaumont (2)
Sous l’invocation de Notre-Dame

Patronage:
XIVe, XVI et XVIIIe siècle : Abbas de Troarno
3 feux privilégiés, 62 feux taillables

Bourg, chef lieu de sergenterie de l’élection de Pont l’Evêque

Curés:
Yvon 1764
Martin 1774
Dumaine 1778/1787

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